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Full text of "Les Français italianisants au 16e siecle"

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LES    FRANÇAIS 


ITALIANISAINTS 


II 


YS  \ 


LES  FRANÇAIS 

ITALIANISANTS 

AU  XVr    SIÈCLE 
Par     Emile     PICOT 

MEMBRE   DE  l'iNSTITUT 


TOME    SECOND 


PARIS 

HONORÉ    CHAMPION,    LIBRAIRE-ÉDITEUR 


5,  quai  Malaquais   (VI^) 

/ 

1907 

.     XXII 
ALEXANDRE  DE  LA  SALLE 


On  a  vu  précédemment'  le  nom  d'Alexandre  de  La  Salle 
associé  à  celui  de  François  Perrot  au  bas  de  deux  lettres 
adressées  à  Pietro  Aretino.  Quel  était  ce  personnage  et  à 
quelle  famille  appartenait-il?  Il  ne  nous  a  pas  été  possible  de 
trouver  la  réponse  à  cette  question.  Le  nom  de  La  Salle  est 
répandu  dans  presque  toutes  les  provinces,  soit  comme  nom 
de  famille,  soit  comme  nom  de  terre  ;  mais  nous  ne  le  voyons 
porté  par  aucun  Alexandre  ayant  joué  un  rôle  au  xvp  siècle. 
L'hypothèse  la  plus  naturelle  est  de  rattacher  l'étudiant  de 
Bologne  à  Claude  de  La  Salle,  licencié  es  lois,  avocat  au 
Parlement  de  Paris,  que  le  roi  Charles  VIII  voulait,  à  la  fin  de 
Tannée  1491,  pourvoir  d'un  office  de  conseiller  à  la  même 
cour^  et  qu'il  fit  entrer  au  grand  conseil  en  ii98  ^  Il  est 
surprenant  que  les  recueils  manuscrits  de  la  Bibliothèque 
nationale  ne  contiennent  pas  de  documents  généalogiques 
relatifs  à  ce  personnage.  Il  pouvait  être  apparenté  avec 
François,  Henri  et  Jean-François  de  La  Salle,  qui  étudiaient  à 
Pavie  en  1189,  et  qui  prirent  part  le  4  juillet  à  l'élection  du 
recteur".  Les  parlementaires  de  la  fin  du  xv°  siècle  tenaient 

1.  Tome  I,  pp.  331-334. 

2.  Lettres  de  Charles  VIII,  publiées  par  P.  Pélicier,  III,  p.  200. 

3.  Félibieii,  Histoire  de  la  ville  de  Paris,  III,  p.  569. 

4.  Ces  trois  La  Salle  figurent  sur  une  liste  manuscrite  d'étudiants  qui  nous 
a  été  obligeamment  communiquée  par  Tabbé  Rodoifo  Maiocchi,  conservateur 
du  Musée  municipal  de  Pavie. 

II.  -  1. 


i  XXII.  —  ALEXANDRE  DE  LA  SALLE. 

à  ce  que  leurs  fils  visitassent  les  universités  italiennes.  Claude 
de  La  Salle  était  dans  une  situation  analogue  à  celle  des 
Perrot,  et  pouvait  avoir  pour  les  siens  la  même  ambition. 
iSous  ne  pouvons  établir  de  lien  entre  notre  personnage  et 
ses  homonymes  des  provinces.  Un  Louis  de  La  Salle, 
d'Avignon,  fils  de  Clément,  d'une  famille  originaire  d'Anagni, 
fut  reçu  docteur  en  droit  civil  à  Avignon  en  1571.  Il  devint 
par  la  suite  doyen  de  la  cathédrale  de  Saint-Pierre  '. 

Le  2!  avril  1573,  Gratien  de  La  Salle,  «  Cantaber  Gallus  », 
s'inscrivail  à  l'université  deHeidelberg^;  le  28  septembre  1604, 
Pierre  de  La  Salle,  «  Castellodunensis  Gallus  »,  s'inscrivait  à  la 
même  université  ^  ;  tous  deux  étaient  sans  doute  protestants. 
Il  est  probable  que  leurs  familles  n'avaient  rien  de  commun 
avec  celles  des  étudiants  cités  plus  haut. 

Il  se  pourrait  que  le  camarade  de  François  Perrot  eût  signé 
d'un  nom  de  terre  ;  on  aurait  alors  à  se  demander  s'il  n'y  avait 
pas  une  parenté  entre  lui  et  Paul  Perrot,  fils  de  Mcolas,  quia 
fait  la  branche  des  Perrot  de  La  Salle.  Des  documents  nouveaux 
permettront  seuls  d'élucider  ces  questions. 

1 .  E.  lie  Teille.  Chronologie  des  docteurs  en  droit  civil  de  l' Univer- 
sité d'Avignon,  1887,  p.  37. 

2.  Toi|ikf,  Mntrikel  der  Univcrsitat  Heidelherg,  II  (1886),  p.  66.  — 
Comme  on  le  voit,  ce  (îralifii  était  un  mériilioiial.  C'est  lui  pourtant  (jui 
paraît  avoir  acheté,  le  20  mars  1575,  une  maison  à  Ogny  ou  .Aongny  eu 
Tardenois  ;  il  n'appartenait  pas  aux  La  Salle  de  Reims,  dont  M.  H.  Jadart 
adonné  une  généalogie  si  précise  {Revue  de  Champagne  et  rfeiSn'c.  Il^sér  , 
IV,  i8'J2.  pp.  641-1)60).  C'est  en  vain  que  M.  le  baron  Du  Pin  de  La  Cué- 
rivière  [ibid.,  2^  sér.,  V,  1893,  p.  136)  a  revendiqué  pour  Gratien  une 
origine  rémoise;  il  n'a  pu  en  fournir  aucune  preuve.  Ce  personnage  était 
protestant,  et  sa  fille  Sarah  épousa,  avant  1603,  Jacques  do  Lérigos,  mijor 
au  gouvernement  de  Metz,  qui  descendait  d'une  famille  huguenote  de  Tou- 
louse. 

3.  Toeple,  II,  p.  222. 


XXIII 


JEAN-BAPTISTE   DU  FOUR 


Dans  les  notices  que  nous  avons  consacrées  à  Jean  de 
Tournes  et  à  Guillaume  Roville,  nous  avons  dit  quelques  mots 
des  hommes  de  lettres  qui  surveillèrent  les  éditions  italiennes 
dues  aux  deux  célèbres  imprimeurs.  A  côté  des  Italiens, 
comme  Gabriel  Simeoni,  Lucantonio  Ridolfi,  Damiano  et 
Bartolommeo  Maraffi,  Francesco  Ginntini,  etc.,  il  convient  de 
placer  plusieurs  écrivains  français,  qui  paraissent  avoir  été 
associés  à  leurs  travaux  :  Antoine  Du  Moulin,  Jean-Baptiste 
Du  Four,  Claude  de  Herberay  et  Thomas  Thierry. 

Antoine  Du  Moulin,  né  à  Mâcon  vers  1510,  fut,  de  1537  à 
1543,  secrétaire  de  Marguerite  d'Angoulême,  reine  de  Navarre. 
En  154-4  il  entra  dans  la  maison  de  Jean  de  Tournes  à  Lyon, 
et  y  dirigea  la  publication  d'un  certain  nombre  d'ouvrages 
dont  MM.  Alfred  Cartier  et  Adolphe  Chenevière  nous  ont  donné 
une  description  minutieuse'.  L'un  de  ces  ouvrages,  la  traduc- 
tion de  la  Physionomie  }/aturelle  extraite  de  plusieurs  philosophes 
anciens,  nous  montre  que  Du  Moulin  était  versé  dans  les 
lettres  italiennes.  S'il  ne  traduisit  pas  lui-même  la  compilation 
qu'il  avait  d'abord  publiée  en  français,  il  en  soigna  du  moins 


1.  Un  Homme  de  lettres  du  xvi°  siècle.  Antoine  Du  Moulin,  valet  de 
chambre  de  la  reine  de  Navarre,  étude  biographique  et  littéraire,  par 
Alfred  Cartier  [et]  Adolphe  CÂenevière.  Extrait  de  la  Revue  d'histoire 
littéraire  de  la  France,  t.  Il  et  III.  F^iris,  Armand  Colin  et  Cie,  1896. 
In-8. 


4  XXIII.   —   JEAN-BAPTISTE   DU    FOUR. 

l'impression'.  L'épître  à  la  reine  Catherine  de  Médicis,  qui 
précède  l'ouvrage,  est  peut-être  de  lui;  cependant,  comme 
elle  n'est  pas  signée  et  qu'elle  peut  être  attribuée  également 
au  traducteur  Paolo  Pinzio,  ou  même  à  l'imprimeur  Jean  de 
Tournes,  nous  nous  abstiendrons  de  ranger  Du  Moulin  parmi 
les  Français  qui  ont  écrit  en  italien.  Il  en  est  autrement  de 
Jean-Baptiste  Du  Four  et  de  Claude  de  Herberay. 

Jean-Baptiste  Du  Four  est  l'auteur  d'une  très  curieuse  épître 
imprimée  en  1555  à  la  fin  de  l'édition  du  Decamerone  de 
Boccace  publiée  par  Guillaume  Boville.  Ce  morceau  lui  donne 
des  titres  pour  figurer  dans  l'histoire  littéraire,  mais  ne  nous 
apprend  à  peu  près  rien  de  sa  vie.  Nous  ignorons  le  prénom 
de  son  père.  Sa  mère  était  une  Bardin^  Le  prénom  de  Jean- 
Baptiste,  rare  en  France  à  cette  époque,  permet  de  conjecturer, 
ou  que  Du  Four  était  né  en  Italie,  ou  qu'il  avait  été  tenu  sur 
les  fonts  baptismaux  par  quelque  Italien.  Des  actes  conservés 
anx  archives  du  Rhône  et  aux  archives  de  Lyon  nous  font 
voir  qu'il  fut  notaire  royal,  secrétaire  de  l'archevêque  de 
Lyon,  greffier  des  insinuations  et  banquier  en  cour  de 
Rome^ 


1.  Fisioiiomia  ||  con  grandissima  ||  breuità  raccolta  da  i  libri  ||  di 
aiitichi  Filosofi,  [j  Niiouameiile  falta  volgare  por  Paolo  ||  Pinzio.  Et  per 
la  (liligeiiza  di  RI.  Aii-||  loiiio  de)  Moulin  Messa  in  luce.  ||  In  Lione  \\  Per 
Giouan  di  Tournes.  \\  .M.  D.  XXXXX  [1550].  ||  Auec  Priuilege  du  Roy 
pour  dix  ans.  —  [Au  vo  de  la  p.  109  :]  Srampato  in  Lione  per  Giouan  di 
Tournes  à  di  V.  di  Marso,  M.  D.  XVAXV.  In-8  de  8  ff.  lim.,  109  pp.  et 
1  f.  blanc. 

Le  volume  français  parut  cinq  jours  plus  lot  ll'achevé  d'imprimer  est  du 
1er  mars  1550).  L'épître  à  Catberine  de  Médicis,  qui  précède  le  volume 
italien,  est  également  datée  du  l'^'"  mars. 

Nous  ne  savons  rien  de  Pinzio. 

Bibliotli.  nat.,  ])U  '2(>9.  —  Bibliotli.  Sainte-Geneviève,  V.  761.  — 
Cartier  et  Cbenevière,  loc.  cit.,  p.  6:2. 

2.  Le  nom  de  la  mère  de  J(!an-Bapliste,  Françoise  Bardin,  est  indiqué 
dans  un  des  actes  cités  ci-après.  Un  Estienne  Bardin,  prêtn;,  fut  vers  1550 
chanoine  de  Saint- .hisl  de  Lvun  (Castan,  Calai,  des  Incunables  de  Besançon, 
p.  150). 

3.  Le  29  octobre  1546,  Cio.  Battista  Corsanico,  marchand  lucquois, 
demeurant  à^Lyon,  vend  à  Jean-Baptiste  Du  Four,   «  ciloien  dudit  Lion, 


XXIII.  —   JEAN-BAPTISTE    DU   FOUR.  5 

Nous  ne  savons  si  Jean-Baptiste  fut  d'abord  attaché  à  Ippo- 
lito  d'Esté,  cardinal  de  Ferrare,  qui  posséda  l'arclievêclié  de 
Lyon  de  1539  à  1551  ;  sa  connaissance  approfondie  des  choses 
italiennes  aurait  pu  le  recommander  au  choix  du  prélat  '  ; 


présent  et  acceptant  »,  une  pièce  de  bois  sise  à  dures.  (Archives  du 
Rhône,  E  752.)  Au  mois  d'août  1553,  Jean-Baptiste  Du  Four  donne 
quittance  comme  procureur  de  Pierre  Combi,  gentilhomme  servant  du 
dauphin  et  domestique  du  cardinal  de  Tournoii.  (Archives  de  Lvon,  CC 
1009.) 

Le  26  avril  1557,  le  notaire  Marchand  reçoit  le  contrat  de  mariage  de 
«  honorable  homme  et  saige  maistre  »  Jean-Baptis(e  Du  Four,  secrétaire  de 
l'archevêque  de  Lyon,  avec  Clémence  Scarron,  fille  de  Jean-Eustache 
Scarron,  bourgeois  de  Lyon,  et  de  demoiselle  Ancely  Chevrot.  (Archives  de 
Lyon,  Insin.,  vol.  34.) 

Le  30  janvier  1560,  Jean-Baptiste  Du  Four,  notaire  royal  et  secrétaire 
de  l'archevêché  de  Lyon,  est  témoin  au  contrat  de  mariage  de  sa  belle-sœur, 
Louise  Scarron,  avec  Jean  de  L'.Vube,  bourgeois  de  Lyon. 

Le  7  août  1560,  Jeaii-Bapliste  Du  Four,  secrétaire  archiépiscopal  et 
greffier  des  insinuations  au  diocèse  de  Lyon,  bourgeois  de  Lyon,  contracte 
un  secoml  mariage  avec  Isabeau  Boytier  (ou  Bohier?).  fille  de  noble  Claude 
Boytier,  bourgcdis  de  Lyon,  et  de  dame  Catherine  Perret. 

Le  12  septembre  1561,  Jean-Baptiste  Du  Four,  «  secrétaire  de  mon- 
seigneur l'archevesque  de  Lyon  »,  achète  une  rente  de  5  1.  t.  (Archives  du 
Rhône,  E  752.)  Du  Four  prend  la  même  qualité  dans  un  acte  du  7  février 
1562  (n.  s.)  par  lequel  il  transige  an  sujet  d'un  procès.  (Ibid.) 

Un  achat  de  20  livres  de  rente  fait  le  29  décembre  1571,  le  quahfie 
«  notaire  royal,  secretayre  de  l'archevesque  de  Lyon  et  greffier  des 
insynuations,  fils  et  héritier  de. . .  feue  dame  Françoyse  Bardin  ».  (Ibid.) 

En  1575,  Jean-Baptisic  Du  Four,  secrétaire  de  rarchevèché  de  Lyon,  est 
élu  membre  du  syndicat.  (Archives  de  Lyon,  BB.  372.)  11  exerce  les 
fonctions  de  conseiller  de  ville  pendant  les  années  1576  et  1577. 

Le  10  février  1577.  Jean-Baptisle  Du  Four,  conseiller  et  échevin  de  Lyon, 
secrétaire  de  l'archevêché,  et  bourgeois  dudit  Lyon,  est  témoin  avec  Paul 
de  Médicis,  marchand,  du  contrat  de  mariage  de  noble  Claude  Du  Pré  avec 
Catherine  Bonvoisin. 

En  1585,  il  est  élu  de  nouveau  membre  du  syndicat.  (Archives  de  Lyon, 
BB.  372.) 

Le  22  août  1587,  Cuillaume  Charrier,  seigneur  de  La  Rochette,  con- 
seiller, puis  échevin  de  Lyon,  épouse  Çabrielle  Du  Four,  fille  de  Jean-Baptiste 
Du  Four,  secrétaire  de  l'archevêché,  de  Lyon,  notaire  apostolique  et 
banquier  en  cour  de  Rome,  et  d'Isabeau  Bohier.  Gabrielle  meurt,  à  95  ans, 
au  mois  de  janvier  1667.  (Extrait  d'une  généalogie  imprimée  de  la  famille 
Charrier.) 

Nous  devons  le  relevé  de  ces  actes  à  l'obligeance  de  notre  ami  M.  Julien 
Baudrier. 

1.  Ippolito  avait  soin  de  confier  à  des  Italiens  l'administration  des 
immenses  bénéfices  qu'il  possédait  en  France.  C'est  ainsi  que,  en  pleine  Bre- 


6  XXiri.  —    JEAN-BAPTISTE    DU   FOUR. 

cependant  l'acte  de  1546  cité  ci-dessous  ne  lui  donne  pas 
d'autre  qualité  que  celle  de  «  citoyen  de  Lyon  » .  Il  est  donc 
probable  qu'il  ne  fut  appelé  aux  fonctions  de  secrétaire  que  par 
le  cardinal  de  Tournon  (1351-1562)  '. 

Les  affaires  dont  Jean-Baptiste  avait  à  s'occuper  à  Lyon 
étaient  des  plus  considérables,  et  l'on  s'explique  aisément 
qu'elles  laient  appelé  à  la  cour,  et  qu'il  ait  pu  s'y  créer  de 
puissantes  relations.  Ces  affaires  étaient  du  reste  fructueuses 
pour  lui  ;  aussi  les  documents  qui  nous  ont  été  conservés 
nous  le  montrent -ils  faisante  plusieurs  reprises  des  achats 
de  rentes. 

Du  Four  resta  en  fonctions  sous  les  successeurs  du  cardinal 
de  Tournon  :  Antoine  d'Albon  (1562-1573)  et  Pierre  d'Épinac 
(1573-1599).  Nous  ignorons  quand  il  mourut.  Nous  ne  con- 
naissons de  lui  aucune  autre  production  que  la  pièce  suivante. 
Il  est  permis  de  le  regretter,  car  l'épître  que  nous  allons 
réimprimer  montre  un  esprit  délicat  et  un  écrivain  distingué. 
Le  style  est  d'une  purelé  remarquable,  mais  il  a  pu  être 
retouché  par  Lucantonio  Ridolfi.  qui  paraît  avoir  eu  la  part 
piincipale  dans  la  correction  du  volume. 

L'auteur  lyonnais  nous  fait  voir  avec  quelle  ardeur  les  dames 
de  la  cour  de  Catherine  de  Médicis  cultivaient  la  langue  ita- 
lienne ;  le  tableau  qu'il  trace  mérite  d'autant  plus  d'être 
reproduit  que  peu  de  bibliothèques  possèdent  le  recueil  qui 
le  contient.  C'est  en  quelque  sorte  le  pendant  de  la  Selva 
d'Amomo  -. 

«  Joan  Balllsta  Du  Four  al  molto  maynifico  et  nobile  M.  Riyo 
cli  San  Mavsale,  consigliere  cli  Sua  Maeslà  Christianissima  et 


tagne,  à  Trégnier,  il  avait  délégué  comme  trésorier  Tommaso  Vecchio,  qui 
fut  bientôt  on  guerre  avec  le  chapitre.  Vov.  Catal.  des  actes  de  François  /•*'', 
VI,  n"s  23010  et  iSOlG. 

1.  Le  greffe  des  «  insinuations  »  c'est-à-dire  le  greffe  où  étaient  transcrits 
en  résumé  les  actes  aullienlii|ues,  ne  fut  établi  qu'en  ISSi.  Les  Lyonnais 
tentèrent  vainement  d'obtenir  l'abolition  de  ces  insinuations  qui  avaient  avant 
tout  un  caractère  fiscal,  (.\rclnves  de  Lyon,  BB  76.) 

2.  Voy.  tome  I,  p.  56. 


XXIII.  —  JEAN-BAPTISTE   DU   FOUR.  7 

ballivo  délie  montagne  cC Alvernia  \  sopra  quesla  nuova  stampa 
del  Decamerone  del  Boccaccio. 

«  Essend'io  andato  alli  giorni  passati,  quando  tornai  dalla 
corte,  a  visilar  il  nostro  M.  Guglielmo  Roviglio,  et  aveodo 
seco  amichevolmente  alquanto  ragionato  delli  suoi  aflari  et 
degli  miei,  lo  presi  a  domandare  se,  mentre  che  io  non  ero 
slalo,  egli  aveva  fatio  stampar  cosa  alcuna  di  nuovo,  e  lo 
confortai  che,  quando  li  capitaria  aile  mani  qualche  opéra 
thoscana  che  gli  paressi  degna  di  essere  vista  dalle  persone 
di  spirito,  non  mancassi  farla  slampare,  perciô  che  ne  potrebbe 
alla  giornata  sperar  utile  honorevole,  sendo  hoggi  la  nobiltà 
franzese  niolto  délia  thoscana  lingua  studiosa,  et,  oltre  la 
utilità,  potrebbe  anche  esser  sicuro  che  farebbe  opéra  gratis- 
sima  a  tante  nobili  donne  délia  corte  et  a  tante  principesse, 
che,  non  solo  sene  dilettano,  ma  ne  hanno  perfetta  cognizione, 
come  nel  mio  stare  alla  corte  avevo  inteso,  et  che  infra  le 
altre  madama  iiargheritau,  nica  sorella  di  queslo  invittissimo 
re  -,  oltra  la  dottnna  che  ella  ha  nella  lingua  latina  et  greca 
et  la  scientia  di  lutte  le  arti  liberali,  pu6  nell'arte  poetica  et 
oratoria  in  questa  lingua  thoscana  non  meno  che  nella  sua 
propria  agguagliarsi  a  qualsivoglia  dotto  huomo  di  questi 
nostri  tempi,  et  il  simile  aviene  di  madama  di  Monpensier, 
principessa  di  reale  sangue^,  la  quale,  si  come  ha  il  petto  di 

1.  Rigal  de  Saiut-.Marsal  se  qualifiait  seigneur  et  baron  de  Couros  et 
Puydeval  en  Limousin.  Nous  avons  vu  de  lui  une  quittance  donnée  à  Tou- 
louse le  30  mars  loT^  (Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  29:246,  dossier  61657).  Des 
lettres  de  lui,  datées  de  Puydeval,  juin-août  1574,  et  de  Couros,  avril  1575, 
mars  1576,  figuraient  [larini  les  papiers  de  Noailles  brûlés  avec  la  biblio- 
thèque du  Louvre  'L.  Paris,  Papiers  de  Noailles,  l,  pp.  1:21,  ïi'o,  129, 
13-2,  138,  145,  147.) 

2.  Marguerite  de  France  faisant  l'objet  d'un  article  assez  étendu  dans 
Les  Italiens  en  France  au  xvie  siècle,  nous  ne  parlerons  pas  d'elle 
incidemment. 

Qu'il  nous  suffise  de  citer  ce  passage  d'une  dérêche  de  l'ambassadeur 
vénitien  Francesco  Morosini,  qui  dit  de  la  duchesse  de  Savoie,  en  1570  : 
«  Ha  un  bellissimo  ingegno  e  qualche  gusto  di  lettere,  per  il  che  parla  di 
tutte  le  cose  miralbilmente.  Legge  assai  e  latino  e  italiano,  inlendendo  cosi 
bene  l'una  e  l'altra  lingua  come  la  francese  sua  |iropria,  nella  quale  sola 
perô  parla  quasi  sempre,  non  si  assicurando  di  pariar  le  altre.  »  Eugenio 
Albèri,  Relazioni,  série  11,  vol.  11  (1841),  p.  168. 

3.  il  s'agit  de  Louise  de  Bourbon,  comtesse  de  Montpensier,  qui,  le 
21  mars  1504,  avait  épousé  Jean  II  de  Bourbon,  comte  de  Vendôme.  Jean, 


8  XXIII.  —    JEAN-BAPTISTE    DU   FOUR. 

virtù  et  dotlrina  pieno,  cosi  ha  nella  lingua  la  dolcezza  nou 
meno  in  questa  favella  thoscana  che  nella  suanatîa  franzese. 
E  queste  sono  seguite  da  più  altre.  il  numéro  délie  quali  io 
non  harei  mai  slimato  se  io  non  ne  fussi  slato  fatto  ct-rto  dal 
signore  abate  di  Bellavilla,  M.  Baltista  Alamanni  ',  gentil 
buomo  rarissimo  in  tutte  le  scienze  et  stimato  hoggi  nella 
lingua  thoscana  tra  i  migliori  compositori  del  nostro  tempo  ; 
con  il  quale  trovandomi  io  un  giorno  infra  li  altri  in  caméra 
délia  reina,  dove  er.i  tut  la  la  nobillà  délie  donne  franzese,  Io 
pregai  che  gli  piacesse  darmene  a  conoscere  qualch'una,  acciô 
che  io  potessi  alcuna  volta,  secundo  l'occasione,  délia  loro 
virtù  et  valore  parlare  ;  per  il  che  lui,  corne  persona  cortesis- 
siraa,  mi  disse  :  «  Tutte  quelle  che  vedete  qui  con  altre  moite 
che  hora  non  ci  sono,  sarebbono  degno  suggetto  di  Homero 
e  di  Vergilio,  ne  hanno  solo  la  vera  cognizione  délia  lingua 
thoscana,  ma  nello  scrivere  et  comporre  in  essa  son  venute 
al  colmo  ï.  El  mostrandomi  la  signora  duchessa  di  Castro^ 
disse  :  «  Quesla  si  puô  veramente  cosi  in  vita,  come  dipoi  la 
morte  del  D.  Oralio  Farnese,  suo  marito,  chiamare  specchio  di 
pudicitia,  et  comm  e  negli  occhi  Io  splendore  e  la  grazia,  et  nel 
volto  la  bellezza  e  la  maiestà,  cosi  nel  petto  le  scienze  si  hanno 
fatto  albergo  ^  Quelle  due  poi  gentildonne  che  appresso  gli 
slanno,  sono  sorelle  chiare  di  sangue  et,  si  come  voi  le  vedete 
del  corpo  bellissime  e  gentili,  cosi  sono  d'animo  ripieno  dogni 

devenu  duc  de  Montpensier,  était  mort  vers  1520.  Sa  veuve  lui  survécut 
jusqu'au  5  juillet  1561.  Mme  de  Montpensier  étant  dite  «  principessa  di 
reale  sangue  »,  on  ne  peut  songer  à  Jacqueline  de  Longwy,  belle-fille  de 
Louise  de  Bourbon . 

1.  Grio.  Battista,  fils  du  célèbre  poète  Luigi  Alamanni,  était  né  à 
Florence  le  30  octobre  1519.  Il  devint,  le  31  octobre  1555,  évêque  de 
Bazas;  il  passa  ensuite  à  Févêché  de  Màcon  (155(S),  et  mourut  en  1582.  Le 
poète  vivait  encore  en  1555;  il  ne  mourut  que  l'année  suivante. 

2.  Diane,  fille  naturelle  et  légitimée  de  Heiu'i  H  et  d'une  dame  piémon- 
taise  appelée  Filippa  Ducci,  était  née  en  1538.  Elle  avait  épiuisé,  par  contrat 
du  13  février  1552,  Orazio  Farnese,  duc  de  Castro,  fils  naturel  de  Pierluigi 
Farnese,  duc  de  Parme.  Orazio  fut  tué,  au  siège  de  Hesdin,le  18  juillet  1553. 
Diane  se  remaria,  par  contrat  du  3  mai  1557,  avec  François  de  Montmo- 
rency, que  son  père,  le  connétable,  força  de  rompre  avec  M""^  de  Piennes. 
Elle  mourut  le  H  janvier  1619. 

Voy.,  sur  Diane,  Brantôme,  éd.  Lalanne,  VIII,  pp.  1.40-U5;  éd.  Mérimée 
et  Lacour,  X,  pp.  312-317,  et  Alpli.  de  Ruble,  François  de  Montmorenci/, 
dans  les  Mémoires  de  la  Soc.  rie  l'hist.  de  Paris,  VI  (1880),  pp.  200 
el  suiv. 


XXIII.  —   JEAN-BAPTISTE    DU    FOUR.  \f 

rara  e  pregiata  virtù  ;  et  la  prima  che  in  stato  vedovile  è  più 
tempo  vissuta,  è  madama  di  Brun',  l'allra  è  madamigella  di 
Teligny2,  et  ambodue  nella  cognitione  di  questa  thoscana 
lingua  tanto  perfette  che  da  per  loro  potrebbono,  quando  la 
fussi  spenta,  in  luce  ritornarla  ;  né  meno  farebbe  madamigella 
di  Montigni^,  gentildonna  che  allato  a  loro  siede,  perché  non 
manco  è  in  questa  lingua  eceellente  che  la  si  sia  in  graudeza 
d'animo  e  gentilezza.  Délie  quatro  che  vedele  là  insiemej 
appresso  alla  nostra  christianissima  reina,  quella  che  li  é  più 
presso  dalla  destra  mano  è  madamigella  di  Avogord*.  e  Taltra 
è  d'Humieres  ^,    tutte   due  figlie,    et   quella  délia  sinislra  è 

1.  Anne  de  Venion,  fille  aînée  de  Raoul  de  Vernon,  seigneur  de  .Alon- 
treuil-Bonin,  grand  fauconnier  de  France,  et  d'Anne  GonfTier,  avait  épousé 
Claude  de  Villeblanche,  seigneur  de  Bron  ou  de  Brooii  '^Anselme,  Hist. 
généal.,  VIII,  p.  756).  François  I'^'"  lui  fit  don  des  revenus  des  terres  et 
seigneuries  d'Auray  et  de  Quiberon  {Cat.  des  actes  de  François  I"^,  III, 
w^  7478;  IV,  n'^  11061).  Elle  est  portée  sur  les  états,  parmi  les  dames  de 
Catherine  de  Médicis,  de  1554  à  1569  (Bibliolh.  nat.,  nis.  fr.  7856, 
p.  1131). 

2.  Arlluise  de  Vernon,  su'ur  puinée  de  la  précédente,  mariée  à  Louis, 
seigneur  de  Théligny  et  de  Lierville.  (Anselme,  VI 11,  p.  756.) 

François  de  Biilon.  parlant  des  dames  qui  entouraient  Marguerite  de 
France,  dit  :  «  Au  meilleu  duijuel  tourbillon  semble  ja  renseigne  estre  fort 
élevée  du  bras  de  la  gracieuse  damoyselle  de  Théligny,  en  faveur  de  Tele- 
gance  de  sa  personne,  si  tresagreable  qu'elle  ne  promet  moins  a  tout  bon 
œil  qui  l'a  une  fois  contemplée  qu'une  lumière  de  courtoises  et  pudiques 
qualitéz  de  ses  pensées,  si  au  vif  pourtant  représentées  en  la  face  de  cha- 
cune des  deux  belles  Piennes  (voyez  les  notes  qui  suivent),  que  pour  le 
doute  de  la  trop  délicate  personne  de  la  susdite  de  Théligny,  la  reserve  du 
titre  honorable  de  l'enseigne  leur  pourra  bien  estre  offerte  en  ce  lieu. . .  » 
Le  Fort  inexpiigiuthh  de  l'honneur  femenin,  1555,  fol.  77. 

L'épitaphe  d'Arluse  de  Vernon  se  lit,  en  15o5,  à  la  fin  des  Odes  de 
Pierre  de  Ronsard. 

3.  Charlotte  de  Clerniont,  dite  M'^^  Je  j\lontigny,  est  citée  parmi  jes 
dames  de  Catherine  de  .Médicis  en  1573  (Biblioth.  nat.,  ras.  fr.  7856, 
p.  1133). 

4.  M"e  d'.\vaugour  est  .Madeleine,  seconde  fille  de  François  d'Avaugour, 
dit  de  Bretagne,  comte  de  Vertus,  etc.,  et  de  Madeleine  dWstarac.  .M''« 
d'Avaugour  épousa  Paul,  seigneur  d'Andouins  et  de  Lescun.  Elle  est  citée 
parmi  les  dames  de  Catherine  de  Médicis  de  1547  à  1565.  Elle  figure  alors 
sur  les  états  comme  M«ie  d'Andouins  jusqu'en  1376  ;  elle  y  est  rétablie, 
après  une  interruption  de  cinq  ans,  en  1581  (Biblioth.  nat.,  ms.  7856, 
p.   1130). 

5.  M''o  d'Humières  est  Claude,  fille  de  Jean  III,  seigneur  d'Humières  et 
de  Françoise  de  Contay.  Claude  fut  mariée,  à  Blois,  le  "21  avril  1536,  à 
Charles  de  Rochechouart,  seigneur  de  Saint-.\mant,  fils  d'.Vnloine  de  Roche- 


10  XXIII.  —   JEAN-BAPTISTE   DU    FOUR. 

madamigella  Du  Goguié»  et  Taltra  è  la  più  giovane  Pienna^. 
Ne  so  io  in  queste  conoscere  vantaggio  alcuno,  perché  tutte, 
oltre  la  molia  nobilià,  bellezzael  gratia,  sono  ripiene  di  tante 
virlù  che  troppo  tempo  bisognerebbe  a  raccontarle,  et  tutte 
délia  lingua  toscana  tanto  studiose  et  dotte  che  bene  et  orna- 
tamente  la  parlano  et  leggiadramente  la  scrivano.  Oi-,  volta- 
tevi  alla  schiera  di  queste  altre  quattro  che  circaudano 
madama  Margberita  :  po-sono  assomigliarsi  a  quattro  délie 
più  belle  et  piu  leggiadre  nimphe  intorno  a  Diana,  et  il  nome 
di  quella  che  a  noi  è  più  vicina  è  madamigella  di  Ciantelù^ 


clioiiart  et  de  Catiierine  de  Barbazan.  Elle  figure  sur  les  états  de  1518  à 
1560  (Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  7856,  p.  1136).  Voy.  Mellin  de  SaitU-Gelais, 
Œuvres,  éd.  Blanclieniain,  I,  p.  171. 

1.  M"«  Du  Gauguier,  ou  du  Goguier,  était  la  fille  di;  Louis  de  Bourges, 
dit  Burgensis,  sieur  du  Gauguier  et  de  Mosland.  preuiier  médecin  du  roi,  et 
de  Marie  Hellaiii,  sa  première  femme.  Louis  de  Bourges,  né  à  Blois,  vers 
1482,  reçu  docteur  en  médecine  à  Paris  le  15  novembre  1506,  premier 
médecin  de  François  !•"'  en  I5"i7,  conserva  ses  fonctions  sous  Hpiiri  II.  11 
mourut  le  19  novembre  1556.  Sa  fille  venait  alors  d'épouser  André  de  Hac- 
queville,  à  qui  son  père  céda  une  cliarge  de  conseiller  lai  au  parlement  de 
Paris.  Voy.  Le  Paulmier,  Ambroise  Paré,  1885,  p.  37. 

iM"e  Du  Gauguier  avait  sa  cliambre  dans  la  maison  royale  à  côté  de 
«monseigneur»  Du  Gianguier,  son  père.  Voy.  Léon  de  Laborde,  Comptes 
des  bâtiments  du  roi^  1880,  11,  p.  231. 

Un  Almaïuich  fort  singulier  est  dédié  par  Mellin  de  Saint-tielais  à 
J\|m"  Du  Goguier  (éd.  Blanchemain,  1,  p.  259).  Cette  dernière  devait  être 
Claude,  fille  de  (lUillaume  de  Beaune,  seigneur  de  Semblançay,  seconde 
femme  du  médecin.  François  de  BiUon  cite  dans  Le  Fort  inexpugnable, 
p.  74,  M"**  Du  Goguier,  Claude  de  Beaune,  confondant  peut-être  la  belle- 
mère  avec  la  belle-fille. 

2.  Jeanne  de  Halluin,  dite  M"e  de  Piennes,  était  le  cinquième  enfant 
d'Antoine  de  [lalluiii.  sei,:;ueur  de  Piennes  et  de  Maignelay.  chevalier  de 
l'ordre  du  roi,  capitaine  de  cinquante  hommes  d'armes,  grand  lonvetier  de 
France,  et  de  Louise  de  Crèvecœiir,  veuve  de  l'amiral  de  Bonnivet.  Ses  amours 
avec  François  di;  Montmorency  et  la  triste  conduite  de  ce  personnage  sont 
trop  connus  pour  que  nous  ayons  à  les  raconter  ici.  Elle  épousa  eu  1564 
Florimond  U-ibertet,  baron  d'Alluye.  Voy.  Alphonse  de  lluble,  François 
de  Monhiiorencij,  dans  les  Mémoires  de  la  Soc.  de  l'Iiist.  de  Paris,  \'l, 
(1880),  pp.  200-234, 

3.  Aniu;  d'Estouteville,  dit  M'i*^  de  Clianteloup,  était,  en  154(),  fille  d'hon- 
neur de  Marguerite  de  France  (Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  7856,  p.  1094). 
Mellin  de  Saint-lielais  [Œuvres,  éd.  I5iancliemain,  II,  p.  74)  adresse  un 
huitain  à  M"8  df  ChaïUeloup.  François  de  Billon  (Le  Fort  inexpugnable, 
1555,  fol.  138  V")  vante  a  la  vermeillante  el  petite  bouche  de  Cliantelou 
la  bloiule  ». 


XXIII.  —   JEAN-BA.PTISTE   DU  FOUR.  H 

e  l'altra  è  la  maggiore  Pienna',  et  quella  di  là  è  madamigella 
di  Varty  -,  et  l'attra  di  Altavilla  ^,  tutie  figlie  nobilissime,  le 
quali  in  ogni  sorte  di  vera  virtù  sono  lanto  exercitate,  che 
molto  più  gloria  ne  riportano  che  délia  corporale  bellezza  et 
gratia,  anchor  che,  corne  vedere  potelé,  sia  infinita,  et  nella 
perfettione  di  questa  lingua  possono  fare  concorrenza  a  qual- 
sivoglia  persona  che  faccia  professione  di  compor  in  essa,  et 
vi  conchiudo  che  questa  più  tosto  che  corte  puo  chiamarsi 
un  nuovo  et  céleste  choro  di  muse.  » 

«  Cosi  havendo  detto  il  signor  abate,  soggiunse  che  bene  si 
maravigliava  che  avendo  il  Roviglio  stanipato  Dante ^,  il 
Petrarca^  et  il  Corllgiano^  et  altri  belli  libri  toscani  in  quelli 
siioi  piccoli  et  belli  caratteri,  non  facessi  il  simile  del 
Decamerone  del  Boccaccio,  acciô  che  tante  principesse  e  dami- 
gelle  potessino  più  comodamente  servirseue. 

1.  Louise  de  Halluin,  dite  M"«  de  Piennes  rainée,  l'pousa  Philibert  de 
IVJarcilly,  seigneur  de  Cipierre.  Brantôme  cite  les  deux  sœurs  parmi  les 
filles  d'honneur  de  la  ruine  (éd.  Lalaime,  VIF,  p.  386  ;  éd.  Mérimée  et 
Laconr,  X,  p.  93).  Vov.  Léon  Dorez,  dans  la  Revue  d'histoire  littéraire, 
II  (1895).  pp.  83-86.' 

2.  Probablement  Françoise  de  Warty,  fille  de  Joachim  de  Warty  et  de 
Madeleine  de  Suse.  Françoise  épousa  :  lo  (ialiol  de  Crussol,  seigneur  de 
Beaudiner  et  de  La  Coste-Saint-André,  tué  le  24  août  1572,  à  la  Saint- 
Barthélémy  ;  2*^  Jean-François  Faudoas  de  Serillac,  seigneur  de  Belin, 
gouverneur  de  Ilam,  d'Ardres  et  de  Calais,  lieutenant  du  roi  en  Picardie, 
puis  gouverneur  de  Paris,  etc.  Voy.  Anselme,  Hist.  gén.,  III,  p.  769. 

3.  Isabelle  de  Hauteville,  qui,  le  i^  décembre  1564,  épousa  le  cardinal 
Odet  de  Chastillon.  avec  qui  elle  vivait  publiquement  depuis  plusieurs  aimées. 

Fn  1545,  Isabelle  figurait  parmi  les  filles  d'honneur  de  Marguerite  de 
France  i^Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  7856,  p.  1094).  Elle  inspira  des  vers  à 
plusieurs  poètes.  On  trouve  dans  les  œuvres  de  Mellin  de  Saint-Gelais  un 
quatrain  écrit  «  en  un  fort  petit  psautier  de  ,\ulheville  «  (éd.  Blanchemain, 
II,  p.  34).  Va  rondeau  de  Charles  de  Sainte-Marthe  lui  est  adressé  [Hoësie. 
1540,  in-8,  p.  99). 

François  de  Billon  {Le  Fort  inexpugnable,  fol.  156)  vante  les  talents 
d'Isabelle  comme  musicienne. 

4.  La  première  édition  de  Dante  publiée  par  Roville  est  datée  de  1551 
ou  1552;  elle  est  précédée  d'une  épître  du  libraire  à  Lucantonio  Rudolfl  en 
date  du  25  avril  (551.  Des  réimpressions  parurent  en  1571  et  1575.  Voy. 
tome  I,  pp.  195.  197,  218,  219. 

5.  //  Petrarca  parut  pour  la  première  fois  chez  Roville  en  1550-1551 ,  avec 
une  épître  à  Gio.  Manelli  en  date  du  12  janvier.  Des  réimpressions  furent 
publiées  en  1558,  1564  et  1574.  Voy.  tome  1.  pp.  193,  195.  205,  214,  218. 

5.  Roville  a  donné  deux  éditions  du  Cortegiano  de  Baldassar  Castiglione, 
la  première  en  1553,  la  seconde  en  1562.  Voy.  tome  I,  pp.  198,  213. 


12  XXIII.   —    JEAN-BAPTISTE    DU    FOUR. 

«  Mentre  che  io  teneva  questo  proposito  con  dello  Roviglio, 
lo  viddi  sorridere  et,  senza  lasciarmi  fînire,  mi  disse  che, 
avanli  che  da  lui  partissi,  mi  farebbe  cognoscere  che  mollo 
bene  era  informalo  délia  virlù  di  tante  gentildonne  et  délia 
fantasia  del  signor  abate,  et  che  pensava  non  solo  a  compia- 
cerli,  ma  d'aiutare  in  quanto  per  lui  si  poteva  lo  studio  délia 
nobiltà  franzese  nelhi  lingua  toscana,  perché  aveva  già 
principiato  di  fare  stampare  il  detto  Decamerone^  et  che 
disegnava  fare  il  simile  di  moite  altre  belle  opère  toscane, 
acciô  che  non  pure  le  principesse  et  dame  délia  corte  habbino 
in  apparare  quella  lingua  maggiore  commodità,  ma  tante 
altre  che  per  il  regiio  ne  sono,  che,  non  solo  la  intendano  et 
parlano  bene,  ma  anchora  leggiadrissimamente  la  scrivano, 
come  sarebbe  quella  molto  bella,  gratiosa  et  nobile  madama 
Margherita  de  Gambis,  baronessa  d'Aigremont,  moglie  del 
luogotenente  del  re  a  Nismes^,  che  Iradusse,  non  è  molto 
tempo,  di  toscano  in  franzese  quella  bella  et  dolta  epistola 
del  Trissino  che  tratla  dello  slato  vedovile^,  laquale,  essendo 
aile  buone  lettere  del  continue  intenta,  non  si  puô  senon 
maggior  frutto  delli  suoi  studij  sperare,  et  di  nuovo  un'altra 
consolatoria  di  questo  nostro  Boccaccio,  che  scrisse  a  messer 
Pino  de'  Rossi,  tosto  si  vedrcà  da  lei  iradotta*. 

«  Et  per  non  mi  andar  discostando,  non  habbiamo  noi  qui 
in  Lyone  madama  Margherita  di  Bourg,  générale  di  Bretta- 
gnia,  a  cui  non  senza  molto  juditio  è  stalo  dedicato  questo 
Decamerone^  la  quale  ha  in  un  suo  studio,  oltre  molli  libri  di 
filosofia  et  di  tutte  le  arti  liberali  et  li  strumenti  che  si  appar- 
tengono  aile  matematiche,  tutti  i  piùbelliauthori  délia  lingua 

1.  Passano  {?\ovellieri  in  prosa.  p.  60)  cite  une  édition  du  Decamerone 
ilonuée  par  Roville  en  1552.  On  voit  que  cette  éililion  ne  peut  exister;  il 
s'agit  (l'une  réimpression  de  la  traduction  française  d'Antoine  Le  .Maçon. 

2.  Marguerite  de  Cambis  était  originaire  du  conilat  d'Avignon,  comme 
le  Pierre  de  Cambis  qui  obtint  en  15i6  des  lettres  de  uatuialité  [Calai, 
des  actes  de  François  Z^'"",  V,  no  15233).  Voy.  Barjavel,  Dict.  historique, 
l)iof/raphi(jue  et  bibliographie  du  déjjart .  de  Vaucluse,  1841,  1,  p.   333. 

3.  Kpisire  du  ^eii;neur  Jean-(ieorge  Trys-in,  de  la  vie  que  doit  tenir  une 
dame  venfve,  tiaduicle  par  Marguerite  de  ('ambis,  baronne  d'Aygremont. 
A  LijOH,  Par  Gudlaume  Houille,  lûâi,  lii-Ki.  La  Croix  du  Maine,  éd. 
Kigoley  de  Juviguy,  11,  p.  81  ;  Du  Verdier,  111.  p.  22. 

4.  Lpistre  cousolatoire  de  l'exil  envoyée  par  Jean  Boccacce  au  seigneur 
Pino  de  Piossi,  iraduitte  par  Marguerite  de  Cambis,  baronne  d'.\ygremont. 
A  Lijun,  Par  Guillaume  Hoville,  I5ô6.  ln-16.  Du  Verdier,  III,  p.  23. 


XXIII.  —   JEAX-BAPTISTE   DU   FOUR.  13 

toscana,  et  cosi  bene  gli  intende  et  dichiara  corne  se  fra  i  più 
dotti  d'essa  fussi  nata  et  allevata  '  ?  Et  si  corne  madamigella 
d'Yvort  2,  giovane  di  rara  bellezza,  li  è  di  sangue  congiunta, 
cosi  in  tutte  le  scienze  e  virlù  si  li  puo  dire  compagnaetpar- 
ticularmenie  in  questa  lingua,  laquale  lei  si  bene  intende  et 
con  tanla  gratia  prenontia,  che  in  sentirliene  parlar'  si  sente 
infinita  dolcezza. 

«  Ghe  dirô  io  di  madamigella  Glemenza  di  Borges,  figliuola 
délia  gentilissima  madama  la  generala  di  Piemonte  ^  la  quale 
accompagna  si  bene  la  voce  con  la  mano  che  tocca  gli  instru- 
menli  di  musica,  tanlo  nelle  parole  toscane  che  nelle  franzese, 
et  aggiugne  tanta  gratia  ail'  arte  che  par'  che  da  Palade  sia 
stata  chiamata  per  quarta  compagna  aile  tre  Grazie. 

(c  È  già  noto  a  ciascuno  il  maraviglioso  ingegno  di  madama 


1.  Margiirrite  de  Boiiri;:,  daine  de  Gage,  était  de  Lyon.  Elle  jouissait 
d'une  réputation  dont  François  de  Billon  s'est  fait  Fécho,  en  cette  même 
année  1555,  dans  son  Fort  inexpugnable,  fol.  18.  Damiano  Maraffi  lui  fit 
hommage,  en  1554,  de  sa  traduction  de  Julins  Obsequens  (voy.  t.  l.  p.  177). 
Ponlus  de  Tyard  lui  adressa,  en  1556,  le  Discours  du  Temps.  Non  seulement 
Roville  lui  dédia  l'édiliou  du  Decame.rune  à  laquelle  nous  empruntons  la 
présente  épître,  mais  il  lui  dédia  aussi,  eu  1564,  une  édition  de  Pétrarque 
(voy.  t.  I,  pp.  201,  205,  214).  Une  lettre  italieinie  à  elle  adressée  par 
Lucanlonio  Ridolfi  a  été  reproduite  (lar  Bernardino  Pino  (Sceltn  di  lettere, 
Venetia,  1582,  in-8,  IV,  pp.  -243-245). 

Marguerite  de  Bourg  avait  épousé  Antoiue  Bullioud,  général  des  finances 
de  Bretagne.  Leur  fils  aîné,  Jean,  était  né  le  26  avril  1540.  Voy.  C.-C- 
A.  Lambert,  Catalor/ue  des  manuscrits  de  Carpentras,  1,  p.  196. 

2.  M.  d'Yvor  était  eu  1554  secrétaire  du  roi.  Charles  Fontaine  lui  dédia 
sous  cette  date  Les  nouvellvs  et  antiques  Merveilles.  Claude  de  Taillemont 
a  chanté  Mii^  d'Yvor  dans  La  Tricarite  '1556.  in-8),  p.  94. 

3.  Clémence  était,  au  dire  de  Du  Verdier  (éd.  liigoley  de  Juviguy,  1, 
p.  394),  «  la  perle  des  damoiselles  lyonnoises  de  sou  temps  ».  C'est  à  elle 
que  Louise  Labé  dédia,  eu  1555,  le  recueil  de  ses  Œuvres.  François  de 
Billon  dit  dans  son  Fort  inexpugnable  (fol.  214  v»)  que  «  tout  ainsi  que 
jadis  y  eut  débat  entre  deux  viles  de  Grèce  à  qui  d'elles  pour  sa  réputation 
montreroit  un  certain  philosophe  y  avoir  été  nay,  la  ville  de  Lyon  eu  sem- 
blable, et  la  susdite  de  Bourges  sont  en  hazard  d'avoir  un  jour  la  picque 
sur  ce  que,  cette  damoyseile  étant  nommée  Clémence  de  Bourges,  Lyon 
soutient  estre  de  son  creu,  et  l'autre,  au  contraire,  pour  le  regard  du  sur- 
nom. > 

Le  père  de  Clémence  était  Claude  de  Bourges,  qui  avait  été  pourvu  de 
l'office  dégénérai  des  finances  de  Piémont,  par  lettres  royales  du  13  juin  1538 
(Cat.  des  actes  de  François  i'^"",  VI,  n°  21427).  Elle-même  fut  fiancée  à 
Jean  Du  Peyrat,  fils  du  lieutenant  général  de  Lyon  ;  mais  Jean,  ayant  été 
tué  le  30  septembre  1562,  Clémence  mourut  de  chagrin  l'année  suivante. 


14  XXIII.   —  JEAN-BAPTISTE   DU  FOUR. 

Sibilla  Albiza  delli  Alloviti  '  et  cielle  due  sue  fîgliuole,  tulle 
nate  et  allevale  in  questa  lerra,  délie  quali  la  maggiore,  che 
è  maritala,  oltre  l'altre  virtù  di  che  ella  è  ricca,  ha  con  il  con- 
tinuo  studio  acquislato  la  perfetta  cognitione  del  parlare  et 
serivere  in  questa  lingua,  et  non  manco  di  lei,  la  sua  sorella 
Ginevra,  ancor  non  conjunta  al  nodo  maritale,  nella  quale  non 
saprei  giàdiscernere  quai  sia  maggiore  o  la  bellezza  del  viso, 
o  la  splendore  delli  occhi,  o  la  dolcezza  et  gratia  del  parlare, 
co?i  frauzese  corne  toscano.  Onde  si  puô  con  verità  dire  che 
nelli  verdi  frondi  di  si  bello  et  fruttifero  genepro  mille  chiare 
virtù  si  han  fatto  nido. 

«  Ma  non  par'  egli  un  miracolo  di  madama  Maria  Bessea 
Galleotta  Del  Branca^,  che  in  spatio  di  due  anni  che  fu  stata 
col  marito  fiorentino,  tanto  naturalmente  et  ?i  hene  la  lingua 
toscana  parla  et  ornalamente  scrive,  che  molli  credono  che  di 
là  fussi  qui  co'l  marilo  venuta? 

«  El  in  somma,  per  non  haver  io  perfetta  cognitione  d'infi- 
nité altre  nobili  et  virtuose  gentildone  et  figlie  franzesi,  cosi 


1.  Siliilla  (legli  Albizi,  fille  de  Ruberto,  épousa  en  1530,  Bernardo  Allo- 
viti, négociant  à  Lyon,  né  le  27  novembre  1495.  Le  comte  de  Charpin- 
Feugerolles,  à  qui  nous  empruntons  ces  renseignements  (Les  Florentins  à 
Lyon^  I89i,  p.  18),  donne  à  Sibille  trois  filles,  savoir  :  Isabeau,  mariée  en 
15't9  à  Gio.  Baltista  di  Aiifonfrancesco  degli  Albizi  ;  Jeanne,  mariée  en 
1551  à  Rafi'aelio  di  Gio.  Battista  Bartoli  ;  Geneviève  mariée  à  Lionardo 
Strozzi.  On  voit  que,  en  1555,  l'une  des  deux  aînées  était  morte,  et  que 
Geneviève  n'était  pas  encore  mariée. 

iSous  avons  vainement  clierché  Bernardo  Altoviti  et  ses  tilles  dans  l'ou- 
vrage de  Liiigi  l'asserini  :  Geneulogia  e  Storia  délia  famhjlia  Altoviti 
(Firenze,  1871.  in -8). 

2.  Marie  devait  être  parente,  peut-être  fille,  de  Jean  de  La  Bessée,  pro- 
cureur général  de  la  conmiime  de  Lyon,  (jaleolto  Del  Branca,  qu'elle  avait 
épousé,  faisait  à  Lyon  un  très  important  conmierce.  Le  25  avril  1537,  il 
recevait  du  roi  4G95  1.,  15  s.  t.,  pour  divers  objets  destinés  à  la  danpliine 
Catherine  de  .Médicis.  à  Marguerite  de  France  et  à  diverses  demoiselles  de 
la  cour  :  des  draps,  et  toib  s  d'or  et  d'argent  et  une  cbaîne  d'or  garnie  de 
viiigt-quatres  perles  (Léon  de  Liltorde.  domptes  des  bâtiments  du  roi,  1880, 
IL  p.  229).  .\u  mois  de  janvier  1539  (n.  s.i  il  recevait  encore  116101., 
17  s.  t.  pour  des  fournitures  analogues  [ibid.,  II,  p.  2i0j.  Les  documents 
français  l'apiiellint  Galyot  Delebrauc  et  Galliot  Dallebranque. 

Un  Dominique  de  Branche,  trompette  ordinaire  du  roi,  retiré  à  Beaulieu 
près  de  Loches,  qui  obtint  au  mois  de  janvier  1537  (n.  s.)  des  lettres  de 
naturalité.  apjiarlenait  peut-être  à  la  même  famille.  Voy.  Catalofjue  des 
actes  de  François  /er,  VI,  n°  21105. 


XXIII.  —   JEAN-BAPTISTE    DU   FOUR.  15 

di  Lyone  corne  de  l'altre  terre  di  Francia,  se  bene  la  dottrina 
di  quelle  è  agli  allri  palese,  dirô  finalmente,  per  conchiusione 
del  mio  ragionamento,  di  quella  supranaturale  et  divina 
Mâconese,  Anna  Tollona  (anzi  Tulliana,  per  la  sua  perfettis- 
sima  prontitudine  del  ben  dire  et  scrivere  in  quaisivogiia 
lingua,  sia  latina,  franzese  o  toscana*)  a  la  quale  Dio  ha  con- 
cesso,  oltra  labellezza  admirabile,  Tintera  conoscenza  di  tulle 
le  arti  liberali. 

«  Gosi  dicendo  il  Roviglio  rai  fece  venire  avant!  alcuni  qua- 
derni  del  Decamerone  slampati  con  tanto  belli  caratleri  e  si 
pulitamente  fatti  che,  ancora  che  la  stampa  sia  piccolissima, 
non  oflende  perciô  punto  l'occhio  del  lectore  con  quelli.  Et 
mi  mostrô  anchora  un  raccoglimento  di  moite  sentenze,  forme 
di  dire  et  regole  délia  lingua  toscana,  stale  già  da  masser 
Luc'  Antonio  Ridolfi,  gentilhuomo  non  meno  litterato  che  di 
inleroet  saldo  judiiio,  et  molto  délia  lingua  toscana  osserva- 
tore,  nella  sua  prima  giovanezza  notate  et  raccolte  in  un  quin- 
terno  appicato  a  un  Decamerone  che  gli  accattô  da  lui,  per  ser- 
virsene  nella  corretione  di  questo  (quantunque  ad  altri  sia 
paruto  poi  altrimenli  fare),  et  insieme  la  vita  di  esso  Boccaccio 
dal  medesimo  Ridolfi  composta,  la  quale  anche  li  è  parso  fare 
mettere  in  questo  libro.  Il  quale  veggendo  io  tanto  bene  et  si 
correLtaraente  stampalo,  ardisco  dire  che  le  stampe  di  Lyone 
potranno  da  qui  innanzi  quasiche  stare  al  paragone  nella  lin- 
gua toscana  a  quelle  di  Venetia,  di  Fiorenza  et  di  Roina. 

«  Et  perché  io  so  che  voi  vi  dilettate  in  questa  lingua  tos- 
cana tanto  et  forse  più  che  nella  vostra  propria,  non  ho  voluto 
mancar  di  mandaverne  uno  (che  saràcon  questa)  etrallegrar- 
mi  con  esso  voi  che  qaestoregno,  oltre  la  sua  lingua  naturu  le 
lanto  copiosa  et  vaga,   si  va  di  continovamenle  ampliando 


I .  Li  Croix  du  Maine  a  recueilli  le  nom  crAnne  «  Tulonne  «  (éd.  Rigoley 
de  Juvigiiy,  1.  p.  27)  ;  mais  il  ne  nous  donne  à  son  sujet  aucun  renseigne- 
ment précis.  Une  lettre  à  elle  adressée  par  Lucantonio  Ridolfi  a  été  repro- 
duite par  Bernardino  Pino  (Scella  di  lettere   1582,  IV,  pp.  237-243). 

François  de  Billon  parle  d'Anne  Tiillon  à  peu  près  dans  les  mêmes  termes 
que  Jcan-Baplisle  Du  Four  :  «  ...  en  la  personne  tresgente  de  la  demoy- 
selle  Anne  Tullonne,  Maconnoyse,  qui  se  deust  plus  tost  appeler  Tuliane 
pour  la  perfection  de  ses  myssives  plus  que  ciceroniannes,  faites  par  grâce 
spéciale  de  naturelle  vivacité,  non  par  art.  »  Le  Fort  inexpugnable,  1555, 
fol.  35  v«. 


16  XXIII.  —    JEAN-BAPTISTE    DU    FOUR. 

nella  toscana,  et  ben  si  puô  dir  che,  corne  sua  Maestà  Ghris- 
lianissima  ha  di  poi  che  è  venuto  alla  corona,  accreseiuto  il 
Ruo  reame  et  ampliato  l'imperio  di  qaello  più  che  alcunoaltro 
delli  suoi  a)itecessori,  cosi  anche  sotto  il  suo  felice  reggi- 
mento,  lutte  le  buone  arti  et  scienze,  et  parlicularmente  la 
eloquentia,  ci  si  vegono  d'hora  in  hora  andar  multiplicando.  » 

Voici  la  description  du  volume  à  la  fin  duquel  est  imprimée 
répître  de  De  Four  : 

Il  II  Decamerone  |1  di  M.  Giouanni  II  Boccaccio.  Il  *  jj 
Nuouamente  stampato,  con  vn  raccoglimento  di  ||  tutte  le 
sentenze,  in  questa  sua  11  opéra  da  lui  vsate.  jt  Aggiunteci  le 
annotationi  di  tutti  queiluoghi,  che  II  di  queste  cento  nouelle, 
da  Mons.  Bembo,  per  ||  osseruatione  tV:  intelligenza  délia  II 
Tho-  Il  scana  lingua,  sono  stati  nelle  sue  II  prose  allegati.  || 
In  Lione,  \\  Aprei^so  Guiielnio  \\  Roaillio.  Il  1555.  ||  Con 
Priuilegio  del  Rè.  In-16  de  932  pp.,  13  ff.  non  chiffr.  et  1  f. 
blanc. 

Le  titre  porte  la  marque  de  Poville,  avec  la  devise  :  In  vlr- 
iute  et  fortuna.  —  Au  v°  du  titre  est  un  extrait  du  privilège 
accordé  pour  cinq  ans  à  Roville,  le  6  novembre  l5oi. 

Les  pp.  3-8  contiennent  l'épîire  de  Roville  «  a  madama, 
madama  Margherita  de  Bourg,  geiierala  di  Bretlagna  »,  épître 
que  nous  avons  reproduite  dans  notre  tome  I,  pp.  201-203. 

Les  pp.  6-10  sont  occupées  par  un  avis  du  même  «  ailettori.  » 

Les  pp.  880-888  rentérment  la  Vlla  di  M.  Giovanni  Boccaccio 
brevemenle  descritta  ;  les  pp.  889-902,  le  Raccoglimento  di  lutte 
le  sentenze  usate  dal  Boccucio  [sic]  in  questa  sua  opéra  ;  les  pp. 
903-908,  A  loune  belle  Forme  di  scrivere  et  Epiteti  u^ati  da  M.  G.  B- 
in  rjuesto  suo  Decamerone  ;  les  pp.  909-925,  les  Annotationi  di 
tutti  quei  luoghi  del  Decamerone  che  da  M .  Bembo,  per  osserva- 
zlone  et  intelligenza  délia  lingua  thoscana,  so7io  nelle  sue  prose 
stati  allegati. 

A  la  p.  926  est  un  avis  «  ai  letlori  »  dans  lequel  le  libraire 
s'excuse  de  ne  pouvoir  donner,  faute  de  place,  tout  ce  qu'il  a 
promis  au  début. 


XXIII.   —   JEAN-BAPTISTE    DU    FOUR.  17 

Les  pp.  927-932  sont  remplies  par  la  lettre  de  Jean-Baptiste 
Du  Four. 

La  Tavola  di  tntte  le  novelle  occupe  les  11  ff.   qui  suivent. 

Sur  les  2  derniers  fi.  se  lit  une  lettre  adressée  à  Roville  par 
un  anonyme,  qui  propose  diverses  corrections.  Nous  avons 
reproduit  ci-dessus  un  passage  de  celte  pièce. 

Biblioth.  nat.  Rés.,  Y'^  2263.  —  British  Muséum,  1074.  a.  17; 
245  d.  40;  G.  10  088.  —  Notre  bibliothèque.  —  Nous  avons  vu 
à  la  librairie  Rahir,  en  1900,  un  bel  exemplaire  portant  la 
signature  du  poète  Philippe  Des  Portes. 


II.   -  2. 


XXIV 
CLAUDE  DE  HERBERAY 


Nous  ne  savons  rien  de  Claude  de  Herberay.  II  devait  être 
de  la  même  famille  que  Nicolas  de  Herberay,  seigneur  des 
Essarts,  mort  vers  1552,  à  qui  Ton  doit  la  traduction  de  divers 
ouvrages  espagnols;  mais,  pas  phis  que  La  Monnoye,  qui 
étudie  déjà  la  question  dans  ses  noies  sur  La  Croix  du  Maine', 
nous  n'avons  pu  trouver  le  lien  qui  unissait  les  deux  per- 
sonnages-. 

L'existence  de  Claude  et  sa  parfaite  connaissance  de  la 
langue  italienne  ne  peuvent  être  révoquées  en  doute,  lors 

1.  Tome  il,  p.  166. 

2.  Nicolas  de  Herberay  ne  se  bornait  pas  à  traduire,  en  les  arrangeant, 
des  ouvrages  espagnols  ;  )1  se  plaisait  aussi  à  parler  espagnol,  comme  on  le 
voit  par  une  épître  que  lui  adresse  Gilles  Boileau,  de  Bouillon,  en  tète  de  la 
traduction  française  du  Commentaire  de  Luis  de  Âvila  y  Zûniga  (Paris, 
Chrestien  Wecliel,  1550,  in-4).  u  Tan  acostumbrado  esloy  »,  lui\it-il  «  de 
hablar  en  espanol  con  V.  .M.  que  nunca  le  puedo  hablar  de  otra  manera.  » 

Nicolas  paraît  avoir  été  marié  deux  fois.  Il  épousa,  en  1531,  Jeanne 
de  Neuville,  fille  de  Nicolas  de  Neuville,  seigneur  de  L'Equipée  et  de  Chan- 
telou  etc..  (Anselme,  Hist.  généal.,  IV,  p.  639),  puis,  à  une  date  que  nous 
ignorons,  Maria  Compana.  ou  Compans,  dont  Mellin  de  Saint-Gelais  a  clianté 
les  louanges  et  dont  il  a  déploré  la  mort  dans  plusieurs  épitaphes  (éd.  Blan- 
cbemain,  II.  pp.  25,  44,  76,  176,  293.  316).  Marie  était  Espagnole  et  c'est 
pour  elle  que  Nicolas  composa  un  Petit  Discours  d  un  chapitre  du  livre  de 
Primaleon,  etc.,  que  Vincent  Sertenas  fit  imprimer  en  1549.  C'est  sans 
doute  du  premier  mariage  de  Nicolas  que  naquit  Louis  de  Herberay,  écuyer, 
seigneur  des  Essarts,  gentilliomnie  ordinaire  du  roi  et  commissaire  ordinaire 
en  son  artillerie.  Ce  dernier,  dont  Catherine  de  Médicis  parle  dans  une 
lettre  du  mois  de  novembre  1562  {Lettres,  X,  p.  71),  mourut  avant  le 
3  novembre  1582,  laissant  de  .Marie  Migot,  une  fille  appelée  Catherine 
(Bibl.  nat.,  nis.  fr.  27997,  dossier  34271,  n"^  2  et  3). 


20  XXIV.  —  CLAUDE  DE  HERBEBAY. 

même  qu'il  n'aurait  eu  aucune  part  dans  la  publication  du 
Rngionnmento  dont  nous  allons  parler.  C'était  un  usage 
général  chez  les  auteurs  qui  composaient  des  dialogues  au 
xvr  siècle  de  mettre  en  scène  des  personnages  réels,  le  plus 
souvent  des  contemporains  ^ 

En  1557,  parut  à  Lyon,  chez  Guillaume  Roville.  un  volume 
dont  voici  la  description  : 

Ragionamento  |!  hauutoin  Lii)ne,daClau-  ||  diodeHerberè 
gentil'huomo  Franzese  &  da  ||  Alessandro  degli  Vberti  gentil' 
huomo  Fio  -  ||  rentino,  sopra  alcuni  luoghi  del  Cen-  ||  to 
Nonelle  del  Boccaccio  :  Il  I  quali  si  ritroueranno  secôdo  i  numeri 
délie  Carte  del  Decamerone  stam-  ||  pato  in  Lione.  in  picciola 
formadaCr.  Rouillio,  l'AnnoM.  D  L.  V.  ||  InLionp,  \\  Appresso 
Giiglii'lmo  Rouillio.  \\  1557.  In-4  de  100  pp.  et  I  f.  non  chifFr. 
pour  les  Errori,  car.  ital. 

L'intitulé  est  imprimé  dans  un  bel  encadrement  composé 
de  figures  grotesques.  La  partie  inférieure  du  litre  forme  une 
sorte  de  scène  dont  le  fond  est  occupé  par  une  marque  de 
Roville,  et  les  côtés,  par  des  cariatides.  Un  cartouche,  placé 
au  milieu  de  la  base,  contient  le  nom  de  la  ville,  celui  du 
libraire  et  la  date. 

Bibliotb.  nat..  Inv.  X.  2270  —  British  Muséum,  899.  e.  3  '). 
—  Notre  bibliothèque  (exemplaire  de  Grozat,  président  au 
Parlement  de  Paris). 

L'édition  n'ayant  pas  été  complètement  vendue,  Roville  fit, 
en  1560,  réimprimerie  premier  cahier  et  modifia  le  titre  de 
la  façon  suivante  : 

Ragiona-  1|  mento  hauutoin  \\  Lione  da  Claudio  ||  dellerberè 
Gen-  Il  til'huomo  l|  Lionese,  ||  Et  da  Alessandro  de  1|  gliVberti 
Gentil'huomo  ||  Fiorentino  :  ||  Sopra  la  dichiaratione  d'alcuni 


1.  Cilon"^  p;ir  cxomple  les  Dm/o^?  d'Antonio  Rnicioli.  Si  Pierre  Danès  et 
Georaes  (rArm;iiiiiar  tîiruroMt  comme  iiitrrloeuteiirs  dans  le  dialot,nie  XXIII, 
Libro  secondn  (1537!,  c'est  qu'à  cette  date  ils  étaient  réellemi'nt  tous  deux 
en  Italie. 


XXIV.  —    CLAUDK    DE    HERBERaY.  21 

luoghi  di  Dante,  del  |I  Petrarca;  e  del  Bocaccio  :  non  stati 
infino  à  ||  qui  da  gli  altri  spositori  bene  intesi.  ||  In  Lione, 
11  Appresso  Guglielino  Rouillio  j|  M.  D.  LX  [15G0J. 

Le  lilre  porte  la  uiaïque  de  Roville,  mais  n'a  plus  le  bel 
encadrement  de  loo7. 

A  partir  de  la  p.  9,  le  libraire  n'a  rien  changé  à  l'édition 
primitive.  Il  a  même  conservé  le  f.  d'errata. 

Bibliolh.  nat.,  Inv.  Yd.  364.  —  Brilish  Muséum,  1062,  h.  18. 

Les  deux  personnages  mis  en  scène  paraissent  être  des 
hommes  jeunes.  Nous  ne  sommes  pas  mieux  renseignés  sur 
Alessandro  degli  Uberti  que  sur  Herberay.  La  similitude  du 
nom  et  des  études  permet  de  penser  que  ce  devait  être  un 
proche  parent  d'Antonio  di  Niccolô  degli  Uberti  qui,  en  15:27, 
avait  participé  à  la  révision  du  texte  du  Decameroue;  mais 
c'est  là  une  simple  supposition  '. 

Le  début  du  dialogue  parle  dun  séjour  assez  prolongé  que 
Claude  de  Herberay  aurait  fait  à  la  cour  et  nous  montre, 
comme  Tépître  de  Jean- Baptiste  Du  Four,  avec  quel  amour 
Marguerite  de  France  et  les  dames  qui  l'entouraient  cultivaient 
les  lettres  italiennes  : 

w  Alessandro.  A  me,  Claudio,  veranienle  pare  che,  quel 
tempo  che  da  noi  siete  stato  lontano,  voi  siate  dimorato  in 
quella  città  ove,  et  per  dono  di  natura  et  per  lo  diligente 
studio,  più  ornalamente  che  in  alcuna  dell'allre  é  dai  più 
iniendenii  giudicato  che  questa  lingua  si  parli,  et  non  alla 
corte  et  a  Parigi,  corne  dite  haver  faito,  dapoi  che  (lasciato 
hora  a  parte  il  vostro  natio  idioma  franzese)  m'havete  in 
queslo  risposto.  corretlamenle  sempre  favellando,  cosa  che  di 
voi,  nel  vero,  m'è  giunta  inaspettata  molto. 

«  Claudio.  Io  pure,  Alessandro,  corne  hor  vi  diceva,  souo 
slalo  tra  la  corte  et  Parigi  due  anni  et  mezzo,  che  tanti  sono 
a  punlo  da  che  di  qui,  di  Lione,  mi  partii;  ad  hoggi  ha  otio 


1.  M.  Jiilitn  Baudrier  a  vainement  fouillé  à  notre  inteiitiou  les  archives 
départementales  et  municipales  de  Lyun;  il  n'y  a  rencontré  ni  le  nom  de 
Herberay,  ni  celui  d'Ulierti. 


22  XXIV.  —  CLAUDE  DE  HERBERAY 

giorni  che  ci  ritornai  sano,  la  Iddio  mercè,  corne  vedete,  et 
con  bonissima  speditione  d'alcuua  mia  faccendri  di  non 
picciolo  momento,  et  si  corne  sempre  fui,  dapoi  che  noi  amici 
divenimmo,  cosi  anchora  sono  al  présente,  con  tutte  le  cose 
mie  ad  ogni  vostro  piacere  apparecchiato. 

«  Alessandro.  Rallegi'omi  con  voi  che  siale  tornato  sano  el 
con  lieto  fine,  corne  dite,  délie  cose  vostre.  Délie  larghe  offerte 
che  corlesemente  fatle  m'havete,  assai  vi  ringraiio,  et  se  non 
fusse  che  ofïerendomivi  io  allô  inconlro  quasi  nulla  v'offerirei, 
G  quando  pure  alcuna  cosa  v'offerissi,  quello  che  già  ha  gran 
tempo  è  vostro  vi  verrei  ad  offerire,  certaïuenle  che  io  il 
farei  di  cosi  buono  animo  corne  a  dimoslrarvelo  sarei  sempre 
presto  là  dove  l'occasione  misene  porgesse.  Ma  laseiamo  hora 
indietro  cotali  cirimonie  tra  noi  veramente  superflue,  et 
ditemi,  se  vi  piace,  come  essendo  voi  et  alla  corie  et  iuParigi 
dimoralo,  vi  sia  venuto  fatto  di  havere  questa  favella,  cosi 
bene,  come  veggo  che  fatlo  havete,  apparata. 

«  Claudio.  Io  vel  diro  et  molto  volentieri,  dapoi  che  questa 
vostra  demanda  viene  tutta  a  proposito  ad  un  ragionamento 
che  io  già  haveva  in  animo  di  fare  con  voi  d'intorno  a  questa 
favella,  di  molli  dubii  che  in  essa  nati  mi  sono  addomandan- 
dovi.  Et  per  iscoprirvi  hora  interamente  il  mio  pensiero,  vi 
dico  ch'io  vi  sono  ia  questa  hora  venulo  a  Irovare,  prima  per 
visitarvi,  si  come  il  debiio  deU'amicitianostra  richiede,  et  poi 
non  occupaio  irovandovi,  per  pregarvi  che  in  questo  mio  cosi 
honesto  desiderio  voleste,  come  molto  cortese  che  sete,  corle- 
semente compiacervi. 

«  Alessandro.  Io  al  présente  da  far  non  ho  cosa  niuna... 

«  Claudio...  Toi  dovete  adunque,  Alessandro,  sapere  che, 
essendo  io  stato,  quasi  in  quel  primi  giorni  che  giunsi  alla 
corte,  introdotto  da  un  g^ntilhuomo,  amicissimo  mio,  in 
caméra  di  Madama  Margheriia,  unica  sorella  del  nostro 
invittissimo  re,  ove  spesse  volte  molti  valorosi  signori  el  dame 
d'aite  virtù  dotate  adunare  si  sogliono,  di  cose  alte  ragionando 
et  degne  cosi  di  quel  luogo  dove  ogni  hora  tali  dispute  sono 
po<te  innanzi,  le  quali  et  chiara  utilità  et  honesto  piacere 
apportano,  come  di  cotali  illustrissime  persone,  acciochecon 
qualche  dotio  et  piacevol  ragionamento  dieno  alcun  dilelto  a 
sua  virluosissima  Eccelenza,  et  quivi  havendo  io  una  volta  tra 
l'altre  udito,  non  pur  lei,  ma  molti  d'essi  signori  et  dame,  non 


XXIV.  —  CLAUDE  DE  HERBERAT.  23 

solo  ragionare  lungamente  con  somma  leggiadria  in  questa 
favella,  ma  leggere  anchora  con  gralia  grandi^sima  alcune  cose 
in  questa  medesima  lingua  scritte,  délie  quali  intendendone  io 
alcune,  cosi  par  quella  simiglianza  che  cou  la  lalina  lingua, 
dalla  quale  ho,  corne  sapete,  aleuna  conoscenza,  mi  paie  che 
habbia  questo  idioma,  come  per  quella  familiarilà  che  qui  con 
voi  havuta  ho  già  buon  tempo,  mi  senlij  dalla  dolcezza  et 
gravita  di  questa  favella  l'animo  si  fortemente  commuovere, 
che,  anchoi'à  che  io  sia  nato  in  una  lingua  molio  oruata  et 
copiosa,  mi  nacque  nondimeno,  come  non  contento  a  quel 
poco  che  prima,  per  una  certa  consueludine  di  questa,  inlen- 
dava,  un  desiderio  cosi  maraviglioso  di  perfettamente  saperla 
et  ragionare  et  scrivere,  che  meco  stesso  cou  deliberato  animo 
proposi  di  non  restare  insino  a  tanto  che  cio  fatto  mi  venisse 
compiutamente,  et  cosi  da  queirhora  innanzi  tutto  quel 
tempo  che  dalle  mie  principali  faccende,  et  alla  corte  et  a 
Parigi,  m'avauzô  (che  fu  molto),  in  apprendere  regolatamente 
cotai  lingua  a  spendare  incominciai,  il  Cento  Novella  di 
M.  Giovanni  Boccacio,  appresso  havere  moite  altri  autori  in 
questa  lingua  veduti,  continovamente  leggeiido. . . 

Claude  arrive  ainsi  à  soumettre  à  son  interlocuteur  certains 
doutes  que  divers  passages  du  Décameron  et  le  titre  même  du 
recueil  ont  laissés  dans  son  esprit;  Alessandro  répond  à  toutes 
ses  questions,  invoquant  sans  cesse  Fautorité  de  Dante  et  celle 
de  Pétrarque.  Il  ne  nous  appartient  pas  d'examiner  le  fond 
même  du  dialogue. 

Quelle  part  le  gentilhomme  français  put-il  prendre  à  cette 
controverse  ?  Assurément  on  ne  peut  songer  à  lui  attribuer  la 
rédaction  du  Ragionamento  ;  m.iis  il  est  fort  possible  que, 
possédant  une  connaissance  peu  ordinaire  de  la  langue  ita- 
lienne, il  ait  posé  diverses  questions  aux  Florentins  de  Lyon, 
et  ait  ainsi  fourni  l'idée  première  de  Tentretien. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  volume  fut  répandu  en  Italie  et  ne 
manqua  pas  d'attirer  l'attention  des  critiques.  Alfonso  Cambi 
ïmportuni,  écrivant  de  Naples  à  Lucantonio  Ridolfi,  le  2  août 
1562,  lui  attribue  le  Ragionamento.  Voici  comment  il  s'exprime 
à  ce  sujet  : 


24  XXIV.  —  CLAUDE  DE  HERBERAY. 

«  Anchora  che  voi  me  non  conosciate  in  modo  alcuno,  et  io 
voi  mai  veduto  non  habbia,  non  solo  vi  pregherro  a  farmi  una 
gratia,  vene  pregheno  senza  moite  cirimonie,  poichè  la  virtù 
cbe  ho  conosciuto  esser  in  voi  me  ne  dà  animo.  Havendo  letto 
il  vostro  bellissimo  dialogo  cognominato  Arelefda,  ho  giudi- 
cato  il  Ragionemento  havuto  in  Lione  clal  Herberè  et  dal  nostro 
Uberti  sopra  il  Boccaccio,  et  cosi  le  dichiarationi  che  vanno  col 
Petrarca  stampato  dal  Rovillio  nel  loo8,  oltre  al  Rimario  il 
quale  come  cosa  voslra  vi  è  piaciuto  dar  faori,  esser  pur 
fatiche  vostre  ;  ma,  perché  in  esse  il  vostro  nome  non  si  legge, 
non  voglio  hora  se  vostre  o  non  vostre  sono  contrastare  : 
basla  che  a  me  sommamente  piacciono  ...» 

Ridolfî  reproduit  lui-même  cette  lettre  en  tête  de  rédition 
des  poésies  de  Pétrarque  imprimées  à  Lyon  en  1564-  ',  sans 
confirmer  ni  démentir  Tattribution  de  son  correspondant. 

Si  Alfonso  Cambi  Importun!  admirait  le  dialogue,  il  en  fut 
tout  autrement  de  Lodovico  Castelvetro,  le  critique  chagrin 
et  acerbe  dont  la  vie  entière  se  passa  dans  la  lutte.  Voici  en 
quels  termes  celui-ci  apprécie  Fouvrage  dans  une  lettre 
adressée  à  Francesco  Giuntini  : 


«  Io  sono  stato  avisato  di  Lione  da  uno  amico  mio  che  M. 
Guglielmo  Rovillio  vuole  stampare  le  centoNovelle  del  Boc- 
caccio in  piccolo  volume,  nella  correctione,  del  quale  intendo 
che  sete  adoperato,  et  perô  io  mi  sono  mosso  a  scrivervi  la 
présente,  parte  per  avisarvi  di  alcune  cose  non  bene  notate 
nel  Boccaccio,  et  parle  per  dimandarvene  la  solutione. 

«  Ouanto  al  primo,  dico  che  è  fuori  un  libretto  sotto  il  nome 
di  uno  Alessandro  degli  Uberti,  Fiorentino,  nel  quale  egli  é 
indotio  a  ragionare  con  un  Claudio,  di  natione  Francesco, 
d'alcune  cosette  del  Boccaccio  et  del  Petrarca  et  di  Dante 2, 
la  materia  del  quale  è  toi  ta  da  più  persone,  et  di  ciô  habbiamo 


1,  //  Petrarca  con  nuove  spositiotti. . .    (in  Lvoiie  appres&o  Gulielmo 
Rovillio,  M.  [).  LXIU,  iii-16),  fol.  •  l  v". 

2.  Ou  voit  par  ce  passai^e  que  Castelvetro   écrit  après  15(J0  et  qu"il  a 
oous  les  yeux  un  exemplaire  du  Rayiunumenlo,  avec  le  litre  nioililié. 


XXIV.  —  CLAUDE  DE  HBRBERAY.  25 

évidente  testimonio,  chè  lo  stile  mostra  di  essere  di  persona 
che  sappia  poco  délia  lingual  » 

Après  cette  introduction  méprisante,  Castelvetro  aborde 
l'examen  détaillé  du  Ragionamenlo  et  réfute  une  à  une  toutes 
les  assertions  d'Alessandro.  Sa  réfutation  ne  compte  pas  moins 
de  96  articles. 

Cette  critique  est  visiblement  outrée  ;  nous  aimerions  mieux 
que  le  censeur  modénais  se  fût  appliqué  à  dissiper  les  doutes 

1.  Lettera  ||  del  Diibioso  ||  A«",ademicû,  ||  Al  molto  Magiiifko  M.  || 
Fraiicesco  Giuiitini  ||  Fiureiiliiio.  S.  l.  n.  d.  [Lijon,  vers  1566],  ia-8  de 
36  pp. 

Le  titre  porte  une  grande  marque  représentant  un  personnage  qui  secourt 
des  naufragés.  Cette  marque,  entourée  de  la  devise  grecque  :  Tr,  àpéro  ■a.xX 
va^JyrJffapLéva)  iJTïEpêàXXeiv  ë^caxi,  est  Celle  de  rimprinieur  Jean  Martin.'  Elle 
se  vérifie  sur  le  titre  de  la  Difesa  de'  Fiorentini,  traduite  de  Michèle 
Bruto,  1566. 

La  lettre  du  Dnbbioso  Accademico  occupe  les  pp.  2  (v  du  titre) -22  ;  elle 
est  imprimée  en  gros  caractères.  La  réponse  de  Giuntini,  imprimée  en 
caractères  plus  petits,  remplit  les  pp.  23-30.  Le  volume  se  termine  par 
quatre  sonnets  de  Boccace,  tirés  d'un  manuscrit,  et  par  un  sonnet 
qu'Alfonso  Cambi  Impurtuni  envoie  à  l'astrologue  Giovainii  da  Bagnolo. 
<iiuntini  dédie  celte  dernière  pièce  à  Giacopo  Sozzi,  de  Reggio,  en  y 
joignant  une  réponse  de  sa  composition. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  D.  13x61.  -  Brilisli  Muséum,  11840.  b.  2  (2). 

Dans  les  Opère  varie  critiche  di  Lodovico  Castelvetro  (Milano,  1727, 
in-4,  pp.  114-120).  l'épilre  à  (iiuntini  est  reproduite  avec  quelques 
variantes.  Le  nom  du  correspondant  est  supprimé  et  le  morceau  commence 
ainsi  : 

«  Che  si  dee  giudicare  délie  cose  conlenute  in  certo  librello  che  é  fuori 
sotlo  il  nome  d' Alessandro  de  gli  Uberti. . . 

«  È  fuori  un  libretto  sotto  il  nome  d'uno  Alessandro  degli  Uberti 
Fiorentino,  nel  quale  egli  è  indotto  a  ragionare  con  Claudio,  di  nazione 
Francesco,  d'alcune  cosette  del  Boccaccio,  e  del  Petrarca  e  di  Dante,  la 
maleria  del  quai  libretto  è  involata  da  più  persone,  e  di  ciô  abbiamo 
évidente  testimonio,  che  lo  stilo  mostra  d'essere  di  persona  che  non  sappia 
la  lingua.  E  adunque  questo  Alessandro  un  di  quei  giovani  Fiorentini  delF 
Accademia  di  Fireiize,  i  quali  in  lutto  lo  spazio  délia  vita  sua  faniio  una 
lezione  la  quale,  corne  diceva  Alfonso  Pazzi,  mette  loro  insieme  Benedelto 
da  Monte  Varco.  » 

Benedetlo  Varchi,  né  en  1502,  fut  le  membre  le  plus  actif  de  Facadérnie 
établie  à  Florence  par  Cosimo  de'  Medici.  Il  paraît  que,  non  content  de  com- 
poser des  leçons  sous  son  propre  nom,  il  en  composait  encore  pour  les 
autres.  Ses  Lezioni  sopra  diverse  mater le  poetiche  e  filoso fiche  ont  été 
recueillies  en  1560-1561  et  en  1590. 


26  XXIV.  —  CLAUDE  DE  HERBERAY. 

qui  existent  sur  le  véritable  auteur  du  dialogue.  La  réponse 
de  Giuntini  est  malheureusement  moins  explicite  encore.  Il 
ne  mentionne  qu'en  passant  le  dialogue  ;  cependant  il  est  à 
noter  qu'il  ne  parait  pas  mettre  en  doute  l'existence  d'Ales- 
sandro  degli  Uberti,  et  que,  lui  qui  habitait  Lyon,  il  en  parle 
comme  d'un  personnage  réel  : 

«  Quanto  al  Ragionamento  di  M.  Alessandro  degli  Uberti 
Fiorentino,  vi  giuro  di  non  l'haver  mai  lelto  ne  visto,  et  per 
questa  cagione  non  posso  darveue  quel  giuditio  che  vorresti 
ch'io  vene  dessi  in  favor  vostro.  È  ben  vero  che,  per  esst-re  tal 
Ragionamento  ricordato  dal  mag.  M.  Luc'  Antonio  Ridolfi 
nelle  annotationi  de'  sonetti  del  Petrarca,  ho  havuto  assai 
desiderio  di  leggerlo;  ne  mai  tal  disio  ho  poste  in  opéra'  , .  » 

Attendons  qu'un  hasard  heureux  nous  fasse  rencontrer 
quelques  documents  sur  Claude  de  Herberay  et  sur  son  ami. 

1.  Lettera,  p.  2i. 


XXY 


THOMAS  THIERRY 


Le  poète  Lodovico  Pdternù  est  peu  connu  ;  il  est  passé 
sous  silence  par  Fontanini  comme  par  Tirabosclii,  bien  qu'il 
ait  eu,  au  milieu  du  xvi«  siècle,  la  prétention  d'être  un  nouveau 
Pétrarque.  En  1560.  Lodovico  avait  publié,  ou,  si  l'on  veut,  fait 
publier  par  son  ami  Lelio  Fortunato,  un  recueil  de  vers  divisé 
en  quatre  parties  '.  L'année  suivante,  il  avait  donné  un  second 
recueil  intitulé  :  Nuove  Fianime-,  puis  il  avait  habilement 


1.  Nuouo  Petrarca  |]  Di  M.  Lodoiiico  |1  Paterno,  ||  Dislinto  in  quattro 
parti.  Il  La  prima  &  seconda,  in  vita  &  in  morte  [j  di  M.  Mirtia.  ||  La 
terza  de'  varij  soggetti,  &  la  quarta  ||  de'  Trionfi.  ||  Al  Sereniss.  lié  Cato- 
lico  il  gran  ||  Filippo  d'Auslria.  ||  Cou  Priiiilegio.  ||  In  Venetia.  Appresso 
Gioan  Andréa  Valuassori,  ||  delto  Guadagnino .  M  D  LX  [1560].  ln-8 
de  8  ff.  lim.,  624  pp.  et  12  tT 

Le  titre  porte  la  marque  de  Giov.  Andréa  Valvassori. 

Les  7  tf.  qui  suivent  contiennent  une  épître  de  Lelio  Fortunato  à 
Philippe  II  (di  Nap-di  a'  xij  di  feb.  1560),  et  une  épître  de  Mario  degli 
Andini  aux  lecteurs. 

Les  Trionfî  sont  ornés  de  figures  sur  bois. 

British  Muséum,  239.  b.  19!  —  Notre  bibliothèque. 

2.  Le  nuoue  Fiamme  ||  di  M.  Lodouico  ||  Paterno,  ||  Partite  in  cinque 
libri.   Il   II  primo  di  Sonetti.  &  Canzoni  pastorali.    \\   Il  seconde  di  Stanze. 

Il  II  terzo  di  Elégie.  H  II  quarto  di  Nenie,  &  Tumuli.  ||  Et  l'ultimo  di 
Egloghe  Marittime,  Amorose,  H  Luguliri,  Illustri,  &  Varie.  |I  A  Don 
Carlo  d'Austria  Principe  ||  di  Spagna.  1|  Cou  Prinilegio.  1|  In  Venetia, 
Per  Gio.  Andréa  Valuassori,  detlo  Guadagnino,  M.  L»LXl  [1561].  ln-8  de 
254  lï.  chifîr.  et  6  ïï.  non  cliiffr. 

Le  titre  porte  la  marque  de  Valvassori. 

Lesff.  2-4  contiennent  une  épître  dédicatoirede  Lelio  Fortunato  à  Don  Carlos. 

Au  vo  du  dernier  f.  (après  la  table),  est  un  sonnet  de  Luigi  Valvassori. 

Bibliotii.  de  l'Arsenal,  B.-L  4160.  —  British  Muséum,  241.  e.  17. 

Gio.  Battista  Giraldi  avait  fait  paraître  en  1518  un  recueil  intitulé  :  Fiamme. 


28  .XXV.   —   THOMAS   THIERRY. 

mélangé  ses  œuvres  à  celles  de  poètes  célèbres,  tant  dans  les 
Rime  scelle  éditées  par  Lodovico  Dolce  en  1565'  que  dans  un 
recueil  de  satires,  où  Paternô  tient,  à  lui  tout  seul,  plus  de 
place  que  Lodovico  Ariosto,  Francesco  Sansovino,  Ercole 
Bentivoglio  et  Luigi  Alamanni  -. 

Guillaume  Roville,  qui  se  proposait,  ainsi  que  nous  l'avons 
vu  ci-dessus,  de  donner  au  public  les  meilleurs  ouvrages  de  la 
langue  italienne,  fit  paraître,  en  1568,  une  édition  augmentée 
des  Nuûve  Fiamme,  dont  voici  la  description  : 

Le  nuoue  il  Fiamme  di  M.  ||  Lodouico  !l  Paterno,  Il  ^.  Il  Gon 
diligentia  riuiste  &  ristampate.  \\  A  Don  Carlo  ||  d'Austria 
Principe  di  ||  Spagna.  ||  In  Lijone  \\  Appresso  Giiglielmo 
Rouillio.  Il  1568.  In-16  de  541  pp.,  8  flf.  non  cliifîr.  et  1  f. 
blanc  (?). 

Le  titre  porte  la  marque  de  Roville,  avec  la  devise  :  In 
virtule  et  fortuna. 

Le  volume  s'ouvre  par  l'épître  du  premier  éditeur,  Lelio 
Fortunato,  à  don  Carlos,  prince  d'Espagne. 

A  la  suite  (pp.  10-13)  est  une  épître  de  Lorenzo  Vittorino 
«  Alla  molto  nobile  et  virtuosa  signora,  la  S.  Angela  Spada  de' 
Cenami  »,  en  date  de  Lyon,  !«■■  octobre  1566.  —  Angela,  fille 
de  Bernardino  Cenami,  était  la  femme  de  Gherardo  Spada. 

1.  11  secûiuio  Volume  délie  Rime  scelle  di  diversi  eccellenti  aiitori.  nuo- 
vamanle  maiidato  iii  liice.  In  Venegia,  appresso  Gabriel  Giulito  de'  Ferrari, 
1565.  In- 12. 

2.  Satire   ||   di  ciiiqiii'   ||    Poeti    ||   illuslri,    |j   di  imoiio  raccolte    |!    et 
poste  a  luce.   Ij   Cuii  ima  lellera  del  Patenio,  doue  si  dis-   ||   corre  délia 
Latiiia,  et  Tlioscana  Satira  :    j|    et  s'iiiseiriiano  alciini  auiiertimonti  ne-    !| 
lessarij  intorno  allô  si;riiiere  délie  mo-  ||  derne  Satire    ||  In   Venetia,    \\ 
Per  Gio.  Andréa  Valuassori.   \\  M  DLXV  [1565].  In-l'J  de  118  11.,  car. 
ital. 

Le  titre  porte  la  marque  de  Valvassori. 

Les  tf  2  et  3  contiennent  une  épître  de  Mario  dtgli  .Andini  aux  lecteurs. 
Les  ff.  4-7  sont  occupés  par  une  épître  de  Paturuo  à  (iiuliano  Bons!,  sur 
la  satire,  épître  datée  "  di  Villa,  il  di  primo  di  maizo.  » 
Biblioth.  nat.,  Inv.  Vd.  6876. 

Les  satires  ont  été  réimprimées  dans  la  RaccolUt  di  poeti  satirici 
iudiani,  t.  V  (1786,  in-12)  et  dans  la  CoU'-ziune  de'dassici  italiani, 
t.  231  (1804,  in  8). 


XXV.  —   THOMAS   THIERRY.  29 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Rés.  Yd.  1228.  -  Biblioth.  de  TArsenal, 
B.-L.  4161.— British  Muséum,  241.  a.  34.—  Notre  bibliothèque. 

Parmi  les  pièces  qui  sont  nouvelles  dans  le  volume,  on 
remarque  (au  verso  de  la  p.  341)  les  deux  sonnets  suivants  : 

A  M.  Thomaso  Thiebi 

Tbieri,  se  mai  Fortuna  aspra  et  superba 
Trearua  mi  dia  pur  brève  spatio  almeno, 
Ne  m'amareggi  col  suo  rio  veneno 
i^e  raie  speranze,  o  le  recida  in  berba, 

Tempio  farô.  cbe,  né  per  ira  acerba 
Di  ciel,  ne  di  pianeta  venga  ei  meno, 
Del  mar  tboscauo  in  quel  più  cbiaro  seno, 
Cbe  de'  maggiori  tuoi  memoria  serba, 

Dove  quanti  fur  mai  d'ingegno  altero 
Gh'  ornaron  Lucca  in  ampie  lettre  d'oro 
Vedrai  segnati  et  poi  dipinti  i  visi. 

Li  fien  Genami  et  Spadi  quivi  assisi, 
Ne!  mezo  donna  cb'io  cotanto  bonoro, 
Degna  d'eternità,  degna  d'impero. 

RiSPOSTA 

Veggio  fartisi  ognibor  vie  men  superba 
Fortuna  et  raddolcire  il  suo  veneno, 
Paternô,  ond'è  cbe  lunga  tregua  almeno 
Da  sua  t'alce  sperar  puô  tua  verd'  berba. 

Fa  pur  il  Tempio  et  non  temer  cb'acerba 
Ira  di  ciel  mai  ne'l  riduca  a  meno. 
Il  Paradiso,  a  quel  felice  seno 
Vicin,  commodo  luogo  ecco  li  serba. 

Et  s'a  quest'  occbi  fie  don  troppo  altero 
Cb'io  mirar  possa  un  si  gentil  lavoro 
Et  contemplar  la  majestà  de'  visi, 

Miei  voti  al  fin  vedransi  a'  piedi  assisi 
Di  quella  donna,  cb'a  ragion  adoro 
Poic'ba  d'alta  virtù  supremo  impero. 


30  XXV.  —    THOMAS   THIERRY. 

Le  premier  sonnet  est  bien  l'œuvre  de  Paternô,  puisque 
c'est  à  lui  que  Thierry  adresse  sa  réponse.  L'allusion  finale 
aux  Cenami  et  aux  Spada  nous  montre  que  le  poète  connaissait 
la  société  lyonnaise  ;  mais  ce  qui  nous  intéresse  spécialement 
ici,  c'est  la  réponse.  Oui  était  le  Thomas  Thierry  capable  de 
refaire  sur  les  mêmes  rimes  la  pièce  de  Paterne  ?  C'était  sans 
nul  doute  un  Lyonnais  qui  prétendait  avoir  une  origine  luc- 
quoise.  Nous  savons  qu'une  famille  Thierry  joua  un  certain 
rôle  à  Lyon  dans  la  seconde  moitié  du  xvi°  siècle  ;  cependant 
les  efforts  que  nous  avons  faits,  ou  plutôt  qu'a  faits  notre  ami 
M.  Julien  Baudrier,  pour  y  rattacher  Thomas,  sont  restés 
infructueux. 

Voici,  d'après  M.  Baudrier,  le  tableau  généalogique  des 
Thierry  : 

?  Thierry 


?  Thierry.  Claude  Thierry,  Jacques  Thierry, 

l'p.  Anne  Vizé.  aumônier    du   roi ,  ép.  Nicole  Meriot, 

I  doyen  du  chapitre  laquelle  teste 

I  de  Clermont,  1598-161.3'.  le    3    nov.    1596. 


Amiable  Thierry,  Divers  enfants, 

conseiller  de  ville,  1.586,  l592,  1396; 

échevin,  1607-1608; 

seigneur  et  baron  de  Vaux  et  de  Bronay  ; 

ép.  Benoîte  Guillemard. 

Marie  Thierry,  (iilbert  Thierry, 

ép,  Jacques  de  Villeneuve,  écuyer.  baron  de  Vaux  ; 

baron  de  La  Basile.  ép  le  8  nov.  1620, 

Isabeau   de   Rebé  . 

Maiie  Thierry, 

dame  de  Vaux  et  de  Bronay  , 

ép.  Jean  Champier. 

baron  de  Juys  et  de  Vaux, 

bailli  de  Beaujolais  *. 


1.  Ambr.  Taidieu,  Grand  Dictionnaire  historique  du  départ,  du  Puy- 
de-Dôme,  1877,  p.  133,  '2"  col.  —  Vu  (iontrai;  Thierry  fut  abbé  de  Saint- 
Allyre  de  Clermont  de  156'»  à  1566.  Ambr.  Tardieu,  loc.  cit.,  p.  135,  3«  col. 

2.  Vov.  Anselme,  //)*/.  (jénéal.,  VllI,  p.  337  A. 


XXV.   —    THOMAS   THIERRY.  31 

Thomas  Thierry  était-il  un  parent  de  léchevin  ?  Nous 
l'ignorons. 

Outre  les  personnages  que  nous  venons  de  citer,  on  ren- 
contre à  Lyon  un  noble  homme  Pierre  Thierry,  du  lieu  de 
Fontenay  en  Lorraine,  qui  fréquentait  en  1538  les  foires  de  la 
ville,  et  mourut  avant  1556,  laissant  de  Françoise  Garnier  : 
François,  Pierre  et  Alonce  Thierry.  Mais ,  comme  notre 
Thomas  se  dit  Lucquois  d'origine,  il  est  peu  probable  qu'il 
eût  des  attaches  avec  la  Lorraine. 


XXVI 


LOUIS   DE   PERUSSTS 


Louis  de  Perussis  descendait  d'une  famille  florentine,  les 
Peruzzi,  dont  une  branche  s'était  fixée  en  Provence  au  com- 
mencement du  xv'  siècle'.  Au  dire  de  son  biographe-,  il 
naquit  en  1524,  de  Clément  de  Perussis,  co-seigneur  de 
Caumont,  et  de  Blanche  Vidal.  Il  était  l'aîné  de  douze  frères. 
Le  privilège  de  l'âge  lui  assura  quelque  bien^;  il  est  probable 
qu'il  fit  au  moins  une  partie  de  ses  études  en  Italie  ^  ;  en  tout 


t.  Voy.  Biblioth.  d'Avisîiion,  ni'<  1940  fol.  J16,  et  J.-B.  L'Hermite  de 
Soliers,  La  Toscane  frnnnnsi\  1H61,  iii-4,  pp.  501-506. 

2.  Notice  hioçjraphique  cl  bibIio(jraj)hi(juesur  Louis  de  Perussis,  [parle 
comte  BlégiiT  de  Picrregrosse].  Avignon,  Imprimerie  de  Jacquet  et  J.-B. 
Joudou,  1839.  In- 12  de  16  pp.  (Exlr.  du  Messager  de  Vaucluse,  nos  949^ 
254  et  258.)  —  Biblioth.  nat.,  Lii-^.  16112 

L'arliclt'  de  Bai'javel  dans  son  Diciionnaire  historique,  biographique  et 
bibliographique  du  département  de  Vaucluse  (II,  pp.  249-255)  ne 
contient  rien  de  plus  que  la  notice  précédente. 

3.  Un  cousin  de  Louis,  François  de  Perussis  (Perutius)  est  cité  parmi 
les  étudiants  en  droit  à  Padoue  le  27  juillet  1538  (Arcli.  univ.  de  Padoue, 
reg.  V,  fol.  62)  ;  il  y  fut  élu  conseiller  de  la  nation  de  Provence  le 
\"  août  1539  (reg.  Vl,  fol.  3  v»)  et,  peu  après,  syndic  des  juristes  (reg. 
VI,  fol.  18  v») .  Ce  François  fut  reçu  docteur  en  droit  civil  à  l'Université 
d'Avignon  en  1543  (E.  de  Teule,  Chronologie  des  docteurs  en  droit  civil 
de  V  Univ  d'Avignon,  1887,  p.  30).  Il  fut  pourvu,  le  10  septembre  de 
cette  même  année  1543.  d'un  office,  nouvellement  créé,  de  conseiller  au 
parlement  de  Provence  [Catal.  des  actes  de  François  b'^,  VII,  w  2o0l6), 
devint  baron  de  Lauris  en  septembre  1552  (Bibl.  nat.,  ras.  fr  28729, 
dossier  .50(S63,  art.  13),  et  fut  enfin  reçu  président  au  parlement  de  Pro- 
vence le  16  octobre  1558  (Pr.  CixhASse,  Essais  historiques  sur  le  parlement 
de  Provence,  1826,  I,  p.  iij). 

II.  -   3. 


34  XXVI.  —   LOUIS   DE   PERUSSIS. 

cas,  jeune  encore,  il  put  jouer  nn  rôle  dans  le  comtat  Venaissin. 
Son  zèle  pour  la  cause  catholique  et  rattachement  qu'il 
témoigna  pour  le  pape  le  mirent  en  évidence,  et  lui  permirent 
de  devenir,  en  1561,  viguier  d'Avignon.  Le  viguier  était  un 
personnage  important  ;  aussi  voyons-nous  le  poète  Honoré 
Henry  lui  adresser  une  ode  pour  étrennes  le  l^""  janvier  de 
l'année  suivante  ^  Les  vers  d'Honoré  attestent  le  goût  du 
magistrat  pour  les  belles-lettres.  Perussis  parait  avoir  reçu  en 
efïet  une  instruction  assez  variée.  Il  possédait  à  fond  le  latin, 
le  français  et  l'italien,  et  il  nous  a  laissé  un  ouvrage  historique 
important. 

Cet  ouvrage  est  un  récit  assez  confus,  mais  plein  de  détails 
curieux,  de  la  lutte  à  laquelle  Perussis  avait  pris  part  contre 
les  protestants.  Un  premier  discours,  composé  par  lui,  parut 
en  1.^63.  H  est  précédé  d'une  épître  italienne  qui  montre  avec 
quelle  application  l'auteur  avait  étudié  la  langue  parlée  par 
les  représentants  du  pape. 

Voici  la  description  de  l'édition  originale  • 

Discours  |l  des  Guerres  de  l|  la  Comté  de  Venayscin,  ||  et 
de  la  Prouuence  :  en-  ||  semble  quelques  ||  incidentz. 
II  ^*,  Il  Le  tout  dédié  à  l'illustrissime  &excellentissime  ||  sei- 
gneur, ^^"  cheuallier,  monseigneur  Fr.  Fabrice  ||  de  Serbellon, 
cousin  germain  de  N.  S.  P.  &  son  ||  General  en  la  cité 
d'Auignon,  k  dicte  Comté  :  |l  Par  le  seigneur  Loys  de 
Perussiis,  Escuyer  ||  de  Coumons,  subiect,  ^.^  uassal  de  sa 
saincteté.  11  Imprimé  en  Auignon  \\  par  Pierre  Roux  11  1563. 
—  1  Au  Y"  du  dernier  f.  :]  Imprimé  eu  Auignon,  auer.  \\  permission 
de  monseig.  René-  Il  rendissime  «.y  Illustrissime  Vi-  \\  celegat, 
monseigneur   Lnurens   ||    de    Lence,    Euesque    de    Ferme.    \\ 

\.  Ode  donnée  pour  estreines  le  premier  jour  de  P.-Vn  MULXII.  a 
Magnifie  Généreux  et  Noble  Seigneur  Loys  de  Perussij>,  Escuvlt  de 
CouuKins,  Viguier  de  la  Ville  et  Cité  d'/Viiignon  pour  X.  S.  P.  Par 
Honoré  llenrv  Secrétaire  d'icelle  ville.  Imprime  en  Auiipion,  par  Pierre 
Roux.  156-2.'  In-'j  de  4  IT.  (Bibliolli.  de  Carpentras.  C*  2879  el  2880  B  ) 

Honoré  Henry  est  l'auteur  dis  Commentaires  des  guerres  civiles  de 
nostre  temps  (15(i5),  qui  sont  une  mise  en  vers  aliréf-'ée  des  Discours  de 
Perussis.  Ils  sont  dédiés  de  même  à  France-co  Fabrizio  Serbelloni.  On 
trouve  à  la  fin  des  vers  de  l^erussis  à  la  louange  d'Henry. 


XXVI.   —   LOUIS   DE    PERUSSIS.  35 

Errata..  ..  Ii  Fin  du  premier  \\  volume.  \\  Par  Pierre  Roux.  || 
1563.  In-4  de  112  pp.  eti  tf.  non  chiffr. 

Le  litre  porte  une  marque  formée  d'un  triangle  renversé, 
dont  l'intérieur  est  orné  d'entrelacs  et  de  rinceaux.  Autour  de 
ce  triangle,  dont  la  base  est  placée  en  l'air,  on  lit  :  Coelo 
tutissima  basls. 

Au  v»  du  titre  est  un  dizain  de  Vasquin  Philieul  "  A  très 
vertueux  et  très  noble  seigneur,  le  S.  Loys  de  Perussiis, 
escuyer  de  Coumons  ". 

Les  pp.  3-4  cou  tiennent  l'épître  italienne  à  Fabrizio 
Serbelloni,  que  nous  reproduisons  plus  loin. 

Les  pp.  5-6  sont  occupées  par  une  épître  de  Perussis  "  A 
1res  illustres,  généreuses,  vertueuses,  sçavantes,  et  bien 
disantes  dames,  mes  dames  et  damoiselles  d'Avignon,  de  la 
comté  de  Venaiscin  et  generallement  à  toutes  autres  ".  Cette 
épître  est  datée,  comme  la  précédente,  du  20  septembre  1562. 
A  la  suite,  est  l'écu  des  Serbelloni  :  coupé  :  au  1  [d'argent]  à 
un  arbre  [de  sinople],  accosté  de  deux  griffons  affrontés 
[de  gueules],  le  tout  soutenu  d'une  terrasse  [de  sinople];  au 
2  bandé  [d'or  et  d'azurj  de  six  pièces.  L'écu  est  timbré  d'un 
cimier  et  entouré  de  cette  devise  :  Nec  vi  nec  vicia. 

Le  Discours  se  termine  p.  110.  On  trouve  à  la  fin  les  armes 
de  l'évêque  de  Fermo,  Lorenzo  de'  Lenzi  :  un  éeu  cbargé  de 
six  fleurs  de  lys  :  3,  2  et  1,  et  accompagné  de  cette  devise  : 

'0  xipTto;  £/.  Ttôv  à'v6î(ov. 

La  p.  111  contient  une  octave  italienne  de  Perussis  à 
Serbelloni,  et  la  p.  112,  deux  octaves  du  même  à  Lorenzo 
de'  Lenzi'. 

Les  4  ff.  qui  terminent  le  volume  sont  remplis  par  La  Table., 
par  les  armes  de  Perussis  :  [d'azur]  à  trois  poires  [d'or],  les 
queues  en  haut,  accompagnées  de  la  devise  :  A  recommencer; 
par  un  dizain  de  Vasquin  Philieul  ''  Au  tresvestueux  S.,  le 
seigneur  Loys  de  Perussiis,  de  ses  armoiries  et  devise  ",  enfin, 
par  la  souscription. 


1.  Lorenzo  fut  évêque  de  Fermo  de  15i9  à  1571.  La  Bibliothèque 
nationale  possède  plusieurs  lettres  de  lui  (ms.  franc.  15878,  fol.  126, 
179,284). 


36  xxvr.  —  LOUIS  de  perussts. 

Biblioth.  nat.  Lk-.  G02.  —  Musée  Gondé  à  Chantilly.  ~  Bi- 
bliolh.  de  Carpentras,  G^  2870  B  ;  D^  4487  B  (recueil). 

L'ouvrage  fut  réimprimé  Tannée  suivante  dans  les  Pays-Bas  . 

Discours  H  des  Guerres  ||  delà  Conlé.de  Venayscin,  Il  et 
de  la  Prouuence  :  Il  Ensemble  quelques  II  incidentz.  ||  Le 
tout  dédié  à  rillustrissime,  &  Ex-  Il  cellentissime  Seigneur, 
&  Chenal-  ||  lier.  Monseigneur  Er.  Eabrice  ||  de  Serbellon, 
cousin  germain  ||  de  N.  S.  P.  &  son  General  en  la  cité  jj 
d'Auignon,  &.  dicte  Conté  :  ||  Par  le  Seigneur  Loys  de  Peru- 
siis,  Il  Escuyer  de  Coumons,  subiect,  Il  «S:  vassal  de  sa  sainc- 
teté.  Il  A  Anuers  ||  Au  Faucon  Diane,  Bue  de  la  Chambre.  \\ 
M.  D.  LXIIII  [156-i].  Il  Auec  Priuilege.  In-8  de  811  ff.  chilTr. 
et  7  ff.  non  cliiiïr. 

Au  V"  du  titre  est  un  extrait  du  privilège  accordé  par  le  roi 
d'Espagne  à  Christophe  Planiin,  pour  trois  ans,  le  28  juin  1564. 

Les  ff.  Aij-Aiij  contiennent  l'épître  italienne  à  Serbelioni; 
les  fï.  Aliij-Av,  l'épître  aux  dames  d'Avignon  et  les  vers  de 
Vasquin  Philieul. 

Le  Discours  se  termine  au  f.  89  r°  ;  il  est  suivi  des  deux 
pièces  italiennes  de  Perussis  et  de  La  Table.  Les  armes  gra- 
vées et  le  dixain  final  de  Philieul  ont  été  supprimés. 

Biblioth.  nat.,  Lk^.  602  A.  —  Biblioth.  Mazarine,  32833. 

Bien  que  le  privilège  ait  été  accordé  à  Plantin  et  bien  que 
les  bibliographes  décrivent  parfois  sous  son  nom  la  présente 
édition,  il  semble  que  le  célèbre  typographe  ait  cédé  ses  droits 
à  Tilens.  Celui-ci  fit  reparaître  le  volume  en  1565  sous  le  titre 
suivant  : 

Discours  ||  des  Guerres  ||  auenues  en  Prouence  ||  &  Conté 
D'auignon,  entre  les  ||  Catoliques,  &  ceulx  qui  se  11  disent, 
Iluguenaux.  H  L'an  M.  D.  LXII.  ||  Par  le  Seigneur  Loys  de 
Perusiis,  Il  Escuyer  de  Cumons.  Il  A  Anuers,  Il  Chez  Antoine 
Tilens  nu  Faucon  blanc,  \\  1505.  |1  Auec  Priuilege.  In-8  de 
80  11.  chiffr.  et  7  IT.  non  chilfr. 


XXVI.  —  LOUIS   DE   PERUSSIS.  37 

Celle  édilion  ne  diflére  de  la  précédenle  que  par  le  lilre,  qui 
a  seul  élé  réimprimé. 

Le  v»  de  ce  nouveau  lilre  est  blanc.  Le  volume  n'a  plus 
d'extrait  du  privilège. 

Biblioth.  nat.,  Lk^  003.  —  Bibliolh.  Mazarine,  33269  (17« 
pièce). 

Antoine  Tilens  ne  se  borna  pas  à  donner  au  public  le  texte 
français  ;  il  imprima  en  même  temps  une  traduction  néerlan- 
daise qu'il  nous  suffira  d'indiquer  sommairement  : 

Die  Hystorie  van  der  Orlogben  ghescbiedt  in  Vranckrijck  in 
Prouencen  ende  Tgraefschap  van  Venayscin,  tusschen  de  Catho- 
lycke  en  de  die  men  noempt  Hughenoysen,  Int  laer  1562.  Be- 
screuen  vanden  Heere  Lowys  de  Perussijs  in  Fransoysche  tate 
en  nu  ouerghesedt  in  onse  ghemeyne  Nederlantsche  sprake. 
Thantwerpen,  by  Antonium  Tilens,  1564.  In-8  de  172  tî. 

Biblioth.  de  l'Univer-sité  de  Gand  (Cal.  Meulman,  I,  p.  18, 
no  108). 

Perussis,  encouragé  par  le  succès  de  son  livre,  donna  en 
1564  un  second  discours  dont  les  exemplaires  sont  presque 
introuvables  aujourd'hui  : 

Le  second  [|  Discours  ||  des  Guerres  ||  de  la  Comté  de 
Venayscin,  H  et  quelques  Obseruations  de  1|  nostre  Saincte 
mère  Eglise,  auec  au-  ||  très  incidents.  \\  Par  le  Seigneur 
Loys  de  Perussiis,  Escuyer  II  de  Coumons,  subiect  &  uassal 
de  N,  S.  P.  II  Attendue  vniuersi  populi,  &  videte  dolorem 
meum.  ||  En  Anignon,  \\  Par  Pierre  Roux.  \\  i564.  —  A  la 
lin  :]  Imprimé  eu  Anignon  par  Pierre  Roux,  imprimeur  &  habi- 
tant, Il  nuec  permission  de  monseigneur  Illiislriss.  et  Reueren- 
diss.  Il  Laurens  de  Lenci,  F.uesque.  de  Ferme,  Vicelegnt ,  || 
gouuerneur,  &  commissaire  gênerai  andict  \\  Anignon  &  Comté 
de  Ve-  Il  nayscin,  &c.  \\\-\  de  3  ff.  lim.,  4  76  pp.  et  4  ff. 

Le  titre  porte  la  même  marque  que  le  titre  de  la  première 
partie,  le  triangle  renversé  avec  la  devise  :  Coelo  tutissima 
basis . 


38  XXVI.  —   LOUIS   DE   PERUSSIS. 

Les  ff.  Aij-Aiiij  contiennent  une  épîlre  française  :  «  A  l'il- 
lustrissime et  excellentissime  seigneur,  prudent  et  heureux 
chevalier,  monsieur  François  Fabrice  de  Serbellon,  cousin 
germain  de  nostre  sainct  père  Pie  IIII,  et  son  tresdigne  lieu- 
tenant et  gouverneur  gênerai  a  ses  pays  d'Avignon  et  Comté 
de  Yenayscin  »  ;  un  avi?  «  Aux  lecteurs  »  ;  les  armes  de 
Perussis,  accompagnées  des  devises  :  A  reconnne^icer  ;  A7nour 
et  Foy  nous  alie  ;  un  dixain  de  V.  P.  [Vasquin  Pbilieul]  «  Au 
tresvertueux  et  tresnoble  seigneur,  seigneur  Loys  de  Perussis, 
escuier  de  Goumons,  sur  ses  armoiries,  tymbre  et  devise  ». 
Ce  dixain  se  termine  au  haut  de  la  p.  1. 

Biblioth.  du  Musée  Condé  à  Chantilly.  —  Bibliolh.  de  Gar- 
pentras,  C^  2879  (exemi»!.  annoté  par  Perussis  lui-même). 

Perussis  ne  borna  pas  là  son  travail  d'historien,  il  le  conti- 
nua, au  contraire,  sur  un  plan  beaucoup  plus  vaste,  et  con- 
duisit son  récit  de  1564  à  158:2;  mais  cette  troisième  partie 
est  restée  inédite.  Nous  en  connaissons  trois  manuscrits  : 

a.  —  Tiers  Discours  de  Loys  de  Perussiis,  escuyer  de  Gou- 
mons. Anles  muerto  que  imidado.  A  recommencer.  La  foy  nous 
allé.  Non  nobis.  Domine,  sed  noniini  luo  da  gloriam.  Ms.  in-4- 
sur  papier  de  '277  11"  chitïr.,  plus  divers  tï.  intercalés. 

Rédaction  autographe,  en  tête  de  laquelle  l'auteur  a  inscrit 
ces  mots  :  Record  du  sotnmaire  de  ce  qaest  advenu  despuis  le 
seQond  mien  discours  des  guerres. 

On  lit  à  la  fin  :  Jusques  ycï  est  mis  au  nect,  assavoir,  au  long, 
au  grand  livre  pour  mettre  a  l'estampe,  et  au  feuillet  457.  Et  d'icy 
en  avant.,  Dieu  aydant,  je  le  cuyde  extendre  tout  au  long,  ainsy 
que  surviendra  jnaliere,  et  mectre  audicl  grant  livre  et  délaisser 
cesluy  cy . 

Musée  Condé  à  Chantilly,  ms.  1360.  Le  volume,  relié  aux 
armes  du  marquis  de  Caumont,  provient  de  la  vente  Libri 
(Londres,  avril  1839). 

h.  —  Discours  et  Commentaires,  ensemble  la  continuation 
de  la  guerre  et  troubles  de  ce  temps,  tant  à  la  comté  de 
Venaissin  que  Languedoc,  Provence,  Daufiné,  encore  touchant 


XXVI.  —  LOUIS   DE   PERUSSIS.  39 

la  France,  Spaigne,  Italie,  Flandre  et  [pays]  du  Levant  ;  traitant 
aussi  de  plusieurs  choses  mémorables  et  dignes  de  sçavoir  ; 
plus,  de  la  fertilité,  situation  et  description  d'Avignon  et  de 
ladite  comté  de  Venaissin  ;  de  la  défaite  des  Albigeois  ;  aussi 
les  moyens  pour  soy  garder  d'estre  enveloppés  dans  les  appas 
des  modernes  hérétiques  appelés  huguenots.  Par  M.  Loys  de 
Perussiis,  seigneur  de  Coumons,  vassal  et  chevalier  de  la 
milice  de  N.  S.  P.  le  pape,  et  chevalier  de  l'ordre  de 
Sa  Majesté  le  roy  Tres-Crestien.  Ms.  en  2  vol.  iu-fol.  sur 
papier  comptant,  ensemble  1006  iï. 

Ce  ms.  contient  une  copie  du  second  livre  exécutée  sur 
l'imprimé,  puis  la  mise  au  net  du  volume  précèdent,  et 
enfin  une  continuation  qui  s'étend  jusqu'à  l'année  1381. 

Biblioth.  de  Garpentras.  ras.  546  (L.  529].—  Voy.  le  Catal. 
par  Duhamel,  I,  p.  333. 

c.  —  Copie  du  recueil  b,  exécutée  au  xviiic  siècle.  3  vol. 
in- fol. 

Biblioth.  d'Avignon.,  mss.  2773-2775.  —  En  tête  est  un  por- 
trait, lavé  à  l'eucre  de  Chine,  de  «  Louis  de  Perussis,  seigneur 
de  Caumons,  chevalier  de  Tordre  de  N.  S.  P.  en  1568,  et 
chevalier  de  l'ordre  du  roy  en  1570  ».  —  Voy.  le  Gâtai,  par 
Labande,  II,  p.  670. 

Il  est  singulier  que  les  mémoires  de  Loys  de  Perussis  n'aient 
pas  encore  trouvé  d'éditeur.  Le  marquis  d'Aubais  en  a  donné, 
il  est  vrai,  d'après  le  manuscrit  de  Garpentras,  une  sorte 
d'abrégé,  qui  occupe  384  pp.  de  la  Ir^  partie  du  tome  !'='•  des 
Pièces  fugilives  pour  serrir  à  l'histoire  de  France  (Paris,  1759, 
in-4)  ;  mais  cet  extrait  est  fort  défectueux.  La  réimpression 
du  premier  Discours  faite  par  MM.  L  Cimber  (c'est-à-dire 
Lafaist)  et  F.  Danjou  dans  leurs  Archives  curieuses  de  l'histoire 
de  France  (l''«  série,  tome  i«,  Paris^  1835,  in-8,  pp  401-507), 
n'est  guère  plus  satisfaisante.  Non  seulement  les  éditeurs  n'y 
ont  joint  aucune  note,  mais  ils  ont  supprimé  les  épitres  limi- 
naires, ainsi  que  les  vers  de  Perussis  et  de  VasquinPhilieul.Ce 
sont  précisément  ces  hors-d'œuvre  qui  nous  intéressent  ici. 


40  XXVI.  —   LOUIS   DE   PERUSSIS. 

Voici  répître  italienne  qui  précède  le  premier  Discours  : 

«  Allô  illuslrisslmo  et  ecccllentissimo  s'ignore  e  ravalîiere, 
monsignor  Fr.  Fabrltio  di  Serbelloni,  engin  carnale  délia  S.  di 
N.  S.,  e  suo  générale  nella  ciltà  d'Avignone  e  contado  Venays- 
cino,  elc^. 

c  Illustrissimo  et  eccellentissirao  signore,  Sendo  io  alli 
giorni  passali  ritiratto  al  luogho  nostro,  per  vedervi  con  mio 
dispiacere  il  grandissimo  danno,  rovina  et  incommodità  :  il 
danno  e  rovina  fatta  per  il  campo  avversario  e  l'incommodità 
per  il  nostro,  tanto  nello  andare  ch'al  rivenire  di  Proveuza, 
pur  l'uno  è  stato  voluntario  e  l'altio  forzato;  e  sendovi  sopra- 
stato  alcuni  giorni  et  havervi  fatto  rassettare  alcune  cose 
disordinate,  mi  venero  in  mano  certe  succinte  memorie  che  io 
dal  principio  di  queste  guerre  havevo  coininciate  e  dapoi  in 
tal  modo  seguitate,  con  intentione  di  poi  eommunicarle  ad 
alcuno  amico  mio,  ricordandomi  del  gran  maneamento  che 
gli  nostri  maggiori  hanno  commesso,  massime  in  queste 
parti,  per  non  havere  dato  conto  alla  posterità  delli  suoi  degni 
fatti,  quali,  come  credo,  sono  stati  grandi,  sendo  slati  nella 
provincia  d'Avignone  e  del  contado  Yenaiscino  molti  signori, 
genlilhuomini  et  altre  persone  con  carico  et  autorità  grande, 
e  pensando  più  volte  fra  me  stesso  che  ciô  non  dovissi  fare, 
si  per  la  mia  poca  esperientia,  come  anchora  per  non  haver 
potuto  ben  honorare  e  minutamenle  descrivere  tutte  le  per- 
sone che  in  esse  guerre  hanno  meritato  Iode;  pur  alla  fine,  si 
come  solo  ne  l'animo  combattevo,  solo  anchora  mi  lasciai 
vincere,  e  tanlo  più  che  pigliai  ardire  di  mandar  faora  questo 


1.  Francesco  Fabrizio  Serhelloni  était  le  troisième  fils  de  Gio.  Pietro 
Serbelloni,  de  Milan,  et  d'Elisabetla  Rainoldi.  La  sœur  de  son  père,  Cecilia 
Serbelloni,  avait  épousé  Bernardo  de'  Medicini,  araodiatcur  des  fermes 
ducales  à  Milan,  et  elle  avait  eu  pour  fils  le  card.  Giov.  Angelo  de'  Medicini, 
devenu  pap(!,  le  26  décembre  1549,  sous  le  nom  de  Pie  IV,  Francesco 
Fabrizio,  qui  avait  servi  dans  l'armée  impériale  en  Italie,  et  qui  avait  été 
gouverneur  de  Pavie  pour  Cliarles-Ouint,  fut  nommé  par  Paul  IV  i;ouverneur 
(lu  coinlat  Venaissin  et  général  de  ses  armées.  Il  prit  une  part  très  active 
aux  guerres  soutenues  par  les  catholiques  contre  les  protestants  de  la 
Provence.  Pie  V  le  confirma  d'abord  dans  ses  fondions,  puis  l'appela  au 
généralat  de  l'Eglise.  Fabrizio  partit  jiour  Home  vers  la  fin  de  15G(j,  mais 
il  v  mourut. 


XXVI.  —   LOUIS   DE   PERUSSIS.  41 

mio  discorso  sotto  il  nome  di  V.  illustrissiina  et  eccellentis- 
sima  S.,  pigliandola  per  mioveroet  ottimo  defensore,  assicu- 
randomi  che,  se  quella  si  degnerà  pigliarlo  sotto  la  sua 
prolettione,  come  di  ciô  fare  humilmente  la  prego,  puotrâ  poi 

facilmente  volare  per  tutlo,  che  sarà  sempre  ben  visto 

Alli.  XX  di  settenibre  M.  I).  LXII.  » 


La  première  des  pièces  placées  à  la  fin  du  volume,  est  ainsi 
conçue  ; 

Allô  Ulustrissimo  et  eccelleniissimo  cavalliere,  il  signor 
Franc.  Fabrilio  di  Serbelloni,  générale  per  la  Santilà  di  N.  S. 
in  Avignone  e  Contado  Veyiaiscino,  e  di  dello  paese  vero  reslau- 
ralore  e  prolellore,  etc.  LuiGl  de'  Peruzzi 

Magnanimo  signor,  alto  e  christiano, 
Soave,  dolce,  buon,  forte  e  constante, 
Di  giorno  in  giorno  vostre  virtù  vanno 
Alzando  per  il  mondo  fermo  e  stanLe 
I  raggi  suoi,  che  tutti  quanti  sanno, 
Et  vostro  oprar  fa  che  la  gente  errante 
Fuggendo  va  come  caval  sfrenato, 
Sapendo  ben  ch'illustre  siete  nato. 


Voici  maintenant  la  seconde  : 

Al  reverendissimo  signor  Lorenzo  dé"  Lenzi,  vescovo  di 
Fermo,  dignissimo  vicelegalo  et  commissario  d' Avignone  et  del 
Contado  Venaisino,  etc.  LuiGi  de'  Peruzzi 

Monsignor  mio,  i  ho  un  gran  volera 
De  dir  de  voi  come  ben  meritate, 
Volendo  ancora  a  tutti  far  vedere 
Quante  virtù  sono  in  voi  aquistate  ; 
Ma  altro  ingegno  e  stille  e  sapere 
Vorrei  havere  et  più  matura  etate. 
Basta  ch'Italia  '1  sa  per  haverlo  portato, 
La  Franza  poi,  che  Fha  tanto  honorato, 


42  XXVI.  —   LOUIS  DE   PERUSSIS. 

Hora  sa  ben,  et  non  lo  puo  tacere 
Avignon  bello  e  Venaiscin  paese, 
Dove  meritamente  siate  a  sedere, 
Quanto  siete  giusto,  libérale  e  cortese, 
Si  che  mi  basta  far  a  chi  no  "1  sa  sapere 
Giô  cbe  m'  intraterria  settimane  e  mese, 
Et  è  che  siete  raro  e  di  valor  reale, 
Et  che  dovete  esser,  corne  li  vostri,  cardinale. 

Les  courts  fragments  que  nous  venons  de  reproduire  ne 
sont  pas  les  seules  productions  italiennes  de  Perussis.  Il  avait 
composé  en  italien  un  traité  des  droits  de  l'église  romaine  sur 
le  Comtat  et  l'avait  adressé  au  pape  Pie  V  dans  le  courant  du 
mois  de  juillet  1570  ;  mais  le  comte  Blégier  de  Pierregrosse, 
qui  mentionne  cet  ouvrage,  n'a  pu  retrouver  aucune  trace  du 
manuscrit. 

Louis  de  Perussis  mourut,  à  soixante  ans,  en  1584.  Il  avait 
épousé,  en  premières  noces,  Madeleine  de  Pane,  qui  mourut 
le  24  octobre  1578.  Il  s'était  remarié,  en  secondes  noces,  avec 
Françoise  de  Seytres.  Il  ne  laissa  qu'une  fille,  Blanche-Richarde 
de  Perussis. 


XXVIl 
VASOUm  PHILIEUL 


Nous  avons  cité,  dans  la  notice  qui  précède,  des  vers  com- 
posés à  la  louange  de  Louis  de  Perussis  par  Vasquin  Philieul  ; 
nous  avons  à  dire  maintenant  quelques  mots  de  cet  auteur  qui 
fut  aussi  un  italianisant'.  Vasquin,  né  en  1522-,  était  fils  de 
Romain  Philieul,  notaire  à  Carpentras  et  Tun  des  éditeurs 
des  Statuts  du  Comtat  en  1511.  Sa  famille  était  une  des  plus 
anciennes  de  cette  ville,  où  les  Philieul  étaient  notaires,  de 
père  en  fils,  depuis  le  commencement  du  xiv^  siècle.  Vasquin 
étudia  le  droit,  comme  ses  ancêtres  ;  il  prit  même  le  grade  de 
docteur  (nous  ne  savons  si  ce  fut  à  l'université  d'Avignon 
ou  en  Italie),  puis  se  fit  prêtre,  et  devint  chanoine  de  Notre- 
Dame-des-Doms  d'Avignon.  Vers  1550,  il  fut  pourvu  des 
fonctions  de  juge  à  la  Cour  temporelle  du  Comtat,  fonctions 
dans  lesquelles  il  fut  confirmé  en  1562.  Le  4  juin  1568.  il 
obtint  un  canonical  en  l'église  de  Carpentras  ^ 

Vasquin  fit  son  testament  au  mois  de  juillet  1582  et  laissa 
tous  ses  biens  à  la  commune  de  Carpentras,  à  charge  pour 


i.  Nous  suivons  rarticle  consacré  à  Vasquin  par  le  D""  Barjavel  dans  son 
Dictionnaire  historique,  biographique  et  bibliographique  du  département 
de  Vaucluse,  1841,  II,  pp.  ■/64-267. 

2.  Le  porlrait  joint,  en  1556,  aux  Statuts  de  la  comté  de  Venaissin 
porte  :  Vasquini  Filioli  Effigies,  anno  aetatis  suae  XXXIIII. 

3.  Collatio  canonicattis  ecclesie  cathedralis  (^arpentoractensis  cum 
illius  prebenda  nuncupala  prioratus  Carumbi,  facta  auctoritate  aposto- 
lica  pro  egregio  Vasqumo  Filinli  presbytero  et  jurium  doctore  (Mrpento- 
ractensi.  ÎBililioth.  de  Carpentras,  ras.  1361,  fol.  390. 


44  5XVn.  —    VASQUIN   PHILIEUL. 

elle  de  construire  une  chapelle  près  de  la  grande  porte  de  la 
maison  de  ville.  Il  mourut  \  à  ce  qu'il  semble,  peu  de  temps 
après;  en  tout  cas,  il  ne  vivait  plus  en  1586. 

La  plupart  des  ouvrages  de  Philieul  témoignent  de  son  goût 
pour  la  littérature  italienne.  Voici  l'indication  sommaire  de 
ceux  qui  nous  sont  coanus  : 

1.  Laure  d'Avignon,  au  nom  et  adveu  de  la  royne  Catherine 
de  Medecis,  roine  de  France.  Extraict  du  poète  florentin 
François  Pétrarque  et  mis  en  françois  par  Vasquin  Philieul 
de  Carpentras.  Paris,  Jacques  Gazeau,  1548.  In-8  de  119  pp. 

Cat.  Didol,  1881,  n"  271. 

Toutes  les  Euvres  vulgaires  de  Françoys  Pétrarque  contenant 
quatre  livres  de  M.  D.  Laure  d'Avignon,  sa  maistresse;  jadis 
par  luy  composés  en  langage  thuscan,  et  mis  en  françois  par 
Vasquin  Philieul  de  Carpentras.  En  Avignon,  De  rimprimerie 
de  Barlkelemy  Bonhomme,  1555.  In-8. 

Bibliolh.  liai.,  Rés.  Yd.  11.54.  —  Musée  Condé  à  Ghanlilly. 
—  BritisL  Muséum,  11421  bb. 

Celle  Iraduction  a  élé  peu  favorablemenl  jugée  par  Goujet 
et  par  tous  ceux  qui  l'ont  copié.  Il  est  certain  qu'elle  atteste 
plutôt  la  bonne  volonté  de  l'auleur  que  son  talent  poétique. 

2.  Les  Statuts  delacomtéde  Venaissin,  avec  les  jours  feriatz 
d'Avignon  et  de  ladite  comté  ;  mis  de  latin  en  françois  par 
Vasquin  Philieul  de  Carpentras,  docteur  en  droicts.  En 
Avignon,  par  Claude  Bouquet,  1558.  —  [A  l'avant-dernier  f.  :J 
Imprimé  en  Avignon  par  Jean  Tremblay  et  Pierre  Roux,  ln-4 
de  112  ff.  chitïr.  et  6  fï.  non  chifîr. 

Biblioth.  naL.Inv.Rés.  2079(2)  elF.  13694.— Brilish  Muséum, 
711.  c.  28.  —  Bibliolb.  de  Carpentras,  C.  1706  et  1708  B.  Les 
liires  de  ces  deux  derniers  exemplaires  oflrenl  des  variantes 
avec  le  titre  du  n°  G.  1709  B.  de  l:i  m(^me  bibliothôque. 

1.  Biblioth.  (le  Carpentras,  nis.  1724,  fol.  746. 


XXVII.  —    VASQUIN    PHILIEUL.  45 

Les  Statuts  du  Comtat  Venaissin.  Traduits  du  latin  en 
françois  par  M.  Vasquin  Philieul,  docteur  en  droit,  de  la  ville 
de  Carpentras,  et  augmentés  en  cette  nouvelle  édition  de  la 
Bulle  de  N.  S.  P.  le  Pape  Eugène  IV,  et  de  quelques  Règlements 
non  encore  imprimés.  A  Carpentras,  Chez  Claude  Touset, 
1700.  In-4  de  -292  pp.,  U  ff.  non  chiffr.  et  7  pp. 

Biblioth.  de  Carpeutras,  G.  1701  B. 

3.  Dix  vers  latins  adressés  au  roi  Henri  II. 
Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  22360,  p.  154. 

A.  Le  Jeu  des  Eschecz.  A  Paris,  de  l'imprimerie  De  Philippe 
Danfrie  et  Richard  Breton,  1559.  In-4. 

Imitation  en  vers  du  poème  de  Girolamo  Vida  De  ludo 
scarchorum . 

Cette  imitation  a  été  réimprimée  pour  le  libraire  Gay,  à 
Paris,  en  1862,  in- 12. 

5.  Dialogue  des  devises  d'armes  et  d'amours  du  S.  Paolo 
Jovio.  Avec  un  discours  de  M.  Loys  Dominique  sur  le  mesme 
subjet.  Traduit  d'italien  par  le  S.  Vasquin  Philieul.  Auquel 
avons  adjousté  les  devises  héroïques  et  morales  du  S.  Gabriel 
Symeon.  A  Lyon,  Chez  Guillaume  Roville,  1561,  In-4,  figg. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Z  3392  et  Rés.  Z  912.  —  British  Muséum, 
9904.  h. 

Roville  publia  en  même  temps  et  avec  les  mêmes  figures 
une  édition  italienne  et  une  traduction  espagnole,  due  à 
Alonso  de  Ulloa. 

6,  Dixain  au  v°  du  titre  du  Discours  des  guerres  de  la  comté 
de  Venayscin  de  Louis  de  Perussis,  1563. 

Voy.  ci-dessus,  la  notice  consacrée  à  L.  de  Perussis,  p.  3o. 


46  XXVII.  —  VASQUIN   PHILIEUL. 

7.  Traduction  italienne  du  Recueil  des  derniers  propos  tenus 
par  François  de  Lorraine,  1563.  (Nous  parlons  plus  loin  de  cet 
ouvrage.) 

8.  Dixain  en  tète  du  Second  Discours  des  guerres  de  In  comté 
de  Venayscin,  de  Louis  de  Perussis,  156-4. 

Voy.  ci-dessus,  p.  38. 

9.  Ballade  adressée  par  «  la  ville  d'Avignon  au  seigneur 
illustrissime  Fabrice  des  Serbellons  »,  à  la  fin  des  Commen- 
taires des  guerres  civiles  de  noslre  temps,  d'Honoré  Henry 
(Avignon,  Pierre  Roux,  1565,  in-4),  fol.  48  r^ 

Cette  pièce  est  accompagnée  de  la  devise  :  Des  fleurs  le  fruicl. 

10.  Traité  de  souvent  recevoir  le  saint  sacrement  de  l'Eu- 
charistie, composé  en  latin  par  Pi.  P.  Christophe  de  Mandric, 
docteur  en  théologie,  de  la  Compagnie  de  Jésus;  traduit  de 
latin  en  françois  par  Vasquin  Philieul.  Imprimé  en  Avignon 
par  Pierre  Roux,  1565.  In-?. 

Du  Verdier,  III,  p.  5o8. 

L'ouvrage  traduit  par  Philieul  avait  paru  à  Naples  en  1556 
et  avait  été  plusieurs  fois  réimprimé.  Voy.  Antonio,  BiLlio- 
theca  hispana  nova^  I,  p.  247  ;  De  Backer  et  Sommervogel, 
Bibliolh.  de  la  Compagnie  de  Jésus,  Y  (1894),  col.  278. 

Le  Traité  de  la  fréquente  Communion.  Composé  en  latin 
par  R.  P.  Christophe  de  Madrid,  docteur  en  théologie,  de  la 
Compagnie  de  Jésus,  et  traduit  en  françois  par  M.  Vasquin 
Philieul,  docteur  es  droicts,  et  depuis  revu  et  corrigé.  A  Paris, 
Chez  Thomas  Brumen...,  1581.  In-12  de  131  ff. 

Voy.  De  Backer  et  Sommervogel,  loc.  cit. 

Nous  donnerons  maintenant  une  description  complète  du 
n°  7  : 

Recueil  II  des  derniers  II  propos,  tenus  par  feu  tresil  H  lustre 


XXVII.  —   VASQUIN   PHILIEUL.  47 

prince  monsieur  François  de  Lorraine,  Il  Duc  de  Guise,  Cheua- 
lier  de  l'ordre,  Pair  ||  de  France,  k  Lieutenant  gênerai  II  pour 
le  Roy  treschrestien.  Il  Traduit  de  François  en  Italien,  jj  Rogio- 
namenti  [sic]  k  ultime  parole,  che  dice  Fillustrissimo  II  principe 
M.  Francesco  de  Lorrena,  Duca  di  ||  Guisa,  nel  suo  trapassare 
da  questa  il  a  Faltra  uita  tradotti  di  Fran-  Il  cese  in  Italiano. 
Jl  *  -|-  *  Il  Imprimé  en  Auignon  par  \\  Pierre  Roux.  S.  d.  [1563], 
in-4  de  8  fï.  non  chiffr.,  impr.  à  2  col.,  sign.  a-b. 

Le  titre  est  orné  d'un  cartouche  dans  lequel  est  inscrit 
cette  devise  :  Benedlcam  Dominum  in  omni  tejnpore. 
Au  v°  du  titre  est  un  sonnet  italien  de  Vasquin  Philieul  : 
Allô  illuslrissimo  signore,  il  signore  Francesco  Fabritio  de' 
Serbelloni  del  sanlissimo  papa  Pio  IIII.  engin  carnale  et  nelle 
cose  délia  guerra,  per  sua  Santità,  in  Avlgnone  e  nel  Conlado 
Vcnaiscino  générale,  VasQUINO  Philioli,  s. 

Deh  !  perché  non  rimase  nel  profonde 
Abisso  l'archibuso  sordo  e  rio 
Con  il  quai  par  ch'ugual  rhuom  voglia  a  Dio 
Rendersi  in  terra,  fulminando  a  tondo  ! 

Fabritio,  hor  senza  te  qui  giva  al  fondo 
La  gloria  e'  1  nome  di  Pietro  e  di  Pio, 
Poiché,  tradito  e  morto,  ohimé,  piansi  io 
Guisa,  tuo  par,  se  pare  havesti  al  mondo. 

Ecco  i  bei  detti  co'  quali  ne  l'hora 
Gh'  a  Paîtra  vita  l'heroe  passava 
T'invitava  a  tener  questo  alto  luogo. 

Vivi,  signore,  che  vedremmo  anchora 
Colui  che  preuder  dianzi  il  ciel  pensava 
Sotto  tue  forti  man  portare  il  giogo. 

La  relation  traduite  par  Philieul  avait  paru  d'abord  sous  le 
titre  suivant  :  Lellre  de  l'evcsque  de  Riez  [Lancelot  de  Caries]  au 
roy,  contenant  les  actions  et  propos  de  M.  de  Guy  se  depuis  sa 
blessure  jusques  à  son  trespas.  Il  en  existe  plusieurs  éditions 
françaises  et  une  traduction  latine  de  Jean  Le  Vieil  (Joannes 
Vêtus). 


48  XXVII.  —   VASQUIN   PHILIEUL. 

Nous  en  avons  parlé  avec  détail  dans  notre  tome  I, 
pp.  245-248. 

Le  texte  français  et  la  traduction  italienne  sont  imprimés 
en  regard  (cette  dernière  en  lettres  italiques). 

Voici  le  commencement  de  la  traduction  : 

«  Ragionamenli  el  ultime  Parole  che  dice  ViUustrissimo  prin- 
cipe M .  Francesco  de  Lorrena,  duca  di  Gitisa,  nel  trapassare  da 
questa  in  miglior  vita.  Tradolta  [sic]  di  francese  in  italiano 
per  V.  P. 

«  Gara  mia  e  rnolto  amata  consorte,  noi  siamo  insieme  stati 
congionti  per  il  santo  nodo  di  fede  e  d'amore  con  intera 
communione  d'ogni  cosa.  Voi  sapete  ch'io  v'ho  sempre  amata 
et  stimata  senza  mai  entrare  in  alcun  sospetto  di  voi,  si  come 
sempre  mi  son  posto  al  mio  dovere  di  farvelo  cognoscere  e  di 
darvi  ogni  contento  ch'io  ho  potuto.  Non  voglio  negarvi  ch'i 
consigli  e  fragilità  délia  giovanezza  non  m'hahbino  talvolla 
condotto  a  eose  onde  voi  potelé  essere  stata  offesa...  » 

Gat.  Gharles  Cottier,  1900,  n^  587. 


XXVIII 
CLAUDE  DE  PONTOUX 


Nous  allons  voir  maintenant  les  lettres  italiennes  cultivées 
par  des  Français  qui,  ayant  fréquenté  les  universités  de  la 
Péninsule,  s'intéressèrent  plus  à  la  poésie  qu'aux  sciences 
professées  par  les  jurisconsultes  ou  les  médecins. 

Claude  de  Pontoux,  de  Chalon-sur-Saône,  était  fils  d'un 
apothicaire.  Nous  supposons  qu'il  avait  dû  naître  un  peu  avant 
1540.  Tout  en  étudiant  la  médecine,  il  s'éprit  de  la  langue 
grecque  et  de  la  poésie  française.  Après  avoir  suivi  les  cours 
de  l'université  de  Dôle,  il  partit  pour  Padoue  et  s'initia  aux 
beautés  de  la  poésie  italienne.  Venise  le  séduisit  particulière- 
ment. Il  nous  a  laissé  dans  ses  vers  un  curieux  tableau  des 
canaux  et  des  gondoliers  '  : 

Vogae,  garçon,  ô  vaillant  barquerolle, 
Estands  tes  bras,  voute-toy,  tire  bien. 
Fais  moy  voler  d'un  vol  pegasien 
Par  ce  canal  ta  légère  gondole. 

Il  m'est  advis  qu'au  paradis  je  voile. 
Passe  en  Realte,  au  canal  Cyprien, 
A  Calespurge  ;  ici,  garçon,  retien 
Ferme  au  treguet^  :  voici  la  Gasidole. 


1.  Les  Œuvres  de  Claude  de  Pontoux  (Lyon,  Beiioist  Rigaud,  1579, 
in-16),  p.  8l  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Rés.  ïV.  1845.)  —  Ce  sonnet  est 
le  13 h  de  ceux  qui  sont  intitulés  L'Idée. 

2.  Italien  tragketto.  —  Cf.  ci-après,  p.  61. 

II.  —  4. 


50  XXVIII.  —   CLAUDE   DE  POWTOUX, 

Ha  !  c'est  icy  que  je  dois  appaiser 

Tous  mes  ennuiz  et  où  je  dois  baiser 
A  mon  plaisir  ma  douce  Philomide. 

«  Mon  cher  espoir,  le  voulez-vous  pas  bien  ? 
«  Mon  œil,  mon  cœur,  mou  tout,  mon  miel, 

[mou  bien, 
<-<  Sus,  entrons  donc  au  paradis  de  Gnide  !  » 

Arde'nt  et  débauché,  le  jeune  Pontoux  ne  fit  pas  seulen:ient, 
on  le  voit,  la  connaissance  des  canaux  et  des  gondoliers.  Le 
sonnet  suivant,  que  nous  empruntons  au  même  recueil,  doit 
être  joint  à  l'histoire  des  courtisanes  vénitiennes.  Les  docu- 
ments ne  nous  manqueraient  pas  pour  le  commenter  ;  mais 
nous  préférons  laisser  ce  soin  à  des  auteurs  plus  compétents  : 

Selincourt,  allons  voir  la  gaye  Luciane, 

L'Es;meralde  aux  yeux  verds,  la  belle  Véronique 
A  qui  tu  es  amy  (mais  tu  n'es  pas  l'unique)  ; 
Nous  la  ferous  baller  à  la  venitiane. 

Après,  nous  irons  voir  la  gente  Emiliane, 

L'Angela  Bell'occhi  :  bien  qu'elle  soit  antique, 
Elle  n'entend  que  mieux  l'amoureuse  pratique. 
De  là  nous  irons  voir  la  gentille  Diane, 

Ou  bien  la  Mariette  ',  ou  bien  la  Ragousee  ; 

Mais,  pour  ce  que  n'aguere  un  brave  l'a  frizee, 
El'  nous  econduira  ;  mais  d'elle  ne  nous  chaut, 


1.  Nous  voyons  ailleurs  que  Pontoux  avait  eu  pour  rival  auprès  de 
Mariette  un  Allemand  a[)pelé  .Minkwitz  : 

De  Minkwitz  est  jaloux  si  j'aime  Mariette, .  . 

{Œuvres,  p.  145.) 

Un  Erasmus  von  Minkwitz  (Mingvitius)  avait  été  recteur  des  juristes  à 
Padoue  en  1534  (.-\rcli.  de  l'univ.  de  Padoue,  reg.  V,  fasc.  1)  ;  mais  le  rival 
de  Pontoux  est  évidemment  postérieur.  Il  s'agit  peut-être  de  Kaspar  von 
Minkwitz.  (pii  fut  chargé  par  l'empereur,  en  1571,  d'uni!  ambassade  à 
Conslantinople.  Itappelons  qu'Anna  von  .Minkwitz  nuiriée  à  WolCgang  von 
Sciiomhurg  l'ut  la  mère  de  Gaspard  de  Scliombcrg,  naturalisé  Français 
en  1570,  comte  de  iXanteuil,  etc. 


XXVIII.  —    CLAUDE   DE   PONTOUX.  51 

Car  nous  pouvons  aller  autre  part  nous  esbatre. 
Que  si  tu  as  vouloir  d'en  baiser  trente  quatre 
Encores  aujourd'hui,  Antoyne  ne  nous  faut  K 

Le  poète  poussa  jusqu'à  Rome,  où  les  Romaines  semblent 
avoir  eu  infiniment  plus  d'attraits  pour  lui  que  tous  les  souve- 
nirs de  l'antiquité.  On  en  jugera  par  ce  sonnet  : 

Mon  Chappelain,  veux-tu  sçavoir  comment 
Je  vy  dans  Rome  où  j'ay  fait  ma  retraitte  ? 
Tousjours  l'amour  me  brusle  et  me  sagette 
En  ne  cessant  de  me  livrer  tourment. 

Je  voy  toujours  en  songe  et  pensement 

Celle  que  j'ay  dedans  mon  cœur  pourtraite, 
Celle  pour  qui  tant  de  soupirs  je  jette, 
Et  penses-tu  que  je  vive  autrement? 

Je  suis  tout  tel  que  tu  m'as  veu  dans  Dole. 
Il  est  bien  vray  que  j'ay  d'une  Nicole 
Belle  trop  plus  que  n'est  l'aube  du  jour 

Mille  baisers  ;  mais  pour  cela  l'Idée 
Estre  ne  peut  de  mon  penser  vuidee  : 
Encor  n'esl-il  que  la  première  amour  2. 

Claude  de  Pontoux  était,  semble-t-il,  de  retour  en  France 
en  1561,  année  où  il  publia  la  traduction  d'une  harangue  de 
saint  Basile^  Nous  ne  savons  s'il  exerça  la  médecine  ;  ses 
livres  ne  nous  le  révèlent  que  comme  un  philologue  et  comme 
un  rimeur  au  caractère  enjoué.  Après  avoir  fait  paraître 
divers  petits  ouvrages  dont  nous  n'avons  pas  à  donner  ici  le 
détail,  Claude  fit  imprimer,  en  1569,  une  traduction  partielle 


1.  Les  Œuvres  de  Claude  de  Pontoux^  1579,  p.  149.  —  L'Idée^  son- 
net CCLXVUI. 

2.  Œuvres,  1579,  p.  86.  —  L'Idée,  sonnet  cxLii. 

3.  Harangue  de  sainct  Basile  le  Grand  à  ses  jeunes  disciples  et 
neveux  :  quel  profit  ils  pourront  recueillir  de  la  lecture  des  livres  grecs 
des  auteurs  profanes. . .  Paris,  Jehan  Le  Royer,  Philippe  Danfrie  et  Pierre 
Hamon,  1561.  In-8.  (Librairie  Morgand,  décembre  1886.) 


52  XXVIII.  —  CLAUDE   DE  PONTOUX. 

des  Sermoni  funebri  d'Orlemio  Lando'.  En  1576,  il  recueillit, 
sous  le  titre  de  Celodacnje  amoureuse-,  des  aubades,  des 
chansons,  des  gaillardes,  des  pavanes,  des  branles,  des 
sonnets,  des  stances  et  diverses  autres  petites  pièces  qu'il 
avait  composées.  On  trouve  dans  ce  recueil  un  sonnet  italien 
que  nous  transcrivons  ici  : 

Soiieto. 

0  me  felice  più  d'ogn'altro  quanto 
Più  d'ogn'altra'  é  costei  leggiadra  e  bella, 
S'ugual  a  la  mia  voglia  fusse  quella 
Di  quella  ch'amo  e  riverisco  lanto  ! 

Tante  riverisco  suc  lume  santo 
Che*  vince  di  splendor  ogn'altra  Stella, 
Che  di  lui'"  sempre  l'aima^  mia  favella 
E  di  lui  in  rime  sparse  ogn'hora  canto. 

Ne  vivo  più  in  quel  aogoscioso  pianio 
Come  vissi  al  tempo  di  gran  procella 
D'amer;  ma,  liera  cbe  lai  più  nen  mi  nuoce, 

le  dice  un'altra  velta  ad  alla  voce  : 
0  me  felice  più  d'ogn'altro  quanto 
Più  d'ogn'altra  è  costei  leggiadra  e  bella  '  ! 


1.  Haranijiies  lamentables  sur  la  mort  de  divers  animaux,  extraictes 
du  tuscan,  rendues  et  augmentées  en  uoslre  vulgaire...  Avec  une 
rhétorique  gaillarde.  Lvoii,  Beuoist  Rigaud,  1569.  In- 16,  fisg.  (Biblioth. 
de  l'Arsenal,  B.-L.  18'2"77.) 

Tratluclion  de  huit  des  Sermoni  funebri,  qui  existe  aussi  avec  la  date 
de  1570  (Arsenal,  B.L.  18254.) 

2.  Lyon,  Benoist  Rigaud,  1576,  in-l6.  (Bibliolh  de  Wolfenbùltel.  ) 
Voy   Baudrier,  Bibliographie  Igonnaise,  III,  p.  328. 

Réimprimée  à  Paris,  par  Aiculas  Buiifons,  1579,  ia-16.  (Biblioth.  de 
l'Arsenal.  B.-L.  18730,  Rés.) 

3.  L'édition  des  Œuvres  porte    p.  89j  :  Piu  d'on'  altro. 
A.  Œuvres  (\>p.  85  et  162)  :  Chi. 

5.  1/édition  de  la  Gelodacrye  inii)rimée  en  1579  [la  seule  que  nous  ayons 
pu  consulter)  porte  luy .  L"  recueil  lies  œuvres  fait  la  même  faute  aux  vers 
7  et  8. 

6.  Les  Œuvres  (p.  162)  portent  :  l'arma.  —  Il  nous  paraît  inutile  de 
relever  les  autres  fautes. 

7.  Gelodacrye  am'iurruse,  1579,  fol.  50  V»  ;  Les  Œuvres  de  Claude  de 
Pontoux  gentilhomme  chalonnois,  docteur  en  médecine   (Lyon,  Benoist 


XXVIII.  —    CLAUDE   DE    PONTOLX.  53 

Les  œuvres  françaises  de  Claude  de  Ponloux,  publiées  après 
sa  mort  par  Benoist  Rigaud,  en  1579,  reproduisent  les  pièces 
contenues  dans  la  Gelodacrye  et  en  contiennent  un  grand 
nombre  d'autres,  notamment  les  300  sonnets  consacrés  à 
l'Idée,  c'est-à-dire  à  sa  maîtresse  '. 

La  pièce  que  nous  venons  de  réimprimer  figure  de  nouveau 
parmi  les  poésies  dédiées  à  l'Idée.  L'éditeur  y  a  joint  deux 
autres  sonnets  italiens  que  nous  reproduisons  d'autant  plus 
volontiers  que  le  volume  est  d'une  extrême  rareté  : 


LX 


Deh  !  con  quai  piania  mai  tanto  divina 
E  con  quai  doice  unguento,  o  quai  licore 
Potrei  sanar  la  piaga  del  mio  core 
Che  d'ossa  in  ossa  incurabil  camina? 

Obimè!  piania  mon  fia  ne-  medicina 
Che  schemar  posse  questo  mio  languore. 
Già  fato  è  debol  il  tanlo  mio  vigore, 
Che  la  mia  vita  a  morte  s'avicina. 

Dunque  poichè  ^  raorir  hora  mi  veggio 
Del  fier  colpo  d'Amor,  Lgelio,  ti  cheggio 
Ch'essendo  Talma  mia  del  eorpo  uscita, 

Porgi  queste  parole  a  tutto  '1  mondo  *  : 
Costui,  per  troppo  araar  d'amor  profondo 
Una  donna  crudel,  perso  ha  la  vita^ 


Rigaud,  1579,  in-16),  pp.  85  et  162.  La  même  pièce  est  imprimée  deux 
fois. 

1.  Ces  sonnets  sont  antérieurs  au  séjour  de  l'auteur  à  Padoue,  Il  dit 
lui-même  : 

«  Idée,  adieu,  je  vay  en  Italie. . .   » 

Il  promettait  alors  une  inébranlable  fidélité  ;  mais  il  s'applaudit  bien  vite 
d'avoir  changé  de  résidence  et  de  niaîlresse. 

2.  Impr.  me. 

3.  Impr.  que. 

i    Impr.  à  tutto'  mondo, 

5.  Les  Œuvres  de  Claude  de  Poiitoux,  1579,  p.  45. 


54  XXVIII.  —   CLAUDE    DE   PONTOUX. 

CLVIII 

0  sol,  mio  bel  sol,  sol  tralucente, 

Sol  dinanzi  '  lo  quai  io  brarao  morire, 
Sol  ogni  mio  ben,  ogni  mio  martire, 
Sol  chi  riscaldi  la  gelata  mente, 

Sol  chi  vaneggiar  mi  fai  dolcemente, 
Sol  chi  l'aima  del  cor  mi  fai  partira, 
Sol  quai  mirando  temo  e  perdo  ardire, 
Sol  chi  m'abbaglia,  tanto  sei  possente  ; 

Sol  albergo  d'Amor,  onde  stral  move, 

Sol  per  cui  leggiadria  ogni  quà  giù  piove. 
Sol  chi  l'aima  mia  rendi  sbigoilita, 

Sol  hor'  a  me  benigno,  hor  crudo  e  rio, 
Sol  di  bellezza  colmo,  opra  d'Iddio, 
Tu  sei  la  morte  raia,  tu  sei  la  vita^. 

Quant  aux  œuvres  françaises,  l'influence  italienne  se  fait 
sentir  à  chacune  des  pages  du  volume.  Une  des  aubades  : 

Benoist  soit  Tœil  noir  de  ma  dame... 

est  imitée  de  Pétrarque  ^  Il  en  est  de  même  du  sonnet  : 

Vouloir  m'espronne  et  l'aveugle  me  guide  *... 

Plus  loin,  nous  rencontrons  un  a-  chapitre  amoureux  »  tra- 
duit de  l'Arioste,  une  imitation  de  Bembo,  des  vers  sans  rimes 
traduits  de  Sesline  de  Pétrarque  : 

Tous  animaux  hébergeons  sur  la  terre  ^... 

\.  Impr.  diaiizi. 

2.  Les  Œuvrrs  de  Claude  de  Poiitoux,  1579,  p.  94. 

3.  Sonetlo  XLVIl  : 

B^'iiedeUo  sia'l  giorno  e'i  raese  e  l'anno... 

4.  Son.^tto  CLXXVl  : 

Voglia  mi  sprona  ;  Amor  mi  guida  e  scorge... 

5.  Sestitia  prima  : 

A  quakiuqiie  animale  alberga  in  terra 


XXVIIt.  —   CLA.UDE    DE   PONTOUX.  55 

Pour  les  Français,  comme  pour  les  Italiens,  toute  la  poésie 
était  alors  dans  Pétrarque,  Bembo  et  Arioste. 

Claude  de  Pontoux  mourut  jeune,  vers  1578'.  Il  paraît 
avoir  été  vivement  regretté  de  ses  amis,  dont  plusieurs  lui 
consacrèrent  des  vers  imprimés  en  tête  des  Œuvres.  Il  n'est 
pas  sans  intérêt  de  citer  ici  ceux  à  qui  lui-même  adresse  des 
sonnets,  plusieurs  d'entre  eux  ayant  certainement  été  les 
compagnons  d'étude  et  de  plaisir  du  poète  en  Italie.  Ce  sont  : 
Bonier  (OEuvt-es,  p.  123)  ^  Chappelain  (p.  86)  ^  Contet 
(p.  51)\  Du  Verdier  (p.  iU]  %  Froissart  (p.  US)\  La  Borde 


1.  11  ne  doit  pas  être  confondu  avec  un  autre  Claude  de  Pontoux,  sei- 
gneur de  Granges,  qui,  le  13  novembre  1582,  se  rrndit  adjudicataire  du 
gretl'e  du  grenier  à  sel  de  Ghaloii,  et  qui,  le  lu  mai  1601,  céda  ce  même 
greffe  à  son  frère  utérin,  Artus  Valon,  seigneur  de  Rozey,  ci-devant  maître 
ordinaire  en  la  Chambre  des  Comptes  de  Dijon.  (Biblioth.  nat.,  ms.  fr. 
•28820,  dossier  Pontoux.) 

2.  Nicolas  Boiiyer,  de  Dijon,  a  traduit  en  français  VElegie  de  Baptiste 
Mantouan  contre  les  poêles  lascif:,  (Paris,  Simon  Calvarin,  1562,  in-4  de 
8  ff".  :  biblioth.  nat.  Rés.  pYc.  I6i0).  Un  N.  Bonier,  qui  était  peut- 
être  son  fils,  est  l'auteur  de  vers  miprimés,  en  1588,  au-devant  du  Dic- 
tionnaire des  rimes  de  Jean  Le  Fèvre. 

:L  Ce  persoimage  pourrait  bien  être  un  fils  de  Jean  II  Chapelain,  fils  de 
Jean  I*"",  et  de  Perrette  de  Saint-Yon.  Jean  II  fut  docteur  en  médecine  de 
Montpellier  et  de  Paris  (1541),  premier  médecin  de  Henri  II  et  de 
Charles  IX.  Il  mourut  le  5  décembre  1569.  Il  avait  bien  pu  envoyer  son 
fils  étudier  à  Padoue. 

4..  Les  Contet  étaient  de  Chalon.  Un  seul  a  marqué  dans  l'histoire  litté- 
raire, François  Contet,  frère  mineur,  docteur  en  droit  et  en  théologie,  mort 
en  1638  (voy.  Castan,  Catal.  des  Incunables  de  Besançon,  1893,  p.  50). 
L'ami  de  Pontoux  était  probablement  Pierre  Contet,  Bourguignon,  fils  de 
feu  noble  homme  Jean  Contet,  qui  fut  reçu  docteiu-  es  droits  à  Pavie,  le 
26  avril  1576  (Arcli.  de  l'Univ.  de  Pavie,  Doctoratus,  ad  annum).  Avant 
lui,  Biaise  Contet  avait  été  professeur  de  belles-lettres  à  l'Université  de 
Franche-Comté  (voy.  Henri  Beaune  et  J.  d'Arbaumont,  Les  Universités  de 
Franche-Comté.  Dijon,  187U,  gr.  in-8,  p.  204). 

5.  Il  s'agit  sans  doute  du  bibliographe  Antoine  Du  Verdier,  né  en  1544, 
mort  en  1600.  Nous  dirons  plus  loin  quelques  mots  de  lui,  dans  l'article 
consacré  à  son  fils,  Claude  Du  Verdier. 

6.  Il  s'agit  peut-être  de  Pierre  Froissard,  avocat  fiscal  au  parlement  de 
Dôle.  en  1570,  président  au  même  parlement  en  1572  (voy.  Castan,  Catal. 
des  Incunables  de  Besançon.,  p.  568).  Deux  autres  membres  de  la  même 
famille,  Thomas  et  Pierre  Froissard,  professèrent  la  médecine  à  l'Université 
de  Franche-Comté.  Le  dernier,  Pierre,  mourut  à  Poligny  en  1599  (voy. 
Beaune  et  J.  d'Arbaumoni,  Les  Universités  de  Franche  Comté,  pp.  201 
et  202).  Les  Froissard  étaient  originaires  du  bourg  de  Sellières. 


56  XXVIII.  —   CLAUDE   DE   PONTOUX. 

(pp.  131, 136)  ',  Lambert  (p.  I23j  ^  Le  Goulx  (p.  45) ^  Lentin 
(p.  -222)  \  LeTartier  (p.  154)  ^  Richardot  (p.  149)  ^  Ruffay 


1.  Ce  La  Borde  paraît  être  Antoine  de  Vienne,  baron  de  La  Borde,  de 
Grosbois.  etc.,  né  à  Dijon  le  27  janvier  1538,  second  fils  de  François  de 
Vienne,  seigneur  de  Pymoiit,  d'Antigny,  etc.,  baron  de  Kuffey.  Ce  person- 
nage devint  comte  de  Comarin  à  la  mort  de  son  frère  aîné.  Jacques  de 
Vienne.  11  était  mort  en  1599.  Voy.  Anselme,  Histoire  généal.,  VII, 
p.  803  D. 

2.  Il  ^';tgit  probablement  d'un  L:imbert  de  Besançon.  M.  Castan  {Catal.  des 
Incunables  de  Besançon,  pp.  144.  653)  cite,  au  commencement  du  xvi« 
siècle,  un  prêtre  appelé  Léger  Lambert.  Dominiqne  Lambert,  de  l'ordre  des 
frères  prêcbeurs,  était  prieur  de  Besançon  en  1592  {ibid.,  p.  131). 

3.  .Nous  parlons  des  Le  Goulx  dans  une  des  notes  de  l'article  suivant. 

4.  Nous  ne  connaissons  ce  Lantin  que  pur  la  chanson  que  lui  adresse 
Claude  de  Pontoux  : 

Lentin.  veux-tu  sçavoir  comme 

Je  vis  estant  amoureux 

(28  quatrains). 

Lantin,  qui  a  visité  l'Italie,  fait  à  cette  pièce  une  Response  pulinodique 
à  la  façon  des  Italiens  : 

De  Pontoux,  vois  aussi  comme 
Je  vys  estant  amoureux 

La  famille  Lantin  était  une  de  ces  familles  parlementaires  de  Bourgogne 
dont  les  fils  fréquentaient  d'ordinaire  les  universités  italiennes.  Philibert 
Lantin.  étudiant  eu  droit  à  Padoue,  fut  chargé,  le  26  novembre  1548,  de 
remplacer  pour  huit  jours  Charles  de  Grilly,  conseiller  de  la  nation  de 
Bourgogne  Arch.  uiiiv.  de  Padoue,  registre  VIL  fol.  322  \°).  Le  30  juin 
1595,  Jean-Baptiste  Lantin,  «  Cabiionensis  Buiguudus,  cuni  duobus  parvis 
signis  in  maxilla  dextra  «,  s'inscrit  comme  juriste  à  Padoue  (mêmes 
Archives,  reg.  XX.\.  fol   91  v). 

5  Le  personnage  que  Pontoux  appelle  Tartier  doit  être  le  médecin 
champenois  Adrien  Le  Tartier,  celui  même  qui.  en  15K1,  éleva  un  monu- 
ment à  Guillaume  Postel.  Le  Tartier  avait  étudié  à  Montpellier.  Ses  Pro- 
menades printanieres,  imprimées  en  1585  et  1586,  nous  montrent  qu'il 
avait  des  relations  très  étendues.  11  y  dédie  plusieurs  pièces  à  des  Italiens, 
ce  qui  permet  de  penser  qu'il  avait  visité  l'Italie. 

6.  La  famille  Bichardof  doit  surtout  son  illustration  à  François  Richardot, 
évêque  d'Arras  (1561-1574).  Plusieurs  autres  de  ses  membres  furent  des 
hommes  distingués,  notamment  .\ntoine  et  Guillaume,  que  l'on  rencontre 
parmi  les  correspondants  de  Juste  Lipse.  Jean  Richardul  seigneur  de  Barli, 
professa  le  droit  civil  à  l'université  de  Besançon  en  1569  (voy.  Beanne  et 
J.  d'Arbaumont,  Les  Universités  de  Franche-Comté.  1870,  \k  \9i]  ;  il 
soutint  la  domination  espagnole  darjs  les  Pays-Bas  et  reçut  en  1582  une 
gratification  de  3000  livres  pour  les  bons  et  agréables  services  qu'il  avait 
rendus  pendant  les  troubles  (voy.  Rousselle,  Bibliographie  moiitoise, 
p.  131,  n''  1  et  p.  132,  n«  2). 


XXVIIl.  —   CLAUDE   DE   PONTOUX.  B7 

(p.  120)  \  Sélincourt  (p.  14-9)2. 


1 .  11  s'agit  sans  doute  de  Jean  de  Vienne,  baron  de  Ruffey,  né  à  Coniarin 
le  13  octobre  1547.  quatrième  fils  de  François  de  Vienne,  seigneur  de 
Pymont,  baron  de  Hiitfey,  et,  par  conséquent,  frère  du  baron  de  La  Borde. 
Ce  Jean  avait  été  destiné  à  Tétat  ecclésiastique,  mais  il  abandonna  ses 
bénéfices  pour  épouser  Gatberine  de  Monigascon.  Il  devint  gouverneur  du 
Bourbonnais  et  fut  fait,  le  31  décembre  1584,  chevalier  des  ordres  du  roi. 
Voy.  Anselme,  Hist.  (jénéal.,  VU,  p.  803  G. 

2.  Ce  personnage  doit  être  l'un  des  fils  de  Jean  Sacquespée,  écuyer, 
seigneur  de  Sélincourt,  Bouillancourt,  etc.,  qui  avait  épousé,  par  contrat 
du  15  août  1539,  Françoise  Herlin.  Jean,  l'aîné,  qui  se  qualifiait  seigneur 
de  Sélincourt,  Bussy-les  Dames  et  La  Vallée,  fui  écuyer  du  duc  de  Nemours  ; 
Antoine,  le  second,  qui  n'était  connu  que  sous  le  nom  de  seigneur  de 
Sélincourt,  fut  commissaire  général  de  l'artillerie  en  Picardie.  Voy.  le 
M'«  de  Belleval,  Nobiliaire,  de  Punthieu  et  de  Vimeu,  1876,  in-4,  p.  840. 
—  Claude  de  Pontoux  nous  représente  Sélincourt  comme  un  débauché  ; 
ce  trait  convient  parfaitement  au  commissaire  de  l'artillerie,  dont  L'Estoile 
(éd.  Jouaust,  V,  p.  75)  nous  raconte  les  excès  et  la  mort  tragique,  le 
10  mars  1591. 


XXIX 
CLAUDE    TURRIlN 


La  vie  de  Claude  Turrin  est  fort  peu  connue.  Un  de  ses 
compatriotes,  l'avocat  Jean  Richard,  nous  dit  qu'ils  étaient 
tous  deux  du  même  âge  '  ;  or  Richard  était  né  en  1545.  Il  est 
vraisemblable  que  Turrin  avait  quelques  années  de  plus  -.  Tout 
jeune,  il  passa  les  Alpes  et  se  rendit  à  Padoue  pour  y  étudier 
le  droit;  mais  il  avoue  lui-même  qu'il  se  dégoûta  vite 
d'Accurse  et  de  Barthole  ^.  Il  n'avait  pas  le  tempérament  gai 
de  Claude  de  Pontoux.  Son  àme,  d'une  mélancolie  maladive, 
ne  songeait  qu'à  l'amour,  à  l'amour  qui  ne  doit  jamais  être 
satisfait.  La  dame  de  ses  pensées,  la  cruelle  qui  le  torturait 
était  Chrestienne  de  Baissey,  demoiselle  de  Saillant.  Chrestienne 
était  noble,  elle  était  riche,  et  il  semble  qu'elle  l'ait  dédaigné. 
C'est  ce  qu'il  donne  à  entendre  dans  la  quatrième  élégie  du 
livre  II  de  ses  OEuvres,  où  il  fait  vœu  de  renoncer  à  la  poésie  : 

Adieu,  Phœbus,  adieu,  Muses,  adieu  ; 
Gardez  pour  vous  voslre  bel  héritage. 
Quant  est  de  moy,  je  veux  estre  plus  sage 

1 .  «  Claudinus  Turrinus,  coaetaneus  et  amicus  meus,  interceptus  in 
prima  jiiventa  »,  dit  Richard,  en  1585,  dans  son  Antiquitatum  Divionensium 
Liber,  fo\.  2.  —  La  Monnoye  cite  déjà  ce  passage  dans  ses  notes  sur  La 
Croix  dn  Maine  (L  p.  154). 

2.  Le  premier  ouvrage  de  Turrin,  Les  Charités,  prises  de  Theocrite, 
parut  à  Toulouse  en  1561;  il  devait  être  alors  rentré  en  France.  Nous 
pensons  qu'il  avait  dû  naître  vers  1540,  et  qu'il  avait  alors  environ 
vingt-un  ans. 

3.  Œuvres  poétiques  de  Claude  Turrin  (Paris,  Jean  de  Bordeaux,  1572, 
in-8),  4'^  élégie,  fol.  40  v^. 


60  XXIX.  —    CLAUDE   TURRIN. 

Doresnavant  que  je  n'ay  pas  esté. 
Gardez  pour  vous,  Muses,  la  povreté. 
Je  ne  veus  plus  désormais  qu'on  me  pieque 
De  ces  beaus  noms  :  rêveur  et  fantastique  ; 
J'aime  trop  mieux,  d'une  honneste  sueur, 
Gaigner  ensemble  et  le  bien  et  l'honneur. 

Le  pauvre  Turrin  fut  malheureux  jusqu'au  bout.  Il  ne  put 
faire  imprimer  lui-même  le  recueil  de  ses  vers,  recueil  qu'il 
dédiait  à  M"'^'  de  Saillant  par  une  épître  datée  de  Dijon  le 
20  juillet  1566.  Il  était  mort  quand  ses  amis  Maurice  Privey  et 
François  d'Amboise  prirent  possession  de  ses  œuvres  et  les 
donnèrent  au  public  !1572). 

Turrin,  avons-nous  dit,  avait  étudié  à  Padoue.  Il  ne  dit  rien, 
à  la  vérité,  du  séjour  qu'il  fit  dans  cette  ville;  mais  son  ami 
Pontoux  nous  parle  de  son  séjour  dans  un  sonnet  qu'il  lui 
dédie  : 

D'avoir  passé  les  raonls  pour  courir  rilalie, 
Turin,  il  te  doit  estre  ores  un  grand  tourment; 
Ores  il  me  doit  estre  un  grand  soulagement. 
Tu  avois  à  Dijon  une  parfaite  amie, 

Et  j'avois  dedans  Dole  une  fiere  ennemie. 
La  tienne,  d'un  doux  œil,  te  traitoit  doucement  ; 
La  mienne  d'un  rude  œil  me  traitoit  rudement, 
Ne  me  paissant  jamais  que  de  melancholie. 

Tu  as  laissé  ton  heur  pour  estre  malheureux  : 
J'ay  laissé  mon  malheur  pour  estre  bien  heureux. 
Je  plorois  dans  Bourgongne,  et  je  riz  dans  Padoue  ; 

Tu  riois  dans  Bourgongne  et,  dans  Padoue  estant, 
Tu  vas  chez  Bartholin  tes  amours  regrettant  : 
Voilà  comment  de  nous  ce  petit  dieu  se  joue  '. 

Turrin,  tout  absorbé  par  sa  passion,  fut,  en  effet,  insensible 
aux  charmes  des  dames  italiennes. 


1.  Les  Œuvres  de  Claude  de  Pontoux  'Lvon,  Beiioist  Rigaud,  1579, 
in-l6),  p.  125. 


XXIX.  —  CLAUDE  TURRIN.  61 

Je  reçois  plus  de  bien  de  mon  simple  penser 
Que  de  voir  l'Angélique  ou  Lucrèce  danser, 

nous  dit-il  dans  son  18'-  sonnet.  D'ailleurs,  c'était  un  misan- 
thrope. Le  luxe  des  courtisanes  et  des  gentilshommes  véni- 
tiens le  révoltait  au  plus  haut  point.  Il  faut  citer  les  deux 
sonnets  qu'il  leur  a  consacrés  : 

Sonnel    65. 

Quand  je  voy  ces  faquins  de  ceste  republique, 
Pour  eslre  troussés  mal  et  vestus  lourdement, 
Pour  traîner  jusqu'aus  pies  un  long  babillement, 
Se  donner  à  grand  tort  le  nom  de  magnifique, 

El  quand,  pour  balloter  d'un  affaire  publique, 
Pour  appeler  sainct  Marc  à  leur  commenceuient, 
Je  les  vois  usurper  par  l'orgueil  seulement 
Et  le  nom  et  Tbonneur  de  ceste  Rome  antique. 

Les  volants  d'autre  part  si  prodigue[s]  d'honneurs, 
Je  ne  puis  me  tenir  de  dire  :  a  Ces  seigneurs 
«  Sont  vraiment,  comme  on  dit,  vrais   enfants  de   leurs 

fmeres, 

«  Leurs  mères  sont  putains  et  déguisent  leurs  noms  ; 
«  Geus-cy  pour  se  farder  preignent  mille  surnoms, 
«  Et  par  faute,  je  croi,  de  conuoistre  leurs  pères.  » 

Sonnel  66. 

S'entremesler  en  rond  dedans  une  moresque, 
Ouir  quelque  Tané  faire  mille  discours. 
Voir  messer  Julio  trompé  de  ses  amours 
Et  pour  une  signore  aimer  une  fautesque, 

Aller  voir  l'Angela»  ou  la  belle  Tudesque, 
Et  pour  se  bien  monter  chevaucher  le  velours, 
Pratiquer  les  traguès-,  et  dans  les  carrefours 
Chanter  quelque  sonnet  ou  quelque  romanesque, 

1.  Ce  doit  être  Angela  Beirocchi,  dont  parle  Claude  de  Pontoux.  Voy. 
ci-dessus,  p.  50. 

2.  Les  traghetti.  —  Cf.  ci-dessus,  p.  49. 


62  XXIX.   —   CLAUDE   TURRIN. 

Follastrer  toute  nuit  dedans  une  gondole 
Et  pour  donner  martel  manquer  de  sa  paroUe, 
Apprendre  les  sifflets  et  les  signes  connus, 

Remarquer  l'Aretin  et  le  mettre  en  pratique, 
Et  bref  entretenir  l'une  et  l'autre  Venus  : 
Voilà  le  passetams  que  prand  le  magnificque'. 

Peut-être  Turrin  avait-il  eu  à  Venise  quelque  aventure 
désagréable  ;  peut-être  y  avait-il  provoqué  un  bravo  qui  avait 
repoussé  son  cartel.  Le  sonnet  contre  Rodomont,  que  nous 
reproduisons  plus  loin,  permettrait  presque  de  le  croire. 

Malgré  tout,  le  jeune  Bourguignon  aime  la  langue  et  la 
poésie  de  l'Italie.  Il  se  plait  ici  à  reproduire  en  français  la 
terza  rima^  ;  plus  loin  il  traduit  une  chanson  de  Pétrarque  ^ 
Enfin,  il  cherche  à  imiter  le  chantre  de  Laure.  Le  volume  de 
1572  se  termine,  en  effet,  par  trois  sonnets  italiens.  Voici 
deux  de  ses  pièces,  que  Turrin  a  lui-même  traduites  en 
français  : 

Sonnet   2. 

Questo  superbo  e  scioccho  Rhodomonte, 
Qui  fatlo  alliero,  nondimeno  pave, 
Coprisce  indarno  con  parolle  brave 
L'aima  paurosa  e  l'orgogliosa  fronte. 

I  dico  :  Gostui  non  ha  le  man'  promte. 
Il  quai  serviendo  vuol  far  le  sue  prove. 
Indarno,  indarno,  biestemando  Giove, 
Giace  Tifœo  sottoposto  al  monte. 

Qualunque  sia,  giamai  quel  scrittore 
Non  hebbe  saldo  né  gentile  il  cuore, 
Anzi  havrà  sempre  nome  di  forfante. 


1.  Œuvres  poétiques  de  Claude  Turrin,  1572,  fol.  68  v». 

2.  Elégie  12,  fol.  27. 

o.  La  chanson  :  Gentil  mia  donna,  i  veggio,  etc.,  fol.  76. 


XXtX.  —   CLAUDE   TURRIN.  63 

Misero,  perché  non  pigli  l'ardire 
Da  gentilhuomo  l'injuria  seguire  ? 
Et  già  sol  teco  mi  metto  da  parte  ^ 

Sonet  64. 

Ce  brave  Rhodomont,  ce  mutin  dédaigneux, 
Qui,  superbe  en  maintien,  a  toutesfois  grand' crainte. 
Veut  déguiser  en  vain,  d'une  bravade  feincte, 
Et  son  ame  peureuse  et  son  front  orgueilleux. 

Je  dis  moy  que  cestuy  n'est  point  chevalureus 
Lequel  pour  babiller  nous  veut  bailler  l'attainte. 
En  vain  ce  grand  Tifé,  d'une  force  contrainte, 
Ecroule  le  Vésuve  et  despite  les  dieus. 

Quiconque  d'entre  vous  a  fait  de  l'escrivain, 
Il  n'eut  jamais  bon  cueur  ny  le  jugement  sain, 
Ains  il  sera  tousjours  réputé  pour  forfante. 

Misérable,  pourquoi  n'as-tu  point  tant  de  cueur 
De  me  tirer  à  part  pour  suyvre  ton  honneur  ? 
Voy  me  cy  contre  toj^  :  tout  seul  je  me  présente  *. 

Sonet  Ô. 

Deh  !  speranza  mia,  non  habbiate  hormai 
A  schiffo  e  sdegno  i  miei  caldi  sospiri  ; 
Voi  sola  l'aima  empieste  ai  desiri  ; 
Pur  il  mio  maie  non  s'aquetta  mai. 

r  amo,  donna,  sempre  e  sempre  amai 
Quel  '  vostri  begl'occhi  ove  amor  s'aggiri, 
Et  per  sottrarme  a  si  dolei  martiri 
Non  vorrei  scampar  la  vita  giamai. 

Dunque  si  per  la  nemica  mia  sorte 
Il  tempo  non  è  giunlo  de  la  morte, 
Perdonate,  donna,  hormai  al  core  slanco 

1.  Œuvres  poétiques  de  Claude  Turrin,  1572,  fui.  95. 

2.  Ibid.,  fol.  68. 

3.  Impr.  Quel. 


64  XXIX.  —  GLA.UDE  TURRIN. 

Overo  s'amor  crudo  el  mio  destino 
Inanzi  al  tempo  fammi  venir  meno, 
Stracciate,  donna,  l'amoroso  incarco  '. 

Sonet  22. 

Dea,  mon  petit  cueur,  ne  prenés  désormais 
A  mespris  et  dédain  les  vers  que  je  soupire  ; 
Vous  seule  estes  l'objet  pour  lequel  je  désire  ; 
Toutesfois  ma  douleur  ne  s'appaise  jamais. 

J'ay  tousjours  bien  aimé  et  je  veus  tousjourmais 
Aimer  ces  deus  beaus  yeux  où  l'amour  se  retire, 
Et  pour  me  retirer  d'un  si  plaisant  martire, 
Je  ne  veus  echaper  du  mal  où  je  me  plais. 

Doncque,  si  par  malbeur  et  par  ma  destinée 
L'heure  de  mon  destin  n'est  encor[e]  bornée, 
Pardonnes,  s'il  vous  plaist,  au  povre  cueur  lassé. 

Toutesfois,  si  l'amour  et  le  destin  contraire 
S'essaye  peu  à  peu  à  l'ennuy  me  défaire  2, 
Déchargés  moy  du  fais  qui  me  tient  oppressé'. 

Claude  Turrin  cite  dans  ses  vers  quelques-uns  de  ses 
amis  :  François  Sayve,  Dijonnais  (fol.  35  v",  60,  67  v'')\ 
Claude  de  Pontoux  (fol.  55),  Le  Goulx  '  (fol.  55  V),  Fabry 

1.  Œuvres  poétiques,  1575,  fol.  95. 

2.  Il  faut  sans  duiite  lire  :  S'essayent  peu  à  peu  à  l'envy  me  défaire. 

3.  Œuvres  poétiques,  1572,  fol.  54. 

4.  La  famille  Sayve  est  une  des  plus  anciennes  familles  parlementaires 
de  Bt)urgogne.  François  Sayve,  seigneur  de  Vesurotle,  devint  conseiller  à 
Dijon,  par  résignation  d'Eslienne  Sayve.  son  père,  le  7  juin  1566.  Voy.  P. 
Palliot,  Le  Parlement  de  Bourgogne.  1649,  in-fol.,  p.  218. 

5.  Pierre  Le  (ioulx  de  La  Berchère,  étudiant  en  droit  à  Padoue,  a  laissé 
dans  la  cour  de  TUniversité  un  écusson  à  son  nom  et  à  ses  armes.  Ce  Le 
(ioulx  était  aussi  un  ami  de  Claude  de  Pontoux  (voy.  ci-dessus,  p.  56). 
11  était  d'une  famille  dont  beaucoup  de  membres  se  sont  fait  connaître  à 
divers  titres.  Sans  parler  de  ceux  qui  vécurent  au  XV"  siècle,  on  peut  en 
citer  quelques-UMs  qui  appartiennent  au  xvi®  siècle.  Un  Pierre  Le  Coulx, 
«  procuralor  apiid  urbem  Belnensem  »,  traduisit  en  vers  français  le  Psal- 
terium  B.  M.V.  de  saint  Bernard  (Du  Verdier.  lll,  p.  282);  il  fit  imprimer, 
vers  15U8,   un  Breviariinn  cabilonense  (Bibliotb.  Sainte-Geneviève,  BB. 


XXIX.  —    CLAUDE   TURRIN.  65 

(fol.  66)  \  Coqueley  (fol.  66  v%  Q9]\  Saumaize  (fol.  66  v")», 
Rompre  (fol.  67)  ^  Richard  (fol.  69  y°)\  de  Thésiit  (fol.  69 
v°)^  Frémiot  (fol.  70)',  Le  Grand,  seigneur  de  Saincte  Co- 

873)  et,  en  1521,  un  Psallerium  virginis  Mariai;  (Biblioth.  n.it.,  Inv.  B. 
1436).  Guillaume  Le  Goulx,  sieur  de  Vallepesie,  cousin  (fEstieiine  Tabourot, 
et  Prudent  Le  Goulx  figurent,  en  1588,  parmi  les  auteurs  des  hommages 
poétiques  placés  en  tête  du  Dictionnaire  des  rimes  de  Jean  Le  Févre. 
Jean- Baptiste  Le  Goulx  chevalier,  seigneur  de  La  Berchère,  Boncourt 
Vosne,  etc.,  devint,  en  1595.  président  aux  requêtes  du  parlement  de 
Bourgogne.  Il  fut  nommé  premier  président  en  1627  et  mourut  en  1631. 
Son  fils,  Pierre  Le  Goulx,  chevalier,  seigneur  de  La  Berchère,  Boncourt, 
Vosne,  etc.,  marquis  d'Inteville,  comte  de  La  Rochepot,  baron  de  Toisi  et 
de  Cipierre,  lui  succéda.  Voy.  Palliot,  Le  Parlement  de  Bourfjn;/ne,  p.  58. 
et  l'abbé  Bissey,  Précis  historique  sur  les  Loçjoux.  de  La  Berchère.  et  en 
particulier  sur  Pierre  Légaux  comte  de  La  Hochepot,  dans  les  Mémoires 
de  la  Société  d'histoire,  d'archéologie,  etc.,  de  Beaune,  1874. 

1.  Claude  Fabri,  «  médecin  et  astrophile  »,  originaire  de  FArgonne. 
demeurait  à  Dôle  eu  1552;  il  était  établi  à  Dijon  en  1568,  et,  en  cette  même 
année,  Claude  Turrin  lui  avait  adressé  un  sonnet  français  et  une  pièce  latine 
qui  sont  imprimés  en  tète  des  Paradoxes  de  la  cure  de  peste  (à  Paris,  chez 
Nicolas  Chesneau,  1568,  in-8.  M.  Hugues  Vaganay  a  bien  voulu  nous 
signaler  ces  vers  qui  nous  avaient  échappé. 

2.  Lazare  Coqueley,  étudiant  à  Padoue  en  1563  et  eu  1564,  puis  con- 
seiller au  parlement  et  chanoine  de  Paris,  député  du  clergé  de  Paris  aux 
États  de  Biois  en  1588,  mort  en  1606.  Voy.  notre  t.  I,  p.  285. 

3.  Ce  doit  être  Estienne  de  Saumaise,  lieutenant  particulier  en  la  séné- 
chaussée de  Semur-en-Auxois,  qui.  en  1587,  résigna  ses  fonctions  en  faveur 
de  Bénigne,  son  fils.  Estienne  avait  épousé  Antoinette  Sayve,  fille  de  Jean 
Sayve,  seigneur  i!e  Flavignerot,  président  à  mortier  au  parlement  de  Bour- 
gogne. (;Moreri.)  Ou  pourrait  penser  aussi  à  Jérôme  de  Saumaise,  seigneur 
de  Ghasans,  Cuilev,  etc.,  né  en  1534,  conseiller  au  parlement  de  Ijournogne 
en  1588,  mort  eu"l6l4  (Palliot,  loc.  cit.,  p.  221  ) 

4.  Nous  avouons  ne  pas  connaître  ce  personnage. 

5.  il  s'agit  de  Jean  Richard,  l'avocat  bourguignon  cité  plus  haut  p.  61. 

6.  Les  Thésut  étaient  Bourguignons.  Un  incunable  de  Pesançon  porte  la 
signature  de  Jacques  de  Thésut,  apposée  vers  le  milieu  du  xvi'^siècle(Castan. 
Catalogue  des  Incunables  de  Desatiçon,  p  146),  Louis  de  Thésut,  «  apud 
Cabillonenses  judex  regius  »,  est  l'auteur  de  distiques  latins  imprimés,  en 
1588.  au-devant  des  Mélanges  historiques  de  Pierre  de  Sainct  Julien. 

7.  Il  s'agit  peut-être  de  L.  Menimius  Frémiot  dont  on  a  deux  épigrammes 
latines  à  la  fin  des  Juvemlia  de  Marc-Antoine  de  Muret  (1552)  et  deux 
distiques  latins  en  tète  des  Amours  de  Ronsard  (1553).  Ou  peut  penser 
aussi  aux  personnages  suivants  :  André  Frémiot,  conseiller  au  parlement  de 
Bourgogne,  par  résignation  de  Jean,  son  père,  en  1563  (Palliot,  p.  217)  ; 
Bénigne  Frémiot,  seigneur  de  Tottes,  d'abord  maître  extraordinaire  en  la 
chambre  des  Comptes  de  Bourgogne  (1571),  puis  avocat  général  au  Parle- 
ment, à  la  mort  d'Olivier  Sayve  (1573),  enfin  président  à  mortier  en  1581 
(Palliot,  p.  85)  ;  Pierre  Frémiot,  professeur  de  belles-lettres  à.  l'université 

n.  -  5. 


66  XXrX.  —  CLAUDE   TURRIN. 

lombe  (fol.  71)'.  Nous  n'avons  pas  à  insister  sur  les  poètes 
célèbres  à  qui  notre  auteur  s'adresse  :  Ronsard  (fol.  58  v°), 
Baïf  (fol.  60),  Pontus  de  Tyard  (fol.  65  v^.  Il  est  probable  que 
plusieurs  des  autres  avaient  été  les  compagnons  d'étude  de 
Turrin  à  Padoue-. 


de  Franche-Comté   (H.  Beauiie  et  J.  d'Arbeaiimont,  Les  Universités  de 
Franche-Comté,  d870   p.  20-i). 

1.  Nous  ne  savons  quel  est  le  personnage  auquel  Turrin  fait  allusion. 
On  trouve  une  généalogie  de  la  famille  Le  Grand  dans  un  recueil  manuscrit 
de  la  bibliothèque  de  Ûijiiu  (n«  1010). 

2.  Le  (louk  était  eu  Italie  alors  que  Turrin  était  déjà  rentré  en  France. 
Celui-ci  lui  dit  (sonnet  27)  : 

Si  tu  as  rien  appris  et  si  tu  ne  m'oublie 
Cependant  que  tu  vois  le  ciel  de  l'Italie, 
Le  Goulx,  je  te  siipply,  donne  moy  le  moyen 
Qui  puisse  alambiquer  l'honneur  de  ma  follie. 
y&y  couru  comme  toy  le  ciel  de  l'Italie. . . 


XXX 
SIMON  BOILEAU 


La  vie  du  musicien  Simon  Boileau  nous  est  à  peu  près 
inconnue.  Tout  ce  que  nous  savons  de  lui,  c'est  qu'il  passa 
de  longues  années  en  Italie  et  qu'il  y  publia  diverses  compo- 
sitions. A  la  vérité,  les  Motelli  a  qualtro  voci  imprimés  à 
Venise  en  154-4,  les  Madrigali  a  qualtro  voci  imprimés  dans  la 
même  ville  en  1546  ',  ne  sont  pas  plus  des  œuvres  littéraires 
que  les  trois  pièces  de  notre  auteur  qui  se  trouvent  dans  les 
Evangelin  recueillis  par  Johannes  Montanus  et  Ulrich  Neuber, 
à  Nuremberg,  en  1555-1556^. 

Boileau  entra  au  service  de  Marguerite  de  France,  duchesse 
de  Savoie.  Il  mit  pour  elle  en  musique,  à  quatre  parties,  un 
choix  de  poésies  dont  il  forma  un  recueil  dédié  à  la  princesse. 
Le  manuscrit,  qui  était  conservé  à  la  Bibliothèque  nationale 
de  Turin,  sous  la  cote  Q  m.  VI.  72  (nous  ignorons  si  quelques 
débris  ont  échappé  à  l'incendie  du  26  janvier  1904),  comptait 
69  feuillets  ;  les  quatre  parties  y  étaient  réunies  :  Basso, 
Contralto,  Soprano  et  Tenore.  Au  milieu  du  volume,  entre 
le  Contralto  et  le  Soprano  (fol.  37  v°-38  r"),  on  lisait  l'épître 
suivante  : 

Alla  Serenissi7na  Madama  Margherita,  duchessa  di  Savoia. 

I  grandi  merili  di  V  Altezza,  Serenissima  Madama,  i  quali 
per  bocca  di  ogn'  uno  con  ogni  sorla  di  Iode  sono  homai  per 


1 .  P.  J.  Fétis,  Biographie  universelle  des  musiciens  II,  (1867),  p.  50. 

2.  Robert    Eitiier,   Bibliographie  der  Miisik-Sammehverke  des  XVI. 
und  XVII.  Jahrhunderts  (Berlin,  1877,  iii-8),  p.  423. 


68  XXX.  —   SIMON    BOILEAU. 

tutlo  il  mondo  celebrati,  lianno  spinto  ancor  me,  corne  ch'io 
sia  tra  i  minimi  servitori  et  affettionali  suoi.  et  massime  per 
esser  anch'io  di  nation  francese,  a  volerle  dedicare  alcune 
délie  mie  fatiche,  sperando  le  debba  far  degne  e  de  Torecchie 
e  de  la  gratia  sua,  dove  per  se  stesse  indegnissime  ne  sareb- 
bono,  e  che  fra  i  suoi  divini  pensieri  volentieri  darà  luogo  a 
quesie  due  mie  opérette,  le  quali,  se  non  solo  bellissime  per 
altezza  di  slille  [sic:,  almeuo  le  saranno  un  segno  de  la  rive- 
renza  ch'io  le  porto  e  de  l'opinion  ch'io  tengo  de  la  divotissima 
mente  e  di  tutte  le  virlù  sue,  al  cui  tempio  homai  tulto  mi 
sono  consaerato;  le  placera  adunque  di  accertarlo  con  buon' 
animo,  et  con  la  gratia  sua  iscusar  ogni  difetto  mio  ;  il  che 
senza  più,  riverenlemente  le  bascio  l'honoratissime  mani. 

«  Humilissimo  servitor  : 

«  Simon  Boileau.  » 


A  la  suite  de  l'épître  dédicatoire  sont  deux  sonnets  adressés 
au  duc  Emmanuel-Philibert  et  à  la  duchesse  Marguerite;  ce 
sont  les  deux  «  opérette  »  auxquelles  l'artiste  fait  allusion. 
En  voici  le  texte  : 


I 


L'animo  inviito  e  il  sopr'  human  valore 
E  l'industriae  l'ingegno  singolare 
Con  cui  d'imprese  e  di  vittorie  rare 
A'  nostri  tempi  riportaste  honore, 

Sono,  signor,  cagion  ch'a  tutte  l'hore 
Miriamo  il  viso  e  le  fdttezze  care 
Di  Vostra  Altezza,  e  che  le  schiere  amare 
Dai  confin'  nostri  homai  si  veggon  fuore 

De  l'aima  pace,  ond'a  voi  gloria  eterna 
Altrui  gioia  acquistate,  hor'  a  Dio  rende 
Gratie  l'Europa  libéra  con  noi. 

Ma  con  più  segni  di  lelitia  interna 
Si  gloria  il  popol  vostro,  perché  pende 
Tanta  félicita  tutta  da  voi. 


XXX.  —  SIMON   BOILEAU.  69 


II 


Degna  d'eterno  e  d'iminorlal  honore, 
Margherita  gentil,  cui  non  le  sorte 
Desiar  si  magnanimo  consorte, 
Ma  vera  elettion  già  desto  il  core, 

La  virtù  altéra  e  l'animo  e'I  valore 
D'un  cavalier  senza  par  giusto  e  forte, 
Del  ben  sen  vostro  apersero  le  porte 
Onde  entré  per  far  noi  felici  Amore. 

0  santo,  0  dolce  Amore,  onde  intoruo 
Fue  l'età  del'  or  santa  e  gradita 
E  lieto  in  pace  homai  si  gode  il  mondo  l 

Mentre  si  gireranno  i  cieli  intorno, 
S'udirà  il  nome  ognor  di  Margherita 
Ch'un  secol  apporté  tanto  giocondo. 

Les  deux  sonnets  sont  mis  en  musique  par  l'auteur  en 
quatre  parties. 

M.  Luigi  Alberto  Villanio,  qui  nous  a  donné  une  notice  du 
manuscrit",  a  reproduit,  non  seulement  les  pièces  qu'on  vient 
de  lire,  mais  la  notation  complète  des  deux  sonnets. 

Gesner^  nous  apprend  que  Boileau  écrivit  un  livre  sur  la 
musique,  mais  il  n'indique  pas  le  titre  de  cet  ouvrage.  Il  dit 
simplement  :  «  Simonis  Boylean  [sic]  Galli  musica  ».  Comme 
le  chapitre  est  consacré  aux  «  Recentiores  qui  musicam 
theoricam  et  practicam  scripserunt  »,  et  que  d'autres  chapitres 


t.  Atti  dd  Cotujresso  inlernazioiiale  di  ncienze  storiche  (Roma, 
1-9  aprile  1903),  vol.  VUl  (Roma,  1905,  iii-8),  pp.  357-360,  plus  5  pages 
lie  musique  notée. 

2.  Pandectarum  sive  Partiliouiim  univerxalium  Conradi  Gesneri 
Tigurini,  medici  et  pkilosophiae  professuris  Libri  XXI  (Tiguri,  Christ. 
Froschouerus,  1548,  in-fol.),  lib.  VI,  tit.  III,  fol.  82^. 


70  XXX.  —    SIMON   BOILEAU.  ^ 

énumèrent  les  auteurs  qui  ont  composé  des  chansons,  des 
motets,  etc.,  il  faut  voir  ici  l'indication  d"un  livre  sur  la 
théorie  ou  la  composition  musicale. 

Il  se  pourrait  que  le  musicien  qui  vivait  en  Italie  eût 
employé  la  langue  italienne. 


XXXI 


PIERRE  GENTIL 


Nous  ne  savons  rien  de  Pierre  Gentil,  si  ce  n'est  qu'il  était 
originaire  de  Vendôme  et  qu'il  était  secrétaire  de  Giuseppe 
Cam])iano,  ambassadeur  de  l'ordre  de  Malte  à  Rome  en  1565. 
On  ne  connaît  de  lui  qu'un  seul  ouvrage,  plusieurs  fois  repro- 
duit, et  dont  nous  décrirons  les  diverses  éditions  : 

a.  —  Trattato  ||  del  Successo  (|  délia  potentissima  ||  armata 
del  Gran  ||  Turcho  Ottoman  Solimano.  ||  Venuta  sopra  l'Isola 
di  Malta  l'Anno  ||  MDLXV.  ||  In  Roma  per  Antonio  Blado 
Slampalor  Camerale.  ||  Con  Priuilegio.  5.  d.  [1565],  in-8  de 
68  ff.  non  chiffr.,  sign.  A-H  par  8,  /  par  4. 

Le  litre  porte  les  armes  du  pape  Pie  IV.  —  Au  v°  du  titre, 
sont  les  armes  du  grand-maître  de  Malte, 

Le  fol.  Aij  contient  une  épître  «  AH'  illustriss.  et  reverendiss. 
Monsig.  Hippolito  da  Este,  cardinal  di  Ferrara.  » 

Au  fol.  H  r°  est  un  bois  représentant  la  Résurrection.  Ce 
bois  est  accompagné  d'un  verset  du  Psaume  9. 

Au  v"  de  ce  même  f.  commence  la  liste  des  Cavalieri  morli 
nelV  assedio  di  Malta. 

Le  dernier  f.  contient  un  assez  long  passage  qui  a  été  omis 
dans  le  corps  du  volume,  fol.  Cv.  v".  L'imprimeur  a  indiqué 
le  renvoi  à  l'aide  du  signe  J5^*  qu'il  a  frappé  après  coup  dans 
le  texte. 

Biblioth.  de  Bordeaux,  Hisi.  4722  ;  —  notre  bibliothèque 
(exemplaire  de  M.  Gh.  Schefer  ;  Gat.,  1899,  I.  no  797). 


72  XXXI.  —   PIERRE    GENTIL. 

Cette  première  édition  dut  paraître  dans  le  courant  du  mois 
de  décembre  1565;  elle  fut  sans  doute  enlevée  en  peu  de 
jours  ;  aussi  les  libraires  de  Bologne  en  donnèrent-ils  immé- 
diatement une  réimpression  : 

b.  —  Délia  il  historia  1|  di  Malta,  1|  Et  successo  délia  guerra 
seguita  tra  ||  quel  Religiosissimi  Caualieri,  Si  il  11  potentissirao 
Gran  Turco  Sulthan  H  Solimano,  Tanno  MDLXV.  ||  InBologna, 

Il  Per  Giouanm  Rossi,  \\  M  DLXVI   [1566].  In-8  de  112  pp., 
3  ff.  non  chiffr.  et  1  f.  bl. 

Au  \°  du  titre  est  un  extrait  du  privilège  accordé  à  Emilie 
Giannolti  et  à  Lucio  Bacinetti. 

L'épître  au  cardinal  Ippolito  d'Esté  occupe  les  pp.  3  et  4. 

Le  passage  omis  par  erreur  dans  la  première  édition  a  été 
mis  à  sa  place,  p.  36. 

Notre  bibliothèque  (exemplaire  de  M.  Gli.  Schefer  :  Gâtai., 
I,  no  798). 

Les  deux  éditions  que  nous  venons  de  décrire  satisfirent  à 
peine  les  lecteurs  d'Italie  ;  aussi  un  Italien  qui  vivait  en 
Hongrie,  Marino  Fracasso,  pensa-t-il  qu'il  pouvait  sans  crainte 
s'attribuer  an  dehors  l'ouvrage  de  Pierre  Gentil.  Il  supprima 
l'épître  au  cardinal  de  Ferrare  et  lui  substitua  une  nouvelle 
dédicace  adressée  au  célèbre  Anton  Verancic,  alors  évêque 
d'Agria  (Eger,  Erlau)  '.  Voici  la  description  de  cette  réimpres- 
sion frauduleuse  : 

c.  —  Il  vero  Successo  ||  della  potentissima  Armata  di  Soli- 


1.  Anton  Verancic.  en  lutin  Verantius,  né  à  Sebeiiik,  ou  Sibenico  (Dal- 
matie)  le  ;29  mai  1504,  avait  ('tudié  à  Padonc  Evèque  de  Pécs,  ou  Fiinf- 
kirchen.  en  1554,  évêqiie  de  Z:i'j,veh.  ou  Agrain,  en  1557  évêque  d'Eger, 
ou  Erlau.  en  1557,  il  fui  élevé  en  1569  à  rarclievèché  d'Eszteigom  (Stri- 
goniuni,  Ostriliom,  Gran)  ;  mais  les  Turcs  occupaient  alors  ceUe  mélropole. 
11  mourut  à  Eperics  le  "Il  juillet  1573.  Le  chapeau  de  cardinal  qui  lui  était 
destiné  ne  parvint  à  destination  que  quelques  jours  après  sa  mort.  On  con- 
sultera suilont,  sur  VeranCié,  sa  vie  écrite  par  son  neveu,  Fausto  Verancic 
(M.  (1.  Kovacliicli,  Scriploics  reruin  huii'juricurtiin  minores,  I,  1798, 
pp.  191-201. 


XXXI.  —    PIERRE   GENTIL.  73 

mano  ||  Imperatore  de  Turchi,  venuta  H  sopra  llsola  di  Malta 
Il  l'Aiino  1565.  ||  Co"l  nome  delli  valorosi  Cauallieri  raorti  11 
nella  difesa  di  detta  Isola.  S.  l.  n.  d.  [v.  1566],  in-S  de  56  ff. 
non  chiffr.  de  28  lignes  à  la  page,  car.  ital.,  sign.  A-G. 

Le  titre  porte  les  armes  du  grand-maître  de  Malte. 

Les  ff.  A2  -  A5  contiennent  une  épîire  «  AUo  illustrée 
révérend,  signore,  il  signor  Antonio  Verantio,  vescovo 
d'Agria  »,  signée  :  Marino  Fracasso  ;  puis  un  sonnet  a  Al 
medesimo  >. 

Marino  fait  preuve  d'une  singulière  impudence  dans  sa 
dédicace,  dont  voici  le  début  : 

«  Le  rare  et  eccellenli  qualità  del  nobilissimo  animo  vostro, 
monsignor  mio,  le  quali  non  pure  invitano,  ma  dolcemente 
sforzano  ogn'  anima  gentile  che  riverirvi,  accompagnate  dal 
desiderio  ineredibile  ch'  ho  di  sodisfar  iu  qualche  parte  ail' 
obligo  infinito  ch'io  porto  alla  corlesissima  e  real  nalura 
vostra,  hanno  potulo  tanlo  in  me  che  dopo  l'haver  io  lungo 
tempo  considerato  il  modo  con  che  potessi  mostrarmivi  graio, 
finalmente  mi  è  caduto  in  pensiero  di  raccorre  con  fedeltà  le 
cose  più  notabili  délia  guerra  nei  mesi  adietro  fatta  sotto  la 
città  di  Malta,  e  quelle  raccolte  consacrare  ail'  immortal  nome 
di  V.  S.  Reverendissima,  dal  cui  splendore  ricevessero  luine 
et  ornamento.  Ne  mi  ha  potuto  di  quest'  animo  levare  la 
bassezza  del  dono  rispetto  a  gli  alli  meriti  vostri » 

Les  deux  derniers  ff.  contiennent  la  liste  des  chevaliers 
tués  pendant  le  siège. 

Biblioth.  nal.,  Inv.  K.  9367  (exempl.  incomplet  du  dernier  f.). 

Dans  l'édition  suivante,  le  nom  de  Pierre  Gentil  est  rétabli, 
mais  les  vers  de  Fracasso  sont  conservés,  avec  addition  de 
quelques  autres  : 

d.  —  Délia  II  Historia  11  di  Malta,  11  et  Successo  délia 
Guerra  II  seguita  tra  quei  Religiosissimi  Cauallieri,  Il  >5c  il  poten- 
lissimo  gran  Turcho  Sulthan  11  Solimano,  Tanno.  Il  MDLXV.  || 
Con  la  descrittione  délia  Isola  à  alcuni  sonetti  agionti.  S.  L 
u.  d.  [45667J,  in-8  de  56  ff.  non  chiffr.  de  28  lignes  à  la  page, 
car.  ital.,  sign.  A-C. 


74  XXXI.   —    PIERRE   GENTIL. 

Le  litre  porte  les  armes  du  grand-maître  Jean  de  La  Valette. 
Ces  armes  sont  écartelées  ;  les  l^"'  et  4'^  quartiers  sont  de 
Malte  ;  les  2e  et  3%  qui  sont  très  mal  figurés,  nous  font  voir 
une  sorte  d'oiseau  sur  un  champ  uni  (ce  devrait  être  un  ger- 
faut d'or  sur  fond  de  gueules). 

Au  vo  du  titre  est  un  premier  sonnet  : 

A  gli  illuslrl  cavalieri,  etc. 
Quai  lingua  canterà  si  degna  hisloria. . . 

Le  f.  aïj  contient  l'épître  de  «  Pietro  Gentile  di  Vendôme  » 
au  cardinal  de  Ferrare. 
Au  f.  aiij  r»  est  le  sonnet  de  Marino  Fracasso  : 

Spirito  divin  qua  giù  sceso  fra  noi. . . 

Marino  avait  adressé  ses  vers  à  Verancic  ;  mais  ici  les  mots 
«  Al  medesimo  »  se  trouvent  désigner  le  cardinal  de  Ferrare. 

Au  V*  du  f.  aàj"estune  Brève  Discrittione  deV  isola  di  Malta, 
etc.,  suivie  (fol.  aiiij  r")  d'un  troisième  sonnet  : 

Questa  è  la  sacra  e  gloriosa  terra. . . 

Le  texte  de  Gentil  commence  au  vo  du  f.  aiiij. 
Les  2  derniers  ff.   sont  occupés  par  la  liste  des  chevaliers 
tués  pendant  le  siège. 
Biblioth.  nat.,  Inv.  K.  9366. 

Il  existe  encore  au  moins  deux  éditions  de  VHisloria  di 
Malta  imprimées  s.  \.  n.  d.,  mais  vers  1566.  Le  Catalogue  du 
British  Muséum  en  indique  en  effet  trois  qui  sont  conservées 
sous  les  cotes  1193.  d.  19;  —  171.  b.  23  ;  —  G.  15194. 

Notons  encore  que  l'ouvrage  de  Pierre  Gentil  a  été  repro- 
duit par  Francesco  Sansovino  dans  son  Hisloria  irniversale 
deir  origine  et  imperio  de  Turcln,  1572,  1582,  1600'.  Le 
compilateur  a  supprimé  les  pièces  liminaires  et  la  liste  des 


1 .  Kous  n'avons  vu  que  l'édiliou  di;  «  Viiiegia,  presso  Altobello  Salicato  », 
1582,  in-4,  fol.  413  V"-438  r".  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Rés.  J.  1757.) 


XXXI.  —   PIERRE   GENTIL.  75 

chevaliers  tués  pendant  le  siège,  mais  il  a  laissé  subsister  le 
nom  de  l'auteur. 

Le  siège  de  Malte  n'avait  pas  seulement  intéressé  l'Italie; 
la  France  en  avait  suivi  les  péripéties  avec  une  anxiété  peut- 
être  plus  grande  encore,  non  seulement  parce  que  beaucoup 
de  chevaliers  français  avaient  pris  part  à  la  défense  de  l'île, 
mais  parce  que  Théroïsme  du  grand-maître  Jean  de  La  Valette 
flattait  l'orgueil  national.  L'ouvrage  de  Gentil  eut  en  consé- 
quence les  honneurs  d'une  traduction  française,  augmentée 
de  diverses  pièces  relatives  aux  événements  de  l'année  150(j. 
Nous  ignorons  si  l'auteur  eut  part  à  cette  nouvelle  publication. 
Voici  la  description  du  volume  français  : 

Deux  11  véritables  11  Discours,  l'vn  con-  ||  tenant  le  faict 
entier  de  ||  toute  Ja  guerre  de  Malte,  &  l'autre  declai-  Il  rant  au 
vray  les  choses  exploictées,  tant  en  II  l'armée  de  l'Empereur, 
qu'en  celle  du  Turq  11  c^  Vayuode,  au  pays  de  Hongrie,  11  k 
lieux  circonuoysins.  Il  Auec  le  pourtraict  de  la  ville  k  forte- 
resse de  Sygetz  [sic],  Il  située  audict  pays  de  Hongrie,  ||  êc 
prinse  d'icelle,  ||  depuis  peu  de  temps,  par  ledict  Turq.  || 
A  Paris,  ||  Pour  lacques  du  Pvys,  marchant  Li-  \\  braire  lurê 
de  rVniuersilé,  demourant  \\  à  renseigne  de  la  Samaritaine,  Il 
rue  Sninct  Jeun  de  Lalran.  \\  1567.  ||  Auec  Priuilege  du  Roy. 
—  [Au  v°  du  dernier  f.]  :  Fin.  ||  Imprimé  à  Paris,  par  Nicolas 
du  Che-  Il  min,  pour  lacques  du  Pays,  Libraire  11  luré  de  l'Vni- 
uersilé,  le  vingt-deuxies  \\  me  iour  de  lanuier,  Mil  cinq  11  cens 
soixante  sept.  \\  Auec  priuilege  du  Roy.  In-8  de  88  iï.  non 
chiffr.,  sign.  A-Y  par  4,  plus  une  fig.  après  le  f.  Xiij. 

Au  v°  du  titre  est  un  extrait  du  privilège  accordé  à  Jacques 
Du  Puys  pour  six  ans,  le  M  décembre  1S6G. 

L'épître  dédicatoire  occupe  le  f.  Aij. 

La  traduction  du  TratLato  se  termine  au  fol.  Rij.  Au  fol. 
Riij  est  un  nouveau  titre  ainsi  conçu  : 

Autre  11  Discours  ||  véritable,  conte- 1|  nant  certains  récits  & 
aduertissemens  de  ||  tout  ce  qu'il  c'est  [sic]  fait  et  passé  tant 
en  l'arll  mée  de  l'Empereur,  qu'en  celle  du  Turcq,  !|  au  pays 


76  XXXI.   —   PIERRE    GENTIL. 

de  Hongrie  &  lieux  circonuoisins,  ||  depuis  le  vingt-deuxies- 
me  iour  11  d'Aoust,  M.  D.  LXVl.  iusques  ||  à  présent.  ||  Ensem- 
ble le  pouriraict  &  nar-  |1  ration  de  la  prinse  de  la  ville  ||  de 
Sygetz,  par  le- 1|  dict  Turq. 

Les  pièces  réunies  dans  cette  seconde  partie  doivent  être 
également  traduites  de  l'italien.  Nous  en  donnerons  les  titres  : 

1°  Récit  véritable  des  choses  advenues  en  l'armée  chrestienne, 
soubz  la  conduite  de  V Empereur,  contre  les  Turqs,  depuis  levingt- 
deucciesme  d'aoust  dernier  passé, jusqucs  au  9.  de  septembre  1566. 

2"  (fol.  Tij  v'^J  A  ulre  Récit  de  plusieurs  choses  qui  se  sont  faictes 
en  la  guerre  contre  ledict  Turq  par  la  Majesté  Imperialle,  en  ses 
terres  et  pays  de  Hongrie,  en  ceste  année  1566 . 

3°  (fol.  Vij)  Récit  véritable  de  tout  ce  qui  s'est  fait  es  pays  de 
Zips  contre  les  Turqs  par  Lazarus  de  Schwendy,  chevalier  et 
colonnel  pour  la  Majesté  hnperiaUe  esdicts  lieux,  depuis  le  xxx. 
d^aoust  4566. 

4°  (fol.  V^iiij  vu)  Nouvelles  envoyées  de  Vienne  en  Austriche 
audict  moys  d'aoust  1566,  faisans  mention  des  choses  advenues 
devant  la  ville  et  place  de  Juki  appartenant  à  la  Majesté  impériale. 

5°  (fol.  Xiiij)  Briefvc  Narration  de  la  prinse  de  Sygetz. 

6"  (fol.  Vij)  Aullre  Advertissement  véritable  par  lettres  envoyées 
à  Romme,  tant  du  camp  de  l'Empereur  que  de  la  ville  de  Vienne, 

Biblioth.  nat.,  K.  3603  (3).  —  Gat.  Gh.  Schefer,  1899,  1^*  par- 
tie, n»  799. 

Après  avoir  fait  connaître  les  diverses  éditions  de  la  relation 
de  Pierre  Gentil,  nous  revenons  à  notre  auteur  et  nous  repro- 
duisons l'épitre  dont  il  a  fait  précéder  son  ouvrage.  Nous 
joindrons  au  texte  original  la  traduction  française  imprimée 
en  1507  : 

«  AU'  illustrissimo   et  rêve-  a  A  trcs-illuslre  et  tres-reve- 

rendissimo    monsignore   Ilip-  rend    seigneur,     monseigneur 

poliùo    da   Este,    cardinal    di  llippolite  d'Esté,  cardinal  de 

Ferrara.  Ferrare. 

«La  commodità,  illustris-  «Monseigneur  tres-illustre, 

simo   monsignore,    ch'io   ho  La  commodité  que  j'ay  eue, 

havuta,    trovandonii   (|ui    al  me  trouvant  icy  au  service  de 

servitiodeir  illustre  S.  ambas-  l'illustre   seigneur,    l'ambas- 


XXXI.  —   PIERRE   GENTIL. 


77 


ciatore  Cambiano  ',  di  poter 
giornalmente  intendere  le 
cose  deir  assedio  di  Malta,  il 
desiderio  grande  che  si  vedeva 
universalmente  di  haverne 
notitia,  il  buon  animo  et  zelo 
grandissimo  che  veramente 
era  et  s'é  conosciuio  in  tanti 
signori  et  gentilliuomini,  et 
particolarmente  in  molli  délia 
nobilissima  città  di  Ferrava,  i 
quali,  abbandonata  la  loro 
patria  et  prezzando  ogni  peri- 
colo,  si  sono  mossi  per  soc- 
correre  questa  illustre  reli- 
gione,  propugnacolo  et  guar- 
dia  di  tutto  questo  mare 
Mediterraneo  et  délia  chris- 
tianità,  et  finalmente  la  con- 
sideratione  délie  diflese  ga- 
gliarde  et  fatti  cosi  egregii 
deir  illustrissimo  etvalentis- 
simo  signor  gran  maestro 
Valetta  et  di  tntta  quella  sua 
generosa  militia,  che  con 
efTetto  ha  mostro  non  esser 
punto  inferiore  ail'  antica, 
poichè  contra  un'  essercito  si 
potenie  si  sono  tanto  animo- 
samente  difesi  et  guardati, 
accese  in  me  voglia,  come 
cosa  memorabile  et  degna 
d'esser  celebrala,  di  breve- 
mente  raccoglierela  maggior 
parle  di  quanto  era  seguito 
dal  principio  al  fine  in  questo 


sadeurCambianoS  de  pouvoir 
journellement  entendre  les 
choses  advenues  durant  le 
siège  de  Malte,  avec  le  grand 
plaisir  que  j'ay  veu  qu'on 
avoit  universellement  d'en 
sçavoir  la  vérité,  et  mesme- 
ment  congnoissant  le  bon 
cueur  et  grand  zèle  qui  a  esté 
et  s'est  monstre  en  tant  de  sei- 
gneurs et  genlilz-hommes,  et 
particulièrement  en  plusieurs 
de  la  tres-noble  cité  de  Fer- 
rare,  lesquelz.  ayant  aban- 
donné leur  pays  et  mesprisé 
tout  péril,  se  sont  mis  en 
peine  de  secourii'ceste  illustre 
religion,  rempar  et  deflense 
de  toute  la  mer  Méditerranée 
et  de  la  chrestienté  :  et  encore 
considérant  finalement  les 
courageuses  résistances  et 
vaillans  faictz  d'armes  du 
tres-illustre  et  Ires-preux  sei- 
gneur, le  grand  maisire  Va- 
lette et  de  toute  sa  généreuse 
corapaignie  de  guerre,  qui 
par  effect  a  monstre  qu'elle 
n'est  point  inférieure  à  l'an- 
tique discipline  militaire, 
puisqu'ilz  se  sont  tant  ma- 
gnanimement deffendus  et 
gardez  contre  un  si  puissant 
exercite,  m'a  faict  prendre 
envie,  comme  estant  cas  mé- 
morable et  digne  d'estre  cele- 


1.  11  s'agit  de  Giuseppe  Cambiano,  à  qui  est  ailressée  une  lettre  d'Annibal 
Caro,  datée  du  6  avril  1558  (Lettere  familiari  del  comm.  Annibal  Caro, 
ili'Z,  H.  p.  159).  Cambiano  était  alors  a  recipitor  délia  Religione  a  Roma  ». 


78 


PIERRE    GENTIL. 


assedio.  Poi,  pregato  da  molti 
di  communicare  col  mezo 
délia  stampa  quel  tanto  che 
ne  havea  scritio,  et  conos- 
cendo  in  me  non  esser  alcun 
lume  d'eloquenza,  et  che 
bisognerebbe  altre  forze  che 
non  sono  le  mie  a  descrivere 
degnamente  cose  tanto  impor- 
tant!, non  haverei  mai  havuto 
ardire  di  farlo  se  da  molti 
honoratissimi  gentilhuomini 
non  mi  fosse  accertato  ch'io 
potrei  in  questo  far  cosa  grata 
a  V.  S.  illustriss.  et  reveren- 
diss. .  la  quale,  pigliandosi 
grandissimo  piacere  dalle 
historié,  é  solita  di  ricercare 
più  in  esse  la  pura  et  seraplice 
verilà  del  fatto  che  l'elo- 
quenza  di  chi  lo  scrive.  E 
perciochè  in  questa  parte  mi 
dà  l'animo  di  poter  sodisfarle, 
non  havendo  scritto  cosa 
alcuna ch'io  non  habbia  intesa 
con  ogni  diligenza  da  huo- 
mini  dignissimi  di  fede,  ho 
presoanimodipublicarquesta 
mia  fatica  et  dedicargliela. 
La  prego  adunque  mi  faccia 
gratia  di  riceverla  con  la  sua 
solita  benignità  et  pigliarne 
la  protettione,  et  tenermi  nel 
numéro  de'  suoi  humilissiini 
et  devotissimi  servitori.  Di 
Roma,  alli  4  di  décembre  1365. 


bré,  de  recueillir  briefvement 
la  plus  grande  partie  de  tout 
ce  qui  s'est  ensuivy  dès  le 
commencement  jusques  à  la 
fin  de  ce  siège.  Depuis,  estant 
prié  par  plusieurs  person- 
nages de  communiquer  eu 
public  moyennant  l'impres- 
sion ce  que  j'en  ay  reduict 
par  escrit,  et  congnoissant 
n'y  avoir  eu  moy  aucune 
lumière  d'éloquence,  et  qu'il 
faudroit  autre  suffisance  que 
la  mienne  à  descrire  digne- 
ment choses  de  telle  impor- 
tance, je  n'eusse  jamais  pris 
la  hardiesse  de  le  publier  si 
beaucoup  de  tres-honorables 
gentilz-hommes  ne  m'eussent 
acertené  qu'en  ce  faisant  je 
pourroye  présenter  chose 
agréable  à  vostre  illustris- 
sime et  reverendissime  sei- 
gneurie ,  laquelle ,  prenant 
très-grand  plaisir  à  la  lecture 
des  histoires,  a  ceste  bonne 
coustume  de  rechercher  plus 
en  icelles  la  pure  et  simple 
vérité  des  choses  y  racomp- 
tées  que  non  pas  l'éloquence 
de  celuy  qui  les  escrit;  de  sorte 
que,  pour  cest  esgard,  j'ai 
pris  espoir  de  vous  pouvoir 
satisfaire  en  publiant  ce  mien 
labeur  et  le  vous  dédiant, 
veu  que  je  n'ay  escript  chose 
aucune  que  je  n'aye  entendue 
avec  toute  diligence  par  la 
bouche  de  personnes  tres- 
dignes  de  foy.  Je  vous  prie 


XXXI. 


PIERRE   GENTIL. 


79 


donc  de  me  faire  tant  de  grâce 
que  de  le  recevoir  selon  vostre 
accousturaée  bénignité  et  en 
prendre  la  protection,  me 
tenant  au  nombre  de  vos  tres- 
humbles  et  tres-devotz  servi- 
teurs. De  Romme,  le  qua- 
trième jour  de  décembre  mil 
cinq  cens  soixante-cinq. 


«  Di  V.  S.  illustriss.  et 
reverendiss.  humilissimo  ser- 
vi tore  : 

«  PiETRO  Gentile, 

di  Vendôme.  » 


«  Le  tres-humble  serviteur 
de  votre  illustrissime  et  reve- 
rendissime  seigneurie  : 

«  Pierre  Gentil, 

de  Vendosme.  » 


XXXII 


ANTOINE   VALET 


«  Antoine  Valet,  dit  Valetiiis,  docteur  en  médecine  à  Paris, 
natif  de  S.  Junian  en  Lymosin,  homme  docte  es  langues.  Il  a 
traduit  quelques  livres  de  grec,  latin,  italien  et  autres  langues 
en  la  nostre.  Il  florissoit  à  Paris  l'an  io70.  Je  feray  mention 
de  ses  escrits  latins  autre  part.  »  Tel  est  l'article  que  La  Croix 
du  Maine  a  consacré  à  l'auteur  dont  nous  voulons  dire  quelques 
mots  K 

M.  Clément-Simon  nous  apprend  qu'il  était  né  entre  1530 
et  1540  d'Antoine  Valet  et  de  Catherine  Devoyon.  Il  fit, 
semble-t-il,  ses  études  médicales  aux  frais  de  son  compatriote, 
frère  Jacques  Hugues,  ou  Hugonis,  docteur  en  théologie  et 
prédicateur  du  roi.  En  quittant  les  écoles  de  Paris,  il  s'établit 
à  Saint-Junien  ;  mais,  ne  s'y  trouvant  pas  apprécié,  il  prit  le 
parti  de  se  fixera  Bordeaux,  où  l'appelaient  des  amis  influents, 
en  particulier  le  médecin  de  la  ville,  Martial  Des  Champs.  A 
Bordeaux,  Valet  se  fit  honorablement  connaître  ;  il  y  fit  même 
un  cours  de  médecine.  Ce  fut  là  qu'il  mourut  en  1607 -. 

Nous  avouons  ne  pas  connaître  les  traductions  dont  parle 
La  Croix  du  Maine,  et  nous  nous  demandons  s'il  n'a  pas  fait 


1.  Premier  Volume  de  la  Bibliothèque  du  sieur  de  La  Croix  du  Maine, 
1585,  p.  22  ;  éd.  Rigoley  de  Juviguy,  I,  p.  54.  —  La  Croix  du  Maine  dit 
ailleurs  (II,  p.  "203)  que  Valet  fut  un  des  maîtres  d'Odet  de  Tournebu. 

2.  Curiosilés  de  la  bibliographie  limousine,  par  un  bibliophile  corrézien 
(Limoges,  Ducourtieux  et  Goût.  1905,  in-8),  pp.  203-211. 

II.  -  6. 


82  XXXII.  —   ANTOINE   YALET. 

quelque  confusion  Les  ouvrages  de  Valet  dont  nous  avons  pu 
constater  l'existence  sont  les  suivants  : 

1.  J.  Hollerii  de  morboruni  internorum  curatione  Liber  I. 
illustratus  eruditissimis  Lud.  Dureti  adversariis,  opéra  A. 
Valetii  selectis.  Pa7isiis,  1562.  In-8. 

Biblioth.  nat.,  Td-^»-  31.  —  Brilish  Muséum,  773.  a.  4. 
Réimprimé  :  Parisiis,  J.  Macaeiis,  lo67,  in-8  (Biblioth.  de 
Bordeaux,  Se.  et  A.  5722  . 

Les  annotations  de  Valet  ont  donné  lieu  à  une  réfutation  de 
Kaspar  Wolf  :  C.  Gesneri  Evomjmus.  Pars  secmida. . .  opéra 
C.  Wolphii  in  lucem  édita.  Accessit  ejusdem  de  edilione  Viatici 
novi  ad  tltubantem  A.  Valelil  Jun.  lingmim  Responsio.  Tiguri, 
Chr.  Froscbawer,  1569.  In-8.  (Biblioth.  de  Zurich  ;  British 
Muséum,  1031,  c.  5.) 

2.  Heroidisillustrissimae  Magdalenes  Hannibaldae  Tumulus, 
graeca,  latina  et  gallica  dialexi  consignatns.  Parisiis,  apud 
viauam  Tliomae  Bichardi,  1508.  ln-4.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Yb. 
439). 

Ce  Tombeau,  consacré  à  Madeleine  d'Annebaut,  veuve,  en 
premières  noces,  de  Gabriel,  marquis  de  Saluées,  et  femme, 
en  secondes  noces,  de  Jacques  de  Silly,  comte  de  Rocliefort, 
etc.,  contient  un  distique  hébraïque  de  Guillaume  Postel, 
et  une  pièce  française  de  Guy  Le  Fèvre  de  La  Boderie. 

3.  Antoniis  Valetii  Lemovicensis  Gallia  triumphans.  Gui 
accessit  Elegia  in  tristiss,  D.  Timoleontis  Cossaei  Brissaci 
comitis  obitum.  Parisiis,  apud  Dionysium  aPralo,  1569.  In-4. 

Du  Verdier,  éd.  Rigoley  de  Juvigny,  IV,  p.  24. 

4.  Chant  triomphal  sur  la  victoire  obtenue  par  le  roy  à 
rencontre  des  rebelles  et  ennemys  de  sa  Majesté.  Premièrement 
faict  en  françoys  et  depuis  mis  en  latin  par  Antoine  Valet, 
médecin.  A  Paris,  chez  Gervais  Mallot,  1569.  In-4. 


XXXII.  —   ANTOIKE    VALET.  83 

Cat.  Rothschild,  I,  n°  730. 

Réimprimé  :  A  Paris,  chez  Gervais  Mallol,  1571,  in-4 
(Biblioth.  nat.  Inv.,  Yc.  1759)  et  1572,  in-4  (Gat.  Tandeau  de 
Marsac,  4^  partie,  1897,  n°  472). 

5.  Épigramme  latine  dans  le  Discours  panégyrique  de 
Nicolas  Ellain,  1510,  fol.  Biij,  reproduite  dans  les  OEuvres 
poétiques  françaises  de  Nicolas  Ellain,  publiées  par  Ach.  Geniy, 
1861,  in-16,  p.  88. 

6.  Élégie  latine,  composée  de  treize  distiques,  dans  le 
Tumulus  amplissimi  viri  D.  Aegidii  Burdini,  regii  juris  in 
suprema  curia  cognitoris,  etc..  Le  Tombeau  de  tresexcellentper- 
sonage  messire  Gilles  Bourdin...,  par  François  d^Amboise, 
Parisien  (Paris,  Denis  Du  Pré,  1570,  io-4j.  fol.  B  i  w. 

Celte  pièce  est  accompagnée  d'une  traduction  en  vers  fran- 
çais par  François  d'Amboise.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Yc.   2209.) 

7.  Antonii  Valetii  Oratio  in  scholis  medicorum  ante  licen- 
tiatum  habita . . .  Parisiis,  apud  Joaunem  de  Bordeaux,  1570. 
ln-8.  (Biblioth.  nat.,  T«-  208.) 

Ce  discours,  dédié  à  frère  Jacques  Hugonis,  est  le  plus 
curieux  des  ouvrages  de  Valet  à  cause  de  tous  les  noms  de 
médecins  qui  y  sont  cités. 

8.  Une  épigramme  latine  :  In  iragici  poematis  interpretem, 
que  nous  ne  savons  à  qui  appliquer,  et  dont  nous  ignorons  la 
date  précise. 

Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  22  564,  II,  fol.  80. 

9.  Jac.  Hollerii  de  morbis  internis  Libri  II,  illustrati. .. 
ejusdem  authoris  scholiis...  deinde  A.  Valetii. . .  exercita- 
tionibus  luculentis ...  Ejusdem  Hollerii  de  febribus,  de  peste ... 
Quae  omnia  A.  Valetii  opéra  ductiora  et  castigatoria  in  lucem 
prodeunt.  Parisiis,  C.  Mocaeus,  1571.  ln-8  (Biblioth.  nat., 
Td3o-  32.  —  Brilish  Muséum,  5-45.  c.  -4.) 


84  XXXII.   —    ANTOINE   VALKT. 

Ces  divers  ouvrages  ont  été  réimprimés  avec  les  Opéra 
omnia  de  Jacques  Houllier  Genevae,  1623,  in-4  ;  Parisiis, 
1635,  in-4,  et  1664.  in-fol.;. 

10.  SouQet  français  et  épigramme  latine  à  la  suite  de 
ÏEncyclie  de  Guy  Le  Fèvre  de  La  Boderie,  1571.  Yoy.  Cat. 
Rothschild,  I,  ir  733. 

11.  Tumbeau  de  Jean  de  Voyer,  vicomte  de  Paulmy,  etc., 
1571.  (Nous  parlons  plus  loin  de  ce  recueil.) 

12.  Vers  latins  en  tète  de  la  Prosopographie  d'Antoine  Du 
Verdier,  1573. 

13.  Deux  épigrammes  latines  et  une  épigramme  grecque  en 
tête  des  Ausonii  Opéra  (Burdigalae,  S.  Millangius.  1580.  1590 
et  1604.  in-4). 

14.  Pièce  latine  adressée  à  Henri  III,  en  tète  des  Premières 
OEuvres poëligues  de  Joachiiu  Blanchon  (à  Paris,  pour  Thomas 
Perier,  1583,  in-8),  fol.  àij. 

Blanchon  éiail  Limousin  comme  Valet.  On  trouve  dans  le 
même  recueil  (fol.  281  [Usez  284])  un  sonnet  adressé  par  lui  à 
Valet. 

15.  Osteologia,  seu  ossiuni  liumani  corporis  Descriptio,  Ant. 
Valetio,  medico  burdigalensi,  aulhore. 

Poème  manuscrit  ajouté  à  un  exemplaire  de  VOsleologia 
corporis  humani,  du  Limousin  David  Chabodie  Burdigalae, 
ap.  S.  Millangium,  1591,  in-8i,  exemplaire  qui  a  figuré,  en 
1887.  à  la  vente  Bosvieux   Cal.,  n»  319). 

Les  poésies  latines  de  Jean  Dorât  recueillies  en  158G  con- 
tiennent plusieurs  pièces  intéressantes  pour  la  biographie  de 
Valet.  Dorât  nous  fait  connaître  les  relations  d'amitié  qui 
existèrent  entre  Martial  Des  Champs,  Élie  Vinet  et  le  médecin 
limousin'.  Ailleurs,  il  fait  allusion  au  vol  commis  par  Wolf^; 


1.  Joannis  Aurati  Poi'mutifi.  1586,  pp.  153-158. 

2.  JouiuHs  Aurati  Eptyraiiimata,  1586,  p.  75  (cutée  99).  —  Il  s'agit 
du  Kaspar  Wolf  qui  avail  attaqué  Valet  en  1569. 


XXXII     —    ANTOINE    VALET.  60 

puis  il  parle  du  portrait  de  Valet,  et  lui  adresse  même  un 
distique  grec  ' . 

Dans  la  bibliographie  sommaire  que  nous  venons  de  donner, 
un  seul  article,  le  n»  10,  doit  nous  arrêter  ici.  En  voici  la  des- 
cription : 

Le  Tumbeau  de  II  Tres-Hault  et  Paissant  Sei-  Il  gneur,  Messire 
lean  de  Voyer.  Il  Cheualier  de  l'Ordre  du  Roy,  et  II  Gentil- 
homme ordinaire  de  sa  II  chambre,  Viconte  de  Paulmy  et  ||  de 
la  Roche  de  Gennes,  Seigneur  II  d'Argenson,  la  Railloliere,  Il 
le  Plessis,  Cha-  ||  stre,  &c.  ||  En  plusieurs  langues.  || 

Dux,  Legatus,  Eques,  fudit,  sociauit,  adauxit,  1| 
Hostes,  Hispanos,  titulos,  vi,  fœdere,  fama.  jj 
Anto.  Valelius  M.  P.  |1 

LiiteUse,  M.    D.  LXXI   [I571J.   \\  Apud  loannem  Bene-nalum. 
In- 4  de  42  pp.  et  1  f ,  car.  ital. 

Le  titre  porte  une  marque  que  Silvestre  n»  619  n'attribue 
qu'à  Robert  I"  Estienne.  —  Au  v°  du  titre  sont  les  armes  du 
défunt,  surmontées  de  la  devise  :  Vis  et  pnidentia  vincimt,  et 
accompagnées  de  cinq  vers  hexamètres  latins  d'Antoine  Valet. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Yc.  1738.  —  Biblioth.  de  l'Arsenal,  B.-L. 
9098  (exemplaire  précédé  d'une  longue  dédicace  manuscrite 
du  libraire  Gabriel  Martin  à  Marc-René  de  Voyer  de  Paulmy, 
marquis  d'Argenson). 

Les  auteurs  qui  ont  fourni  des  poésies  au  recueil  sont  ;  Jean 
Dorât,  Antoine  Valet,  Pierre  de  La  Roche,  Claude  Nouvelet, 
Guillaume  Postel,  Estienne  Jodellje,  Tamisier,  G.  Calvimont  et 
Sebastiano  Buonaccorsi,  de  Pistoia. 

Le  volume  contient  trois  pièces  italiennes.  La  première  est 
la  traduction  d'un  poème  composé  par  Antoine  Valel  en  grec, 
et  mis  par  lui-même  en  latin  : 

1.  Ibid.,  p.  76.  "" 


86  XXXII.    —    ANTOINE    VALET. 

O-KAo^uoûOic;  TJVE'jv.'rTx;  to:;  -TOÀsaoÏT'.v  oaiÀo;;... 
Qui  quondain  armigeras  rapiebat  in  agmina  turmas... 

Valet  a  laissé  à  Pierre  de  La  Roche,  Saintongeois,  le  soin  de 
rendre  l'épitapheen  vers  français  ;  mais  il  a  peut-être  composé 
lui-même  la  traduction  italienne.  On  lit  en  tête  de  cette  der- 
nière version  :  //  medesimo  Epilafio  tradotlo  del  latino  d'Anto- 
nio Valeto.  Ces  mots  n'indiquent  pas  que  Valet  ait  écrit  les 
strophes  italiennes  ;  cependant,  comme  on  lit  à  la  fin  :  Anto- 
nius  Valetius  Junianensis^  D.  M.,  Joannis  Voieri  hoc  p.  monii- 
menlum,  il  est  difficile  de  ne  pas  les  lui  attribuer. 

L'épitaphe  se  compose  de  six  octaves,  dont  nous  reprodui- 
sons seulement  les  trois  premières  : 

Quel  cb'a  nessun  ne  l'aruie  inferiore, 
Su  l'animoso  suc  fido  destriero 
Condusse  già  con  intrepido  core 
L'armate  tonne  conira  l'ost'  ibero, 
Mostrando  in  modo  l'allo  suo  valore, 
Con  danno  del  nemico  ardilo  e  fiero, 
Cb'a  suoi  diè  vittoria,  alti  conforli 
Fra  mille  grand  perigli  e  mille  morli  ; 

Di  cui  la  saggia  e  valorosa  inano, 
Fra  dardi,  spade,  lancie  e  feno  e  foco 
Le  squadre  avverse  riversando  al  piano, 
Pugna  facea  da  non  pigliar  da  gioco, 
Onde  n'bavesse  il  cavalier  sovrano 
Di  famoso  trionfo  onor  non  poco, 
E  far  poiesse  udir,  com'egli  tauto 
Bramava,  a  Taltra  génie  il  nome  santo, 

Dopo  l'haver  con  tanto  suo  sudore, 
S'aspre  faticbe  superate  e  dôme, 
Per  defender  il  regno  e'I  suo  signore, 
Lit  cara  palria,  e'I  sacro  sancto  nome, 
Slane'  oramai  de  martial  furore 
E  de  le  gravi  de  la  corte  some, 
A'  patrij  albergbi,  a  la  sua  casa  altéra, 
Fatta  la  pace.  ritirato  s'era'. . . 

1 .  TuDibeau,  pp.  8-9. 


XXXII.   —    ANTOINE   VALET.  87 

Voici  le  début  de  la  seconde  pièce  : 

Canzo7i  nella  morte  deW  illustre  signor, 
il  signor  Giovanni  di  Voyer. 

Lascia,  ti  prego,  deh  !  laseia,  Talia, 
L'usato  suon  de  la  cornuta  ceira, 

E  con  la  benda  tetra 
Lega  la  trista  tua  turbata  fronte, 
E  meco  insieme,  con  dogliosa  e  pia 
Voce,  piangendo  di  pietade,  spelra 

Ogni  più  dura  pielra 
E  de  gli  occhi  facendo  un  vivo  fonte, 
Mostra  quant'hai  le  voglie  al  dolor  pronte. 
Mort'è  la  fama  tua,  mort'è  l'onore 

Del  Pegaseo  liquore, 
Ghe  queJla  clie  co'l  termine  prescritlo 
Rompe'l  stame  vital  d'ogni  mortale, 

Ha  di  Voyer  invitto 
Levato  fuor  di  questa  spoglia  fraie. 

La  Canziine  compte  cinq  strophes  de  même  mesure  et  une 
queue  de  7  vers  ;  elle  n'est  accompagnée  d'aucune  indication 
qui  nous  en  fasse  connaître  l'auteur.  Elle  est  certainement 
d'une  meilleure  langue  que  l'épitaphe;  aussi  ne  pouvons-nous 
penser  à  l'attribuer  à  Valet.  Il  est  probable  quelle  est  l'œuvre 
de  Sebastiano  Buonaccorsi.  gentilhomme  de  Pistoja,  comme 
le  sonnet  dont  elle  n'est  séparée  que  par  deux  épigrarames 
latines. 

Voici  le  début  du  sonnet  : 

Morte  el  Voyer,  ah  ben  uostro  fugace  ! 
Francia  infelice,  bor  si  che  di  dolore 
Colmar  ti  dei  ch'el  tuo  pregio  maggiore 
Seco  sotterra  in  poco  spatio  jace. 

Que  faisait  en  France  Sebastiano  Buonaccorsi  ?  Nous  l'igno- 
rons. C'était  peut-être  le  secrétaire  de  quelque  grand  seigneur. 
Il  est  probable  qu'il  appartenait  à  la  famille  de  Buonaccorso 


88  XXXII.    —   ANTOINE   VALET. 

de  Pistoia  et  du  jurisconsulte  Giovanni  Buonaccorsi.  Les 
Buonacorsi  établis  à  Lyon  et  le  trésorier  de  Provence  Giuliano 
Buonacorsi  étaient  au  contraire  d  origine  florentine. 


XXXIII 
FRANÇOIS   DE   BELLEFOREST 


François  de  Belleforest  est  l'un  des  plus  féconds,  mais  aussi 
l'un  des  plus  médiocres  auteurs  du  xvi«  siècle.  Les  traits  prin- 
cipaux de  sa  vie  sont  connus,  grâce  à  La  Croix  du  Maine  '  et 
à  Du  Verdier-,  et  nous  nous  bornerons  à  les  résumer  en 
quelques  mots. 

François  naquit  au  mois  de  novembre  1530,  près  de  Sama- 
tan,  dans  le  comté  de  Comminges.  Son  père,  qui  avait  passé  sa 
vie  à  faire  la  guerre,  mourut  en  1537  ou  1538,  ne  lui  laissant 
aucune  fortune.  Sa  mère  le  fit  étudier  comme  elle  put  dans  sa 
petite  ville,  puis  réussit  à  le  faire  admettre  dans  la  maison  de 
Marguerite  d'Angoulème.  Il  ne  demeura  pas  longtemps  chez 
la  reine  de  Navarre,  mais  contmua  ses  études  à  Bordeaux,  à 
Toulouse  et  à  Paris.  Nous  ignorons  s'il  visita  les  pays  étran- 
gers ;  il  est  probable  qu'il  ne  put  jamais  voyager.  Sa  vie 
s'écoula  presque  tout  entière  à  Paris,  où  il  trouva  dans  sa 
plume  les  moyens  de  soutenir  sa  famille.  Il  obtint  le  titre 
d'historiographe  de  France  ;  mais  la  faiblesse  de  ses  ouvrages 
historiques  ne  lui  permit  pas  de  le  conserver.  Il  travailla  sans 
relâche  à  des  compilations  ou  à  des  traductions  que  lui  com- 
mandaient les  libraires.  Il  composa  aussi  des  vers  adressés, 
soit  à  de  grands  personnages,  soit  aux  poètes  du  temps  : 
tous  ces  ouvrages,  écrits  à  la  hâte,  sont  le  plus  souvent  très 


1.  Édition  Ri^oley  de  Juvignv.  I,  pp.  204-208. 

2.  Ibid.,  1,  pp.  fi07-6^0.  — 'Niceron,  Mémoires,  XIII,  p.  90-109;  XX, 
p.  16;  Uoiijet,  Bibliothèque  française,  XIII,  pp.  157-164. 


9U  XXXIir.   —    FRANÇOIS   DE   BELLEFOREST. 

incorrects.  Antoine  Du  Verdier.  qu'une  étroite  amitié  unissait 
à  Beileforest.  nous  a  laissé  de  lui  un  éloge  fort  touchant, 
mais  que  les  biographes  modernes  ont  trouvé  singulièremen! 
exagéré.  L'infatisrable  écrivain  mourut  à  Paris,  le  l*'  jan- 
vier 1583.  et  fut  enterré  en  l'église  des  Cordeliers. 

Beileforest,  né  sur  la  frontière  de  l'Espagne,  avait  dû 
apprendre  l'espagnol  dès  son  enfance;  aussi  composait-il,  à 
l'occasion,  des  vers  dans  cette  langue.  Voici  un  sonnet  de  lui 
qui  se  lit  dans  le  Tumbeau  de  treshaulle,  Irespuissante  et  tres- 
calholique  princesse,  madame  Elisabeth  de  France,  reyne 
d'Espagne  (1569)  \  fol.  Ciij  : 

Epilaphio  por  la  muy  alla  y  p)oderosa  senora,  madcwia 

Elysabeth,    infante    de^    Francia    y    regma   de    las   Esparias^ 

consorte  de  Su  Cathôlica  Maeslad. 

En  quai  parte  del  cielo,  en  quai  planeta, 
Elysabeth,  el  tuo  spirtu  apartado 
Mira  el  dolor  del  tuo  rey  y  pesado, 
Para  enfluir  en  el  cosa  perfecta  ? 

No  es,  regina,  tu  posada  secretta, 
Y  poco  mas,  tu  bien,  tu  luz,  tu  estado  ; 
El  paraiso  es  tu  sacro  posado, 
Pues  qu'a  la  muerte  eras  morlal  sujeita. 

Porque  llorando  andais  tan  mansamenie, 
Hebro  y  Tago,  une  si  crudo  accidente  ? 
Pues  que  l'Espaùa  y  el  su  gran  rey  liera  ? 

Mais,  rey  y  rios,  dexais  estes  doleres, 
Mirais  qu'ell  ciele  tienne  les  loores 
D'isabella,  que  Francia  Espana  adora. 

F.   DE    BeLLEFOREST. 
Comiûgeois^. 


1.  Voy.  Catal.  Rotliscliild,  1    rr  814. 

2.  Itnpr.  (1} . 

3.  Beileforest  traduit  lui-même  ainsi  le  sonnet  espagnol 

Version  du  précédent  par  le  mesme. 

Kii  qui'Ue  part  du  ciel,  ou  sous  quelle  planetle, 
Ysabeau,  ton  e>prit  s'est  ores  retiré 


XXXIII.  —   FRANÇOIS   DE   BELLEFOREST.  91 

Bien  que  l'espagnol  fût  plus  familier  à  Belleforest  que  toute 
autre  langue  étrangère,  il  n'en  a  traduit  que  les  Comentarios 
d'Alonso  de  Ulloa  ;1570),  le  Libro  llaniado  Monte  Calvario, 
d'Antonio  de  Guevara  (1575),  le  Libro  de  la  oracion  y  medila- 
cion,  de  frère  Luis  de  Granada  (1576)  et  ÏEspejo  de  consolacion 
detristes,  de  frère  Juan  de  Duefias  (1583),  tandis  qu'il  a  traduit 
de  l'italien  la  plupart  des  Novelle  de  Matteo  Bandello  (1559- 
1583),  les  Horc  di  recreatione  de  Luigi  Guicciardini  (1571],  le 
Corbaccio  ou  Laberinto  d'dmore,  de  Gio.  Boccacio  (1571),  les 
Giornaie  delV  agricoUura  e  de'  piaceri  délia  villa,  d'Agostino 
Gallo  (1571j,  les  Imprese,  Siralagemi  et  Errori  mililnri,  de 
Bernardino  Bocca  1571).  les  Leltere  di  principi,  de  Girolamo 
Ruscelli(1572),  la  Relatione  di  lutloilsuccesso  di  Famagosta,de 
Nestor  Martinengo  (1572),  le  Traltalo  délia  santissima  commii- 
nione,  de  Bonsignor  Cacciaguerra  (1577),  la  Civil  Conversatione 
de  Stefano  Guazzo,  mise  simultanément  en  français  par  Gabriel 
Chappuis  (1579)'. 

Entre  tous  ces  ouvrages,  c'est  surtout  le  recueil  des  Histoires 
tragiques  qui  a  sauvé  de  l'oubli  le  nom  de  Belleforest,  non  pas 


Pour  contempler  ton  roy  dolfiit  et  martyre 
Et  influer  en  luy  quelque  chose  parfaite  ? 

Ta  demeure  n'est  point  cachée  ni  secrette. 
Moins  ton  bien,  ta  clarté,  que  tu  as  attiré 
Au  ciel  en  ton  repos,  au  palais  empiré, 
Puisque  mortelle  estois,  du  corps  à  mort  sujette. 

Mais  pourquoy  en  plourant  flotez  si  doucement, 
Tage  et  Hebre,  voyant  si  triste  événement, 
Pour  lequel  et  l'Espagne  et  son  tresgrand  roy  plore  "' 

Mais,  ô  roy,  fleuves  grands,  laissez-moy  ces  douleurs  ; 
Contemplez  que  le  ciel  chante  et  tient  les  honneurs 
D'Isabelle,  que  France  et  que  l'Espaigne  honore. 

1.  D'après  La  Croix  du  Maine  (I,  p.  20S),  Belleforest  serait  le  véritable 
auteur  de  la  traduction  dn  Galateo  de  Giovanni  Délia  Casa,  publiée  à 
Paris,  en  1562.  pur  .Jacques  Kerver,  sous  le  nom  de  Jean  Du  Peyrat.  Il 
aurait  aussi  traduit  la  Descrittione  de  Paesi  Bassi  de  Luigi  Guicciardini 
pour  Christophe  Plantin  (Anvers,  1582,  in-fol.)  ;  mais  l'exactitude  de  ce 
dernier  renseignement  nous  paraît  fort  douteuse.  L'ouvrage  de  Guicciardini 
avait  été  mis  en  français  par  François  Flory,  de  Lille,  dès  l'année  1567 
(voy.  plus  loin  l'article  consacré  à  Flory).  L'éditeur  français  de  1582,  sans 
doute  quelque  Anversois,  a  dû  se  borner  à  une  simple  révision. 


92  XXXIII.  —    FRANÇOIS    DE    BELLEFOREST. 

à  cause  du  mérite  de  la  traduction,  mais  à  cause  de  IMntérêt 
qu'offrent  les  nouvelles  de  Bandello.  Les  divers  volumes  qui 
composent  la  collection  ont  été  réimprimés  un  certain  nombre 
de  fois,  et  nous  serions  fort  en  peine  pour  en  donner  une  des- 
cription un  peu  complète.  Le  tome  lY,  publié  en  1570,  est 
dédié  par  Belleforest  à  Françoise  de  La  Baume,  dame  de  Car- 
navalet, comtesse  de  Montrevel.  Outre  une  épître  en  prose 
française,  le  traducteur  a  placé  en  tête  des  nouvelles  un  sonnet 
espagnol,  qu'on  ne  lira  peut  être  pas  sans  intérêt  : 

.4  la  misma  segnora. 

Ny  tu,  viiia  mortal,  ny  tu,  muerte  sin  vida, 

Pues  que  una  gran  beltad  a  el  suo  cierto  lugar 
Al  cnerpo  y  al  spiritu,  y  Dlos  quiere  dolar 
Los  dos  d'una  aima  santa  a  les  dos  offrecida. 

Viva  esta  la  viciez  con  quien  l'etad  perdida 
Rinvene  con  el  tiempo  el  jusio  dessear, 
Porque  non  puede  mas  la  muerte  assi  malar 
D'estos  dos  la  beltad  en  gloria  enbravescida. 

Segnora,  dos  beltadz,  dos  vidas  os  crean 
Al  vivir  y  pensar,  y  dos*  glorias  os  dan 
Las  dos  passadas  son  para^  l'eternidad. 

Assi  el  cuerpo  hermoso  gose  su  bermosura, 
L'aima  de  su  virtud  los  dos  de  su  cordura 
Para  se  consacrar  à  l'immortalidad. 

Uonrra  mi  gozo. 

Le  tome  V  de  la  même  collection,  qui  vit  le  jour  à  Paris 
chez  Jean  Hulpeau,  dans  le  courant  de  la  même  année,  est 
précédé  de  deux  pièces  italiennes,  qui  ne  peuvent  être 
attribuées  qu'à  Belleforest.  La  première  de  ces  pièces  est  un 
sonnet  : 


\.  Impr.  (édition  de  1616)  des. 
2.  Impr.  psara. 


XXXIII.  —   FRANÇOIS    DE   BELLEFOREST.  93 

De  gli  spiriti  francesi,  a  la  Francia. 

Se,  rivolgendo  anchor  l'anlice  historié, 
Ti  specchi  iu  quelle  excelse  e  felici  aime, 
Francia,  ch'in  te  tante  honorate  palme, 
Tanti  trophei  portaion,  tante  vittorie, 

Questa,  fra  l'altre  tue  rare  memorie, 
Fra  l'altre  lodi  più  leggiadre  et  aime, 
Fra  le  più  pretiose  et  ricche  salme, 
Per  colme  escriver  puô  de  le  tue  glorie, 

Ghe  con  gagliardi  cuori  et  triomphali 
Vedrai  gli  tuoi  hoggi,  al  creder  mio, 
Farti  col  lor  splendor  maravigliarte. 

Ghe  dirai  se  questi  son  huom'  mortali  ? 
Son  gli  Scipioui,  ov'  s'egli  son  Dio, 
Ghi  sa  hor  se  son  o  Appoliin  o  Marte. 

La  seconde  pièce  est  un  simple  neuvain;  nous  le  transcrii'ons 
également  : 

Il  libro  de  se  slesso. 

Benchè,  per  fortuna,  in  un  momento 
Oppresso  qui  é,  qui  assaltato  geme 
Il  spirto  mio,  ancor  il  mal  non  preme 
Tanlo  il  cuor  mio,  ni  tanto  il  danno  sento, 
Ghe  senza  speme  io  piango  il  mio  tormeuto, 
Perché  sperar  io  penso  cotai  gloria 
Ghe  ne  di  notte  o  tempo  temo  assalto, 
Anzi,  condotto  al  ciel  di  salto  in  salto, 
Al  mondo'  sarai  nato  iu  clara  bistoria. 

Peut-être  Belleforest  a-t-ii  composé  d'autres  vers  italiens  ; 
mais  ceux-ci  sont  les  seuls  que  nous  ayons  rencontrés. 

1.  Impr.  Mando. 


XXXIV 
HERMANN  TAFFIN,  SIEUR  DE  TORSAY 


Les  Taflin  de  Saint-Omer  furent  toujours  d'ardents  catho- 
liques '  ;  les  Taffin  de  Tournai,  qui  sont  probablement  une 
branche  de  la  même  famille,  furent  au  contraire  de  zélés  par- 
tisans de  la  Réforme.  Remy  Taffin.  riche  marchand  de  Tournai, 
dans  la  première  moitié  du  xvf  siècle,  eut  cinq  fils  et  une 
fdie.  Les  fils,  dont  nous  ne  pouvons  indiquer  Tordre  avec 
certitude,  étaient  :  Hermann,  Jean,  Nicolas,  Jacques  et 
Quentin.  Le  plus  connu  est  Jean,  qui  fut  l'un  des  propagateurs 
les  plus  actifs  du  calvinisme  dans  les  Pays-Bas.  Plusieurs  études 
lui  ont  été  consacrées  -,  et  c'est  en  nous  aidant  de  ces  travaux 
que  nous  essaierons  de  faire  connaître  la  vie  de  celui  de  ses 
frères  qui  appartient  au  groupe  des  italianisants. 

Nicolas,  devenu,  tout  jeune,  avocat-pensionnaire  de  la  ville 
de  Tournai,  fui  poursuivi  au  mois  de  décembre  1561  comme 


1.  Pierre  Taffin,  sieur  du  Hocquet,  de  Samt-Omer,  né  vers  1547,  mort 
le  19  février  1627,  fut  retenu  par  Philippe  II,  comme  gentilhomme,  à  son 
service,  en  raison  de  son  zèle  pour  l'Eglise  romaine  (Bibliotli.  nat.,  ras. 
fr.  30  817,  fol.  274).  Il  eut  pour  fille  la  vénérable  sœur  Françoise  de 
Saint-Omer  qui,  en  1614,  fonda  les  religieuses  de  la  Pénitence,  vulgairement 
appelées  capucines. 

2.Voy .  Paquot,  Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  littéraire  des  dix-sept  pro- 
vinces des  Pays-Bas,  1768,  in-fol.,II,  p.  490; — ChristiaanSepp,/)rJe £!;««- 
geliedienaren  ait  den  tijd  der  Hervorming  [Jean  Taffin,  Pieter  de  Zuterer, 
gezegd  Overhuag,  Agge  van  Albada]  ;  Leiden,  1879,  in-8,  pp.  1-80  ;  — 
Charles  Rahleiibeck,  Jean  Taffin,  un  réformateur  belge  du  A'V'7e  siècle  ; 
Leide,  1886,  in-8.  Les  deux  derniers  auteurs  et  A.  .1.  Vander  Aâ.  [Biogra- 
phisch  Wordenboek  der  NederJanden  XVIII,  1874,  p,  8)  renvoient  à  de 
nombreuses  sources. 


96  XXXIV.  —    HERMANN   TAFFIN. 

suspect  d'hérésie  '.  En  1566,  il  prononça  devant  les  magistrats 
une  vigoureuse  harangue,  demandant  que  la  commune  parti- 
cipât aux  frais  de  construction  du  temple  élevé  par  les  dissi- 
dents, lesquels,  disait-il,  représentaient  les  trois  quarts  de  la 
population-.  Son  attitude  hardie  ne  manqua  pas  de  le  dési- 
gner à  la  colère  de  la  duchesse  de  Parme  qui,  au  mois  de 
janvier  1567,  lors  de  l'entrée  de  M.  de  Noircarmes  dans  Tournai, 
lui  recommanda  de  s'assurer  du  dangereux  hérétique ^  Nicolas 
avait  heureusement  quitté  la  ville  ;  il  fut  tué  en  1572,  hors  les 
murs  de  Mons  qu'assiégeait  le  duc  dAlhe  ^ 

Jacques,  receveur  général  à  Cassel  et  à  Nieppe,  en  1561,  fut 
plus  tard  trésorier  et  secrétaire  de  Guillaume  le  Taciturne, 
qui  le  chargea  de  diverses  missions  importantes  ^ 

Quentin,  sieur  de  La  Prée.  fut  gentilhomme  du  comte 
Ludovic  de  Nassau,  et  résida  en  France  comme  agent  officieux 
des  États  de  Hollande  auprès  du  roi  ^ 

Hermann  Taffin,  qui  fait  l'objet  de  cet  article ,  semble 
avoir  été  l'aîné  des  cinq  frères;  il  dut  naître  vers  1528. 
Il  reçut  sa  première  instruction  dans  sa  ville  natale,  d'un 
prêtre  appelé  Jean  Théodore,  puis  il  passa  en  France  et  se 
rendit  à  l'université  de  Poitiers.  1!  y  connut  une  dame  puis- 
sante à  la  cour,  qui  le  prit  à  son  service  et  q,ui  assura  son 
avenir.  Cette  dame  le  fit  entrer  dans  la  maison  de  Piero 
Strozzi,  qui  le  choisit  pour  être  le  gouverneur  de  son  fils 
Filippo''.  Celui-ci  était  né  au  mois  d'avril  1541  ;  nous  pouvons 


1.  RuhltMibeck,  Jean  Taffin,  1886.  p.  118. 

2.  .1.  L.  Motlt-y,  The  llise  of  the  Dutch  Rep'ihlir.,  18.5(),  iii-8.  II.  p.  20. 

3.  Gacliard,  Correspondance  de  Gidllaume  le  Taciturne,  11,  185U,p.  480. 
i.  Ralilenbeck,  p.  101 . 

5.  A.  J.  Vaudei'  Aa,  Biographisch  Wordenboek  der  Nederlanden, 
XVIII,  1874,  p.  8,  et  les  sources  très  iioml)reuses  qui  sont  citées  à  la  fin 
de  l'article. 

6.  La  Hugiicrje,  Mémoires,  I,  p.  19  ;  Vander  Aa,  Biofjraphiscii  Wor- 
denboek, XVIII,  p.  lu. 

7.  Ces  détails  nous  sont  connus  par  l'interrogatoire  (|u'un  des  frères  de 
Hermann,  Nicolas,  avocat-pensionnaire  de  la  ville  de  Tournai,  eut  à  subir, 
le  22  décembre  1561,  comme  suspect  d'hérésie.  Nicolas  dit  «  qu'il  a  deux 
frères  en  France  dont  l'un  est  son  aîné,  lequel,  passé  quinze  ans,  étant 
écolier  à  Poitiers,  se  mit  au  service  de  quelque  dame  favorite  de  la  cour 


XXXIV.  —    HERMANN  TAFFIN.  97 

supposer  qu'il  avait  dix  ans  quand  Taffin  fut  placé  près  de  lui, 
ce  qui  nous  reporterait  à  l'année  1551. 

A  la  date  du  21  janvier  1561  (n.  s.),  nous  trouvons  le  nom 
de  Taffin  à  la  fin  d'un  acte  passé  par  Filippo  devant  Jean  de 
La  Marque,  notaire  et  tabellion  royal  suivant  la  cour.  Cet  acte 
mentionne  comme  témoins  :  Louis  Anthenory,  c'est-à-dire 
Antinori,  docteur  et  gentilhomme  tlorentin,  Barthélémy  Bar- 
bedor  et  Hcrmann  Taffin  '. 

Lorsque,  en  1565,  le  jeune  Strozzi  quitta  brusquement  la 
France  pour  se  rendre  au  siège  de  Malte,  avec  un  certain 
nombre  de  gentilshommes,  Taffin  dut  l'accompagner  et  tra- 
verser avec  lui  toute  l'Italie.  Il  passa  en  effet  la  plus  grande 
partie  de  sa  vie  auprès  de  son  ancien  pupille  :  lui-même  le 
dit  dans  l'avis  au  lecteur  qui  précède  La  Vie,  Mort  et  Tombeau 
de  Philippe  de  Slrozzi. 

Filippo,  pourvu  le  28  septembre  1567,  de  la  charge  de 
colonel  général  de  l'infanterie  française,  était  un  catholique 
fervent  ;  mais,  tout  jeune,  il  avait  été  nourri  dans  des  idées 
tolérantes  ;  il  était  lié  avec  Coligny  et  les  autres  chefs  protes- 
tants ;  aussi  le  sieur  de  Torsay  (tel  est  le  nom  sous  lequel 
Hermann  fut  désormais  connu)  continua-t-il  d'habiter  dans 
sa  maison,  en  même  temps  qu'il  rendit  à  la  cour  d'appréciables 
services.  Catherine  de  Médicis,  qui  se  l'attacha  en  qualité  de 


qui  Ta  depuis  avancé  au  service  de  Pierre  Strozzi,  duquel  il  a  eu  les  tils  en 
charge,  et  présentement  se  trouve  au  service  de  la  reine-mère,  en  état  de 
gentilhomme,  comme  il  estime.  Si  a-t-il  aussi  un  autre  frère  plus  jeune  que 
lui,  suivant  ladite  cour  de  France.  »  Les  deux  frères  dont  parle  ici  Nicolas 
sont  Hermann,  sieur  de  Torsay,  et  Quentin,  sieur  de  La  Prée. 

Le  même  interrogatoire  contient  aussi  des  détails  sur  Jean  Taffin,  qui 
prêchait  alors  la  Réforme  à  Metz.  Nicolas  dit  que  Jean  est  son  aîné  de 
vingt-deux  mois,  qu'il  a  étudié  dans  les  écoles  d'Italie  et  qu'il  a  été  d'abord 
au  service  du  cardinal  de  Granvelle,  alors  évoque  d'Arras.  Vov.  Pùihlenbeck, 
Jean  Taffin,  pp.  118-119. 

Jean,  après  avoir  séjourné  à  Padoue,  s'était  en  effet  rendu  à  Rome,  où 
il  s'était  lié  avec  Estienne  Pigghe,  secrétaire  de  Granvelle,  qui  lui  avait 
procuré  la  place  de  bibliothécau'e  du  prélat,  à  Bruxelles.  Voy.  Bulletin  du 
Bibliophile  belge,  1856,  p.  375;  1857,  p.  244;  Christiâan  Sepp,  toc. 
cit.,  pp.  5-10. 

1.  Bibliolh.  nat.,  ms.  fr.  29214,  dossier  61  039,  fol.  16  vo. 

H.  -  7. 


98  XXXIV.  —    HERMANN    TAFFIN. 

gentilhomme,  en  fit  iin  intermédiaire  sur  entre  elle  et  les 
protestants  des  Pays-Bas.  Vers  1569,  Hermann  Taffin  est  à 
Sedan  ;  c'est  de  cette  ville  qu'il  adresse  à  François  Perrot,  sieur 
de  MézièresS  treize  distiques  latins  sur  la  blessure  qui  a 
coûté  une  main  au  vaillant  François  de  La  Noue-'. 

En  1570,  c'est  le  «  sieur  de  Torcé  »  que  le  roi  Charles  IX 
charge  de  remettre  à  François  de  Beaiivais,  sieur  de  Briqne- 
mault,  un  mémoire  confidentiel  destiné  au  comte  Ludovic  de 
Nassau,  mémoire  dans  lequel  la  cour  se  montrait  disposée  à 
seconder  les  projets  des  partisans  du  prince  d'Orange ^ 

Un  passage  des  mémoires  de  La  Huguerie  qui  se  rapporte  à 
l'année  157:2,  nous  apprend  que  le  sieur  de  Torsay,  à  qui  ses 
relations  de  famille  assuraient  un  crédit  particulier  auprès  des 
adversaires  de  l'Espagne  dans  les  Pays-Bas,  rédigeait  les  lettres 
adressées  par  l'amiral  de  Coligny  au  prince  dOrange  ou  à  ses 
agents'*.  Où  étail-il  au  moment  de  la  Saint- Barthélémy?  Nous 
devons  penser  qu'il  était  auprès  de  Filippo  Strozzi,  qui  pré- 
parait alors  une  expédition  maritime,  et  qu'il  ne  l'ut  pas 
inquiété. 

Après  la  Saint-Barthélémy,  Hermann  et  son  frère  Quentin, 
sieur  de  La  Prée,  se  réfugièrent  quelque  temps  à  Genève,  où 
Jean,  le  ministre,  alla  les  rejoindre  au  printemps  de  1573^; 

1.  Voy.  t.  I*"",  pp  325-380,  rarticle  que  nous  avons  consacré  à  ce 
personn;i^^f. 

2.  De  Francisci  Lanoi,  herois  clarissimi,  taeva  ri'scissa  et  dexira 
inlerjra.  Nous  av(ins  niicoulré  ces  vers  dans  Talbum  de  Jaii  Ilademaker 
(Bibliotli.  de  TUiiiv.  de  Gand,  ms.  G352I,  fol.  17). —  SurJaii  lîadeuiaker, 
dit  Rutarius,  né  à  Aix-la-Cli  ipelic  le  14  mars  1538,  moil  à  Miildelbourg  le 
15  février  1G17,  voy.  la  Bioijrajihie  naiinnale  belge,  XVII  (1905),  col.  541. 

3.  «  Fusmes  tous  esbahis  que  le  sieur  de  Torcé,  qui  esloit  à  la  royne 
mère,  nous  apiiorta[st]  uug  beau  mémoire  dcsdictes  raisons  lies- véritables; 
mais  plus  ils  [les  agents  du  roi]  nous  en  parloient  et  pressoient,  nous 
entrions  plus  eu  soupçon  de  quelque  trame  à  noire  dommage,  bien  que 
ledict  Toicé,  qui  nous  doimoit  souvent  de  bons  advis,  nous  a^siirast  que  la 
rovne  sa  maisiresse  y  estoit  fort  alfectidunée  à  cause  de  sa  tille  [la  reine 
d'Espagne,  qu'en  disait  avoir  été  enqioisonuée  par  les  E>pagnolsJ  ».  La 
Huguerie.  Mémoires,  I,  p.  23. 

4.  La  HuL;uerie  (I,  p.  121)  parle  des  «  lettres  dudit  sieur  admirai,  que 
le  sieur  de  Torcev  esn'i|ivoit  (et  il  esciipvoit  tonsjours  au  dessoulz  du  chilTre 
pour  asseuranre,  ces  mots  :  Vaiis  congnoissez  la  main,  de  sa  main  propre).  » 

b.  liablenbeck,  Jean  Taffin,  p.  101. 


XXXIV.  —   HERMANN   TaFFIN.  99 

mais  bientôt  Jean  reprit  le  chemin  de  la  Hollande,  tandis  que 
Hermann  et  Quentin  rentrèrent  en  France. 

Au  mois  de  février  1574,  le  duc  d'AIençon  voulut  entrer  en 
pourparlers  avec  La  Huguerie,  que  Ludovic  de  Nassau  avait 
envoyé  secrètement  à  Paris,  <-  et  choisit  le  sieur  de  Torcey 
Daffin  [sic],  qui  estoit  au  sieur  de  Strosse,  et  frère  du  trésorier 
gênerai  dudict  sieur  prince  d'Orenge',  et  pour  ce  m'estoit 
agréable  »,  dit  l'auteur  des  Mémoires;  «  mais  estoit  aussy  à  la 
roine  mère,  pourquoy  je  craignois  qu'elle  eust  quelque  advis 
demoy. . .  -  » 

Il  devait  être  difficile  à  Hermann  Taffin  de  conserver  la 
faveur  de  la  Cour,  lui  que  l'on  savait  en  relations  si  intimes 
avec  les  Orangistes  et  dont  on  connaissait  les  opinions  reli- 
gieuses. Ces  opinions,  en  effet,  il  ne  les  cachait  pas,  et,  s'il  avait 
voulu  les  dissimuler,  son  ami  François  Perrot  l'en  eût  empêché. 
Dans  les  Perle  elette  du  sieur  de  Mézières  ^  nous  trouvons  en 
effet,  non  seulement  des  vers  adressés  au  sieur  de  Torsay, 
mais  encore  des  vers  composés  par  lui.  Voici  ces  pièces  qui 
nous  ont  fait  donner  à  Hermann  Taffin  une  place  dans  notre 
galerie  des  Français  italianisants  : 

Al  siijiior  de  Torse. 

Ecco  del  mio  giardin  che  si  reserba 

Tulto  a  mostrarti  un  di  novelli  fiori, 
Ch'in  su'l  fia  di  slagione  a  noi  si  acerba, 
D'alia  speranza  nova  escono  fuori. 
Dentro  nascoslo  ancor  n'è  '  1  frutto  in  berba  ; 
Ma  non  inganna  1  ben  fondali  cuori 
L'aspettar  Dio.  Poi  parte  è  di  prudenza 
Pur  hier  mostrata  a  noi  la  patienza. 

Quelle  cb'io  li  promisi  bora  ti  mande 

Et,  s'atiien  sua  promessa  buom'  cb'è  mendace, 


1.  Ce  trésorier  étuit  Jacques  Quentin. 

2.  La  Huguerie.  I,  p.  21 0. 

3.  Voy.  noire  tome  I,  p.  3G0. 


100  XXXIV.  —   HERMANN  TAFFIN. 

Ghe  sia  di  Dio  ?  Dirai,  s'io  t'el  dimando, 
L'istessa  verità,  non  pur  verace 
Ne  sia  '1  nostro  sperar  ch'ei  vada  armando 
Di  forza  i  suoi.  Chi  crede  aspetta  et  taee 
Ghi  la  'nde  men  si  pensa  ei  vuol  si  scopra 
Si  che  di  Dio  sia  lulto  il  fin  de  l'opra. 

AUi  vij.  di  Marzo  1576  *. 

Stanza  del  signov  de  Torse. 

D'Hesperidi  '1  giardin  quai  mio  novello 
Tal  non  fu  mai,  o  gentil  hortolano. 
S'ei  di  verno  nevoso,  freddo  et  fello 
Fiorisce,  si  che  sia  di  mano  in  mano 
Quando  poggiando  il  sol  più  chiaro  et  bello 
Farà  verde  et  fiorito  monte  et  piano  ? 
Da  si  bei  fiori  di  tal  primavera 
Più  bello  et  vago  il  frutto  ancor  si  spera  ^. 


Trois  mois  plus  tard,  Perrot  reprend  la  plume  et  envoie  à 
son  ami  les  vers  suivants  : 

Al  signor  de  Toi'sè. 

Hor  che  più  caldo  il  gran  pianeta  poggia 
Et  freddo  pur  nostro  sperar  rimane 
Come  terren  cui  gelo  et  fredda  pioggia 
Fè  le  prime  speranze  sparir  vane, 
Quel  tuo  horlolan,  che  tuttavia  s'appoggia 
Più  sopra  '1  ver  ch'in  apparenze  humane 
Del  SUD  giardin,  perché  ti  parver  belli 
I  fiori,  t'oQre  ancor  frutti  novelli. 

Non  già,  che  com'a  te  quel  fiori  o  frutti 
Bei  paian,  cossi  a  lui  le  li  présenta  ; 


i.  Perle  elelte  di  Fruncesco  Perrotlo,  i576,  iii-S,  fol.  D  6  \°. 
'Llhid.,  fol.  D  7. 


XXXIV.  —   HERMANN   TAFFIN.  101 

Ma,  perché  quai  si  sian  che  veggan  tutti 
Et  ne  faccian  giudicio  ei  si  contenta. 
0  se  dal  rivo  al  fonte  sien  condutti 
Quivi  l'anima  haver  paga  et  contenta 
So  che  potranno  ;  et  tu  non  fiori  o  foglie, 
Ma  il  frutto  coglier  puoi  la  've  si  coglie. 

Alli  16.  di  giugno  1576'. 

Hermann  Taffin  n'avait  plus  le  loisir  de  passer  les  Alpes  ; 
mais,  dans  la  maison  de  Filippo  Strozzi,  il  devait  être  chaque 
jour  en  contact  avec  des  Italiens.  Il  était  en  toute  chose 
l'homme  de  confiance  de  son  ancien  élève.  Le  15  juin  4581, 
Strozzi,  préparant  son  expédition  aux  Açores,  écrit  à  Del 
Bene,  à  Paris  :  «  Monsieur  de  Torsay  vous  dira  de  nos  nou- 
velles et  de  nostre  armée  de  mer,  qui  est  plus  belle  et  plus 
forte  que  nous  ne  pensions  nous  mesme  debvoir  estre  -.  » 

On  connaît  la  catastrophe  dans  laquelle  le  commandant  de 
l'expédition  trouva  la  mort.  Hermann  Taffin,  qui  n'avait  pu 
accompagner  Filippo,  conserva  pieusement  sa  mémoire  et 
s'efforça  plus  tard  de  payer  sa  dette  de  reconnaissance  envers 
le  héros  en  écrivant  sa  vie.  Dès  lors,  il  se  voua  tout  entier 
aux  négociations  poursuivies  entre  les  protestants  et  les 
catholiques.  A  la  fin  de  1582,  il  sert  d'intermédiaire  à  Phi- 
lippe de  Mornay,  quand  celui-ci  offre  aux  Flamands  proscrits 
un  asile  dans  les  états  du  roi  de  Nayarre.  Le  7  décembre  1582, 
Mornay  écrit,  de  Nérac,  au  ministre  Jean  Taffin.  Vous  pouvez, 
lui  dit-il,  adresser  vos  lettres  «  à  Paris,  chés  M.  de  Torsay, 
voslre  frère,  pour  les  bailler  à  M.  de  Chassincourt^  »  Sa  haute 
impartialité  lui  mérite  la  confiance  du  prince  de  Condé  "  ;  elle 
lui  mérite  aussi  celle  de  François  de  La  Noue.  Le  25  oc- 
tobre 1585,  La  Noue  écrit,  du  Plessis-les-Tourn elles,  qu'il  n'a 


1.  Perle  elette  di  Francesco  Penotto,  1876,  iii-8,  fol.  D  8. 

2.  Biblioth.  nat.,   ms.  fr.  20539,  fol.  55;  Lettres  de  Catherine  de 
Médicis,  XIII,  p.  43,  en  note. 

3.  Mémoires  et  Correspondance  de  Duplessis-Mornay,  1824,  II,  pp. 
157-160. 

4.  La  Huguerie,  Mémoires,  II,  p.  323. 


102  XXXIV.  —   HERMANN  TAFFIN. 

pas  cru  blesser  le  roi  en  quittant  la  cour.  «  Je  me  suis  con- 
duict,  ajoute-l-il,  par  le  conseil  de  messieurs  de  Chassincourt 
et  de  Torsay,  qui  sont  prudens  et  ont  de  la  pieté,  et  n'ay  rien 
escrit  qui  ne  doive  satisfaire  Sa  Majesté.  »  La  Noue  prie  son 
correspondant  de  consulter,  lui  aussi,  les  deux  hommes  sages 
dont  les  avis  l'ont  guidé  '. 

Il  n'est  pas  facile  de  déterminer  la  part  prise  par  Hermann 
Taffin  aux  événements  qui  marquèrent  les  dernières  années 
du  xvr  siècle.  Tout  ce  que  nous  savons,  c'est  que  la  haute' 
estime  dont  il  jouissait  auprès  du  parti  protestant  ne  se 
démentit  jamais.  Nous  avons  déjà  parlé  de  ses  relations  avec 
le  rigide  François  Perrot  ;  nous  renverrons  encore  à  la  lettre 
adressée  par  celui-ci  au  chancelier  Pompone  de  Bellièvre,  le 
24  juin  1603,  lettre  dans  laquelle  il  parle  de  son  «  ancien  et 
intime  ami  d  et  dit  qu'  «  il  est  bien  connu  et  aimé  du  roy 
auquel  il  a  fait  grans  services-  ».  Perrot  avait  alors  soixante- 
dix- sept  ans  ;  Hermann  Taffin  ne  devait  pas  être  beaucoup 
plus  jeune.  Il  se  trouvait  à  La  Haye  au  commencement  de 
1006,  quand  il  fit  une  grave  maladie  qui  inquiéta  beaucoup 
ses  amis.  Le  7  mars,  Paul  Choart  de  Buzanval  écrit,  de  cette 
ville,  à  Joseph  Scaliger  :  «  Le  pauvre  M.  de  Torsay  est  alité 
depuis  quinze  jours,  travaillé  d'une  fiebvre  lente  et  continuelle 
de  laquelle  on  craint  l'issue  ^  »  Il  se  remit  pourtant,  et  deux 
ans  plus  tard,  il  fit  paraître  sa  Vie  de  Strozzi. 

Voici  la  description  de  cet  ouvrage,  écrit  avec  le  sentiment 
de  la  plus  large  tolérance  religieuse  : 

La  Vie,  ||  Mort,  et  Tombeau,  ||  de  haut  et  puissant  ||  Sei- 
gneur Philippe  de  Strozzi,  i|  Cheualier  des  deux  ordres  du 
Roy,  Con- 1|  seiller  en  ses  Conseils  d'Estat  &  priué,  Ca- 1|  pitaine 


1.  H.  Hauser,  François  de  La  Noue,  1892,  pp.  306-307.  —  Le  nom 
(le  Torsay  y  est  altéré  en  Toi'^ay. 

2.  Voy.  notre  tome  I,  p.  370. 

3.  Epistres  françaises  des  personnat/es  ilbisbes  et  doctes  à  M.  Joseph 
Juste  de  La  Scala.  mises  en  lumière  par  Jaques  de  Rêvas  (Harderwijck, 
1G24,  in-8),  p.  217. 


XXXIV.  —    HERMANN   TAFFIN.  103 

de  cinquante  hommes  d'armes,  ||  Colonel  General  de  L'infan- 
terie Fran-  |i  çoise  &  despuis  Amiral  en  larmee  de  Mer,  || 
dressée  par  la  Roine,  Catherine  de  Medicj,  i|  en  faueur  du  Roy 
Don  Antoine  de  Portu-||gal,  en  l'an  mil  cinq  cens  quatre 
vingt  deux.  Il  Ou  par  occasion,  se  voit  la  bonne  &  généreuse 
nourriture  de  la  ||  ieune  Noblesse  Françoise,  sous  les  Roys 
Henry  k  François  ||  second,  pendant  son  bas  aage.  Et  plusieurs 
notables  points  ||  de  IHistoire  de  nostre  temps  non  touchez, 
ou  si  particulièrement  déduis  ailleurs.  ||  Par  H.  T.  S.  de  Tor- 
sayll  A  Paris.  II  Chez  Guillaume  le  Nuir,  rue  sainclWIacques, 
à  l'enseigne  de  la  II  Rose  Blanche.  \\  1608.  ||  Auec  Priuilege  du 
Roy.  In-8  de  7  pp.,  l  f.  pour  le  portrait  de  Strozzi,  95  pp. 
et  1  tableau  plié 

Les  pp.  3-S  qui  suivent  le  titre  contiennent  une  épîlre. 
«  Au  roy  »,  datée  de  Paris,  le  l^''  mars  1608,  et  signée  :  H.  T. 
DE  ToRSAi.  —  Les  pp.  6  et  7  sont  occupées  par  un  avis  «  Au 
lecteur  »,  où  il  est  dit  que  «  l'auteur  de  ce  discours  de  la  vie 
et  mort  du  seigneur  Philippe  de  Strozi  a  jugé  en  devoir 
diferer  la  publication  le  long  temps  qu'il  a  fait,  à  fin  de  le 
rendre  encore  plus  agréable  et  recommandable  par  Tasseu- 
rance  de  la  vérité  que  le  temps,  père  d'icelle,  lu^^  en  a  une 
si  longue  dilation  confirmée.  Outre  ce  qu'il  a  esté  présent, 
voire  assistant,  à  la  pluspart  de  ce  qu'il  contient,  ou,  s'il  n'y 
a  peu  estre,  le  service  dudit  seigneur  de  Strozi  le  retenant 
ailleurs  (comme  en  ce  voiage  aus  Essores  en  faveur  du  roy 
don  Antoine  de  Portugal),  l'ayant  appris,  par  le  commande- 
ment de  la  royne  lors  régnant,  de  ceus  qui  y  avoient  accom- 
pagné ledit  seigneur  Strozi  jusques  à  sa  mort,  et  de  ses 
domestiques  mesmes  retournés  en  France,  desquels  Sa  Ma- 
jesté a  voulu  particulièrement  et  au  vray  entendre  le  succès 
dudit  voyage  favorisé  de  son  autorité  et  moyens,  pour  le 
double  interest  qu'elle  y  avoit,  et  de  la  personne  dudit  sei- 
gneur Strozy  et  de  ses  prétentions  à  la  couronne  de  Portugal 
et  estas  dependans.  » 

Le  v°  de  la  p.  7  contient  la  liste  des  Fautes  surveriues  en 
Vimpression, 

Le  portrait,  finement  gravé  en  taille-douce,  est  signé  de 
Thomas  de  Leu.  On  lit  au-des.sus  ce  quatrain  : 


i04  XXXIV.  —   HERMANN  TAFFIN. 

Le  peintre  ingenieus  en  Strosse  au  vif  icy 
La  candeur  el  valeur  au  vif  a  peint  aussy, 
Gomme  voir  on  le  peut,  el  mieus  et  davantage 
Au  reste,  ce  crayon  n'estant  que  le  visage. 

La  Vie  de  Strozzi  se  termine  à  la  p.  82  ;  elle  est  suivie  de 
diverses  pièces  dont  voici  le  relevé  : 

1  (p.  83).  Poicr  le  Tombeau. 

Clio. 

Qui  a  l'or  et  l'azur  du  ciel  pour  couverture 
Et  du  grand  Océan  le  saphir  pour  tombeau. . . 

(Onze  quatrains  récités  par  les  neuf  Muses,  Apollon  et 
Minerve.  On  lit  à  la  fin  :  H.  T.  S.  de  Torsay.) 

2  (p.  85).  De  conflictu  dassium  galUcae  et  hispanicae  in  quo 
Philippus  Strozza,  gallicae  praefectus,  cum  paucis  forliter  pu- 
gnans  occubuit.  Teiraslicha.  (8  distiques.) 

3  (p.  86).  Pro  tumulo  (3  distiques). 

4.  Pro  ils  qui  cwn  Slroza  duce  in  hoc  conflictu  fortiler  pu- 
gjianieft  occubuerunt.  (2  distiques  signés  H,  T.  Torseus.) 

5.  Stroza  patrem  et  patruum  referons  virtute  parique... 
(3  distiques,  signés  :  Franc.  Perrotus  de  Mezieres.) 

6  (p.  87).  Ejusdem.  (3  distiques.) 

7.  Unus  Slroza  unojacet  hauda  milite  miles... 
(2  distiques,  signés  :  Henricus  Stephanus  '.) 

8.  Ejusdem.  (2  distiques.) 

9.  Ejusdem.  (3  distiques.) 

10.  Qualis  Achilidae  memoratur  gloria  Pyrrhi. . . 

(63  vers  hexamètres  signés  :  Jo  Auratus  2,  poeta  et  interpres 
regius.) 

11  (p.  90).  Quid  varie  mihi  mens  agitas praecordia  fluctu...  ? 
(49  vers  hexamètres,  signés  :  P.  Ganaius,  c'est-à-dire  Philippe 
Canaye  '.) 


1 .  Ces  vers  et  les  suivants  sont  du  grand  imprimeur  Henri  Estienne, 
mort  en  1598. 

2.  Jean  Dorât  avait  été  un  des  apologistes  de  la  Saint-Barthélémy  ;  m;iis 
l'amour  des  belles-lettres  le  rapprochait  du  sieur  de  Torsay.  D'ailleurs, 
l'habile  politique  de  Henri  IV  avait  singulièrement  calmé  les  esprits. 

3.  Nous  consacrons  plus  loin  une  notice  à  Philippe  de  Canave,  sieur  de 
Fresne  (no  X.\N.V1,  pp.  115-125). 


XXXIV.  —   HERMANN  TAFFIN.  105 

12  (p.  92).  Quod  Gain  alterius  pro  libertate  ruentes... 
(7  distiques  signés  :  Angel.  Bargaeus,  c'est-à-dire  Pietro 
Angelio  da  Barga'.) 
13.  Dum  ruis  in  proras  et  peclora  gentis  iberae. . . 
(5  distiques  signés  :  Passeratius  2.) 
14  (p.  93).  Idem.  (2  distiques.) 

15.  Idem.  (Traduction  de  ces  distiques  en  2  distiques  fran- 
çais.) 

16.  Extrait  des  Vies  des  hommes  illustres  de  Boccace,  «  où  il 
y  a  une  adition  récent,  de  nostre  temps,  et  le  tout  imprimé 
à  Florence  par  les  Juncty.  On  y  trouve,  à  la  louange  du  tres- 
illustre  seigneur  Léon  de  Strozy  \  les  vers  cy- après  »  : 

Peregrin  quai  tu  sei  che  quinci  passi, 
S'alla  citlà,  domna  d'Hetruria,  arrivi 

17.  Sonnet  imprimé  «  ailleurs  sur  le  mesme  personnage»  : 

Partendo  dal  mortal  carcer  terreno. . . 

18  (p.  94).  Ejusdem,  Leonis  Strozae,  magni  Capue  prloris^ 
Tumulus.  (4  distiques.) 

19  (p.  95).  Pelri  Slrozae,  Franciae  mareschalli,  Tumulus.. 
(4  distiques.) 

20.  Zachariae  Monlio'^y  palritio  florentino,  Kyriaci  nepoti  ac 
Philippi  Stroziadum  clientulo,  Papirius  Massonus^.,  juris  con- 
sullus,  benevoli  affeclus  symbolum  dlcavit.  (12  vers  hexamètres.) 


1.  Pietro  Angelio,  né  à  Barga,  près  de  Lucques,  le  22  avril  1517,  était 
mort  à  Pise  le  29  février  1596.  Sur  ses  rapports  avec  la  France,  on  peut 
voir  le  Bulldin  italien.  1,  p.  292. 

2.  Jean  Passerai,  né  à  Trêves,  le  18  octobre  1534,  était  mort  le  14  oc- 
tobre 1602 

3.  Leone  Strozzi,  prieur  de  Capoue,  était  frère  de  Piero  et  par  consé- 
quent oncle  de  Filippo. 

4.  Le  Florentin  Zaccaria  Monti  était  établi  à  Paris,  ou  tout  au  moins  en 
France.  Une  épîlre  à  lui  adressée  par  Jean  Roën,  de  Rouen,  à  la  date  du 
!'■■  novembre  1598,  se  lit  à  la  fin  des  Orationes  sive  Introductiones  V. 
Cl.  ac  summi  peripaletici  Kyriaci  Slrozae,  patritii  florentini,  in  aliquot 
Arist.  de  moribus  libros,  ohm  PIsis  habilae..  .  (Parisiis,  ex  tvpograpliia 
Philippi  a  Prato,  1599,  in-4) . 

5.  Jean  Masson,  dit  Papire,  né  le  6  mai  1544,  mourut  le  9  janvier  1611. 


106  XXXIV.  —    HERMANN   TAFFIN. 

Le  f.  plié  contient  une  curieuse  Pyramide  de  vers  servant 
d'épitaphe  : 

Slrozi 

N'est  enclos, 

Sa  cendre,  ou  os  ; 

L'ame    au    ciel   revit , 

Le  corps  en  mer  gist. , . 

Pour,  à  son   tour, 

Estre  un  jour 

Au   Ciel 

Tel... 

(34  lignes,  on  n'ose  dire  vers,  de  diverse  longueur,  plus 
9  lignes  en  prose,  le  tout  «  Posé  par  H.  T.,  sieur  de  Torsay  ».) 

Cette  épilaphe  avait  été  imprimée,  avec  quelques  variantes, 
dès  l'année  1582,  sous  le  tiire  d'Eguille  de  vers,  et  Pierre  de 
L'Estoile  l'avait  alors  recueillie,  sans  connaître  le  nom  de 
l'auteur  (éd.  Jouaust,  II,  p.  80). 

Biblioth,  nat.,  Ln.^'.  19194,  et  Recueil  F ontanicu,  t.  ccxcix. 

—  British  Muséum,  1192,  i.  1  (4).  — Biblioth.  Mazarine,  34408. 

—  Ce  dernier  exemplaire,  qui  porte  la  signature  de  Zaccaria 
Monti  («  Zach.  Montius  »),  le  personnage  à  qui  Papire  Masson 
adresse  la  pièce  latine  qui  termine  le  volume,  est  précédé 
d'un  portrait  de  Christophe,  prince  de  Portugal,  gravé  par 
Jaspar  Isac  d'après  une  peinture  de  Daniel  Du  Monstier, 
datée  du  9  septembre  1632.  La  liste  des  fautes  d'impression  a 
reçu  plusieurs  additions  manuscrites  qui  visent  les  pages  2 
et  47  ;  enfin  l'ancien  possesseur  a  sans  doute  composé  lui- 
même  les  vers  suivants  qui  se  lisent  sur  le  dernier  f.  de 
garde  : 

A  Kyriace  de  Slrossy.  ' 

Stros.sy,  je  di,  qui  remplis  et  parfais 

Les  documents  d'un  sage  qu'on  adore, 
Qu'as  surpassé  par  tes  escriptz  bien  faits 
L'opinion  que  teuoit  Piihagore, 


1.  Ciriaro  Slrozzi,  né  à  Capalla,  près  de  Florence,  le  22  avril  1504, 
mort  à  Pise  le  16  décembre  1565,  est  surtout  connu  par  le  supplément  à 
la  Politique  d'Aristote,  qu'il  écrivit  lui-même  eu  grec. 


XXXIV.  —   HERMA.NN  TAFFIN.  107 

Car,  qui  lira  les  livres  de  police 

Venus  de  toy,  oseroit-il  nier 

Que  dans  toy  seul  mis  est  l'ame  sans  vice, 

Longtemps  y  a,  et  en  es  héritier 

De  cestui-là  duquel  tu  as  attaint 

Le  beau  parler  et  la  haulte  doctrine, 

L'ayant  si  ben  en  ton  esprit  enpraint 

Qu'on  jugeroit  sortir  tout  d'une  mine. 

La  Vie  de  Slrozzi  a  été  réimprimée  dans  les  Archives 
curieuses  de  rHisloire  de  France  de  MM.  Cimber  [L.  Lafaist]  et 
Danjou,  1^°  série,  t.  IX,  pp.  •401-460;  mais  cette  réimpression, 
qui  ne  donne  que  le  morceau  principal  sans  aucune  des  pièces 
accessoires,  et  qui  n'est  accompagnée  d'aucune  note,  laisse 
beaucoup  à  désirer. 

Nous  ne  savons  rien  de  Hermanu  Taffm  après  la  publication 
de  cet  ouvrage.  Il  vivait  encore  en  1G09,  car  c'est  évidemment 
à  lui  que  se  rapporte  un  article  du  testament  de  Joseph 
Scaliger  (Leide,  18  novembre  1609)  :  «  Au  sieur  Daniel  (faute 
de  lecture  ou  de  transcription  évidente  pour  Hermann)  Taffin 
Torsai'  je  donne  une  médaille  d'or  pesant  trente  trois  e:?cus, 
atachée  à  un  cordon  de  soye  noire,  avecq  un  anneau  attaché 
ensemble^  ».  Il  appartient  aux  historiens  du  protestantisme 
de  nous  faire  connaître  avec  plus  de  détails  la  vie  de  notre 
personnage  et  de  fixer  la  date  de  sa  mort. 

1.  L'imprimé  que  nous  avons  sous  les  yeux  porte  par  eneur  :  Torsac. 

2.  Documents  sur  Jules-César  Scaliger  et  sa  famille,  publiés  par 
M.  Adolphe  Magen  (extrait  du  Recueil  des  travaux  de  la  Société  d'Agri- 
culture, etc.,  d'Agen)  ;  Agen,  1873,  in-8,  p.  78. 


XXXV 
PHILIPPE  DE  MORNAY,  SIEUR  DU  PLESSIS  MARLY 


La  vie  de  Da  Plessis-Mornay  est  trop  connue  pour  que  nous 
ayons  à  la  raconter  tout  entière.  Né  à  Buhy,  clans  le  Vexin  fran- 
çais, le  5  novembre  1549,  il  eut  de  bonne  heure  le  goût  des 
lettres.  Il  entreprit,  en  1568,  une  série  de  voyages  qui  devaient 
compléter  ses  études.  La  première  ville  qu'il  visita  fut  Genève, 
où  il  arriva  vers  le  milieu  du  mois  d'août.  La  peste  l'empêcha 
d'y  faire  un  long  séjour.  Il  se  rendit  alors  à  Francfort-sur- 
Mein,  et  passa  l'hiver  à  Heidelberg,  chez  Emmanuel  Tremelius, 
«  l'homme  de  chrestieiité  qui  avoit  connoissance  de  plus  de 
langues,  mais  particulièrement  très-excellent  en  l'hébraïque  ». 
Le  nom  de  Mornay  figure  sur  les  matricules  de  l'Université,  à 
la  date  du  17  janvier  1500.  Son  précepteur,  Lazare 
Ramigny,  '  et  son  compagnon,  Théophile  de  Banos-,  s'ins- 


1.  Mme  (le  Mornay  avait  donné  pour  précepteur  à  son  fils  «  M.  Lazare 
Ramigny,  natif  de  Linsle  es  montagnes  de  Nice  de  Provence,  homme 
religieux  et  docte,  mais  veliement  selon  riiumeur  de  son  païs,  lequel  lui 
avoit  esté  adressé  par  M.  Mercier,  professeur  du  roy  en  la  langue 
hébraïque.  »  (Mémoires  de  madame  de  Mornay,  édition  revue  par 
madame  De  Witt,  née  Guizot,  1868,  I,  p.  21.)  Ramigny  fut  une  des 
dernières  victimes  de  la  Saint-Barthélémy  à  Pans.  Tandis  que  Mornay 
réussissait  à  fuir,  il  fut  massacré,  le  27  août  1572,  près  la  porte  Saint- 
Honoré.  {Ibid.,  I,  p.  46.) 

2.  Théodore  de  Banos,  originaire  de  Bordeaux,  avait  été  disciple  de  Pierre 
de  La  Ramée,  dont  il  publia  les  Commentarii  de  religione  christiana  et 
dont  il  écrivit  la  vie  (Francoforli,  -1576,  1577,  1583).  11  devint  pasteur  à 
Francfort  (1572-1578),  puis  s'occupa  d'afïaires  financières,  en  même 
temps  qu'il  fut  l'agent  de  divers  princes  allemands.  On  a  de  lui  plusieurs 
ouvrages.  Voy.  La  France  protestanie,  nouv.  éd.,  V,  col.  1121. 


H^  XXXV.  —  PHILIPPE   DE   MORNAY. 

crivirent  en  même  temps  que  lui  sur  les  registres.  A  Heidelberg, 
Philippe  étudia  l'allemand  et  a  y  profita  de  telle  sorte  qu'au 
bout  de  six  mois  n'y  avoit  livre  qu'il  ne  leust  et  entendist.  » 
Étant  à  Francfort  à  la  foire  de  septembre  1569,  il  fit  la 
connaissance  d'Hubert  Languet,  de  trente-un  ans  plus  âgé 
que  lui,  et  qui  lui  porta  dès  lors  une  affection  presque 
paternelle. 

De  Francfort,  Mornay,  toujours  accompagné,  à  ce  qu'il 
semble,  de  Ramigny  et  de  Banos,  se  rendit  à  Venise.  Il  y 
trouva  le  meilleur  accueil  auprès  de  l'ambassadeur  de  France, 
Paul  de  Foix,  et  du  successeur  de  celui-ci,  Arnaud  Du  Ferrier. 
Il  s'établit  à  Padoue  pour  y  continuer  l'étude  du  droit  qu'il 
avait  commencée  en  Allemagne,  et  se  perfectionner  dans 
l'escrime  et  dans  les  exercices  du  corps.  Bientôt  cependant  les 
persécutions  ordonnées  par  l'évêque  de  Padoue  contre  les 
protestants  l'obligèrent  à  quitter  cette  ville  et  à  retourner 
à  Venise,  où  il  passa  six  ou  sept  mois.  Ce  fut  là,  nous  l'avons 
dit  ci-dessus,  qu'il  se  lia  d'amitié  avec  François  Perrot'. 

Mme  de  Mornay,  à  qui  nous  empruntons  tous  ces  détails, 
continue  ainsi  : 


«  L'an  71,  il  partit  de  Venize  pour  faire  ung  tour  par  toute 
l'Italie,  costoyant  la  mer  Adriatique,  et  retourna  par  la  coste 
de  Thoscaue  jusqu'à  Gennes,  et  recherchant  de  lieu  en  lieu  le 
dedans  des  terres,  affin  que  rien  ne  luy  eschappast  à  voir  en 
tout  le  pais.  Pour  s'en  mieux  esclaircir,  il  avoit  recherché  et 
leu,  tandis  qu'il  estoit  de  séjour,  les  plus  notables  histoires, 
tant  generalles  que  particulières  de  l'Italie  et  de  tous  les 
eslatz,  principautés  et  republiques  d'icelle,  remarquant  non 
seulement,  comme  la  plus  part,  les  fondations,  naissances, 
progrès,  accroissemens  et  causes  d'icelles,  pareillement  les 
lieux  où  s'estoient  données  les  batailles  et  par  où  avoieni 
esté  a-^saillies  des  places;  dont  il  avoit  fait  un  recueil  fort 
ample  en  italien,  qui  est  à  Golongue,  entre  les  mains  do  Jehan 


i.  Voy.  noire  tome  I,  p.  356. 


XXXV.  —  PHILIPPE   DE   MORNAY.  lll 

Metellus,  Bourguignon  de  la  Franche  Comté  ',  avec  plusieurs 
autres  siens  papiers,  lesquels  je  n'ai  encores  peu  retirer  2.  » 

Mornay  visita  donc  toute  l'Italie,  passant  d'abord  par 
Ferrare,  où  il  observa  une  partie  des  tremblements  de  terre 
qui  avaient  commencé  au  mois  de  novembre  157i)  et  qui  se 
prolongèrent  pendant  sept  ou  huit  mois.  Il  eut  à  subir  à  Rome 
un  interrogatoire  qui  eût  pu  avoir  des  conséquences  tragiques; 
mais  il  fut  assez  heureux  pour  échapper  au  danger.  Il  gagna 
Milan  et  Crémone,  puis  traversa  le  Tyrol,  parcourut  l'Autriche, 
la  Hongrie,  la  Moravie,  la  Bohème,  l'Allemagne,  et  revint  à 
Francfort  pour  la  foire  de  137.1. 

Le  voyageur  avait  soin  de  rédiger  partout  un  journal  ;  il  est 
probable  qu'il  ne  se  servit  de  l'italien  que  pour  raconter  ses 
pérégrinations  en  Italie,  ainsi  que  le  fit  plus  tard  Montaigne.  Il 
serait  curieux  de  retrouver  cette  relation  ;  mais,  comme  M'»''  de 
Mornay  ne  réussit  pas  à  rentrer  en  possession  des  manuscrits 
de  son  mari,  nous  ne  pouvons  guère  espérer  d'être  plus 
heureux  qu'elle. 

Le  séjour  que  Mornay  avait  fait  en  Italie  lui  laissa  la  plus 
durable  impression.  Dès  que  son  fils,  Philippe  II,  marquis  de 
Bauves,  né  à  Anvers  le  20  juillet  1579,  fut  en  âge  d'aborder 
les  études  sérieuses,  c'est-à-dire  vers  1595,  il  voulut  qu'il  se 
rendît,  lui  aussi,  à  Padoue.  Le  jeune  homme  y  fut  accompagné 
par  son  précepteur,  appelé  Pésillau.  Dans  une  très  intéres- 


i.  C'est  à  Cologne  même,  que  Mornay  avait  connu  Jean  Matai,  0  ung 
docte  homme,  Bourguignon  de  la  Comté,  nommé  Metellus,  chassé,  non 
pour  la  religion  dont  il  ne  fait  pas  profession,  mais  pour  la  haine  du  cardinal 
de  Granvelle.  »  {Mém.  de  Mme  de  Mornay,  éd.  citée,  I,  p.  35.) 

L'humaniste  Jean  Matai,  né  en  15'20,  mort  en  1597,  avait  dû  étudier  en 
Italie.  En  1518,  Jean  Sayve,  de  Dijon,  reçu  docteur  es  droits  à  Pavie,  avait 
eu  pour  témoins  de  sa  promotion  :  «  Egregii  legiira  scol.ires,  D.  Franciscus 
Bonvalet,  Simo  Matai,  Tholozaniis.  et  Phileclus  Matai,  fratres,  diocesis 
Bisuutinensis  et  civilatis,  et  Marchus  Perret,  Viennensis  civitatis  et 
diocesis  ».  (Arcliives  notariales  de  Pavie,  actes  de  Riccardo  Rovesiale,  année 
1518  )  Simon  et  Philecte  étaient  fils  de  Henri  Matai,  mort  le  15  octobre 
1510  (Castan,  Catal.  des  incunables  de  Besançon,  1893,  p.  322). 

Sur  la  famille  Matai,  voy.  Clievalier,  Histoire  de  Poligny,  11pp.  412-415. 

2.  Mém.  de  Mme  de  Mornay,  t.  I,  p.  30. 


H2  XXXV.  —  PHILIPPE   DE   MORNAY. 

santé  lettre  adressée  à  sa  mère,  il  nous  donne  de  précieux 
détails  sur  son  séjour  à  l'université'.  Les  Français,  autrefois 
si  nombreux,  y  étaient  devenus  rares,  et  Philippe  les  évitait 
pour  ne  pas  risquer  d'être  trahi  et  inquiété.  11  avait  eu  l'heu- 
reuse fortune  de  trouver  chez  Charles  de  Harlay,  baron  de 
Dolot,  qui  résidait  alors  à  Padoue,  «  tout  ce  qui  se  pouvoit 
désirer  et  de  promptitude  d'affection  et  d'industrie  à  obliger 
ses  amis  »  ^ 

Le  23  juin  1597,  l'étudiant  était  encore  à  Padoue,  comme 
on  le  voit  par  une  lettre  de  Charles  de  Harlay  à  M.  de  Mornay 
père^;  mais  dans  sa  réponse,  en  date  du  29  juillet  1597, 
celui-ci  dit  qu'il  écrit  à  son  fils  pour  le  rappeler  \ 

A  son  retour  en  France,  le  jeune  Mornay  espérait  obtenir 
un  régiment  ;  quelques  imprudences  de  langage  qui  déplurent 
au  roi  et  un  duel  qu'il  eut  avec  M.  de  La  Marthonie  le  forcè- 
rent de  s'exiler.  Il  alla  servir  en  Hollande  dans  l'armée  du 
prince  Maurice,  et  fut  tué  à  l'attaque  de  Gueldres,  le  23  octo- 


1.  Mémoires  de  madame  de  Mornay,  éil.  cilée,  II,  18G9,  pp.  218-224.  — 
M'"*^  De  Witl  claie  la  lettre  de  1595. 

2.  Charles  de  Harlay,  né  en  1540,  était  le  troisième  fils  de  Christophe 
de  Harlay,  seigneur  do  Beaumont,  conseiller,  pnis  président  au  parlement 
(le  Parisj  et  de  Catherine  Du  Val.  Il  avait  étudié  à  Padoue,  où,  le 
31  juillet  1561,  il  avait  été  élu  conseiller  des  juristes  de  la  nation  de  Boin- 
gogue,  et,  le  lendemain,  conseiller  pour  la  nation  de  Provence  {Arch.  univ. 
de  Padoue,  reg.  X,  fol.  I3i,  14S  v").  Ajirès  avoir  été  employé  en  diverses 
négociations  diplomatiques,  il  chercha,  en  1585,  une  retraite  à  Padoue. 
Rappelé  en  France  par  ses  amis,  il  retoiu'ua  encore  une  fois  à  Padoue,  s'y 
fit  inscrire  de  nouveau  parmi  les  étudiants.  Un  fragment  de  matricule  qui 
nous  a  été  conservé  relate  son  inscription  à  la  date  du  28  septembre  1591, 
et  le  qualifie  «  Galus  Parisiensis,  cum  signo  in  digito  anuulari  »  {Arch. 
Univ.,  reg.  XXX,  fol.  63).  Ou  trouve  de  curieux  détails  sur  les  séjours  de 
Charles  en  Italie,  où  il  passa  en  tout  environ  quatorze  ans,  et  sur  un  court 
séjour  qu'il  fit  à  Bfile,  dans  une  lettre  par  lui,  de  Dolot,  à  .loseph  Scaliger, 
le  28  jinllet  1.599.  {Epislres  françaises  des  personnages  illiislres  et  doctes 
à  M.  Joseph  Juste  de  La  Scala,  I62i,  iu-8,  |(.  27'.^).  C'est  Charles  de 
Harlay  que  fra  l'aolo  Sar|ii  appelle  «  monsignor  Dollot  »  [Lettere  italiane 
sc.rilte  al  Sig.    MX  Isola  C.roslot,  1673,  pp.   31-37). 

Charles  Dreliucourt,  dans  une  épîtrc  dédicatoire,  en  date  du  7  juillet  1625, 
qui  précède  La  l'erseverance  di's  saints,  dit  que  Harlay  vient  d'accomplir 
sa  85e  année. 

.3  Mémoires  et  Correspondance  de  Duplessis -Mornay,  1824,  VII,  p.  21 9. 

4.  Ibid.,  Vil,  p.  300. 


XXXV.  —  PHILIPPE   DE   MORNaT.  Il3 

Bre  1605  ^  Le  sieur  Du  Plessis,  accablé  par  la  douleur,  se 
consacra  de  plus  en  plus  à  la  controverse  et  à  la  propa- 
gande religieuse.  Un  de  ses  rêves  favoris  était  de  faire  péné- 
trer la  réforme  à  Venise.  Il  faut  lire  dans  sa  correspondance 
les  lettres  qu'il  échangea  pendant  plusieurs  années  avec  fra 
Paolo  Sarpi^  avec  Pierre  Asselineau,  médecin  français  établi 
à  Venise  ',  avec  l'ambassadeur  d'Angleterre,  Sir  Henry  Wot- 
ton  '',  avec  le  théologien  Giovanni  Diodati  qui  lui  soumettait 
sa  traduction  italienne  des  Psaumes  ^  etc. 

Mornay,  que  l'on  peut  appeler  un  des  saints  de  l'Église 
protestante,  termina  sa  belle  vie  le  11  novembre  1623. 


1.  Voy.  M.-J.  Gaufrés,  Philippe  Mornay  de  Bauves,  dans  le  Bulletin 
de  la  Société  de  l'histoire  du  Protestantisme  français,  XVII  (1868), 
pp.  232-246,  257-279. 

2.  Mémoires  et  Correspondance  de  Uuplessis-Mornay^  182  i,  X,  pp.  255, 
328,  332,  336.  etc. 

3.  Ibid.,  X,  pp.  238,  246.  247,  291.  303.  etc.  —  Cf.  Fra  Paolo  Sarpi. 
Letlere  italiane  scritte  al  Sig.  Dell'  Isola  Groslot,  1673,  in-12,  pp.  14, 
28,  33,  51,  57,  81,  148,  151,  etc. 

4.  Mémoires  et  Correspondance  de  Duplessis-MornaT/ ,  X,  pp.  353,  355, 

6tC 

5.  Ibid,  X,  pp.  236,  244.  249,  252.  268,  etc..  etc.  —  Le  2  octobre  1608, 
Diodati  écrit  à  Mornay  :  «  Pour  mes  Psaulmes,  j'en  alteiulrai  encores  votre 
censure,  que  je  présume  debvoir  estre  autant  severe  que  véritable.  J'en 
perds  et  l'espérance  et  le  gonsl,  et  ne  sçais  si  je  m'y  remettrai.  De  Venise, 
ils  les  trouvent  trop  haults,  mais  beaux  et  pleins  d'air  ;  d'ailleurs,  ils  en 
jugent  aultrement  (p.  249),  » 


II.  -  8. 


XXXVI 
PHILIPPE  CAN4YE,  SIEUR  DE  FRESNE 


La  famille  Canaye  appartenait  à  la  grande  bourgeoisie  pari- 
sienne, à  celle  qui,  dès  la  fin  du  xv^'  siècle,  cessa  de  s'occuper 
exclusivement  de  commerce  pour  briguer  les  honneurs  muni- 
cipaux et  les  charges  judiciaires. 

Séverin  Canaye,  teinturier  à  Saint-Marcel  près  Paris,  cité 
dès  l'année  U95,  eut  de  Mathurine  Gobelin  '  quatre  fils.  L'un 
d'eux,  Philippe,  s'occupa  de  l'achat  des  plantes  tinctoriales 
dans  le  midi  de  la  France  ;  deux  antres,  Pierre  et  Jean,  diri- 
gèrent à  Paris  la  teinturerie  et  la  fabrique  de  tapis  ;  le  qua- 
trième, Jacques,  fut  avocat  au  parlement. 

De  bonne  heure,  les  Canaye  se  prononcèrent  en  faveur  de  la 
Réforme.  En  1 524,  Jean  était  en  correspondance  avec  Guillaume 
Farel,  qu'il  avait  connu  chez  Le  Fèvre  d'Étaples  -.  En  to29,  il 
accompagna  Milles  Perrot  en  Italie  ^  Plus  tard,  devenu  sei- 
gneur de  Fresne,  il  affecta  aux  prêches  sa  belle  maison  du 
Patriarche;  mais,  au  moment  du  tumulte  de  Saint-Médard,  il 
fut  dénoncé,  poursuivi,  et  dut  abandonner  sa  propriété  aux 


1.  France  protestante,  nouv.  éd.,  III,  fol.  683.  —  Séveriii  Caiiave 
possédait  encore  la  Ipinliirerie  en  1540  et  1541  (Coyecqiie,  Recueils  d'acîes 
notariés,  I,  19u5,  ii"''  1560,  20Hi)  ;  ce  n'est  donc  pas  sa  veuve,  Mathurine 
Gobelin,  qui  avait  éfiousé  eu  secondes  noces  Jacques  Cuvier,  marchand  et 
bourgeois  de  Paris,  mort  le  10  octobre  1532,  et  (jui  était  morte  elle-même 
le  14  septembre  1551  (Lebeuf,  Histoire  de  la  ville  et  de  tout  le  diocèse 
de  Paris,  éd.  Cocheris,  I,  p.  '200). 

2.  Hermiujard,  Correspondance  des  réformateurs,  I,  p.  240. 

3.  Ibid  ,  II,  p.  166. 


116  XXW'I.   —   PHILIPPE    CANAYE. 

œuvres  pies  (15t>2)  '.  A  la  fin  de  1571 ,  il  s'occupait  toujours  de 
son  industrie-  ;  mais,  l'année  suivante,  il  céda  la  teinturerie  à 
Michel  Charpentier  ^  fît  don  à  son  frère  Jacques  et  au  fils  de 
celui-ci  de  la  seigneurie  de  Fresne,  et  prit  le  parti  d'émigrer. 
Il  se  réfugia  d'abord  à  Cologne,  puis  à  Genève,  où  il  fut  reçu 
habitant  le  li  décembre  1573,  en  même  temps  que  François 
Perrot^  Philippe  avait  été  moins  heureux.  Il  avait  été  con- 
damné au  dernier  supplice  par  les  capitouls  de  Toulouse,  en 
I5G8,  pour  crime  de  lèse-majesté,  en  réalité  pour  cause  de 
religions  Quant  à  Pierre,  il  ne  joua  qu'un  rôle  secondaire,  et 
mourut  avant  1574". 


1.  Vùv.  France  protestante,  iiouv.  éd.,  IV,  col.  61  ;  Mémoiresde  Coudé, 
17i3,  lii,  pp.  602-605.  —  Cf.  Lebfiif,  Histoire  de  la  ville  et  de  tout  le 
diocèse  de  Paris,  éd.  Cocheris,  II,  pp  607,  73i.  —  Jacques  Canaye 
avait  pourlaiit  déclaré  devant  la  cour  de  parlement  que  Jean,  son  frère, 
n'était  pour  rien  dans  les  désordres  de  Saint  iMédaid  ;  que  la  maison  avait 
été  lonée  par  ledit  Je;in  «  à  un  nommé  Ange  de  Caule,  marcliandluquois  », 
lequel  l'avait  «  baillée  pour  y  faire  presches  contre  le  gré  et  volonté  dudit 
JeliiUi  Canaye  «.  Ce  dernier  avait  même  protesté  par  un  acte  notarié  en 
date  du  "25  novemltie  1561  (Félibien,  Histoire  de  la  ville  de  Paris,  1725, 
IV,  pp.  806-807). 

2.  Registre  des  délibérations  du  bureau  de  la  rille  de  Paris,  VI 
(1891),  p.  378. 

3.  Muhel  Charpentier,  successeur  des  Canaye,  obtint  un  brevet  du  roi  le 
8  février  1574.  Ce  brevet  fut  enregistré  au  parlement  le  1er  ,^i;„.^  157.3 
{Registre  des  delibératiims  de  la  rille  de  Paris,  111,  1886,  p.  102.  n.). 
—  La  vente  de  la  teinturerie  avait  eu  probablement  lieu  avant  la  Saint- 
Bartliélemy. 

4.  Voy.  notre  tome  I,  p.  358. 

5.  Une  ancienne  Histoire  de  Toulouse,  restée  manuscrite,  rapporte  que 
Philippe  Canaye,  «  marchant  parisien  fort  riche  et  puysant  eu  deniers,  feust 
convaincu  du  crisme  de  leze  magesté  et  de  favoriser  les  enuemys  du  roy  ; 
dont  il  feust  condampné  par  les  capilolz,  qui  lui  firent  son  procès,  à  estre 
pendu  et  estranglez,  ses  biens  confisquez,  estant  de  la  valeur,  comme  ou 
disoil,  de  cent  cinquante  mil  livres,  mais  si  tres-avaricieux  et  chiche  que 
plus  estre  ne  le  ponvoit,  ayant  gaigné  la  meilleure  partie  dans  Tholose  et 
pavs  circonvoisin  ;  et,  par  arrest  de  la  court  du  parlement,  le  jugement 
confirmé,  mis  à  exécution  en  la  place  du  Salin,  où  il  finit  ses  jours.  »  His- 
toire ijénérale  de  Languedoe,  éd.  Privât,  XII,  col.  877. 

Ni  Jean  Crespin.  ni  l'iiéodore  de  Bèze,  ni  même  La  France  protestante 
ne  rapportent  la  mort  de  l'inlipjje. 

6.  Il  est  question,  dans  une  lettre  de  Catherine  de  .Médicis  du  mois  de 
juin  157'i,  de  balles  de  pastel  appartenant  aux  héritiers  de  Pierre  Canaye  et 
à  divers  autres  négociants  {Lettres  de  Catherine  de  Médicis,  V,  p.  21).  Un 


XXXXI.  —    PHILIPPE   CANAYE.  117 

Jacques  Canaye,  né  vers  1513.  fut  également  suspect  d'hé- 
résie. Il  dut  même  se  retirer  à  Bourges,  en  1535,  avec  plu- 
sieurs étudiants  enclins  aux  idées  nouvelles  '.  Reçu  avocat  au 
parlement,  il  occupa  bientôt  une  place  éminente  au  Palais. 
En  1550,  il  fut  chargé,  comme  «  juge  de  marche  »,  d'une 
mission  à  la  fois  diplomatique  et  judiciaire  en  Suisse.  Avec 
Antoine  Morelet  du  Museau,  sieur  de  Marche-Ferrière,  égale- 
ment délégué  comme  juge  de  marche,  et  Mathieu  Coignet, 
procureur  du  roi,  il  prit  part  à  la  «  journée  de  marche  »  de 
Payerne  (juin-septembre  1550)^ 

En  1564,  il  fut  un  des  six  avocats  qui  rédigèrent  une  consul- 
tation contre  les  jésuites  ^  Il  resta,  du  reste,  fidèle  toute  sa 
vie  à  la  doctrine  protestante,  ce  qui  ne  l'empêcha  pas  d'être 
fort  considéré.  Il  mourut,  à  l'âge  de  80  ans,  le  i  février  1593^ 
Jacques  avait  épousé  Marie  de  Flécelles,  fille  de  Philippe  de 
Flécelles,  seigneur  de  Brégy,  vicomte  de  Corbeil.  Il  eut  de  ce 
mariage  un  fils  et  quatre  filles.'  Le  fils,  appelé  Philippe,  est  le 
personnage  dont  nous  avons  à  parler. 

Philippe  Canaye,  né  en  1551,  dut  faire  de  solides  études. 
Les  fils  de  bourgeois  qui  aspiraient  aux  offices  judiciaires  s'y 
préparaient  ordinairement  par  la  culture  des  humanités  et  du 
droit,  et  aussi  par  des  voyages  en  Italie  et  en  Allemagne.  Le 


autre  Pierre  Canaye  fut  conseiller  à  la  Chambre  établie  à  L'IsIe  en  Albigeois, 
et  mourut  vers  la  fin  d'août  1590.  Voy.  L'Estoile,  Mémoires-Journaux, 
éd.  Jouaust,  V,  p.  52. 

1.  Jacques  Aniyot  était  un  de  ces  étudiants.  Voy.  Th.  de  Bèze,  Histoire 
ecclésiastique,  \,  p.  16  ;  Herminjard,  Correspondance  des  réformateurs, 
m,  p.  273. 

2.  Ed.  hott.  Histoire  de  la  représentation  diplomatique  de  la  France 
auprès  des  cantons  suisses,  1  (I9U0),  p.  511. 

3.  Voy.  Adi'is  notable  et  Consultation  des  six  plus  fameux  advocats  du 
parlement  de  Paris  contre  les  frères,  eux  disans  jésuites,  ou  de  la  Société 
de  Jésus,  pris  sur  la  minute  signée  desdiis  avocatz.  1(326.  S.  1.,  in-8. 
(Biblioth.nat.,Ld39.  133.) 

Les  six  avocats  étaient  :  Estienne  Pasquier,  Robert  \.  de  Cliappe, 
Jacques  Canaye,  Guillaume  DuVair,  Jean-Baptiste  Du  Mesnil  et  Augustin 
de  ïhou 

i.  L'Esloile,  édition  Jouaust,  V,  p.  2l5.  —  Pierre  Pithou  et  Nicolas  Le 
Fèvre  lui  ont  consacré  des  épitaphes  latines  (Bibl.  nat,,  ms.  Dupuv  639, 
fol.  184). 


118  XXXXl.  —   PHILIPPE    CANAYE. 

jeune  Ganaye  suivit  l'exemple  que  lui  avaient  donné  les 
Perrot,  les  de  Thou  et  nombre  d'autres.  Il  visita  d'abord 
l'Allemagne.  Au  mois  d'août  ir)(»8,  il  se  fit  inscrire  comme 
étudiant  à  l'université  de  Ileidelberg'.  En  quittant  cette  ville, 
il  se  mit  en  route  pour  l'Italie.  Nous  savons  par  lui-même 
qu'il  était  à  Rome  le  14  mai  1572,  jour  de  lexaltation  du  pape 
Grégoire  XIII.  Il  quitta  Rome  pour  Venise,  où  il  retrouva  son 
cousin  François  Perrot,  qui  remplissait  les  fondions  de  secré- 
taire auprès  de  l'ambassadeur  Arnauld  Du  Ferrier  ^  Sur  l'ordre 
de  son  père,  il  allait  rentrer  en  France  pour  compléter  ses 
connaissances  juridiques  à  l'université  de  Valence,  quand  il 
reçut  des  nouvelles  inquiétantes.  Le  survivant  de  ses  oncles, 
Jean  Ganaye,  prévoyant  des  orages,  et  rendu  prudent  par  la 
fin  tragique  du  condamné  de  Toulouse,  se  décidait  à  quitter 
la  France.  Par  un  acte  du  14  juin  1572,  il  s'était  démis  au 
profit  de  Jacques  Ganaye,  son  frère,  et,  par  substitution,  au 
profit  du  fils  de  ce  dernier,  de  la  seigneurie  de  Fresne  (Fresne- 
lès-Rungis).  Quelques  semaines  plus  tard,  on  apprenait  à 
Venise  le  massacre  de  la  Saint-Bartliélemy. 

Pliilippe  Ganaye,  ou,  comme  on  dit  alors,  le  sieur  de  Fresne, 
jugea  qu'il  ne  devait  pas  se  bâter  de  repasser  les  Alpes.  Il 
resta  provisoirement  à  Venise,  et  il  y  était,  au  commencement 
d'octobre,  quand  y  arriva  M.  Massiot,  secrétaire  de  l'évêque 
de  Dax,  François  de  Noailles,  ambassadeur  à  Gonstantinople, 
qui  allait  rejoindre  son  cbef  à  Ilaguse.  Le  jeune  buguenot 
conçut  le  désir  de  mettre  à  profit  ses  loisirs  forcés  pour  visiter 
le  Levant.  Il  connaissait  l'esprit  large  et  tolérant  de  l'évêque 
de  Dax,  et  il  résolut  de  solliciter  la  permission  de  l'accompa- 
gner à  Gonstantinople.  11  partit  de  Venise  le  14  octobre  avec 
Massiot.  Assailli  par  le  mauvais  temps,  il  ne  put  débarquer  à 
liaguse  que  le  2  novembre.  Il  y  trouva  l'ambassadeur  qui  se 
disposait  à  retourner  à  son  poste,  et  qui  consentit  à  l'admettre 
dans  sa  suite. 


1.  Toepke,  Die  Matrikel  der  Universitcil  Heidelberi/,  II  (1880),  p.  48. 

2.  Voy.  notre  tome  I,   p.  357.  —  l'iusieurs  alliances  avec  la  famille 
(ioltelin  unissaient  les  Perrut  avec  les  Caiiave. 


XXXVI.  —   PHILIPPE    CANAYE.  119 

La  mission  quitta  Raguse  le  14  janvier  1573,  et  mit  six 
semaines  pour  gagner  Constantinople.  Elle  n'y  arriva  que  le 
soir  du  28  février.  Pliilippe  prolongea  son  séjour  sur  les  bords 
du  Bosphore  jusqu'au  9  juin  suivant.  Il  prit  alors  congé  de 
M.  de  Noailles  et  s'embarqua  pour  Venise,  où,  après  avoir  fait 
diverses  escales,  il  débarqua  le  20  octobre  suivant. 

Le  sieur  de  Fresne,  qui  parcourait  le  monde  pour  s'ins- 
truire, nous  a  laissé  un  journal  de  son  voyage,  et  ce  journal, 
il  l'a  rédigé  en  italien,  suivant  l'exemple  donné  par  Jérôme 
Maurand  et  par  Du  Plessis-Mornay. 

Deux  manuscrits  nous  ont  conservé  sa  relation  savoir  : 

A.  —  Biblioth.  nat.,  ms.  Dupuy  238,  fol.  23-58.  (Voy.  Léon 
Dorez,  Cnlal.  de  la  Collection  Dupuy,  1899,  I,  p.  245.) 

B.  —  Biblioth.  de  Carpentras,  ms.  448  (Lambert,  442', 
in- 8  de  159  ff .  ' 

On  lit  au  l*""  f.  du  manuscrit  B,  mais  d'une  autre  main,  cette 
note,  qui  soulève  toute  une  série  de  questions  : 

«  Nota  que  ce  voyage  a  esté  fait  en  l'an  1572,  en  compagnie 
de  M.  de  Nouailles,  evesque  d'Acqs,  ambassadeur  de  Constan- 
tinople, par  un  gentilhomme,  François  de  condition,  qui 
l'accompagna,  a  dessein  seulement  de  voyager  et  de  voir  le 
pays...  Il  n'a  pas  voulu  mettre  son  nom,  mais  celuy  d'un 
sien  cousin  damitié  ou  de  sang,  appelé  Papus,  avec  lequel  il 
faisoit  des  vers  italiens...  Or  ce  Papus,  mentionné  dans  cette 
relation,  est  M.  Papon,  autheur  si  célèbre  en  droict,  qui 
fleurit  quelques  ans  aprez  dans  Paris;  de  façon  que  ladicte 
relation  est  d'autant  plus  curieuse  qu'elle  contient  des  choses 
qui  se  sont  passées  en  un  voyage  faict  en  compagnie  d'un 
homme  tresfameux,  et  par  laquelle  nous  aprenons  l'itinéraire 
fort  exact  de  Raguse  à  Constantinople,  par  terre.  » 

Quelle  créance  mérite  cette  note,  dont  nous  ignorons  l'au- 
teur ?  Il  est  bien  difficile  de  le  dire.  Tout  d'abord,  il  convient 


1 .  Voy.  C.-G.-A..  Lambert,  Catal.  descriptif  et  raisonné  des  manuscrits 
de  la  Bibliothèque  de  Carpentras,  186:2,  I,  u.  268  ;  Duhamel  Catalouue, 
l,  1901,  p.  246. 


120  XXXVI.  —   PHILIPPE   CANAYE. 

d'écarter  ridentificalion  de  Papus  avec  le  jurisconsulte  Jean 
Papon,  né  à  Croizet,  près  de  Pioanne,  en  1505,  mort  à  Mont- 
brison,  en  1590  ;  mais  il  se  pourrait  que  le  volume  eût  effec- 
tivement porté  le  nom  d'un  ami  de  Canaye  appelé  Pappus. 
Un  Pierre  Pappus,  de  Toulouse,  avait  été  élu  recteur  des 
juristes  à  l'université  de  Padoue,  le  24  août  1540  (voy.  Arch. 
univ.  de  Padoue,  reg.  VI,  fol.  85  v^,  où  l'on  trouve  une  belle 
signature  autographe  :  Pietro  Pappus  ;  Facciolati,  Fasii  Gym- 
nasii  Patavini,  1757,  II,  p.  9).  Il  était  encore  en  charge  au 
mois  de  juillet  lo41,  quand  il  dut  se  faire  remplacer  pour 
cause  de  maladie  (reg.  VI,  fol.  120  v).  Le  9  avril  1543,  Pappus 
fut  pourvu  de  l'un  des  huit  offices  de  conseiller  lai  nouvelle- 
ment créés  au  parlement  de  Toulouse  {Cal.  des  actes  de  Fran- 
çois I"',  IV,  n°  12971).  Il  exerçait  toujours  son  office  à  la  mort 
de  Henri  II  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  4402,  fol.  ICI  v°),  et  rien 
n'empêche  de  supposer  que  son  fils  avait  été  un  ami,  un  com- 
pagnon d'études  de  François  Perrot.  Les  deux  familles  avaient 
pu  se  lier  quand  Philippe  P""  Canaye  habitait  Toulouse. 

Les  deux  manuscrits  sont  la  copie  du  même  original  ; 
cependant  le  second  est  probablement  plus  ancien  et  paraît 
contenir  certains  passages  qui  ont  été  supprimés  dans  le 
volume  de  Paris.  Il  est  regrettable  que  M.  Hauser,  à  qui  nous 
devons  une  édition  du  journal  de  Philippe  Canaye,  n'ait  pas 
connu  le  texte  de  Carpentras,  et  n'en  ait  pas  donné  la  colla- 
tion. Peut-être  aurait- il  réussi  à  résoudre  la  question  que 
soulève  la  note  du  second  manuscrit. 

Voici  le  titre  de  l'édition  récemment  publiée  : 
Le  Voyage  du  Levant  de  Philippe  Du  Fresne-Canaye(1573), 
publié  et  annoté  par  M.  H.  Hauser,  chargé  de  cours  à  l'uni- 
versité de  Clermont-Ferrand.  Paris,  Ernest  Leroux,  éditeur, 
28,  me  Bonaparte,  28.  [Angers,  imprimerie  de  A.  Burdin,  rue 
Garnier  4.]  M.  D.  CCC.  XCVII  [18'.t7J.  Gr.  in-8  de  1  f..  xxxvij 
pp.,  1  f.,  3;j2  pp.  et  2  lï.,  plus  un  portr.  de  Sélim  II,  une  carte 
et  2  ligg. 

Le  faux-titre  porte  :  lieciieil  de  Voyages  et  Documents  pour 


XXXVI.  —    PHILIPPE   CANAYE,  121 

servir  à  Vhlstoire  de  la  géographie  depuis  le  xill®  jusqii'à  la  fin 
du  XVI''  siècle,  publié  sous  la  direction  de  MM.  Ch.  Schefer, 
membre  de  Vlnstitut,  et  Henri  Cordier.  —  Le  titre  est  suivi 
d'une  dédicace  à  M.  Schefer. 

L'édition  que  nous  venons  de  citer  nous  dispense  de  donner 
aucun  extrait  de  l'ouvrage  de  Canaye  ;  il  nous  suffira  d'en 
reproduire  les  premiers  mots  : 

Quantumque  honorevole  e  bella  cosa  sia  il  cercar  molti 
paesi  e  con  la  notitia  délie  lingue  strane  e  esperieiiza  délie 
cose  del  rnoodo  renderse  degno  del  governo  e  maneggio  di 
esse,  nientedimeno  ...» 

A  la  fin,  le  manuscrit  de  Carpentras  contient  une  phrase  qui 
manque  dans  celui  de  Paris  (nous  l'imprimons  en  italiques)  : 

«  Alli  20  di  ottobre  hebbituo  libéra  pratica,  et  aceoinpagnali 
délia  carissima  brigala,  tornammo  aU'inclyta  Venetia  et 
visitammo  l'illustrissimo  imbasciatore  mous'"  Du  Ferrier,  dal 
quale  per  sua  cortesia  bumanissimamente  fummo  ricevuti, 
et  quella  sera  con  molti  giorni  seguenti  stettimo  in  convitti 
et  feste,  non  curandosi  d'altro  che  di  sollicitar  i  sa^'tori  per 
panni  nuovi  de'  quali  cerlo  in  grandissimo  bisogno,  corne 
anchora  di  molle  altre  ose,  per  la  lunghezza  del  viaggio  ci 
ritrovavam.0. 

«  Hora  prego  la  inaeslà  del  eterno  Iddio  ...  un  perpétue  et 
securissimo  riposo.  » 

Philippe  Canaye,  rentré  en  France  dans  le  courant  de  l'année 
1574.,  termina  ses  études  de  droit  et  brigua  des  fonctions 
judiciaires.  Les  cours  souveraines  n'admettaient  pas  de 
huguenots  dans  leur  sein  ;  il  réussit  pourtant,  au  printemps  de 
1580,  grâce  à  une  intervention  personnelle  du  roi,  à  être 
pourvu  d'un  office  de  conseiller  au  grand  Conseil  '. 

Nous  n'insisterons  pas  sur  la  carrière  politique  de  notre 
auteur;  nous  aimons  mieux  parler  de  ses  travaux  littéraires. 
11  faisait  des  vers  latins  ;  nous  trouvons  trois  pièces  de  lui 

1.  Lettres  missives  de  Henri  IV,  l,  p.  29;2. 


122  XXXVI.  —    PHILIPPE    CANAYE. 

«  ad  sociales  ^  clans  le  Tombeau  d'Odet  de  Toiirnebii,  1582  '.  On 
rencontre  aussi  une  ode  signée  de  lui  dans  le  Tombeau  de  Jean 
de  Morel-.  Chargé,  en  1586,  par  le  roi  de  Navarre,  d'une 
mission  à  l'étranger,  il  passa  plusieurs  mois  à  Lausanne 
auprès  de  François  de  La  Noue.  Il  obtint  alors  communication 
des  Discours  politiques  et  militaires  composés  par  le  capitaine 
protestant,  en  prit  copie,  et  les  publia,  l'année  suivante,  à 
l'insu  de  l'auteur  ^ 

Pendant  son  séjour  en  Suisse,  notre  auteur  entra  en  relations 
avec  Henri  Estienne,  cjui  lui  dédia,  en  1587,  sa  dissertation  sur 
les  criticiues  anciens,  grecs  et  latins''. 

En  1588,  le  sieur  de  Fresne  publia  une  réfutation  du  mémoire 
dans  lec|uel  le  jurisconsulte  ligueur  Matteo  Zampini  s'efforçait 
de  combattre  l'ordre  de  succession  au  trône  traditionnelle- 
ment établi  en  France  ^  Cette  même  année,  on  trouve  un 
sonnet  signé  de  ses  initiales  à  la  suite  du  Paradoxe  d'Odet  de 
La  Noue  ^ 


1 .  JNoiis  consacrons  plus  loin  une  notice  à  Odet  de  Tournebu  et  nous 
parlons  nalurellenient  de  son  Tombeau. 

2.  V.  C.  Joari.  Morelli  Ebredun.,  consilidrii  oeconoinique  regii,  niode- 
raloris  illuslrissittii pnncipis  Hem  ici  Eiif/ulisinaei  muijni  Francuie  pi'ioris, 
Tuniiiliis  (Parisiis.  apiul  Federiciiiu  .Moreiliun,  15X3,  in-i),  p.  "li . 

3.  biscnurs  politiques  et  tnililaires  du  seifjnear  de  La  Noue  nouvellement 
recueillis  et  mis  en  lumière.  A  Basle,  par  François  Forest,  1587.  I11-8. 

Souvent  réimprimés,  traduits  en  ani^lais  et  en  allemand. 

4.  De  criticis  veteribus,  fjraecis  et  lutinis.  eorumque  apud  poêlas  potis- 
simum  reprehcnsionibus.  Disserlalio  Henriri  Stephani.  Parisiis,  1587. 
In-l.  (Uenonard,  Annales  de  l'imprimerie  des  Estienne,  2^  éd.,    p.  151.) 

5.  Ad  'Iractuium  Mattaei  Zampini,  ./.  (J.  liicunatensis.  de  successione 
praerogativae  primi  pnncipis  Frnnciae.  ornaliss.  viri  P.  (!.  A.  F. 
[Fhilippi  (lanayc  a  Fraxino],  civts  parisiensis  et  reqii  consiliarii, 
liesponsio.  1588.  (Bibiiolli.  nal..  Lli.3''.  431.)  .\nUe  édilioii  :  Framofnrti, 
apud  hereib'S  .\ndreae  Weclieli,  Claudium  .Marninm  et  Joann.  Aubrium, 
158'J.  In-8.  (liibliotb.  de  Berne,  W.  159,  art.  6.) 

Celte  réponse  est  ordinairement  aUribnée  à  François  Hotman  ;  mais  ni 
les  initiales,  ni  la  qualité  de  consiliarius  reijius  ne  Ini  conviennent.  Ilotinan 
a  composé  un  autre  traité  imprimé  sous  ce  nom  :  De  Jure  successionis  iii 
regno  Francorum   etc.  1588,  in-N''.  (Biblintli.  nat.  Bb-"  432.) 

Nous  consacrerons  à  Matteo  Zampini  un  article  détaillé  dans  le  second 
livre  de  notre  liisloire  litiéraire. 

G.  Paradoxe  que  les  adversités  sont  ])lus  nécessaires  que  les  prospérités, 
etc.  (Genève,  Jean  de  Tournes,  lo88,  in-<S).  p.  45. 

Odet  de  La  Noue  est  l'objet  d'une  des  notices  qui  suivent. 


XXXVI,  —  PHiLIPPE   CANAYE.  123 

Philippe  travaillait  alors  à  un  grand  ouvrage,  une  sorte  de 
refonte  de  VOrganou  d'Aristote,  qui  parut  au  commencement 
de  l'année  suivante  '. 

Des  voyages  politiques  en  Allemagne,  en  Angleterre  et  en 
Danemark  interrompirent  alors  les  travaux  littéraires  du  sieur 
de  Fresne-.  Il  fut  appelé  par  Henri  IV,  en  1593,  à  la  confé- 
rence de  Mantes  ^  et  prit  part  pendant  les  années  suivantes  à 
des  négociations  délicates  engagées  sur  divers  points  de  la 
France  \  Il  présida,  depuis  le  mois  de  novembre  1595  jusqu'au 
printemps  de  1590,  la  chambre  de  l'Édit  établie  à  Castres  en 
Albigeois,  et  quatre  des  harangues  prononcées  par  lui  devant 
cette  juridiction  ont  été  publiées  comme  des  modèles  du 
genre  \ 

Canaye  était  alors  en  communion  d'idées  et  en  correspon- 


\.  L'Organe,  c'est-à-dire  l' Instrument  du  discours,  divisé  eu  deux 
parties,  sçnvoir  est  :  l'analijtirjue  pour  discourir  véritablement,  et  la 
dialectique  pour  discourir  probabkntent.  Le  tout  puisé  de  COnjane 
d'Aristote  par  M.  Philippe  Canai/c,  sieur  de  Fresne.  Par  Jean  de  Tournes, 
S.  I.  n.  (i.  [Genève,  158UJ,  in-foi. 

En  tèle  de  l'ouvrage  est  une  épître  au  roi,  datée  de  Lausanne,  le 
28  février  1589. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  R.  339;  Brilisli  Muséum,  519.  K.  J5. 

Le  volume  a  reparu  avrc  un  nouveau  tilie  : 

A  Genève,  par  Jean  de  Tournes,  16^8  (Biidiotli  d'Amiens,  Se.  et  A.  292.) 

2.  Vov  Recueil  des  lellres  missives  de  Henri  IV,  II,  pp.  421-425;  III, 
pp.  60-62,  129-135    174,  502,  505 

3   Ibid  ,  III,  p.  806. 

4.  L'Estoile,  éd.  Jouaust,  VI,  p.  107  ;  Recueil  des  lettres  missives  de 
Henri  IV,  IX   pp.  408-ill  ;  V,  pp.  279-280,  etc. 

5.  Renioiistrance  laicte  en  la  cour  et  chambre  de  l'Ediet  e^tahlie  à 
Castres  d'Albigeois  pour  le  ressort  du  parlement  de  Tholose,  à  l'ouverture 
des  audiences,  le  lendemain  de  la  Saint-Martin  1595. 

Harangues  et  Actions  publiques  des  plus  rares  esprits  de  notre  temps 
(Paris,  1609,  in-8j,  p.  313. 

Discoiu's  faict. . .  en  iadicte  chambre  le  21.  mars  1596  sur  ce  que  le 
substitut  du  procureur  gênerai  créé  par  le  roy  en  icelle  a  requis  qu'il  pleust 
à  la  cour  ordoinier  que  grâces  publiques  fussent  rendues  à  Dieu  de  la 
réduction  de  la  ville  de  Tholose  et  plusieurs  autres  à  l'obeyssance  du  roy. 
Ibid.,  p.  359. 

Discours  faict...  en  Iadicte  chambre  le  4.  avril  1596,  sur  la  closture  des 
audiences  devant  les  testes  de  Pasques.  Ibid.,  p.  385. 

Piemonstrance  faicte...  en  Iadicte  chambre  sur  l'ouverture  des  audiences 
après  Quasimodo.  Ibid.,  p.  391. 


124  XXXVt.   —    PHILIPPE    CANAYE. 

dance  suivie  avec  tous  les  cliefs  du  parti  protestant,  en  parti- 
culier avec  Pliilippe  de  Mornay.  En  1595,  Isaac  Casaubon,  lui 
dédiait  son  édition  de  Suétone  '  ;  en  1596,  Denis  Le  Bey  de 
Batilly  lui  dédiait  le  52^  de  ses  Emblemata.  Le  5  mai  IGOO,  il 
alla  visiter  Mornay,  qui  était  malade  à  Fontainebleau  -. 
Cependant,  le  10  avril  1601,  le  même  Canaye,  qui  avait  tou- 
jours été  regardé  comme  un  des  plus  fermes  soutiens  du  parti 
réformé,  suivit  l'exemple  du  roi  et  abjura  le  protestantisme. 
Ses  amis  jugèrent  sévèrement  une  conversion  que  l'ambition 
politique  paraissait  seule  inspirer ^  Peu  après,  il  fut  en  effet 
appelé  à  l'ambassade  de  Venise,  poste  qu'il  enviait  sans  doute 
depuis  longtemps. 

Le  sieur  de  Fresne  avait  fait  ses  preuves  comme  diplomate 
dans  les  missions  difficiles  que  lui  avait  confiées  Henri  IV  ; 
Il  avait  eu  souvent  aussi  des  affaires  à  traiter  avec  les  agents 
italiens  \  et  la  connaissance  qu'il  avait  de  la  langue  parlée 
au-delà  des  monts  lui  avait  sans  doute  été  fort  utile.  Elle  lui 
fut  plus  utile  encore  à  Venise,  où  il  joua  bientôt  un  rôle  des 
plus  importants.  Il  sut  faire  revivre  l'influence  française,  et 
réussit  à  raccommoder  la  république  avec  le  pape  Paul  V,  Sa 
correspondance,  publiée  en  1635  ^  nous  permet  de  juger  de 
son  activité.  On  y  remarque  un  assez  grand  nombre  de  lettres 
italiennes. 

Le  nouveau  converti  n'était  pas  fanatique  ;  aussi  parvint -il 
à  renouer  ses  relations  avec  la  plupart  des  amis  que  son  abju- 
ration avait  blessés.  Nous  avons  déjà  parlé  des  lettres  qu'il 
eut  l'occasion  d'échanger  avec  François  Perrot".  Casaubon, 
qui  l'avait  d'abord  traité  de  misérable  ",  finit  par  se  récon- 


1.  [Genève],  Jacques  Chouet,  1595,  iii-4. 

2.  i/Estoile,  L'd.  Jouaust,  Vil.  |i.  375. 

3.  Ibid..  VII,  pp.  287,  396,  303. 

i.  Voyez  i)ot;immHiit  Abri  Desjardiiis.  Néfjociations  diplomullques  de 
la  France  avec  lu  Toscane.  V,  p|i.  458.  403. 

5.  Lettres  et  Ambassade  de  niessire  Philippe  Canai/e,  seiijneur  de 
Fresne,  conseiller  du  roij;  avec  un  sommaire  de  sa  vie  [par  le  P.  Hubert 
He;/nault]. . .  Paris,  1635-1G36.  3  vol.  iii-fol. 

i».  Vov.  notre  tome  I,  p.  371. 

7.  L'Èstoile,  éd.  Jouaiisl,  VII,  p.  396. 


XXXVI.  —   PHILIPPE    CA.NA.YE.  125 

cilier  avec  lui,  et  composa  plus  tard  son  épitaphe.  Cependant 
Joseph  Scaliger  lui  garda  rancune  ^ . 

Parmi  les  hommes  avec  lesquels  il  eut  l'occasion  de  lier 
amitié  pendant  son  séjour  à  Venise,  il  faut  citer  fra  Paolo 
Sarpi,  qui  continua  de  correspondre  avec  lui  quand  il  fut 
rentré  en  France  ^ 

Philippe  quitta  Venise  vers  la  fin  de  septembre  1607.  Il 
mourut  à  Paris,  rue  Pavée,  au  logis  de  M.  de  Mesmes,  le 
25  février  1610.  «  On  disoit  que  l'avancement  qu'il  s'estoit 
promis  par  le  changement  de  sa  religion  Tavoit  trompé,  et 
que  le  roy,  lui  aiant  failli  de  promesse  et  garant  de  ce  costé 
là,  avoit  miné  toutes  ses  affaires,  ses  desseins  et  sa  maison^» 

Fra  Paolo  Sarpi,  qui  ne  faisait  aucune  différence  entre  les 
catholiques  et  les  protestants,  fut  plus  juste  envers  lui.  Le 
30  mars  1610,  il  écrivait,  de  Venise,  à  Jérémie  Groslot,  sieur 
de  Llsle  :  «  Ho  sentito  molto  dispiacere  délia  morte  di  Monsieur 
de  Fresnes,  per  la  perdita  che  ha  fatto  il  re  de  un  buon  servi- 
tore.  Non  credo  che  in  Francia  sia  forse  un  altro  che  meglio 
intenda  le  cose  d'Italia  ^  » 


i.  On  lit  dans  les  Scalujerana  (Coloniae  Agrippinae,  aputl  Gerbrandum 
Scagen,  1667,10  12),  p.  M:  «  M.  de  Frênes  Canaye,  ambassadeur  à 
Venise.  Vidi  epistolam  quam  scribit  ad  Causnbonitm  [sic]  ;  nescio  quid 
velit.  C'est  du  latin  li'Amphithealrum.  (^asanbun  Iny  a  bien  écrit  autre- 
ment. »  Plus  loin,  p.  86,  on  lit  encore  :  «  Monsieur  de  Fresnes  miserrimo 
stylo  scribit,  ila  ut  non  intelligatur.  »  —  L'ouvrage  auquel  Scaliger 
compare  le  latin  de  Canaye  est  le  célèbre  Amphitheatnim  honoris  du 
jésuite  anversois  Carolus  Scribainis. 

2.  Fra  Paolo  Sarpi,  Lettere  italiane  scrilte  al  sirjnor  Dell'  Isola  Groslot, 
1673,  in-12.  p.  10  et  p.  4  ;  L'Estoile,  éd.  .louaust,  IX,  p.  21 . 

3.  L'Estoile,  éd.  Juuaust,  X,  [ip.  151-152. 

4..  J.ettere  di  fra  Paolo  Sarpi'  al  Sianor  Dell  Isola  Groslot,  1673,  in- 
12,  p.  237. 


XXXYII 


FRANÇOIS  FLOHY 


François  Flory,  originaire  de  Lille,  tenait  à  Anvers  une 
école  de  commerce.  L'arithmétique  et  la  comptabilité  formaient 
le  fond  de  son  enseignement  ;  il  y  joignait  les  langues  étran- 
gères, et  spécialement  l'italien,  qui  était  au  xvF  siècle  la 
langue  commerciale.  Nous  ne  saurions  dire  ni  où  Flory  avait 
puisé  ses  connaissances,  ni  quand  son  école  fut  fondée,  ni 
combien  de  temps  elle  subsista.  Nous  ne  savons  du  modeste 
auteur  que  ce  qu'il  nous  apprend  lui-même  dans  les  préfaces 
de  ses  ouvrages.  Nous  admirons  en  lui  un  homme  tout  entier 
appliqué  au  travail  et  réussissant  à  vivre  grâce  à  une  assiduité 
de  tous  les  instants.  Cette  assiduité,  il  la  recommandait  du 
reste  à  ses  élèves,  comme  nous  le  voyons  par  une  belle  lettre 
autographe  de  lui,  conservée  dans  VAlbum  amïcornm  de  Jean 
Rademaker  ou  Rotarius.  Celte  lettre,  datée  de  1572,  est 
adressée  à  deux  jeunes  gens,  Gilles  et  Arnold  Hooftman  '. 

Le  premier  ouvrage  de  Flory  qui  nous  soit  connu  est  la  tra- 
duction française  de  la  Descrillione  di  tutti  i  Paesi  Bassi  de 
Lodovico  Guicciardini  (1567)  -.  Cette  traduction  est  à  la  vérité 

1.  Piblioth.  (le  FUiiiversité  de  Gand,  ms.  G  3521.  (Gomnuinicalion  de 
M.  Ferd.  Vaiider  llaeghen.) 

2.  Description  de  tout  le  Pais  Ras. . .  Avec  diverses  cartes  géographiques 
dudit  pais,  aussi  le  pourtrait  d'aucunes  villes  principales  selon  leur  vray 
naturel. . .  Avec  un  ample  discours  sur  le  faict  de  la  négociation  et  trafique 
(les  marcliandises  qui  se  f  lit  audit  païs.  En  Anvers,  par  Guillaume  Silvius, 
1567  [etl568].In-fol.(Bibliotli.nat.,lnv.  M.-2181.)  Voy.  Brunet,  II,  1806. 


128  XXXVII.  —   FRANÇOIS    FLORY. 

anonyme  ;  mais  le  maître  d'école  anversois  nous  apprend  an 
début  de  l'ouvrage  suivant  (fol.  a  2)  qu'il  en  est  l'auteur. 

En  1572,  Flory  fit  paraître  un  second  ouvrage,  dont  voici 
la  description  : 

Tariffe,  ou  Table  11  proportionnelle  des  II  changes  en  Anuers 
et  ail-  I!  leurs,  sur  plusieurs  places  de  l'Europe,  k  \\  leur 
retour,  pour  soudain  trouuer  son  II  compte  faict,  en  quelque 
calculation  que  II  ce  soit.  Ensemble  vue  Réduction  de  mon-  II 
noyés,  poids  k  aulnages  de  plusieurs  villes  II  oV:  Régions 
foraines,  a  l'argent,  poids  &  ||  mesure  d'Anuers,  et  d'entre 
elles,  Tresuti-  Il  le  &  profitable,  a  toute  sorte  de  Mar-  II  chants. 

Il  Par  François  Flory  II  de  Lille,  arithméticien.  II  La  Table  i.V: 
l'Epistre  au  Lecteur,  mon-  ||  strent  le  contenu  k  vtilité  du 
liure.  Il  En  Anuers,  \\  Par  Gilles  vanden  Rade,  pour  ledit  Flory. 

I1 1^72.  Il  Auec  priuilege  pour  ||  buict  ans.  —  I^Au  milieu  de  la 
p.  797  :]  En  Anuers,  \\  De  Vimprimerie  de  \\  Gilles  vanden  Rade, 

Il  VAn  M.  D.  LXXIL  In-8  de  A  ff.  lim.,  1  f.  blanc  et  797  pp. 

Les  fl.  lira,  comprennent  :  le  titre;  des  vers  italiens  de 
Cenno  Poggini  ',  et  un  sonnet  français  de  ce  Jean  Rade- 
maker,  dont  nous  avons  cité  V Album  amicorum  :  la  table; 
une  épîlre  «  A  magnifique,  vertueux  et  honorable  S.,  le 
seigneur  Gilles  Hooftman  »,  datée  d'Anvers,  le  8  mai  1572; 
un  avis  h  Au  lecteur  débonnaire.  » 

Voici  la  pièce  italienne  et  la  pièce  française  : 

Senno  Poggini  a  M.  Francesco  FLori  sopra  la  présente  opéra. 

Francesco,  quel  che  Tarte  mercantile 
Seguon  con  speme  d'acquistar  thesori, 

1.  Cenno  ou  Senno  Poggini  habita  longtemps  les  Pays-Bas  et  la  France. 
Un  sonnet  de  lui  se  lit  en  lèle  de  la  Description  de  tout  le  Païs  Bas,  tra- 
duite de  Lod.  Guiiciardini  par  Fiorv  (1567),  fol.  *iij  \°  Uu  second  sonnet, 
placé  en  tèle  du  Thresor  d'esrriture  de  Jean  de  Beaurliesne  (1580),  nous 
apprend  que  Poggini  était  alors  fixé  à  Lyon  (Baudrier,  Bibliographie  hjon- 
naise,  IV,  p.  8)  Deux  autres  sonnets  de  lui,  «  in  Iode  délia  città  di  Lione  » 
et  «  in  Iode  di  .M.  Niccoli)  Arrighi  »,  se  trouvent  dans  Le  Historié  delta 
città  di  Fiurenza  de  Jacopo  iXardi  (Lione,  1582,  ia-4),  fol.  XX  2. 


XXXVII.  —   FRANÇOIS   FLORY.  129 

Vi  sien  sempre  obligaii  &  debiiori, 

Per  quesla  opra  di  voi,  non  bassa  o  vile, 

Quai  moslra  lor  con  ben  purgato  stile 
L'qso  de'  cambi  et  di  più  argenti  et  ori, 
La  lor  valuta,  e  a  schivar  quelli  errori 
Ghe  schivar  cerca  ogni  spirlo  soLtile; 

Oltra  di  queslo,  le  raisure  e  i  pesi 
D'Italia,  Spagna,  Germania,  Inghlilerra, 
El  Francia,  e  Flandra  e  lutli  i  lor  paesi  ; 

Onde  al  nome  di  voi  faccia  ogni  hor  guerra 
La  Morte  e  il  Tempo,  a  i  nostri  danni  accesi, 
Ch'ella  mai  non  sarà  spenla  o  sol  terra. 

Sonnet  de  Jan  Hadermacker  : 

Laissant  autrui  priser  les  escripts  inutiles. 
Contraires  a  vertu,  corrompans  bonnes  mœurs, 
Je  suis  esmeu,  Flori,  a  louer  tes  labeurs 
Qui  rendront  aux  marcbans  leurs  comptes  plus  faciles. 

Du  temps  en  gaigneront  les  prompts  et  plus  habiles, 
Les  entouillez  seront  délivrez  des  erreurs, 
Les  apprentifs  aussi,  avec  moins  de  labeurs, 
Plus  que  devant  seront  à  leurs  maistres  utiles. 

Dieu  fasse  tes  vertus  de  plus  en  plus  fleurir, 
Sans  que  de  ton  esprit  la  fleur  puisse  flestrir. 
Tant  que  la  marchandise  aura  son  cours  au  monde  ! 

Et  de  cest  œuvre  soit  le  payement  parfait, 
Gomme  les  vertueux  t'en  porteront  souhait. 
Puis  qu'ayde  et  grand  profit  au  commun  en  re  ionde  ! 

British  Muséum,  523,  c.   18.  —  Biblioth.  de  Hambourg. 
Voy.  Bulletin   du  Bibliophile  belge,  publié  par   F.  Heussner, 
XIV  (1838),  p.  333. 

Tout  en  instruisant  ses  élèves  et  en  rédigeant  ce  manuel  de 
change,  Flory  s'occupait  à  traduire  en  italien  les  Nacigations 
de  Nicolas  de  Nicolay,  seigneur  d'Arfeville.  Le  voyageur  dau- 
phinois avait  accompagné  M.  d'Aranion  en  1551, lorsque  celui- 

II.  —  9. 


130  XXXVII.  —    FRANÇOIS   FLORY. 

ci  était  retourné  à  Constantinople  en  passant  par  Alger,  Malte, 
Tripoli  et  les  îles  de  l'Archipel.  Il  était  resté  un  temps  assez 
long  eu  Turquie,  et  il  avait  publié  chez  Guillaume  Roville,  à 
Lyon,  en  1567,  Les  quatre  premiers  Livres  des  navigations  et 
pérégrinations  orientales,  excellent  ouvrage,  enrichi  de 
soixante  belles  figures,  gravées  d'après  des  dessins  de  l'auteur. 
Le  succès  de  ces  quatre  livres  avait  été  grand  ;  aussi  l'impri- 
meur anversois  Guillaume  Silvius  fit-il  exécuter  d'habiles 
copies  des  figures,  et  piiblia-t-il  le  livre  successivement  en 
français,  en  allemand  et  en  flamand.  Il  voulut  aussi  donifer 
une  édition  italienne,  et  il  chargea  Flory,  qui  sans  doute  avait 
appris  l'italien  à  Venise,  et  qui  enseignait  cette  langue  dans 
son  école,  de  faire  la  traduction.  L'honnête  Lillois  se  mit 
couiageusement  à  l'œuvre,  et  les  voyages  de  Nicolay  parurent 
en  1576  sous  le  titre  suivant  : 

Le  11  Nauigationi  II  et  Viaggi  nellajjTurchia,  di  Nicole  11  de 
Nicolai  del  Delfinato  II  Signor  d'Arfevilla,  Camerierc  k  Geo- 
grafo  Ordi-  il  nario  del  Re  di  Francia,  con  diuerse  singo- 1|  larità 
in  quelle  parti  dall'Autore  H  viste  èc  osseruate.  Il  Nouamente 
tradolto  di  Francese  in  uolgare,  Il  da  Francesco  Flori  de  Lilla, 
Arithmetico.  Il  Con  sessanta  figure  al  naturale  si  d'huomini 
come  II  di  Donne,  seconde  la  varietà  délie  nationi,  i  H  loro  por- 
tamenti,  gesti,  habiti,  leggi,  rili,  H  costumi  k  modo  di  viuere, 
in  tempo  di  pace  11  &  di  guerra.  Il  Con  varie  belle  k  niemorande 
historié  nel  11  nostro  tempo  auenute.  ||  In  Anuersa,  M.  D.  LXXVI 
[1576].  Il  Appresso  Guiglielnio  Siluio  \\  stampatore  Reglo.  In-i  de 
8  ff.  lim.,  400  pp.  très  inexactement  chiffr.,  15  ff.  de  table  et 
1  f.  blanc. 

Le  titre  est  entouré  d'un  encadrement  et  porte  une  petite 
marque  de  Guillaume  Silviu-;,  avec  la  devise  :  Scniltimini. 

Le  f.  *2  contient  une  épîlre  dédicatoire  qu'il  nous  parait 
intéressant  de  reproduire  : 

«  Al  serenissuno  cl  inv'Uissimo  principe  il  signor  don  Giovanni 
d'Austria^  etc. 

«<  Mosso  da  ardente  desiderlo  di  impiegare  ad  utile  conuine 
quel  talento  da  Dio  prestalomi,  fui  da  alcuni  aniici  niiei  di 


XXXVII.   —    FRANÇOIS    FLORY.  131 

pari  desio  stimulato  al  tradurre  queste  presinti  Navigationi 
et  Peregrinalioni  del  dolto  et  virluoso  M.  N.  de  Nicolay, 
cameriero  et  g^  ographo  ordinario  de  la  Corona  di  Francia.  Et 
avenga  cbe  di  prima  inslanza  io  mi  diiïîdassi  di  me  stesso, 
dubitando  cbe  non  mi  riuscisse  l'impresa  come  barei  voluto, 
perô,  conforlato  da  coloro  cbe  più  di  me  intendevano,  final- 
mente  l'accettai,  considerando  fra  me  stesso  cbe  tal  soggetto 
richiedeva  più  tosto  una  semplice  et  scliietta  tradutlione  cbe 
una  narralione  alla,  o  paliata,  et  forse  lonlana  dalla  vera 
intentione  dell'autore.  El  cosi  continuai  qiiesti  nostri  viagg 
di  sorte  cbe  bo  ridotlo  il  libro  a  quel  fine  cbe  si  vede;  la  quale 
opéra  sovra  ogni  altro  con  ogni  bumiltà  et  devotione  bodedi- 
caia  air  Alteza  Vostra,  non  per  voler  con  quello  illuslrare  il 
sole,  ma  per  fargli  ricevere  et  splendote  et  protettione  dal 
magno  don  Gian  d'Austiia  contra  a  i  morsi  de  gli  immortali 
ripri  nsori  delT  altrui  opère,  i  qualli  ail'  umbra  sola  del  suo 
invilissimo  nome  a  forza  caleranno  la  vêla.  Degnerassi 
adunque  l'Alteza  Vostra  di  accetiare  questo  mio  présente, 
bencbè  picciolo,  con  quel  generoso  animo  cbe  ella  suole 
agradire  ogni  amalore  di  virlù,  leggendone  tal  voila  qual- 
cbe  poco  a  quelle  bore  cbe  ella  si  suole  ripartire  per  sua 
ricrealione.  Il  cbe  facendo,  magnanimo  signore,  voi  vedrete 
con  quanta  tirannica  signoria  il  Gran  Turco,  nemico  délia 
nostra  cbrisliana  fede,  regge  i  suoi  popoli,  et  da  quanto  egli 
si  tiene,  et  in  un  medesimo  instante  si  porgerà  dinanzi  a 
Vostra  Alteza  quella  felice  memoria  del  beato  giorno  di  santa 
Giuslina  M.  U.  LXXII,  nel  quale  voi,  aiutato  da  Gbristo 
medesimo,  fondatore  délia  uostra  religione,  et  guidato  dalle 
voslre  fide  scorte,  la  Prudenza,  la  Forza  et  Magnanimità,  olte- 
neste,  con  Tauspicio  del  nostre  re,  quella  gran  vittoria  sopra 
gli  infedeli,  vicino  a  Lepanto,  memorabile  per  tutti  i  secoli, 
con  tanta  fesla  et  letitia  di  tutta  la  cbristianilà,  ad  bonore  et 
gloria  vostra  perpétua.  Et  con  questo,  baciando  le  honoratis- 
sime  mani  dell'  Alteza  Vostra,  pregberemo  Iddio  cbe  le 
continu!  tante  vittorie  ad  auinenlo  et  essallatione  délia  sua 
santissima  religione. 

«D'Anversa,  alli  XXX  di  marzo  M.  D.  LXXVI. 

«  Di  Vostra  Alteza  Ser">'^ 

«  Humilissiino  et  devotissimo  servitore  : 

Cl  Francesco  Flori.   » 


132  XXXVII.  —    FRANÇOIS   FLORY. 

Les  6  fl.  qui  suivent  sont  occupés  par  un  Proemio  in  Iode 
délie  feregrinationi  et  osservalioni  de'  forestieri. 

Le  8«  f-  est  blanc. 

Les  pages  du  texte  sont  numérotées  à  peu  près  régulière- 
ment, tandis  que  les  planches  sont  numérotées  sans  qu'il  soit 
tenu  compte  du  v"  blanc.  Les  deux  dernières  pages  du  texte 
portent  le  chitïre  325;  les  trois  dernières  figures  sont  chiûrées 
32t3,  327,  328. 

Les  figures  sont  supérieurement  gravées.  Celles  qui  portent 
les  n°^  21,  113,  132,  170,  185  sont  signées  des  lettres  A.  V.  L. 
en  monogramme,  c'est-à-dire  Assuerus  van  Landerseel  (voy. 
Nagler,  Monogi-anunisten,  I,  n°  1459).  Les  planches  numérotées 
[115],  166  sont  signées  G.  Les  planches  cotées  l7o,  176,  182, 
210,  238,  295  sont  signées  des  lettres  C.  E.  en  monogramme 
Nagler  (I,  n»  24841.  La  planche  117  porte  un  monogramme  qui 
paraît  être  A.  L.  La  planche  287  est  signée  de  l'initiale  G,  et 
la  planche  295,  du  monogramme  G.  I.    Nagler,  II,  n"  214). 

La  planche  cotée  199,  qui  représente  un  calender,  a  subi 
des  grattages  dans  beaucoup  d'exemplaires. 

Une  partie  de  l'édition  porte  la  date  de  1570,  une  autre 
partie,  la  date  de  lb77. 

Briàtish  Muséum,  1047,  c.  Il,  et  G.  1736.  —  Notre  biblio- 
thèque. (Exemplaires  datés  de  1576.) 

Biblioth.  de  l'École  des  Langues  orientales  vivantes,  N.  III, 
18.  —  British  Muséum,  303.  d,  1.  (Exemplaires  datés  de  1577.) 

Les  diverses  éditions  et  réimpressions  d'Anvers  eurent  un 
débit  considérable;  elles  n'empêchèrent  pas  un  imprimeur 
vénitien  de  faire  graver  de  nouveaux  bois,  beaucoup  plus 
grands  cette  fois,  et  de  reproduire  la  traduction  de  Flory  non 
sans  lui  faire  subir  quelques  retouches  : 

Voici  la  description  de  celte  édiion,  plus  rare  que  celle  de 
Silvius  : 

Le  11  Nauigationi  1|  et  Viaggi,  ||  fatti  nella  Turcliia  ||  di 
Kicolo  de' Nicolai  ||  del  Delfinato,  Signor  d'Arfeuilla,  Il  Ca- 
meriere,  &  Geogralb  ordinario  del  Re  di  Francia,  Il  con 
diuerse  singularità  uiste,  &  osseruate  II  in  quelle  parti  dall' 
Autore.  Il  Mouanienle  tradotto  di  Francese  in  Italiano  da 
Francesco  Flori  11  da  Lilla,  Aritmetico.   ||   Con  sessantasette 


XXXVII.   —   FRANÇOIS   FLORY.  133 

figure  natiirali.si  d'hiiomini  come  di  donne,  secondo  la  uarie- 
II  ta  délie  nationi,  de  i  loro  portamenti,  de'  gesti,  de  gli 
habiti,  délie  II  leggi,  de'  riti.  Il  de'  costumi,  k  de'  modi  del 
uiuere  II  in  tempo  di  pace  t.^  di  giierra.  \\  Con  moite  varie, 
&  belle  historié  auuenute  nel  nostro  tempo.  H  Con  due 
Tauole,  l'una  de'  Capitoli,  &  l'altra  délie  materie  principali. 
Il  In  Venelia,  Presso  Francesco  Zilelli.  M  D  LXXX  [1580]. 
In-fol.  de  10  ff.  lim.  et  19  pp. 

Le  titre  porte  la  marque  de  Ziletti  représentant  une  grande 
étoile  entourée  de  petites  éioiles,  et  accompagnée  delà  devise  : 
Inter  omnes. 

Le  f.  a  2  contient  une  épître  de  Zilelti  «  AU'  illustrissimo  et 
eccellentisimo  signore,  il  sig.  Jacopo  Boncompagno,  duca  di 
Sora,  marchese  di  Vignola  et  générale  di  S.  Ghiesa  »,  en  date 
de  Venise,  le  l^^"  août  to80. 

Le  f.  a  3  est  occupé  par  la  table  des  chapitres,  et  les  ff.  a  4- 
a  6,  parla  table  des  matières. 

Le  Proemio  remplit  les  fl.  h  i-b  4, 

Les  figures,  admirablement  gravées,  sont  attribuées  à  Louis 
Danet.  Ce  sont  presque  toutes  des  copies  agrandies  de  celle 
d'Anvers,  sauf  les  sept  planches  ajoutées.  Elles  occupent 
chacune  une  page  et  sont  comptées  dans  la  pagination. 

Les  pp.  181-192  contiennent  six  courts  chapitres  [Capitano 
(TArabi,  Donna  lurca  in  casa,  Sposa  di  Cosianlinopoli  per  lacitlà, 
etc.)  et  six  figures  qui  sont  des  additions  de  l'imprimeur 
vénitien. 

Biblioth.  de  l'Institut,  S  140  ;exempl.  incomplet  des  pages 
191-192).  —  Biblioth.  nationale,  Inv.  J.  805  (exempt,  incomplet 
des  pages  16o-176).  —  British  Muséum,  oG9.  g.  9   et  G.  4289. 

Nous  n'avons  pas  à  parler  ici  des  autres  éditions  des  Navi- 
gations de  iXicolay.  non  plus  que  de  la  traduction  anglaise  qui 
ne  vit  le  jour  qu'en  1585.  Le  voyageur  était  mort,  âgé  de 
67  ans,  le  25  juin  1583,  laissant  divers  autres  ouvrages, 
imprimés  ou  manuscrits,  mais  nayant  jamais  terminé  le  récit 
de  ses  explorations  dans  le  Levant.  L'exactitude  et  la  pré- 
cision des  détails  contenus  dans  les  quatre  premiers  livres 


134  XXXVII.  —    FRANÇOIS   FLORY. 

ont  souvent  fait  regretter  qu'ils  n'aient  pas  eu  la  suite 
promise. 

Nicolay  paraît  être  resté  complètement  étranger  aux  édi- 
tions italiennes  d'Anvers  et  de  Venise.  Il  avait  cependant 
passé  un  certain  temps  en  Italie,  et  il  avait  profité,  en  1560, 
de  son  séjour  à  Venise  pour  y  graver  lui-même  et  y  publier 
un  portulan  accompagné  d'un  texte  italien.  Cette  pièce  raris- 
sime est  signée  :  Nlcold  del  Delfinalo  '. 

Pour  en  revenir  à  François  Flory,  il  n'eut  pas  plus  tôt 
achevé  la  traduction  des  Navigations  qu'il  mit  sons  presse  un 
petit  traité  annoncé  dès  l'année  1572  : 

Les  Practiques  de  II  Chiffre  de  François  Flory  de  II  Lille 
Arithméticien,  A:  Maistre  H  d'Escole  en  diuers  Langages,  ||  au 
Bassin  d'or,  près  l'Eglise  no-  ||  stre  Dame.  Contenâs  toute 
for-  Il  me  de  Comptes  journellement  II  vsitez  entre  Marchans 
&  Banc- 1!  quiers,  au  faict  de  leurs  traffiques  &  Changes.  Le 
tout  mis  II  par  bon  ordre,  clairement,  II  au  bref,  &  tresutile 
a  II  la  ieunesse.  II  En  Anuers  \\  Imprimé  par  Mathieu  de  Risrhe. 
I1 1577.  Il  Auec  Priuilege  du  Roy  II  pour  quatre  ans.  II  On  les 
vend  chez  ledit  t  Fiory.  In-8  de  32  ff.  non  chitfr..  sign.  A-D, 
titre  encadi'é . 

Le  second  f.  contient  une  épître  que  nous  reproduirons 
comme  le  seul  document  biographique  que  nous  possédions 
sur  l'auteur  : 

«  A  honorable  et  vertueux  seigneur, 
le  seigneur  François  Le  Fort. 

«  Avecques  mes  Tari/fcs  de  change  sur  toutes  places  impri- 
mées dès  l'an  1572,  j'obtins  aussi  privilège  de  mettre  en 
lumière  mon  Arithmétique  fort  copieuse  et  pleine  de  belles  reigles 
pour  les  marchans  ;  mais  le  temps  aislé  m'a  tousjours  prévenu, 
car,  depuis,  la  charge  de  mon  escole  s'est  tousjours  aug- 
mentée. Aussy  m'en  ha  relardé  la  traduction  italienne  des 
Pérégrinations  de  Nicolay,  qui  furent  achevées  d'imprimer  au 

l.  Calai.  Tross,  1880,  n*^  4172. 


XXXVII.  —  FRANÇOIS   FLORT.  135 

mois  d'apvril  passé,  et  les  dediay  au  serenissime  prince 
don  Jan  d'Austrice.  Et  pour  encore  mieux  excuser  ma  tardi- 
veté,  vous  diray  aussi  que,  depuis  quelques  années  en  çà, 
les  heures  dédiées  à  mon  repos,  devant  et  après  le  temps  de 
mon  escole  ordinaire,  je  les  employé  à  tenir  les  livres  de 
comptes  du  S.  J.  G.,  marchant  italien.  Toutes  lesquelles 
choses  suffisent  à  monstrer  qti'ay  eu  bien  peu  ou  rien  de 
relasche,  Toutesfois  l'horrible  et  cruel  massacre  et  sacca- 
gement  advenu  à  ceste  pauvre  Anvers  ont  faict  telle- 
ment cesser  tous  négoces  par  l'espace  de  six  mois,  au  grand 
dommage  universel,  que  tout  marchant  a  eu  loisir  de  visiter 
ses  livres  et  clorre  ses  comptes  ;  dont  aussi,  par  telle  occasion, 
me  suis  mis  au  dessus  de  mes  escriptures,  et  le  temps 
d'abondant,  l'ay  employé  à  composer  un  grand  Livre  de 
comptes  avec  son  Journal,  du  mesme  stiîe  que  j'use  es  livres 
des  marchans,  lequel  j'espère  de  faire  imprimer  le  plus  tost 
que  sera  possible,  au  profit  de  la  jeunesse  et  de  mes  escoliers  ; 
car  ceste  sainte  paix  semble  tellement  rappeler  les  marchans 
espars  à  leur  traffîque  accoustumé,  qu'elle  nous  promet 
bonne,  ains  meilleure  continuation  à  la  marchandise  que 
devant.  C'est  pourquoy,  le  quaresme  passé,  ay  composé  et 
mis  en  lumière  ces  miennes  Pracliques  d'arithmétique  en 
reiylis  brèves,  au  soulagement  des  jeunes  gens,  esquelles, 
combien  qu'elles  soient  au  bref  et  avec  peu  de  paroles,  je  ne 
pense  toutesfois  avoir  obmis  chose  duisante  au  train 
mercantil. 

«  Or  vous  ayant,  passé  long  temps,  cogneu  personne  douée 
non  seulement  de  ceste,  mais  de  plusieurs  autres  sciences, 
affable,  donnant  grand  accueil  aux  hommes  vertueux,  et  qui 
tenez  rang  entre  marchans  bien  qualifiez  en  ceste  ville,  j'ay 
prins  la  hardiesse  de  les  faire  sortir  en  lumière  soubs  le  nom 
et  protection  de  vostre  invincible  Fort,  afin  de  ne  les  laisser 
moins  provues  de  père  et  defïenseur  que  mes  autres  précé- 
dentes opuscules.  Plaise  vous  donc,  mon  bon  seigneur,  les 
recevoir  d'aussi  bon  cueur  comme  tresafTectueusement  je 
désire  d'estre  tenu  l'un  de  vos  humbles  serviteurs! 

«  De  mon  escole,  ce  X.  d'apvril  M.  D.  LXXVII. 

«  Votre  aflectionné  serviteur  à  jamais, 

«  François  Flori.  » 


136  XXXVri.  —  FRANÇOIS  FLORY. 

Au  r»  du  f.  Aiij  est  une  seconde  épître  de  «  Uaucteur  à  son 
livre  »,  dans  laquelle  Flori  répète  que  le  manuel  est  surtout 
destiné  à  ses  élèves. 

Le  volume  contient  la  table  de  multiplication,  les  quatre 
règles,  une  longue  série  d'applications  au  commerce,  la  règle 
de  trois,  enfin  la  règle  des  changes,  laquelle  est  accompagnée 
de  divers  exemples. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Bés.  V.  2054. 

Ici  s'arrêtent  les  renseignements  que  nous  avons  pu 
recueillir  sur  François  Flory.  Nous  ne  savons  combien  de 
temps  il  continua  d'habiter  Anvers,  ni  quand  il  mourut. 


XXXVIII 
JEAN   DU   CHEMIN 


Léonce  Couture  a  consacré  à  Jean  Du  Chemin  une  substan- 
tielle notice  '  qu'il  nous  suffira  de  résumer.  Nous  pourrons  y 
apporter  quelques  corrections  dues  à  d'obligeantes  communi- 
cations de  M.  Clément- Simon. 

Jean  était  né  vers  1540  à  Treignac,  près  de  Tulle.  Son  père, 
Denis  Chemin,  était  juge  d'appeaux  de  la  baronnie  ;  sa  mère, 
que  La  Chênaye-Desbois  et,  d'après  lui,  Couture  disent  avoi^ 
été  une  Comborn,  était  une  L'Espinats  :  elle  appartenait  à 
une  famille  de  petite  noblesse,  et  son  frère,  Antoine  de  L'Es-' 
pinats,  chanoine  de  Condom,  fut  choisi  par  l'évèque  Charles 
de  Pisseleu  (15i3-15(U)  comme  vicaire  général.  Cet  Antoine 
attira  son  neveu  dans  la  ville  épiscopale,  et  lui  procura  une 
prébende,  puis  un  canonicat  (1567).  Jean  n'avait  sans  doute 
pas  encore  la  vocation  ecclésiastique;  il  était  jeune  et  songeait 
surtout  à  mener  joyeuse  vie.  Un  sonnet  français  de  son  ami 
Gérard-Marie  Imbert  ^  et  une  pièce  latine  de  Jean-Paul  de 
Labeyrie^  ne  peuvent  laisser  de  doute  à  cet  égard.  Les  deux 


1.  Trois  Poêles  condutuois  du  XVl^  siècle,  éludes  biographiques  et 
littéraires  sur  Jean  Du  Chemin.  Jean-Paul  de  Labeyrie,  Gérard-Marie 
Imbert  (Bordeaux,  Ch.  Lefebvre;  Paris,  A.  Claudiii.  1877,  in-8),  pp.  17-43 

2.  Première  Partie  des  Sonnels  exotériques  de  Gérard-Marie  Imbert, 
publiée  avec  une  préface  et  des  notes  par  Philippe  Tamizeij  de  Larroque 
(Paris  et  Bordeaux,  l874,  in-8),  soiuiet  xcvi,  p.  65. 

3.  Jo.  Pauli  Laberii  Condomiensis,  régis  consiliarii,  Carminum  Sylva 
(Tolosae,  apud  Ariiaklum  et  Jacobum  Colomerios  fratres,  1570,  iii-4),  fol. 
13;  —  Couture,  loc.  cit.,  p.  20. 


138  XXXVIII.  —   JEAN    DU   CHEMIN. 

poètes  nous  parlent  sans  réticences  d'une  liaison  amoureuse 
qui  enlevait  à  Du  Chemin  sa  liberté.  Cependant,  celui-ci  prit 
au  sérieux  ses  fonctions  de  chanoine  et  gagna  la  confiance  de 
ses  confrères,  au  point  d'être  député  vers  le  roi,  en  1570,  pour 
implorer  des  remises  sur  les  impositions  dont  étaient  grevés 
les  biens  du  clergé  condomois.  Sa  mission  fut  couronnée  de 
succès,  au  point  que  la  part  contributive  du  diocèse  fut  réduite 
des  deux  tiers. 

L'évêque  de  Condom,  Robert  de  Gontaut,  était  mort  en 
1569,  et  ces  négociations  se  poursuivirent  alors  que  le  siège 
était  vacant.  En  1571,  le  roi  le  donna  à  Jean  de  Monluc, 
commandeur  de  Malte,  fils  du  maréchal.  Jean  n'avait  reçu 
qu'une  éducation  toute  militaire  ;  mais  il  tombait  du  haut  mal, 
et  la  vie  paisible  d'un  prélat  semblait  devoir  lui  être  plus  favo- 
rable que  la  vie  des  camps.  Il  lui  fallait  un  homme  de  confiance 
pour  l'initier  aux  choses  spirituelles  et  le  mettre  en  état 
d'administrer  son  diocèse  ;  cet  homme  de  confiance,  il  le  ren- 
contra en  la  personne  de  Du  Chemin.  Sétant  décidé  à  partir 
pour  ritalie,  où  il  comptait  trouver  à  la  fois  une  utile  préj)a- 
ralion  et  un  climat  propre  à  fortifier  sa  santé,  il  se  mit  en 
route  avec  le  chanoine  condomois,  dont  il  avait  fait  le  gouver- 
neur de  sa  maison.  Les  voyageurs  firent  à  Padoue  un  assez 
long  séjour.  Du  Chemin  eut  le  temps  de  s'y  faire  recevoir 
docteur  es  droits'.  L'évêque  et  son  compagnon  visitèrent 
ensuite  Rome  et  Malte;  mais  Tévêque  se  trouvant  plus  malade, 
le  pape  refusa  de  lui  donner  la  consécration.  Il  prit  le  parti  de 
rentrer  en  France. 

De  retour  à  Condom,  Du  Chemin  fut  nommé  prévôt  et 
vicaire  général;  mais,  en  1581,  il  quitta  ces  fonctions  pour 
aller,  avec  son  évêque,  combattre  les  huguenots  de  Nérac. 

La  même  année,  Jean  de  Monluc  se  démit  de  son  siège  en 
faveur  de  son  ami,  ne  se  réservant  pour  lui-même  qu'une 
pension  viagère.  Jean  Du  Chemin  voyait  ainsi  se  réaliser  les 


1.  Nous  ne  pouvons  indiquer  la  date  de  la  promoliou.  Le  nom  de  Du  Che- 
min ne  figure  pas  dans  les  registres  actuellement  existants  de  riJnivtrsité 
de  Padoue. 


XXXVIII.  —    JEAN    DU    CHKMIN.  139 

vœux  qu'il  avait  pu  former  ;  mais  il  eut  à  surmonter  bien  des 
difficultés  avant  de  prendre  possession.  Il  se  heurla  d'abord 
au  chancelier  Renato  da  Birago,  ou  de  Birague,  à  qui  le  roi 
avait  donné  révêché;  il  parvint  à  transiger  avec  lui.  Il  vit 
alors  surgir  un  autre  concurrent,  un  Pardaillan'  de  Gondrin, 
qui  l'avait  dénoncé  à  Rome  comme  impropre  à  occuper  un 
diocèse,  et  qui  avait  obtenu  des  bulles  en  son  nom.  Du  Chemin 
présenta  au  pape  un  mémoire  justificatif,  et  réussit  à  obtenir 
sa  confirmation.  Il  avait  d'ailleurs  l'esprit  disposée  la  lutte,  et 
son  épiscopat  fut  des  plus  agités.  Jean  reprit  les  armes  contre 
les  huguenots;  il  eut  des  conflits  avec  la  communauté  de 
Condom,  avec  son  chapitre,  même  avec  son  neveu  Antoine  de 
Coux,  qu'il  avait  pris  pour  coadjuteur  avec  future  succession. 
Il  mourut  au  château  de  La  Cassagne,  à  la  fin  de  juillet  1616 
(les  uns  disent  le  29,  les  autres,  le  31).  Par  un  testament  en 
date  du  i^'"  décembre  1615,  il  faisait  divers  legs  pieux  et 
instituait  héritiers  généraux  et  universels  ses  deux  neveux, 
Théophile  et  Antoine  Du  Chemin,  fils  de  son  frère  Guy 
Du  Chemin  et  d'une  demoiselle  de  Combort  d'Enval.  Il  passait 
sous  silence  son  neveu  et  successeur  Antoine  de  Coux.  Ce 
testament  établissait  un  ordre  de  substitutions  au  sujet  duquel 
les  héritiers  de  l'évêque  plaidaient  encore  à  la  veille  de  la 
Révolution'. 

Dans  le  calme  ordinaire  de  sa  petite  ville,  Du  Chemin  aimait 
à  cultiver  la  poésie.  Les  plus  anciennes  pièces  de  lui  que 
l'on  possède  sont  huit  vers  latins  et  un  quatrain  français  qui 
se  lisent  dans  le  Tombeau  d'Arnauld  de  Ferron  [Tumulus 
Arnoldi  Ferroni  Burdigalensis,  senaloris  regii).  Le  juriscon- 
sulte était  mort  en  1563,  et  les  hommages  poétiques  de  ses 
amis  avaient  dû  être  composés  et  recueillis  peu  de  temps  après  ; 


1.  Peut-être  François  de  Pardailluii,  qui  était  abbé  de  Duvielle  en  1551 
(.\nselnie,  W/i'i.  ^e'neo/., V,  p.  178  F.) 

2.  M.  Clétnt'ut-Siniou  possède  dans  ses  archives  un  factura  judiciaire 
intitulé  Précis  pour  le  baron  de  Gelas,  hérilier  de  J.  6'«  Dtichcmin,  baron 
de  Lauract,  contre  la  dame  comtesse  de  Beaumont  (Bordeaux,  1784X  qui 
se  réfère  encore  au  testament  de  1615. 


140  XXXVIII.  —  JEAN    DU   CHEMIN. 

mais  on  n'en  connaît  pas  d'édition  séparée  :  on  les  trouve,  en 
1.^85,  en  tête  des  Commentaires  d'Arnauld  sur  les  Coutumes 
de  Bordeaux  '. 

Le  2  février  1564  (n.  s.)  le  roi  Charles  IX  fit  son  entrée  à 
Toulouse.  Plusieurs  poètes  composèrent  pour  la  circonstance 
des  inscriptions  en  vers  grecs,  latins  el  français,  qui  ont  été 
recueillies  pour  la  plupart  dans  les  registres  municipaux'^. 
Les  auteurs,  dont  les  noms  sont  indiqués  en  marge,  sont  : 
Garnier,  Forcatel,  Ferrière,  Pascal,  Cardone,  Telesphorus  et 
enfin  Duchemin.  Garnier  n'est  autre  que  Robert  Garnier,  le 
futur  poète  tragique  ^  ;  Forcatel  est  le  jurisconsulte  et  poète 
Estienne  Forcadel,  Fauteur  du  Chant  des  Seraines;  Ferrière 
est  probablement  François  de  Ferrières,  conseiller  lai  au 
parlement  de  Toulouse,  tenant  lieu  de  clerc  ^  ;  Pascal  est  Pierre 
de  Paschal.  historiographe  du  roi,  mort  à  Toulouse  le  10  février 
1565  ;  Cardone  est.lean  de  Cardonne,  docteur  es  droits,  avocat 
au  parlement  de  Toulouse  ^  Nous  avouons  ne  pas  deviner 
l'auteur  qui  s'est  caché  sous  le  nom  de  Telesphorus.  Quant  à 
Duchemin,  ce  doit  être  le  chanoine  de  Condom.  Sa  signature 
est  jointe  à  une  pièce  grecque  en  deux  distiques",  à  une 
seconde  pièce  grecque  en  un  distique  \  et  à  des  vers  latins  *. 


1.  Arnoldi  Ferrnni  Btirdiffiilensis,  senutoris  rcffii.  in  Consiietiidines 
Burdi(jalensium  rommciitariorum  Lihri  duo  (Liigdiiiii,  A.  Grvpliiiis,  1585, 
iii-fol.'). 

2.  (lermaiii  de  Lafai'le,  Aniudes  de  la  ville  de  Toulouse  (Toulouse, 
1687-1701,  in-fol.).  II.  u.  pp.  70-8-2 

3.  Celui-ci  f'Uuliait  alors  à  Toulouse.  Il  y  fit  iiii-nièine  imitrinicr  les 
Plaint' s  amoureuses  de  R.  Garnier,  Manceau,  contenant  FJIegies,  Sonnets, 
Epistrcs,  Chansons.  Plus  deux  Ef/loi/iies,  la  première  apprestée  pour 
rrriter  (levant  le  roy^  et  la  seconde  récitée  en  la  ville  de  TItolose  devant 
la  majesté  du  liojj  là  Tliolose,  par  .Iac(|ues  Colomiez,  1565,  in-i).  Ce 
volumi',  citi'  par  Du  Verdier  (éd.  Rigolcy  de  Juviguy,  111,  p.  418),  ue  se 
retrouve  plus  aujourd'hui.  Voy.  Tamizev  de  Larroque,  dans  le  Polijbihlion, 
XV  (1882),  p.  183. 

■i.  Il  est  cité  comme  ttd,  à  la  date  de  1555,  par  Dcvic  et  Vaissèle, 
Histoire  de  Lamjutduc.  riouv.  éd.,  XII,  col.  557. 

5.  Voy.  Du  Verdier,  II,  p.  371. 

6.  Lai'aille,  loc.  cit..  Il,  n,  p.  74. 

7.  Ihid  ,  p.  75. 

8.  Ibid.,  p.  79. 


i 


XXXVIII.   —    JEAN    DU   CHEMIN  '141 

Il  avait  dû  composer  d'autres  vers  grecs  omis  dans  le 
registre  '. 

Ces  inscriptions  de  1564  sont  intéressantes  à  noter,  parce 
qu'elles  nous  font  connaître  ceux  qui  cultivaient  alors  la  poésie 
à  Toulouse. 

En  4576,  lorsque  Pierre  de  Brach  publia  ses  Poèmes,  il  fit 
précéder  le  volume  d'hommages  poétiques  dus  à  Geofîroy  de 
Malvin,  à  Florimond  de  Raymond,  à  Estienne  Du  Mirail,  à 
Guillaume  de  Cursol,  secrétaire  du  roi  en  la  chancellerie,  à 
Jean  Du  Chemin,  à  Martial  Monier,  à  M.  Viène,  avocat  au 
parlement,  à  François  Moncaud,  à  P.  Chambon  de  Gotz  et  au 
médecin  Estienne  Maniald.  Du  Chemin  est  l'auteur  d'un 
sonnet  français  et  d'un  sonnet  italien  ;  c'est  cette  dernière 
pièce  qui  lui  donne  le  droit  de  figurer  dans  notre  galerie. 
Nous  reproduisons  ici  les  deux  morceaux  : 

Sonnel. 

Soit  qu'il  vienne  de  l'art,  ou  soit  que  la  nature 
Rende  louable  un  vers,  ou  soit  que  tous  les  deux 
Causent  ensemblement,  par  un  accord  heureux, 
Sa  grandeur,  sa  naissance  et  sa  gloire  future  ; 

Et  si  celui  qui  a  l'un  et  l'autre  s'assure 
De  se  retirer  vif  des  sepalchres  ombreux 
Et  de  faire  son  nom,  tousjours  victorieux, 
Triompher  de  la  Parque  et  de  la  nuit  obscure. 

Tu  vivras,  mon  de  Brach,  et  tes  vers  dous-coulans 
Demeureront  vainqueurs  sur  la  cource  des  ans, 
Car  l'art  et  la  nature  y  ont  mesme  advantage. 

Et  si  l'Amour  vouloit  amoureux  devenir, 
Il  voudroit  sur  le  tien  façonner  son  langage 
Et  de  tes  vers  encor  sa  dame  entretenir. 

J.  Du  Chemin. 


1.  Lafaille,  loc.  cit.,  IL  il,  p. 


142  XXXVIII.  —   JEAN    DU   CHEMIN. 

Del  medesimo  '. 

Quando  il  cieco  faneiul,  il  dio  d'Amore 
Giunse  al  tuo  cuor  col  suo  dorato  si  raie, 
Volse,  in  darli  una  ferila  iminortale, 
Ti  dar  anchor  un'  immortal  bonoie. 

Fu  grande  il  colpo  et  possente  l'ardore, 
Ma  non  pero  morlalmente  t'assale, 
Anzi  via  più  fa  ch'el  tuo  nome  sale 
Al  cielo,  cinto  di  chiaro  splendore. 

Et  cosi  avien  che  quel  stesso  t'aita 
Che  t'a  piagato  et  fatta  la  ferita, 
Come  fece  il  generoso  Achille. 

Et  hai  cagion  di  riputarbeato 

L'incendio  tuo,  poi  channi  mille  et  mille 
Farà  splender  tuo  nome  in  ogni  lato. 

Pierre  de  Brach^  répondit  à  ces  compliments  par  une  ode% 
par  un  sonnet*  et  par  une  longue  pièce  que  M.  Dezeimeris  a 
imprimée  pour  la  première  fois'.  Les  relations  poétiques  entre 
les  deux  amis  furent  d'ailleurs  durables.  Lorsque  Pierre  perdit 
sa  femme,  Aimée  Perrot,  celle  qu'il  avait  chantée  avec  tant  de 
constance,  Du  Chemin,  bien  qu'il  eût  renoncé  à  composer  des 
vers  le  jour  où  il  avait  ceint  la  mitre  épiscopale,  joignit  sa 
voix  à  celle  d'une  foule  d'autres  poètes*^. 


1.  Dans  l'exemplaire  corrigé  pur  Pierre  de  Bracli,  exemplaire  qu'a 
reproduit  M.  Dezeimeris  eu  18(31-6^  (i,  fol.  dij),  ces  mots  ont  élé  reuiplacés 
par  une  autre  mention  :  a  Délia  Strada  ». 

2.  Les  Pocmes  de  Pierre  de  Brach,  1576,  iu-i,  fol.  àiilj\"-ei;  éd.  de 
1861-G-2,  iu-4,  1,  fol.  (//  vo-(/y. 

3.  Éd.  de  157(),  fol.  11  v". 

4.  Ed.  de  1576,  fol.  2U,  v"  ;  éd.  de  1861-62,  II,  p.  55. 

5.  Éd.  de  1861-62,  1,  p.  169.  —  Puur  se  conformer  au  désir  île  révoque, 
Pierre  de  Brach  iravcslit  son  nom  eu  «  Du  Sentier  ». 

6.  Éd.  de  1861-62,  1,  p.  -286.  —  Les  auteurs  qui  ont  dép'oré  la  mort  pré- 
maturée d'Aimée  Perrot  sont  :  Jean  Dorât.  Jean-Autoine  de  Baïf,  Jean  Du 
Chemin,  le  président  [François]  de  Nesmond,  seigneur  de  Chézac,  Adrien  II 


XXXVIII.  —   JEAN    DU    CHEMIN.  143 

Dans  le  peu  qui  subsiste  des  poésies  de  Jean  Du  Chemin  (ses 
biographes  racontent  qu'il  jeta  lui-même  au  feu  le  recueil 
manuscrit  de  ses  œuvres),  on  doit  citer  avant  tout  les  vers 
dont  il  fit  précéder,  en  1592.  la  première  édition  des  Commen- 
taires de  Biaise  de  Monluc.  Il  tint  à  profiter  de  cette  publication 
pour  témoigner  de  sa  reconnaissance  envers  le  fils  du  maré- 
chal, qui  lui  avait  cédé  son  évèché,  et  envers  le  maréchal  lui- 
même.  Comme  le  dit  avec  raison  Léonce  Couture,  Du  Chemin 
est  l'auteur  des  pièces  suivantes  : 

Tombeau  de  messire  Biaise  de  Monluc,  en  vers  français  ; 

Sixain  Sur  le  tombeau  de  sou  cœur  ; 

Épitaphe  en  prose  latine  signée  :  «  J.  Du  Cm:.,  evesque  de 
Condom  »  ; 

Quatre  épilaphes  (deux  dixains  et  un  sonnet)  en  l'honneur 
(le  Jean  de  Monluc,  évêque  de  Valence,  de  Pierre-Bertrand  de 
Monluc,  sieur  de  Caupenne,  qui  mourut  à  Madère,  de  Fabien 
de  Monluc,  seigneur  de  Montesquiou,  et  du  commandeur  de 
Monluc.  A  la  fin  de  ces  pièces  est  la  signature  :  «  J.  Du  C,  e. 
de  C.  »,  qui  s'applique  à  toutes. 

Jean  Du  Chemin  avait  en  outre  composé  pour  son  prédé- 
cesseur, Jean  de  Monluc,  une  épitaphe  en  prose  latine,  qu'il 
avait  fait  graver  dans  l'église  de  La  Cassagne,  sur  le  tombeau 
de  l'évèque,  près  de  l'endroit  où  il  s'était  réservé  pour  lui- 
même  une  sépulture  ', 

L'humanisme  avait,  au  xvr-  siècle,  le  don  d'amener  l'apai- 
sement et  la  conciliation.  Bien  que  Du  Chemiu  fût  un  adver- 
saire résolu  des  prolestants,  il  ne  craignait  pas  d'entretenir 


Turiièbe,  Richard  de  Lcstoiiac,  Geoffroy  de  Malviii,  [Honoré  Lauuier]  de  Por- 
chères, Jean  Doiisa  (ils,  Jean  Rivasson,  Estienae  Pasquier.  P.  Dampmarlin, 
Claude  d'Expilly.  Florimond  de  Raymonl,  L.  de  .Massiot,  P.  Bjrramaeus, 
.Marie  Le  Jars  de  GoiM'nay,  Gilles  Durant  de  La  Bergerie,  Jean  Laniezas, 
avocat  au  parlement  de  Bordeau.\,  Françoise  de  Terissan,  François  de  La 
RocqueUe,  avocat  au  parlement  de  Bordeaux,  Daniel  Perreau,  conseiller  au 
même  parlement,  Jean  de  Saint- .Martin,  avocat  au  parleniL'nt,  Estienne 
.Mauiald,  GniHaume  Du  Peyrat  et  Estienne  Tabourot,  seigneur  des  .\ccords. 
1.  Quelques  fragments  de  cette  épitaphe  se  sont  conservés  dans  une  cid- 
lection  particulière.  Le  texte  dilfère  de  celui  qu'a  reproduit  la  Gallia 
christiana.  Voy-  Léonce  Coulure,  loc.  cit.,  pp.  36-38. 


144  XXXVIII.  —    JEAN    DU   CHEMIN. 

avec  certains  d'entre  eux  des  relations  amicales  quand  il  ne 
s'agissait  que  de  poésie.  C'est  ainsi  qu'on  trouve  un  sonnet 
de  lui  en  tète  de  La  Septuaine,  de  Du  Bartas',  et  que,  en  1590, 
Denis  Le  Bey  de  Batilly  lui  dédie  le  22*^  de  ses  Emhlemnin. 

Dans  les  dernières  années  de  sa  vie,  Du  Chemin  abandonna 
la  littérature  profane.  Le  seul  ouvrage  qu'on  puisse  citer  de 
lui  est  un  opuscule  théologique,  une  réponse  à  un  dominicain, 
le  P.  Jean  Journé,  dont  il  avait  jugé  la  docti'ine  hérétique  : 
ExposUio  apologetica  ad  lUustriss.  ei  Revcrendiss.  D.D.S.  R.E. 
Cardinales,  Sanclissimae  IiiguisUionis  supremos  judices,  in  qua 
ervor  Fr.  Joan.  Jorneli,  ord.  S.  Doininici,  huuianam  )ialuram 
Chrisli  anle  Ascensionem  in  coelo  fuisse  afferenlem  expliaUur  et 
confulalur  (Tolosae,  Colomerius,  IGll,  in  12  de  113  pp.). 
M.  Clémeni-Siraon  avait  signalé  ce  factum  à  Léonce  Couture  ; 
mais  celui-ci,  après  en  avoir  fait  mention  comme  d'une  œuvre 
de  Du  Chemin  -,  y  voit  une  production  de  son  neveu  et  suc- 
cesseur, Antoine  de  Coux  ^  La  rectification,  ainsi  que  veut 
bien  nous  l'écrire  M.  Clément- Simon  lui-même,  n'est  nulle- 
ment fondée.  Quétifet  Échard*  donnent  des  renseignements 
très  précis  sur  le  conflit  survenu  en  1609  entre  le  P.  Journé  et 
l'évêque  de  Condom.  Le  Dominicain  prêchait  dans  la  cathé- 
drale; le  prélat,  qui  l'écoutait,  blâma  sa  doctrine  et  monta  en 
chaire  pour  la  réfuter.  Le  promoteurdu  diocèse,  s'étant  plaint 
que  Journé  avait  attenté  à  l'aulorité  du  pape,  obtint  de  l'évêque 
un  ordre  de  détention.  Le  prédicateur  en  appela  au  parlement 
de  Toulouse,  qui  le  fit  mettre  en  liberté.  Il  publia,  en  1011, 
une  défense  qui  fut  suivie  du  factum  dont  nous  avons  cité  le 
titre. 


i.  La  Sepmaine,  ou  Création  du  inonde,  de  G.  de  Saltisle,  seigneur  du 
Barlas  (à  Paris,  pour  Jean  Février,  1580,  iii-12),  fol.  Aij  v".  —  Ce 
sonnet  est  signé  :  J.  D.  Cli. 

2.  Couture,  lac.  cit.,  p.  39. 

3.  l^etlre  à  Taniiyey  de  Larroque.  ibid,  p.  2. 

4.  Scnplores  ordinis  Praedicatorum,  1719-1721,  in-t'ul.,  H,  p.  4G0". 


XXXIX 
ODET  DE  TOURNEBU 


Odet  de  Tournebu,  fils  aîné  du  célèbre  Adrien  Turnèbe  et 
de  Madeleine  Clément,  veuve  de  Jean  Le  Messager,  était  né  le 
23  octobre  1552  '.  Grâce  aux  leçons  de  son  père  et  à  celles  de 
plusieurs  autres  érudits,  parmi  lesquels  La  Croix  du  Maine  cite 
Antoine  Valet-,  il  acquit  tout  jeune  une  connaissance  merveil- 
leuse des  langues  anciennes  et  modernes  ;  on  peut  même  dire 
que  ce  fut  un  enfant  prodige.  Il  n'avait  guère  plus  de  treize  ans, 
quand  il  publia  deux  volumes  que  son  père,  mort  quelques  mois 
auparavant,  avait  préparés  pour  l'impression  :  Plntarctii  de 
fato,ejusdem  Conviinum  S^ptem  Sapientam  (Parisiis,  1566,  in-?)^ 
et  Adriani  Twnehi  Commeniarii  el  Emendationcs  in  libros 
M.  Varronis  de  lingua  Iniina  (Parisiis,  apud  Gabriel.  Buon, 
1566,  in-8)^ 

Il  est  probable  qu'Odet  termina  ses  études  en  Italie.  Nous 
ne  pouvons  faire  sur  ce  point  que  des  conjectures,  car  nous 


1.  Nous  déduisons  cette  date  de  répilaphe  placée  en  tète  du  Tumulm 
de  1582.  On  y  voit,  en  effet,  qn'Odet  mourut  à  28  ans,  8  mois  et  28  jours, 
le  13  des  calendes  d'août  1581.  Nous  ne  savons  pourquoi  M.  Edouard 
Fournier  place  la  naissance  d'Odet  au  23  novembre  1553. 

2.  Voy.  ci-dessus   pp.  81-88. 

3.  La  préface  est  datée  de  l'aris,  le  l^r  avril  1566.  —  M.  Clément  (De 
Adriani  Turnebi,  regii  professoris,  praefalionibus  et  poematis,  1899, 
p.  135)  déclare  avoir  vaiiiemeiil  cherclié  un  exemplaire  de  cette  édition. 
Elle  a  été  reproduite  dans  :  Adriani  Turnebi,  regii  quondarn  Lutetiae  pro- 
fessoris,  Opéra  (Argeiitorati,  1601,  3  vol.  in-fol.),  II,  p.  48. 

4.  Ce  volume  est  dédié  à  Michel  de  L'Hos{iilal. 

II.  -  10. 


146  XXXIX.  —    ODET  DE  TOURNEBU. 

le  perdons  de  vue  de  1566  à  1576.  Il  reprend  alors  la  publi- 
cation des  ouvrages  laissés  inachevés  par  son  père.  Au  mois 
d'avril  1576,  il  fait  paraître,  avec  une  dédicace  à  Estienne  Pas- 
quier,  les  commentaires  qu'Adrien  avait  composés  sur  les 
discours  de  Cicéron  De  re  agrariaK  En  1577,  il  surveille 
l'édition  du  Commentaire  sur  le  premier  livre  des  Odes 
d'Horace  -. 

Nous  ignorons  en  quelle  année  Odet  fut  reçu  avocat  au  par- 
lement de  Paris.  Ce  fut  en  cette  qualité  qu'il  se  rendit,  en  1579, 
aux  grands  jours  de  Poitiers.  Dès  son  arrivée  dans  la  capitale 
du  Poitou,  il  fut  admis  dans  la  petite  cour  littéraire  que  pré- 
sidaient M'"^  Des  Roches  et  sa  fdle.  Une  puce  effrontée,  qui 
vint  se  poser  sur  le  sein  de  la  muse  poitevine,  fournit  à  tous 
les  beaux  esprits  réunis  autour  d'elle  l'occasion  de  rimer  des 
vers  à  sa  louange.  Odet  prit  une  part  active  à  ce  tournoi  poé- 
tique ;  il  fournit  à  La  Puce  une  ode  française,  qui  ne  compte 
pas  moins  de  vingt  huit  strophes  de  huit  vers,  un  sonnet  ita- 
lien, un  sonnet  espagnol  et  un  sonnet  français. 

Voici  le  sonnet  italien  : 

Alla  signora  Catharhia  Des  Roches. 

Donna  gentil  ehe  con  leggiadro  viso, 

Cou  vaghe  luci,  dove  alberga  Amore, 
Abbagli  gl'  occhi  e  fai  stupir  il  core 
Di  quel  che  li  riguarda  intento  e  fiso  ; 

Donna  gentil  che  con  soave  riso, 

Con  un  dolce  parlar,  col  tuo  valore, 
Cou  le  rime  che  fan  al  sesso  honore, 
Fai  parer  la  tua  casa  un  paradiso  ; 


1.  Adr.  Turnebi  Commerttarii  in  M.  T.  Ciceronis  Orationes  très  delege 
ayraria  contra  P.  Servilium  RulUan.  Parisiis,  apiid  Jo.  Beiienalum,  157G. 
hi-4. 

2.  Adr.  Turnebi  Commentarius  in  libritm  prlmuin  Carmiimm  Horatii; 
M.  Anlonii  Mureti  et  Aldi  Manutii  in  eiimdem  IJoruliinn  Annotalioues. 
Parisiis,  apud  iMart.  Juveiieni,  1577.  I11-8. 


XXXIX.  —   ODET   DE   TOURNEBU.  147 

Donna  gentil,  del  cui  candido  petto 
Gupido  essendo  preso  fu  costrelto 
Pigliar  sembianza  di  una  pulce  audace  •, 

Rivolgi  gr  occhi  tuoi  verso  gli  scritti 
Di  questi  che  da  te  morti  et  trafitti 
Non  han  ne  di  ne  notte  o  tregua  o  pace. 

0.  D.  T.  2 


Nous  reproduisons  également  le  sonnet  espagnol 

A  la  misma  stnora. 

Duros  peùascos,  aspros  y  ertos  calles, 
Rios  corrientes,  que  teneis  cercada 
D'esla  gran  nympha  la  bella  posada, 
Ghe  d'hermosura  vence  las  mortales  ; 


1.  L'imprimé  porle  : 

Pigliar  sembianza  di  pulce  audace. 

2.  La  Puce  ||  de  Madame  ||  des  Roches.  |1  Qui  est  ||  vn  Recueil  de  diuers  || 
Poèmes  Grecs,  Latins  &  François,  ||  Composez  par  plusieurs  ||  doctes  Per- 
sonnages aux  II  Grands  lours  tenus  à  Poitiers  ||  l'An  M.  D.  LXXIX.  ||  A  Paris, 

Il  Pour  Ahel  rAnf/elier  au  premier  Pillier  de  \\  la  grande  Salle  du  Palais, 
Il  M.  D.  LXXXll  [1582].  ||  Auec  Priuilege  du  Roy.  in-4  de  4  ff.  non  chiffr. 
et  94  fF.  chiffr.,  caract.  ital. 

Nous  avons  donné  la  description  de  ce  recueil  dans  le  Bulletin  de  la 
librairie  Morgand  et  Falout,  1876,  n"  2348.  Certains  exemplaires  sont 
datés  de  1582  (Bihiiolii.  de  Besançon,  B.  L.  2449)  ;  mais  la  plupart  de 
ceux  que  nous  avons  vus  sont  datés  de  1583  (Bihiiolh.  nat.,  Inv.  Ye  523 
et  524  ;  —  Biblioth.  ftlazarine  ;  —  Biblioth.  de  Bordeaux,  5637  =  B.  L. 
3035).  Un  exemplaire  dont  le  titre  portait  1581  figure  dans  le  Catal.  Solar  ; 
mais  on  peut  se  demander  s'il  n'y  a  pas  une  faute  d'impression  dans  la 
description  de  ce  volume. 

Le  sonnet  italien  et  le  sonnet  espagnol  se  trouvent  au  fol.  36. 

La  II  leunesse  ||  d'Estienne  l|  Pasquier.  ||  Et  sa  Suite.  ||  A  Paris,  ||  Chez 
lean  Petit-pas,  rue  sainct  \\  lean  de  Latran,  au  collège  de  ||  Cambray.  || 
M.  DC.  X  [1610].  Il  .Auec  priuilege  du  Roy.  In  8  de  8  tf.  et  799  pp. 

Voy.  la  description  de  ce  volume  dans  le  Catalogue  Rothschild,  I,  n»  737. 

Les  deux  sonnets  sont  à  la  p.  632. 

Des  réimpressions  de  La  Puce  ont  été  données  par  Jouaust  en  1868  et 
1872. 


148  XXXIX.  —  ODET   DE   TOURNEBU. 

Verdes  prados,  hondas  y  lindas  valles, 
Que  cingeys  e^ta  gran  ciudad  diehada, 
Esta  gran  ciudad  bien  avanturada 
Por  la  presenza  d'hermosuras  taies  ; 

Gomo  poteys  esuchar  sin  espanto 

Sus  rimas  mas  dulces  qu'el  dulce  canto 
D'Amphion,  que  os  die  sentidos  pies  y  orejas? 

Peùas,  un  sol  vers  los  lindos  cabellos 
D'esta  peùa  viva  y  sus  ojos  bellos 
De  *  peùas  muertas  os  hiziera  vivas. 

Le  sonnet  français,  qui  vient  ensuite,  est  lui-même  suivi 
d'une  réponse  de  M'""^  Des  Roclies,  qui  renvoie  au  poète  toutes 
les  belles  qualités  que  le  poète  admire  en  elle  : 

Les  dieux  m'en  ont  esté  avares 
Pour  les  prodiguer  dedans  vous. 

Afin  d'achever  de  se  faire  bien  venir  des  Poitevins,  Odet 
rima  encore  douze  sonnets  sur  les  ruines  de  la  forteresse  de 
Lusignan,  que  Louis  de  Bourbon,  duc  de  Montpensier,  avait 
fait  démolir  à  la  suite  du  siège  de  1574  2. 

De  retour  à  Paris,  le  jeune  auteur  donna  un  recueil  des 
poésies  de  son  père  ;  il  dédia  ce  recueil  au  président  du  parle- 
ment de  Paris,  Achille  do  Ilarlay,  qui  n'avait  pas  dédaigné  de 
chanter,  lui  aussi,  M'"'^  Des  Roches  ^ 

Il  est  probable  que  ce  fut  également  en  1580  qu'Odet  com- 
posa celle  de  ses  œuvres  qui  lui  assure  une  place  distinguée 
dans  notre  histoire  littéraire  :  Les  Conlens,  comédie  nouvelle 


i.  Inipr.  Di. 

2.  Les  (louzn  sonnets  sont,  imprimés  à  la  suite  de  La  Puce  de  madame 
Des  Roches,  éd.  de  15(S!2  fol.  71.  —  Ils  sont  accompagnés  d'un  treizième 
sonnet  «  A  madann!  Des  lîoclies  »  et  de  la  liesponse  de  Callierine  Des 
Pioclics.  On  trouve  dans  celle  Respouse  raiiai;i'amine  0  esprit  01  né  de 
beauté  dine,  c'est-à-dire  :  Odet  de  Tninèbe,  Paiisien. 

3.  Adr.  Turnebi,  philDSophiae  et  graeraruin  lilernrum  professoris 
regii,  Poemala.  Parisiis,  apud  Martinum  Juveneia,  1580.  ln-8. 


XXXIX.  —   ODET  DE   TOURNEBU.  149 

en  prose  françoise.  Cette  pièce,  qui  est  probablement  imitée 
d'un  original  italien,  bien  qu'elle  n'ait  avec  les  Contenti  de 
Parabosco  que  la  similitude  du  titre,  se  dislingue  par  un  style 
simple  et  naturel,  de  l'esprit  et  de  la  vivacité.  Nul  doute  que 
l'auteur  n'eût  été  un  de  nos  bons  poètes  comiques  s'il  avait 
parcouru  une  plus  longue  carrière.  Le  jeune  auteur,  que  sa 
fortune  \  ses  travaux  d'érudition,  ses  productions  légères  et 
ses  succès  mondains  paraissaient  appeler  aux  plus  hautes 
destinées,  fut  pourvu  vers  le  milieu  de  l'aunée  1581  de  la 
charge  de  premier  président  à  la  cour  des  Monnaies.  Il  ne 
jouit  guère  de  cet  honneur,  car  il  fut  enlevé  à  l'affection  et  à 
l'admiration  de  ses  amis  le  20  juillet  1581.  Il  n'avait  pas 
vingt-neuf  ans  ! 

La  mort  prématurée  d'Odet  de  Tournebu  causa  un  véritable 
deuil  parmi  les  lettrés.  Ceux-ci  lui  consacrèrent  un  tombeau^ 
que  nous  devons  décrire  avec  soin,  car  on  y  trouve  des  vers 
italiens  qui  nous  intéressent  particulièrement. 

Othonis  Tur-  ||  nebi  in  suprema  ||  Curia  Parisiensi  i|  Aduo- 
cati  II  Tumulus.  ||  Luleliœ,  ||  Apud  Mamerturn  Paiissoniumf 
Typographum  ||  Regiiim,  in  offtclna  Bob.  Slephani  ||  M.  D. 
LXXXII  [1582].  In-8  de  28  ff.  chifïr. 

Le  titre  porte  la  marque  des  Estlenne  avec  la  devise  :  NoU 
altam  sopere,  sed  time. 

Le  2«  f.  contient  une  épilaphe  en  style  lapidaire.  On  y  voit 
qu'Odet,  mort  le  20  juillet  (13  des  calendes  d'août)  1581,  vécut 
28  ans,  8  mois  et  28  jours. 

Voici  le  détail  des  pièces  contenues  dans  le  recueil  : 

Fol.  2  v».  Tumulus,  en  vers  hendécasyllabiques,  par  Estienne 
Pasquier,  avocat  au  parlement  de  Paris,  «  consangui- 
nitate  conjunctus  ». 

1.  Le  23  juin  1581  (moins  d'un  mois  avant  sa  mort),  Ûdet  de  Tournebu, 
avocat  au  parlement,  fils  aine  de  feu  Adrien  Turnèbe  et  de  Madeleine  Clé- 
ment, reçoit  de  sa  mère,  en  avancement  d'hoirie  :  une  maison  sise  à  Corbeil 
près  le  port  Saint-Laurent  ;  une  maison  sise  à  Féricy-en-Brie,  au  lieu  dit 
Frémery,  avec  six  perches  de  vigne,  tenant  à  Germain  Pilion.  (J.Pichon  et 
G.  Vicaire,  Documents  pour  servir  à  l'histoire  des  libraires  de  Paris^ 
1895,  p.  69.) 


450  XXXIX.  —  ODET  DE  TOURNEBU. 

Fol.  3.  Traduction  en  alexandrins  français,  par  le  même. 

—  3  vo.  Épitaphe  en  vers  hébreux  par  Jean  de  Ginqarbres 

CQuinquarboreus],  doyen  des  professeurs  royaux. 

—  Sept  distiques  grecs  par  Nicolas  Goulu  [N.  ruXtovto;]. 

—  4.  Élégie  hybride  par  Florent   Ghrestien    (16  distiques 

composés  chacun  d'un  hexamètre  latin  et  d'un  penta- 
mètre grec). 

—  4  Y°.  Tumulus,  en  hexamètres,  par  Adrien  Du  Drac  [Dra- 

cus],  conseiller  au  Parlement  de  Paris. 

—  5  v°.  Pièce  latine,  en  hendécasyllabes,  par  M.  Bouyer 

[Buerius,  propraetor  P.]. 

—  G.  16  distiques  latins  par  Germain  Audebert,  conseiller 

du  roi  et  «  vectigalium  indictionumque  apud  Aurelios 
judex  », 

—  6  vo.   0py,voç,  en  vers   hendécasyllabiques  latins,   par 

Nicolas  Audebert,  fils  de  Germain. 

—  7  vo.  Pièce  latine,  en  vers  hendécasyllabiques,  par  Jean 

Bonnefoy  [J.  Bonefius]. 

—  8.  Pièce    latine,    en    vers    hexamètres,    par    Pierre    de 

Lamoignon  [Lamonius]. 

—  9  vo.  EpUaphimn,  en  quatre  distiques,  par  le  même. 

—  10.  Epicedium,  en  vers  hendécasyllabiques,  par  Guillaume 

Du  Vair  [G.  Varius]. 

—  10  vo.  Epitaphium,  en  vers  hendécasyllabiques,  par  le 

même. 

—  12.  Pièce  latine,  en  vers  hexamètres,  par  Louis  d'Orléans 

[L.  Aurelius]. 

—  13.  Pièce  latine,  en  vers  ïambiques  trimètres,  par  Claude 

Binet. 

—  14.  Neuf  distiques  latins,  par  G.  Marteau,  sieur  de  Gland 

[G.  Martellus  Glandius,  M.  P.]  ^ 

—  14  v°.  Pièce  latine,  en  vers  ïambiques  trimètres,  par  le 

même. 

—  15.  Trois  pièces  latines  de  Philippe  Ganaye  «  ad  sodales  ». 

—  15  v».  Pièce  latine  en  hendécasyllabes,  par  Jean  Bonnefoy 

[Janus  Bonefiusj. 


1.  l'.eau-frère  de  Pierre  de  L'Esloile.  11  mourut  le  23  septembre  1595. 
Voy.  L'Estoile,  éd.  Jouaust,  VII,  p.  38. 


XXXIX.  —  ODET   DE   TOURNEBU.  151 

Fol.  16.  Pièce  latine,  en  hendécasyllabes,  par  Is.  de  La  Marli- 
nière  [Is.  Marlinius  BirriusJ . 

—  Deux  distiques  latins  par  Charles  Mainard  [Maenardus]. 

—  16  v.  Monodia,  en  hexamètres,  par  Olivier  Fontenay,  de 

Fontenay-le-Comte  [Olivarius  Fontenaius,  Fontanus]. 

—  17.  Six  distiques  latins,  par  Jan-Antoine  de  Baïf. 

—  17  V».  Sonnet  italien,  par  Nicolas  Audebert,  d'Orléans. 

—  Sonnet  italien,  par  P.  Joulet. 

(Nous  reproduisons  ces  deux  pièces  dans  les  notices  qui  suivent  ) 

—  18.  Sonnet  français,  par  Claude  Binet. 

Autre,  par  [Antoine]  Senneton. 

—  18  vo.  Sonnet  français,  par  B.  Poitevin. 

—  Autre,  par  G.  Le  Breton. 

—  19.  Sonnet  français,  par  N.  Bezançon. 

—  Autre,  par  N.  Pinon,  de  Mancy. 

—  19  v.  Sonnet  français,  par  de  Macefer. 

—  Autre,  par  François  d'Amboise. 

—  20.  Sonnet  français,  par  Pierre  Le  Loyer,  Angevin. 

—  Autre,  par  Jacques  Gourlin  de  Cissé. 

—  20  V.  Pièce  latine,  en  vers  hexamètres,  par  Jean  Pelletier 

[Janus  Peletarius,  P.  T.]. 

—  21.  Trois  distiques  latins,  Naenia  et  épitaphe  en   hexa- 

mètres par  Estienne  de  Tournebu  [Turnebus],  frère 
d'Odet. 

—  22  vo.  Version  de  la  dernière  pièce,  par  A.  D.  T.  [Adrien 

de  Tournebu]. 

—  Elégie  latine,  par  Adrien  de  Tournebu,  fils  d'Adrien  P'" 
[Adr.  Turnebus,  A.  f.]. 

—  2i.  Huit  sonnets  français,  par  Adrien  de  Tournebu. 

—  26.  Deux  distiques   latins   et    un    sonnet    français,  par 

Augustin  Gosté. 

—  26  \°.  Sonnet  français,  par  J.  Du  Quesnel. 

—  Vei'S  mesurez,  par  Estienne  Pasquier. 

—  27.  Autre  pièce  française.  Ode  française,   trois  distiques 

latins  et  Version  en  six  hexamètres  français,  par  le 
même. 

—  28.  Huit  distiques  latins   par  Adrien  de  Tournebu  [A. 

Turnebus,  A.  f.]. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Yc.  8822  (ancien  Y.  2961). 


152  XXXTX.  —   ODET  DE   TOURNEBU. 

En  dehors  de  ce  Tamuhis,  on  peut  citer  encore  une  élégie 
latine  insérée  dans  \di  Ptmcharis  de  Jean  Bonnefons^ 

Un  autre  ami  d'Odet,  Pierre  de  Ravel,  lui  éleva  un  monu- 
ment plus  durable  ;  il  publia  la  Comédie  des  Contens,  pièce 
que  Fauteur  avait  gardée  manuscrite,  et  quMl  n'aurait  sans 
doute  jamais  fait  imprimer  -. 

On  peut  citer  enfin  comme  un  dernier  ouvrage  posthume 
les  Lettres  d'Arnoul,  évêque  de  Montpellier,  qui  furent  données 
au  public,  en  1585,  d'après  un  manuscrit  ayant  appartenu  à 
Odet  de  Tournebu,  manuscrit  dont  il  avait  lui-même  préparé 
l'édition  \ 


1.  É(i.  de  1588,  fol.  25. 

2.  Les  Contens.  ||  Comédie  nouuelle  H  en  prose  Françoise.  I|  A  Paris,  || 
four  Félix  le  Manguier,  Libraire   iurê  en   rVniuersité  de  Paris,   au 
Valais,  Il  en   la  galerie  allant  à   la   Chancellerie.  ||  M.   D.    LXXXIIIl 
[1584].  Il  .\uec  Priuilege  du  lloy.  In-8  de  4  ÏÏ.  lira.,  55  ff.,  cliiffr.  de  9  à 
63.  et  1  f.  pour  le  Privilège. 

Les  fï.  lira,  contiennent  :  le  titre  ;  les  Personnages  ;  une  épîlre  «  A 
monsieur  Du  Sault,  conseiller  du  roy,  et  son  advocat  gênerai  en  la  cour  de 
Parlement,  à  Bordeaux  »,  épître  signée  :  Pierre  de  Ravel  ;  un  sonnet,  qui 
doit  être  du  même  lîavel  ;  le  Prologue. 

Le  nom  de  l'auteur  est  cité  dans  l'épîlre  et  dans  le  sonnet. 

Biblioth.  Mazarine,  21679. 

La  réimpression  de  1594,  portée  au  Catalogue  Delaleu  (no  636)  n'existe 
probalilenient  pas.  Nous  soupçonnons  que  la  date  aura  été  mal  lue. 

En  1626,  uu  maître  d'école  de  Blois  changea  le  titre  de  la  pièce  et  en 
publia  une  nouvelle  édition  accompagnée  d'un  commentaire  sur  les  locutions 
jiopulaires  et  les  proverbes  employés  par  l'auteur  : 

Les  Desguisez,  Cumedie  Françoise.  Aucc  l'explicalion  des  prouerbes  et 
mots  dilficiles.  A  Bloi/s,  Par  Gaucher  Collas,  deuant  la  grande  Fontaine, 
1626.  In-12  de  4  tf.  lim.  180  et  2i  pp. 

L'éditeur  a  placé  en  tète  du  volume  une  épître  «  A  tous  seigneurs  et 
gentils  hommes  estrangers  amateurs  de  la  langue  françoise.  »  Cette  épîlre, 
datée  du  premier  jour  de  l'an   est  signée:  Charles  Maupas. 

Vov.  R.  Porcher,  Notice  sur  les  imprimeurs  et  libraires  blésois,  1895, 
p.  116. 

Les  Contens  ont  été  reproduits  par  MolIet-le-Duc  (Ancien  Théâtre 
français,  VII,  1856,  pp.  107-231)  et  par  Edouard  Fournier,  Le  Théâtre 
français  au  xvi^  et  au  xvil*  siècle,  [t871J,  gr.  in-8  à  2  col.,  pp.  90-131 . 

3.  Ejiistolae  Arnulphi,  episcopi  Lexovicnsis,  numquam  antehac  in  luceni 
editae.  Ex  bildiotheca  Odonis  Turnebi,  lladriani  f.  Parisiis,  apud  Joh. 
liicherum,  1583.  I.i-S. 


XL 


NICOLAS  AUDEBERT 


Parmi  les  pièces  insérées  dans  le  Tumvlus  d'Odet  de 
Tournebu,  nous  avons  relevé  des  sonnets  italiens  signés  de 
Nicolas  Audebert  et  de  Pierre  Joulet.  Nous  avons  à  faire 
connaître  maintenant  ces  deux  auteurs. 

La  vie  de  Nicolas  Audebert  est  si  étroitement  liée  à  celle 
de  son  père,  que  nous  ne  pouvons  parler  de  Pun  sans  l'autre. 
Déplus,  Germain  Audebert,  le  père,  bien  que  nous  ne  connais- 
sions de  lui  aucun  écrit  italien,  appartient  plus  encore  que 
son  fds  à  Phistoire  littéraire  de  l'Italie. 

Germain,  né  à  Orléans  vers  1520,  fut  un  humaniste  des 
plus  distingués.  Dès  l'année  1539  il  avait  pris  le  chemin  de 
PItalie.  Il  nous  a  donné  lui-même,  à  la  fin  de  sa  Parlhenope, 
des  détails  sur  le  séjour  qu'il  fit  au-delà  des  monts  '.  Nous 
savons  ainsi  qu'il  se  rendit  à  Bologne,  où  il  passa  trois  ans, 
et  où  il  eut  pour  maîtres  Romolo  Amaseo,  Andréa  Alciato  et 
Ugo  Buoncompagni,  qui  fat  plus  tard  pape  sous  le  nom  de 


Haec  loca  lustrabam  primo  siib  vere  juventae  ; 
Bis  decinuis,  memini.  iiecdum  me  ceperat  annus, 
Tempore  qiio  faciebat  iler  per  gallica  régna 
.\d  Belgas  Caesar,  Galloruin  acerrimus  hostis, 
Hosti  se  credens,  ut  inexpectata  rebelles 
Sisleret  invicti  lierois  praesenlia  motus. 

[Parthenope,  v.  917-922  ) 


154  XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT. 

Grégoire  XIIP.  Il  cite  parmi  ses  condisciples:  Antoine  Sen- 
neton.  qui  devint  conseiller  au  parlement  de  Paris,  puis 
président  au  parlement  de  Metz-  ;  Pierre  de  Yillars,  qui 
devint  auditeur  de  la  maison  du  cardinal  de  Tournon,  puis 
évêque  de  Mirepoix  et  archevêque  de  Vienne  ^  ;  Charles  de 
Laraoignon,  qui  devint  conseiller  des  Eaux  et  Forêts,  puis 
conseiller  au  parlement  de  Paris,  maître  des  requêtes  et 
conseiller  d'État"^.  Ce  dernier  mourut  au  mois  de  novembre 
1572,  longtemps  avant  que  Germain  écrivît  sa  Parthenope  ; 
aussi  le  poète  joint-il  à  l'éloge  du  père  l'éloge  du  fils,  Pierre 
de  Lamoignon,  enfant  prodige  qui  n'avait  pas  encore  seize 
ans  quand  il  fit  imprimer  des  vers  latins  et  grecs  ^ 

Parmi  les  personnages  que  les  étudiants  français  avaient 
connus  à  Bologne,  le  jeune  Orléanais  mentionne  spécialement 
le  savant  médecin  Matteo  Corti  ^ 


\.  Audebert  dit  dans  sa  Roma  (v.  125-131),  éd.  de  1603,  pp.  146-147  : 
Qui  sacris  sacras  manibus  raoliris  habeiias, 
Saiicte  pater,  vigili  pascens  pecuaria  cura,     Gregorius  13. 
NulH  ductrina,  nulli  caiidore  secundus,  Pont.  Max. 

Ingeniosa  palara  legum  praescripta  docebas, 
Tota  auditorum  mecuni  admirante  caterva, 
Qiium  me  discentem  civilia  jura  teneret 
Ferlilis  Hesperio  vicina  Bononia  Rbeno. 
Cf.  Tirabosciii,  VII,  p.  726. 

2.  Voy.  notre  tome  I,  p.  354,  en  note. 

3.  Pierre  IV  de  Villars,  nt'  vers  1517,  fut  reçu  docteur  à  Padoue  vers 
1540.  Il  devint  en  1535  conseiller-clerc  au  Parlement  de  Paris,  et  fut  pourvu 
en  1366  de  révêcbé  de  Mirepoix,  qu'il  écbangea,  en  1575,  contre  Tarche- 
vèché  de  Vienne.  Il  se  démit,  en  1587,  en  faveur  de  son  neveu  Pierre  V 
de  Villars,  qui  lui  avait  déjà  succédé  sur  le  siège  de  Mirepoix,  et  il  mourut 
le  14  novembre  1592. 

4.  Né  le  h'"'  juin  151  i,  il  fut  reçu  docteur  à  Ferrare,  le  20  juillet  1543. 
(Voy.  Gins.  Pardi,  /  Titoli  dottorali  conferiti  dallo  studio  di  Fennra, 
1900.  in-l,  p.  134).  Moreri  indique  déjà  la  date  du  doctorat  de  Lamoignon, 
d'après  une  note  inscrite  sur  un  livre  d'beures  aujourd'hui  conservé  par 
M.  le  marquis  de  Luppé. 

5.  Né  le  27  août  1554,  il  fut  avocat  au  parlement  de  Paris.  Il  mourut 
le  14  août  1584.  Il  y  a  des  vers  de  lui  dans  le  tombeau  d'Odet  de  Tournebu. 
(Voy.  ci -dessus,  p.  150). 

6.  Originaire  de  Pavie,  il  commença  d'enseigner  en  1497.  Il  fut  appelé 
à  Pise  en  1515,  à  Padoue  en  1524.  à  Bologne  en  1538.  Il  retourna,  en 
1543,  à  Pise  et  y  mourut  l'année  suivante.  Vov.  Tiraboschi,  VII  (éd.  de 
1809-1812,  p.  653. 


XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT.  153 

En  quittant  l'Université,  Audebert  se  rendit  à  Ferrare,  où  il 
vit  Renée  de  France  et  les  beaux  esprits  qui  formaient  la  cour 
littéraire  de  la  princesse  :  Olimpia  Morata',  Giglio  Gregorio 
Giraldi,  paralysé  depuis  dix-huit  ans-,  Cato^  Celio  Calca- 
gnini^  et  Gio  Battista  Giraldi,  dit  Cintio  ou  Cinzio'.  Passant 
à  Padoue,  il  y  rencontra  Lazzaro  Buonamico,  déjà  vieux  et 
cassé  ^  le  médecin  Girolamo  Montano  '  et  le  jurisconsulte 
Alessandro  Sozzini  ^ 

De  Padoue,  Audebert  fit  une  excursion  à  Gênes,  puis  il 
revint  à  Padoue  et  visita  enfin  Venise,  qui  devait  lui  laisser 
un  impérissable  souvenir.  Il  fit  ensuite  le  voyage  de  Rome'' 
et  descendit  jusqu'à  Naples,  où  il  conduisit  le  jeune  Philippe 
Hiirault,  sieur  de  Cheverny.  de  huit  ans  plus  jeune  que  lui. 
Philippe  était  né,  posthume,  le  25  mars  1528.  Son  père,  Raoul 
Hurault,  sieur  de  Cheverny,  secrétaire  du  roi  et  général  des 
finances,  était  mort  au  mois  d'août  1527  pendant  la  campagne 
de  Naples,  et  avait  été  enterré  à  Capoue.  Le  voyage  du 
futur  chancelier  avait  pour  but  de  visiter  et  d'embellir  son 
tombeau  '". 


1.  Née  à  Ferrare  en  152G,  mariée  en  1550  à  Andréas  Grilntliler,  morte 
à  Heidelberg  le  26  octobre  1555. 

2.  Né  à  Ferrare  en  14.79,  mort  en  155'2.  Vov.  Tirabosclii,  VII,  pp.  837- 
842,  944. 

3.  Sans  doute  Renalo  Cato.  que  Giglio  Gregorio  Giraldi,  en  15i8,  cite 
parmi  les  poètes.  Voy.  Tiral)osclii,  Vit,  p.   I4Ô7. 

4.  Né  à  Mantoue  en  1479,  professeur  à  Ferrare,  mort  en  i5U.  Vov. 
Tiraboschi,  Vit,  p.  858. 

5.  Gio.  Batlista  Giraldi,  élève  de  Calcagnini,  mourut  en  1573. 

6.  Lazzaro  n'était  pourtant  pas  plus  âgé  que  Corti  ni  que  Calcagnini.  Il 
«tait  né  comme  eux  eu  1479.  Il  mourut  en  1552.  Vov.  Tiraboschi,  VII, 
pp.  1483-1485. 

7.  Gio.  Battista  Monlano  ou  Da  Moule.  Véronais,  professeur  à  Padoue 
(1539).  mort  en  1551.  Voy.  Tiraboschi.  VII,  pp.  654-656. 

8.  Alessandro,  fils  de  Mariano,  mourut  jeune  en  1541.  Voy.  Tiraboschi, 
VII,  p.  716.  —  La  mention  d'Alessandro  permet  de  penser  qu'Audehert 
visita  Padoue  en  1541. 

9.  On  voit  parmi  passage  du  poème  intitulé  Rnmri  (éd.  de  1603,  p.  146) 
que  Germain,  élant  tombé  malade  à  Rome,  fut  soigné  par  Ippolito  Salviani, 
l'auteur  de  VAqualilium  Animalium  Uidoria,  publiée  en  1558.  Cf.  Tira- 
boschi, vit,  p.  606. 

10.  Voy.  le  début  de  la  Parllienope. 


156  XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT. 

De  retour  à  Orléans  après  une  absence  de  cinq  ou  six  ans, 
Germain  vécut  modestement  dans  sa  ville  natale  sans  briguer 
les  honneurs  que  ses  anciens  camarades  d'étude  eussent  pu 
lui  faire  obtenir.  Il  se  contenta  de  la  charge  d'élu  d'Orléans, 
et  il  la  remplit  pendant  cinquante  ans.  II  cultivait  les  lettres, 
faisait  des  vers  latins  et  grecs  et  entretenait  un  étroit  com- 
merce avec  une  foule  d'érudits  et  de  beaux  esprits  ^  Parmi 
les  érudits  qui  furent  ses  amis,  on  peut  citer  Jean  de  Dam- 
pierre,  qui  lui  soumettait  ses  ouvrages-,  et  Scévole de  Sainte- 
Marthe,  qui,  en  1575,  lui  adressa  une  épître,  et  qu'il  remercia 
par  quatre  épigrammes  et  une  petite  pièce  grecque  ^  Vers  le 
même  temps,  nous  le  voyous  féliciter  le  jeune  Odet  de  Tour- 
nebu  du  soin  apporté  par  lui  à  la  publication  des  œuvres 
paternelles  \ 

Comme  tous  les  hommes  éclairés  et  instruits  de  son  temps, 
Audebert  paraît  avoir  incliné  vers  la  Réforme;  aussi  fut-il 
poursuivi  pour  rébellion  et  condamné,  par  contumace,  à  être 
pendu,  le  H  novembre  1562,  en  même  temps  qu'Antoine 
Fumée,  que  Robert  de  La  Haye,  que  le  bailli  d'Orléans, 
Jérôme  Groslot,  que  les  échevins  Gabriel  Framberge  et  Pierre 
Stamplé,  et  qu'une  foule  d'autres  personnages  de  marque  ^ 
Après  les  troubles,  il  put  heureusement  rentrer  dans  sa 
maison. 

Germain  avait  un  fds,  Nicolas,  né  en  1556,  qui  eut  le  même 
goût  que  lui  pour  l'étude. 

Nicolas  n'eut  pas  plutôt  fini  ses  humanités  qu'il  partit  pour 
l'Italie.  Le  voyage  du  fils  ranima  chez  le  père  l'enthousiasme 
que  lui  avaient  fait  éprouver  toutes  les  merveilles  de  la  pénin- 


1.  Il  ]);iraît  avoir  été  un  des  familiers  de  Tévèque  d'Orléans.  Jean  de 
Morvillier,  qui  fut  ambassadeur  à  Venise  et  chancelier  de  Fiance.  En  1552, 
il  lui  adresse,  sous  forme  de  lettre,  une  [lièce  latine.  In  fiKjam  Caroli 
qiiinli,  mense  maio  i55!2.  (L'antoi^raphe  est  à  la  Bibliothèque  nationale, 
ms.  lat.  8143,  fol.  "20.) 

2.  bibliolh.  nat.,  ms.  lat.  8U3,  fol.  M9. 

3.  Scévole  de  Sainte-Marthe,  l'oetica  Paraphrasis  in  sacra  canfica, 
etc.,  1575,  fol.  60,  65,  66. 

4.  Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  22  564,  11,  p.  80. 

5.  Mémoires  de  Condé.  1743,  IV,  p.  122. 


XL.  —  NICOLAS   AUDEBERT.  157 

suie.  Il  rassembla  tous  ses  souvenirs  et  entreprit  de  chanter 
en  vers  latins  les  principales  villes  qu'il  avait  visitées  au  delà 
des  Alpes.  Son  premier  ouvrage,  qui  est  consacré  à  la  louange 
de  Venise,  est  le  plus  important. 

Le  poème,  divisé  en  trois  chants,  contient  une  description 
singulièrement  exacte,  et  parfois  même  très  minutieuse,  de  la 
ville  des  doges.  Son  histoire,  sa  construction,  ses  poissons  et 
ses  coquillages,  ses  monuments,  ses  palais,  ses  trésors,  ses 
gondoles,  ses  théâtres  et  ses  foires  attirent  successivement 
l'attention  de  l'auteur.  Germain  rappelle  avec  reconnaissance 
l'accueil  bienveillant  qu'il  reçut  de  Guillaume  Pellicier,  qui 
dirigea  de  1539  à  15i3  l'ambassade  de  France.  Grâce  à  lui, 
il  put  monter  sur  le  Bucintoro  un  jour  de  grande  fête.  Le 
poète  n'oublie  pas  les  grands  hommes  de  Venise.  Il  cite  parti- 
culièrement Pietro  Bembo,  Andréa  Navagero,  Gio.  Battista 
Cipelli,  dit  Egnazio,  qu'il  avait  entendu  lui-même  parler  avec 
éloquence,  Ermolao  Barbaro,  Gasparo  Contarini,  Domenico 
Venier,  enfin  et  surtout  Paolo  Manuzio. 

L'ouvrage  devait  être  terminé  depuis  plusieurs  années, 
quand  Germain  Âudebert  pria  l'ambassadeur  de  Venise  en 
France,  Lorenzo  Priuli,  qui  retournait  auprès  de  la  Seigneurie, 
d'en  faire  hommage  au  grand  Conseil.  La  présentation  eut  lieu 
le  31  mars  1583,  et  les  Vénitiens  furent  si  charmés  du  poème 
qu'ils  décidèrent,  le  jour  même,  de  donner  à  l'auteur  le  titre 
de  chevalier,  plus  une  chaîne  d'or,  du  prix  de  200  écus,  et 
une  médaille  de  saint  Marc.  Il  fut  arrêté,  en  même  temps,  que 
l'ouvrage  serait  imprimé  à  400  exemplaires  aux  frais  de  la 
République.  Il  parut  en  elTet  en  1583',  et  Giovanni  Moro, 
successeur  de  Lorenzo  Priuli  en  France,  remit  à  Germain  le 
présent  qui  lui  était  destiné. 

Pour  célébrer  Florence,  le  docte  Orléanais  se  contenta  de 
compléter  et  de  retoucher  un  poème  inachevé  d'Ugolino 


i.  Germani  Audelierti  Aiirelii  Venetiae.  Venetiis  apitd  Aldum,  1583, 
In-4  (Biblioth.  nal.,  Inv.  Yc.  H98j.  Cf.  Renouard,  Annales  des  Aide, 
3«éd.,p.  233. 


158  XL.  —    NICOLAS   AUDEBERT. 

Verini,  dont  il  possédait  le  manuscrit,  et  il  le  mit  au  jour  avec 
une  dédicace  à  Catherine  de  Médicis'. 

En  1585  parurent  Téloge  de  Rome,  dédié  au  cardinal 
Alessandro  Farnese-,  et  enfin  l'éloge  de  Naples,  dédié  à 
Philippe  Hurault,  vicomte  de  Cheverny^ 

On  pourrait  citer  encore  quelques  autres  menus  ouvrages 
de  Germain  Audebert,  par  exemple  une  pièce  adressée  à 
Scévole  de  Sainte-Marthe  \  et  des  vers  sur  la  mort^  ;  mais  ses 
poèmes  sur  Tltalie  dans  lesquels  respire  un  amour  si  sincère 
des  choses  qu'il  y  avait  vues  et  des  hommes  qu'il  y  avait 
connus,  doivent  seuls  nous  arrêter  ici.  Les  éloges  de  Venise, 
de  Rome  et  de  Naples  ont  été  réunis  en  1603  dans  un  volume 
qui  mérite  vraiment  d'être  lu*'. 

iS'ous  avons  dit  que  Nicolas  Audebert  était  né  en  1556;  il 
n'avait  que  dix-huit  ans,  mais  il  avait  fait  de  solides  études  et 
il  possédait  à  merveille  les  langues  anciennes',  quand  son  père 


1.  LVolini  Veiini,  poetae  florriilini,  de  illiistratione  urbis  Florentiae  Libri 
très,  muic  priinuni  in  lucem  editi.  Ex  bibliotheca  (iermani  Audeberli  Aiirelii, 
cujiis  labore  atque  iiuliisliia  mullae  lacuiiafi  quae  eraiit  in  manuscripto 
repletae,  ac  mnlli  loci,  partira  vetustale  exesi,  restituli  et  restaurati  sunt. 
Luteliae,  apiid  Mainertum  Patissonium,  1583.  In-fol.  ;Bibliolh.  nat..  Inv. 
Rés.  K  45;  liés.  g.  Yc.  501  {'l)  ;  Rés.  Yc.  1011).  —  Germain  traduisit 
lui-même  en  vers  français  l'épître  à  la  reine  (Biblioth.  nat.,  ms.  lat.  8143, 
fol.  7). 

2  Germani  Audeberti  Aureliaiiensis  Ronia,  poema.  Parisiis,  Jac.  Du 
Puis.  1585.  In-4.  Biblioth.  nat.,  Inv.  Yc.  1197  et  l:2uOi.  Cf.  xNolliac, 
La  Bihliolhèrjue  de  Ftilvio  Orsini,  1887.  pp.  66,  67,  398,  432. 

3.  (Germani  Audeberti  Aurelianensis  Parllienope,  poema.  l'arisiis.  Jac, 
Du  Puis,  158:j.  In  4.  (Biblioth.  nat.,  Yc.  1199  et  1201).  Cf.  Biblioth. 
nat.,  ms.  lat.  8144. 

4.  En  tète  des  Poënwta  de  Scévole  de  Sainte-Marthe,  1596. 

5.  L'Estoile.  Mémoires-Journaux,  éd.  Jouanst,  IX,  p.  387. 

6.  Germani  Audeberti  .\urtlii,  Galliarum  régis  ac  1).  .Marri  Vcneti  equitis 
torquati,  Veneliae,  lionia,  Partbenope.  Haiioviae,  tyvis  Weclielinnis  upud 
Claudium  Murnium  et  lieredcs  Juan  Anbrii,  1603.  ln-8  de  8  tr.  lim., 
237  pp.  et  1  f.  (Bibliolh.  nat.,  Inv.  Yc.  8022  :  —  notre  bibliothèque.) 

Les  mêmes  poèmes  ont  été  reproduits  dans  les  Deliciae  poctarum  (jallorum, 
I,  p.  89. 

7.  On  trouve  dans  les  œuvres  de  Sainte-Marthe  deux  épigrammes  latines 
à  lui  adressées  par  .Nicolas  avant  son  voyage  d'Italie.  Voy.  Scaevolae  Sam- 
marlhani. . .  Poiilica  Paraphrasis  in  sacra  Caniica,  etc.,  1575,  fol.  66. 


XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT.  159 

songea  pour  lui  au  voyage  d'Italie.  Le  jeune  homme  avait  besoin 
de  lettres  de  recommandation  pour  quelques  professeurs  en 
renom.  Germain  Audebert,  qui  était  depuis  longtemps  rentré 
en  France,  n'avait  guère  de  relations  au-delà  des  Alpes  ;  mais 
son  ami  Pierre  Daniel  sollicita  l'obligeante  intervention  de 
Claude  Du  Puy,  avocat  au  parlement  de  Paris.  Celui-ci  était 
depuis  peu  revenu  d'Italie',  où  il  s'était  lié  avec  plusieurs 
hommes  distingués,  particulièrement  avec  Gio.  Vincenzo  Pi- 
nelli%  Carlo  Sigonio^  et  Fulvio  Orsini^ 

Un  des  recueils  de  Bongars  contient  la  copie  d'une  lettre  de 
recommandation  en  date  du  21  septembre  1574,  adressée  par 
Du  Puy  à  Pinelli,  en  faveur  de  Nicolas,  à  la  demande  de  Daniel  : 

«  Monsieur,  etc.,  vous  recevrez  la  présente  par  les  mains  de 
monsieur  Audebert,  d'Orléans,  jeun'homme  de  gentil  esprit 
et  de  fort  grand'esperance,  et,  pour  le  faire  convl,  juvenis  pâtre 
digni,  homine  apuci  suos  curn  primis  ovnalo  et  honeslo.  Je  ne  l'ai 
jamais  veu  ;  mais  il  m'est  pieça  assez  connu  par  ses  doctes 
escrits  et  par  la  réputation  qu'il  a  envers  tout  le  monde  de 
grand' preudhommie  et  intégrité.  Il  envoie  sondict  filz  aus 
universités  d'Italie,  lequel  sur  toute  chose  désire  de  coimoi&tre 
et  fréquenter  les  hommes  doctes  plus  renommés,  comme  chose 
qui  lui  peult  grandement  proufiter  pour  le  parachèvement  de 
ses  estudes,  à  quoi  monsieur  Daniel,  civis  ipsorum,  quique 
patrem  ob  eas  quas  modo  dixi  res  dlligenler  observcU,  adules- 
cenlem  vero,  propter  summain  ingenii  et  virtutis  spem  quam  de 
se  praebet,  diligit  in  primis,  a  pensé  qu'il  ne  pouvoit  avoir 
meilleur  adresse  que  la  vostre,  et  m'a  prié  de  vous  escrire  en 
sa  faveur,  vous  suppliants,  monsieur,  et  mei  et  Danielis,  et 
patris  eliam  ipstus,  viri  opllmi  et  eruditissirni  causa,  d'user 
envers  lui  de  tout  bon  accueil,  traitement  et  courtoisie  qu'un 
de  sa  sorte  peut  désirer  et  recevoir  d'un  gentilhomme  tel  que 


1.  Du  Puy  avait  quitté  Paris  vers  la  fin  de  1569.  Le  Jfl  mai  1570,  i 
écrivait  de  Venise  à  Pierre  Daniel  (Bibliotli.  de  Berne,  nis.  141.  art.  218). 

2.  Le  ms.  Dupuy  704  contient  lÙi  lettres  adressées  par  Piuelli  à  Claude. 
Voy.  aussi  le  ms.  663,  fol.  110. 

3.  Ms.  Dupuy  704.  fol.  116. 

4.  .Même  ms.,  fol.  115  et  114. 


160  XL.  —  NICOLAS   AUDEBERT. 

VOUS,  id  est  ab  v'iro  génère,  virlule,  doctrlna,  industria,  huma- 
nilate  praeslantissimo,  et  parespecial  lui  faire  connoistre  pre- 
mièrement vous  mesmes,  qui  U7nis  instar  es  maltorum,  en 
après  les  autres  personnages  de  nom  et  de  sçavoir,  tant  de 
Padoue  que  des  autres  villes  d'Italie  où  il  voudra  aller.  En 
quoi,  monsieur,  vous  obligerez  plusieurs  personnes,  à  sçavoir: 
ledict  sieur  Audebert,  lequel,  estant  si  bien  né  et  institué  que 
j'entens,  ne  peut  estre  autre  que  bien  reconnoissant,  son  père, 
homme  de  bien  et  d'honneur,  .si  quisdam  est^  et  monsieur 
Daniel.  Et  quant  à  moi,  ad  plurima  tua  m  me  promerila  liaud 
parva  erit  islhaec  accessio.  Et  n'estant  la  présente  à  autre  fin, 
je  la  finirai  par  mes  bien  humbles,  etc  *.  » 

Germain  Audebert,  recevant,  à  Orléans,  la  lettre  de  Du  Puy, 
lui  répondit,  le  28  septembre,  trois  jours  avant  le  départ  de 
Nicolas  : 

«  Monsieur,  je  ne  sçauroys  assez  suffisamment  à  mon  gré 
vous  remercyer  du  bien  singulier  et  inespéré  que  [de]  vostre 
grâce  et  seule  bonté  avez  faict  tant  à  moy  qu'à  mon  fils,  et 
de  la  grande  honnesteté  et  courtoysie  de  laquelle  vous  [nous] 
avez  tous  deux  à  la  foys  provoquez  et  obligez  à  vous  faire 
service  toutes  nos  vies. . .  Caelerum,  quia  [ul  et  verbis  et  ratione 
Ciceronis  itlar)  est  animi  ingenui  cui  multum  debeas  eidem  plu- 
rimum  velle  debere,  abs  le  magnopere  conlendo  ut  huic  gratiae 
alteram  etiam  superaddas  non  minus  mihi  gratam,  et  jucundam, 
ut  me  videlicel  et  Audeberlum  meuin  viris  dortissimis  et  rarissimis 
Sigonio  et  Mureto  de  mellore  nota  per  (itéras  commendes^  et  in 
illorum  amicitiain  o/ficiose  ac  Insigniler  insinues. . .  Au  surplus, 
monsieur,  je  me  suis  advisé  vous  envoyer  quelque  peu  de 
poésie  de  ma  façon,  sçavoir  est  les  quatre  premiers  epigrammes 
et  le  dernier,  et  les  deux  precedens  le  dernier,  de  la  façon  de 
mon  fils. . .  Si  c'estoit  chose  digne  de  la  vue  de  ces  deux  grands 
maistres,  messieurs  Sigonius  et  Muret,  je  vous  supplyroys 
leur  en  faire  part,  pareillement  à  mons""  Pinelli,  mais  plus 
pour  subir  leur  censure  et  castigation,  que  pour  rien  de  bon 
qui  soit  eneulx.  Vous  en  jugerez  et  ferez  comme  il  vous  plaira. 

i.  iîibliulli.  (le  IJcriie,  ins.  141,  ;irl.  172. 


XL.  —   NICOLAS  AUDEBERT.  161 

Mon  filz  les  a  escriptz  pour  vous  laisser  quelque  petite  sou- 
venance de  lui  avant  que  partir  d'icy  * . . .  » 

Trois  jours  après,   Nicolas  commençait  son  journal  de 
voyage  : 

«  Vendredy,  premier  jour  d'octobre  M.D.LXXIIII. 
«  Ce  jour  d'huy  estant  adverty  par  monsieur  de  La   Lan- 
douze  2  du  partement  d'un  sien  nepveu,  nommé  monsieur 
Pignerelle,  mareschal  des  logis  du  roy,  demeurant  à  Tours, 
lequel  s'en  alloit  à  Lion,  où  estoit  le  roy,  qui,  pour  lors  reve- 
noit  de  Poulongne,  j'employay  tout  le  reste  du  jour  à  faire 
mes  adieux  et  à  me  préparer  pour  partir  le  landemain  matin 
pour  aller  en  Italie,  et  ainsy  partys  le  samedy. 
«  Samedy  2.  jour.  Et  premièrement  d'Orléans  à  Lyon. 
«  Je  party  d'Orléans  pour  aller  à  Lyon,  et  de  là  en  Italie, 
le  second  jour  d'octobre,  tenant  le  chemin  qui  suict  : 

«  Estans  sortys  par  la  porte  du  Pont,  où  nous  lournasmes 
à  gauche,  premièrement  passasmes  par  : 

«  Sandillon 2  1.  et  demie, 

village  après  lequel  se  trouve  à  costé  gausche  : 

«  Farrolles 2  1. 

«  Jeguy 2  1. 

«  Bouteilles 2  1. 

«  Sully  (disnée) 11., 

petite  ville  assez  forte,  eslongnée  de  la  rivière  de  Loyre  d'un 
traict  d'arc,  ceinte  de  murs  et  petites  tours,  et  environnée 
d'eau.  Il  y  a  chasteau  séparé  de  la  ville  d'un  gros  et  large 
bras  d'eau,  sur  lequel  y  a  un  pont  de  boys  ;  dont  est 
seigneur  monsieur  de  La  Trimouille. . .  '  » 

A  Cosne,  les  deux  voyageurs  trouvèrent  «  compagnie  d'un 
chantre  de  la  Saincte  Chapelle  du  roy,  et  chanoine  de  Sainct- 


1.  Bibl.  nat.,  ms.  Dupiiy  712,  fol.  10;  —  Bévue  archéologique,  IIP 
série,  X  (1887).  p.  319. —  On  lit  au  dos  celte  note  de  la  main  de  Du  Puy  : 
Monsieur  Vesleu  Audrbert. 

2.  Scévole  de  Sainle-IMarihe,  Poëtica  Paraphrasis  in  sacra  cantica,  etc. 
1575,  parle  de  M.  de  La  Landouze  (Landuza)  comme  d'un  ami  commun  à 
lui  et  à  Germain  Audebcrt. 

3.  Ms.  Limsdowne  720,  fol.  1. 

II. —  11. 


162  XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT. 

Maur,  nommé  monsieur  Oudart\  et  d'un  tapissier  du  roy  ». 
Dans  la  ville  était  tout  le  train  du  duc  de  Nevers  -.  A  La 
Charité,  ils  rencontrèrent  «  monsieur  d'Obigny^  ». 

Avant  d'arriver  à  Lyon,  Nicolas  et  son  compagnon  allèrent 
voir  «  un  homme  docte,  appelle  le  bailly  Piochet^  ». 

Le  jeune  Orléanais  ne  s'arrêta  guère  à  Lyon,  dont  il  partit 
le  14.  octobre  avec  le  P.  Bernardin,  jésuite  ^  Il  traversa  la 
Savoie,  où  il  alla  voir  l'évèque  de  Maurienne,  Pierre  de  Lam- 
bert, qui  le  retint  à  dînera  II  franchit  le  Mont-Cenls,  passa 
par  Turin  et  Plaisance,  et  gagna  Bologne,  où  il  devait  étudier. 
Voici  le  début  de  Tarticle  qu'il  consacre  à  cette  ville  : 

«  Mercredy,  3'^  jour  de  novembre  1574. 

«  Bologna  la  Grassa.  J'arrivay  à  Bolongne  sur  les  vingt - 
deux  heures,  en  compagnie  d'un  Piedmontoys  avec  lequel 
j'estoys  parly  de  Thurin,  qui  se  nomme  il  slgjior  Gàvlo  Broio, 
nalif  de  Chiers,  et  trouvay  logis  in  casa  dl  M.  Francesco 
Délia  Rota,  nella  casa  di  Cento  Trece?Uo,  al  yuaslo  di  Benlï- 
vogli,  où  y  avoit  pour  lors  logez  deux  Plaisantins,  l'un 
nommé  Verduzio  Landi,  homme  fort  docte  et  de  grande 
maison.  Y  avoit  aussy  un  Françoys,  cappitaine  de  la  marine, 
nommé  Pasquier  Cornu,  ([ui  estoii  en  ce  pays  à  la  poursuitte 
d'un  procès.  Pendant  qu'ay  esté  à  Bolongne  je  n'ay  faicl 
aultre  logis  ;  qui  est  fort  eslongné  de  la  place  et  des  escholles, 
mais  fort  retiré  du  bruit,  et  le  quartier  bien  habité  de  la 


1.  Ce  personnage  était  sans  cloute  de  la  même  famille  que  le  Pliilippe 
Oudarl,  mort  le  i  mai  1361,  qui  avait  son  tombeau  dans  la  Sainte-Cha- 
pelle basse.  Voy.  Raunié,  Epitaphier  du  vieux  Paris,  II,  1893.  p.  474. 

2.  Même  ms.,  fol.  2.  —  Le  duc  de  ÎN'evers  était  Lodovico  Gonzaga. 

3.  Fol.  2  \°. 

4.  Jean  de  Piochet,  seigneur  de  Sallin,  qui  était  un  fervent  bibliophile 
(voy.  le  Catal.  Didot.  1878,  nos  4,4,  et  574).  Il  y  aine  pièce  de  lui, 
accompagnée  de  la  devise  In  pacc  novi  hostes,  dans  les  Œuvres  de  Claude 
de  Butlel  (éd.  de  Lyon,  1877,  in-8,  p.  360). 

5.  Ms.  Lansdowne,  fol.  12. 

6.  Pierre  de  Lambert,  de  Chambéry,  avait  d'abord  été  chanoine  de 
Genève.  Chassé  de  cette  ville,  en  1535,  avec  révè(jue  Philibert  de  La 
Baume,  il  fut  pourvu  du  doyenné  de  la  Sainte-Chapelle  de  Chambéry. j,Il 
devint,  le  SI  novembre  1567,  évêque  de  Mauiienne  'A  occupa  ce  siège 
jusqu'en  1590.  Vov.  l'abbé  Truciiet,  Sainl-Jean-de-Maurienne  au  xvi« 
siècle,  1887,  p.  361. 


XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT,  163 

noblesse,  et  estimé  le  plus  sain  de  la  ville,  à  cause  qu'il  est 
le  plus  eslongné  de  la  montaigne,  et,  au  contraire,  les  lieux 
qui  en  sont  proches  sont  fort  malsains  et  dangereux,  y  ayant 
l'hiver  tout  le  jour  une  grosse  et  espoisse  brouée,  qui  cause 
de  grandes  douleurs  de  teste,  princi{)alement  si  l'on  sort 
avant  le  soleil  levé  ou  après  qu'il  est  cousché;  qui  faict 
que  en  ceste  ville  tout  coup  sur  la  teste,  petit  qu'il  soit,  si  le 
lieu  est  eutcmmé,  est  mortel;  et,  cela  advenant,  se  trans- 
porte soudain  le  blessé  à  20  ou  30  milles,  et  ordinairement  à 
Ferrare,  où  au  contraire  les  coups  de  leste  se  guérissent 
facilement,  mais,  au  lieu  de  cela,  tout  coup  de  jambe  y  est 
mortel  si  soudain  Ton  ne  transporte  le  patient,  et  le  mesme 
s'observe  à  Rome,  où  les  blesseures  de  teste  sont  périlleuses, 
et  à  Naples,  celles  de  jambe. 

«  La  situation  de  Bolongne  est  au  pied  de  l'Apenin,  au 
milieu  de  la  via  Emilia,  et  est  par  Ptolomée  descriple  au 
6"  climat,  degré  33«.  Les  montagnes  de  l'Apenin  sont  ver.s  le 
Midi.  Vers  l'Orient  est  le  fleuve  Savona  et  la  Romagne.  Du 
costé  de  Septentrion  passe  le  Rein,  et  s'eslend  toute  la  cam- 
pagne de  la  Lombardie,  et  vers  l'Occident  est  toute  belle 
plaine  jusques  au  Po  et  à  Ferrare  :  par  ainsy  Bolongne  est 
en  plaine  au  pied  de  l'Apenin,  entre  la  Lombardie  el  la 
Romagne. 

«  La  forme  d'icelle  est  deux  foys  plus  longue  que  large,  et 
par  dedans  passent  deux  bras  d'eau,  l'un  de  Savona  (au  lieu 
de  Savena),  l'autre  du  Rein,  et  oultre  ce  un  torrent  nommé 
Lanza,  ou  Avesa,  comme  l'appelle  fra  Leandro  '. 

Les  professeurs  de  droit  à  l'Université  de  Bologne  étaient 
alors  Pietro  Maria  Sangiorgi,  Francesco  Giovanetti,  Luca 
Costeo,  Niccolô  Orazi,  Ferrante  Vezza,  Alfonso  Dosi,  Giovanni 
Morandi,  Gio.  Battista  Salimbeni,  Gio.  Girolanio  Gratti,  Paolo 
Bargellini,  Giov.  An-gelo  Papio,  Annibale  Monterenzi,  Antonio 
Gessi,  Lodovico  Segiii,  Antonio  Giavarini,  Marcantonio  Malva- 
tico,  Camillo  Bordoni,  Lodovico  Lambertini,  Alessandro 
Stiatici,  Giacomo  Mercato,  Giovanni  Pagano,  Claudio  Moro, 

1.  Ms.  Laiisdowiie  720,  fol.  64.  —  Voy.  F.  Leandro  Alberti,  Descrillione 
di  tutta  Italia  (in  Venelia,  appresso  Ludovico  de  gli  Avanzi,  1561,  in-4), 
fol.  328. 


164  XL.  —  NICOLAS  AUDEBERT. 

Francisco  Pena,  espagnol,  Riccio  Garavino  et  Giiilio  Borzano. 
Dans  la  faculté  des  arts,  Carlo  Sigonio  enseignait  les  huma- 
nités, et  Pompilio  Amaseo,  les  lettres  grecques'.  Les  deux  der- 
niers paraissent  avoir  particulièrement  attiré  notre  voyageur. 
Il  nous  le  dit  lui-même  dans  son  journal  : 

a  Les  plus  grandes  congnoissances  que  j'eusse  en  Bolongne 
estoyenl  du  sieur  Garolus  Sigonius. . .,  professeur  en  huma- 
lulé^...,  Joannes  Augelus  Papius^,  Pompdius  Amasaeus, 
filz  de  Romulus,  professeur  en  grec*,  Augustinus  Galesius, 
Grec  de  nation,  docteur  en  philosophie  5,  Oldrovandus,  doc- 
teur en  philosophie...,  qui  avoit  une  infinité  de  poissons 
estranges^. . .  » 

1.  Umberto  Dallari,  /  Rotuli  dei  lettori  legisli  e  artisti  dello  studio 
bolognese,  1889,  gr.  in-fol.,  II,  p.  186,  année  1573-1574.. 

2.  Carlo  Sigonio.  né  à  ÎModène  en  152i,  avait  enseigné  d'abord  dans 
cette  ville,  puis  à  Venise.  En  1560.  il  était  devenu  professeur  d  éloquence 
à  Padoue,  et  il  avait  été  appelé  à  Bologne,  en  1563.  comme  professeur 
d'humanités.  Il  mourut  le  l!2  août  1584  Voy.  Ser.  .Alazzetti.  Répertoria 
di  tutti  i  professori  antichi  e  moderni . .  .  di  Bologna,  J848,  p.  290. 

3.  Giov.  Augeio  Papio,  de  Salerue,  avait  d'abord  enseigné  K'  droit  à 
Bologne,  à  Salerne  et  à  Rome.  En  1553  il  avait  été  appelé  à  l'université 
d'Avignon.  Ce  fut  à  lui  que  Vasquiii  Pbilieul  dédia,  en  1555,  le  Livre  troi- 
siesme  de  Laure  d'Avignon  (voy.  ci-dessus,  t.  Il,  p.  44).  l'bilibert  Bugnyon 
lui  adressa,  vers  le  même  temps,  un  quatrain  imprimé,  en  1557,  dans  les 
Erotasmes  (p.  73).  11  rentra  en  Italie  vers  la  fin  de  1562,  et  devint  pro- 
fesseur à  Bologne,  où  il  resta  jusqu'en  1581.  Il  mourut  en  1595.  Yo\. 
Tiraboscbi,  Vil,  p.  747;  Mazzetti,  Répertoria^  1848,  p.  235. 

4.  Pompilio  enseignait  à  Bologne  depuis  1540  ;  il  avait  succédé  en  1543 
à  Ciriaco  Strozzi  dans  la  chaire  de  grec.  Il  mourut  en  1585.  Vov.  Tira- 
boscbi, VII,  p.  1105;  Mazzetti,  Répertoria,  1848.  p.  21. 

5.  Sous  n'avons  pas  vu  ailleurs  qu'Agostino  Galesi  fût  d'origine  grecque. 
Francesco,  son  père,  est  dit  Bolonais.  Agostino,  reçu  docteur  en  philosophie 
et  en  médecine  le  22  décembre  1567,  obtini,  l'année  suivante,  une  chaire 
de  logique.  De  1572  à  1574  il  enseiiiua  la  philosophie.  En  1575  il  devint 
professeur  h  Pérouse,  passa  ensuite  à  Pise  et  revint  à  Bologne  en  1585.  Il 
mourut  Ir  7  février  1621.  Voy.  Eantuzzi,  Scrittori  bolognesi  IV,  p.  22  ; 
Mazzeiti,  Répertoria,  1848.  p.  136. 

6.  Le  naturaliste  Ulisse  Aldrovandi,  né  à  Bologne  le  H  sejitembre  1522, 
et  reçu  docteur  eu  1553,  enseigna  dans  sa  ville  natale  de  1554  à  1600.  Il 
mourut  le  10  mai  1605.  Voy.  Tiraboscbi,  VII,  p.  610;  Mazzetti,  Rcper- 
torio,  1848,  p.  18.  —  .^joutons  qn'Aldrovandi  fut  lié  avec  divers  savants 
étrangers  :  Guillaume  Ilondelet,  Matliieu  de  L'Obel,  etc.  Un  tableau  du 
Musée  impérial  de  Vienne,  «  der  Mann  mit  der  Thier[iranke  in  der  Hand  » 
(n"  215),  tableau  dont  on  fait  honneur  à  Lorenzo  Lotto,  passe  pour  être 
le  portrait  d'Adrovandi. 


XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT.  165 

De  Bologne,  Nicolas  gagna  Padoue.  Il  y  visita  le  célèbre 
Gio.  Vincenzo  Pinelli  à  qui  le  recommandait  Claude  Du  Puy. 
Le  10  mai  1575,  Pinelli  écrivait  à  Du  Puy  : 

«  Sono  Otto  giorni  ch'è  coraparso,  con  una  lettera  di  V.  S. 
fin  del  mese  di  settembre,  Mons'' d'Audebert,  il  quale  è  stato 
a  Bolop^na,  e  m'è  riuscito  tanto  modesto  quantoaltrapeisona 
ch'io  habbia  mai  conosciuta.  lo  bo  cominciato  a  far  per  lui 
quello  tanlo  ch'  bo  poluto,  et  se  continuera  questa  slanza, 
troverà  quanlo  le  recominandationi  di  V.  S.  mi  siino  care. 
Ha  seco  alcuui  versi  bellissimi  di  suo  padre  et  quali  va  mos- 
irando  a  questi  letterati. . .'  » 

Le  7  juin  1575,  notre  étudiant  partit  de  Padoue,  en  compa- 
gnie de  M.  de  Vizé^  et  se  rendit  à  Venise,  puis  il  visita 
Gênes.  Près  de  cette  dernière  ville,  il  fit  la  connaissance  du 
médecin  Alessandro  Giustiniani,  Grec  d'originel 

A  l'automne  de  1576,  Nicolas  s'achemina  vers  Rome  par 
Pise,  Lucques,  Florence  et  Sienne.  A  Florence,  une  de  ses 
préoccupations  fut  de  visiter  le  vieux  Piero  Vettori  pour  qui  il 
avait  reçu  de  son  père  et  de  Carlo  Sigonio  des  lettres  d'intro- 
duction. Il  ne  le  trouva  pas  chez  lui  et  poussa  jusqu'à  la 


1.  Bibliolh.  nat.,  ras.  Diipiiy  704-,  fol.  35  v»  ;  —  Noihac,  dans  la 
Revue  archéologique,  II1«  série,  X  (1887),  p.  315. 

Du  Puy,  répondant  à  ceUe  lettre,  éciivait  aussitôt  à  Pinelli  : 
«  Je  désire  singulièrement  q\ie  M.  Audeliert  conuoisse  que  ma  recoin- 
mandalion  a  eu  pois  envers  vous,  et  je  vous  en  prie  do  reclief  5ic  ut  magis 
ex  animo  non  possitn.  Certes  le  jeune  homme  vaut  beaucoup,  mais  il  ne 
mérite  pas  peu  pour  estre  issu  de  tel  père,  lequel  est  un  des  plus  sai;;es  et 
vertueux  personnages  de  ce  pais  (francice  haec,  non  ambitiose  dico)  et 
docte  a  bon  escient...  »  (Biblioth.  Ambrosienne,  ras.  G.  77,.  fol.  76  v"  ; 
Revue  archéologique,  vol.  cité,  p.  320,  en  note.) 

2.  Go  personnage  pouvait  être  (lilles  Donneau  de  Vizé,  ancêtre  de  Jean 
Donneau  de  Vizé,  historiographe  de  France  et  rédacteur  du  Mercure.  Gilles 
servit  sous  Charles  IX,  sous  Henri  III  qu'il  suivit  en  Pologue,  sous  Henri  IV 
et  sous  Louis  Xlll.  Voy.  Mercure  galant,  févr.  1699,  p.  160. 

3.  Ms.  Lausdowue  720,  fol.  I5i.  —  Alessandro  Giusiiuiani,  Candiote, 
était  un  des  correspondants  de  Marc-Antoine  de  Muret.  On  a  de  lui 
deux  lettres  adressées  au  graïul  humaniste,  en  date  de  Venise,  30  sep- 
tembre 1558  et  de  Gênes,  26  mars  1575.  [M.  Antonii  Mureti  Epistolue, 
1580,  fol.  46  vu,  47.) 


166  XL.  —   NICOLAS    AUDKBERT. 

campagne  pour  lui  présenter  ses  devoirs ^  Vettori  écrivit 
aussitôt  à  Germain  Aiidebert  pour  le  remercier  de  la  lettre 
que  Nicolas  lui  avait  remise  et  des  vers  élogieux  que  le  poète 
Orléanais  lui  avait  envoyés.  Il  lui  faisait  part  en  même 
temps  de  l'excellente  impression  que  le  jeune  voyageur  lui 
avait  produite  ^ 

Entre  Bolsena  et  Montefiascone,  notre  étudiant  rencontra 
«  monsieur  Brachct,  filz  de  monsieur  de  Pormorant,  en  com- 
pagnie de  monsieur  de  Montasier,  lesquelz  s'en  retournoient 
en  France  »  ^ 

De  Piome,  où  il  fit  de  très  intéressantes  observations  archéo- 
logiques, Nicolas  se  rendit  à  Naples,  visita  Canoue.  puis 
remonta  par  Ravenne  jusqu'à  Venise  et  regagna  Bologne,  oîi 
était  le  centre  de  ses  études. 


1.  «  San  Casci.ino...  A  un  quart  de  mil  de  ce  villai;e...  y  a  une 
mestairie. . .  appartenante  a  l'etrus  Victorius. .  .  et  le  fus  visiter,  pré- 
sentent une  lettre  de  reconiniaudatiitn  que  Iny  escrivoient  en  ma  faveur 
Carolus  Siyonius.  »  Ms.  !,ansdo\vne  7:2U,  fol.  203  v». 

2.  La  lettre  est  dati'e  du  10  si'ptenibre  1576.  —  Voy.  Pétri  Victorii 
Epistolaritm  Libri  X,  Orationcs  XIII . . .  (Klorentiae,  apnd  Junctas,  1586, 
in-fol,),  p.  1U5 

3.  Ms.  Lansdnwne  720,  fol.  2U.  —  .lean  Brachet,  seigneur  de  Port- 
Morand,  secrétaire  du  roi,  avait  épousé  en  155.5  Antoinette  Henncquin, 
sœur  du  président  Pierre  Hennei|nin  (Fr.  Blanchard.  Les  Présidens  au 
mortier  du  parlement  de  Paris,  16i7.  in-fol.,  p  267)  ;  son  fils  était  sans 
doute  pins  à|,^é  que  Aicolas  Audeliert.  Il  mourut  jeune. 

Le<  Brachet,  dont  l'illustration  remonte  à  Catherine  Brachet,  femme  du 
maréchal  Jean  l'olon  de  Saintrailles,  eiivoyai(;iit  leurs  fils  étudier  en  Italie. 
Antoine  Brachet  monrnt  à  Pavie  le  1^''  août  1.50i,  et  ses  camarades  lui 
consacrèrent  une  belle  pierre  tombale  en  haut  relief  qui  se  voit  aujiuu'd'hui 
dans  une  des  cours  de  l'Université.  Charles  Brachet,  fils  de  François,  qui, 
de  iSll  à  1513,  avait  étudié  le  i^rec  à  Oiléans,  puis  à  Paris,  sous  Giro- 
lamo  Aleandro  (voy.  Journal  autobiofiraphique  du  cardinal  Jérôme  Aléan- 
dre,  publié  par  IL  Ornant,  1cS05,  pp.  20,  21),  se  rendit  par  la  suite  en 
Italie,  où  Christuphe  de  LoMi;neil  le  recommanda  à  Ollaviano  Crimahii,  en 
même  temps  que  .Mathuiin  (iaillard.  Il  y  était  eu  1521,  au  moment  de  la 
mort  de  Lédii  X  (voy.  Christ ophtiri  Lonf/olii  Epislolarum  Libri  llll, 
1580,  pp.  205,  206). 

Les  Brachet  protestants  allèrent  an  contraire  étudier  à  Ileidelher^i.  Ignace 
s'y  inscrivit  lo  28  décembre  1569  (voy.  Toepke.  Die  Matrikid  dcr  Univer- 
sitât  [hid(dberf),  II,  1886,  p.  5'»).  ïhéo|ihile  Brachet,  qui  fut  avocat  au 
parlement  de  Paris,  et  prit  une  part  importante  aux  polénii(pies  religieuses, 
sons  le  nom  de  sieur  de  La  Millelière.  s'inscrivit  à  la  même  Université  le 
9  avril  1608  (voy.  Toepke,  II,  p.  239). 


XL.  —  NICOLAS   AUDEBERT.  167 

Non  content  de  suivre  les  cours  de  l'Université,  le  voyageur 
Orléanais  s'efforçait  de  nouer  des  relations  avec  les  hommes 
qui  jouissaient  alors  auprès  des  amis  des  belles-lettres  de  la 
plus  haute  réputation.  Avant  tout,  Nicolas,  poussé  par  un 
sentiment  des  plus  touchants,  voulait  faire  connaître  les 
œuvres  de  son  père.  Cette  préoccupation  se  montre  à  chaque 
ligne  des  lettres  que  nous  possédons  de  lui.  Ce  sont  surtout 
les  conseils  et  l'appui  de  Piero  Vettori  qu'il  désirait  obtenir*. 

Voici  une  lettre  que  Vettori  lui  écrivait  peu  de  temps  après 
la  visite  du  mois  de  septembre  1576  : 

Petrus  Vigtorius  Nicolao  Audeberlo  s. 

NoUem  te  lantopere  benignitatem  meara  in  le  laudare,  quae 
tennis  admodum  fuit,  vel  polius  luiUa  ;  tu  verius  humaniter 
fecisti  qui  dévia  digressus  tune  es  ut  me  salutares  et  domuni 
meam  venisti,  ut  fungereris  isto  amantissimo  munere.  Que 
lue  officie  mihi  uiultum  plaeuisti,acbenevolum  omni  tempera 
reddidisti.  Sequutus  est  serme  brevis  ille  quidem,  sed  eruditus 
et  plenus  suavitatis  ;  quare  crede  mihi  saepe  in  memoriam 
rediisse  tempus  illnd,  nec  uraquam  fuiuruni  esse  ul  penitus 
obliviscar  humanitalis  luae.  E  qua  enim  re  tantam  voluptalem 
capere  pessum  quantam  mérite  capio  e  cellequio  preberura 
et  declorum  juvenum,  quibus  omni  aetale  mea  servivi, 
quosque  ut  juvarem  vigiliis  meis  {)lurimum  laboravi.  Acces- 
sit pestea  epistola  tua  quae  et  ipsa  me  ernat,  quaeque  plane 
intelligitur  manasse  ex  eedem  ingénie  tue  lepide  et  memeri 
exilium  etiam  in  se  cellaterum  cemmederum.  Nam  quid  ego 
dicam  de  egregia  voluntate  patris  tui  in  me  et  anime  preno 
in  henerem  meum,  qui  studia  mea  eleganli  carminé  cele- 
braviteademque  epistola  sua  cemmendavil?  Quomede  igitur 
facere  possum  quin  tetam  deraumvestram  diligam  summoque 
amere  preseqnar  ?  Qued  sane  ego  facie  et  quacunque  re  petere 
omni  tempère  praeslabe.  Unum  tauiummodo  dolet,  qued  non 
salis  apte  qued  petitis  a  me  nunc  efflcere  valeo,  id  est  scripta 

1.  C'est  M.  de  Nolliac  qui,  dans  son  article  de  la  Revue  archéologique, 
a,  le  preniier,  attiré  rattenlion  sur  les  lettres  adressées  par  Vettori  à  Nicolas 
Audebert. 


168  XL.  —  NICOLAS  AUDEBERT. 

optimi  et  doctissimi  parenlis  lui  cum  fruclu  aliquo  vestro 
légère,  neque  eniiu  tantuin  prudentia  valeo  ut  queam  de 
alieuis  scriplis  exquisile  existimare  et  minime  fallax  norma 
eo.rum  esse.  Praestabo  tamen  quod  potero  :  legam  enim 
accurate.  Quod  si  judicium  non  probabitis,  diligentiam  certe 
et  fidem,  addo  etiam  libertatem  non  desiderabitis.  Vale  inté- 
rim et  me  ama  '. 

Nous  ne  possédons  pas  la  réponse  de  Nicolas  Audebert  ; 
mais  nous  pouvons  penser  qu'il  fit  tous  ses  elïorts  pour  donner 
à  Vettori  un  spécimen  de  belle  latinité.  Il  lui  adressa  un  frag- 
ment du  poème  dont  son  père  avait  entrepris  la  composition. 
Le  professeur  florentin  en  accusa  réception  le  25  juin  1577  : 

«  Petrus  ViCTORlus  Nicolao  Audeberlo  s. 

«  Probus  adoleseens  cui  fasciculum  ad  me  perferendum 
dedisti  functus  est  officio.  Epislolam  tuam  legi  libenter 
ipsaque  vehementer  delectatus  sum;  est  enim  ejusdem 
generis  ac  senlentiae  cujus  prima  illa  tua  fuit,  id  est  huma- 
nissima  atque  omni  suavitate  conditd.  Laudo  autem  ingenium 
tuum  et  toto  animo  amplector  ob  amorem  istum  singularem 
erga  me.  Vellem  tamen  te  (de  quo  etiam  lecum  in  superiore 
illa  mea  libère  questus  sum)  in  eo  temperatiorem  esse,  nec 
lantopere  augere  res  meas  et  officia  quae  non  po^sunt  sine 
culpa  durae  admodum  naturae  ei  alienae  ab  ingenuis  ariibus 
omitti.  Partem  eam  quam  ad  me  misisti  poëmatis  grandioris 
palris  tui  diligenter  legam,  et  quod  petis  a  me  sedu)o  faciam 
etsi  jam  cognosco  quod  plane  mibi  significavit  illud  primum 
me  operam  consumpturum  potius  in  eo  commendando  quam 
in  quopiam  illic  quod  merito  celebrari  debeai  desiderando. 
Vale.  Florent.,  vn.  k.  quint,  cio.  lO.  lxxvii  -.  » 

Quelque  temps  après,  Vettori  reprit  la  plume  dans  les 
termes  les  plus  élogieux  pour  les  deux  Audebert  : 


1.  Pétri  Vidorii  Epistolarum  Libri  X,  Orationes  XIIII,  1586,  in-fol,, 
p.  189.  Cf.  la  lettre  de  Vettori  à  Germaia  Audebert  (1111  id.  sept.  1576 
{ibid.,  pp.  185-18b). 

2.  Ibid. 


XL.  —    NICOLAS   AUDEBERT.  169 

«  PETRU3  ViCTORius  Nicolao  Audeberlo  s. 

«  Remitto  tibi,  adolescens  optime  mihique  carisslme,  parlera 
suavis  et  varii  poëmatis  quam  a  me  legi  voluisti.  Affecil 
autem  me  illa  voluplate  mirifica,  cum  eleganter  ornateque 
cuncta  in  ea  seripla  sint,  vel  potius  expressa  et  anle  oculos 
posita.  Quin  res  omuis  illa  ac  materia  per  se  jueunda  est  et 
merito  quemli])et  delectare  potest,  etsi  dubinm  non  est  quin 
magis  capiat  animes  eorum  qui  aliquando  ea  viserunt  et 
gavisi  sunt  aspectu  pulclierrimorum  nobilis  artis  monimen- 
torum,  quod  mihi  qiioque  non  semel  contigit.  Laudo  vero 
atque  admiror  ingenium  et  memoriam  parentis  lui  qui  recor- 
datur  illa  quae  in  ipsis  inprimis  feruntur,  et  summo  arlificio 
a  petitis  confecta  esse  exislimantur,  in  ipsisque  exponendis 
potius  aliquid  venustalis  ac  decoris  adjungat,  quam  dotes 
eorum  operum  ullam  in  partem  minuat.  Nec  tameu  non,  ut 
verum  fatear,  magis  suspicio  et  commendo  probitatem  ejus- 
dem  qui  célébrât  ingenio  suo  atque  in  caelum  fert  universos 
illos  qui  speciem  aliquam  virtutis  atque  bonestae  arlis  babere 
putantur,  in  quibus  ego  quoque  beneficio  ipsius  sum.  Hoc 
enira  rarius  bonum  atque  infrequentius  bac  aetate  qua  invidis 
ac  malevolis  bominibus  omnia  referla  sunt  ;  sed  tempus  non 
est  nunc  ingenium  et  mores  bonesti  viri  dilaudare.  Gum 
domum  redieris,  meo  nomine  ipsi  gratias  âges,  luque  etiam 
me  amabis,  ut  coepisti  facere  sponte  tua,  cum  primum  me 
salutasli  rure  degentem  superiori  anno,  bis  ipsis  fere  diebus. 
Ego  cerle  nunquam  obliviscar  comitatem  tuam  et  amorem  in 
me  singularem  ;  studui  autem  placere  tibi  explereqiie  desi- 
derium  tuura.  Voluisli  enim  me  existimare  de  facultate 
condendi  carminis  tui  parentis,  etsi  non  tantuni  extuli 
spécimen  boc  ingenii  ejus  quantum  vere  facere  potuissem. 
Vale  1.  » 

Le  séjour  de  Nicolas  en  Italie  ne  se  prolongea  pas  au  delà 
des  premiers  mois  de  l'année  1578,  Germain  Audebert  se 
sentait  vieillir.  Dans  une  épître  adressée  à  son  fils  cliéri,  il  se 
dit  accablé  par  les  maladies  et  les  infirmités,  et  il  supplie  le 


1.  Pétri  Victorii  Epislolarum  Lihri  A',  Orulumes  XllII,  158G,  iii-fol., 
p.  190. 


170  XL.  —  NICOLAS   AUDEBERT. 

jeune  étudiant  de  repasser  les  Alpes  pour  revenir  près  de  lui* . 
Nicolas  était  trop  soumis  à  son  père  pour  hésiter  un  instant. 
Il  fit  aussitôt  ses  préparatifs  de  départ.  Il  eut  soin  d'écrire 
une  dernière  fois  à  Piero  Vettori  en  le  remerciant  de  son 
bienveillant  accueil  et  de  ses  affectueux  conseils  : 

«  N.  AuDEBERTUS  Petro   Victorio  s.  cl. 

«  Tanta  teraporis  angustia  premor  ut  paucis  ad  le  verbis 
scribere  coa^ar.  Quum  enim  hodie  mihi  redditus  sit  a  pâtre 
faseiculus  literarum  cui  intra  huncdieui  mihi  respondendum 
est,  vix  tanluin  otii  nactus  suin  quantum  ad  te  scribendum 
sufficiat.  Is  itaque  mihi  antea  significaverat  se  ternas  ad  te 
literas  dédisse,  quarum  jaclura  mihi  certe  molesla  erat  ;  sed 
nudus  tertius  quum  ab  bac  urbe  abessem,  domum  adlatae 
mihi  sunt  literae  quas  modo  reversas  adcepi  ;  quae  quum 
longo  intervallo  postquam  datae  sunt  redditae  mihi  fu^  rint, 
eo  tamen  nomine  illis  maxime  delectatus  sum  quod  simal 
eodem  fascicule  essent  primae  quibus  paler  meus  tuis  res- 
pondebat.  Eas  igitur  ad  te  mitto;  reliquas  vero  non  adcepi, 
neque  «^tiam  adcepturus  sum  ;  spero  enim  me  in  Galliam  intra 
septem  dies  peliturum  esse.  Si  quos  libres,  aut  quidquam 
aliud  quod  istic  non  reperialur  habere  cupias,  de  ea  [re]  mihi 
verbum  facias.  Ego  vero,  quum  Lugduni  aut  Parisiis  ero, 
dabo  operam  ut  pro  tuis  mandatis  abunde  tibi  satisfaciam. 
Quidquid  enim  te  velle  aut  tibi  gratum  esse  intellexero, 
dibgenter  curabo  ut  habeas.  De  ea  re  si  me  certiorem  feceris, 
id  profecto  mihi  tam  gratum  futiirum  est  ut  nihil  giatius  esse 
possit.  Jamdiu  pater  ad  me  miserat  primum  et  secumdum 
librum  Venetiarum  suarum  quem  tibi  communicandum 
curarem,  ut  mihi  nune  significavit  ;  eos  tamen  nunquam 
adcepi.  Illis  autem  paucis  versibus  quos  antea  vidisti,  non- 
nullos  etiam  alios  ad  te  adjccit,  quos  postea  subjiciam,  et 
quoniam  brevi  fortasse  in  lucem  edentur,  te  rogatum  velim, 
si  tibi  videbitur,  ut  nonnihil  ad  me  mittas  quod  principium 
libri  tuo  nomine  omet,  quod  certe  ad  ipsius  commendationem 


1.  CcUo  ('|iî(re  es[  imprimre  en  tète  de  la  Parthenope  i]e  Germain  Aude- 
bert,  éd.  de  1603,  p.  131. 


XL.  —  NICOLAS   AUDEBERT.  171 

tantum  valere  potest  quantum  aliud  quidquam.  Vale,  Vietori, 
vir  ornati?sime,  el  me  amanlem  redama.  Bononiae,  eidib. 
febr.  CID.IO.  LXXVIII.  » 

«  Dum  magus  ille  suam  exercet  Victorius  artem, 
Qua  ducit  mente*,  ferrum  lapis  ut  solet  Arctos 
Prospiciens  geminas,  el  pigri  plausira  Bootae, 
0  dignus  fierem  virtutura  praeco  tuarum, 
Sancte  senex,  ferrem  super  aurea  sidéra  mundi, 
Candoremque  tuae  mentis,  vocisque  canorem, 
Quae  non  mortalem  ?onat,  aut  praeconis  egentem, 
Non  ego,  tute  ipsum  sublimibus  inseris  astris, 
Doctrina  insigni  pennisque  petentibus  altum*.  » 

Ces  lettres  ne  sont  pas  les  seuls  souvenirs  qui  nous  restent 
du  séjour  de  Nicolas  Audebert  en  Italie  ;  nous  possédons 
encore  le  journal  très  minutieux  dont  nous  avons  cité 
quelques  passages.  Ce  journal  est  resté  inédit".  Joh.  Paul 
Richter^  et  Eugène  Miintz  *  en  ont  publié  quelques  extraits 
sans  en  connaître  Tauteur,  que  notre  ami  Pierre  de  Nolhac 
a,  le  premier,  identifiée  Les  passages  consacrés  aux  monu- 
ments antiques  qui  ont  attiré  Tattention  de  Richter  et  de 
Miintz  ne  sont  certainement  pas  les  seuls  qui  offrent  de  l'in- 
térêt. Il  est  surprenant  qu'aucun  érudit  Orléanais  ne  se  soit 
occupé  de  notre  personnage  ^t  n'ait  songé  à  nous  donner  une 
édition  complète  de  sa  relation.  Dès  le  xvii*  siècle,  les  notes 
de  Nicolas  Audebert  furent  mises  à  profit  par  Pierre  Du  Val 
qui  fit  paraître  le  volume  suivant  : 

Le  11  Voyage  ||  et  Obseruations  ||  de  plusieurs  choses  || 


1.  Cl.  Ilalornm  et  Germnnonim  Epistolae  ad  Petnim  Victoriiim, 
senatorem  florenlinum.. .  Receiisint..  Ang.  Mar.  Bandinius  {Florenihe, 
1758-60,  3  tom.  en  un  vol.  iii-4),  II,  p.  121. 

2.  British  Muséum,  iiis.  Laiisilowne  720. 

3.  Eeperlorium  fiir  Kunstwissenschaft,  heransqegeben  vnn  Janitschek., 
III  (1880),  pp    288-2!)8. 

4.  Les  Antiquités  de  la  ville  de  Borne  aux  xiv=,  xv°,  XVI^  siècles, 
1886.  pp.  72-r28. 

5.  Revue  archéologique,  III«  série,  X  (1887).  pp.  323-324. 


172  XL.  —    NICOLAS   AUDEBERT. 

diuerses  qui  se  peuuent  ||  remarquer  en  Italie.  ||  Tant  de  ce  qui 
est  naturel  ||  aux  hommes  &  au  pays,  comme  des  coustumes  1| 
&  façons  soit  pour  le  gênerai,  ou  particulier  :  |1  &  des  choses 
qui  y  sont  rares.  ||  Enrichi  de  figures.  ||  Par  le  sieur  Audeber 
[sic]  Conseiller  H  du  Roy  au  Parlement  de  Bretagne.  ||  ...  \\  A 
Paris,  Il  Chez  Geruais  Clouzier  Marchand  \\  Libraire  du  Palais 
sur  les  degrés  de  la\\  Saincle  Chapelle,  1656.  ||  Auec  Priuilege 
du  Roy.  In-8  de  7  ff.  lim.,  334  pp.  et  l  f.  pour  VExiraicl  du 
privilège. 

Le  volume  forme  la  deuxième  Partie  de  l'ouvrage  de  Pierre 
Du  Val,  géographe  ordinaire  du  roi,  intitulé:  Le  Voyage  et 
la  Description  d'Italie. 

Le  privilège,  daté  du  17  décembre  1635,  est  accordé  à 
Gervais  Clouzier  pour  neuf  ans.  L'achevé  d'imprimer  est  du 
31  janvier  1636. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  K.  7107. 

Audebert  a  soigneusement  observé  les  mœurs  et  les  cou- 
tumes du  pays  qu'il  visitait.  L'un  des  chapitres  les  plus 
curieux  de  son  livre  est  celui  qui  est  consacré  au  «  petrolio  ». 

On  voit  par  les  détails  que  nous  venons  de  donner  combien 
fut  studieuse  la  vie  menée  par  Nicolas  en  Italie  et  quel  profit 
il  dut  retirer  de  son  voyage. 

L'étudiant  Orléanais  quitta  Bologne  le  3  mars  1578, 
en  compagnie  de  MM.  de  Vizé  et  de  Bourdeaux  ',  et  ne  s'arrêta 
pas  beaucoup  en  chemin.  Deux  mois  plus  tard,  il  était  de 
retour  à  Orléans,  d'où,  le  29  avril,  il  adressa  une  lettre  de 
remerciement  à  Claude  Du  Puy  : 

«  Monsieur,   la    perte   de   quelques   lettres   que    je    vous 

1.  Als.  Lausdowiie  720.  fol.  507.  —  Ce  Bourdeaux  pouvait  être  Jeau  tie 
Bordeaux,  lils  de  .lac(|Ues  de  Bordeaux,  conseiller  au  parleuieut  de  Paris. 
Jeau  fut  lui-nièuie  reçu  couseiller  à  la  nicuie  coiu-  eu  1581  (Fr.  Blan- 
chard, Les  l'residens  au  morlier  du  parleinenl.  de  Paris,  l6i7,  iu-fol.,  II, 
p.  07).  11  luuiH'iit  à  Paris,  le  9  juillet  1505,  a  peu  ri'i;reUé,  siiiou  des  bons 
ligneux  coiuiue  lui  »  (L'Estoile,  éd.  Jouaust,  Vli,  p.  32).  La  lilialiou  de  ce 
Bordeaux  e>t  indiquée  dans  nue  ancienne  généalogie  (Biblioth.  nat.,  ms. 
20657,  dossier  Bordeaux). 


XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT.  173 

escripvys  de  Venize,  fort  long  temps  y  a,  est  cause  que  je 
suis  encores  à  vous  remeicyer  du  bien  et  honneur  qu'il  vous 
pleust  me  faire,  escrivant  en  ma  faveur  au  S""  Pinelli,  duquel 
j'ay  receu  infinies  courtoysies  et  amitiés  pour  l'amour  de 
vous,  dont  je  vous  suis  grandement  obligé  de  m'avoir  donné 
une  si  honorable  congnoissance. ..  Je  me  reserve  à  une 
aultre  foys  pour  vous  remercyer  plus  amplement,  ce  que  le 
peu  de  temps  ne  me  permet  pour  le  prompt  départ  du  présent 
porteur  et  pour  ma  fresche  arrivée  en  ces  le  ville.  Vous  trou^- 
verez  les  lettres  que  m'a  baillées  Mons""  Pinelli  pour  les  vous 
faire  tenir.  Mons""  Sigonius  m'a  chargé  de  ses  humbles 
recommandations  à  voz  bonnes  grâces,  comme  feist  aussy  à 
mon  partir  de  Rome  mons""  l'ambassadeur  d'Abins...*  » 

Nicolas  resta  aussi  en  relations  avec  Gio.  Vincenzo  Pinelli. 
On  possède  même  une  lettre  italienne  adressée  par  lui  au 
célèbre  archéologue,  le  9  décembre  1578,  par  l'intermédiaire 
de  Claude  Du  Puy  : 

«  Molto  illustre  S"""  et  padrono  mio  osservandissimo, 
«  Più  grande  allegrezza  non  mi  potrà  venire  che  m'ha  por- 
tato  la  cortesissima  lettera  di  V.  S.,  da  me  veramente  più 
presto  desiderata  che  aspettata.  Ella  mi  fu  mandata  da  parte 
deir  illustre  S"""  consigliere  Du  Puy  quivi  in  Orliens.  dove 
anchora  mi  ritrovo  rilenuto  dal  S*""  mio  padre  fin  a  quesla 
primavera,  ch'io  spero  d'andar  a  star  in  Parigi,  d'onde  io 
tornai  tre  mesi  fà,  corne  V.  S.  puo  haver  inteso  per  quella 
che  gli  scrissî  al  mio  partir  d'esso  luogo.  Io  mi  rallegro  del 
suo  bnon  essere,  da  me  conosciuto  per  la  sua,  et  la  ringratio 
senza  fine  délia  memoria  ch'ella  tienne  di  me,  pregandola  di 
conservarmi  sempre  nella  gratia  sua  et  far  conto  di  me  come 
d'un  suo  affettionatissimo  servidore  quale  io  restarô  sempre, 
per  fargliene  pruovo  dovunque  gli  placera  comandarmelo. 
Fra  tanto  io  guardarô  quella  buona  voglia  ch'hanno  mossa  in 
me  gli  benefici  riceputi  da  lei,  i  quali  colP  allegrezza  et  con- 
tente mio  radoppiaranno  s'ella  al  solito  suo  tauto  mi  favorisée 


i.  Louis  Chastaignur  de  La  Rocliepozay,  seigneur  d'Abain. 
Bililioth.  nat.,  ms.  Du  Puy  712,  fol.  7  ;  Revue  archéologique^  \o\.  cité, 
p.  320  en  note. 


174  XL.  —   NICOLAS   AUDEBERT. 

di  farmi  saper  il  suo  ben  slare,  quai  mi  sarà  sempre  per 
grandissima  consolatione. 

«  Le  cose  nostre  vanno  tanto  maie  per  tulta  la  Franza  che 
non  si  sa  se  siamo  o  in  pace  o  in  guerra,  perché  si  teme  una 
rivolla  del  popolo.  Il  concilio  di  Normandia  che  noi  chia- 
miamo  Ire  Stati,  si  sono  radunati  insieme  ethanno  mandalo 
al  re  la  conclusion  loro,  la  quale  io  fô  rescrivere  in  fretta  per 
mandarla  a  V.  S.,  la  quale  forza  si  dilettarà  di  vederla,  et,  se 
guesto  non  gli  fusse  discommodo,  io  la  pregarei  volontieri  di 
farne  parle  al  S»''  Berthiere^  al  quale  io  aggiugnero  quivi  una 
lettera.  Il  re  è  in  Parigi  da  pochi  giorni  in  qua,  la  regina 
madré  colla  figliuola  et  parechi  prencipi  si  ritruova  a  Toloza, 
non  senza  travagli.  Io  vorrei  haver  sogelto  meglior  per  scri- 
vere  alla  S.  V.,  la  quale  forza  io  anoio  col  racconlar  délie 
nostre  miserie;  perô  io  farô  fine  colle  mie  raccoman dation! 
verso  V.  S.  et  Feccellenie  So""  RiccobuoDO%  le  quali  [sic]  io  io 
[sic]  prego  Dio  di  conservar  sani.  Di  Orliens,  alli  IX.  di 
décembre  1878. 

«  Di  V.  S.  molto  illustre 

per  sempremai  al  serviLio  suo  devoLissimo 

«  NiCCOLÔ  AUDKBERTO.  > 

«  Hieri,  scrivendo  al  reverendissimo  vescovo  di  Rieux, 
figliuolo  del  S»""  Du  Bourg,  gran  cancellario  di  Franza',  io 


1.  Berthier,  dont  nous  ignorons  le  prénom,  devait  être  alors  secrétaire  à 
l'ambassade  de  France  à  Venise.  Il  suivit  peu  de  temps  après  M.  de  Ger- 
miny  à  Constantinople.  Vers  le  mois  de  juin  158U,  il  revint  en  France 
porter  des  dépêches  au  roi  (Clianièic,  Néyocialionfi^  III,  p.  916)  ;  mais  il 
rejoignit  bientôt  son  poste.  En  1581  il  fut  délaclié  auprès  de  Pierre  Cercel, 
prétendant  au  troue  de  Valachie,  qui  était  alors  souteini  par  Henri  III.  11 
accompagna  ce  prince  de  Venise  à  Constantinople,  et  Pierre  parle  de  lui 
avec  éloge,  en  1583,  dans  une  lettre  adiessée  à  Callierine  de  Médicis  (Hur- 
mnzaki,  Documente  privitôrc  la  isloriu  Ronidnilur,  III,  pp.  437,  439  ; 
XI,  pp.  101-103,  110,  175).  En  1584,  Beriliier  fut  .seul  à  Constantinople 
comme  chargé  (Taffaires  et  correspondit  dirisctement  avec  le  roi  (Biblioth. 
nat.,  mss.  fr.  3360,  fol.  61,  65,  67,  69;  3390.  fol.  35). 

2.  Antonio  lliccoboni,  de  Rovigo,  était,  depuis  1571,  professeur  d'élo- 
quence à  l'Université  de  Padoue  donl  il  a  écrit  l'histoire  (1592).  Ce  fut  lui 
qui  démontra  la  fausseté  de  la  Consulalio  que  Sigonio  avait  donnée  au  public 
sous  le  nom  de  Cieéron.  Il  mourut  en  1599.  Vov.  Tirabosclii,  VII,  p.  938. 

3.  François  Du  Bourg,  fils  du  chancelier  Antoine  Du  Hourg.  était  déjà 
pourvu  de  l'abbave  de  Saint-Giiorges  alors  qu'il  étudiait  à  Poitiers  (Jehan 
Bouchot,  Leltreii  fatnilieres,  1545,  in-fol,,  fol.  78c].  Il  dut  aller  ensuite 


XL.  —   NICOLAS    AUDEBERT.  175 

mi  ricordai  che,  sendo  in  Roma,  egli  mi  parlava  spesso  di 
V.  S.  ;  perô  io  gli  ho  dato  aviso  délia  leLtera  mandalami  da 
parte  vostra.  Egli  sia  in  una  sua  abbalia  discosta  di  questa 
terra  d'una  giornata,  dove  io  spero  d'andar  presto  a  visilarlo, 
sendo  ogni  di  da  lui  invitato  par  lettere  '.  » 

Une  lettre  de  Nicolas  à  Claude  du  Piiy  contient  un  rensei- 
gnement curieux  au  sujet  de  Fulvio  Orsini  : 

«  Monsieur,  Je  receuz  hier  lettres  de  Rome  de  la  part  de 
monsieur  l'ambassadeur  d'Abins,  lequel  me  mande  vous 
avoir  depuis  nagueres  escript,  dont  il  attend  voslre  responce 
de  jour  a  aultie,  et  me  charge  vous  en  advertir  affin  que  le 
plus  tost  qu'il  vous  sera  possible  il  entende  de  voz  nouvelles. 
Et  au  cas  que  ses  lettres  ne  vous  eussent  encores  esté  ren- 
dues, il  me  mande  quïl  vous  a  prié  par  ses  dernières,  au 
nom  du  seigneur  Fulvio  Ursino,  luy  addresser  par  delà 
quelque  homme  de  bien  d'imprimeur  qui  veille  entreprendre 
d'imprimer  quelques  œuvres  siens  en  beaux  cbaractaires,  et, 


dans  une  Université  italienne,  comme  plusieurs  membres  de  sa  famille. 
Antoine  Du  Bourg  fut  élu  conseiller  des  juristes  de  la  nation  de  Bourgogne 
à  Padoue  le  !2i  août  15i0  (Arcli.  univ.  de  Padoue,  vol.  VI,  fol. "86); 
le  t"''  aoiît  154:2,  il  y  fut  élu  conseiller  suppléant  pour  la  nation  boliême 
{ibid.^  fol.  "2i9).  11  reçut  peu  après  des  lettres  patentes  «  pro  asportandis 
bonis  suis  »  (vol.  LIV,  fol.  67).  Antoine  était  frère  de  notre  François  ;  ce 
fut  lui  qui  devint  baron  de  Saint- Sulpice  et  maître  des  requêtes,  tandis 
que  François  devenait  évoque  de  Riez.  Un  autre  Antoine  Du  Bourg,  qui 
était  inscrit  à  Padoue  dans  la  nation  provençale,  y  fut  élu  conseiller 
suppléant  pour  la  nation  écossaise,  le  l*^'"  août  1573  (Arcb.  univ.  de 
Padoue,  vol.  XII,  fol.  47  v").  Le  trésorier  Claude  Du  Bourg,  qui  avait 
vraisemblablement  étudié  en  Italie,  y  alla  cbercber  un  refuge  ;  mais  il  fut 
arrêté  à  Venise,  par  oiilre  du  roi  de, France,  et  interné  à  Miranda.  où  il 
mourut  au  mois  de  féviier  15N0  (Ed.  Frémy,  Un  Ambassadeur  libéral 
sous  Charles  IX  et  Henri  III  ;  Ambassades  à  Venise  d'Arnaud  Du  Ferrier^ 
1880,  p.  317). 

Jacques  et  Anne  Du  Bourg,  fils  d'Eslienne,  étudiaient  à  Ferrare  en  1545. 
Jacques  y  fut  reçu  docteur  es  droits  le  l'^'"  avril  1546.  Il  avait  fréquenté 
d'abord  les  universités  de  Padoue  et  de  Bologne.  Voy.  Gius.  Pardi,  Titoli 
doitorali  conferiti  dallo  studio  di  Ferrara,  1905,  pp.  139-140. 

1.  Bibliotb.  nat.,  ms.  Dupuy  712,  fol.  11,  original  autographe.  — 
L'écriture  est  une  vraie  écriture  italienne,  très  élégante.  L'adresse  (fol.  12) 
porte  :  a  Al  molto  WV"^  S'"'^,  il  S'^  Giovanni  Vincenzo  Pinello,  padrono  mio 
oss""".  Padoa  «.  —  iM.  de  Nolliac  a  donné  quelques  extraits  de  cette  lettre  et 
de  la  lettre  à  Du  Puy.  {Revue  archéologique^  vol,  cité,  p.  321,  en  note.) 


176  XL.  —  NICOLAS  AUDEBERT. 

entre  les  aultres,  d'en  parler  à  Pâtisson*  ;  ce  qu'il  me  mande 
pour  vous  faire  incontinant  sçavoir  et  vous  advertir  qu'il 
désire  en  entendre  la  resolution  le  plus  tost  que  pourrez.  Si 
d'adventure  vous  ne  luy  escriviez  si  tost,  et  qu'il  vous  pleust 
me  faire  sçavoir  ce  qu'en  avez  faict,  je  lui  manderay  bien 
tost  ce  qu'il  vous  plairoit  m'encharger,  ou,  à  tout  le  moins, 
je  luy  feray  entendre  l'advertissement  que  je  vous  en  ay 
donné.  Je  ne  veux  obmettre,  suivant  le  commandement  de 
mons""  mon  père,  à  saluer  de  ses  bien  humbles  et  plus  aflec- 
tionnées  recommandations  voz  bonnes  grâces  et  celles  de 
nions''  Daniel,  si  le  voyez  par  delà  ;  ce  que  je  fais  aussy 
treshumblement  en  mon  nom,  tant  en  vostre  endroit  comme 
au  sien,  et  prie  Dieu,  monsieur,  vous  donner  en  bonne 
santé  longae  et  heureuse  vie.  D'Orléans,  ce  xiij<=  jour  de 
janvier  1579. 

«  Votre   treshumble   serviteur  et   plus   obéissant 
à  jamais. 

«  N.   AUDEBERT  -.    » 

Vers  cette  époque,  soit  à  son  retour  dans  sa  ville  natale, 
soit  peut-être  en  Italie,  Nicolas  paraît  avoir  eu  le  désir  de 
contracter  un  mariage  qui  déplut  à  son  père.  Il  accepta,  en 
fils  docile,  les  remontrances  qui  lui  étaient  faites,  et  il  aban- 
donna son  projet,  dont  il  conserva  pourtant  le  souvenir  dans 
un  sonnet  français  qu'il  traduisit  ensuite  en  italien.  Voici  le 
sonnet  original  et  la  traduction  : 

Sonjiet. 

Amour  avoil  jà  mon  cœur  enflamé 
El  jà  féru  j'estois  de  ses  sagettes 
Quand  conseil  prins  envers  vous,  qui  sage  estes. 
Vous,  me  votant  de  tel  feu  allumé, 

1.  .Mameit  Pâtisson,  qui  avait  f'pousé  la  veuve  de  Robert  Estieiine,  était 
d'Orléans,  coniiiie  les  Au(lei)ert.  11  ne  semble  pas  s'être  rendu  à  l'appel  de 
Fulvio  Orsini  ;  au  conirairo,  l'ini  des  fils  de  l'iniprimeur  Sébastien  Nivelle, 
probablement  l'aîné,  Nicolas,  né  en  1556,  fit  à  celte  époipie  le  voyage  de 
Rome  et  nous  savons  qu'il  y  vit  le  célèbre  bumaniste.  Voy.  P.  de  Nolliac, 
La  Bihliolhi'quc  de  Fulvio  Orsini,  1887    p.  67,  ii.  6. 

2.  Bibl.  nal.,  ms.  Dupuy  712,  fol.  2.  —  M.  de  Noibac  a  déjà  publié  le 
passage  esseniiel  de  cette  lettre  {La  Bibliothèque  de  Fulvio  Orsitii,  1887, 
in-8,  p.  68,  eu  note). 


XL.  —  NICOLAS  AUDEBERT.  177 

Et  quasi  prins  mon  cœur  :  «  Enfant  aimé  », 
Me  di^tes  vous,  «  tout  beau,  et  ne  te  gectes 
«  De  ce  trompeur  mariage  aux  subjectes 
«  Servilitez  ;  mais  va  t'en  ce  pendant 

«  Estudier,  plus  grand  heur  attendant  ». 

Pardonnez  moy  de  grâce,  o  mon  seigneur, 
Car  d'obeyr  presque  j'estois  contrainct 

A  cest  aveugle  enfant,  Amour  vinqueur  ; 
Mais  vostre  bon  conseil  si  m'ha  refrainct 
Et  ha  estaingt  la  flamme  dans  mon  cœur  *. 


Tradiicllon. 

Già  lo  mio  cuor  Gupido  haveva  acceso, 
Già  colle  sue  saëtte  erai  ferito, 
Quando  per  consigliarmi  a  voi  son  ito. 
Giedo  cbe  l'inlendeste  ch'erai  ofleso 

Et  ch'era  lo  cuor  mio  quasi  preso 

Quando  diceste  a  me  :  «  Figliol,  va  lenio 
«  A  questa  impresa  et  guarda  d'esser  spento 
«  De  gl'inganni  d'hymen.  M'hai  inteso? 

a  Aspelta,  ch'io  spero  ch'in  questo  meso 
«  Venà  la  tua  fortuna.  »  Oimè,  signore, 
Perdonate,  ch'io  quassi  erai  costretto 

Di  ubidir  al  giovan  cieco  Amore  ; 
Ma  lo  vostro  mirabile  et  discreto 
Gonsiglio  ha  ben  guarilo  lo  mio  cuore  -. 

Le  jeune  poète  était  lié  avec  Odet  de  Tournebu,  de  quatre 
ans  à  peine  plus  âgé  que  lui.  Quand  celui-ci  mourut,  il  fut  au 

1.  Le  sonnet  français  présente  diverses  ratures  qui  prouvent  qu'il  est 
autographe. 

"2.  Bibliulh.  nat.,  ms.  lat.  8U3,  fol.  39.  —  Le  sonnet  italien  est  d'une 
écriture  qui  diffère  assez  sensiblement  di;  l'écriture  du  sonnet  français 
mais  qui  paraît  être  pourtant  de  la  uiénie  main. 

II.  -  12. 


i78  XL.  —   MCOLAS  AUDEBERT. 

nombre  des  auteurs  qui  pleurèrent  sa  perte.  Germain  Audebert 
avait  écrit  des  vers  latins  ;  Nicolas  écrivit  aussi  des  vers  latins, 
mais  il  y  joignit  un  sonnet  italien  qui  se  recommande  naturel- 
lement à  notre  attention  et  que  nous  ne  devons  pas  manquer 
de  reproduire  : 

771  morte  del  signore  Odone  Turnebo,  amico  suo  dlletlissimo. 

Le  Muse  haviam  pur  viste,  in  fonte  chiaro 
Gangiati  gli  ochi,  anzi  i  bei  lumi  spenti, 
Per  valli  el  monti  empir  l'aere  d'accenii, 
D'angosciosi  sospiri  et  pianto  amaro  ; 

Et  come  madré  l'unico  suo  caro 

Et  geme  et  chiama,  esse  a  gli  isnelli  venti 
Mandar  sin  suso  al  ciel  gridi  el  lamenti 
Poi  c'havean  perso  un  spirto  altero  et  raro. 

Perché  dunque  il  mio  Odone,  honore  et  speme 
Di  Parnasso,  da  lor  n"è  pianto  anchora 
Vedendose  di  tanla  gioia  prive  ? 

Questo  è  perché  o  morendo  anch'esse  insieme 
Con  lui  moriron,  o  se  pur  vivono  hora, 
Egli  morto  non  è,  ma  tra  lor  vive. 

NicoLo  AuDEBERTO,  Oflienese  *. 

Nous  ignorons  si  Nicolas  projeta  jamais  un  grand  ouvrage  ; 
nous  ne  connaissons  de  lui  que  de  petites  pièces  qui  témoignent 
de  sa  facilité,  mais  qui  nous  le  montrent  inférieur  à  son  père. 
Devenu,  en  1582,  conseiller  au  parlement  de  Brelagne-,  il 
s'unit  aux  principaux  poètes  du  temps  pour  déplorer  la  mort 
de  Christoplie  de  Thon  ^  En  1583  et  en  1585,  il  joint  quelques 
vers  aux  poèmes  composés  pnr  Germain \  En  158 1,  il  prend 

1.  Olhonis  Turnebi  Tumultis.  1582.  fui.  17  \°. 

2.  Il  y  fut  reçu  le  17  .loùt  \tt>il   Vuy.  Liste,  1725.  in-8,  p.  20. 

3.  V.  amjdissimi  Chrislophori  Tuuni  Tumiiliis,  1583.  p.  65. 

4.  r.tcutil  de  1GU3,  pp.  121J,  134,  190. 


XL.  —  NICOLAS  AUDEBERT.  179 

part  au  tournoi  poétique  dont  la  main  d'Estienne  Pasquier 
fournit  l'occasion'.  Plus  tard,  il  adresse  encore  des  pièces 
encoraiastiques  à  Scévole  de  Sainte-Marlhe  ^  et  à  Charles  de 
Massac^ 

A  ses  connaissances  variées,  à  son  talent  de  poète,  Nicolas 
joignait  une  remarquable  habileté  de  calligraphe.  Nous  avons 
sous  les  yeux  un  manuscrit  qui  contient  les  deux  poèmes  de 
Germain  Audebert  sur  Venise  et  sur  Rome  et  les  pièces  qui  y 
sont  jointes  d'ordinaire  \  Ce  manuscrit,  remarquablement 
exécuté  en  jolies  lettres  italiques  et  où  les  vers  grecs,  en  par- 
ticulier, sont  transcrits  avec  une  élégance  peu  commune,  est 
l'œuvre  du  fils  du  poète,  comme  nous  l'apprennent  les  vers 
suivants  placés  au  y"  du  dernier  feuillet  : 

Contulit  huic  parvo  nalusque  palerque  labori, 
Nempemaiium  natus,  sed  pater  ingenium. 

Fabricii  ResecI  Bononiensis,  viri  doctissimî,  Dlstichon  ^. 

Mirari  quivis,  imitari  nemo  valebit, 

Cum  nati  dextram,  tum  patris  ingenium. 


1.  La  Main. .  .  de  Eslienne  Pasquier,  158i,  fol.  37  V,  4.3. 

2.  Eli  tète  des  Poëinata  de  Se.  de  Saiiite-iMarthe,  1596. 

3.  En  tête  des  Fontenes  de  Fouijues,  de  Cliarles  de  Massac,  éd.  de  1605. 

4.  En  comparant  le  manuscrit  à  l'édition  de  1603,  on  constate  qu'il  con- 
tient tontes  les  pièces  contennes  dans  1  imprimé  à  partir  de  l'épître  au  doge 
Niccolô  Da  Ponte  (fol.  *4  v")  jusqu'à  la  p.  139,  à  l'exception  de  l'ana- 
gramme Respublica  Venetovum,  etc.,  (fol  *  61,  des  deux  distiques  qui 
accompagnent  cet  anagramme,  et  des  sept  distiques  de  Pietro  .Angeli  da 
Barga  (fol.  *8  vo).  Dans  plusieurs  endroits,  des  pièces  ont  été  rapportées 
àans  le  manuscrit  pour  permettre  des  suppressions  ou  des  additions  ;  mais 
il  a  été  tenu  compte  de  ces  remaniements  dans  le  texte  imprimé. 

Le  volume  transcrit  par  Nicolas  Audeliert  est  revêtu  d'une  très  riche 
reliure  en  maroquin  olive,  à  compartiments  et  à  rinceaux  dorés,  dans  le 
genre  des  reliures  que  l'on  attribue  aujourd'hui,  sans  preuves,  aux  Eve. 
il  fait  partie  de  la  bibliothèque  de  feu  le  baron  James  de  Rothschild  et 
provient  de  la  collection  de  Waller  Sneydon. 

5.  Fabrizio  était  probablement  fils  d'Orazio  Resecco.  d'Imola,  qui  avait 
été  reçu  docteur  en  philosophie  et  en  médecine  à  Bologne,  le  4  tuai  1542, 
et  qui  avait  fait  en  1544-1545  un  cours  de  logique  à  l'Université  de  cette 


•180  XL.   —    MCOLXS   AUDEBERT. 

Le  volume  dont  nous  parlons  n'est  pas  le  seul  spécimen  qui 
nous  soit  resté  du  talent  de  Nicolas.  Un  beau  manuscrit  de  la 
Borna  de  son  père,  manuscrit  qui  fut  envoyé  à  Rome,  sans 
doute  pour  être  offert  au  cardinal  Farnèse,  est  également  sorti 
de  sa  plume.  Cette  cojàe,  aujourd'hui  à  Naples  (V.  E.  42),  est, 
dit  M.  de  Nolhac,  «  un  chef-d'œuvre  de  la  calligraphie  fran- 
çaise au  xvF  siècle.  Les  encres  d'or  et  de  couleur  apparaissent 
à  chaque  instant.  A  la  fin  sont  plusieurs  pièces  composées 
par  les  amis  de  l'auteur  sur  la  magnifique  écriture  de  son 
fils  (ce  sont  les  pièces  que  nous  venons  de  signaler)^  ».  Fulvio 
Orsini  possédait  du  même  poème  un  autre  manuscrit  de 
format  in-folio,  «  coperto  di  corame  rosso-  ». 

Germain  Audebert  mourut,  à  l'âge  de  78  ans,  le  24  dé- 
cembre 1598.  Son  fils  ne  lui  survécut  que  cinq  jours.  Tous 
deux  furent  enterrés  au  cimetière  de  Sainte-Croix  d'Orléans  ^ 


ville  (Srrarmo  Mazzetli,  lieperlorio  di  tutti  i  professori  antichi  e  modenii 
délia  famoaa  Università...  di  Dologna,  1848,  in-8,  p.  262,  n»  2013). 

On  peut  supposer  que  Nicolas  Audebert  avait  fréquenté  les  cours  d'écri- 
ture faits  à  l'Université  de  Bologne  par  Senipronio  Turclii  (de  1527  à 
1580)  et  par  Giaconio  Filippo  Alessandrino  (de  15i0  à  1576). 

1.  Pierre  de  Nolhac,  La  Bibliothèque  de  Fulvio  Orsini,  1887,  p.  67. 

2.  Ibid.,  p.  398. 

3.  L'épitapiie  commune  du  père  et  du  fils  a  été  reproduite  par  INiceron, 
Mémoires,  XXIV,  pp.  86-88. 


XLI 


PIERRE  JOULET 


Les  recherches  faites  par  M.  Coyecque  sur  la  famille  Jonlet  ' 
nous  permettent  d'en  donner  la  généalogie  au  xv°  et  au 
xvi°  siècle. 

Thomas  Joulet,  seigneur  de  Bélival  en  Picardie,  Beaurain  et 
Beaurainel-lès-Guessard,  qui  était,  au  commencement  du 
xv^  siècle,  homme  d'armes  de  la  compagnie  du  maréchal 
d'Erquerdes,  eut,  de  X.  de  La  Grue,  un  fils  appelé  Pierre. 

Pierre  1°'",  marié  à  Jacqueline  de  Blaseul,  fut  le  père  de 
Pierre  IL 

Pierre  II,  ruiné  par  les  guerres,  obtint  de  Charles  de  Bour- 
bon, duc  de  Vendôme,  l'intendance  de  sa  baronnie  de  Rosny- 
sur-Seine.  Il  put  ainsi  se  relever  et  acquérir  la  seigneurie  de 
Chastillon  (commune  de  Rosny).  Il  eut  de  Claire  d'Arqués, 
Pierre  III,  qui  suit. 

Pierre  III,  marié  à  Jeanne  Chaudron,  s'établit  à  Mantes,  et 
s'y  livra  au  commerce,  en  sorte  quil  perdit  la  qualité  de 
noble.  Il  mourut  avant  15G2,  laissant  cinq  fds  qui,  le 
13  juin  1577,  furent  rétablis  dans  les  droits  et  prérogatives  de 
la  noblesse,  savoir  : 

1"  Antoine,  qui  fut  seigneur  de  Chastillon,  conseiller  au 
Châtelet  et  maître  des  requêtes  de  la  reine-mère.  Antoine  fut 
chargé,  en  1566,  de  poursuivre  les  malversations  commises 

1.  Bulletin  de  la  Société  de  l'histoire  de  Paris,  XVII  (1890),  pp.  164-167. 


182  XLI.  —   PIERRE    JOULET. 

dans  les  finances,  et  fut  alors  victime  de  plusieurs  tentatives 
d'assassinat.  11  fut  même  grièvement  blessé,  et  le  roi  dut  le 
prendre  sous  sa  protection  spéciale  '.  Il  vivait  encore  le 
9  février  1588  -.  Sa  femme,  iMarguerite  Versoris,  mourut  avant 
le  25  juillet  1601. 

2'  Jean,  qui  était  en  1576  et  1577  lieutenant  général  civil 
et  criminel  au  bailliage  et  siège  présidial  de  Mantes. 

3^  Pierre  IV,  qui  fut  lieutenant  général  au  bailliage  de 
Dreux  et  qui  vivait  en  1383.  Celui-ci  eut  une  fille,  Maguelonne 
Joulet,  qui  épousa  Raoul  Coulon,  écuyer,  également  lieutenant 
général  au  bailliage  de  Dreux. 

A'^  Laurent,  cité  en  158.i. 

5°  Nicolas,  qui  fut  homme  d'armes  dans  la  compagnie  de 
Vassé,  et  mourut  avant  le  13  juin  1577. 

Antoine  Joulet,  le  maître  des  requêtes,  eut  deux  fils  : 
Pierre  V,  à  qui  est  consacré  cet  article,  et  François. 

Pierre  Y  Joulet  naquit  vers  1545.  Dans  un  acte  du  13  sep- 
tembre 1568,  il  est  qualifié  contrôleur  des  domaines  du  roi  à 
Mantes.  Il  devait  avoir  alors  2-2  ou  23  ans  et  être  revenu 
d'Italie  après  y  avoir  terminé  ses  études.  Voici  le  sonnet 
consacré  par  lui  à  la  mémoire  d'Odet  de  Tournebu  ^  ; 

Luci  che  già  sete  spoglie  di  morte. 
Se  s'inlend'  o  vede  dal  stigio  lido 
Il  gran  lamente  d'un  amico  fido, 
Ecco  i  pianti  di  mia  dura  sorte. 

Sciocco  il  pur  vaneggio  ?  che  benchè  forte 
Sia  il  lamente  mio,  molle  mio  grido. 
Non  s'intend'  o  vede  la  giù  le  stride 
Di  chi  mère  di  tue  hore  si  certe. 


1.  Voy.  les  jptlres  royales  du  7  aoûl  1566,  dans  les  Mémoires  de  Condé, 
1743,  I.  p.  167. 

2.  Bibhotli.  nal.,  ras.  fr.  28  073,  dossier  36  579,  art.  10. 
'à.  Voy.  ci-dessus,  p.  151. 


XLI.  —  PIERRE  JOULET.  183 

Ahi,  Morte  cruda,  poichè  con  la  vita 
Il  sentir  et  l'udir  fugg'  a  gran  passi, 
Perché  sla  fermo  in  me  il  mio  martire? 

Non  me  ne  dolgo,  che  m'è  più  gradita 
La  pena  mortale  et  i  gridi  cassi 
Che  non  tu  fu  gradilo  il  suo  finire. 

Pierre  écrivit  ensuite  un  roman,  dont  le  sujet  était  emprunté 
à  La  Gerusaiemme  liberala  : 

Les  Amours  d'Armide  par  P.  Joulet,  sieur  de  Chastillon, 
A  Langres,  Par  P.  delà  Roche,  1597.  In-12.  (Cat.  Giraud,  1855, 
n°  1937.)  —  A  Paris,  Chez  Abel  L'Angelier,  1598.  In-12.  (Cat. 
Béhague,  1880,  n°  959.)  —  A  Parit,  Chez  Abel  L'Angelier, 
160O.  In-1-2.  (Cat.  Pompadour,  17G5,  n»  1526.)  —  A  Rouen, 
Chez  Pierre  Valentin,  s.  d.,  in-12.  (Brunet,  III,  col.  577  ;  Cat. 
Béhague,  1880,  2«  partie,  n»  532.) 

Il  composa  aussi  un  roman  mystique  : 

Les  Amours  spirituels  de  Psiché.  Au  Roy.  Par  P.  Joulet, 
sieur  de  Chastillon.  [A  Paris,]  Chez  Abel  L'Angelier,  1600. 
In-I2.  (Biblioth.  de  Rennes,  Th.  1649;  Catalogue  Béhague, 
2°  partie,  n»  533.)— A  Paris,  Chez  Abel  L'Angelier,  1606. 
In-12.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Y-  9795  et  44350.)  —  A  Paris,  Chez 
Abel  L'Angelier,  1608.  In-12.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Y^  686  t.) 

Citons  encore  une  œuvre  de  morale  : 

Défense  de  l'Inconstance,  faicte  par  Pierre  Joulet,  escuyer, 
sieur  de  Chastillon.  Reveue  et  corrigée  parluy.  A  Paris,  Chez 
Abel  UAngelier,  1608.  In-I2.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Y2  6870.) 

Nous  ignorons  la  date  de  la  première  édition. 

En  1612,  Pierre  Joulet  est  qualifié  gentilhomme  près  la  per- 
sonne du  roiV  II  vivait  encore  le  16  juillet-;  mais  il  mourut 
avant  le  3  janvier  1621.  Il  avait  épousé,  en  premières  noces, 


1.  Biblioth.  nat.,  ms.  f.  28073,  dossier  36579,  no  -24. 

2.  Ibid.,  n"  31. 


184  XLI  —  PIERRE   JOULET. 

Jeanne  Jacquet,  veuve  de  François  Le  Cirier,  président  des 
enquêtes  au  parlement,  et,  en  secondes  noces,  Margnei  ite  de 
RelTuge,  Cette  dernière  vivait  encore  le  19  janvier  16U. 

François  Joulet,  frère  de  Pierre,  naquit  vers  1550.  Le  3  août 
1593,  il  fut  nommé  aumônier  du  roi.  Il  devint  ensuite  chanoine, 
puis  doyen  d'Évreux,  et  fut  pourvu,  le  3  janvier  1602,  de  la 
charge  de  prédicateur  ordinaire  du  roi.  Peu  de  temps  après, 
Nicolas  de  Briroy,  évêque  de  Coutances,  le  choisit  pour  coad- 
juteur  avec  succession  future.  Le  choix  fut  approuvé  par  le  roi 
le  31  mars  1G03. 

François  cultiva  les  lettres  comme  son  frère  ;  mais  ses 
ouwages  sont  d'un  genre  un  peu  dilférent.  On  a  de  lui  : 

Trois  Harangues  de  Ciceron,  traduicles  du  latin  en  françois 
par  François  Joulet,  sieur  de  Chastillon.  A  Paris,  Chez  Abel 
rA7îgelier,  1507.  In-12.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Rés.  X  2i2G.) 

Le  premier  Livre  de  l'Orateur  de  Ciceron,  traduit  par  Fran- 
çois Joulet,  sieur  de  Chastillon.  A  Paris,  Chez  Abd  UAngelier, 
1601.  In-12.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  X  17067.) 

XXVI  Homélies  de  S.  Jean  Chrysostome,  traduicles  en 
françois  par  François  Joullet,  sieur  de  Chastillon,  chantre  et 
chanoine  d'Evreux.  A  Paris,  Chez  Abel  VAngeller,  1604.  In-12. 
(Cat.  Lignerolles,  1894,  I,  n»  119.) 

Six  oraisons  de  Ciceron,  avec  une  sommaire  exposition  du 
suject  de  chacune  d'icelles,  par  François  Joulet,  sieur  de 
Chastillon.  A  Paris^  De  V Imprimerie  de  Robert  Eslienne,  1009. 
In-8.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Rés.  X  2427  et  X  22722'.) 

François  s'intéressait  spécialement  à  la  théologie.  Par  acte 
du  8  janvier  1623,  il  fonda  au  collège  de  Navarre  «  une  chaire 


i.  L'Estoile  raconte  (éd.  Jouaiist,  X,  p.  77)  que,  le  18  novembre  1609, 
Hobert  tstieiine  lui  donna  un  exemplaire  des  Six  Oraisons.  Les  éditeurs 
modernes  ont  imprimé  :  François  Joubert,  au  lieu  de  François  Joulet. 


XLI.  —    PIERRE    JOULET.  18o 

de  lecture  et  de  controverse  contre  les  hérésies  et  le  schisme  », 
fixant  à  G50  livres  le  traitement  du  titulaire. 

Dans  le  courant  de  la  même  année,  par  actes  des  -i,  6  et 
12  juillet,  il  disposa  de  la  plus  grande  partie  de  sa  fortune, 
qui  était  relativement  considérable,  en  faveur  du  noviciat  des 
Jésuites,  des  Pères  réformés  de  l'ordre  de  saint  Dominique, 
de  l'hôpital  de  la  Charité  et  de  l'Hôlel-Dieu  de  Paris.  C'est  à 
Poccasion  de  cette  dernière  donation  que  M.  Coyecque,  recti- 
fiant un  travail  antérieur  de  M.  Brièle,  a  donné  une  généalogie 
des  Joulet,  à  laquelle  nous  avons  emprunté  la  plupart  des  ren- 
seignements biographiques  qui  précèdent. 

François  testa  le  il  novembre  1625,  et  institua  l'IIôtel-Dieu 
de  Paris  son  légataire  universel.  Il  mourut  le  30  septem- 
bre 1627. 


XLII 


JEAN  DE  BOYSSIERES 


Jean  de  Boyssières,  originaire  de  Montferrand  en  Auvergne, 
nous  apprend  lui-même  qu'il  élait  né  au  mois  de  février  15o5'. 
Il  est  probable  qu'il  termina  ses  études  en  Italie  ;  cependant 
nous  ne  savons  rien  de  précis  sur  ce  point.  Au  sortir  de 
Técole,  il  abandonna  la  jurisprudence,  renonça  aux  fonctions 
publiques  qu'il  avait  ambitionnées  et  trouva  un  asile  dans  la 
maison  du  duc  de  Mercœur.  Dès  lors,  il  se  consacra  tout  entier 
à  la  poésie.  Il  n'écrivit  que  des  vers,  le  plus  souvent  fort 
médiocres.  Les  ouvrages  de  lui  qui  nous  sont  connus  sont  les 
suivants  : 

1 .  Les  premières  Œuvres  amoureuses  de  Jean  de  Boyssières, 
Montferrandin.  A  Monsieur,  duc  d'Anjou,  fds  de  France  et 
frère  unique  de  roy.  A  Paris,  Pour  Claude  de  Montreuil,  à  la 
court  du  Palais,  au  nom  de  Jésus,  et  François  Taber  [sic],  sur 
la  graud'arche  du  puni  aux  Musniers,  près  l'horloge  du  Palais, 
1578  In-12  de  loO  ff.  chiffr.,  5  ff.  de  table  et  1  f.  blanc. 
(Biblioth.  nat.,  Inv.  Ye.  3018;  —  Biblioth.  munie,  de  Ver- 
sailles, E.  485  c.  —  Cf.  Bull,  de  la  librairie  Morgand,  1880, 
n"  6i90.) 


1.  Jean  ne  doit  pas  être  confondu  avec  le  Dauphinois  Claude  de  Bois- 
■sière,  l'auteur  de  VArt  poétique  (1554)  et  de  différents  traités  de  mathéma- 
tiques. 


i88  XLII.  —    JEAN    DE   BOYSSIÈRES. 

2.  Le  Discours  d'un  cas  effroyable  et  advanture  estrange 
advenue  à  un  laquais  du  Louvre  le  XIX.  jour  de  mars  1578. 
Avec  deux  oraisons  pour  se  garder  des  surprises  de  l'ennemy. 
et  une  autre  en  forme  de  confession.  A  monsieur  Leluau, 
Auvergnat.  A  Paris,  Par  Nicolas  Poncelet,  rue  Judas,  à  lOye 
gui  ne  court  plus,  1578.  In-8  de  8  ff.  {Bull,  de  la  librairie  Mor- 
gand,  1880,  noC491.) 

3.  Les  Regrets  et  Lamentations  de  très -haute  princesse 
Ysabel  d'Austriche  sur  le  trespas  de  madame  Marie,  fille  de 
France.  Par  J.  de  Boyssieres,  de  Mont-Ferrand  en  Auvergne. 
A  Paris,  Pour  Claude  de  Monlrueil,  en  la  court  du  Palais,  au 
nom  de  Jésus,  et  François  Taberl,  sur  la  grande  arche  du  pont 
aux  Musniers...  [1578].  In-8  de  15  ff.  non  chiffr.  et  1  f.  blanc. 
(Biblioth.  nat.,  Inv.  Ye.  3G19;  —  Musée  Condé  à  Chantilly.) 

4.  Les  secondes  Œuvres  poétiques  de  J.  de  Boyssieres,  de 
Mont  Ferrand  en  Auvergne,  dédiées  aux  princes  de  l'illustre 
sang  de  France.  Meslanges.  A  Paris,  Pour  Jean  Poiipy,  à  la 
Bible  d'or,  rue  sainct  Jacques,  1578.  In-4  de  4  ff.  lim.  et  76  ff. 
chiffr.  (Bibliolh.  nat.,  Inv.  Ye.  512  et  Ye.  935  Rés.) 

5.  Sonnet  en  tète  des  Œuvres  de  Clovis  Hesteau,  sieur  de 
Nuisement  (1578),  fol.  i  ij. 

G.  Quatrain  en  tète  du  Premier  Livre  des  po'èmcs  de  Guil- 
laume Belliard  {1578j. 

7.  Les  troisesmes  Œuvres  de  Jean  de  Boyssieres,  de  la  ville 
de  Montferraii'l  en  Auvergne  A  Monsieur  le  duc  de  Mercœur, 
son  Mecœne.  A  Lyon,  Pour  Loys  Cloquemin,  1579.  —  [A  la 
fin  :]  Imprimé  par  Thibauld  Ancelin,  1579.  In4  de  8  ff.  lim., 
80  pp.,  51  pp.,  56  pp.,  32  pp.  et  6  ff.  de  table. 

Ce  recueil  contient  une  Continuation  des  premières  œuvres, 
des  Prières  spirituelles,,  etc.  (80  pp.),  une  Continuation  des 
secondes  œuvres  (51  pp.),  La  Doyssieie  (24  pp.),  UEslrille  et 
Drogue  au  quereleux  pédant  ou  régent  du  collège  de  Clermont 


XLII.  —   JEAN    DE   BOYSSIÈRES.  189 

en  Auvergne^  jadis  farceur  de  Reims  en  Champaigne  [32  pp.), 
Le  second  Chant  des  Chanls  de  Loys  Arioale,  à  monsieur  Pigeon 
(32  pp.  cotées  25-56).  ;Bibliotli.  nat.,  Inv.  Ye.  513;  — 
Biblioth.  de  la  ville  de  Lyon,  317422.  —  Cf.  Baudrier,  Biblio- 
graphie lyonna'se,  IV,  p.  51.) 

8.  Vers  en  tête  des  OEuvres  et  Meslanges  poétiques  de  Pierre 
Le  Loyer  (1579). 

0.  Vers  à  Gabriel  Chappuis  en  tête  du  Parfait  Courtisan, 
traduit  de  Baldassar  Castiglione  (1579  et  1585). 

10.  L'Arioste  françoes  de  Jean  de  Boessieres,  de  Montferrand 
en  Auvernie.. .  Premier  volume.  A  Lyon,  De  ^imprimerie  de 
Thibaud  Ancelin,  1580.  In-8  de  8  fï.  lim.,  327  pp.,  3  ff.  non 
chiffr.  et  1  f.  blanc.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  Yd.  2295  et  Ye.  1851 
Rés.  —  Cf.  Baudrier,  Bibliogr.  lyonnaise,  III,  p.  149.) 

11.  Sonnet  en  tète  de  VAnacrise,  ou  parfait  Jugement  des 
esprits,  traduit  de  Juan  Iluarte  par  Gabriel  Chappuis  (1580'. 

12.  Les  Œuvres  spirituelles  de  Jean  de  Boyssieres,  escuyer. 
A  Lyon,  De  rimprimerie  de  Thibaud  Ancelin,  1582.  In-8. 
{Suppl.  au  Manuel  du  Libraire,  I,  1G7.) 

13.  Croisade  de  J.  de  Boissieres,  escuyer,  sieur  de  La  Bois- 
siere.  A  Monsieur  de  Boissi,  conseiller  du  roy.  .4  Paris,  Chez 
Robert  Le  Fizelier  (ou  Pierre  Sevestre],  1584.  In-12.  (Biblioth. 
de  Versailles,  I,  486.  c  ;  —  Biblioth.  de  l'Arsenal  :  Cat.  La 
Vallière,  IV,  n»  15718.) 

14.  Sonnets  sur  les  nom  et  passion  de  Jesus-Christ.  Par 
Jean  de  Boyssieres,  escuyer.  A  Paris,  Chez  Laurent  Du  Cou- 
dret,  1585.  In-8.  (Suppl.  au  Manuel  du  Libraire,  I,  166.) 

lo.  L'Arioste  françois,  par  J.  D.  B. ..  A  Lyon,  Par  Thibaud 
AnceUn,  1608.  In-8. 

Édition  de  1580,  dont  le  titre  seul  a  été  changé.  (Biblioth. 
nat.,  Inv.  Yd.  2296.) 


190  XLII.  —  JEAN   DE   BOYSSIÈRES. 

Nous  ne  savons  rien  de  Jean  de  Boyssières  après  1585,  et 
nous  sommes  porté  à  croire  qu'il  ne  survécut  pas  longtemps  à 
la  publication  des  Sonnets.  Tous  ses  ouvrages  nous  montrent 
un  auteur  doué  d'une  grande  facilité,  mais  ne  s'élevant  pas 
au-dessus  du  médiocre.  Le  principal  intérêt  des  recueils 
de  1578  et  1579  vient  du  grand  nombre  de  noms  qui  y  sont 
cités.  Boyssières  avait  en  effet  beaucoup  d'amis  avec  lesquels 
il  échangeait  des  vers,  et  qui  tous  lui  témoignaient  une  haute 
estime. 

Le  poète  auvergnat  avait  voulu  traduire  en  vers  tout  le 
Furioso.  Il  fit  imprimer  lui-même  en  1579  le  second  chant. 
Pendant  un  voyage  qu'il  fit  en  Piémont  au  cours  de  l'an- 
née 1580,  il  confia  ses  manuscrits  à  un  ami,  M.  Pigeon,  qui  y 
trouva  trente-six  chants  déjà  mis  au  net,  et  fit  imprimer  les 
douze  premiers,  sans  y  rien  changer,  respectant  même  l'ortho- 
graphe singulière  de  l'auteur.  Ce  M.  Pigeon,  à  qui  est  déjà 
dédié,  en  1579,  Le  s^'cund  Chant,  pourrait  bien  être  un  fils 
d'Emmanuel-Philibert  de  Pingon,  conseiller  d'État  et  référen- 
daire du  duc  de  Savoie,  né  en  1525,  mort  en  1582,  et  dont 
nous  possédons  divers  ouvrages  ^ 

Parmi  les  pièces  placées  en  tête  de  VArioste  français,  on 
remarque  un  quatrain  adressé  par  Jean  de  Boyssières  à  son 
amie  Silvia,  la  belle  qu'il  avait  chantée  dans  ses  Premières 
Œuvres.  Bien  que  ce  quatrain  soit  détestable,  il  donne  au 
poète  le  droit  de  figurer  dans  notre  galerie  des  Français  italia- 
nisants. En  voici  la  reproduction  : 

A  Sllvki,  diva  sua. 

Silvia,  il  foco  my  brugiù  tan  le  il  cuore 

Che  più  non  posso  far  schermo  all'amore, 


1.  Au  \">  (lu  titre  du  Second  Chant  le  nom  est  écrit  Pinglion  et  non 
Pigeon.  —  LouIn  de  Pingon  fils  de  Philibert,  se  pi(|iiait  de  faiie  des  vers.  On 
trouve  une  é|)igr;imnie  latine  signée  dr  lui  en  tèle  de  VAugusta  Taurinontm 
de  son  père  (Aug.  Taurin.,  1577,  in-ful.,  p.  7). 


XLII.  —   JEAN   DE   BOYSSIÈRES.  191 

E  sono  dentro  tanto  et  tanto  infiamato, 
Che  corne  Orlando  venerô  forcenato. 

GlOVANNE   DE   BOtSSlERO'. 


Nous  dirons,  à  la  décharge  de  Boyssières,  que  ses  vers  fran- 
çais ne  valent  guère  mieux. 

1.  Arioste  françnes^  1580,  fol.  5. 


XLIII 
CLAUDE   DU   VERDIER 


Nous  venons  de  parler  de  V Ariosle  françoes  de  Jean  de  Boys- 
sières,  publié  en  1580  ;  en  tète  de  ce  volume,  on  lit  le  sonnet 
suivant  : 

Sonetto  in  lande  di  Boesserio, 
composlo  per  Claudio  Del  Verdier,  Foresiano. 

Lo  spirto  ch'il  divin  Tosco  Ariosto 
Rapi  si  alto,  acciô  run  l'altro  emisfero 
Di  Palladin'  di  Francia  il  nome  altero 
In  Toscana  favella  udisse  esposto  ; 

L'islesso  spirto  inalza  hor  di  nascosto 
Con  le  ali  in  aria*  l'unico  Boesserio, 
Aeciô  di  essi  in  parlai'  non  più  straniero 
Canti,  in  mezzo  del  ciel  et  terra  posto. 

Hor  donne,  cavalieri,  arme  et  amori, 
Da  un  si  lungo  essilio  ritoruati, 
Renderem-  gralie  al  vostro  chiar  poeta. 

Voi,  Muse,  ornate  delli  verdi  allori, 
D'hedere  fresche  et  di  mirti  odorati 
Le  sacre  tempie  del  vostro  profeta^. 

1 .  Iinpr.  cei  ia. 

2.  [iiipr.  Reiiderpii. 

3.  LArioste  françoes  de  Jean  de  Boessieres  de  Monferrand  en 
Auvernie,  avec  tes  argumans  et  allégories  sur  chacun  chant.  Premie'r 
volume  'A  Lyon,  De  l'imprimerie  de  Tliibaïui  Aiicelin,  1380,  iii-8),  2-  f.  lim, 

n.  -  13. 


194  XLIII.  —   CLAUDE    DU   VERDIblR. 

Claude  était  le  fils  aîné  du  ])ibliographe  Antoine  Du  Yerdier, 
seigneur  de  Vauprivas,  et  d'Agathe  Des  Gouttes.  M.  Tabbé 
Heure,  qui  a  consacré  au  père  une  très  intéressante  notice', 
a  étudié  aussi  la  vie  du  fils,  et  nous  n'avons  qu'à  résumer  ses 
recherches  '. 

Claude  Du  Yerdier  avait  dû  naître  en  156i\  Ce  fut  presque 
un  enfant  prodige.  Avant  même  d'avoir  terminé  ses  études,  il 
eut  la  prétention  de  tout  savoir,  même  l'italien.  En  1581,  au 
moment  où  il  publiait  un  recueil  de  vers  latins,  il  était  à 
Paris,  sans  doute  pour  y  suivre  les  cours  de  l'Université  \  En 
4582.  il  était  à  Bourges,  et  comptait  parmi  les  disciples  de 
Cujas^  En  1584,  au  moment  où  parut  La  Bibliothèque  fran- 
çaise d'Antoine  Du  Yerdier,  Claude  était  à  Bologne  et  y  conti- 
nuait ses  éludes  juridiques  ^  Il  revint  à  Lyon  vers  1585  ;  il  y 
était  du  moins  de  retour  en  1580,  quand  éclata  la  terrible 
peste  qui  emporta  sept  des  enfants  d'Antoine  Du  Yerdier.  D 
fut  le  seul  des  fds  qui  survécut  à  la  contagion,  et,  avec  les 
deux  sœurs  qui  lui  restaient,  il  suivit  son  père  et  sa  belle- 
mère,  Philippe  Pourrai,  dans  la  maison  que  ceux-ci  allèrent 
habiter  à  la  montée  du  Gourguillon.  Quand  la  malheureuse 
ville  de  Lyon  fut  délivrée  de  l'épidémie,  Claude  exerça  la  pro- 
fession d'avocat  en  la  sénéchaussée  et  siège  présidial.  Au 
mois  de  décembre  1588.  il  fut  pourvu  d'une  charge  relative- 
ment imporlante.  Des  lettres  de  Henri  lî,  datées  du  M  de  ce 


1.  Voy.  Le  bibliogi.-iplift  Anloiiip  Du  Venlier  ilo4i-l600).  par  l'abbé 
Reure,  docteur  es  leltres.  /  ans,  Alphonse  Picard  et  fils,  1N97.  Iii-S  de 
68  pp.  (Extr.  de  la  Bévue  du  Lyimnais,  juillet  1897.) 

2.  L'écrivain  Claude  Du  Venlier  (15Gô- iLiV,*  .  p.ir  l'abbé  Reure.  docteur 
es  lettres.  Lrjon,  Imprimerie  Muugin-Rusand,  Wallener  et  C.^^  sucr/^, 
1901.  Iu-8  de  43  pp.  (Kxtr.  de  la  Revue  du  Lijonnais,  janvier-mars  1901  ) 

3.  Claude  dit,  à  la  fin  des  vers  enconiiasliques  composés  par  lui  pour 
Pierre  Grégoire,  en  1582,  qu'il  avait  à  peine  dix-huit  ans. 

4.  Cl.  Verderii  Peripelasis.  I.j8l.  p.  181. 

5.  Pièce  liminaire  dans  la  Terlia  Pars  uc  poslreiiia  Sijn'agmalis  jiiris 
universi,  de  Pierre  (irégoire,  1582. 

6.  Aut  Du  Verdier.  Bibliothèque,  éd.  Iligoley  de  Juvigny,  I,  P-  380.— 
Ce  fut  à  lioliigne  que  Claude  composa  une  épigramme  sur  la  mort  du  comte 
Giovanni  Pe|  oli  {Phaselus  Catulli,  etc.,  Lugduni,  1593,  in-i2,  p.  134-). 


XLIII.  —    CLAUDK    DU    VERUIER.  195 

mois,  lui  conférèrent  «  l'estat  et  office  déconseiller  etadvocat 
du  roy  en  ladicte  seneschausée  et  juridiction  de  la  conservation 
des  privilleges  des  foires,  visiteur  des  gabelles,  maistre  des 
portz  et  maistrise  particulliere  des  aues  et  forestz  '  ».  L'assas- 
sinat des  Guise,  la  mort  du  roi,  et  le  triomphe  des  Ligueurs 
à  Lyon  empêchèrent  le  jeune  magistrat  de  prendre  posses- 
sion de  son  office  ;  mais  il  faut  croire  qu'il  donna  des 
gages  au  parti  catholique,  car  il  obtint  du  duc  de  Mayenne,  le 
31  décembre  1592,  des  lettres  de  surannation,  et  fut  reçu  par 
la  cour  le  13  avril  suivant  -.  Il  ne  profita  pas  longtemps  de  la 
faveur  du  chef  de  la  Ligue.  Après  le  triomphe  du  parti 
royaliste,  il  dut  résigner  son  office,  et  Alexandre  Buliioud  en 
fut  pourvu  par  lettres  du  11  avril  1596  ^  Dès  lors,  la  vie  de 
notre  auteur,  vie  qui  devait  durer  encore  plus  d'un  demi- 
siècle,  se  passa  dans  une  triste  obscurité. 

Claude  avait  épousé,  entre  1588  et  1591,  Bonne  Du  Rocher, 
dame  de  Mauriac,  fille  de  Jacques  Du  Rocher  et  de  Françoise 
Du  Verdier,  d'une  ancienne  famille  du  Velay^  A  la  mort 
d'Antoine  Du  Verdier,  son  père  (25  septembre  IGOO),  il  paraît 
avoir  hérité  d'une  assez  belle  fortune;  mais,  en  peu  d'années, 
il  perdit  la  plus  grande  partie  de  son  patrimoine.  Des  procès 
malheureux  achevèrent  sa  ruine.  Au  mois  de  mai  1605,  les 
beaux  meubles,  les  tapisseries  précieuses  qu'avait  réunis 
l'auteur  de  La  Bibliothèque  française  furent  dispersés  au  gré 
des  enchères.  Claude  dut  vendre  aussi  sa  maison  de  Beaure- 
gard,  sur  la  montée  du  Gourguillon.  Dès  lors  il  ne  résida 
plus  à  Lyon.  Il  se  retira  au  château  de  Beauregard  et  cessa 
de  cultiver  les  lettres.  Il  mourut  complètement  oublié,  vers 
la  fin  de  1649  ^ 

Claude  Du  Verdier  se  promettait  d'étonner  le  monde  par 

1.  L'altbé  Reure,  Claude  Du  Verdier  p.  1:2. 

2.  Ibid.,  p.  13. 

3.  Ibid.,  p.  14. 

4.  Tous  deux  sont  représentés  dans  une  fresque  exécutée  vers  1630  dans 
la  chapelle  du  chàte;iu  de  Vauprivas.  Voy.  les  Peintures  murales  du  Moyen 
Age  et  de  la  Renaissance  en  Fore^  (Monlbrison,  1900,  gr.  in-      ). 

5.  Son  testament  est  du  25  novembre  1649.  Voy.  Reure  loc.  cit.^  p.  20. 


196  XLIII.  —   CLAUDE    DU    VERDIER. 

son  savoir  universel  ;  il  se  permit,  en  1586,  à  l'âge  de  vingt- 
deux  ans,  de  publier  un  ouvrage  où  il  censurait  une  foule  de 
grammairiens,  de  poètes,  d'historiens,  de  dialecticiens,  de 
rhéteurs,  d'orateurs,  de  jurisconsultes,  de  mathématiciens, 
de  médecins,  de  théologiens.  Cette  prétention  le  rendit  ridi- 
cule aux  yeux  de  tous.  Il  dut  se  borner,  par  la  suite,  à  publier 
ou  à  recommander  les  ouvrages  des  autres. 
Voici  celles  de  ses  productions  qui  nous  sont  connues  : 

1.  Le  sonnet  italien  adressé  à  Jean  de  Boyssières  (1580). 

2.  Cl.  Verderii  Peripetasis  epigrammatum  variorum  latius 
oratione  soluta  expressorum.  Ejusdera  bombycum  Metamor- 
phosis,  Ecloga  cui  litulus  Aphtarques  et  alla  Poëmatia.  Ad 
clarissimum  virum  Antoninm  Verderium,  dominum  Vallispri- 
vataeet  Luriaci,  régis  consiliaiium,  Aerarii  apiid  Lugdunenses 
antigraphaeum,  patrem  suum  colendiss.  Parisiis,  Apnd 
Maihurimim  P)'evost,  sub  Sculo  veneto,  e  reijione  D.  Joannis 
Laleranensis,  1581.  In-8  de  18:2  pp.  et  1  f. 

Bibl.  nat.,  Inv.  Yc.  8748  ;  —  BriLish  Muséum,  1213,  f.  2  (3). 

Diverses  pièces  tirées  de  la  Peripetasis  ont  été  insérées  dans 
les  Delitiae  C.  poetavum  gallorum  (Francofurti,  1609.  3  vol 
in-12),  III,  pp.  1128  et  suiv. 

3.  Pièce  latine  en  vers  hendécasyllabiques  imprimée  en  tète 
des  Images  des  dieux,  traduites  de  Vincenzo  Cariari,  par 
Antoine  Du  Verdier  (A  Lyon,  Par  Barthélémy  Honorât,  1581, 
in-i). 

Baudrier,  Bibliographie  lyonnaise,  IV,  p.  141. 

A.  Pièce  latine,  composée  de  26  vers  phaleuques  en  tête 
de  :  Pétri  Gregorii,  doctorisTholosani,  Terlia  Pars  ac  postrema 
Suntagmatis  jnris  nniversi  (Ludguni,  Ant.  Grypliius,  158^, 
in-8). 

On  lit  à  la  fin  de  cette  pièce  :  «  Glaudius  Verderius,  Bituri- 


XLIII.  —   CLAUDE   DU   VERDIER.  197 

gibus  jurisprudenliae  dans  operam,  vixduin  annos  XVIII 
natus,  hos  phaleucos  versus,  patris  mandato  et  jussu,  in  gra- 
tiam  clariss.  Pétri  Gregorii,  juris  utriusque  docloris,  con- 
texerat.  » 

Reure,  loc.  cit.,  p.  36. 

5.  Pièce  latine  en  vers  liendécasyllabiques  à  la  fin  de  La 
Chiave  del  Calendaro  gregoriano  del  R.  M.  Hugolino  Marlelli, 
vescovo  di  Glandeva  (in  Lione,  1583,  in-8). 

Notre  bibliothèque. 

6.  Discours  contre  ceux  qui  par  les  grandes  conjonctions 
des  planettes  qui  se  doivent  faire  ont  voulu  prédire  la  fin  du 
monde  devoir  leur  advenir,  servant  d'introduction  au  premier 
des  Mondes  de  Doni. 

Discours  en  vers  qui  occupe  7  pages  en  tète  des  Mondes 
célestes,  terrestres,  et  infernaux .  .  .  lirez  des  œuvres  de  Doni, 
Florentin,  par  Gabriel  Chappuis,  Tourangeau  (A  Lyon,  Pour 
Barthélémy  Honorât,  lo83,  iu-8).  Voy.  Baudrier,  IV,  p.  145. 

7.  Huit  poèmes  français  intitulés  :  Le  Luth,  Rien,  La 
Blanqiie,  La  Beauté,  L'Honneur,  Le  Lien,  Le  Centre,  Le  Point. 

Claude  avait  composé  ces  pièces  avant  1584.  Son  père  a 
inséré  les  deux  premières  dans  la  Bibliothèque  (édition  Rigoley 
de  Juvigny,  I,  pp.  381-392). 

8.  In  auctores  pêne  omnes,  antiquos  potissimum,  Censio, 
qua  receptissimorum  quorumque  grammaticorum,  poëtarum, 
historicorura,  dialecticorum,  rhetoium,  oratorum,  juriscon- 
sultorum,  veterum  et  recentium,  philosophorum,  mathemati- 
corum,  medicorum  et  theoiogorum  errata  quaedam  deprehen- 
duntur.  Claud.  Verderio,  Ant.  fil.,  auctore.  Lugduni,  Apnd 
Barlholomaeum  Honoralum,  1586.  In-4  de  187  pp.  et  1  f. 

Ce  recueil  est  dédié  au  premier  président  du  parlement  de 
Paris,  Achille  de  Harlay.  Voy.  Baudrier,  Bibliogr.  lyonn., 
IV,  p.  154.  Il  eu  existe  une  seconde  édition  :  Parisiis.  Apud 
Barth.  Macaeum,  1609,  in-4 . 


198  XLIII.  —   CLAUDE   DU    VERDIKR. 

Les  critiques  imprudentes  et  ridicules  de  Claude  Du  Ver- 
dier  suscilèrenL  contre  lui  une  indignation  générale.  Un 
auteur  anonyme  publia  aussitôt  une  réponse  indignée,  inti- 
tulée Aniicaton.  Cette  réponse  ne  se  retrouve  plus  aujour- 
d'hui, tandis  que  Ton  possède  la  réplique  suivante,  à  la 
publication  de  laquelle  Claude  ne  fut  certainement  pas 
étranger  : 

9.  Defence  pour  l'Aucteur  de  la  Cension  contre  l'Anticaton, 

Tov  XaOpooixvTjV,   vuxTtXaTpatôcpayov,   vuxraTcxTa'jrXâYtov  >cac    oo^o- 

{jLaT«!0(7Cf.ov.  Par  Pierre  Brun  de  Vercel.  A  Lyon,  Pour  Claude 
Michel,  1587.  In-8  de  8  ff.  et  1 1 1  p. 

Si  la  Dejence  n'est  pas  tout  entière  l'œuvre  de  Claude,  on 
peut  du  moins  lui  attribuer  les  27  épigrammes  latines  conte- 
nues dans  les  liminaires. 

La  Censio  a  été  très  sévèrement  jugée  par  Vossius  [Coni- 
mentarii  rhetorici,  sive  Instilutionum  oratoriarum  Libri  VI, 
Lugduni  Batavorum,  1606,  libr.  IV  et  V),  et  surtout  iiar 
Kaspar  Schopp,  ou  Schioppius,  dont  les  observations  sont 
imprimées  avec  les  Casta  Carmina  de  Catulle,  recueillis  par 
Raph.  Eglin  (Francofurti,  1606,  in-12)el  se  retrouvent  dans  la 
Nova  librorum  rariorum  Conleciio  de  GroseupOus,  I  (1709, 
in-8).  Schopp  appelle  Du  Verdier  «  omnium  bipedum  inep- 
tissimus  ». 

10.  Vers  grecs  et  latins  en  tète  de  ;  Summa  consliliilionum 
summorum  ponliftcuni. .  .  comineuiariis  illuslrala  per  Pelram 
Malthae um  {Lugdmn,  V.  Landry,  1588  [ou  1589].  in-4). 

Baudrier.  V.  pp.  3-21,  326. 

11 .  Épigramme  latine  en  quatre  vers  en  tète  du  traité  inti- 
tulé :  Oeconomia  cnnoiiica  de  sarroram  caUwlicae  Chrisli  fami- 
liae  minialiorum  officlo...  mielore  P».  P.  F.  Petro  de  Bollo 
(Lugduni.  P.  Landry,  1587  [ou  1588],  in-4). 

Baudrier,  V.  p.  326. 

12.  Oiialre  distiques  latins  en  tète  du  Typas  omnium  scien- 
tiaruni  el,  pracscitini  llieobgiae  sckoUisUcae. .  .  nulhore  rêve- 


XLIII.  —    CLAUDE    DU    VKRDIEB.  I 'J9 

rendo  paire  F.  AeguHo  Moncurlio,  sacrae  theoloyiae  ac  huma- 
narum  iviiuni  professore  subtillssimo  Liigduni,  apudJoanneiii 
Veyrat,  1591,  in- 8;. 

Baudrier,  BMiographie  hjonnalsc^  IV,  p.  399. 

13.  Lusus,  De  artiilcio  epiyraiiiinalis  Disquisilio,  Epigram- 
mata  quaedam,  partim  ex  graeco  translata. 

Ces  pièces  sont  imprimées  à  la  fin  du  volume  suivant  - 
Phaselus  Calulli  et  ad  eam  quolquol  exiant  parodiae  (LugLluni, 
Apud  Thom.  Soubron  ;  excudebat  Steph.  Servain,  1593, 
in-l2).  Les  épigrammes  de  Du  Verdier  commencent  à  la 
p.  115.  La  Dinquisilio  occupe  les  pp.  152-168. 

Biblioth.  nat.,  Yc.  13264.  —  Cf.  Baudrier,  Bibliographie 
lyontuiise,  IV,  p.  356. 

14.  Épigramnie  latine  en  quatre  vers  entête  du  Discours  de 
la  vérité  des  causes  et  effets  des  décadences,  mutations,  change- 
ments, conversions  et  ruines  des  monarchies,  par  Claude  Duret. 
Bonrbonnois,  conseiller  et  avocat  à  Moulins  (à  Lyon,  par 
Benoist  Rigaiid,  159i,  in-8). 

Baudrier,  Blbliograplàe  lyonnaise,  III,  p.  432. 

IG.  Pièce  latine  en  tète  de  :  De  niniis  licenliosa  ac  liberaliore 
sanguinis  missione...  brevis  Traclatio,  auclore  Jacobo  Pons, 
D.  medico  Lugihmensi  (Lugduni,  apud  Paulum  Frellonium  et 
Abraham  Cloqueniin,  1596,  in-8). 

Baudrier,  Bibliographie  lyonnaise,  IV,  p.  5^8. 

16.  Épitre  dédicatoire  «  A  monseigneur  Maximilian  de 
Betlmne,  duc  de  Rosny  »  en  tète  de  La  Prosopographie,  ou  Des- 
cription des  personnages  insignes,  enrichie  de  plusieurs  effigies 
et  réduite  en  quatre  livres  par  Antoine  Du  Verdier  (Lyon,  Paul 
Frellon,  1603  [1604  ou  1605],  3  vol.  in-fol. 

L'édition  publiée  par  Claude  Du  Verdier  est  beaucoup  plus 
ample  que  l'édition  donnée  par  l'auteur  lui-même  en  1593. 
L'épitreà  Sully  est  datée  de  Lyon,  le  1"  juillet  1603. 


200  XLIII.  —  CLAUDE   DU   VERDIER. 

17.  Deux  pièces  latines  à  la  fin  de  V Histoire  de  la  mort 
déplorable  de  Henry  lîll,  roy  de  France  et  de  Navarre,  [par 
Pierre  Matthieu]  Paris,  Y^^  m.  Guillemot  et  S.  Thiboust, 
4613.  in-8). 


XLIV 
MICHEL  DE  MONTAIGNE 


L'auteur  des  Essais  brille  au  premier  rang  de  ces  Français 
italianisants  que  nous  avons  entrepris  de  faire  connaître.  Il  ne 
saurait  entrer  dans  notre  plan  d'écrire  sa  vie  ;  nous  dirons 
seulement  quelques  mots  de  son  voyage  en  Italie. 

Né  le  28  février  1533,  Michel  Eyqueni,  seigneur  de  Mon- 
taigne, avait  quarante-sept  ans,  il  venait  de  publier  la  première 
édition  de  sa  grande  œuvre  quand,  pour  se  délasser,  il  voulut 
visiter  les  pays  étrangers.  Il  partit  de  ^Montaigne  le  22  juin  1580 
et  se  rendit  à  La  Fère;  ce  fut  de  là  qu"il  se  mit  en  route,  au 
commencement  de  septembre  1580,  accompagné  du  sieur  de 
Mattecoulon,  son  frère,  de  M.  d'Estissac,  de  M.  Du  Hautoy, 
gentilhomme  lorrain,  et  de  M.  de  Caselis'.  Les  voyageurs  pas- 
sèrent par  Meaux,  Épernay,  Chàlons,  Vitry-le-François,  Bar- 
le-Duc,  Vaucouleur,  Domrémy,  Neufchàteau.Mirecourt,  Épinal, 
Plombières,  Remiremont,  Bussang  et  Mulhouse.  Ils  visitèrent 
Bàle,  puis  se  dirigèrent  sur  Constance,  Augsbourg  et  Munich  ; 


1.  Bertrand  Ejquem  de  Montaigne,  seigneur  de  Mattecoulon,  n'avait 
alors  que  vingt  ans.  Ou  n'est  pas  bien  fixé  sur  les  trois  autres  compagnons  du 
voyageur.  M.  d'i:.stissac  devait  être  Charles  fils  de  la  grande  dame  à  qui  Mon- 
taigne a  dédié  le  chapitre  VIII  du  livre  II  des  Essais  ;  M.  de  Caselis  était, 
soit  Bertrand  de  Cazalis,  seigneur  de  Fraîche,  qui  le  28  septembre  1579, 
avait  épousé  Marie  de  Montaigne  (Paul  Bonnefon,  Montaigne,  1893, 
p.  259;,  soit  plutôt  son  frère,  Bernard  de  Cazalis,  également  qualifié  sei- 
gneur de  Fraîche,  qui  épousa  Marguerite  Blanc  de  Seguin  (A.  Communay, 
Essai  généalogique  sur  les  Montferrand  de  Guyenne,  1889,  p.  Lxxiiij). 
Quant  aux  Du  Hautoy,  ils  sont  si  nombreux  qu'il  est  impossible  de  préciser. 


202  XLIV.    —    MICHEL    DE   MONTAIGNE. 

ils  traversèrent  alors  le  Tyrol  et  entrèrent  en  Italie  par  Vérone. 
Après  un  court  séjour  à  Venise,  où  ils  furent  reçus  avec 
empressement  par  l'ambassadeur  de  France,  Arnaud  Du  Fer- 
rier,  Montaigne  et  ses  compagnons  s'arrêtèrent  à  Padoue,  où 
M.  de  Caselis  les  quitta  pour  suivre  les  cours  de  Tuniversité. 
Les  stations  suivantes  furent  Rovigo,  Ferrare,  Bologne.  Flo- 
rence, Sienne,  Bolsena,  Viterbe.  Le  30  novembre,  la  petite 
troupe  fit  son  entrée  à  Rome,  où  elle  resta  jusqu'au  19  avril 
1581.  Elle  reprit  ensuite  le  chemin  de  la  Toscane,  par  Narni, 
Spoleto,  Loreto,  Ancone,  Fano  et  Fossombrone. 

Comme  la  plupart  des  voyageurs  de  son  temps  *,  Montaigne 
tenait  un  journal  très  minutieux,  qu"il  dictait  à  un  secrétaire, 
ou  que,  à  certains  moments,  il  écrivait  lui-même.  Il  avait 
commencé  ce  journal  en  français  ;  mais,  pendant  son  second 
séjour  en  Toscane,  alors  qu'il  était  aux  eaux  de  la  Villa,  il  le 
continua  tout  à  coup  en  italien.  Déjà,  il  avait  dû  mettre  en  pra- 
tique dans  la  vie  courante  les  conseils  qu'il  donnait  aux  autres, 
avec  la  gaieté  et  Tironie  d'un  Gascon,  a  Je  conseillois  en  Italie», 
dit-il  dans  les  Essais  -,  «  à  quelqu'un  qui  estoit  en  peine  de  par- 
ler italien  que,  pourvu  qu'il  ne  chercbast  qu'à  se  faire  entendre 
sans  y  vouloir  autrement  exceller,  qu'il  employast  seulement 
les  premiers  mots  qui  luy  viendroyent  à  la  bouche  :  latins, 
françois,  espagnols  ou  gascons,  et  qu'en  y  adjoustant  la  termi- 
naison italienne,  il  ne  faudroit  jamais  à  rencontrer  quelque 
idiome  du  pays  :  ou  toscan,  ou  romain,  ou  vénitien,  ou  pie* 
montois,  ou  napolitain,  et  de  se  joindre  quelque  une  de  tant 
de  formes.  » 

Après  avoir  décrit  les  eaux  de  la  Villa  et  leurs  effets,  Mon- 
taigne abandonne  brusquement  le  fiançais  :  «  Assaggiamo  », 


1.  Le  père  de  i\loiitaigiie  n'avait  pas  manqué  à  celte  coutume;  il  avait 
été  en  Italie  vers  i5i25.  à  répo(iue  des  guerres,  et  il  eu  avait  (apporté  «  un 
papier  journal  de  sa  main,  suyvant  poinct  par  poinct  ce  qui  s'y  passa,  et 
pour  le  publiq  et  puur  son  privé  ».  (Essais,  1595,  I.  Il,  cli.  u,  p.  ^19). 
—  Ailleurs,  au  début  du  cli.  xu  du  livre  II  (éd.  de  1595,  p.  281),  Mon- 
taigne dit  que  «  la  langue  (sic)  italienne  et  espaguolle  estoieiit  familières  » 
à  son  père. 

2.  Essais,  I.  Il,  cil.  XII  ;  éd.  de  1588,  fol.  227  vo  ;  éd.  de  1595,  p.  357. 


XHV.   —   MICHEL    DE   MONTAIGNE.  2C3 

dit-il,  a  di  parlai"  un  poco  questa  altralingua,  massirne  essendo 
in  queste  contrade  dove  mi  pare  sentire  il  più  perfetto  lavel- 
laie  délia  Toscana,  particolarmente  tra  li  paesani  clie  non 
rhanno  mescolato  et  alterato  come  li  vicini.  » 

Le  voyageur  écrit  ou  dicte  ainsi  en  italien  jusqu'au  Mont- 
Cenis  :  «  Ici  on  parle  francès  «,  dit-il  ;  «  ainsi  je  quitte  ce  lan- 
gage étranger,  duquel  je  me  sers  bien  facilement,  mais  bien 
mal  asseuréement,  n'aïant  eu  loisir,  pour  estre  tousjours  en 
compaignie  de  François,  de  faire  nul  apprentissage  qui  vaille  ». 
On  voit  quil  parle  modestement  de  son  style  italien. 

Du  Mont-Cenis,  Montaigne  se  dirigea  sur  Lyon,  puis  il  rentra 
dans  ses  terres,  où  il  arriva  le  30  novembre,  après  une  absence 
de  dix-sept  mois  et  huit  jours. 

Le  journal  du  voyage  fut  découvert  au  xviiF  siècle,  dans  le 
château  de  Montaigne,  par  le  chanoine  Prunis,  qui  copia  le 
texte  français  et  fît  transcrire  par  Giuseppe  Bartoli,  professeur 
à  l'université  de  Turin,  la  partie  italienne,  dont  la  lecture  était 
particulièrement  difficile.  Il  traduisit  lui-même  en  français 
cette  partie  du  récit  et  fit  don  à  la  Bibliothèque  du  roi,  du 
manuscrit  original.  A. -G.  Meusnier  de  Querlon  publia  les 
copies  et  la  traduction  de  Prunis  sous  le  titre  suivant  : 

Journal  du  Voyage  de  Michel  de  Montaigne  en  Italie  par  la 
Suisse  et  lAllemagne  en  1580  et  1581,  avec  des  notes  par 
M.  de  Querlon.  A  Rome,  El  se  trouve  à  Paris  chez  Le  Jaij,  1774-, 
Gr.  in-4  de  liv  et  -ilO  pp.,  portr. 

Il  fut  fait,  en  même  temps,  une  édition  en  3  vol.  in-12  de 
Gxxxvi  et  :2li  pp.,  3'25  pp.  et  461  pp.,  et,  en  1775,  une  réim- 
pression, également  en  3  vol.  iu-12,  dexcii  et  2o2pp,,  225  pp. 
et  2i8  pp. 

Dans  l'édition  du  Panthéon  littéraire  publiée  par  J.-A.-G. 
Buchon  en  ISVl  (2  vol.  gr.  in-8  à  2  col.),  le  journal  a  été  joint 
pour  la  première  fois  aux  Œuvres  de  Montaigne;  mais  le  texte 
italien  a  été  remplacé  par  la  traduction  de  Prunis. 

Il  était  réservé  à  M.  Alessandro  D'Ancona  de  donner  une 
édition  vraiment  scientifique  : 


204  XLIV.  —    MICHEL   DE   MONTAIGNE. 

Journal  du  voyage  de  Michel  de  Montaigne  en  Italie  par  la 
Suisse  et  l'Allemagne  en  1580  et  1581.  Nouvelle  édition  avec 
des  notes  parle  Prof.  Alexandre  d"Ancona.  Citlà  di  Castello, 
S.  Lapi,  impr .-éditeur ,  1889.  —  Prof.  Alexandre  D'Ancona. — 
L'Italia  alla  fine  del  secolo  xvi.  Giornale  del  viaggio  di  Michèle 
di  Montaigne  in  Italia  nel  1580  e  1581.  Nuova  Edizione  del 
testo  francese  ed  italiano,  con  note  ed  un  saggio  di  bihliografîa 
dei  Viaggi  in  Italia.  Ci{là  diCaslello,  S.  Lapi,  tipografo-e  litore, 
1889.  Pet.  in-8  de  xv  et  719  pp.  —  Indice  alfabetico.  Citlà  di 
Castello,  S.  Lapi,  tipografo-editore,  1895.  Pet.  in-8  de  41  pp. 
à  2  col. 

Les  patientes  recherches  du  professeur  de  Pise,  qui  ont  déjà 
été  plusieurs  fois  réimprimées,  ont  transformé  l'œuvre  de 
Montaigne  et  en  ont  fait  le  guide  le  plus  précieux  et  le  plus 
complet  pour  l'Italie  de  la  fin  du  xvi«  siècle.  Nous  ne  pouvons 
rien  y  ajouter.  Nous  transcrirons  seulement  les  appréciations 
que  M.  D'Ancona  donne  (p.  419)  de  l'italien  écrit  par  Mon- 
taigne :  «  Il  Montaigne,  scrivendo,  voile  addestrarsi  al  buon 
italiano,  un  poco  ricorrendo  aile  forme  auliche,  e  un  poco  por- 
gendo  orecchio  al  parlar  vivo.  Vedremo  più  oltre  che  voile 
esercitarsi  anche  nel  pretto  fiorentino,  benchè  non  gli  rius- 
cisse  facile.  Inquesto  italiano  del  Montaigne  troveremo  parec- 
chie  reminiscenze  francesi,  come  nel  suo  francese  si  rinven- 
gono  non  pochi  italianismi  :  molli  più  che  non  ne  abbia  notati 
il  sig.  Yoizard^  » 

Sur  l'importance  morale  du  journal,  rapproché  des  Essais, 
on  pourra  consulter  le  livre  de  M.  Paul  Bonnefon  :  Montaigne, 
l'homme  et  Vœucre  (Bordeaux,  1893,  in-4). 

Nous  renverrons  enlin  à  une  étude  récente  de  M.  J.  Caillât, 
intitulée  :  Montaigne,  C Italie  et  l^ Espagne-. 

1.  Etudes  sur  la  langue  de  Montaigne  (Paris,  1885),  pp.  228,  2il. 

2.  hevue  universitaire,  10  déceiiibre  1900. 


XLV 


G.  TESSIER 


Nous  ne  savons  rien  du  musicien  ïessier,  si  ce  n'est  qu'il 
était  Breton.  Il  avait  dû  habiter  l'Italie,  puisqu'il  eut,  en  1582, 
la  fantaisie  d'adresser  au  roi  Henri  III  une  épitre  italienne 
iniprifuée  en  tète  d'un  petit  recueil  de  mélodies'.  Voici  la  des- 
cription du  volume  où  nous  avons  relevé  cette  pièce  : 

Superius  [Ténor,  Contralenor,  Bassus].  ||  Premier  liure 
d'Airs  11  tant  François,  Italien  [sic],  qu'Espaignol  [sic],  || 
reduitz  en  musique,  à  4.  &  5.  parties.  ||  Par  ||  M.  G.  ïhessier. 
Il  A  Paris.  \\  M.  D.  LXXXII  [1582].  |î  Par  Adrian  le  Roy  S;  Robert 
Ballant.  \\  Imprimeurs  du  lioy.  \\  Auec  priuilege  de  sa  magesté 
pour  dix  ans.  4  part.  pet.  in-8  obi.  de  40  lï.,  titre  encadré. 

Bibliolh.  nat.,  Vin''.  ol7  (Ténor  seul). 

Le  recueil  contient  43  pièces.  L'épître  commence  au  v° 
même  du  titre  : 

«  Serenissima  et  sacratissima  Maestà, 

«  Se  io  havessi  havuto  a  riguardare  alla  mia  insuftilientia 
et  foi'Luna,  mai  harei  preso  coianto  ardire  di  dedicare  ail' 


1.  On  peut  se  demander  si  notre  musicirn  ne  se  confond  pas  avec  le  Guliel- 
niiis  Tcxtor,  ou  Gulielnio  Testori,  dont  on  possède  nn  recueil  intitulé  : 
Mndrifjali  a  cinqiie  voci.  IJbro  primo.  Venetia,  appresso  Claudio  da 
Corregi^'io  et  Fausto  Belliamo,  comp.igiii,  1566.  In-4  obi.  Draudins  cite 
ce  vohuiie  avec  un  titre  latin  (Bi/^/jo//ieca  classica,  1625.  II.  p.  1630); 
Fétis  donne  le  litn;  en  italien  et  d  une  manière  jilus  eomplète  (Bihl .  univ. 
des  musiciens,  VIU,  187U,  p.  205). 


206  XLV.  —   G.    TESSIER. 

altezza  di  V.  M.  S  cosi  basse  cose;  ma  poieh'  Ella  è  del 
numéro  di  quelle  deiià  che  non  isdegnano  d'essere  accostate 
et  adorate  anco  dalle  più  vili  anime,  confido  che  mi  perdonerà 
quesia  mia  trascurala  presuntione  con  la  quale  io  ho  presunto 
di  conseerarle  queste  mie  Muse,  il  fine  et  intentione  délie 
quali  sarà  sempre  quando  V.  M,  S.  si  degnerà  far  comandar 
loro  che  cantino,  benchè  in  parole  aliène  et  diverse  (et  quali 
parole  harei  io  potuto  formare  et  trovare  recipienti  alla  sua 
gran  virtù  el  fortuna?);  sarà,  dico,  di  spiegare  nelle  loro  arie 
in  un  certo  modo  i  cantici  di  quelle  laudi  che  si  devono  al 
celestissimo  petto  di  V.  M.  S.,  si  come  io  ho  auco  udito  da 
qualche  savioche  gli  antichi  sacerdoti  d'Egitlo,  for>e  per  non 
trovare  concetto  bastante,  noa  con  altre  parole  che  co'  >oli 
luoni  di  cinque  lettere  vocali,  secondo  lor  salmodia  vociferan- 
dole,  celebravono  i  loro  iddei.  V.  M.  dunque  Serenissima  et 
Sacralissima  aecetti  l'humile  offerla  che  in  ginocchioni  le 
porge  l'indegiio  servo,  che  per  la  particulare  et  publica  di  lei 
prospérité  incessabilmente  prega  Nostro  Signore. 

«  Di  Parigi,  il  X.  di  Maggio  M.  D.  LXXXII. 

«  Di  V.  M.  Serenissima  et  Sacralissima 

«  Devotissimo  servo  et  schiavo  : 

«  G.  Tessiery,  Brettone.  » 

Le  recueil  de  Tessier  contient  43  pièces,  dont  3  espagnole 
et  6  italiennes.  La  première  pièce  n"esl  pas  une  chanson,  c'est 
une  dédicace  en  musique  adressée  «  Alla  serenissima  et  sacra- 
lissima regina  d'Inghilterra  ».  Les  paroles,  qui  sont  assez 
plates,  ont  probablement  été  composées  par  le  musicien  lui- 
même.  Le  fait  que  celui-ci  dédie  ses  œuvres  à  la  fois  au  roi  de 
France  et  à  la  reine  d'Angleterre,  nous  fait  penser  qu'il  avait 
dû  être  pendant  un  certain  temps  au  service dÉlisabeth.  Cette 
circonstance  nous  porterait  à  regarder  G.  Tessier  comme  un 
parent  de  Carie  Tessier,  auteur  d'un  recueil  publié  à  Londres 
quelques  années  plus  tard  et  dont  voici  le  titre  : 

Superius  [Ténor,  Contratenor,  Bassus]    Le  |!  premier  Liure 
Il  de  Chansons  &  Airs  de  ||  court,  tant  Enfrançois  [sic]  qu'en  || 
Italien  &  en  Gascon  a  I|  4.  &  5.  parties  :  ||  mis  en  Musique  par 
le  sieur  Ij  Caries  Tessier,  Musitien  ||  de  la  Chambre  du  ||  Roy. 


XLV.  —    G.    TESSIER.  207 

Il  Imprimés  à  Londres  par  Thomas  Este,  \\  Imprimeur  ordinaire. 
Il  1597.  -4  part.  in--4,  titres  encadrés. 

Biblioth.  nal.,  Inv.  Rés.  Vm''.  23o. 

Fétis,  qui  cite  ce  dernier  ouvrage  \  dit  que  Carie  Tessier 
était  né  à  Pézenas  vers  le  milieu  du  xvi^  siècle,  et  qu'il  était 
attaché  à  la  chapelle  de  Henri  IV.  Nous  n'avons  pas  été  à 
même  de  vérifier  ces  assertions. 


1.  Biofjr.  universelle  des  musiciens,  2«  éd.,  VIII,  p.  205. 


XLVI 


JACQUES  BOURGOLXG,  SEIGNEUR   DE   POISSONS 


Jacques  Bourgoing  appartenait  à  une  famille  nivernaise, 
dont  un  grand  nombre  de  membres  remplirent  des  charges 
judiciaires'.  Son  père,  Guillaume  Bourgoing,  seigneur  de 
Poissons,  d'Agnon,  de  Mussy,  de  Laleuf,  de  Sarpoil,  de  Liman- 
ton,  de  La  Douée,  etc.,  avait  été  lieutenant  général  au  bailliage 
de  Saint- Pierre-le-Moustier;  il  avait  été  reçu  conseiller  au 
parlement  de  Paris  le  6  février  1522,  et  il  avait  été  chargé  en 
cette  qualité,  de  recueillir  de  concert  avec  Louis  Boillart-,  les 
coutumes  du  comté  de  Nivernais  \  Il  mourut  en  1551  ou  en 
1561.  Il  avait  épousé,  le  G  avril  lo24,  Philippe  Le  Clerc,  fille 
de  Pierre  Le  Clerc,  seigneur  du  Tremblay,  conseiller  au  parle- 
ment, et  de  Louise-Michelle  de  Pierrevive.  De  ce  mariage 
étaient  nés  six  fils  et  quatre  filles'.  Jacques  était  le  dernier  de 
ces  enfants  :  il  était  né  le  18  mars  1543^ 

Il  est  à  croire  que  plusieurs  des  fils  de  Guillaume  Bourgoing, 


1.  Voy.  JSolice  histori/jue  et  fiénéalof/ique  sur  la  famille  de  Bourgoing 
en  Nivernais,  [par  le  comte  G.  de  Soultrail]  ;  Lyon  iiiipr.  de  Louis  Perriii, 
1855,  in-8.  —  Cf.  Biblio;li.  mit.,  ms.  fr.  26953,  dossier  10440,61  spécia- 
lement la  gi'néalogie  qui  figure  sous  le  n"  63. 

2.  Une  des  tilles  de  Guillaume.  Marie,  épousa  Pierre  Roiliard,  seigneur 
de  Gaudin,  conseiller  au  grand  conseil  (Dossier  1U440,  n^  63). 

3  Le  recueil  fut  achevé  eu  1531  (Bibliolh.  nat.,  mss.  fr.  11879  et 
5258);  il  fut  imprimé  en  1535. 

4.  Philippe  vivait  encore  au  mois  de  juillet  1574.  (Dossier  10440.  n*^  13.) 

5.  M.  G.  de  Soullrait  ([i.  14)  donne  cette  date  d'aprè-;  des  notes  inscrites 
dans  un  missel  ayant  apparleiui  à  Guillaume. 

11.  —  14. 


21U  XLVI.  —  JACQUI^S  BOURGOINa. 

ceux  qui  devaient  exercer  des  charges  judiciaires,  allèrent 
finir  en  Italie  leurs  études  de  droit,  comme  les  de  Thou,  les 
Perrot,  les  Canaye  et  tant  d'autres  ;  nous  ne  pouvons  cepen- 
dant faire  à  cet  égard  que  des  hypothèses.  Nous  ne  savons 
rien  de  Jacques  avant  son  entrée  dans  la  magistrature;  mais 
il  nous  apprend  lui-même  qu'il  avait  voyagé  «  es  pays  loing- 
tains  »'.  11  fut  pourvu  d'une  charge  de  conseiller  du  roi  et 
général  en  sa  cour  des  Aides.  Il  remplissait  ces  fonctions,  en 
1580,  quand  il  fut  député  en  qualité  de  commissaire  pour  le 
fait  des  francs-fiefs  es  pays  et  bailliage  de  Berry,  de  Saint- 
Pierre-le-Moustier  et  de  Nivernois'. 

En  1 582,  Jacques  Bourgoing  publia  la  première  partie  d'un 
vocabulaire  des  langues  romanes  auquel  il  travaillait  depuis 
douze  ou  quinze  ans,  c'est-à-dire  depuis  son  «  entrée  aux 
estudes  ». 

Certes,  les  théories  de  Bourgoing,  dominées  par  la  préoccu- 
pation des  étymologies  hébraïques,  sont  souvent  fort  étran- 
gères à  la  critique;  cependant  on  peut  constater  qu'il  avait 
une  réelle  connaissance  des  langues  romanes,  en  particulier 
de  l'italien,  et  l'on  pourra  trouver  dans  son  livre  nombre 
d'observations  curieuses. 

La  partie  de  l'ouvrage  publiée  en  1580  ne  contient  qu'une 
centurie  de  mots  appartenant  à  la  lettre  a  :  A,  aage,  ahaner, 
Aaron,  abbé,  abpcé,  abeille,  abisme,  ablatif,  hnble  ou  havre,  abo- 
lir, Abrnham,  abricot,  absence,  absinthe,  académie,  achariastre, 
Achnles,  accepter,  accès,  accointance,  accoustrer,  acconter,  hache 
ou  hasche  imitai,  ascm),  achepter,  etc. 

Voici  la  description  du  volume  : 

De  II  origine,  vsu  ||  et  ratione  vulga-  ||  rium  vocum  linguae 

Il  Gallicîc,  Italicrc  à  Ilispanicre,  libri  primi  ||  siue  A,  Centuria 

vna.  Il  Ad  Henricum  tertium  Christianiss.  ||  Gallitc  à;  Poloniae 

Regem.  Il  Auctore  I.  B.  Parisiensi  Consiliario  Regio.  ||  Pacate 


1.  Voy.  le  traite  linguistique  cité  plus  loin,  fol.  i  ». 

2.  G.  de  Souillait,  loc.  cit.,  p.  14. 


XLVI.  —  JACQUES  BOURGOING.  211 

lector,  œmulare,  haud  inuide.  H  AsÛTspat  a-povTiosç  co-ptorspoti.  || 
Parisiis,  \\  Ex  Typographia  Sleph.  Preuosteau,  hxredis  Guil. 
Morelij  in  \\  Grœcis  Typogr.  Regij,  in  clauso  Brunello.  ||  M.  D. 
LXXXIII  [1583].  Il  Cum  Priuilegio  Régis.  In  4  de  10  ff.  lira., 
91  ff.  chiffr.  et  1  f.  blanc. 

Le  litre  porte  la  marque  de  J.  Prevosleau. 

Au  v°  du  titre  est  un  extrait  du  privilège  accordé  pour  dix 
ans  «  au  S.  de  Poissons  »,  le  28  décembre  1582. 

Les  9  ff.  qui  suivent  le  titre  contiennent  une  épître  fran- 
çaise «  Au  roy  »,  datée  de  Paris,  le  l'^''  janvier  1483,  et  signée  : 
«  Jacques  Bourgoing,  conseiller  et  général  en  vostre  cour  des 
Aydes  »,  puis  cinq  distiques  latins  Ad  librum. 

Le  texte  de  l'ouvrage  est  en  latin. 

Un  exemplaire  conservé  à  la  Bibliothèque  Nationale  (Inv. 
Rés.  X.  907)  contient  un  grand  nombre  de  corrections  manus- 
crites de  l'auteur.  Au  v°  du  titre  et  au  r°  du  f.  àij,  on  lit  cette 
dédicace  autographe  : 

«  A  LA  Heina  Madré. 

«  Madame, 

«  L'intenlione  che  deve  bavere  il  sciitlore  col  desio  de  ser- 
vir al  publicho  e  acquistarsi  qualche  buon  nome  è  di  placer 
alli  grandi  e  principi,  e  hora  aile  Vostre  Majestà,  per  esser 
ancho  conveniente  a  quelle  il  présente  soggetlo,  il  quale  è 
dell(e)  origine  deile  paroUe,  tanto  in  Italia  e  Spagna,  quanto 
in  Francia,  délie  quali  patrie  nelF  una  sette  figlia  e  princi- 
pessa,  neir  altra  madré  e  reina,  nell'  altra  suocera  e  avola. 
De  la  quale  obra  [sic],  como  d'una  lungha  e  difficile  impresa 
più  degli  antichi  trattata  che  da  li  medesimi  lentata,  el  assa- 
gio  e  commincio  é  questo. 

«  Al  fin  di  che  per  pervenire  mi  sarà  un'  ala  e  sprone  la 
Vostra  bona  voglia  e  giatia,  la  quale  il  signor  Dio  conservi  in 
sanità  e  prosperità  quest'anno  e  molli  al  tri.  Di  Parigi,  il  primo 
di  del  anno  1583.  Di  V.  M.  humilissimo  servitore  : 

«  Jacomo  Borgoino  ». 


212  XLVl.  —  JACQUES  BOURGOING. 

Parmi  les  additions  manuscrites,  nous  citerons  encore  un 
distique  ajouté  au  v°  du  f.  ïij,  au  dessous  des  vers  Ad  librum  : 

Ad  benevolos. 

Si  mala  mens,  si  lingua  nocet,  defendite,  amici; 
Haec  animi  locuples  gralia  testis  eril. 

Dans  notre  exemplaire,  acquis  ù  la  vente  iMarty-Laveaux 
en  l900(Cat.  n°-41),  l'épitre  «  A  lareina  madré  »  est  imprimée 
au  verso  du  titre,  à  la  place  de  ÏExlraicl  du  privilège.  Cette 
impression  olTre  des  variantes  assez  notables  : 

«  A  LA  tiEiNA  Madré. 

«  Madaïua,  L'intentione  che  deve  havere  il  scrittore,  col 
«  desio  de  servira  al  poblico  e  acquistarsi  qualche  buon  nome 
«  e  piacer  alli  grandi,  com'  al  présente  aile  Vostre  Maestà,  per 
«  essere  ancho  convenienle  il  pressente  suggetto  a  quelle,  il 
«  quale  è  delj'  origine  délie  parolle  e  cosi  di  la  proprielà  délie 
a  cose  per  quelle  significate,  tanto  in  Francia  quanto  in  Italia 
«  e  Spagna,  de  quali  patrie,  de  l'una  siete  fîglia  e  principessa, 
«  de  l'altra  reina  madré,  de  l'altra  suocera  et  avola.  Di  quelle 
«  che  spero  fare  in  questa  opra,  overo  in  che,  con  l'aginto  di 
«  Dio,  mi  forsarô,  il  comminciamenlo  e  assaggio,  como  d'una 
«  lungha  e  difficile  impresa,  più  da  gli  antichi  trattala  che 
«  da'  moderni,  tentata,  è  queslo.  Al  fin  di  che  per  pervenire 
«  mi  sarà  un'ala  e  sprone  la  VosLra  buona  voglia  e  gratia,  la 
:<  quale  il  signer  Dio  in  queslo  e  molli  allri  anni  conservi  in 
«  sanilà  e  prosperità.  In  Parigi,  il  primo  di  delT  anno  1583  ». 
«  De  V.  M.  humiliss.  servilore  : 

«  Jag.  Borgoino.  » 

Le  distique  Ad  benevolos  est  également  imprimé  à  la  place 
indiquée  par  l'auteur  ;  mais  les  autres  corrections  n'ont  pas 
été  exécutées. 

l'n  Iroisième  exemplaire  appartenant,  comme  le  premier,  à 
la  Bibliothèque  nationale  (Inv.  liés.  X  908)  ne  contient  pas 


XLVI.  —  JACQUES  BOURGOING  213 

l'épître  à  la  reine;  mais  le  titre  est  précédé  d'un  f.  ])lanc  au  r'' 
et  dont  le  v^  porte  ces  mots  imprimés  : 

PRÉSENTÉ  PAR  L'AVTEVR 

LE   PREMIER    lOVR    DE   L'aN 

1583. 
Bourgoing  a  corrigé  à  la  main  : 

LE-S   PREMIERS   lOVRS    DE   L'aN, 

et  ajouté  au-dessous  : 

A  Monsieur  le  premier 

président  en  la  court  de  Parlement, 

Monsieur  de  Harlay. 

Le  distique  Ad  benevolos  est  ici  imprimé  comme  dans 
l'exemplaire  précédent. 

Un  quatrième  exemplaire,  conservé  à  la  Bibliothèque  de 
l'Institut  (0.  50'),  est  pareil  au  troisième;  mais  il  ne  contient 
aucun  envoi  manuscrit. 

L'ouvrage  de  Bourgoing  resta  inachevé.  L'auteur  sans  doute 
fut  découragé  quand  il  vit  avec  quelle  indifférence  sa  tentative 
était  accueillie  du  public.  Il  est  probable  qu'il  continua  de  tra- 
vailler obscurément  et  sans  bruit  ;  mais  nous  ne  savons  rien 
de  sa  vie  et  nous  ignorons  même  quand  il  mourut.  Jacques 
avait  épousé  Marie  Des  Friches,  qui  appartenait,  elle  aussi,  à 
une  famille  parlementaire.  Il  eut  au  moins  deux  fils,  dont  le 
second,  François,  né  à  Paris  le  18  mars  1583,  mort  le  2^  octo- 
bre 1662,  fut  le  troisième  supérieur  général  des  prêtres  de 
l'Oratoire  '. 

L'oraison  funèbre  du  P.  Fr.  Bourgoing  fut  prononcée  par 
Bossuet,  en  Téglise  de  l'Oratoire,  le  20  décembre  1662.  L'ora- 


\.  Voy.  Généralals  du  P.  François  Bourgoing  et  du  P-.  Senault, 
deuxième  partie  du  Recueil  des  Vies  de  quelques  prêtres  de  l'Oratoire,  du 
P.  Cloyseault,  publié  par  le  R   P.  Ingold  (Paris,  1882,  in-12),  pp.  1-26. 


214  XLVI.  —  JACQUES  BOURGOING. 

leur  a  naturellement  parlé  de  la  famille  de  son  héros  ;  mais  il 
ne  l'a  fait  que  sous  forme  de  prétention  :  «  N'attendez  pas, 
chrétiens  »,  dit-il,  «  que  j'applique  au  Père  Bourgoing  des 
ornements  étrangers,  ni  que  j'aille  rechercher  bien  loin  sa 
noblesse  dans  sa  naissance,  sa  gloire  dans  ses  ancêtres,  ses 
titres  dans  l'antiquité  de  sa  famille  ;  car,  encore  qu'elle  soit 
noble  et  ancienne  dans  le  Nivernois,  où  elle  s'est  même  signa- 
lée depuis  plusieurs  siècles  par  des  fondations  pieuses,  encore 
que  la  grand'chambre  du  parlement  de  Paris  et  les  autres  com- 
pagnies souveraines  aient  vu  les  Bourgoings,  les  Leclercs,  les 
Frisches,  ses  parents  paternels  et  maternels,  rendre  la  justice 
aux  peuples  avec  une  intégrité  exemplaire,  je  ne  m'arrête  pas 
à  ces  choses,  et  je  ne  les  touche  qu'en  passant'.  >> 

1.  Bossuet,  Œuvres,  éd.  Lacliat,  XII,  \k  6U. 


XLVII 
JEROME   D'AYOST 


Jérôme  d'Avost  était  originaire  de  Laval*.  Son  portrait, 
gravé  en  1583,  lui  donne  l'âge  de  25  ans;  il  était  donc  né  en 
1558.  Il  était  fils  de  Jean  d'Avost,  seigneur  de  la  Hauteclèrerie, 
avocat  et  éclievin  de  Laval,  et  de  Guillemine  Martin.  Lui- 
même  nous  apprend  qu'il  fit  ses  études  à  Paris,  puis  visita 
l'Allemagne,  les  Pays-Bas,  l'Italie  et  l'Espagne  : 

Né  à  Laval  ;  Paris  mon  estude  et  nourrice  ; 
Veus  le  Rhin,  Scalde,  Tibre  el  l'Océan  encore  ; 
Quatre  langues  parlant,  l'espagnol  compris  ;  or 
J'eleve  mon  tombeau  en  l'aonide  lice  2. 

Au  retour  de  ces  voyages  (vers  1582),  nous  savons  par  La 
Croix  du  Maine  que  Jérôme  fut  admis  à  la  cour  de  Margue- 
rite de  Valois,  reine  de  Navarre.  Il  voulut  alors  épouser  l'une 
des  filles  de  François  Du  Prat  et  d'Anne  Séguier;  mais  il  fut 
éconduit.  Il  revint  à  Laval  désabusé  et  ruiné.  Ayant  étudié  le 
droit,  il  se  fit  avocat.  Il  dut  se  contenter  d'une  union  modeste. 
Il  prit  pour  femme  Mathurine  Auffray,  fille  de  Nicolas  AulTiay 
et  de  Barbe  Gandouin.  La  fortune  était  maigre.  Le  père  de 


1.  Voy.  La  Croix  du  Maine,  t'il.  Rigoley  tle  Juvi^ny,  I,  p.  372;  Du 
Verdier,  II,  p.  205;  Goujet,  Bibliothèque  française,  Xll,  p.  -414.;  Hauréau, 
Histoire  littéraire  du  Maine,  2°  éd.,  I,  p.  199  ;  Angot,  Dictionnaire 
historique,  topocjraphique  et  biographique  de  la  Mayenne,  II,  1901,  p,  M. 

2.  Angot,  p.  14. 


21G  XLVII.   —   JÉRÔME    D'AVOST. 

Claude,  Jean  crAvost,  dut  s'engager  à  payer  les  dettes  du 
fiancé,  auquel  il  ne  donnait  que  800  livres 

Jérôme  était  à  Paris  en  1584;  il  se  disposait  alors  à  publier 
un  certain  nombre  de  traductions.  Il  porta  ses  ouvrages  à  Lyon 
avec  la  pensée  de  les  faire  imprimer;  mais  il  est  probable  qu'il 
ne  put  décider  les  libraires  à  faire  les  frais  des  éditions.  Un 
petit  volume  dédié  en  1587  aux  filles  de  M.  de  Mandelot,  gou- 
verneur de  Lyon,  nous  fait  croire  que  Jérôme  avait  tâché  de 
s'acquérir  la  protection  de  ce  personnage  ;  il  ne  semble  pas 
y  avoir  réussi.  Les  manuscrits  cités  par  La  Croix  du  Maine  et 
par  Du  Verdier  ne  virent  pas  le  jour.  Le  poète  manceau  fut 
enlevé  par  une  mort  prématurée;  il  mourut  en  159-2,  un 
an  avant  son  père.  Sa  veuve  mit  au  monde,  le  30  octobre  1592, 
un  fils  posthume,  Jérôme  II,  qui,  par  la  suite,  se  fit  prêtre  et 
s'occupa  de  recherches  historiques.  Elle-même  épousa  en 
secondes  noces  Daniel  Guérineau.  qui  fit  tous  ses  efforts  pour 
dépouiller  son  beau-fils  '. 

Où  Jérôme  d'Avost  avait-il  étudié  le  droit  ?  Vraisemblable- 
ment en  Italie  ;  en  tout  cas,  ses  ouvrages,  imprimés  ou  restés 
inédits,  sont  tous  traduits  ou  imités  de  l'italien,  à  l'exception 
de  ses  poésies. 

Voici  la  liste  des  ouvrages  de  Jérôme  mentionnés  par  les 
bibliographes  : 

1 .  Les  Amours  d'Ismene  et  de  la  chaste  Ismine,  traduicts  du 
grec  d'Eustatius  en  vulgaire  toscan  parLelio  Carani,  et  depuis 
fais  françois  par  Ilierosme  d'Avost,  de  Laval.  A  Paris,  Chez  N. 
Bonfons,  1582.  In-'16. 

En  tôte  de  ce  volume  est  une  épître  «  à  madame  la  threso- 
siere  d'Avost  »  [Anne  Laize,  femme  d'Ambroise  d'Avosl],  en 
date  du  1"  mai  1582. 

Jérôme  d'Avost  ignorait  que  l'ouvrage  d'Eumathius  (et  non 
Eustalhius)  avait  été  tradcit  en  français  par  Jean  Louveau 
dès  1559. 


1.  Angot,  Dirliounaire,  p.  16. 


XLVII.  —   JÉRÔME    D'aVOST.  217 

Bibliolh.  de  l'Arsenal  (La  Vallière,  80G7)  ;  —  Bibliolh.  de 
Zurich. 

2.  Dialogue  des  grâces  et  excellences  de  l'homme  et  de  ses 
misères  et  disgrâces  représentées  en  langue  italienne  par  le 
seigneur  Alphonse  Ulloa  et  déclarées  à  la  France  par  llierosme 
d'Avost.  A  Paris,  Par  Robcrl  Colombel  [ou  Pierre  Chevillot], 
1583.  In  8. 

Traduction  d'un  des  Diâloijos  de  Pedro  Mexîa  (Sevilla,  Domi- 
nico  de  Roberlis,  1547,  in-8),  faite  sur  la  version  italienne 
d'Alonso  de  Ulloa. 

La  Croix  du  Maine,  I,  p.  373;  Du  Verdier,  II,  p.  'x05. 

On  trouve  dans  les  Poésies  citées  à  l'article  suivant  un  son- 
net «  sur  le  sacre  du  Dialogue  des  Grâces  et  Disgriices  de 
l'homme,  fait  françois  par  l'auteur  »  (fol.  ii  v»). 

3.  Poésies  de  Hierosme  d'Avost  de  Laval  en  faveur  de  plu- 
sieurs illustres  et  nobles  personnes.  1583.  In-8. 

Ce  recueil  se  compose  en  grande  partie  de  vers  à  la  louange 
de  Philippe  et  d'Anne  Du  Prat,  tilles  de  François  Du  Prat,  baron 
de  Thiers  et  de  Viteaux,  seigneur  de  Formeries,  chambellan 
du  duc  d'Anjou,  et  d'Anne  Séguier'.  La  Croix  du  Maine  ^  cite 
ces  deux  demoiselles  et  leur  mère  comme  des  femmes  extra- 
ordinaires. Philippe  épousa  Clément,  baron  de  Gosnac  ;  Anne 
devint  la  femme  d'tlonorat  Prévost,  seigneur  du  Chastelier- 
Portaut. 

Leur  mère  s'était  remariée  avec  Hugues  de  La  Vergne, 
chambellan  et  capitaine  des  gardes  du  duc  d'Anjou. 

Biblioth.  nat.,  Ye.  7410  et  Hés.  Ye.  1880. 

Les  Poésies  de  Jérôme  ^se  trouvent  reliées  avec  le  volume 
suivant  : 

4.  Essais. . .  sur  les  sonets  du  divin  Pétrarque,  1584. 

Nous  parlons  plus  loin  de  ce  volume  qui  est  l'objet  princi- 
pal de  notre  notice. 


1.  Voy.  Anselme.  Histoire  grnéalofjique,  VI,  p.  i')9. 

2.  II,  p.  n-l,  et  I,  p.  26. 


218  xLvn.  —  JÉRÔME  d'avost. 

5.  Sonnet  à  la  Croix  du  Maine,  accompagné  de  la  devise  : 
De  muerle  vida,  158i. 

La  Croix  du  Maine,  II,  p.  cij  ;  Poésies  de  Hierosme  (VAvost, 
4383,  fol.  U. 

6.  Sonnet  en  tète  de  la  Bibliothèque  d'Antoine  Du  Verdier. 

Édition  Rigoley  de  Juvigny,  I,  p.  xlij. 

Il  est  curieux  que  Jérôme  d'Avost  ait  été  ainsi  en  relations 
avec  nos  deux  bibliographes  et  fait  célébré  les  mérites  de  Du 
Verdier  avec  autant  d'enthousiasme  que  ceux  de  La  Croix  du 
Maine.  Ses  sonnets  lui  ont  valu  de  voir  ses  œuvres  inédites 
sauvées  de  l'oubli  par  la  mention  qu'en  ont  faite  les  deux 
auteurs  rivaux. 

7.  Quatrains  de  la  vie  et  de  la  mort. . .  A  Paris,  Chez  Jean 
Le  Clerc. 

La  Croix  du  Maine  (I,  p.  373)  cite  ce  livre  sans  en  indiquer 
la  date  ni  le  format.  La  Monnoye  fait  observer  que  les  qua- 
trains de  Jérôme  d'Avost  sont  antérieurs  à  ceux  de  Pierre 
Mathieu  et  probablement  aussi  à  ceux  de  Pierre  Énoc. 

8.  Le  quatrième  Livre  des  Espistres  d'Antoine  de  Guevare, 
traduit  en  françois. 

Traduction  restée  inédite,  citée  par  La  Croix  du  Maine.  Elle 
devait  être  faite  sur  la  version  italienne  d'Alonso  de  Ulloa 
(lo7o). 

Une  traduciion  française  du  même  livre  des  épîtres,  par 
Jean  de  Barraud,  parut  chez  Robert  Le  Fizelier,  à  Paiis,  en 
1384,  et  rendit  inutile  celle  de  Jérôme  d'Avost.  Vo^'.  Brunet, 
II,  col.  180L 

9.  Les  eslites  et  plus  belles  Fleurs  recueillies  de  toutes 
les  œuvres  spirituelles  de  R.  P.  frère  Loys  de  Grenade,  de 
l'ordre  des  frères  prescheurs. 

La  Croix  du  Maine  cite  ce  recueil  comme  ayant  été  traduit 
de  l'italien.  Divers  ouvrages  de  frère  Luis  de  Granada  avaient 


XLVII.  —  JÉRÔMK   d'aVOST.  219 

été  mis  en  italien  avant  1583;  nous  ignorons  quelle  était  la 
version  suivie  par  notre  auteur. 

10.  Les  deux  Courtisanes,  comédie  du  seigneur  Loys  Dorae- 
nichi,  traduite  en  françois. 

Traduction  inédite,  citée  par  La  Croix  du  Maine. 

Le  due  Cortigiane  remontent  à  l'année  1563.  La  Bibliothèque 
nationale  en  possède  une  édition  de  Venetia,  appresso  Andréa 
Ravenoldo,  1565,  in-8  (Yth.  52324),  une  édition  de  Venetia, 
appresso  Domenico  Farri^  1567,  in-8  (Yd.  4389),  et  une  édition 
de  Venetia,  appresso  Franccsco  Franceschini^  1567,  in-8  (Yd. 
4099). 

S'il  faut  en  croire  l'auteur  d'une //is^otre  (^u  Théâtre  françois, 
restée  manuscrite,  la  traduction  de  Jérôme  d'Avost  aurait  été 
jouée  à  Paris;  mais  la  pièce  aurait  été  défendue  dès  le  len- 
demain de  la  première  représentation,  un  des  acteurs  ayant 
récité  devant  le  public  un  passage  supprimé  par  les  exami- 
nateurs *. 

11.  La  Croisade,  poème  héroïque  du  seigneur  Torquato 
Tasso,  traduit  stance  pour  stance. 

Au  moment  où  Du  Veidier  faisait  paraître  sa  Bibliothèque, 
vingt  chants  de  La  Gerusalemme,  traduits  en  vers  par  Jérôme 
d'Avost,  étaient  entre  les  mains  de  l'imprimeur  Barthélémy 
Honorât,  à  Lyon.  Du  Verdier  a  transcrit  en  entier  le  chant  IIP 
(II,  pp.  205-219). 

12.  L'Apollon  de  Hierosme  de  Laval.  A  Lijon.  Par  Pierre 
Roussin.  1587.  In-8  de  60  ff. 

L'Apollon^  que  nous  n'avons  pas  vu,  et  qui  n'est  cité  ni  par 
Goujet,  ni  par  M.  Hauréau,  est  dédié  aux  illustres  demoiselles 
Marguerite  et  Catherine  de  Mandelot.  filles  de  François  de 
Mandelot,  gouverneur  et  lieutenant  général  de  Lyonnais, 
Forez  et  Beaujolais  2.  Il  est  mentionné  par  l'auteur  anonyme 


1.  Hauréau,  Histoire  littéraire  du  Maine,  nouv.  éd.,  1,  p.  201. 

2.  MarguiTÎle  épousa,  le  26  février  1588,  Charles  de  Neufville  de  Villeroy, 
sieur  d'Atincourt,  dont  il  est  parlé  dans  une  des  notices  qui  suivent.  Klle 
mourut  en  1604.  Sa  sœur  ne  prit  pas  d'alliance. 


220  XLVII.   —    JÉRÔMK    D'aTOST. 

d'une  Notice  sur  François  de  Mandelot^  et  par  M.  Hugues 
Vaganay,  le  savant  bibliographe  lyonnais  2.  Ce  recueil  con- 
tient 69  sonnets,  quelques  traductions,  des  anagrammes,  etc., 
et  une  pastorale  sur  les  amours  de  Sandrin  et  Francine.  Plu- 
sieurs de  ces  pièces  sont  adressées  à  des  Lyonnais  notables 
de  l'époque. 
Biblioth.  de  la  ville  de  Lyon,  318  270. 

Voici  la  description  de  l'article  4  dont  nous  devons  parler 
avec  quelque  détail  : 

Essais  II  de  Hierosme  II  d'Aiiost,  de  Laual,  Il  sur  les  sonets  du 
Il  diuin  Pétrarque.  ||  Auec  II  quelques  autres  Poésies  de  son 
inuention.  ||  Aux  illustres  sœurs  Philippe,  &  Anne  du  !|  Prat,  & 
de  Tiert.  ||  A  Paris,  ||  Pour  Abel  rAngelier,  au  premier  pillier 
de  la  \\  grand' salle  du  Pa/ms.  jj  M.  D.  LXXXIITI  [1584].  Auec 
Priuilege  du  Roy.  In-8  de  i  ff.  Uni.,  47  ff.  cliiffr.  et  1  f.  non 
chiffr.  ^ 

Le  titre  porte  la  marque  d'Abel  L'Angelier. 

Au  v°  du  titre  est  un  sonnet  «  Sur  les  amours  de  Hierosme 
d'Avost,  de  Laval  »,  par  F.  B.  [=  François  Béroalde]  de 
Verville. 

Les  3  autres  ff.  lim.  contiennent  :  une  épîlre  «  Aux  illustres 
sœurs  Philippe  et  Anne  Du  Prat  et  de  Tiert  »,  en  date  de 
Paris,  au  mois  d'octobre  1583;  un  sonnet  italien  de  Jérôme 
d'Avost;  le  portrait  du  poète,  à  l'âge  de  2^  ans,  en  ii)83,  et 
deux  distiques  latins  de  Jean  Dorât. 

Le  recueil  s'ouvre  par  un  second  sonnet  italien  de  Jérôme 
(p.  1).  On  trouve  en.suite  46  sonnets  de  Pétrarque  traduits 
en  autant  de  sonnets  français  (l'original  est  imprimé  au  vo 
des  fi .,  et  la  traduction  au  r»  du  f .  suivant) .  Au  f .  47  vo  [erreur 
de  pagination,  pour  :  page  62]  est  Vlmilation  d'un  sonet  de  Julie 
Camille  [Giulio  Camillo]  :  Né  mai  voce  si  dolce  0  sî  gentile. . . 


1  .  Archives  liistorioiies  et  statisluiiies  du  département  du  Rhône,  par 
trois  membres  de  la  Commission  de  statistique  de  ce  déparlement ,  VII 
(Lyon,  1.S27-1828).  p.  379. 

2.  Lr.  sonnet  en  Italie  et  en  France  an  .WI"  siècle,  1003,  aniire  1587, 
no  23. 


XI.VII.  —   JÉRÔME    d'aVOST.  221 

Le  dernier  f.  contient  au  r"  un  avis  -«  Au  lecteur  discret  »; 
le  v°  en  est  blanc. 

Les  Poésies  annoncées  sur  le  titre  forment  une  seconde 
partie,  datée  de  1583,  bien  qu'elle  soit  placée  après  les  Essais. 

Bibliolh.  nat.,  Inv.  Ye.  74H,  et  Rés.,  Y.  1881  ;  —  Biblioth. 
de  l'Arsenal.  B.-L.  8(373  ;  —Bibliolh.  du  Mu?ée  Condé  à  Chan- 
tilly (Gigongne,  901)  ;  —  British  Muséum,  239.  c.  12;  —  notie 
bibliothèque. 

Les  traductions  de  Jérôme  d'Avost  sont  généralement  peu 
satisfaisantes.  Il  n'a  obtenu  le  plus  souvent  la  concision  qu'aux 
dépens  de  la  clarté.  Le  poète  manceau  se  croyait  pourtant  bien 
supérieur  à  ses  devanciers.  Pour  permettre  la  comparaison,  il 
a  reproduit  lui-même,  à  la  (In  des  Poésies  (fol.  18  v°-20),  deux 
sonnets  (XXVI  et  CCXLIIl)  traduits  par  Vasquin  PhilieuP,  un 
sonnet  (n°  CXXXII)  traduit,  une  première  fois,  par  Jacques 
Pelletier,  du  Mans,  et,  une  seconde  fois,  par  Estienne  Du 
Tronchet. 

Nous  donnerons  ici  les  deux  pièces  italiennes  de  d'Avost  : 

Aile  medesime  - 

Sonelto. 

Mdl  '1  Petrarca  non  lu  cosi  felice  ' 

Cantando  a  l'ombra  del  suo  Lauro  amato, 
Gome  i  mi  veggio  nel  voslro  bel  PraLo 
Ove'  1  stesso  caiilo  mia  Musa  dice. 

Felicissismo  me,  poiché  mi  lice 

Gbe'  1  mio  nome  sia  dal  vostro  honoralo, 
E  ehe  questo  lavor  si  veda  grato 
Ad  ambe  voi,  che  fale  una  fenice. 

Se  la  nave  mia,  c'hora  va  solcando 
Il  mar,  da  gli  scouli  puo  scampare, 
Ghe  col  voslro  faro  el  ffemine  slelle 


1 .  Voy.  ci-dessus,  p.  45. 

2.  Philippe  et  Anne  du  Prat. 


222  XLVII.  —   JÉRÔME    D'aVOST. 

Passa,  sempre  al  sieur  porto  aspirando  ; 
Alhor  vedrete  arrivar  cose  rare 
E  forse  oitra  tutto  '1  più  bello,  belle. 

GriROLAMO  d'Avosti,  da  la  Val  le. 

A  la  nobiliss.  e  leggiadriss.  nignora^  la  signora  Filippa  Del  Prato. 

Sonetto. 

Quel  vago  sole,  che  '1  nostro  hemispero 
Hor  va  scorrendo  e  dà  luine  a  la  Franza, 
E  '1  quai  ogni  altro  di  splendore  avanza, 
Fa  ch'i  non  temo'l  morlal  dardo  fero  ; 

Anzi,  che  morte,  immortal  esser  spero  : 
E  non  sarô  privo  di  rnia  speranza, 
Perché  la  mia  diva  mi  da  baldanza 
Già,  per  salire  a  questo  grado  altero. 

Nel  mezo  d'un  Prato  sempre  fîorito  : 
Gorre  l'acqna  del  vivo  e  sacro  fonte 
Che  scende  del  erto  e  famoso  monte 

Ove  Homero  é  '1  primo  ito  : 

Che  si  quest'  acqua  puo  farm'  immortale, 
Non  m'inganno  havendo  speranza  taie. 


XLVIII 
JACQUES   DE  ROMIEU 


La  famille  de  Romieu  est  une  des  anciennes  familles  nobles 
du  Vivarais.  Jacques  naquit  à  Viviers  vers  1S40  ou  1550.  Nous 
ne  savons  à  peu  près  rien  de  sa  vie,  car  ce  qu'en  ont  écrit 
Guillaume  CoUetet  et  M.  Henri  Vaschalde  '  est  uniquement  tiré 
de  ses  ouvrages.  Une  pièce  insérée  dans  les  Melaiiges  en  1584 
(p.  72)  nous  apprend  que  l'oncle  de  Jacques,  Perrinet  Des 
Auberts,  chanoine  et  vicaire  de  l'église  cathédrale  de  Viviers, 
fut  en  même  temps  son  Mécène.  Ce  fut  sans  doute  aux  libéra- 
lités de  cet  oncle  qu'il  dut  de  faire  des  études  sérieuses  et  de 
conquérir,  vraisemblablement  dans  une  université  italienne, 
le  titre  de  docteur  es  droits.  Il  fut  alors  pourvu  d'un  office  de 
secrétaire  de  la  chambre  du  roi,  office  qu'il  exerçait  déjà  quand 
il  fit  ses  débuts  dans  la  vie  littéraire. 

Il  est  permis  de  croire  que  la  famille  de  Birague  avait  con- 
tribué à  l'avancement  de  notre  auteur.  Les  Premières  OEurres 
de  Flaminio  de  Birague,  publiées  en  1581,  contiennent  plu- 
sieurs pièces  de  Jacques  de  Romieu,  dont  un  quatrain  italien 
qui  nous  intéresse  particulièrement.  Voici  la  description  de  ce 
rare  volume  : 

Les  premières  ||  Œuvres  poe-  ||  tiques  de  Flaminio  II  de  Bira- 
gue gentilhom- 1|  me  ordinaire  de  la  chambre  du  II  Roy,  ||  A 

1.  M.  Henry  Vaschalde  {Histoire  des  poètes  du  Vivarais,  Paris,  1877, 
in-8,  pp.  53-61)  a  imprimé  la  notice  de  Colletet  et  y  a  joint  quelques 
additions. 


224  XLYIII.  —   JACQUES   DE    ROMIEU . 

Monseigneur  Illustrissime,  &  Reuerendissime  11  le  Cardinal  de 
Birague  Cliancellier  11  de  France.  Il  M.  D.  LXXXI  [4581].  S.  /., 
in- 16  de  47  ff.  chitïr.  et  1  f.  blanc,  car.  ital. 

Les  û.  2  et  3  contiennent  une  épigramme  gi-ecque,  un 
sonnet  français  et  une  pièce  latine  de  Jan  Edouard  Du  Monin; 
un  sonnet  françai.s,  deux  épigrammes  latines,  un  quatrain 
français,  un  quatrain  italien  et  un  distique  grec  de  Jacques 
de  Romieu  [J.  Romaeusj  en  l'honneur  de  Flaminio  et  de  Marie, 
sa  daine. 

Les  IL  4  et  5  sont  occupés  par  une  épitre  en  prose  au  chan- 
celier et  un  huitain  au  même  signé  :  «  Vostre  treshumble 
nepveu  et  serviteur,  Flaminio  Birago  »,  enfin  par  un  sonnet 
au  lecteur. 

Le  volume  contient  les  Amours  de  Marie,  recueil  de  32  son- 
nets, de  chansons  et  d'odes  (fol.  6-26  r»)  ;  des  sonnets  adressés 
au  roi  (fol.  26),  à  Catherine  de  Médicis,  à  la  reine  Louise  de 
Lorraine,  à  la  princesse  de  Lorraine  (fol.  27),  au  cardinal  de 
Bourbon,  à  la  princesse  de  Condé,  à  la  duchesse  de  Nemours 
(fol.  28),  à  Henri  de  Lorraine,  duc  de  Guise,  à  Loys  de  Gon- 
zague,  duc  de  Nevers,  au  duc  de  Mercœur  (fol.  29),  à  Henriette 
de  Glèves,  duchesse  de  Nevers  ;  une  élégie  au  cardinal  de 
Birague,  etc.  Plus  loin  est  un  sonnet  à  Austremoine  Du  Pont 
(fol.  36  v°),  puis  viennent  :  une  odelette  et  un  sonnet  à  Ron- 
sard (fol.  37j,  un  sonnet  à  Biaise  de  Vigenère  (fol.  38),  deux 
épitaphes  de  Jean  de  Laval,  marquis  de  Nesles  (fol.  39  v°). 

Au  ro  du  47'-'  f.  est  un  sonnet  de  J.  de  Romieu,  Viv[arois]. 

Musée  Gondé,  à  Ghantilly  (Cigongne,  n°  892). 

Jacques  de  Pvomieu  avait  peut-être  suppléé  le  poète  grand 
seigneur  dans  la  correction  de  ses  vers. 
Nous  reproduirons  seulement  le  quatrain  italien  : 

Del  rncdesimo  al  medesimo. 

Ouel  chiar  '  Apollo,  honor  di  dolti  fronli. 
T'a  fatlo  ber  de  l'acqua  di  doi  monti, 
El  quel  dio  Marte  et  quel  grand  dio  d'Amore 
Vanno  jungendo  il  più  di  lor  favore. 


XLVIII.  —  JACQUES   DE   ROMIEU.  225 

Les  vers  de  Jacques  de  Romieii  se  retrouvent  dans  l'édition 
augmentée  de  1583  : 


Les  premières  II  Œuvres  poe- 1|  tiques  de  Flaminio  H  de  Bira- 
gue  Gentil-  hom-  H  me  ordinaire  de  la  châbre  du  Roy.  ||  A  très- 
haute  &  très  -  illustre  Princesse  x\nne  d'Esté  II  Duchesse  de 
Nemours.  ||  Reueuës,  corrigées  &  augmentées  oultre  ||  la  pré- 
cédente impression.  Il  A  Paris,  ||  Cliez  Nicolas  Chesneau,  rue  S. 
lac-Wques  an  Chesne  verd\\U.  D.  LXXXIII  [1583].  H  Auec  pri- 
uilege  du  Roy.  In-16  de  122  ff.  chiflr.  et  4  ff.  non  cliiffr. 


Le  titre  porte  la  marque  de  N.  Chesneau. 

Le  f.  2  contient,  au  r»,  un  anagrammatisme  latin  :  In  Fia- 
minium  Biragum,  et,  au  v».  un  sonnet  de  Pierre  de  Ronsard. 

Au  f.  3  se  trouvent  un  sonnet  et  un  quatrain  de  François 
Bonnerrier,  sieur  du  Plessis. 

Au  f.  3  v°  et  au  f.  4  se  lisent  5  distiques  grecs,  un  sonnet 
français  et  une  élégie  latine  de  Jean  Edouard  Du  Monin,  puis 
viennent  deux  sonnets  de  J[acques]  de  Romieu,  Viv[arois 
(fol.  4  V'-S  ro). 

Le  f.  0  v»  est  occupé  par  cinq  pièces  de  Jacques  de  Romieu 
«  Ad  Mariam,  Flaminii  Biragi,  clarissiraam  Amasiam  »,  savoir  : 
deux  distiques  latins,  un  quatrain  français,  deux  distiques 
italiens  et  un  distique  grec 

Les  ff.  6-8  contiennent  une  épître  (en  prose)  à  Anna  d'Esté, 
un  sonnet  et  un  huitain  adressés  à  cette  princesse,  un  sonnet 
«  Au  lecteur  »  et  un  avis  de  L'Imprimeur  au  lecteur. 

Bibliolh.  Mazarine,  22007. 


L'édition  des  Premières  OEuvres  de  Flaminio  imprimée  en 
1585,  édition  très  différente  de  celle  de  1581,  ne  contient 
aucune  pièce  de  Jacques  de  Romieu. 

L'année  même  où  il  saluait  la  muse  naissante  du  jeune 
Birague,  Jacques  publia  un   recueil  de  vers  que  Marie  de 

n.  -  15. 


226  xi.viir.  —  JACQUES  de  romieu. 

Romien,  sa  sœur,  lui  avait  envoyé  de  Viviers  à  Paris'.  Il  dédia 
ce  recueil  à  Marguerite  de  Lorraine,  duchesse  de  Joyeuse, 
qu'il  complimenta  dans  une  épigramme  latine  et  dans  une 
épitre  française.  Nous  ne  nous  étendrons  pas  longuement  sur 
ce  recueil  qu'une  réimpression  récente  rend  facilement  acces- 
sible-. 

Trois  ans  plus  tard,  Jacques  fit  paraître  un  recueil  de  ses 
propres  vers.  Nous  donnerons  la  description  de  ce  volume  qui 
nous  fait  connaître  les  amis  du  poète  : 

Les  1,  Mélanges  II  de  laques  de  ||  Romieu  Viuarois,  ||  Secré- 
taire ordinaire  de  la  Chambre  du  Roy,  ||  Ou  sont  comprises  les 
louanges  héroïques  II  dudict  païs  de  Viuarois.  Il  A  tres-illustre 
&  tres-genereux  Seigneur,  lust.  Lois,  Il  Baron  de  Tournon, 
Comte  de  Rossillon,  Cheua-  Il  lier  de  Tordre  du  Roy,  &  Capi- 
taine de  cincjuante  II  hommes  d'armes  de  sa  Majesté.  H  A  Lyon. 
Il  Par  lienont  Itignud.  \\  158i.  |I  Auec  priiiilege  du  Roy.  In-8  de 
93  ff.  chilTr.  (le  dernier  coté  par  erreur  91]  et  o  lï.  de  Table, 
car.  ital. 

Le  2e  f.  conlieul  une  épître  à  Jusl  Loï.s  de  Tournon,  datée 
du  château  de  Viviers  le  l""  janvier  lo8i.  Cette  épître  est  suivie 
de  deux  distiques  latins.  On  trouve  ensuite  une  pièce  latine 
de  Joachim  de  La  Val,  traduite  tn  vers  français  par  Marie  de 
Romieu  ^l'ol.  4);  un  Sonnet,  de  Marie  de  Romieu  à  Monsieur  de 
Tournon,,  luy  offrant  l'œuvre  présente  en  bonne  estrenne  (foi.  4  v°) 
et  une  Epigramme  à  madame  Claude  de  Turene,  mère  tres-clterc 
de  Just  Louis.,  comte  de  Rosstllon.,  signée  R.  D.  G.  [=  Renée 
de  Gbastellier?]. 

Les  personnages  à  qui  Jacques  de  Romieu  adresse  ses 
poésies  ou  dont  il  chante  les  louanges  sont  :  Joachim  Blan- 


L  Lf'S  premières  Œuvres  i)0("'ti(|iios  de  mademoi.sellc  iMarie  de  lîoiiiifii, 
Vivaroisp...  ,1  Pari'i,  Pour  Lucas  lirei/er. .  . ,  \hS\ .  lii-ÎS,  —  L'épîlri' 
dédicatoin;  est  datée  de  Paris,  le  29  seiitcinbre  15<SI. 

2.  Œuvres  poétiques  de  .Marie  de  Honiieii.  publiées  avec  une  préface  et 
des  notes  par  Pros|ier  Ifiaiiclicniaiti.  Paris,  Librairie  des  Bibliophiles .  .  ., 
MDCCCI.XXVlll.  Im-16. 


XLVIII.  —   JACQUES   DE   ROMIEU.  227 

chon;  M"*  Marie  de  Vallon  ;  Joacliim  Valée  [c'est-à-dire  de  La 
Val], médecin;  M"ie  de  Serres;  Marie  et  Françoise  de  La  Baume; 
Antoine  Luc;  Jacques  Reinier:  Anthoine  de  La  Baume,  abbé 
de  Mazan  ;  Françoise  de  Birague,  marquise  de  Nesie  ;  Renée  de 
Chastellier;  Jacques  de  Serres,  abbé  de  Mon'abourg;  Nicolas 
de  Vesch  ;  Jean  de  Sourin  ;  Jean  de  Fain  ;  M.  de  Laugière, 
«  chevalier  de  l'Ordre  du  roy  et  lieutenant  pour  Sa  Majesté  au 
païs  du  hault  et  et  bas  Vivarois  »  (épitaphe)  ;  Laurent  Joubert 
(tombeau)  ;  Anne  de  Joyeuse  et  Marguerite  de  Lorraine  (épi- 
thalame)  ;  Hippolite  de  Scaravelli,  dame  de  Milieu,  [veuve 
de  Jean  de  Chastellier];  Perrinet  Des  Aubers,  chanoine,  secré- 
taire et  vicaire  en  l'étilise  cathédrale  de  Viviers,  oncle  de 
l'auteur;  à  Claude  de  Saint-Thomas.  «  pour  responce  d'une 
admonition  par  lui  faicte  à  monsieur  de  Ronsard  »  ;  le  cardinal 
[François]  de  Joyeuse,  archevêque  de  Narbonne;  Pierre  Faure, 
secrétaire;  Guy  de  Milieu;  Jacques  Favier,  chanoine;  enfin 
divers  membres  de  la  famille  de  Tournon. 

Biblioth.  nationale.  Y.  4702.  —  Bibliotb.  de  la  ville  de  Lyon, 
319764.  —  Biblioth.  de  M.  Julien  Baudrier,  à  Lyon. 

Baudrier,  Bibliographie  lyonnaise.  III,  p.  383. 

Quelques  années  plus  tard,  Jacques  de  Romieu  a  renoncé 
à  la  poésie  profane.  Il  ne  se  qualifie  plus  secrétaire  de  la 
chambre  du  roi.  Il  est  devenu  chanoine  et  sacristain  de  Viviers, 
fonctions  dans  lesquelles  il  a  sans  doute  succédé  à  son 
oncle,  Perrinet  Des  Auberts.  De  cette  seconde  période  de  sa 
vie  nous  possédons  quelques  vers  qui  nous  montrent  qu'il 
n'avait  pas  abandonné  la  poésie.  Ce  sont  d'abord  deux  son- 
nets adressés  à  Olivier  de  Serres,  sieur  du  Pradel,  et  insérés 
par  celui-ci  dans  son  Théâtre  des  champs  (1600),  puis  des 
sonnets  sur  la  primitive  histoire  de  Téglise  de  Viviers.  Ces 
dernières  pièces,  dont  nous  ne  possédons  qu'un  fragment  ', 
devaient  figurer  dans  les  Recherches  de  Vanliquilé  de  l'église 
de  Viviers  auxquelles  travaillait  un  chanoine  d'Angoulême, 
Masson;  mais  il  ne  semble  pas  ([ue  le  livre  ait  jamais  paru. 


1.  Biblioth.  liât.,  ms.  Du  Chesne  X.W,  p.  214  ;  —  Vaschalde,  p.  58. 


228  XLVIII.  —  JACQUES   DE   ROMIEU. 

Elles  ne  portent  pas  de  date;  mais,  dès  le  début,  Tauteur  parle 
du  pape  Clément  YIII  ; 

Clément,  de  qui  dépend  du  monde  le  bonheur, 

ce  qui  prouve  qu'elles  furent  composées  entre  1592  et  1005. 
II  est  probable  que  Jacques  de  Romieu  mourut  dans  les 
premières  années  du  xvir-  siècle. 


XLIX 


JEAPS-EDOUARD  DU  MONIN 


Ce  poète,  né  à  Gy',  clans  la  Franche-Comté  de  Bourgogne,  en 
1559,  fut  un  enfant  prodige.  Il  eut  pour  premier  maître  son 
père,  Claude  Du  Monin,  homme  lettré,  mais  sévère,  qu'il  perdit 
avant  d'avoir  atteint  sa  cinquième  année.  Sa  mère  le  confia 
aux  soins  d'un  maître  d'école  nommé  Aizot,  qui  était  étahli  à 
Gy.  Celui-ci  l'initia  aussitôt  à  la  lecture  des  poètes  grecs  et 
latins.  L'enfant  continua  ses  études  à  Gray;  il  parle  lui-même 
avec  reconnaissance  de  son  professeur,  qui  s'appelait  Berson. 
Plus  tard  il  alla  suivre  les  cours  de  l'université  de  Dôle  ;  mais 
il  était  impatient  de  se  produire  sur  un  théâtre  plus  vaste.  Il 
n'avait  probablement  pas  dix-huit  ans  quand  il  se  rendit  à 
Paris,  où  il  fut  admis  au  collège  de  Bourgogne.  Dès  lors  le 
pauvre  étudiant,  à  peine  arrivé  de  sa  province,  fut  poursuivi 
du  désir  d'étonner  le  monde  par  la  variété  de  ses  connaissances. 
11  voulut  surtout  se  faire  un  nom  comme  poète,  s'entendre 
louer  à  l'égal  d'un  Ronsard  ou  d'un  Baïf.  Doué  d'une  volonté 
forte  et  d'une  surprenante  activité,  il  réussit  en  peu  de  temps 
à  se  faire  connaître  ;  on  parla  de  lui  à  Paris  et  ailleurs  ;  aussi, 
en  1580,  lors  de  l'épidémie  qui  désola  Paris,  plusieurs  villes 


1.  Voy.  Lettre  à  mon  père,  médecin  à  Gy.  en  Franche  Comte,  sur  Jean- 
Édouard  Du  Monin,  poêle  célèbre  du  xvi"  siècle,  né  à  Gy,  Pnr  Francisque 
Lélut,  son  compatriote. .  .  Paris,  Dclaunay,  libraire.  Palais-fioyal^ 
iVos  i82-i83.  Gy.  Bergeret,  libraire,  rue  du  Grandmont,  19.  [Paris, 
Impr.  de  Cosse  et  G.  Laguionie.]  1840.  In-8  de  6'i  pp. 


230  XLIX.  —   JEAN-ÉDOUARD    DU   MONIN. 

lui  offrirent  l'hospitalité,  c'est-à-dire,  sans  doute,  une  chaire 
où  il  pût  enseigner.  11  se  décida  pour  Poitiers  ;  mais  son 
absence  fut  de  courte  durée,  et  bientôt  il  revint  au  collège  de 
Bourgogne. 

L'ambition  démesurée  de  Du  Monin  paraissait  devoir  être 
satisfaite.  Un  homme  tel  que  Du  Bartas  se  fit  l'écho  de  l'admi- 
ration universelle,  et  composa  pour  le  portrait  du  jeune  poète 
ce  quatrain  qui  résumait  toutes  ses  prétentions  : 

Quel  torrent,  quelle  mer,  quel  goufTre  de  science! 
Ce  qu'en  leur  vieil  hiver  le  grand  Stagirien, 
Hipocrate,  Platon  et  le  Meonien 
Ont  seeu,  Monin  le  sait  sur  l'avril  de  l'enfance'. 

Cependant  Du  Monin  s'était  fait  aussi  des  ennemis.  Non 
seulement  son  style  obscur  et  pédantesque,  ses  connaissances 
mal  digérées  devaient  avoir  des  détracteurs  ;  mais  il  se  pourrait 
qu'il  eût  irrité  quelque  personnage  puissant  par  les  privautés 
que,  en  sa  qualité  de  poète,  il  croyait  pouvoir  prendre  auprès 
des  dames.  Toujours  est-il  qu'il  mourut  victime  d'un  attentat 
dont  les  historiens  n'ont  pu  pénétrer  le  mystère.  Cet  homme, 
qui  savait  toutes  les  langues  anciennes  et  modernes,  qui  était 
à  la  fois  poète,  philosophe,  mathématicien  et  astrologue,  fut 
assassiné  dans  l'enceinte  même  de  son  collège,  le  5  novem- 
bre 1580. 

Les  vers  de  Du  Monin  sont  depuis  longtemps  oubliés  :  l'auteur 
ne  se  recommande  plus  guère  aujourd'hui  à  l'attention  des 
philologues  que  par  certaines  innovations  orthographiques 
pour  lesquelles  il  fut  un  précurseur. 

Voici  la  liste  sommaire  de  ses  ouvrages  : 

1.  Joannis  Edoardi  Du  Monin,  Burgundionis  Gyani,  miscel- 
laneorum  po('licorum  Adversaria,  tomum  alterum,  in  quo  lyra 
cothurno  plenius  forsan  nubet,  comilem  accitura.  Inlerjecta 
sunt  phiiosophica  pleraque  ex  Platonis,  Aristotelis,  D.  Thomae 

1.  Lt  Phœnix,  fol.  \h^>  V. 


XLtX.  —   JEAN-ÉDOUARD    DU   MONIN.  231 

elJiil.  Scaligerl,  legitimipliilosoplioriim  dictatoris,  penceruta. 
Ad  Claiidiiiin  de  La  Baulme,  Vesonliiuiin  aiite  arcliiepiscopum, 
cardinalem  recens,  et  famosissima  Dauhiieoriim  prosapia  et 
solidioris  gloriae.  peculio  apprime  conspicabilem.  Parisiis, 
Joaunes  Richerius,  1578.  In-8. 

Bibl.  nat.,  Inv.  Yc.  8009. 

2  Vers  latins  dans  le  Tombeau  de  feu  de  bonne  el  veriueiise 
mémoire  M.  Firmin  Douri,  l'un  des  premiers  philosophes  el  plus 
sçavans  hommes  de  son  temps,  curé  de  S.  Ciindre  à  Rouen,  1578. 

3.  Joaniiis  Edoardi  Du  Monin,  Bargundionis  Gyani,  Beresi- 
lliias,  sive  Mundi  (Ireatio,  ex  galllco  G.  Sahistii  Du  Bartas 
Ileptamero  expressa...  Ejusdem  Edoardi  Manipulus  poëLicus 
non  insulsus.  Purisiis,  apiid  Jonnnem  Parant  [ou  apud  Hyla- 
rium  Le  Roue],  1579.  2  part,  en  un  vol.  in-S. 

Du  Monin  nous  apprend  lui-niônie  qu'il  mil  moins  de  cin- 
quante jours  pour  traduire  la  Sepmalnc  de  Du  Bartas.  Le 
Manipulus  poc'iicus,  qu'il  a  joint  à  sa  traduction,  contient 
diverses  pièces  en  vers  français. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Yc.  20S52  et  Yc.  837  7.  —  Britisli  Muséum, 
1213.  K.  14  (1). 

A.  Vers  grecs,  français  et  latins  en  tête  des  Premières  Œuvres 
poëliqiies  de  Flaminio  de  Birague,  1581.  Voy.  ci-dessus,  p.  225. 

5.  Nouvelles  Œuvres  de  Jan  Edouard  Du  Monin,  poète  phi- 
losophe, B.  G.  [=  bourgeois  de  Gy],  contenant  discours, 
hymnes,  odes,  amours,  contramours,  eglogues,  élégies,  ana- 
grames  et  epigrames.  A  tresiliustre  et  treshonoré  seigneur, 
monseigneur  François  de  Vergy,  comte  de  Champlite  et  gou- 
verneur pour  Sa  Majesté  Catholique  en  Bourgogne.  A  Paris, 
Chez  Jean  Parant.  S.  d.  [vers  1581],in-12. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Bés.  Ye  201J3. 

Ce  recueil  contient  plusieurs  pièces  relatives  au  séjour  fait 
par  le  poète  à  Poitiers.  L'exemplaire  de  Du  Monin  lui-même 


232  XLIX.  —   JEAN-ÉDOUARD   DU   MONIN. 

est  porté  au  Catalogue  Techener.  de  mai  1889,  sous  le  no  lOo. 
Certains  exemplaires  portent  la  date  de  1582  et  un  f.  au 
moins  a  été  réimprimé.  Voy.  Brunet.  II,  col.  879. 

6.  Sonnet  féminin  en  tête  des  Premières  Œuvres  poétiques 
de  Marie  de  Romieu,  1581  (éd.  de  1878,  p.  12). 

7.  Pièces  en  diverses  langues  sur  la  mort  d'Antoine  Fiancé, 
1582.  Nous  citerons  plus  loin  ces  pièces,  parmi  lesquelles  il 
se  trouve  des  vers  italiens. 

8.  Pièce  latine  et  sonnet  franrais  dans  le  Tombeau  (Tumulus) 
de  Jean  de  Morel,  1583,  pp.  28  et  30. 

9.  L'Uranologie,  ou  le  Ciel  de  Jan  Edouard  Du  Monin  PP. 
[=  poète  philosophe]  contenant,  outre  l'ordinaire  doctrine  de 
la  sphœre,  plusieurs  beaus  discours  dignes  de  tout  gentil 
esprit.  A  monseigneur  M.  Pliilippes  Des- Portes.  A  Paiis,  Chez 
Guillaume  Julien,  1583.  ln-12. 

Le  titre  porte  :  Tome  IV.  Du  Monin  considérait  les  volumes 
cités  sous  les  n«M,  3  et  5  comme  les  trois  premiers  volumes 
de  ses  œuvres. 

10.  Pièce  latine  et  sonnet  français  en  tète  des  OEuvres  de 
philosophie  à  sçavoir  :  Dialectique.  Phisique  et  Ethique  iTAristole, 
nouvellement  mis  en  françois  j)ar  frère  Noël  Taillepied]  1583, 
in-8. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  R.  r.oH2. 

11.  Vers  grecs  et  latins  en  tète  de  La  Somme  des  péchez  de 
frère  Jean  Benedicti,  1584. 

Baudrier,  Bibliographie  hjonnnise.  III.  p.  IGO. 

12.  Le  Quarème  de  Jan  Edouard  Du  Monin,  divisé  en  trois 
parties  :  première,  le  triple  amour,  ou  l'amour  de  Dieu,  du 
monde  angelique  et  du  monde  humain;  seconde,  la  Peste  de 


XLIX.  —    JE.VX-ÉDOUABD   DU   MONIN.  233 

la  Peste,  ou  le  ingénient  dinin,  tragédie,  et  troisième,  la  con- 
suivance  du  Quaréme  en  vers  françois.  .4  Paris,  Chez  Jean 
Parenl,  1584.  In-'i». 

13.  Pièce  latine  «  Ad  nobilem  lieroïnam  M.  de  Roniieu  », 
4584. 

Œuvres  de  Marie  de  Romieu,  1878,  p.  130. 

14.  Élégie  latine  et  sonnet  français  en  tète  de  La  Bibliothèque 
française  de  La  Croix  du  Maine,  1584. 

15.  Deux  sonnets  en  tête  de  V Histoire  des  plantes  traduite  de 
latin  [d'Ant.  Du  Pinet]  en  françois,  par  Geoffroy  Linocier  (Paris, 
Charles  Macé,  1884,  in  16,  et  Paris,  Guillaume  Macé,  1020, 
in-l()). 

16.  Le  Phœnix  de  Jan  Edouard  Du  Monin  PP.  1585.  In-12. 
(Voy.  plus  loin  la  description  de  ce  volume.) 

Tome  sixiesme  des  œuvres. 

On  trouve  dans  ce  volume  Orbec-Oronle.  tragédie  ea  quatre 
actes,  en  vers. 

17.  Vers  dans  le  volume  intitulé  :  Discours  de  la  clieute  et 
reparution  de  l'église  S.  Pierre  de  Beauvais,  extrait  du  Iniiu,  de 
M.  Claude  Goutjfie,  par  M.  Simon  de  Bullandre,  archidiacre  en 
Beauvoisis,  et  chanoine  dlcelle  église.  Au  peuple  de  Beauvais. 
A  Paris,  De  l'imprimerie  de  Pierre  Chevillot,  1585.  In-8. 

Biblioih.  de  M.  le  duc  de  La  TrémoïJle. 

18.  Vers  dans  le  recueil  intitulé  :  Ad  amplissimum  Senalum 
pro  retento  Academiae  jure  in  causa  llamillonii,  cum  de  iiomi- 
nando  curlone  D.  D.  Cosniae  et  Damiani  ageretur,  gratiarum 
Aclio.  Ex  typographia  Joannis  a  Prato.  1586.  In-8. 

Loys  Servin  avait  plaidé  pour  l'Ecossais  John  Hamilton 
contre  son  compétiteur,  Pierre  Tenrler. 


234  XLIX.  —   JEAN-ÉDOUARD    DU    MONIN. 

19.  Dix  distiques  latins  In  lo.  AuraliP.  R.  Homehcae  Gallo- 
rum  Lucinae  opéra  longe  lectissima,  en  tète  des  Poënialia  de 
Jean  Dorât,  158G. 

Dorât  a  réimprimé  dans  ce  recueil  deux  pièces  qu'il  avait 
composées  en  faveur  de  Du  Monin  :  In  pliilosophica  Jœii 
Edoardi  Du  Monin  carmina  (p.  48),  In  coelesles  Jani  Edoardi 
Monin'i  versus  de  coelo  (p,  70,  cotée  94). 

20.  Vers  dans  les  Miscellanea  de  Tliomas  Biscarton,  1588. 

Deux  de  ces  ouvrages,  le  recueil  de  vers  funèbres  publié  par 
Jean  Aimé  de  Chavigny  à  Toccasion  de  la  mort  de  son  ami 
Antoine  Fiancé,  et  Le  Phœnix,  doivent  seuls  nous  arrêter, 
puisqu'on  y  trouve  les  A^ers  italiens  qui  ont  donné  lieu  à  la 
présente  notice.  Voici  la  description  du  prem-er  : 

Les  Larmes  l!  et  Souspirs  de  II  lean  Aimé  de  Cha-  Il  uigny 
Beaunois,  sur  ||  le  trespas  tres-regretté  de  M.  Antoine  II  Fiancé 
Bizontin,  lors  qu'il  viuoit,  Pro-  ||  fesseur  en  Philosopbie  & 
Médecine,  &  Il  Médecin  de  la  cité  d'Auignon,  Il  Dédiez  ||  A  Mon- 
sieur Maistre  Thomas  ||  Serre,  Conseillier  du  Roy  tres-Chrestien, 
Thresorier II&  Beceueur  gênerai  de  sa  marine  du  Le- Huant, 
Mortes-payes,  réparations,  &  !|  fortifications  de  Prouence.  Il  A 
Paris,  il  Par  EsUenne  Preuosteau,  au  clos  Bntneau,  \\  près  le 
puys  Certain.  \\  1582.  In-8  de  %  pp. 

Antoine  Fiancé,  né  à  Fleuret,  près  de  Besançon,  le  1"  jan- 
vier lou2,  mourut  le  27  mai  1581,  en  soignant  les  pestiférés 
d'Avignon.  Il  n'a  laissé  qu'une  satire  contre  les  pieds  plats 
{Platopodologié) ,  c'est-à-dire  contre  certains  envieux  qui  cher- 
chaient à  lui  nuire. 

Quant  à  Chavigny.  né  vers  1524,  mort  vers  1G05,  c'était  un 
élève  de  Michel  de  jS'ostre-Dame  ;  aussi  est-il  plus  connu 
comme  astrologue  que  comme  poète.  Ses  vers  sont  d'ailleurs 
comme  noyés  dans  vui  déluge  de  pièces  composées  par  divers 
auteurs. 

En  tète  du  recueil  est  une  épître  (en  prose)  de  Chavigny  à 
Thomas  Serre,  épître  datée  de  Paris,  le  28  mars  1582.  A  la  p.  6 


XLIV.  —   JEAX-ÉDOUARD    DU  MOMN.  235 

est  une  épilaphe  lapidaire  de  Fiancé,  à  laquelle  nous  avons 
emprunté  les  dates  reproduites  ci-dessus.  Les  auteurs  qui  lui 
consacrent  des  regrets  sont,  par  ordre  alphabétique  : 

Barlet  (Désiré),  d'Arbois  ;  12  sonnets  intitulés  Le  Mariage 
accompli  de  M.  Antoine  Fiancé  avec  les  neuf  Muses,  pp.  73-78; 
épilaphe,  p.  78  ;  traduction  latine  de  ces  pièces  par  Chavigny, 
pp.  23-23. 

Bonnerrier  (François),  seigneur  du  Plessis  :  sonnet,  p.  79. 

Breton  (François),  dit  Briiannus.  de  Dijon,  jurisconsulte  : 
7  distiques  latins,  p.  29. 

Galvet  (Jean).  d'Avignon,  jurisconsulte  :  trois  distiques 
latins,  p.  30. 

Chavigny  (Jean  Aimé  de)  :  pièces  latines,  pp.  9-19,  22-25; 
pièce  grecque,  pp.  20-21  ;  pièces  françaises,  pp.  37-62,  80-95,  96. 

Dorât  (Jean    :  sept  distiques  laiins.  p.  7. 

DuMonin  (Jean  Edouard): pièce  latine,  p.  32;  pièce  grecque, 
p.  32  ;  pièces  italiennes,  pp.  33,  'jG  ;  pièces  françaises,  p.  35  ; 
distique  hébreu,  p.  90. 

Forget  (Vulcain).  de  Tours,  docteur  en  médecine  :  pièce 
latine,  p.  31. 

Gillabon  i  Mathieu),  Franc-Gomlois  :  quatre  distiques 
grecs,  p.  30. 

Goulu  (Nicolas)  :  six  distiques  grecs,  p.  8. 

Ilamilton  (John)  :  quatrain  écossais,  p.  95  (Du  Monin  avait 
dédié  à  J.  Hamilton  une  pièce  insérée  dans  les  Nouvelles 
Œuvres,  vers  1381,  p.  268;  c'est  pour  lui  qu'il  composa  un  peu 
plus  tard  les  vers  mentionnés  ci-dessus). 

Marins  (Gilles),  Parisien,  avocat  en  parlement  :  treize 
pièces  françaises,  pp.  36,  62-72,  dans  lesquelles  sont  interca- 
lées deux  pièces  latines,  pp.  66,  67. 

Serre  (Honoré).  d'Avignon  :  deux  distiques  latins  «  Ad  D. 
Ghavigneum,  praeceplorem  «,  p.  31. 

Vadillo  (P.  Vinc.  de)  :  huitain  espagnol,  p.  35. 

"VVillemin  Jean),  d'Arbois,  médecin  :  Epicedion  latin, 
suivi  de  deux  distiques,  pp.  26-29. 

Gat.  Rothschild,  I,  n°  753. 

Voici  le  détail  des  pièces  signées  de  Du  Moniu.  Nous  repro- 
duisons en  entier  les  deux  petites  compositions  italiennes  : 


236  XLIX.  —  JEAN-ÉDOUARU   DU    MONIN. 

1  (p.  32).  Anlo.  Fiancei.,  jiivenis  supra  omnium  fulem  et  pii^ 
et  graece  latineque  doctl,  praeceptoris  olim  mei,  medici  specta- 
tissimi.  Tumuhis,  per  Janum  Edoardum  Du  Monin,  Burgondlo- 
nem. 

Qui  nulli  invidit.  Mors  uiium  hune  invidet  orbi. 
Gur  ila?  Morte  héros  major  hic  unus  erat. . . 

,10  distiques.) 

2.  K'.Ç   X'JTOV   TOÎ    a-jTO'J. 

(6  vers.) 

3  (p.  33).  Del  medesimo. 

Primavera  aulonnale  e  Tautouno  fiorito 

Sotto  quesla  tomba  se  piangono  egahnente, 
Perché  il  vermiglio  April  maturo  è  nella  mente, 
Ma  l'aiitonuo  del  corpo  in  Aprile  è  finito. 

4.  Quadrain  tuui'iié  par  luy  mesme. 

Un  printemps  autonnal.  un  prinlanier  aulonne 
Se  plaignent  par  égal  soubs  ce  riche  tombeau, 
De  quoy  l'avril  de  l'ame  en  fruits  meurs  se  couronne 
Et  l'autonne  du  corps  n'est  qu'un  avril  nouveau. 

5.  Sur  le  mesme  Fiancé,  Eclogue  de  Berlin^  berger  arboisien, 

par  ledit  Du  Monin^. 

Esprit  gentil  et  beau  d'une  si  heureuse  ame, 
Qui,  déposant  le  fais  de  ta  charnelle  lame, 
Nud  volas  d'un  plain  sault  au  cloistre  radieux. . . 

(74  vers.) 

6  (p.  96).   Canio  dl  M.  Jano  Edoardo  Du  Monin  -. 

Che  piangi,  o  madré  pia? 
—  Piango  tua  morte  acerba. 
Di  non  ire  a  quel  ben  ch'el  ciel  ne  serba 
La  mia  morte  era  et  lo  star  troppo  in  via. 


t.  Dans  les  Œuvres  nouvelles  (p.  276)  le  litre  est  ainsi  complété  :  «  f.ome 
Ergasto  di  inesser  Jaicipo  .*>aiinasiro  sopra  la  sepollura  (r.ViiJiogeo  ». 
2.  Ce  morceau  ne  figure  pas  dans  les  (Kurres  noiivrlles. 


XLIX.  —   JEAN-ÉDOUABD   DU  MONIN.  237 

—  Oimè  !  del  mio  bel  flore 

Fido,  a  gli  egri  conforto  et  raedicina, 

Fatlo  ha  Morte  rapina. 

Gh'era  schermo  oltre  ogni  allro  al  suo  furore. 

Tu  biasrai  et  io  ringralio 
Lei,  del  dolce  mio  stracio, 
Felice  in  lanta  gloria. 
Or  localo  è  in  memoria 
Dei  buoni  eterna.  Omai.  deh,  se  li  piace, 
Pou  gli  ocôhi,  0  madré  :  el  tuo  cor  lasso  in  pace. 

8.      Distichum  numérale  el  relrogradinn.  per  cundem. 

Mnemosynes,  Via,  Cor  Latoûm,  Vivida  Vitae 
Vndula,  Virtutes,  Vt  Vigor  IntereuntP 

Voici  la  description  du  second  volume  : 

Le  II  Phœnix  II  de  lan  Edouard  ||  du  Monin,  PP.  Il  A  Monsei- 
gneur l'illu-  Il  strissime  Phœnix  de  France,  Charles  de  ||  Bour- 
bon, Cardinal  de  Vandome,  &  Il  Archeuêque  de  Roiien.  Il  Tome 
sixième.  Il  A  Paris,  \\  Chez  Guillaume  Bichon  rue  S.  laques  \\ 
4585.  Il  Auec  priuilege  du  Iloy.  In-12  de  12  ff.  lira,  et  156  ff. 
chiffr. 

Au  1°  du  rZ*^  f.  lim.  on  lit  :  IJaec  excudebal  Joamies  Gelhai, 
C.  M.  [=  Campa'nuf!  Macerieiisis].  Du  Monin,  pour  reconnaître 
le  service  que  son  ami  Gelay  lui  avait  rendu  en  surveillant 
l'impression  du  recueil,  lui  a  dédié  (fol.  67)  un  anagramme 
latin  [Eya,  sol  ingens,  ave]  et  Mol.  lo5)  une  pièce  également 
écrite  ea  latin. 

Au  v°  du  même  f.  est  un  portrait  de  Du  Monin,  à  l'âge  de 
25  ans.  Ce  portrait,  pour  lequel  Du  Bartas  avait  composé  le 


1.   Pour  trouver  Ij  date  il   faut  disposer  ainsi  les  lettres  capitales 
MVcLVVVVVVl  =  1581. 


238  XLIX.    —   JEAN- EDOUARD   DU   MONIN. 

quatrain  reproduit  ci-dessus,  est  accompagné  de  deux  devises  : 
Sua  cuique  Deus  fit  dira  cupido  ;  STrouoa-'av  '}û/t,v  sùoat'aovx  olax-.. 
Biblioth.  nat.,  Rés.  Ye.   1926.  (Les  mots  Tome  sixième  ont 
été  soigneusement  grattés  sur  le  titre  de  l'exemplaire). 


On  trouve  à  la  fin  du  recueil  (fol.  140  v°-150)  une  suite  de 
sonnets  fort  libres  intitulés  :  Auatomie  des  beautez  d'une  damoi- 
selle  d'Orléans  dont  l'anagramme  porte  :  Que  son  œil  m'a  dardé 
ses  chennes.  Ces  sonnets  sont  consacrés  au  chef  de  la  belle, 
à  ses  cheveux,  à  son  front,  à  son  oreille,  à  son  nez,  à  ses  joues, 
à  sa  bouche,  à  son  menton,  etc.,  etc.  Les  deux  sonnets  où  il 
est  parlé  du  nombril  sont  suivis  'fol.  14700)  d'une  pièce  ita- 
lienne ainsi  conçue  : 


Del  medesimo. 

Mentre  a  mirar  la  vera  e  inOnita 

Vostra  beltà,  ctra  Fallre  il  pregio  tolto 
Tenea  con  gli  occhi  ogni  pensier  rivolto 
Che  sol  indi  trahe  a  salute  e  vita, 

Gon  Talma  in  tal  piacer  tut  ta  invaghita 
Conlempiar  non  potea  quello  que  molio 
E'  da  stimare  al  vago  centro  accolto 
E  al  bello  délia  gioia  più  gradita. 

Ombroso  luogo  beato  al  suave  ardore, 

Ch'iufiamma  Talma  e  le  colonne  intorno, 
Che  fanno  invidia  a  la  gran  dea  d'amore, 

lo  per  me,  d'allra  gloria  il  capo  adorno, 
Ilaver  non  bramo  più  cb'a  tanlo  honore 
Vi  piacci.  o  cieli.  diticcarmi  un  giorno. 


La  mort  prématurée  de  Du  Monin  causa  une  vive  émotion 
dans  le  monde  des  poètes  ;  aussi  divers  auteurs  lui  consa- 
crèrent-ils des  regrets  funèbres,  où  ils  allaient  jusc^u'à  diviniser 
ses  mérites.  Nous  connaissons  les  pièces  suivantes  que  Charles 


XLIX.  —  JEAN-ÉDOUARD    DU  MONIN.  239 

Nodier  avait  eu  la  bonne  fortune  de  réunir  (Catalogue,  1844, 
n°  455)  : 

In  obitum  miserabilem  et  luctuosuni  domini  de  Monin, 
poetae  et  philosopbi  prope  divini.  Autliore  J.  Rigolet,  Bri- 
tone.  Parisiis,  P  Hurij,  158G.  In-8. 

Joannis  Morelli,  apud  Burgundios  classici,  in  miserabilem 
indignamqiie  necem  Edoardi  Monini  funebris  panegyrica  Ora- 
tio  ad  suos  auditores  classicos.  Parisiis,  Stepli.  Prevosleau, 
1586.  In-8. 

Le  discours,  éciit  en  prose  latine,  est  accompagné  de  vers 
latins  signés  :  Michael  Ancelinus,  «  prier  sorbonicus  »,  lo. 
Milhonius,  «  dialectieus  apud  Burg.  »,  Cl.  Noôlas,  «  Alvernus 
class.  »,  Joannes  Pé,  «  Burbonius  »,  J.  Bouguier,  «  Parisinus 
elassicus  »  ;  d'une  pièce  française  de  S.  D.  Bullandre,  «  Beau- 
voisin  »  (le  poète  à  qui  Du  Monin  adressait  des  vers  en  1585), 
et  d'une  pièce  grecque  signée:  'O  Mapxtvo;  riyouç.  [=  Gigoux]. 

Bull,  de  la  Librairie  Morgand  et  Faloul^  n°  5062. 

Les  Larmes,  Regrets  et  Depiorations  sur  la  mort  de  Jean 
Edouart  Uu  Monin,  excellent  poëte  grec,  latin  et  françois. 
Composé  par  François  Granchier,  Marchois,  son  nepveu  et 
escolier  A  Paris,  Chez  Pierre  Ramier,  1586.  In-8. 

Les  Larmes  sont  précédées  d'un  avis  «  Au  lecteur  »  (en 
prose)  et  de  vers  latins  et  limousins,  de  L.  Nabeyrat,  M.  [=  Mar- 
chois], de  vers  grecs  de  II.  Bécco;,  Asa.  [=:  Limousin],  de 
vers  latins  et  limousins  de  S.  Brisse,  M.  [=  Marchois],  devers 
latins  de  Jord.  Guibeletus,  de  vers  français  de  Gh.  Varia,  V. 
C.  0.,  de  G.  Goy,  Anu.,  et  de  J.  de  Latrène,  Gascon.  Elles  se 
composent  d'un  Colloque  funèbre  entre  un  messager  et  l'au- 
teur, d'une  Odel'jtte  funèbre  d'une  Elégie  et  d'un  Quatrain.  A  la 
fin  on  trouve  deux  sonnets  de  Gh.  Varin  et  une  épitaphe 
latine  de  S.  Brisse. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Rés.  Ye.  1930. 

Les  Regrets  sur  le  meurtre  et  assassinat  commis  le  4.  no- 
vembre à  la  personne  de  M.  Du  Monin,  excellent  poëte  de  son 


2i0  XLIX.  —  JEAN-ÉDOUARD   DU   MOMN. 

temps,  liebreu,  grec,  latin,  IVançois  et  italien.  Composé  par 
son  disciple  Estienne  Marchant,  Champenois.  A  Paris,  Chez 
Pierre  Hury,  1586.  In-8. 

Cette  pièce  se  termine  par  une  Elégie  sur  la  mort  de  M .  Du 
Monin^  à  monsieur  MarciMnl  son  successeur.  L'élégie  et  un 
quatrain  qui  y  est  joint  sont  signés  :  Audry. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Rés.  Ye  1929. 

Complainte  fnnebre  sur  le  trespas  de  Jean  Edouard  Du 
Mouin,  poëte  et  philosophe,  composée  par  T.  Bretonnayau  T. 
[—Tourangeau],  escolier.  A  Paris,  Chez  Estienne  Prevosteau, 
I086. In-8. 

Elégie  sur  la  mort  du  sieur  Jean  Edouart  Du  Monin,  très- 
excellent  poëte  philosophe.  A  Paris,  Chez  Eslienne  Prevosteau, 
1586. In-8. 

Biblioth.  nat.,  Inv.  Rés.  Ye.  1928. 


L 
JEAN  WILLEMIN 


Nous  avons  à  parler  maintenant  d'un  ami  de  Du  Monin,  du 
médecin  Jean  Willerain,  qui  passa  presque  toute  sa  vie  dans  la 
Franche-Comté.  Né,  vers  1540,  à  Sirod,  dans  le  département 
actuel  du  Jura',  Willemin  fit  de  solides  études,  mais  nous 
ignorons  quelles  écoles  il  fréquenta.  Il  est  possible  qu'il  ait 
franchi  les  Alpes  et  visité  quelque  université  italienne  ; 
cependant  c'est  à  Paris  qu'il  fut  reçu  docteur  en  médecine.  On 
rencontre  en  effet  son  éloge,  en  1570,  dans  VOratio  in  scliolis 
medicorum  habita,  où  Antoine  Valet  mentionne  de  nombreux 
médecins  parisiens  -. 

Avant  de  commencer  l'exercice  de  sa  profession,  Jean  entra 
comme  précepteur  dans  la  famille  de  Tournon.  Il  fut  chargé 
de  l'éducation  de  Just-Louis  de  Tournon,  comte  de  Roussillon. 
Ce  détail  nous  est  révélé  par  François  de  Belleforest,  qui,  en 
1569,  dédie  la  Défloration  de  la  France  sur  la  mort  de  Timoleon 
de  Cossé,  comte  de  Brismc,  a  à  monsieur  Willemin,  précepteur 
de  monseigneur  de  Tournon,  comte  de  Roussillon.  ».  Bellefo- 
rest paraît  avoir  été,  lui  aussi,  attaché  à  la  maison  de  Tour- 
non. Il  avait  publié,  au  mois  de  février  précédent,  sa  Pastorale 
amoureuse,  qu'il  avait  dédiée  «  A  tresnoble,  illustre  et  géné- 
reux seigneur,  monsieur  Loys  de  Tournon,  seigneur  d'Arlan  n, 

i.  Willemin  se  qualifie  lui-même  «  Syrodensis  »  sur  le  titre  de  YEchiga 
de  Uiclamo,  1573. 
2.  Voy.  ci-dessus,  p.  83.  —  Le  nom  de  Willemin  se  trouve  au  f.  16. 

11.—  16. 


242  L.  —   JEAN   WILLEMIN. 

et  Willemin  avait  placé  en  tête  du  volume  un  sonnet  adressé 
à  la  mère  de  Just-Louis  et  de  Louis,  Claude  de  Turenne,  dame 
de  Tournon,  comtesse  de  Roussillon. 

Claude  de  Turenne.  qui,  déjà  deux  fois  veuve,  avait  épousé 
en  1535  Just  II  de  Tournon,  était  une  femme  d'une  rare  éner- 
gie. Veuve  de  son  troisième  mari,  tandis  que  Just,  son  fils 
aîné,  remplissait  une  ambassade  à  Rome,  elle  avait  résolu- 
ment tenu  tête  aux  huguenots  (1567).  Willemin  raconta  cette 
prouesse  dans  un  poème  latin  que  Belleforest  se  chargea  de 
traduire  en  français  (1569). 

Vers  1570,  notre  auteur  rentra  dans  sa  province  qu'il  ne 
devait  plus  quitter.  Il  s'établit  comme  médecin  dans  la  petite 
ville  d'Arbois  et  s'y  fit  une  réputation  honorable.  Sa  vie 
s'écoula  tranquillement  dans  la  pratique  de  la  médecine  et 
dans  le  culte  des  lettres.  Outre  François  de  Belleforest,  il  eut 
pour  amis  très  intimes  Jean-Édouard  Du  Monin  et  l'historien 
Pierre  Matthieu,  qu'il  avait  soigné  avec  succès  dans  une  grave 
maladie.  Ces  derniers,  avec  une  indulgence  quelque  peu 
exagérée,  le  qualifient  gravement  d'Esculape  et  d'ilippocrate^ 

Vers  1571,  Willemin  épousa  Marguerite  Mittorion,  qui 
appartenait  à  une  ancienne  famille  d'Arbois.  Il  eut  d'elle  trois 
enfants  :  Guillaume,  baptisé  le  2  août  1578,  et  que  son  père 
envoya  en  1603  à  l'université  d'Avignon  pour  y  achever  ses 
éludes;  Antoinette,  baptisée  le  19  mai  1580,  et  qui  eut  pour 
marraine  Antoinette  de  Fouchier,  femme  de  Gaspard  de 
Genève,  marquis  de  Lullin;  Désirée,  baptisée  le  10  oc- 
tobre 15822. 


1.  Du  Monin  dans  ses  Nouvelles  Œuvres  (vers  1581)  trouve  dans  le  nom 
de  Joaiines  Vuileniinus  cet  anatiraninie  :  Niimine  Jnvis  valens  fp.  241). 
Dans  son  Pliœnix  (1585.  fol.  Gi)  il  adresse  une  pièce  latine  à  Willemin, 
«  lUirgnndiae  Ai'sculapiiis  ». 

A  la  fin  de  la  IraLjédie  lïEsther  (1585,  p.  234),  Pierre  Matlliieii  adresse 
une  élégie  c  Ad  perelissirnum  Burgiindiae  Hi|ipocialeni,  .loannem 
Willeniinnrn  ». 

2.  Désirée  se  maria  la  première;  elle  épousa,  au  mois  de  m;ii  1G05,  le 
médecin  Jean  Chappuis,  de  Salins.  Antoinette  épousa,  le  1  ""  septembre  1009, 
le  médecin  Jacques  Doinet,  de  Lons-ie-Sauliiier.  Ces  détails  nous  sont  con- 
nus par  le  Journal  cité  plus  loin. 


L.  —   JEAN   WILLEMIN.  243 

Jean  Willemin  mourut  le  mercredi  saint  de  l'année  1606  ou 
de  l'année  4607.  Sa  femme  lui  survécut.  Voici  l'indication 
sommaire  des  ouvrages  que  nous  connaissons  de  lui  : 

1.  Sonnet  à  «  Claude  de  Turaine,  dame  de  Tournon  »,  en 
tète  de  la  Pastorale  amoureuse  de  François  de  Belleforest,  1569. 

2.  Historia  belli  quod  cum  haereticis  rebellibus  gessit  anno 
1567.  Claudia  de  Turaine,  domina  Turnoniae.  Parisiis,  J. 
Hulpeau,  1569.  In-4. 

3.  Discours  de  la  brave  résistance  faite  aux  rebelles  l'an  1567 
par  madame  de  Tournon,  comtesse  de  Roussillon,  nommée 
Claude  de  Turaine.  Traduit  du  latin  par  François  de  Bellefo- 
rest, Paris,  Jean  Hulpeau,  1569.  In-4. 

■i.  Eclogue  du  Verbe  divin  retirant  l'Eglise  des  graves  tour- 
billons de  sédition  par  lesquels  elle  est  agitée  au  milieu  de  la 
mer  du  monde.  Par  Jehan  Willemin,  médecin  bourguignon. 
A  Lyon,  en  l'imprimerie  de  Jean  Ausoult,  1573.  In-4. 

Le  poème  est  suivi  d'une  traduction  en  vers  latins  comprise 
sous  la  même  pagination,  bien  qu'elle  ait  un  titre  particulier  : 

Ecloga  de  Dictamo,  id  est  Verbe  divino,  vindicante  Palem, 
id  est  Ecclesiam,  a  seditionum  ventis  :  quibus  jactatur  in 
medio  mari  Mundi.  Authore  Jeanne  Willemino  Syrodense. 
Lugduni,  apud  Joannem  Patrasson.  1573. 

Biblioth.  de  Besançon,  B.-L.  2468. 

5.  Trois  pièces  latines  en  43,  10  et  2  distiques,  dans  les 
Larmes  et  Soupirs  de  Jean  Aimé  de  Ctiavigny,  Beaunois,  sur  le 
trespas  de  M.  Antoine  Fiancé,  1582. 

Voy.  ci-dessus,  p.  235. 

6.  Vers  latins,  français,  italiens  et  grecs,  en  tète  de  l'^s/A^r 
de  Pierre  Matthieu,  1585. 

Nous  reproduisons  plus  loin  ces  diverses  pièces. 


244  L.  —   JEAN    WILLEMIN. 

7.  Sonnet  en  tète  de  Clylemnestre,  tragédie  de  Pierre 
Matthieu,  1389. 

8.  Discours  sur  le  trespas  de  Tres-ault  et  Très -illustre 
seigneur,  feu  messire  François  de  Yergy,  comte  de  Champlite. 
etc.,  chevalier  du  Toison  d'or  du  roy  Très  Catholic,  capitaine, 
gouverneur  et  lieutenant  gênerai  de  Sa  Majesté  en  son  comté 
de  Bourgongne.  Par  messire  J.  Vuillemin,  docteur  en  medicine 
d'Arbois.  A  Dole,  par  Auloine  Dominique,  imprimeur  et  libraire, 
1592.  In-4. 

9.  Épigramrae  latine  en  tète  du  Quatriesme  Tome  des  His- 
toires tragiques  de  François  de  Belleforest,  1592. 

Baudrier,  Biblipgraphie  lyonnaise,  III,  p.  434. 

10.  Nombreuses  annotations  manuscrites  sur  les  marges 
d'un  exemplaire  de  Jamblique,  De  mysleriis  Aegypliorum,  etc. 
(Venetiis,  Aldus,  1497,  in-fol.;. 

Bibliothèque  de  Besançon,  Incun.  G09  (Gâtai,  par  Casian, 
p.  466). 

1 1 .  Journal  du  poète  Jean  Wuillemin  publié  par  Max  Prinet. 
(Extrait  des  Mémoires  de  l'Académie  de  Besançon,  année  1904.) 
Besançon,  typographie  et  lilhographie  Jacquin,  1905.  In-8  de 
4G  pp. 

Ce  journal,  tel  qu'il  nous  est  parvenu,  commence  au  mois 
de  février  1396,  et  s'arrête  en  mai  dGOo.  Willemin  y  a  consigné 
des  renseignements  curieux  sur  les  récoltes,  le  prix  des  den- 
rées, etc.  Il  ne  dit  rien  des  affaires  politiques,  tout  au  plus 
parle-t-il  de  quelques  affaires  locales.  II  mentionne  aussi  cer- 
taines consultations  données  par  lui  à  des  personnages  d'im- 
portance. La  veuve  de  ^YilIemin,  Marguerite  Mittorion,  a  repris 
la  rédaction  en  1C07  et  l'a  conduite  jusqu'en  1613. 

Les  excellentes  notes  de  M.  Max  Prinet  donnent  à  sa  publi- 
cation une  valeur  toute  particulière. 


L.  —  JEAN   WILLEMIN.  245 

Nous  donnerons  maintenant  la  description  du  volume  qui 
contient  les  vers  italiens  : 

Esther  ||  Tragédie  ||  de  Pierre  ||  Matthieu.  ||  Histoire  tragique 
en  laquelle  est  représentée  la  ||  condition  des  Rois  &  Princes 
sur  le  théâtre  de  !|  fortune,  la  prudence  de  leur  Conseil,  les 
desa-  Il  stres  qui  suruiennèt  par  l'orgueil,  l'ambition,  ||  l'enuie 
&  trahison,  combien  est  odieuse  la  de-  ||  sobeissance  des 
femmes,  fmablement  come  les  ||  Roynes  doibuèt  amollir  le 
couroux  des  Rois  ||  endurciz,  sur  l'oppression  de  leurs  subiectz. 
Il  A  Lyon,  \\  Pour  Jean  Slratim  à  la  Bible  d'or.  \\  M.  D.  LXXXV 
[1585].  In-12  de  12  IT.  lim.  et  248  pp.,  car.  ital. 

Le  titre  porte  une  marque  avec  la  devise  'ApEtTi  xalcuouor,. 
—  Au  v°  du  titre  sont  deux  épigrammes  latines. 

Les  ff.  ïim.  contiennent  une  épître  en  prose  «Aux  illustres, 
liaultes  et  puissantes  dames,  ma  dame  de  La  Villeneuve  et 
ma  dame  d'Achey,  issues  des  heroïcques  et  généreuses  mai- 
sons de  Granvelle  et  Peloux  »,  épître  signée  :  «  Pierre  Matthieu, 
principal  du  colkge  de  Vercel  »  ;  un  sonnet  sur  l'anagramme 
de  M'"8  de  Villeneuve  (fol.  *  5  vo)  :  une  pièce  à  la  louange  de 
M'"o  d'Achey,  donnant  en  acrostiche  :  Jehanne-Baptiste  de 
Peloux  (fol.  *  6)  ;  deux  sonnets  en  l'honneur  de  la  même  dame  ; 
quatre  distiques  latins  adressés  à  Anthoine  Du  Verdier, 
«  Musarum  patronus  »  (fol.  *  7)  ;  deux  petites  pièces  latines  de 
Jean  Petremand,  prêtre,  chanoine  de  la  Madeleine  de  Besan- 
çon, docteur  es  droits,  à  la  louange  de  Pierre  Matthieu;  un 
distique  latin,  trois  sonnets  français,  une  épigramme  italienne 
et  un  distique  grec,  signés  :  «  Johannes  Wilieminus,  medicus 
Arhosinus  »  (fol.  *7  v»*  8);  huit  distiques  latins  de  Pierre  Mat- 
thieu, père  du  poète  (loi.  **  l);  une  pièce  latine  signée  de 
«  Nicolaus  Lordellius,  Friburgensis  Haralongorum  »  ;  une 
longue  pièce  en  distiques  de  «  Joannes  Germanus,  Bajotius 
Bruntutanus  »  (fol.  **  1  V);  deux  petites  épigrammes  latines 
du  même  (fol.  **  2  v°);  deux  distiques  de  G.  R.  R.  G.  ;  un  son- 
net de  Benigue  Poissenot,  «  docteur  aux  loix  »;  quatre  dis- 
tiques latins  de  Claude  Receveur,  «  Vercellanus  »  (fol.  **  3)  ; 
un  sonnet  d'Antoine  Junot  (fol.  ♦*  3   V);  le  Prologue;  les 


246  L.  —  JEAN  WILLEMIN. 

Faillies  plus  remarquables  survenues  à  Vhnpresslon  (dernier  f. 
lim.). 

Bibliotb.  nat.,  Yf.  3890.  Rés.  -  Biblioth.  Mazarine,  22  043.  — 
Biblioth.  de  Besançon,  B.-L.  3538. 

Voici  les  diverses  pièces  composées  par  Willemin  pour 
recommander  la  tragédie  de  son  ami  : 

Ad  dominum  Matthaeum,  virum  doctissimum. 

Pulehra  canis,  dominoque  tuo  dignissima  Phebo  ; 
Sed  magis  est  domina  digna,  poêla,  tua. 

Sonnet  à  monsieur  Matthieu,  VAppollon  de  mes  muses. 

Entrez  dans  l'obscurté  de  mes  plus  sombres  bois, 
Nimpbes,  [si]  desirez  d'ouir  la  haute  lire 
Du  Iresçavant  Matthieu,  car  en  moy  il  respire, 
Et  de  luy  je  prens  air,  nombres  et  sons  et  voix. 

C'est  luy  le  favori  des  dieux,  et  en  luy  vois 
Appolon  renaissant  et  un  Mars  qui  souspire 
N'osant  le  regarder  ;  Esculape  l'attire  ; 
De  Pallas  les  douceurs,  ô  Matthieu,  tu  reçois  ; 

Et  puis  prodiguement,  dedans  la  forest  sombre, 

T'esgayant  es  beautés  de  quelque  frescheur  d'ombre. 
Tu  espans  en  mon  sein  l'air  de  ta  gayeté. 

Ainsi  je  suis  feuillu  et  florissant  toute  heure 

Pour  ce  que  ce  Matthieu  en  mon  esprit  demeure 
El  que  de  son  nectar  enivré  j'ay  esté. 

Autre  Sonnet  audict  sieur. 

J'aime  en  toy,  ô  Matthieu,  ceste  grande  prudence 
Et  admire  l'esprit  qui  te  rend  bien  heureux  ; 
J'accolle  ta  bonté  et  motz  ingénieux, 
N'oubliant  ton  sçavoir,  la  grâce  et  éloquence. 


L.  —  JEAN  WILLEMIN.  247 

Veux-tu  que  sans  farder  je  parle  en  ton  absence? 
Vivant  on  te  verra  j  usqu'au  pas  ombrageux 
(Idée  les  Esprits]  au  fleuve  oblivieux 
Lavé  de  ces  liqueurs  qu'on  lave  la  science." 

La  terre  aussi  ne  peut  mériter  si  grand  gloire 
Et  ne  sçait  deuement  faire  de  toy  mémoire  ; 
Mais  au[x]  cieux  est  le  los,  qui  l'a  mieux  mérité. 

Je  consacreray  donc  aux  cieux  mes  vers  et  lire, 
Notant  mes  sons  en  luy  pour  tresbien  les  escrire 
Au  burin  immortel  de  son  éternité. 


Auti^e  Sonnet  audict  sieur. 

Sibille  je  ne  suis  desdagneuse  et  despite 

Pour  élancer  aux  vents  les  saincts  et  doctes  vers  ; 
Ce  n'est  aux  fleuves  grands  que  tes  nombres  divers 
Apollon  a  tracé,  il  en  fait  autre  eslite  ; 

Car  ce  génie  tien,  ceste  sacrée  conduicte, 
Que  nature  te  donne  à  laquelle  tu  sers, 
Veut  que  tes  escris  soyent  cogneus  par  l'univers, 
Gomme  un  filz  d'Apollon  estre  cogneu  mérite. 

Ta  main  cent  mille  fois  je  baise  en  mon  esprit  ; 
J'adore  encor  cent  fois  les  vers  qu'elle  a  escrit  ; 
J'admire  leur  douceur  et  aime  leur  cadance. 

Gomme  pourrois  je  donc  arrière  les  jetter, 
Dans  un  gou2"re  profond  soudain  précipiter 
De  les  plonger  au  creux  d'une  sotie  obliance? 


Al  medesimo  signor. 

Aima  gentil,  che  tutte  l'altre  unici 

(Se  tanto  ai  versi  miei  premetter  lice), 
lo  farô  ch'el  tuo  nom'  felice 
Le  che'  non  sentrà  mai,  ne  le  mie  charte. 
Ne  tacerô  sî  pur  sia  ch'io  cominci 


248  L.  —   JEAN  WILLEMIN. 

Far  uscir  i  bei  rami  di  tel  radice 
Che  per  te  spendon  i  a  le  [?]  in  ogni  parte. 
Sta  sano  et  felice. 

Il  tuo  obedientissirao  : 

J.   V. 

'0  CfOévOÇ   IffTl  XïXtffTOV. 

'O  cpôôvoç  ocÛtoç  éauTÔv  sciç  PeUsgci  Saay.^£[. 
Ipsa  suis  telis  se  domat  invidia. 

JOHANNES  WiLLEMINUS, 

medicus  arbosinus. 


LI 


ODET  DE   LA   NOUE 


Odet  de  la  Noue  était  le  fils  aîné  du  célèbre  François  de  La 
Noue,  dit  Bras-de-Fer,  et  de  Marguerite  de  Téligny  '.  On  ignore 
la  date  précise  de  sa  naissance,  que  Font  peut  placer  approxi- 
mativement entre  1558  et  1560.  François  ayant  été  appelé  dans 
les  Pays-Bas  par  le  prince  dOrange,  en  1578,  le  sieur  de  Té- 
ligny (c'est  le  nom  qu'Odet  porta  d'ordinaire  du  vivant  de  son 
père)  l'y  accompagna  et  prit  une  part  active  à  la  lutte  contre 
les  Espagnols. 

Le  10  mai  1580,  François  de  La  Noue  fut  fait  prisonnier  à 
Ingelmunster;  il  fut  retenu  dans  une  étroite  captivité.  Odet 
continua  la  guerre  pendant  plus  de  quatre  ans  ;  mais,  au  mois 
de  novembre  158i,  il  fut  victime  d'une  imprudence  et  tomba, 
lui  aussi,  au  pouvoir  des  Espagnols.  Bien  qu'il  eût  les  clavi- 
cules fracassées,  il  fut  conduit  à  Gand,  puis  il  eut  pour  prison 
le  château  de  Tournai.  Dans  ce  château,  le  jeune  capitaine  ne 
fut  pas  aussi  étroitement  muré  que  l'était  son  père  à  Limbourg. 
Le  gouverneur,  un  Italien  nommé  Matteo  Corvini,  eut  pour  lui 
de  grands  égards,  et  consentit  même  à  lui  prêter  de  largent. 
Corvini  avait  un  parent  (un  frère  sans  doute),  qui  cultivait  la 
poésie.  Peut-être  se  piquait-il  lui-même  de  faire  des  vers,  et 
donna-t-il  des  leçons  d'italien  à  son  prisonnier.  Une  lettre 
écrite  par  Odet  à  sa  mère  à  la  date  du  17  juin  1586,  après 

i.  Voy.  Haag,  France  protestante,  IV,  pp.  296-304. 


250  LI.  —   ODET   DE    LA  NOUE. 

qu'il  avait  eu  la  joie  de  recevoir  la  visite  de  son  père,  rendu  à 
la  liberté  le  28  juin  1585,  nous  donne  de  curieux  détails  sur 
les  occupations  auxquelles  il  se  livrait. 

Après  avoir  énuméré  les  dettes  qu'il  a  dû  contracter  et  sol- 
licité quelques  secours  d'argent,  le  sieur  de  Téligny  parle  de 
son  luth  et  de  son  épinette,  puis  il  ajoute  :  «  J'ay  une  autre 
debte  qui  est  tout  mon  extraordinaire,  ascavoir  trente  escusà 
un  libraire  qui  ma  jusques  icy  tousjours  fourni  à  crédit;  mais 
à  cette  heure  il  me  solicite  fort  de  le  payer,  ce  que  j'espère 
faire  si  vous  me  mandés  de  quoi,  dont  je  vous  supplie.  Quant 
au  reste,  je  me  porte  fort  bien,  grâces  à  Dieu,  et  continue 
tousjours  de  recevoir  le  bon  traitement  que  je  vous  ay  tous- 
jours  mandé  avoir  du  seigneur  castellan  Mattio  Corvini'  et  du 
seigneur  Lorenzo  Grotty^  son  al  fier,  ausquels  j'ai  beaucoup 
d'obligation  poui'  les  courtoisies  que  j'en  ay  receues.  Je  passe 
Je  temps,  ou  plustot  le  temps  me  passe,  en  estudiant,  qui  est 
mon  seul,  mais  suffisant  plaisir.  Mon  père  me  mande  que 
j'apprenne  la  langue  italienne;  c'est  pourquoy,  pour  lui  faire 
paroistre  ce  que  j'en  sçay,  je  lui  escris  en  ce  langage,  m'asseu- 
rant  que  je  seray  plustot  excusé,  ou  présumant  de  le  devoir 
estre  si  je  l'escris  mal,  pour  avoir  esté  en  si  mal  plaisante 
escole  qu'une  prison,  que  si  j'avois  esté  au  pays  d'où  il  vient. 
C'est  pourquoy  je  n'ay  pas  fait  doubte  de  l'exposer  au  jour  pour 
estre  censuré.  J'auray  peut-estre  encore  assez,  voire  trop,  de 
temps  de  l'apprendre  icy  plus  parfaitement. .  .^  » 

L'étude  de  la  langue  italienne,  que  François  de  La  Noue 
recommandait  à  son  fils  ne  pouvait  que  lui  être  fort  utile,  sur- 
tout dans  cette  guerre  des  Pays-Bas,  où  don  Juan  d'Autriche 
ot  le  duc  de  Parme  étaient  entourés  de  gentilshommes  et  de 
soldats  venus  d'au-delà  des  monts.  Les  Français  s'amusaient 


1.  Le  texte  imprimé  porte  Coriuni. 

2.  Le  texte  imprimé  porte  (îmitty. 

o.  La  Vie  de  François,  Selyneur  de  La  Noue,  dit  Bras-de-Fer . . . ,  par 
M.  Moyse  AmirauU  ([.eide,  Jean  Elsevier,  1661,  in-4),  pp.  301-303. 
—  l)ans  les  interlignes  Odet  avait  écrit  en  encre  invisible  une  seconde  lettre 
adressée  à  son  père.  Amirault  l'a  également  reproduite  d'après  l'original, 
pp.  304-307. 


LI.  —   ODET   DE   LA   NOUE.  251 

même  parfois  à  parodier  le  jargon  moitié  italien,  moitié  espa- 
gnol de  leurs  adversaires,  comme  le  fait  Fauteur  inconnu  d'un 
Pasquino  macaronique  composé  en  1578,  et  dont  nous  donne- 
rons ici  les  premières  strophes  : 

Pietà,  pietà,  ch'ogni  speranza  è  persa! 
Porgi  socorsi  a'  miseri  Fiamenghi 
E  fa  ch'alli  Spagnoli  il  mal  an  venghi, 

Pater  noster  ! 

Questi  son  quelli  che  sopra  la  croce 
Sempre  li  fecero  et  ti  fan  la  guerra, 
E  pieggo  ti  farian  se'  fosti  in  lerra, 
Qui  es  tn  cœlis. 

La  prima  sera  che  aile  case  arrivano, 
Gon  le  lor  parolette  humanamente 
Ogniuu  direbbe  certissiraamente  : 

Sanclificelur  ! 

Et  si  dimonstrau  a  l'inlrar  dolcemente, 
Basciandoli  la  mano  a  torno  a  torno  ; 
Da  poi  rinegan  mille  volte  il  giorno 
Nomen  tuuni. 

Et  quando  son  nella  casa  allogiati, 
Al  primo  traite  per  tutto  riguardan 
Y  miran  ogniun  bieu,  e,  se  nulla  gli  agrada, 
Adveiiiat! 

Et  in  loco  di  santos  ravanillos 

Cridan  :  «  Gdponi  e  pollastri  fa  raestiero  !  » 
E  non  le  basterian  un  jorno  entiero 
Regnum  tuum. 

Dicendo  :  «  Hola!  porta  quella  robba, 
Seno  chieres  mori)\  poercho  villano  !  » 
A  tal  che  si  convienne  dir  pian  piano  : 
«  Fiat  voluntas  tua  !  » 


t.  Ms.  si. 


252  LI.  —  ODET   DE   L\  NOUE. 

Discacia  fuor  di  Fiandria  lai'  marani 

Poichè  ti  fanno  sempre  e  a  noi  la  guerra  ; 
Fa  che  di  loro  non  sia  memoria  in  terra 
Sicut  in  coelo  ! 

Et  poichè  sono  estimati  infideli 

Conlra  la  fede  di  santo  Evangelio, 
Fâche  sian  maledelli  lasù  in  cielo 
Et  in  terrai 

Odet  de  La  Noue  rima  donc  en  italien  ;  mais  il  n'aborda  que 
la  poésie  amoureuse.  Pétraque  fut  son  modèle,  comme  il  fut 
le  modèle  de  tous  les  étrangers  qui  au  xvi«  siècle  cultivèrent 
les  muses  italiennes.  Le  prisonnier  échangeait  les  sonnets  et 
les  madrigaux  avec  Antonio  Corvini,  qui  était  vraisemblable- 
ment le  frère  de  Matteo.  De  ce  commerce  littéraire  est  sorti 
un  assez  curieux  recueil  qui  ne  paraît  pas  avoir  jamais 
été  destiné  à  l'impression.  En  voici  la  description  : 

Le  prime  Rime  di  Odette  Délia  Nua,  essendo  prigione  nel 
castello  di  Tornai,  tutte  scritte  al  signor  Antonio  Corvini  o  in 
risposta  délie  sue. 

Le  volume,  écrit,  d'une  bonne  main  italienne,  se  compose 
de  67  ff.  paginés  de  [1133]  à  ,  de  3ff.  blancs  et  de  2  ff.  de  table. 
Il  se  divise  en  deux  parties:  la  1"  (pp.  1-56)  contient  les 
œuvres  d'Ode t  de  La  Noue.  Les  pp.  57-60,  destinées  à  recevoir 
des  additions,  sont  restées  blancbes.  Les  pp.  61-62  contiennent 
la  table  des  pièces  contenues  dans  celte  première  partie.  Les 
pp.  63-64  sont  blanches.  Le  reste  du  volume  est  occupé  par 
les  poésies  d'Antonio  Corvini. 

Biblioth.  nat.,  ms.  il.  1640. 

Voici  le  détail  des  œuvres  de  La  Noue,  avec  l'indication  de 
quelques  pièces  que  M.  Flamini  a  reproduites  en  tout  ou  en 
partie  dans  ses  Slmii  di  sloha  lelteraria,  1895,  pp.  370-381  : 

P.   1 ,  Sta7iza. 

Se  il  nostro  fuoco  hoggi  ha  tanta  possanza  (8  vers).  — 
Flamini,  p.  377. 

1.  Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  22  563,  1,  foi.  IG. 


LI.  —   ODET   DE   LA   NOUE.  283 

P.  2.  Stanze. 

Signor  mio  caro,  non  pigliate  a  sdegno...  (5  octaves). 
P.   3.   Tre  Sonetli. 

D'Achille  non  sarià  stato  il  valore, . . 

L'Amor,  corne  è  dipinto,  havea  coperto... 

S'in  mezzo  délia  pena  e  del  lormento. .. 
P.   5.  CapUolo  in  risposla  di  quello  che  comincia  :  lo  so  che 
havete  inteso. . .,  a  carta  124. 

Se,  per  dolersi  de  l'altrui  tormento. . .  (15  tercets). 
P.  7.  Sonetlo  in  risposla  d'una  stansa  che  comincia:  Se  nave 
che  [nel  mar]. . .,  a  carta  125. 

Di  rallegrarsi  e  lieto  havere  il  cuore. . . 
P.  8.  Capilolo. 

Non  voglio  mai  raggionar  che  d'Amore. . .  (17  octaves). 
—  Flamini,  p.  373,  reproduit  la  première  octave. 
P.  13.  Sonetto. 

La  neve  si  vedeva  in  ogni  luoco. . . 

—  Sonetto. 

Benchè  qualch'un  cou  raggione  m'accusa...  —  Flamini, 
p.  375. 
P.  14.  Sonetto  nella  persona  d\in  altro. 

Misero  è  ben  che  seguita  l'Amore. . . 
P.  15.  Sonetto  per  risposta  di  qualcheduni,  Vullimo  delli  quali 
era  quello  che  si  comincia:  Non  punse,  arse  o  lego..., 
a  carta  66. 
Benchè  nei  versi  vostri  pe'l  passato. . . 
P.  15.  Risposla  al  sonetto  che  comincia  :  Tu  che  nei  studi. . .,  a 
carta  126. 
Nelle  cose  d'Amor  ben  puoco  esperto. . . 
P.  16.  Sonetto. 

Per  forza,  per  inganno,  in  guerra,  in  pa:e. . . 
P.  17.  Vilanella. 

Se  con  raggion  dicano  mal  d'Amore...  —  Flamini,  p.  374. 

—  Sonetlo. 

Menlre  ch'ogn'un  da  si  bel  tempo  spinto. . . 
P.  18.  Canzone. 

Hor  che  del  freddo  inverno  i  veggo  il  gielo. . . 
P.  22.  Sonetto sopral'anagramma  d'Antonio  Corvinl:  lo  vinca 
intorno. 

L'altra  mattina,  all'hora  che  più  vero, . . 


254  LI.  —   ODET   DE   LA  NOUE. 

—  Dello  anagramma  di  Odet  de  La  Noue  :  Devot'a  le  done. 

Sonetlo. 
Se  in  eambio  délia  doglia  e  del  lamento. . .  —  Flamini, 
p.  373. 
P.  23.  Canzone  sestina. 

Passato  havevo  già  sei  anni  in  guerra. . . 
P.  25.  Sonetlo. 

Passi  chi  vuole  in  festa,  in  ballo  e  in  giuoco. . . 

—  Sonetto. 

Quel  chi  una  volta  si  ritruova  involto. . . 
P.  26.  Capitolo. 

Quando  a  considerar  vengo  lo  stato  (22  tercets), 
P.  29.  Capitolo. 

Quindici  volte  s'è  vista  la  luna. . .  »  (49  tercets).  — Fla- 
mini, p.  372,  reproduit  trois  tercets. 
P.  34.  Sonetti. 

11  carnovallo  in  fine  è  andato  fuore. . . 

Nel  tempo  délia  dolce  primavera. . . 

In  riposta  di  queilo  che  comincia  :  Più  duro  lasso  etinfe- 

lice. . .,  caria  84. 
Più  preme  il  mal,  più,  per  haverne  pace... 
P.  36.  Li  seguenti  furonli  scriitl  e  mandali  a  Brussclla.  Sonelti. 
Se  quel  che  fece  le  Tebane  mura. . . 
Ardor  non  è  che  non  raflreddi  il  ghiaccio... 
Se  quanto  il  vostro  slile  ha  di  dolcezza. .. 
Non  temele  di  Marte  la  pereossa. . . 
Chi  non  a  voglia  d'andare  alla  guerra. . . 
P.  39.  Capitolo. 

lo  so  che  anch'io  ho  falto  un  tempo  pruova. . .   (35  ter- 
cets). 
P.  43.  Sonetto  per  riposta  di  queilo  che  comincia  :  Ditemi  un 
puoco,  a  carta  127. 
Dorme  la  Musa,  oimè,  dorme  l'ingegno. .. 

—  Due  Sonetti  per  riposta  delli  duoi  che  comlnciano  :   0 

illustre  Odetto...  e  Se  tardo  a  dir  di  vol...,  carta 

127  e  128. 
Non,  non  l'ingegno  mio  già  non  afîelta... 
Se  tu  Iruovi  hor  nella  mia  bassa  rima. . . 
P.  45.  Capitolo  per  riposta  a  queilo  che  comincia  :  Di  le,  for- 

tuna...,  a  carta  129. 


H.  —  ODET   DE  LA  NOUE.  255 

Quanto  m'incresca  del  tormento  vostro...  (53  tercets). 
P.  51.  Sonetlo. 

Una  medesraa  sorte  nello  amore. 

—  A  Febo,  pel  signor  Antonio  Corvini.  [Sonetii]. 

Se  medico  tu  sei,  patron  di  Delo. . . 

lo  dirô  che  da  niente  non  sei  buono. . , 
P.  53.  Madrigale. 

Veddi  la  carta  ove  i  tuoi  bei  concetti. . . 
P.  54.  Madrigale. 

Tutto  in  un  tempo,  e  Marte,  e  Morte  et  Amore. . . 
P.  55.  Sonelto. 

Già  fù  una  lancia  alla  punta  incartata. . . 
P.  5G.  [Soneili]. 

Credime,  Ciartier  niio,  che  senza  pena. . . 

Se  succedendo  al  buono,  al  tempo  rio... 

Les  trois  derniers  sonnets  sont  des  additions  postérieures. 
Le  premier  des  trois  a  pu  être  ajouté  à  la  table;  les  deux 
autres  n'y  figurent  pas. 

Les  poésies  de  Corvini  qui  forment  la  seconde  partie  se 
composent  de  75  sonnets,  6  capitoli,  6  canzoni,  2  stanzeetun 
madrigal.  Elles  sont  intitulées  :  Le  Rime  del  signorc  Antonio 
Corvini.,  composte  in  favore  d\ma  beUissima  gentildonna  val- 
lona,  1586. 

Le  début  de  la  Canzone  sestina  (p.  23),  qui  contient  un  ren- 
seignement biographique  intéressant,  permettra  de  juger  des 
vers  de  La  Noue  : 

Passalo  havevo  già  sei  an  ni  in  guerra 
Felice  assai,  quando  mia  dura  sorte, 
Per  pagarmi  délia  oflerta  pena, 
Mi  caccio  drento  una  stretta  pregione 
Ove  ho  provato  assai  rio  tormento,  5 

Fin  che  soccorso  m'habbia  dato  Amore. 

lo  non  sapeo  che  cosa  fosse  Amore, 

Che  seguitato  haveo  sempre  la  guerra; 

Ma,  per  pietade  del  duro  tormento 

Che  mi  premea,  mi  diede  la  mia  sorte  10 

In  apparenza  ancora  una  pregione, 

Ma  per  effelto  mi  toise  di  pena. 


256  LI.  —    ODET   DE   LA  NOUE, 

Stimavo  inanzi  esser  estrema  pena 
Vedersi  involto  nel  laccio  d'Amore, 
Che  ogn'un  vedeo  fuggirne  la  pregione         lo 
Più  mille  volte  che  quella  di  guerra; 
Ma,  pel  favor  d'una  benigna  sorte, 
Di  tutte  due  so  hor  il  bene  e  il  tormenlo... 

Antonio  Corvini  n'était  pas  le  seul  à  échanger  des  vers  avec 
le  prisonnier.  Celui-ci  avait  à  Tournai  d'autres  émules  en 
poésie.  Il  en  nomme  lui-même  trois  (p.  43)  : 

Ciarlier  s'allegra  in  araorosa  spene, 
Gurtembu  sempre  mai  vive  felice, 
Gode  l'alfier  mio  disialo  bene. 

Nous  savons  déjà  que  Valfiero,  c'est-à-dire  l'enseigne  ou 
l'aide-de  camp  du  gouverneur,  s'appelait  Lorenzo  Grolli.  Quant 
aux  deux  autres  personnages,  ils  nous  sont  inconnus.  Chartier, 
ou  Charretier,  dont  le  nom  figure  en  tète  du  dernier  sonnet 
du  recueil,  était  enfermé  comme  Odet,  dans  le  château  de 
Tournai;  mais  notre  auteur,  qui  lui  dédie  plusieurs  des  odes 
imprimées,  en  1594,  dans  les  Poésies  chrestiennes  (p.  183, 18G, 
193,  220,  223).  nous  apprend  lui-même  (p.  220)  que  son  ami 
fut  mis  en  liberté  avant  lui.  Quant  à  Curtembù,  il  appartenait 
probablement  à  une  famille  gantoise,  et  son  véritable  nom 
devait  être  Curtenbosch'. 

Le  sévère  t^rançois  de  La  Noue  ne  goûta  probablement  pas 
les  compositions  amoureuses  de  son  fds  ;  aussi  celui-ci  renonça- 
t-il  bientôt  à  pétrarquiser.  Il  revint  au  français  et  rima  des 
Paradoxes  sur  les  adversités.  Odet  ne  recouvra  la  liberlé  qu'en 
1591,  quelques  jours  avant  la  mort  de  son  père,  dont  il  ne  put 
même  recevoir  le  dernier  soupir.  Il  servit  alors  Henri  IV,  et 
resta  fidèle  à  la  cause  des  protestants.  Les  frères  Ilaag  ont 
résumé  les  événements  de  sa  vie.  Disons  seulement  (|u'il 
mourut  à  Paris  au  mois  d'août  1617. 


1.  Sur  Jean  de  Ciirleiilioscli.  qui,  vers  la  fin  de  15i5,  se  rendit  au  concile 
de  Trente,  voy.  l*aqiiot,  Mémoires,  1758,  in-lol.,  il,  p.  198. 


<k 


LI.   —   ODET  DE   LA.    NOUE.  257 

Voici  une  liste  sommaire  des  ouvrages  d'Odet  de  La  Noue 
qui  nous  sont  connus  : 

1.  On  trouve,  au  w  du  titre  de  la  Resolution  claire  et  facile 
sur  la  quesiion  tant  de  fois  faite  de  la  prise  des  armes  par  les 
inférieurs  (A  Basle,  par  les  héritiers  de  J.  Oporin,  1575,  in-16), 
un  sonnet  intitulé  :  Parxnetique  à  la  noblesse  et  à  tous  autres 
François  de  bon  cœur  armés  pour  résister  à  la  tyrannie.  Ces 
vers  sont  signés  0.  D.  L.  N.,  et  Ton  peut  avec  quelque  vrai- 
semblance les  attribuer  à  Odet  de  La  Noue.  Plusieurs  biblio- 
graphes ont  eu  tort  d'en  conchu'e  que  la  Resolui ion  devait  èlre 
son  œuvre  ;  un  tel  discours  ne  peut  avoir  été  composé  par  un  ^,\p 
jeune  homme  qui  n'avait  peut-être  pas  dix-lwrit-ïïTTs.  Du  reste, 
les  vers  ont  disparu  de  la  réimpression  donnée  sous  la 
rubrique  de  Reims,  par  Jean  Mouchar,  1577. 

2.  Prime  Rime.  Voy.  ci-dessus,  p.  252. 

3.  Paradoxe  que  les  adversitez  sont  plus  nécessaires  que  les 
prosperitez  et  qu'entre  toutes  Testât  d'une  estroitte  prison  est 
le  plus  doux  et  le  plus  profitable.  Par  le  seigneur  de  Teligny. 
.4  La  Rochelle,  Par  Hierosme  Haultin,  1588.  In-8. 

Ce  recueil  est  dédié  à  François  de  La  Noue  par  une  épître 
datée  du  château  de  Tournai,  le  23  novembre  1S87.  On  trouve 
en  tête  :  trois  distiques  latins  signés  A.  D.  A  la  fin,  on  lit  un 
sonnet  de  P.  G.  D.  F.  [Philippe  Canaye  de  Fresne],  un  sonnet 
de  Joseph  Du  Ghesne  et  deux  sonuets  de  J.  de  Ghan. . . 

Biblioth.  de  A^ersailles,  E.  46i  c 

Une  autre  édition  parut  en  la  même  année  1588  :  Par  Jean 
de  Tournes,  impv.  du  voy  à  Lyon,  iu-8.  Voy.  Gat.  Lignerolles, 
1894,11,  no  996. 

Le  poénie  fut  traduit  en  anglais  au  commencement  du 
xvn*^  siècle  :  Tke  Profil  of  Imprisonment,  a  Paradox,  WrlUen 
in  French  by  Odet  de  La  Noue,  Lord  of  Teligny,  being  Prisoner 
in  Ihe  Castle  of  Tournay,  translated  by  Josuali  Sylvester.  La 
version  anglaise  se  trouve  à  la  suite  des  œuvres  de  Du  Bartas 
traduites  par  Josuah  Sylvester,  1611,  in-4,  pp.  ["77]-814. 

n.  -  17. 


258  ~  LT.   —   ODET   DE   LA   NOUE. 

4.  Poésies  chrestiennes  d'Odet  de  La  Noue.  Pour  les  héritiers 
d'Euslache  Vignon.  1504.  S.  l.  [Genève],  in-8. 

Recueil  publié  par  Joseph  Du  Ghesne,  sieur  de  La  Violette. 
—  Biblioth.  nal.  Ye.  7i6l  et  Rés.  Ye.  2002.  —  Biblioth.  de 
M'"^  Alfred  André. 

Le  Paradoxe  est  réimprimé  dans  les  Poésies  chrestiennes, 
pp.  273-311. 

5.  Avis  de  M.  de  La  Noue  sur  In  fortification  de  la  ville  [de 
Genève]  en  la  visite  qui  fut  faite  le  lundi  iV.  aousl  1610. 

Archives  de  Genève,  ms.  2374. 

Quant  au  Dictionnaire  des  rimes,  que  les  frères  Haag  attri- 
buent à  Odet  de  La  Noue  d'après  les  auteurs  de  la  Méthode 
latine  de  Port-Royal,  il  parait  être  l'œuvre  de  Pierre  de  La 
Noue,  le  traducteur  des  traités  de  Guido  Panciroli  (1617). 

Une  importante  lettre  d'Odet,  datée  de  Middelbourg,  le 
12  septembre  1583,  a  été  publiée  par  M.  Kervyn  de 
Volkaersbeke  dans  la  Correspondance  de  François  de  La  Noue, 
1854-,  p.  2^7.  Nous  avons  cité  déjà  la  lettre  du  17  juin  ir)80 
imprimée  par  Moïse  Amirault. 


LU 


GABRIEL   DE   GUTTERRY 


Gabriel  de  (îutteiTy,  originaire  de  Cliiny,  ne  s'est  pas  borné, 
comme  la  plupart  des  auteurs  que  nous  avons  cités,  à  com- 
poser quelques  rimes;  nous  lui  devons  de  vrais  ouvrages. 

Gabriel  était  fils  de  Jean  de  Gulterry,  médecin,  qui  nous  a 
laissé  une  traduction,  souvent  réim[>rimée,  des  Epistolas 
d'Antonio  de  Guevara'.  Jean  était  mort  vers  1565.  L'auteur 
anonyme  de  La  Légende  de  doinp  Claude  de  Guyse,  abbé  de 
Clunij,  accuse  ClandedeTavoir  fait  empoisonner-.  Ses  enfants, 
que  le  même  auteur  dit  avoir  été  «  détruits  »,  ne  furent  sans 


1.  Les  Epistres  dorées,  morales  et  familières  d'Anloine  de  Giievare, 
tradmles  d'espa/jnol  en  fraiirois  par  le.  seigneur  de  GuUerrij,  docteur  eu 
médecine.  Lyon,  iMacé  Bonliomine,  1556  (1557  et  155f^),  iii-4. 

Ces  lettres,  complétées  par  l'adjonclioii  d'un  U'oisième  livre  traduit  par 
Antoine  Du  Pinet,  sur  la  version  italienne  d'Alfonso  de  Ulloa,  reparurent  à 
Lvon  en  1560  et  1588;  à  Paris  en  1563,  15(35,  1570,  1573,  1577,  1579, 
1580,  1588  et  1590;  à  Anvers  en  1577  et  en  1591. 

2.  «  La  poison  (ju'il  lit  au  mesme  temps  donner  au  seigneur  de  Guterrv, 
son  médecin,  et  de  laquelle  il  uiourut,  on  n'a  jamais  peu  sçavoir  l'occasion. 
Les  uns  tiennent  que  c'estoit  pour  le  refus  de  mille  ou  douze  cents  escus, 
qu'il  vouloit  branqueter  à  son  médecin,  autres  que  c'estoit  pour  mettre  en 
reserve  sa  prébende  et  gages  de  médecin,  ce  qui  est  vravsemblable,  car 
depuis  ce  temps  les  povres  religieux  ont  presque  tousjours  esté  destituez  de 
médecins.  Bref,  pour  mettre  en  sa  bourse  trois  on  quatre  cens  livres  par  an 
au  plus,  que  pouvoit  avoir  son  médecin,  il  l'a  fait  empoisonner,  et  après 
destruire  ses  enfans  qui  estoient  riches  de  plus  de  trente  ou  de  quarante 
mil  livres,  ainsi  qu'il  sera  dit  cy-après  en  son  ordre.  »  Légende  de  domp 
Claude  de  Guijse.  1581,  dans  les  Mémoires  de  Coudé,  VI,  ii.  p  5(3,  —  La 
première  édition  de  ce  factum,  intitulée  Légende  de  saint  ?\iraise,  avait 
paru  en  1574.. 


260  Lir.  —   GABRIEL    DE    GUTTERRY. 

doute  que  ruinés.  Gabriel,  victime  des  mauvais  procédés  de 
rabbé\  dut  aller  jeune  en  Italie. 

Il  fit  ses  études  de  droit  à  l'université  de  Padoue  et  séjourna 
longtemps  dans  cette  ville,  où  il  fut  élu  conseiller  pour  la 
nation  de  Bourgogne  le  13  août  1583'-.  Il  en  fut  tiré  par  le 
jeune  Charles  de  Neufville  de  Villeroy\  seigneur  d'Alincourt, 
lils  de  Nicolas  de  Neufville,  seigneur  de  Yilleroy,  qui  était 
alors  secrétaire  d'Etat.  Il  entreprit  nous  ne  savons  quel 
voyage  sur  mer;  mais  il  fit  naufrage  prè.s  de  Gènes,  perdit 
tout  ce  ([u'il  possédait,  et  dut  appeler  à  son  aide  le  fils  du 
ministre. 

Pour  reconnaître  l'aide  que  lui  donna  ce  protecteur,  Gabriel 
de  Gutleny  fit  imprimer,  en  1586,  un  opuscule  qu'il  avait 
composé  à  Padoue,  et  pria  M.  d'Alincourt  d'en  accepter  la 
dédicace. 

Voici  le  titre  de  cet  opuscule,  aujourd'hui  fort  rare  : 

La  II  Camilletta  II  diGutterryClu  ||  gnicese.  î|  Airillustrissimo 
Signor  Dalinjl  court.  Gentiihuomo  ordinario  ||  di  Caméra  del 
We  Christianissimo.  Il  //*  Pnrigi,  \\  Aprpxso  GiiUpIiho  GinVumo,  \\ 
ni  spgiw  (le  lAmicUia.  \\  158().  ||  Con  Priuilegio.  Tn  S  de  172  pp., 
1  f.  contenant  seulement  un  fieuron,  et  1  f.  blanc.  —  On  lit  à 
la  fin  :  Slempnla  [sic]  in  Parigi  \\  alli  4.  Agosto.  \\  M.  I).  LXXXVP. 

1 .  L'aiitiMir  du  pnmplilet  ri(c  mentionne  en  passant  la  «  piperie  «  que 
Claude  de  (iiiise  a  a  faite  à  maistre  Gabriel  Gutlerv.  »  Mémoires  de  Condé, 
VI.  II.  p.  12. 

i.  Ari'li.  univ.  de  Padoue,  reg.  XIII,  fol.  1GI  V  ;  cf.  164.— Fne  inscrip- 
tion qui  se  voit  encore  dans  la  cour  de  l'Université  porte  le  nom  et  les 
armes  de  «  Gabriel  Gatirius,  liori^iindus  >;.  (Délia  unirersilà  di  Pudova. 
C.enni  ed  Iscrizioni,  Padova,  1841,  in-8,  p.  G.)  Il  faut  sans  doute  lire 
«  Guttrius.  » 

',).  Ciiarles,  que  nous  avons  eu  l'occasion  de  citer  déjà  (voy.  p.  125),  était 
né  vers  15G7.  A  son  retour  (rilalie.  il  servit  sous  Lesdii^uières  ,se  déclara 
en  faveur  de  la  Lii,Mie,  fut  nommé  gouverneur  de  Poiiloise  (I5(S9),  puis 
prévôt  de  Paris  (1!')'<2)  Il  vendit  fort  cJier  sa  soumission  à  IIiMU'i  IV,  ei  reçut 
par  surci'oît  le  gouvernemi'nl  du  Lyonnais.  Il  fut  charité  d'une  ambassade  à 
Rome  en  1G0O.  Nous  ne  le  suivrons  pas  jusqu'à  la  fin  de  sa  carrière. 
Ajoutons  seulement  qu'il  mourut  à  Lyon  le  18  janvier  1642.  Voy.  Anselme, 
Histoire  f/énralofjiqtte.  IV,  p.  Gil. 

i.  Rihiiiitli.  nat.,  Inv.  IL  25874,  exemplaire  de  Falconet  ;  —  notre 
bibliothèque. 


LU.  —   GABRIKL    DE   GUTTERRY.  261 

Dans  l'épître  dédicatoire,  datée  de  Paris,  le  15  juillet  1580, 
Gabriel  de  Gutterry  s'exprime  ainsi  : 

(i  Non  credo  gicà,  illustrissimo  signer  mio,  che  lo  spavento 
del  luono  che  ebce  dalle  colubrine  commessevi  in  arbitrio, 
mercè  il  valor  el  seniio  vostro,  in  elà  pur  leuera,  dall'  eccel- 
lentia  del  signor  duea  d'Umaine,  in  sussidio  dell'  afïlilio  nostro 
regno,  vi  habbi  levato  dalla  menle,  e  con  rombra  del  superbo 
slendardo  pur  bora  dal  eccelentissiiuo  signor  duca  di  Gioiosa 
consegnalovi,  adombrata  la  raemoria  del  naufragio  ch'io  feci 
presso  Genova,  délie  più  care  cose  che  in  Padova  con  faticbe 
infinité  in'ero  acquistalo.  Hora  dee  sapere  V.  S.  illuslrissinia 
coma  in  quel  punie,  in  dispreggio  délia  malvagità  di  foriuna, 
s'ingravidô  la  mia  menle  di  ({uesla  fanciulla  chiamala  per 
nome  CamilleUa,  la  quale,  venula  in  luce  sollo  il  nome  di  V. 
S.  illuslrissima,  più  felicemenle  che  non  fa  alcun  allro  parto 
d'human  semé  sollo  il  piauelta  di  Giove  o  di  Lucina,  digià 
accenna  iu  allô  faueiullesco  di  volersi  ricoverar  nelle  braccia 
del  suo  benefalore. . .  » 

L'auteur  n'ignore  pas  les  défauts  de  cette  enfant  : 

«  Gome  chè,  essendo  ella  forestiera,  non  habbia  quella  lin- 
guina  Ihosca  che  si  richiede  a  chi  vuol  comparir  innanzi  una 
brigata  dalla  cui  amorevolezza  spera  d'acquistarsi  qualche 
credilo,  pur,  cosi  schiela,  senza  liscio  ne  vezzo  dal  di  délie 
leste,  vi  si  fà  innanzi,  non  curandosi  più  che  tauto  dell'  altrui 
cingueltare,  purchè  a  voi  piaccia.  Percio  a  vol  solo  si  rivolge, 
voi  solo  lasinga  el  in  voi  al  ben  et  al  maie  s'altiene.  » 

En  terminant,  Gutterry  remercie  son  bienfaiteur  des  faveurs 
qu'il  a  bien  voulu  lui  accorder  en  Italie  neuf  mois  auparavant 
(il  gran  favore  già  nove  mesi  in  Italia  da  voi  usatogli).  «  De 
ces  faveurs,  ajoute-t-il,  fera  foi  le  terroir  de  Padoue  dont  votre 
main  amie  est  venue  m'arracher  »  : 

Ne  farà  fede  il  terren  Padovaao 
Donde  mi  toise  l'amica  voslra  mano. 

L'ouvrage  qui  porte  le  nom  de  CamilleUa  n'est  pas  à  pro- 
prement parler  un  roman.  L'auteur  feint  qu'un  ami  vient  le 


262  LU.  —   GABRIEL    DE    GUTTERRY. 

tirer  de  ses  rèvertes  et  de  sa  solilude,  et  le  conduit  dans  une 
campagne  délicieuse  où  plusieurs  jeunes  femmes  rient  et 
folâtrent.  Celles-ci,  pour  se  divertir,  décident  de  prendre 
chacune  un  amant,  au  moins  en  imagination,  et,  tour  à  tour, 
elles  énumèrent  les  qualités  qu'elles  voudraient  trouver  en  lui. 
Leurs  confidences  contiennent  çà  et  là  des  passages  piquants. 
Il  y  a  même  quelques  détails  curieux,  par  exemple  ceux  qui 
sont  relatifs  à  la  fauconnerie  (p.  61),  aux  luts  ip.  7^  ,  aux 
cadenas  de  chasteté  (p.  122).  Voici  comment  une  des  dames 
parle  des  Françaises  : 

«  Iraperô  riputo  benedette  et  felici  le  donne  di  Franza,  a  le 
quali  non  è  di  bisogno  d'usar  mezani  per  procacciarsi  l'amo- 
roso  piacere.  Scherzano  el  burlano  in  presentiadel  marito  con 
chi  lor  place,  seoza  niun  sospetlo.  Pur  credo  io  cbe  gli  errori 
vi  si  vegganG  minori,  attesochè  esse  sfogandosi  con  le  parole 
stanno  a  guisa  del  venio,  il  quale,  quinci  et  quindi  spargen- 
dosi,  men  otTende  che  quando  egli  è  ristretto  in  qualche 
spelunca,  onde  poi,  con  violenza  del  suo  fialo,  esce  con  luria, 
rovinando  per  piani  et  poggi  le  case  et  arbori  che  essi  [lis.  vi 
si  ■?]  incontrano.  Et  si  come  a  noi  la  prigion  in  cui  ci  riuchiu- 
dono  gli  nostri  mariti,  privandoci  cou  quella  non  solamente 
de  la  cara  vista  de  lamante,  ma  anco  d"infiniti  altri  solazzi  li 
quali  a  cbietine  et  pizzocchare  non  disdirebbono,  ci  sono  di 
niaggior  desiderio  accresciiuento  iu  goder  le  cose  vietate. 
Gosi  aile  donne  di  Franza  Tistessa  libertà  è  loro  un  freno  alla 
lussuria  '. . .  w 

La  nuit  vient  interrompre  les  raisonnements  de  Camilletta 
et  de  ses  compagnes  et  sert  en  même  temps  de  conclusion  à 
l'auteur. 

En  même  temps  que  l'ouvrage  dont  nous  venons  de  parler, 
Gutterry  en  fit  paraître  un  second  qui  est  devenu  presque 
introuvable.  En  voici  le  titre  : 


1.  La  Camilletta,  p.  125.  Sur  la  contrainte  où  vécurent  longtemps  les 
femmes  italiennes,  cf.  Adol])lie  Vautier,  Vayage  de  France...  Relation  de 
Sébastien  Locatelii  (Paris.  1905,  in -8),  pp'.  XLll-XLiil,  XLvn. 


LU.  —  GABRIEL   DE  GUTTERRY.  263 

La  Priapeall  di  Giiterry  ||  Clugnicese  al  !|  Mag.  Sig.  L.  D.  M. 
M.  D.  G.  Il  M.  D.  LXXXVr. 

L'auteur  est  censé  reproduire  une  conversation  surprise  par 
lui  à  Murano  entre  des  courtisanes  vénitiennes.  Le  sujet  de 
l'entretien  est  des  plus  singuliers  et  tout  à  fait  digne  des 
ttagioiiamenli  de  Pietro  Aretino,  que  Gutterry  s'est  proposé 
d'imiter.  Au  x"  du  titre  on  lit  un  Sonello  in  briglia  scioUii  aile 
genlUissime  donne.  Le  récit,  dont  le  style  est  extrêmement 
recherché,  et  dont  les  périodes  sont  interminables,  com- 
mence ainsi  au  fol.  Aij  : 

«  Puô  far  Doinenedio  che  tanli  grilli  mi  si  caccino  in  capo 
mentre  chè  dal  Gapitano  Senza  Monetta  non  mi  scompagno? 
Sara  mai  possibile  ch'  io  dia  luocho  a  si  strani  pensieri?  Hor 
mi  vieil  voglia  di  sfogarmi  adosse  de  cerli  gagliofïacci  et 
piegore  indorate,  le  quali,  corne  si  veggono  capitar  inanzi  un 
liuomo  virluoso  che  sappino  e^ser  un  poco  bisoguoso,  subilo 
da  lui  s'apparlano,  come  s'eiili  fusse  dalla  gbianduscia  infetatto 
et  dovesse  contra  di  loro  spiiar  tuti  quanti  i  veleni  cbe  l'Africa 
produce.  Se  le  piccbi  a  l'uscio,  la  fanle  si  farà  a  la  finestra,  o 
il  servitore  amaeslrato  dal  suo  padrone  ti  vien  incontro,  col 
dir  :  Eccolo,  cbe  pur  bora  esce  di  casa.  El  se  qualcbe  volta  a 
case  ti  s'afl'ronta  con  qualcbe  sua  favola  ordita  aposta, 
prœocupandoti.  délia  sorte  si  duole  (che  in  vero  devrebbe 
strascinarle  in  qualcbe  cesso),  la  quale  non  comporta  cbe  si 
trovi  mai  un  soldo  in  cassa  mercè  la  poca  fede  de  gli  mercanti 
cbe  attengono  aile  promesse  et  délie  lili  cbe  lo  distruggono, 
0  de  simili  uovelluzze  ti  rinfrustano. . .  » 

Ce  verbiage  n'a  d'autre  but  que  de  déplorer  la  pauvreté  dont 


1.  S.  /.,  iii-8  de  29  pp.  et  1  f.  blanc.  —  La  Priapea  est  iraprimi'e 
avec  les  mêmes  caractères  que  La  Cumilletta  et  doit  se  trouver  reliée  à  la 
fin  de  cet  ouvrage  ;  cependant  le  tiU'e  et  le  sujtl  l'ont  fait  supprimer  de  tous 
les  exemplaires  que  nous  avons  examinés,  sauf  d'un  exemplaire  que  nous 
avons  acquis  à  la  vente  Ch.  Collier,  1900  (u*^  337).  Elle  était  déjà  si  rare 
au  conmiencement  du  xviii"  siècle  que  La  Moiinoye,  désespérant  d'en 
trouver  un  exemplaire  qu'il  put  acheter,  avait  pris  la  peine  de  la  copier 
lui-même,  nous  ne  savons  sur  quel  original.  Vov.  Catal.  Cli.  Nodier,  1844, 
11"  1017. 


264  Lir.  —   GABRIEL   DE   GUTTERRY. 

souffre  Tauteur.  Il  avoue  lui-même  que,  s'il  ne  recevait  les 
bienfaits  de  M.  d'Alincourt,  il  en  serait  réduit  à  s'en  aller  tout 
nu  dans  les  rues,  à  l'exemple  des  anciens  philosophes*. 

On  nous  dispensera  de  reproduire  les  discours  des  courti- 
sanes vénitiennes.  Voici  seulement  la  conclusion  de  Gutterry: 

a  Ghi  più  ride  raanco  pecca,  avenga  chè  l'un  procède  dalla 
contenlezza  de  Tanimo,  per  il  cui  mezzo  si  rafïrena  il  fugace 
corso  de  gli  anni,  et  l'altro,  suo  contrario,  dal  disordine  del 
cuore  elle  ci  précipita.  » 

Les  deux  ouvrages  dont  nous  venons  de  parler  ne  sont  que 
de  simples  badinages  ;  on  comprend  à  la  rigueur  qu'un  Fran- 
çais, les  dédiant  à  un  jeune  gentilhomme  qu'il  avait  connu  en 
Italie,  se  soit  amusé  à  les  écrire  en  italien  ;  on  saisit  moins 
les  motifs  qui  ont  pu  amener  Gabriel  de  Gutterry  à  se  servir 
de  la  même  langue  pour  composer  un  panégyrique  du  duc  de 
Joyeuse.  Sans  doute  ce  personnage,  devenu  par  alliance  beau- 
frère  du  roi,  avait  parcouru  la  péninsule  et  s'était  épris  d'une 
belle  passion  pour  les  choses  italiennes,  en  particulier  pour 
le  théâtre  ;  mais  son  voyage  n'avait  été  qu'un  événement 
secondaire.  Cest  en  France,  à  la  bataille  de  Coutras,  qu'il 
avait  trouvé  la  mort  (20  octobre  l.'SS?). 

La  seule  explication  qui  nous  paraisse  probable,  c'est  que  le 
Mécène  à  qui  Gutterry  dédie  son  œuvre,  M.  de  Mauroy^  avait, 
lui  aussi,  étudié  en  Italie,  et  que  le  discours  italien  était  une 
réminiscence  du  temps  passé  ensemble  à  l'Université. 


1.  «  Se  non  riparasse  la  cortesia  del  ill.  sig.  d'Alincourt  (la  quale  aiicn 
da  invidiosi  mi  vieil  contesa),  spesso  igniido  e  scaizo  me  ii'andarei.  imitandu 
per  forza  la  sim[)lieità  dcgii  filosofi  aniiclii.  » 

2.  Ce  pei'soniiaiJie  doit  êlrc  Honoré  de  iMaiiroy,  seigneur  de  Verrière-sur- 
Seine,  qui  devint  s(nis  Louis  XIII  «  conseiller  du  roy  en  son  conseil  d'Estal. 
secrclaire  de  Sa  Majesié  et  de  la  m:iison  ei  couronne  de  France  j.  Ilonon'î 
apparlenail  <à  la  niènn'  famille  que  iNicolas  Mauroy,  trésorier  de  l'église  dv. 
Troyes,  l'auleur  liien  connu  de  La  Complainte  de  la  grosse  cloche  (v  1513). 
des  Hymnes  communs,  translatez  de  lutin  (1528,  n.  s.),  et  que  frère  Henry 
Mauroy,  cordelier  du  couvent  de  Troyes  et  liébraïsanl,  dont  nous  ]iossèdons 
divers  ouvrages  (Hildiolli.  de  Troyes,  nis.  1431).  11  publia,  en  1()'24.  un 
Discours  de  la  vie  el  faits  héroïques  de  M.  de  La  Vallette  admirai  de 
France,  etc. 


LU.  —  gabrib;l  dk  gutterry.  265 

Quoi  qu'il  en  soit,  voici  la  description  de  Téloge  funèbre  : 

Orazione  II  funèbre  intorno  alla  ||  morte  delT  Eccellentis- 
simollDuca  di  Gioiosa,  Amiraglio  di  Francia,  e  11  Gouernatore 
di  Normandia.  il  Composta  da  Gabriel  di  Guiterry  [sic]  Clugni- 
cese  &.  dedicata  II  al  Magnifico  Signor  di  Mauroy,  Consigliere 
Il  nella  sedia  presidiale  di  Trois.  ||  Stampala  in  Parigi.  \\ 
Apresso  Pielro  Ramier,  strada  Sair\\  Giouaiuii  di  Lalrau.  S.  d. 
[1587],  in-8  de  2  IL,  23  pp.  et  2  ff.  blancs. 

Le  titre  porte  la  marque  de  Pierre  Puimier.  Le  second  f.  est 
occupé  par  une  épître  dédicaloire  signée  :  G.  di  Guitterry. 

Au  v°  de  la  p.  2.3  est  un  Dialogismo  in  versi  sciolli  do  la 
Francia  e  de  la  Morte^. 

L'épître,  datée  de  Paris  le  4  décembre  1587,  six  semaines 
après  la  mort  du  duc  de  Joyeuse,  se  termine  par  ces  mots  : 
('  Espero  altresi  che  questo  [uffizio  pin]  vi  sarà  come  un  ricordo 
de  l'antica  amicizia  nostra  e  tributo  de  l'amorevolezze  che 
m'usate  a  tulte  l'bore,  de  le  quali  daro  maggior  segno  di  gra- 
titiidine  e  più  alla  scoperta,  quando  laforluna  me  ne  porgerà 
l'occasione.  » 

Pour  donner  quelque  idée  du  panégyrique,  nous  reprodui- 
sons le  passage  dans  lequel  Gutterry  parle  des  études  pour- 
suivies par  le  duc  de  Joyeuse  : 

«  Crescendo  in  età,  crebbe  altresi  il  desiderio  d'imparare; 
per  tanto  fu  mandato  in  Tholosa,  la  dove  senza  punio  tralas- 
ciare  il  colto  divino  al  quale  fu  iiaturalmenie  inchinalo  et  i 
lodevoli  costumi  che  lo  poteano  un  di  far  chiaro  fra  i  signori 
di  corte,  alli  più  rari  concetli  d'humanità  e  di  filosophia  tullo 
si  diede,  massime  aile  scienze  di  malhematica,  onde  de  mille 
bei  segreli  et  ingegniosi  arlifieij  se  ne  valse  poi  per  gli  asse- 
dij  et  per  le  cose  maritime  ;  e  posso  dire  con  verità  che  questi 
suoi  siudij  a  tanto  lo  recarono,  che  se  andalo  fusse  lor  dietro, 
non  é  dubio  che  con  quelli  principi  dottissimi  e  famosissimi, 
Pico  de  la  Mirandola  e  Lorenzo  di  Medici,  non  fusse  andato 


Bibliotli.  liât.,  Lii27.  10437. 


266  LU.  —   GABRIEL   DE    GUTTERRY. 

del  paro.  Ma  spingendolo  la  sua  sorte  el  i  cieli  ch'alla  diffesa 
de'  popoli  e  reggimento  de'  stali  l'haveano  desiinaio,  gli 
misero  in  cuore  di  radoppiar  i  titoli,  accopiando  Marte  cou 
Pallade.  Per  tanto.  dopo  l'essersi  alquanto  esercitato  a  l'armeg- 
giare,  al  cavalcare  el  aile  più  honorai  e  cose  che  si  richieggono 
ad  un  signore,  dissegnô  col  volere  de'  suoi  parenti  di  comparir 
in  quel  eminente  e  riguardevole  theatro,  esposto  a  gli  occhi 
d'ogn'  uno,  dove  l'azzioni  di  ciascuno  sono  esaminate;  per  la 
(jual  cosa,  quegli  che  vi  intervengono  (e)  si  veggiono  imposta 
nécessita  di  valerosamente  oprare,  si  per  il  timoré  de  l'infa- 
mia  e  si  per  la  speranza  di  laude.  S'iuviô  in  questa  corte,  dico 
splendida,  del  christiani>simo  re  nostro  Henrico,  il  quale,  da 
gli  suoi  antecessori  non  tralignaudo  punto,  é  d'animo  cosi 
nobile,  ch'egli  chiama,  invilta,  raccogli,  abraccia,  nutrisce, 
honora  et  inalzacosi  i  cavalieri  corne  ilitteratid'ogni  banda'.  » 

Que  devint  Gabriel  de  Gutterry  après  1587  ?  Nous  l'ignorons. 
Nous  ne  connaissons  de  lui  qu'un  seul  autre  ouvrage,  et  cette 
fois  le  livre  est  écrit  en  français.  C'est  une  traduction  de  l'apo- 
logie de  Marie  Stuart  publiée,  en  latin,  par  Robert  Turner, 
sous  le  nom  d'Obert  Barnestaple-.  En  voici  le  titre  : 

L'Histoire  ||  et  Vie  do  [|  Marie  Stuart  ||  Royne  d'Escosse,  || 
d'Oiriere  [sic]  de  France,  héritière  ||  d'Anglelorro&  d'Ibornye, 
en  II  laquelle  elle  est  clairement  iu-  jj  stiliée  de  la  mort  du 
Prince  II  d'Arlay  [sic]  son  mary.  II  Composée  en  latin  par  Obert 
Barnestapo-  Il  lius  &  faicte  Françoise,  par  Gabriel  ||  de  Gutterry 
Glunisois.  Il  Dediee  à  Madame  de  Villeroy,  Dame  11  d'honneur  de 
la  Royne,  Mère  II  du  Roy.  ||  A  Paris,  Il  Chez  Gmllauma  lulien, 
à  l'enseigne  II  de  r Amitié  près  le  collège  de  ||  Cainbray.  II  M.  D. 
LXXXIX  [15.S0J.  In- 1-2  de  12  fl".  lim  208  pp.  et  2  If.  blancs '. 

Les  ff.  liminaires  coutienaent  une  épîi.re  «  A  madame  de 


1 .  Ornzioiie,  pp.  1  1-12. 

2.  Maria  Stuarla,  rei/ina  Scoliac,  dutdria  Franciae,  haeres  Atu/liae 
d  llybeniiae,  mnrhjr  ecdesiue,  innocens  a  caede  D<trliaua,  vindice  Oùerto 
llarnislapolio.  Ingolstadii,  Woll.  Edcriis,  15S8.  l'el.  iii-8. 

3.  Bii)liûlli.  liai-,  M"i.  158. 


LU. 


GABRIEL   DE   GUTTERRY.  267 


Villeroy,  dame  d'honneur  de  la  royne,  mère  du  roy^  »,  puis 
la  dédicace  et  la  préface  de  Barnestaple. 

Gabriel  de  Gutterry  s'exprime  ainsi  dans  son  épître  à  M"'°  de 
Villeroy  : 

«  Madame,  ayant  esté  si  heureusement  fortuné  que  de  me 
trouver  en  Italie  au  mesme  temps  que  monseigneur  d'Alin- 
court,  vostre  fils,  y  estoit,  je  n'eus  plus  tost  l'heur  de  le  veoir, 
qu'incontinent  j'honnoray  tant  de  bonnes  parties  qui  en  luj" 
conspiroient  à  le  rendre  admirable,  et  en  esprit  et  volonté  luy 
dédié  humblement  toute  mon  alfection,  désirant  de  bon  cœur 
la  luy  faire  paroistre  en  etïaict  quelque  jour  par  quelque  bon 
service.  Il  ne  fut  longtemps  à  s'apercevoir  de  ceste  mienne 
dévotion  ;  il  l'accepta  tres-volontiers,  et  depuis  lesmoigna  par 
une  infinité  de  bienfaicts  qu'il  l'avoit  eue  pour  aggreable.  Je 
pense  estre  lors  au  comble  de  mon  contentement,  me  voyant 
honnoré  de  la  bienveillance  de  celui  qui  honnoroit  la  France 
au  milieu  de  l'Italie,  et  lequel,  comme  pour  recompense  de  la 
veue  des  beaux  palais  et  des  belles  villes  qui  recommandent 
l'Italie,  lui  faisoit  veoir  la  fieur  et  l'ornement  de  ce  qui  recom- 
mande toute  l'Europe,  c'est  à  sçavoir  delà  noblesse  françoise... 
A  mon  retour  d'Italie,  je  recogneus  monseigneur  vostre  fils 
estre  le  vray  pourtraict  de  vos  perfections,  j'admiray  en  la 
cause  l'effaict,  sans  m'estonner  pourtant  si  du  couple  tant 
accom[)ly  de  monseigneur  de  Villeroy  et  de  vous,  estoit  issue 
une  telle  geniture.  Au  seul  récit  que  l'on  vous  fit  que  j'eslois 
tres-afïectionné  serviteur  de  mondit  seigneur  d'Alincourt,  je 
ressentis  incontinent  les  eflaicts  de  vostre  libéralité,  et 
cogneus  par  expérience  que  c'estoit  en  imitant  vostre  natu- 
relle bénignité  et  munificence  que  mondit  sieur  vostre  fils 
avoit  esté  si  libéral  en  mon  endroit. . .  » 


1.  Madeleine  de  L'Aubespine,  femme  de  Nicolas  IV  de  Neufville,  seiii;neur 
de  Villeroy,  secrétaire  d'État,  et  mère  de  M.  d'Alincourt.  Madeleine  mourut 
le  17  mai"  1596. 


LUI 
JEA^^  ZlIALLART 


En  parlant  des  Français  qui  ont  écrit  en  italien,  nous  n'avons 
pas  entendu  nous  en  tenir  strictement  aux  Français  sujets  du 
roi  de  France,  nous  avons  eu  en  vue  les  auteurs  nés  dans  tous 
les  pays  de  langue  française.  De  même  que  nous  avons  parlé 
du  Lillois  François  Flory,  nous  consacrerons  un  article  à  Jean 
Zuallart,  d'Atli  en  Hainaut. 

Jean  Zuallart  était  gouverneur  ou  précepteur  de  Philippe  de 
Mérode,  baron  de  Frentzen.  vicomte  d'Ypres,  etc.  C'était,  à  ce 
qu'il  semble,  un  homme  cultivé,  qui  avait  le  goût  de  l'histoire 
et  des  voyages.  Deux  essais,  restés  manuscrits,  qui  faisaient 
partie  de  la  Bibliothèque  de  Sir  Thomas  Phillipps  :  une  Histoire 
de  l'Europe  de  1576  à  1579,  et  des  Mémoires  hisloriques  de  1500 
à  1530\  témoignent  du  zèle  que  Zuallart  apportait  à  l'accom- 
plissement de  ses  fonctions. 

Vers  le  milieu  de  l'année  1585,  le  gouverneur  wallon  se  mit 
en  route  avec  son  élève  pour  visiter  l'Italie  et  l'Allemagne.  A 
Rome,  il  se  trouva  sans  le  vouloir  entraîné  à  faire  le  pèlerinage 
de  Palestine.  Lui-même,  dans  une  épître  à  Philippe  de  Mérode 


1.  Voy.  H;ienel,  Calnloçji  lihroriim  manuscriptorum .  1830,  col.  82i  et 
875  ;  Ùnlalofius  lihrormn  Dianiiscriptoriiin  in  bibliotheca  D.  TItomae 
î'hillipps^  Buii.  (1837  et  années  suiv.,  iiiful.),  pp.  13  et  23,  n*^^  1104.  et 
2024.  —  Ces  ouvragf^s  inniits  sont  peut-être  ceux  auxquels  Paqiiot  fait 
allusion  [Mrmoires  pour  servir  à  l'histoire.  lilléraire  des  dix-sept  provinces 
des  Pays-Bas,   17G5.  iii-l'ul.,  1,  p.  449). 


270  LUI.  —  JEVN   ZUALLART. 

qui  précède  la  rédaction  française  du  Voyage,  nous  raconte 
dans  quelles  circonstances. 

«  J'estois  à  Rome  ».  dit-il,  «  honoré  de  la  ctiarge  de  vostre 
personne,  quand,  en  pourmenant  un  jour,  et  me  tirant  secrè- 
tement arrière  de  messieurs  vostre  frère  d'Ognies  et  feu  vostre 
cousin  de  i^Iareii,  me  feisies  promettre  de  vous  suivre  partout 
où  voudriez  aller.  Je  fus,  je  ne  sçay  par  quelle  prière  comman- 
deresse  et  affection  de  ne  vous  desplaire,  subtilement  surprins 
et  inconsidérément  engagé,  sans  au  préalable  pouoir  sçavoir 
où  tendoit  vostre  but,  tant  qu'après  madite  promesse,  il  vous 
pleut  m'en  faire  ouverture  et  déclarer  que  c'estoit  de  vous 
accompaigner  jusques  à  la  Terre  Saincte,  dont  je  me  trouvay 
autant  estonné  et  empesché  à  l'exécution  comme  j'avois  esté 
par  trop  hasté  à  m'y  obliger;  et  ce  de  tant  plus  qu'outre  les 
travaux  et  dangers  anexéz  à  tels  voyages,  je  n'en  avois  le 
consentement  ou  licence  de  ceux  qui  vous  avoyent  mis  en 
mes  mains  pour  vous  servir,  conduire  et  faire  veoir  l'Italie 
et  AUemaigne  seulement;  mais,  vous  trouvant  fermement 
résolu  en  ce  sainct  propos,  et  que  plusieurs  grands  et  illustres 
prélats  de  Rome,  vous  cognoissans  et  en  estant  adverty,  me 
blasmo\^ent  de  ce  que  je  taschois  vous  divertir  d'une  si  belle 
et  chrestienne  conception,  ce  que  je  faisois  pour  ma  descharge, 
me  sembla  il,  considérant  vostre  qualité  et  jeune  aage,  les 
hazards  ausquels  vous  vouliez  vous  exposer  et  le  manque- 
ment de  ladite  licence,  enfin,  à  l'importune  réquisition  vostre 
et  celles  de  mesdits  seigneurs  voz  frère,  cousin  et  autres  amis, 
joinct  le  congé  que  nous  en  donna  Sa  Saincteté  avec  sa  pater- 
nelle bénédiction,  je  fus  contrainct  me  disposer  et  prendre  la 
hardiesse  de  satisfaire  et  m'accommoder  à  vos  bons,  devolieux 
et  vertueux  désirs'.  » 

Quand  le  départ  eut  été  décidé,  Zuallart  se  mit  à  étudier  les 
relations  des  anciens  pèlerins  ;  il  apprit  aussi  quelque  peu  à 
«  craionner  »,  afin  de  pouvoir  prendre  des  croquis  des  lieux 
les  plus  remarquables  qu'il  allait  visiter.  Les  préparatifs  ter- 
minés, les  deux  voyageurs  gagnèrent  Venise.  Ils  s'y  embar- 


1.  Le  tres-devot  Voijage  de  Jérusalem,  1GÛ8  et  1626,  épîlre  dcdicato'ire. 


LUI.  —    JEAN   ZUALLART.  271 

quèrent  le  29  juin  1586,  en  compagnie  de  sept  ecclésiastiques  : 
frère  Pier  Giovanni  di  Sardegna,  religieux  conventuel  de  Saint- 
François,  résidant  à  Cesena;  frère  Bernardino  Bandini,  prêtre; 
Celso  Gabaido,  de  Brescia,  frère  convers  de  l'ordre  de  Saint- 
François  ;  Domenico  Danesi,  de  Montepulciano,  docteur  en 
théologie  ;  Martin  Yanden  Zande,  chanoine  de  l'église  collégiale 
de  Saint-Géry  de  Cambray;  William  Aillo("?),  prêtre  irlandais; 
Jean  Behou,  curé  d'un  village  près  de  Paris,  et  de  huit  laïcs  : 
Paolo  Albano,  de  Milan;  Giulio  Poliero,  de  Savone;  Estienne 
Roquette,  de  Toulouse;  Antonio  Moro,  Napolitain,  de  la  Basi- 
licate  ;   Bernardo    Dandane    (ou    d'Andorno)\    Piémontais  ; 
Mathieu  de  Samerpont  (ou  Semerpont),  de  Lille;  Georg  von 
Pent,    d'Innspruck,    chambellan    de    l'archiduc  Ferdinand  ; 
enfin,  Nicolas  Olivier,  de  Liège.  Frère  Pier  Giovanni  di  Sardegna 
et  Paolo  Albano  faisaient  le  pèlerinage  pour  la  seconde  fois. 
Il  n'entre  pas  dans  notre  plan  de  raconter  les  détails  du 
voyage.  Disons  seulement  que,  après  divers  incidents,  Philippe 
de  Mérode  et  ses  compagnons  arrivèrent  le  30  août  en  vue  de 
Jérusalem.  Le  8  septembre,  Philippe,  Zuallart  et  Paolo  Albano 
furent  reçus  chevaliers  du  Saint-Sépulcre.  Ils  durent  renoncer 
à  visiter  Hébron,  le  Jourdain  et  Nazareth,  et  gagnèrent  Jalîa, 
où  ils  s'embarquèrent  le  soir  du  11  septembre.  Le  16  du  même 
mois,  ils  arrivèrent  à  Tripoli  de  Syrie,  où  ils  durent  attendre 
près  d'un  mois  un  navire  qui  put  les  conduire  à  Venise. 
Zuallart  profita  de  ce  temps  pour  mettre  en  ordre  les  notes 
qu'il  avait  prises  depuis  son  départ.  Le  13  octobre,  les  pèlerins 
purent  enfin  lever  l'ancre;  mais,  en  arrivant  à  Venise,  et  au 
moment  même  où  ils  obtenaient  la  libre  pratique,  leur  navire 
fut  assailli  par  une  horrible  tempête.  Philippe  de  Mérode,  Jean 
Zuallart  et  un  gentilhomme  provençal  appelé  Jean  d'Espinau, 
réussirent  à  se  faire  conduire  à  terre  par  des  mariniers  qui 
leur  avaient  apporté  du  vin  (25  octobre).  Le  lendemain,  plu- 
sieurs matelots  périrent.  Parmi  les  passagers  qui  furent  sauvés 


i.  Les  édilions  italiennes  disent  Daudaiie,  les  éditions  françaises  (p.  51) 
portent  d'Audorno,  c'est-à-dire  Andoiiio. 


272  LUI.  —  JEAN   ZUALLART. 

se  trouvaient  Martin  Vanden  Zande  et  frère  Martin  Basère, 
franciscain,  d'Arles. 

De  Venise,  Mérode  et  Zuallart  retournèrent  à  Rome.  Ce  fut 
là  ([ue  rérudit  wallon  voulut  publier  son  journal.  A  ses  yeux, 
conirae  aux  yeux  de  ses  compagnons,  ce  qui  donnait  à  ce 
journal  une  valeur  particulière,  c'étaient  les  croquis  dont  il 
l'avait  accompagné.  Dès  son  arrivée  à  Rome,  il  avait  fait 
mettre  ces  croquis  au  net  par  un  artiste  habile  et  en  avait 
confié  la  reproduction  à  un  graveur  renommé,  le  Dalmate 
Natale  Bonifazio".  Quant  au  texte,  il  est  très  probable  que,  sur 
le  navire  même,  le  voyageur  l'avait  rédigé  en  italien,  langue 
dans  laquelle  il  tenait  à  se  perfectionner.  Il  eut  recours  à 
«  quelque  assistence  stipendiée  x»  pour  mettre  l'ouvrage  au 
point-,  et,  dès  le  mois  de  mai  1587,  il  le  fit  paraître  sous  le 
titre  suivant  : 

Il  deuotissimo  H  Viaggio  II  Di  Gerusalemme.  ||  Fatto,  &  de- 
scritto  in  sei  libri  dal  Sig>.  Gio-  ||  uanni  Zuallardo,  Caualerio 
del  Santiss  :  Il  Sepolcro  di.  N.  S.  Fanno.  158G.  ||  Aggiuntoui  i 
dissegni  di  Yarij  ||  luogbi  di  Terra  Santa  :  &  altri  paesi.  ||  Inta- 
gliali  da  Natale  Donilacio  Dalmat'.  ||  Con  Licenzia  di  Supe- 
riori.  H  Slatuprilo  in  Roma.  Il  Pe7'  F.  Zauelli.  &  Gia.  Riiffinelli 
neW  II  Anno.  M  D  LXXXVII  [1587].  In-i  de  10  ff.  lim.,  402  pp. 
et  5  ir.  non  chiffr.,  notes  marginales. 

Les  ff.  liai,  contiennent  :  le  titre,  qui  est  gravé  en  taille 
douce  ;  deux  épigi-anmies  latines  d'Aurelio  Ors!  en  Thonueurde 
Duarte  Farnese^  ;  une  épître  de  Zuallart  au  même  Uuarle,  en 


i.  Natale  élail  oriu;inaire  ôc  Sibeiiik,  ou  Sebonico.  Parmi  les  ouvrages 
qu'on  peut  citer  lie  lui,  uuus  iiieulioinierons  seulement  les  plauclies  qui 
accompagnent  l'ouvrage  de  Dunn'nico  Foiilana  :  Délia  Trasporla liane 
(lell'obelisco  (15'J0)  et  le  grand  plan  joint  à  la  Hehdtone  dell'assedio  di 
Parifji  de  Filippo  Pigafella  (15911.  Ce  dernier  plan  a  été  reproduit  en  fac- 
similé  à  la  fin  du  t(nue  11  des  Mémoires  de  la  Société  de  l'histoire  de 
Paris  (1876). 

2.  Tres-devol  Vouaf/e.  1GÛ8,  lui.  *3  v^. 

'.).  Aurelio  Orsi  est  huilcnr  d(!  poi'sies  im|)rimées  en  15S9  et  159i.  Von  . 
Tirabosciii,  VII,  éd.  de  lcSU!J-1812,  p.  U2tJ. 


LUI.  —   JEAN   ZUALL\RT.  273 

date  de  Rome,  20  mai  1587  ;  le  portrait  de  Zuallart,  gravé  en 
taiile-douce  et  accompagné  d'une  épigramme  latine  de  Giulio 
Roscio^  une  épigramme  latine  de  Jacques  Deim,  ou  Deraius, 
gentilhomme  néerlandais  ;  une  pièce  latine  de  Philippe  de 
Mérode  et  une  autre  de  Martin  Vanden  Zande  en  l'honneur 
de  Zuallart  ;  un  sonnet  portugais  de  Gaspar  Pacheco  ;  un 
sonnet  italien  d'Orazio  Roscio  ;  deux  pièces  latines  de  Giulio 
Roscio,  l'une  In  ins'gnia  Jo.  Ziiallardi,  equitis  SS.  Sepulchri, 
l'autre  en  l'honneur  de  Natal  Bonifazio  ;  le  Proemio. 

Le  portrait  de  Zuallart  porte,  dans  un  petit  cartouche,  l'in- 
scription suivante:  Dominicus  Danesius,  Politiamis,  in  Hieroso- 
lymitana  peregrinatione  cornes,  amico  optimo  P.  CIO  13  XXCVII. 
Cette  inscription  permet  de  penser  que  Danesi  avait  fait  les 
frais  du  portrait  et  l'avait  offert  à  son  ami. 

L'ouvrage,  divisé  en  six  livres,  est  orné  de  51  figures  gravées 
en  taille  douce,  comptées  dans  la  pagination.  Le  voyage 
n'occupe  en  réalité  que  cinq  livres  et  se  termine  à  la  p.  344. 
Les  pp.  34S-352  contiennent:  huit  distiques  latins  de  Jacques 
Deim  en  l'honneur  de  Philippe  de  Mérode;  Si  vers  hexamètres 
de  Giulio  Roscio,  «  Hortinus  «,  en  l'honneur  du  même  ;  deux 
épigrammes  latines  d'Aurelio  Orsi  ;  trois  autres  de  Giulio 
Roscio. 

Le  sixième  livre  est  occupé  par  les  prières  que  l'on  doit 
réciter  dans  les  saints  lieux.  En  tête  est  une  lettre  de  Dome- 
nico  Danesi,  qualifié  cette  fois  «  protonotario  apostolico  «, 
DelV  antickilà,  de'  frutti  del  S.  Pellegrinaggio,  a  chi  si  convenga, 
quanto  Dio  ami  i  pelegriiii  e  i  faulori  loro  (pp.  3o3-36l]. 

Les  cinq  derniers  tï.  contiennent  la  table,  les  errata,  le 
registre  et  la  souscription  des  imprimeurs-. 

La  dédicace  à  Odoardo  ou  Duarte  Farnese,  fils  d'Alessandro, 
le  célèbre  duc  de  Parme,  ne  contient  rien  de  bien  intéressant; 
nous  préférons  citer  quelques  passages  de  la  préface  : 

\.  On  trouve  dans  les  Epistolae  de  Marc-Antoine  de  Muret  (1580),  fol. 
96  \°  et  97  v»,  deux  lettres  de  Giulio  Roscio  datées  de  1570. 

2.  Biblioth.  nat.,  Rés.  O^f.  55.  —  British  Muséum,  571.  li.  23.  — 
Bibliolh.  royale  de  Bruxelles  (exemplaire  avec  de  doubles  épreuves  du  titre 
gravé  et  du  piTtrait,  blanches  au  v").  —  Biblioth.  de  l'Université  de  Gand. 
—  Bibliolh.  communale  de  Mons.  —  Notre  bibliothèque.  —  Voy.  Vander 
Haeghen,  Bibliolheca  belgica,  \^^  série. 

u.  -  18. 


274  LUI.  —   JEAN   ZUALLART. 

Proeiiiio. 

«  Ofleritamisi  occasione,  devoto  pellegrino,  di  fare  il  santis- 
simo  viaggio  di  Gierusalemrae  assieme  con  il  signor  Filippo 
di  Merode,  feci  ogni  diligenza  nell'  apparecchio,  et  procurai 
quanto  polei,  corne  etiamdio  alcuni  altri  signori  che  havevano 
risoluto  di  farci  compagnia,  libri  appartinenti.  acciô  con  ogni 
instrutlione  possibile  sappessimo  quel  tanto  che  fusse  a  si 
lunga  et  ardua  impresa  necessario.  Ne  vennero  aile  mani 
alcuni,  ma  con  pochissima  nostra  sodisfattione,  perciochè, 
entrati  con  essi  in  mare,  provassemo  che  non  havevamo 
hauti  un  minimo  avviso  di  quel  particolari  che  si  ricerca- 
vano...  Si  che,  ad  istanza  del  signor  Domenico  Danesi  da 
Montepulciano,  dottore  theologo,  et  altri,  essendo  io  più 
che  non  merito  tenuto  da  loro  un  poco  diligente  per  vedermi 
raccogliere  in  forma  di  mernoriale,  e  come  soglio  in  tutti  i 
viaggi  che  ho  fatto,  le  cose  più  notabili,  come  ancora  feci  in 
questo,  ma  non  senza  gran  fatica,  mentre  in  Tripoli  di  Soria 
s'aspeltava  il  vascelio  per  la  partenza,  et  in  quaranta  tre  giorni 
che  fummo  in  mare,  mettendo  assai  minutamente  in  nota 
quanto  mi  pareva necessario  d'avvisi  che  dovessero  tornare  ail' 
utilità  del  devoto  pellegrino;  et  tanto  le  ho  scritlo  più  curio- 
samente  et  più  diffusamente  quanioera  certissimo  dover  esser 
cosa  giovevole  in  paesietluoghi  stranieri  et  pericolosi  ancora 
ché  potrebbero  parera  ad  alcuni  poco  pertinenti  al  decoro 
narrarle  dislintamente,  gli  avvisi. . . 

«  Né  alcun  si  raeravigli  se  non  ho  posto  il  tullo  che  si 
poteva  e  ch'  altri  ne  dicono  o  desiderassero,  perché  l'ho  fatto 
per  non  fastidire  in  longhezza  né  aggravare  il  povero  pelle- 
grino quai  deve  quanto  puote  andarsene  scarieo  e  libero 
di  peso.  Solamente  n'ho  fatto  questo  poco  aviso  per  aprir 
la  sirada  délia  cognitione  de  i  detti  luoghi,  e  se  qualcb'uno 
lo  vuole  investigare  più  curiosamente,  potrà  ricorrere  a  gl'au- 
tori  che  per  migliori  e  più  dotti  discorsi  gliene  daranno  conto. 
Quel  che  nel  fatto  posso  compiacermi  è  che  mi  vedo  esser 
stato  il  primo  che  mi  sono  adoprato,  con  la  vista  che  de  i 
luoghi  parte  per  parte  scopriva,  farne  dissegni,  i  quali  per 
essere  giudicati  da  quel  che  in  quelle  parti  sono  stati  verisi- 
mili  et  naturalissimi,  ho  sparso  per  l'opéra,  e  per  farle  più 
sollilmente,  non  ho  sparamiato  a  fatica  ne  spesaalcuna,  sfor- 


LUI.  —  JEAN   ZUALLART.  275 

zandomi,  venulo  in  Roma,  di  farle  disegnare  meglio  e  famé 
intaglio  per  persone  prattiche  e  famose  nell'  arle...  Assica- 
randove,  benigno  lettore,  se  non  fosse  slato  sforzato  aprieghi 
de  molti,  come  conoseendomi  troppo  insufficienle  in  scrivere 
taie  0  altra  opéra,  non  havesse  haulo  ardire  melterla  in  luce, 
massiraamenle  quesia  ch'è  stata  tanto  accelerala  in  si  poco 
tempo  et  in  grandissime  incommodità,  e  qiiel  che  più  mi 
preme,  che  habbi  preso  la  penna  par  scrivere  in  una  lingua 
délia  quale  sono  al  tutto  novo,  non  essendo  a  pena  dieciotto 
mesi  che  son  venuto  in  Ilalia  per  impararla.  Nondimeno  mi 
son  lasciaio  addurre  da  chi  m'amava  di  mandarla  cosi  per 
servitio  d'allrui  e  per  essere  la  lingua  più  commune  che  si 
parla  in  questo  santo  viaggio. . .  » 

Zuallart  était  depuis  longtemps  rentré  dans  son  pays,  quand 
il  parut,  à  Piome  même,  une  seconde  édition  que  nous  devons 
également  décrire  ; 

Il  11  deuotissimo  II  Viaggio  ||  di  Gierusalemme.  ||  Fatto,  e  des- 
crittoinseiLibri.  H  Dal  Signor  Giouanni  ||  Zuallardo,  Il  Caualiere 
del  Santiss.  Sepolcro  di  N.  S.  H  l'Anno  M.  D.  LXXXVI.  Il  Aggion- 
tiul  i  disegni  in  Rame  di  varij  Luoglii  ||  di  Terra  S.  &  allri 
Paesi.  Il  Di  nuouo  ristampato,  e  corretto.  Il  Gon  Licenza  de' 
Superiori.  ||  In  Roma,  \\Appresso  Domenico  Basa.  M.  D.  XCV 
[1595].  In-8  de  351  pp.  7  (T.  non  cliiffr.  et  1  f.  blanc. 

Cette  réimpression  contient  le  même  texte  et  les  mêmes 
figures  que  l'édition  originale  ;  cependant  le  titre  gravé  a  été 
remplacé  par  un  titre  imprimé.  Le  portrait  a  été  supprimé. 
Deux  figures,  plus  grandes  que  la  justification,  ont  été  tirées 
hors  texte,  après  les  pp.  170  et  206.  Celle  qui  suit  la  p.  206,  et 
qui  représente  le  plan  de  Téglise  et  du  monastère  de  Bethléem, 
a  été  gravée  à  nouveau.  Elle  porte,  en  haut,  les  armes  du  pape 
Clément  VIII  et,  en  bas,  la  signature  de  l'artiste  :  Ndtal 
Bonifaclo  f.  * 


1.  Biblioth.  nat.,  0-f.  52  A.  —  Bibliolh.  d'Amiens  (L'Escalopier.  5276)  . 
—  British  Muséum,  280.  c.  9.  —  Biblioth.  royale  de  Bruxelles.  —  Biblioth. 
de  l'Université  de  Gand.  —  Notre  bibliothèque.  —  Voy.  Vunder  Haeghen, 
Bibliotheca  belyica. 


27b  Lin.    —    JEAN    ZUALLART. 

Un  traducteur  anonyme  fit  paraître  en  1606  une  version 
allemande  dont  voici  le  titre  : 

Deliciœ  Hierosolomytana?  et  totius  Palœstinœ.  Das  ist, 
Bilgerfahrt  in  das  Heilige  Land...  Neben  einer  sclionen... 
Ynderweysung,  was  zu  solclier  Reiss  notig...  Erstlich  in 
Italianischer  Spraacli  beschrieben  durch  Herrn  I.  Schwallar- 
ten...  jetzo  aber  verleutscht  durch  G.  E.  L.  //*  Collen,  Gerli. 
Greuenbruch,  1606.  In-4'. 

Celte  traduction  fut  reproduite  dans  le  Bewâhrtes  Reyszbuch 
de&z  heylvjen  Landes  (Nurnberg  und  Frankfurt  a.  M.,  Bey 
Sauren,  in  Verlegung  Rolhen.  1600,  in-fol.),  t.  II-. 

Zuallart  n'avait  pas  connaissance  de  l'édition  allemande 
quand  il  entreprit  de  donner  lui-même  de  son  voyage  une 
édition  française,  refondue  et  considérablement  augmentée. 
Nous  donnerons  la  description  de  ce  nouvel  ouvrage. 

Le  tresdeuot  H  Voyage  de  ||  lerusalem,  ||  Auecq  les  Figures 
des  lieux  saints,  &  plusieurs  ||  autres  tirées  au  naturel.  ||  Faict 
&  descript  par  lean  Zuallart,  Cheualier  ||  du  sainct  Sepulchre 
de  nostre  Seigneur,  Mayeur  de  la  Ville  ||  d'Ath  en  Ilaynaut, 
«Sec.  Il  En  Amiers  \\  Chez  Arnould  's  Conincx,  \\  M.  DC.  VIII 
[1608].  In-i  de  1^2  lî.  lim.,  191,  ^235  [lisez  237]  et  230  pp., 
plus  1  f. 

Les  ff.  lim.  comprennent  :  le  titre,  lequel  est  crue  d'une 
vue  de  Jérusalem,  (gravée  en  taille  douce)  ;  une  éf  ître  de 
Zuallart:  «  A  tresnoble  et  illustre  seigneur,  messire  Philippe 
de  îkJerode,  chevalier,  baron  du  sainct  Empire  et  de  Frentzen, 
viscomte  de  la  ville  et  chastellenie  d'Ipre,  seigneur  de  Middel- 
bourg  en  Flandres,  Watene,  Chastellineau,  Lambussait, 
Machelen,  La  Marche,  Forchies,  Betlencourt,  etc.,  »  en  date 


1 .  BiblioUi.  d'Amiens  fL'Escalopier,  4999).  —  British  Muséum,  980.  e.  20. 

2.  Britiïli  Muséum,  791,  1.  12.  —  Le  titre  du  Rri/ssbiich  fut  lenouvelé 
en  1629  (Frankfurt  a.  M.,  Gottfried  Tampach)  et  en  l65<<  (Niiniberg,  Joh. 
Andréas  uiid  Wulfgang  Kudters).  Vuy.  lî.  Bohriclil,  liibtiotheca  geographica 
Palaestinae,  y.  x\ij. 


LUI.  —   JEAN   ZUALL\RT.  277 

du  ler  août  1607;  une  préface  «  Au  pèlerin  dévot  et  lecteur 
gratieux  »  ;  un  Adverlissement  au  lecteur;  cinq  distiques  latins 
de  Jacques  Vervliet  ;  une  épigramme  de  Jaccjues  Deim  (celle 
qui  est  imprimée  à  la  fin  du  v«  livre  italien)  ;  les  pièces 
latines  de  Philippe  de  Mérode  et  de  Martin  Vanden  Zande; 
les  vingt  distiques  de  Jacques  Deim  placés  en  tête  des  éditions 
italiennes;  onze  distiques  de  Pierre  Carpin,  lecteur  en  théo- 
logie (Ath,  1607)  ;  un  anagramme  du  même  ;  huit  distiques 
des  écoliers  d'Ath,  1607  ;  une  épigramme  latine  d'André  de 
La  Salle  (Sallaeus),  «  pastor  in  Silly  »  ;  un  sonnet  français  de 
S.  Poncet,  «  agent  de  la  feue  royne  d'Escosse  (Rome,  1587)  '  »; 
la  table  des  chapitres;  les  errata;  le  texte  du  privilège  accordé 
par  les  archiducs  Albert  et  Isabelle  à  l'imprimeur  Jean  van 
Keerberghen,  le  16  juillet  16042. 

Le  texte  est  orné  de  49  planches,  imitations  médiocres  de 
celles  qui  décorent  les  éditions  italiennes.  La  carte  de  l'Asie 
Mineure,  de  la  Palestine  et  d'une  partie  de  l'Afrique  qui  est 
répétée  deux  fois  dans  les  éditions  de  1587  (pp.  87  et  303)  et 
de  1595  (pp.  89  et  267)  ne  se  trouve  ici  qu'une  seule  fois 
(p.  144)3. 

L'épUre  à  Philippe  de  Mérode,  qui  remplace  la  dédicace  à 
Duarte  Farnese,  contient  de  curieux  détails  sur  le  voyage  ; 


1.  Simon  Poncet,  de  Melun,  était  probablement  frère  de  .Maurice  Poncet, 
curé  de  Saint-Pierre-des-Arcis,  sur  lequel  on  peut  consulter  La  Croix  du 
Maine  (II,  p.  111),  Du  Verdier  (111,  p.  4.9).  Brantôme  et  L'Estoile.  Simon 
était  médecin.  On  a  de  lui  des  distiques  impiiniés  en  1567,  en  tête  de 
VUniversa  Medicina  de  J.  Fernei,  puis  des  Regrets  sur  la  France  (Paris, 
Mamert  Pâtisson,  1589,  iii-8).  Cette  dernière  pièce  nous  apprend  qu  il  était 
alors  «  thresorier  et, secrétaire  de  monsieur  le  clievalier  d'Aumale  ». 

2.  Bibliotli.  de  l'École  des  Langues  orientales  vivantes,  CC.  Vil.  10  et 
Bibliolh.  d'Anvers  (exemplaires  avec  le  titre  original  de  16U8,  sur  lequel 
la  vue  de  Jérusalem  manque,  et  le  second  titre  de  1626).  —  Bibliotli.  iiat., 
O^f.  64.  —  Bibliotli.  d'Amiens  L'Escalopier,  5277).  —  Britisb  Muséum, 
1046,  i  10'i6,  i.  1  et  280.  d.  29.  —  Biblioth.  de  Lille,  Hist.  3337.  — 
Biblioth.  royale  de  Bruxelles.  —  Bii)liolli.  de  l'Université  de  Gand.  — 
Biblioth.  communale  de  Bruges.  —  Voy.  F.  Vander  Ilaeghen,  Bibliolheca 
belgica,  P^  série. 

3.  La  date  de  ce  privilège  a  fait  croire  à  divers  bibliographes,  notamment 
à  M.  Brunet,  qu'il  existait  une  édition  imprimée  par  Jean  van  Keerberghen 
eu  IGOi.  Personne  n'a  vu  cette  édition,  et  la  date  de  l'épitre  adressée  à 
M.  de  .Mérode  montre  qu'elle  ne  peut  exister. 


278  LUI.  —   JEAN    ZUALLART. 

nous  en  avons  donné  plus  haut  quelques  extraits.  Dans  la 
préface  '■  Au  pèlerin  dévot  ",  Zuallart  parle  de  l'édition  ita- 
lienne de  1587,  «  renouvellée  de  mot  à  autre,  Tan  1595,  par 
le  S"!"  Dominico  Basi,  superintendent  de  Timprimerie  de  Sa 
Saincteté  au  Belvédère,  à  Borne  ».  Il  ajoute  qu'il  lui  a  été  parlé 
d'une  troisième  impression  ;  mais  il  ne  l'a  pas  vue  lui-même, 
et  aucun  bibliographe  n'a  été  plus  heureux.  Il  donne  ensuite 
quelques  détails  sur  son  nouveau  livre  : 

«  J'ay  esté  derechef  sollicité  et  forcé  de  le  traduire  et  mettre 
en  nostre  langue  vulgaire,  plustost  walonne  grossière,  sentant 
son  terroir,  que  françoise,  pour  n'estre  doué  d'éloquence  ny 
ne  phrases  de  rhétorique  requises  pour  coucher  exactement 
et  d'un  styl  poly  par  escript,  comme  font  plusieurs  de  no=tre 
siècle.  Et  y  ay  mis  assez  long  temps,  non  tant  pour  mieux 
faire  comme  pour  révolter  les  autheurs  y  citez,  et  pour  y 
adjousler  les  auctoritez  requises  pourrembarrer  les  insolentes, 
erronées  et  ignorantes  opinions  et  objections  de  ceulx  qui 
mesprisent  cest  et  aultres  sainets  pèlerinages,  disans  iceux 
esire  superfluz,  et  que  l'on  ne  voit  plus  rien  en  la  sainte  cité 
de  Jérusalem,  aussi  qu'icelle  n'est  plus  au  mesme  lieu  où  elle 
souloit  estre. . .  » 

Par  suite  de  ces  remaniements  et  de  ces  additions,  l'édition 
française  est  presque  devenue  un  ouvrage  nouveau,  deux  ou 
trois  fois  plus  étendu  que  la  relation  française. 

Le  volume  de  1G08  dut  être  tiré  à  un  grand  nombre  d'exem- 
plaires. Il  n'était  pas  épuisé  en  1626,  quand  un  libraire  d'Anvers 
en  renouvela  le  titre  comme  suit  : 

Le  tres-deuot  li  Voyage  11  de  lerusalem,  Il  Auec  les  Figures  des 
lieux  sainets,  &  plusieurs  II  autres,  tirées  au  naturel.  Il  Faict  & 
descript  par  lean  Zuallart,  Cheualier  II  du  sainct  Sepulchre  de 
nostre  Seigneur,  Majeur  de  la  II  Ville  d'Ath  en  Ilaynnaut,  &c. 
Il  En  Aniiers.  Il  On  les  vend  chez  Guillaume  Van  Ton-  \\  gheren 
au  Griffon  d'or.  ||  M.  D.  G.  XXVI  [1626].  In4. 

Le  titre  porte  la  marque  du  libraire.  Celui-ci  a  fait  réimpri- 


LUI.  —  JEAN   ZUALLART.  279 

mer  en  même  temps  les  cahiers  /,  L.  li,  Ss  et  Vv  ;  il  n'a  rien 
changé  au  reste'. 

Zuallart,  parvenu  aux  honneurs  municipaux,  crut  devoir 
témoigner  sa  reconnaissance  envers  ses  concitoyens  en  leur 
laissant  une  description  de  leur  ville.  Cet  opuscule  parut  en 
1610  sous  le  titre  suivant  : 

La  Description  de  la  ville  d'Ath,  Contenant  sa  fondation  et 
imposition  de  son  nom,  aussy  ses  lieux  k  édifices  publics,  ses 
priuileges,  k  ceux  qui  en  sont  esté  Seigneurs  k  Gouuerneurs 
iusques  à  présent,  kc.  A  Ath,  Chez  lean  Maes  Imprimeur  hire, 
à  la  Croix  Verde,  l'An  1610.  Auec  Permission.  In-8  de  43  ff. 

Le  volume  est  précédé  d'une  pièce  française  signée  A.  D. 
L.  M.,  d'une  pièce  latine  de  Jean  de  Tramasure,  professeur  de 
rhétorique,  et  d'une  seconde  pièce  latine  de  Robert  Finet, 
professeur  au  collège  d'Ath.  Il  est  dédié  aux  échevins  de  la 
ville  2. 

Il  a  été  fait  au  commencement  du  xviii«  siècle,  probable- 
ment chez  François  Foppens,  à  Bruxelles,  une  contrefaçon  de 
cette  édition3.  Aimé  Leroy  en  a  donné  une  seconde  réimpres- 
sion dans  les  Archives  historiques  et  littéraires  du  Nord  de  la 
France  et  du  Midi  de  la  Belgique,  nouvelle  série,  I.  (1837), 
pp.  89-104,  avec  un  portrait.  Il  en  a  fait  un  tirage  à  part.  Une 
troisième  réimpression  a  été  faite  dans  la  ville  d'Ath,  chez 
Éd.  Themon-Dessy,  en  1846,  in-8. 

Nous  ne  connaissons  aucun  autre  écrit  de  Zuallart,  et  ne 
possédons  pas  de  détails  sur  la  fin  de  sa  vie.  Nous  savons 
seulement  qu'il  vivait  encore  le  6  octobre  1632.  Il  avait  épousé 
Jeanne  Sallet.  Son  fils,  Charles  Zuallart,  lui  succéda  comme 
mayeur  d'Ath ^ 


1.  British  Muséum,  1046.  i.  2  :  —  Biblioth.  d'Anvers. 

2.  Biblioth.  de  l'Université  de  Louvain. 

3.  Biblioth.  royale  de  Bruxelles.  —  Biblioth.  de  l'Université  de  Louvain. 

4.  F.  Vander  Haeghen,  Bibliotheca  belgica,  l""*^  série. 


LIV 
JACQUES  GILLOT 


Jacques  Gillot  est  l'un  des  érudits  les  plus  estimables  que 
l'on  puisse  citer  à  la  fin  du  xvF  siècle  ;  mais  il  ne  chercha 
jamais  à  briller  au  premier  rang  ;  il  ne  nous  a  laissé  aucun 
grand  ouvrage;  aussi  avons-nous  peu  de  détails  sur  sa  vie. 
Nous  savons  qu'il  naquit  à  Langres  en  1544',  mais  nous  n'avons 
trouvé  nulle  part  le  prénom  de  son  père  ;  quant  à  sa  mère, 
c'était  une  Jaupitre-.  Il  est  probable  qu'il  commença  ses  études 
dans  sa  ville  natale  et  qu'il  les  termina  en  Italie  ;  cependant 
nous  ne  pouvons  faire  sur  ce  point  que  des  conjectures.  Ce 
qui  est  certain,  c'est  qu'il  visita  l'Italie.  Il  eut  l'occasion  de 
connaître  à  Rome  le  célèbre  Fulvio  Orsini,  comme  on  le  voit 
par  une  lettre  que  nous  reproduisons  plus  loin.  De  bonne 
heure,  Jacques  entra  dans  les  ordres.  Il  n'avait  que  27  ans 
quand  il  put  acquérir  l'office  de  conseiller  clerc  devenu  vacant 
au  parlement  de  Paris  par  la  résignation  de  Nicolas  de  Thou, 
nommé  évêque  de  Chartres.  Il  y  fut  reçu  le  19  juin  1573.  Dès 
lors,  tout  en  s'acquittant  de  ses  devoirs  judiciaires,  il  se  livra 
sans  relâche  à  Tétiide.  Au  parlement,  sa  grande  préoccupation 
fut  de  maintenir  intactes  les  doctrines  de  l'Église  gallicane; 
en  dehors  du  parlement,  il  lisait  avec  passion  les  auteurs 
anciens,  collationnait  les  manuscrits,  fournissait  des  observa- 
tions aux  éditeurs  de  textes  classiques.  Gillot  consacrait  aussi 


1.  Voy.  répitaphe  que  nous  citons  plus  loin. 

2.  Bibliolli.  nat.,  nis.  fr.  31043,  dossier  Gillot,  pièce  2. 


282  LIV.  —  JACQUES   GILLOT. 

beaucoup  de  temps  à  sa  correspondance.  On  possède  de  lui  de 
très  nombreuses  lettres  adressées  aux  savants  les  plus  distin- 
gués de  son  temps.  Marc-Antoine  de  Muret  lui  envoyait  des 
livres  d'Italie,  et  il  lui  rendait  en  France  les  mêmes  services'. 
De  sa  correspondance  avec  François  Juret,  de  Dijon,  nous 
ne  connaissons  qu'une  lettre  écrite  par  Juret  à  Langres,  vers 
1585-.  Les  Pithou,  Claude  Du  Puy,  Pierre  Daniel  étaient  de 
ses  amis  très  intimes  ;  mais  il  ne  subsiste  presque  rien  des 
lettres  échangées  entre  eux^  Voici  en  quels  termes  il  écrivait 
à  Fulvio  Orsini  le  7  avril  1586  pour  solliciter  la  communica- 
tion d'un  manuscrit  auquel  Pierre  Daniel  voulait  emprunter 
des  commentaires  pour  son  édition  de  Virgile  : 

Al  molto  magnifico  et  excellentissimo 

signore  il  signore  Fulvio  Ursino  in  Roma. 

Raccommandata  a  m'^°  Guillemier''. 

«  Pregato  con  grande  instanza,  Ursino  dotlissimo,  non  ho 
potuto  negare  quesla  a  certi  amici,  massimamente  alli  PiLllioei, 


1.  Le  22  février  1584,  Muret  écrit  de  Rome  à  Gillot  (Bibliotli.  nat.,  ms. 
Dupuy  16,  fol.  18  v"  ;  P.  de  Nolliac,  dans  les  Mélanges  Graiix^  1888, 
p.  400).  Le  18  mai  J584,  Muret  écrit  à  R.  de  Pincé  qu'il  a  ex|)édié  divers 
ouvrages  à  Gillot  et  qu'il  n'a  de  lui  aucune  réponse  [M.  Antunii  Mureti, 
Oraliones,  Epistolae,  etc.,  Lipsiae,  1628,  in-8,  11,  p.  528).  Le  18  juin,  le 
même  Muret  écrit  à  Gillot  (ms.  Dupuy  16,  fol.  19  ;  Nolliac,  loc.  cit.^ 
p.  401).  Le  20  juin,  Gillot  adresse  à  Muret  une  longue  leltre  (^17.  Ant. 
Miireti  Orationes,  etc.,  1628,  II,  p.  oSOj.  Le  16  juillet  1584,  Muret 
reprend  la  plume  et  charge  «iillot  de  saluer  leurs  amis  communs  :  Jean 
Nicot,  s'il  est  à  Paris,  Claude  Rinet  et  Jean  Morel  (ms.  Dupuv  16,  fol.  18; 
Nolhac,  loc.  cit.,  p.  401). 

Parmi  les  amis  de  Gillot  il  convient  de  citer  spécialement  Jacques  Paye 
d'Espesse,  président  au  parlement  de  Paris,  mort  en  1590,  dont  il  a  raconté 
la  vie  dans  des  lettres  adressées  à  Abel  de  Sainle-Marllie. 

2.  Biblioth.  nat.,  ms.  Dupuy  700,  fol.  159./2. 

3.  Une  lettre  de  Gillot  à  [Pierre?]  Pithou  se  trouve  dans  un  ms.  de  la 
Rihlidthèque  nationale  (ISouv.  Acq.  franc.  5lo7). 

4.  François  Guillemier  vivait  à  Rome  dans  la  maison  de  quchpie  cardinal 
(M.  de  Nolhac  conjecture  dans  les  Mélanges  Graux.,  1884,  p.  394,  qu'il 
était  attaché  au  cardinal  de  Pellevè).  On  a  de  lui  vingt  lettres  à  Claude  Du 
Puy,  écrites  de  1571  à  1574  (Bihlioth.  nat.,  ms.  Dupuy  712).  Au  mois  de 
mars,  il  fut  pourvu  par  Grégoire  Xlll  du  doyenné  de  Nantes,  et  le  pape  fit 
rédiger  en  sa  faveur  un  mémoire  adressé  au  roi  (Dujiuy  351,  fol.   121). 


LIV.  —   JACQUES   GILLOT.  283 

fratelli  doltissimi  e  giudiciosissirai,  al  Pateano,  al  Daniele  (el 
quale  dice  havere  scritto  alla  S.  V.  senza  haverne  risposta), 
per  far  lei  sapere  come  detto  Daniele  ci  [sic]  è  resoluto  di  fare 
stampare  tutto  quelle  del  Servie  sopra  il  Virgilio  che  lui  ha 
et  che  si  giudica  molto  buono.  Per  questo  l'a  raandato  al  [sic] 
P.  Pitlhoeo.  Loro  havendomi  sentito  più  volte  parlare  délia 
parte  di  dello  Servie  la  quale  si  ritrova  nelle  mane  [sic]  di  V. 
S.,  come  io  l'ho  vista,  et  atlendendo  tutti  a  quelle  suc  amore 
che  sempre  a  portato  all'utilità  publica  et  couoscendo  ancera 
la  gentilezza  sua  délia  quale  pochi  l'agguagliane  e  niuno 
l'avanza,  m'hanne  fatto  ardire  di  mandargli  questa.  le  dunque, 
cenfidendo  in  quella  sua  affetliene  verso  il  heu  commune  et 
sospinte  da  quelle  publiée  intéresse,  ricerdandomi  ancera 
délia  premessa  che  mi  ha  fatto  in  Roma  quando  io  godeva  la 
sua  doLLa  e  dilellevole  presenza,  non  ho  dubitato  di  pregarla  e 
cengiurare  sotte  il  nome  di  tutli  i  lelterati  e  sludiesi,  per 
quelle  sue  volere  in  egni  cosa  quel  che  ternabenealpublice, 
che  gli  place  fare  intendere  quale  è  sua  volontà  di  dare  efl'etto 
a  quella  sua  premessa  di  far  nei  participare  a  quel  frutto  :  se 
sarà  sue  piacere  di  mandare  qua  e  consignare  sicuramenle  et 
in  buene  mani  detta  sua  parte,  nello  stampare  délia  quale  si 
farà  ogni  cosa  seconde  il  desiderio  e  piacere  sue,  non  senza 
predichare  il  suo  tante  bénéficie;  overo  farlo  stampare  a  Roma 
e  mandarne  qua  un  feglio  e  prova,  come  si  dice,  sopra'  1  quale 
ci  pessiamo  gevernare  e  guidare,  finchè,  giungende  Tune  e 
l'altie,  si  troviano  simili  gli  essempj  vostri  ai  nostri,  et  e 
contrario,  e  reggendosi  a  quel  mode  pessiamo  tutti  haverle 
intero  e  compito...  La  non  si  maravigliarà  s'io  ho  scrillo  in 
questa  vostra  lingua,  la  quale,  per  piacermi  assai,  non  posso  ne 
manco  voglio  dimentïcare,  a  giungere  ch'ie  ho  pensato  che 
lei  iscuserà  più  presto  gli  erreri  miei  per  la  poca  prattica  ch'ho 
adesse  d'essa,  che,  s"ie  havendo  lettere  da  dozzina  et  buen 
mercato,  havessi  assalito  in  lingua  latina  V.  S.,  cioè  un  huemo 
el  quale  ha  bevuto  de'  fenti  secreti  et  da  dovero  letierate  et 

Deux  ans  plus  tard,  la  question  du  prieuré  était  encore  pendante.  Le 
19  mars  1582,  Philippe  Du  Bec  adressait  Guillemier  au  nonce  du  pape 
pour  eu  conférer  [Revue  des  autographes,  Catal.  de  M'"«  V'^«  Gabriel 
Charavay,  sept.  1903,  n»  14).  M.  de  JN'olhac  a  trouvé  encore  le  nom  de 
Guillemier  à  la  suite  d'un  document  romain  de  1592  (Bibliotli.  nat.,  ms. 
latin  10327,  fol.  90). 


284  LIV.  —  JACQUES   GILLOT. 

dolto.  La  s.  V.  si  degna  fare  una  risposta  a  questa,  la  quale 
aspellando  non  daremo  principio  ail  'opéra.  Con  questo  haven- 
doli  bascialo  humilmente  le  mani,  prego  Iddio  gli  dia  in  sanità 
6  félicita  buona  e  lunga  vita.  Di  Parigi,  allô  1°  di  aprile  lo86. 
«  Délia  S.  Va.  servitore  afTetlionatissimo 

«  GiLLOT, 

«  consigliero  del  re  Christianissimo 
nel  parlamento'.  » 

Fulvio  Orsini  parle  lui-même  dans  une  lettre  adressée  à  Gio. 
Vincenzo  Pinelli,  le  2  mai  1587,  des  demandes  qu'il  a  reçues 
au  sujet  de  son  manuscrit  d'  «  il  S''  Del  Bene,  Monsig''  Gilotto, 
Monsig'^  Garotto,  il  Lolgio  et  altri  ».  Il  ajoute  qu'il  a  pris  le 
parti  de  tout  faire  imprimer  à  Rome-. 

Pendant  la  Ligue,  Gillot  fut  un  ferme  adversaire  de  tous 
les  excès.  Le  16  janvier  1589,  il  fut  du  nombre  des  con- 
seillers qui  suivirent  le  président  Achille  de  Harlay  enlevé  et 
trainé  à  la  Bastille  par  Jean  Le  Clerc  de  Bussy  et  sa  bande  de 
fanatiques'.  Les  membres  royalistes  du  parlement  ne  recou- 


l.Bililioth.  du  Vatican,  ms.  4-104,  fol.  257-258;  P.  de  Nolhac, 
La  Bibliothèque  de  Fulvio  Ùrsini,  1887,  p.  432. 

2.  Nous  renvoyons  à  l'ouvrage  de  M.  de  xN'olhac  pour  riiisloire  du  manu- 
scrit d'Orsini.  Notons  seulement  que  la  lettre  italienne  de  Frauçois  Garrault, 
datée  de  Paris,  le  29  janvier  1587.  y  est  reproduile  (p.  435).  Ce  François 
Garrault,  sieur  des  Gorgf'S,  était  général  en  la  cour  des  Monnaies.  C'était 
un  lettré,  ami  de  J.  A.  de  Baïf,  de  Francesco  Giuntini,  etc.  On  a  de  lui 
Les  liechcrches  des  monnoijes  il578),  le  Recueil  des  principaux  advis 
donnez-  es  assemblées  [aides  par  le  commandement  du  roij  (1578),  le 
Paradoxe  sur  le  faicl  des  monnayes  '1376),  Des  mines  d'argent  trouvées 
en  France  (1579).  Quand  il  perdit  sa  femme,  Marguerite  Gobelin,  il  prit 
pour  devise  ces  mots  qui  accompagnent,  en  1576,  sa  marque  personnelle  : 
Amicitia  post  morlem,  et  il  lit  graver  un  jeton  qui  représente  Orphée 
pliMirant  Eurydice  qui  rentre  aux  enfers,  avec  ces  mots  :  0  quel  regret  ! 
François  Garrault  était  revenu  de  Rome  au  printemps  de  1584  (Xolhac, 
loc.  cit.^  p.  67). 

3.  Maimbourg  [Histoire  de  la  Ligue,  1686,  in-4,  p.  283  nous  a  conservé, 
d'après  un  manuscrit  d'Antoine  Loisel,  les  noms  des  membres  du  parlement 
qui  ne  voulurent  pas  se  séparer  de  leur  chef  C'étaient,  outre  les  présidents 
Potier  de  RIancmesnil  et  Jacques-Auguste  de  Thou,  les  conseillers  tlhartier, 
Spifame,  Maivault.  l'errot,  Fleiu-y,  Le  Viry,  Mole,  Scarron,  Gavant,  Amelot, 
Jourdain,  Forget.  Herivaux,  Tourm  bu.  Du  Puy,  Gillot,  de  .Moussy,  Pinney, 
Godard,  Fortin,  Le  .Meneur,  et  le  sieur  Denis  De  Hère. 


LIV.  —  JACQUES  GILLOT.  285 

vrèrent  la  liberté  qu'après  une  détention  plus  ou  moins  longue  ; 
quelques-uns  dès  le  18  mars  suivant'  ;  d'autres,  le 20 juillet^; 
d'autres  enfin,  le  7  août^  Il  est  probable  que  Gillot  fut  parmi 
les  derniers. 

On  trouve,  en  tous  cas,  sa  signature  sur  les  registres  du 
parlement  de  Tours  à  la  date  du  23  octobre  suivant  ^ 

Ce  fut  pendant  le  séjour  du  parlement  royaliste  dans  la  capi- 
tale de  la  Touraine  que  Gillot  s'unit  à  quelques  amis  :  Pierre 
Le  Roy,  Jean  Passerai,  Nicolas  Piapin,  Florent  Chrestien  et 
Pierre  Pithou,  pour  composer  le  spirituel  pamphlet  resté 
célèbre  sous  le  nom  de  Satyre  menippée.  Gillot  rédigea  pour  sa 
part  les  diverses  harangues  qui  figurent  dans  l'ouvrage.  Tous 
les  commentateurs^  s'accordent  pour  lui  attribuer,  entre  autres 
morceaux,  le  discours  italien  qu'est  censé  prononcer  le  cardi- 
nal de  Plaisance,  Filippo  Sega.  Voici  le  début  de  cette  harangue  : 

Monsieur  le  lieutenant  ayant  achevé  sa  harangue  avec 
grand  applaudissement  de  l'assistance,  où  le  président  de 
Nully'5  et  Acharie^,  laquais  de  la  Ligue,  furent  veus  pleurer 
de  joye,  le  doyen  de  Sorbonne^,  grand  dataire  du  Légal,  se 
leva  et  cria  tout  haut  :  «  Ilumiliate  vos  ad  benedlctionem^  et 
poslea  habebitis  haranguam  ».  Alors  monsieur  le  Légat,  après 
trois  profondes  et  copieuses  bénédictions,  preallablement 
faites,  commença  à  parler  ainsi  : 

Harangue  de  monsieur  le  Légal. 

«  In  noinlne  Palris,  etc.  lo  mi  rallegro  et  son  quasi  fuora  di 
me  stesso,  o  signori  et  populi  più  catholici  che  i  medesimi 

1.  L'Estoile,  éd.  Joiiaust,  III,  p.  258. 

2.  Ibid..  111,  p.  301. 

3.  /6(V/.,V,  p   G. 

4.  Petitot,  Collection  de  Mémoires,  l-'e  série,  XLIX,  p.  241. 

5.  Les  commenlateurs  anciens  s'appuient  le  plus  souvent  sur  Gillot  lui- 
même  puisqu'ils  ont  reproduit  les  no'es  que  celui-ci  avait  écrites  de  sa  main 
sur  un  exem|daire  interfolié  de  papier  blanc  qui  a  fait  partie  des  collections 
Renouard  et  Solar. 

6.  Estienne  de  Nully,  ou  de  Neuilly,  président  en  la  cour  des  Aides,  avait 
été  fait  par  les  ligueurs  président  du  Parlement. 

7.  Pierre  Acarle,  maître  des  Coni[iles,  était,  comme  Nully,  membre  du 
conseil  des  Quarante. 

8.  Denis  Le  Camus. 


286  LIV.  —  JACQUES  GILLOT. 

Romani,  di  vedervi  qui  coUegati  per  un  sogetto  tanto  grande 
et  calholico  ;  ma,  d'altre  parte,  mi  truovo  molto  sbigotlito  di 
sentir  tante  opinione  balorde  fra  vol  altri  liguori'  eatholici,  et 
mi  pare  che  quella  antica  fattione  di  Neri  et  Bianchi  rinasce, 
perciochè  l'uni  domandano  bianco  e  gli  altri  il  nero.  Ma  una 
sola  cosa  mi  pare  necessaria  a  la  salute  délie  anime  vostre, 
cioè  di  non  parlar  mai  di  pace,  et  manco  procurarla  che  prima 
tutti  i  Francezi  non  siano  morti  a  guiza  di  Macabei,  et  uccisi 
valorcsamente,  come  fù  Samsone,  fracassât!  et  sotterrati  tra 
le  ruine  di  questo  cattivo  paradiso  terrestre  di  Francia,  per 
goder  piti  presto  la  quieie  immortale  del  paradiso  céleste. 
Guerra  donque,  guerra,  o  valenli  et  magnifici  Francezi,  perché 
mi  pare  quan(Jo  si  ragiona  délia  pace  et  si  parla  di  trega  con 
questi  forfanti  heretici  manigoldi,  che  mi  sia  date  un  servi- 
tiale  d'inchioslro,  considerando  che  molto  meglio  è  per  la 
quiète  d'Italia  et  la  securilà  de  la  Santé  Sede  Apostolica  che 
i  Francezi  et  Spagnuoli  guerreggiano  tra  loro  in  Francia  o 
veramente  iii  Fiandra,  per  la  religione  o  la  corona,  che  in  Italia 
per  Napoli  o  Milano  ;  perché,  per  vi  dir  il  vero,  non  se  ne  cura 
il  Santissimo  Padre  di  tutti  fatti  vostri,  se  non  a  tanto  che 
gli  tocca  di  non  esser  spogliato  d'annale  et  coramende  et  altre 
espeditioni  che  si  fanno  in  Roma  con  oro  et  argenlo  vostro. 
Date  quanto  voleté  le  anime  vostre  al  deuionio  inferno,  poco 
gli  é,  proveduto  che  gli  sia  che  le  provende  di  Bretagna  e  la 
riverentia  antica  débita  a  Sua  Santità  non  gli  mancano.  Tanlo 
più  grande  e  riverita  sarà  Sua  Santità  quanto  vos  altri  homun- 
cioni  sarete  piccoli  et  piccolini.  E  non  parlate  più  di  tanti 
béni  et  tanti  favori  ch'i  predecessori  vostri  hanno  fatti-  a  la 
Santa  Sede  Apostolica,  anco  meno  délie  richezze  et  paezi  che 
gli  papi  hanno  del  bénéficie  di  Carlo  Magno  et  di  suoi  succes- 
sori,  régi  di  Francia  :  questo  è  cosa  fatta.  Le  pardonanze  che 
havete  ricevute  da  pochi  anni  in  qua,  con  le  gratuite  indul- 
genze  et  giubilei,  sono  di  molto  più  pregio.  Basta  che  le 
corone  e  gli  scettri  del  mondo  sono  a  dispositione  di  Sua 
Santità,  et  si  possono  cambiare,  trastullare  et  torre  et  porre  a 
suo  modo.  Scriptum  est  enim  :  «  Haec  omnia  tlbi  dabo  ».  Atque 
ut  pergam  latina  lingua  vobis  loqui.  jje  forte  aliqiiis  non  satis 


1.  Impr.  ligouri. 

2.  Jmpr.  faite. 


LIV.  —  JACQUES  GILLOT.  287 

intelligat  italianam,  dicam  vobis  summam  legntionis  meae  quae 
sumpla  est  ex  Matlh.  10.  cap.  :  «  Nolîte  arbiirari  quia  pacem 
venerim  mitlere  in  hanc  terram;  non  veni  'pacem  miltere^sed 
gladium.  »  Non  enim  habeo  magis  in  mandatis  et  instructione 
sécréta  quam  ut  vos  perpeluo  exhorlem  ad  belliim  et  praelhim  *. .. 

Le  parlement  revint  à  Paris  le  1-i  avril  1594\  et  Gillot  put 
reprendre  sa  vie  tranquille. 

En  1599,  il  devint  prévôt  du  chapitre  de  Langres^  Il  ne 
semble  pas  cependant  être  retourné  souvent  dans  sa  ville 
natale.  On  n'a  relevé  que  de  rares  mentions  de  son  nom  dans 
les  registres  municipaux*.  Vers  le  mois  de  février  160i,  il  se 
rendit  à  Poitiers,  «  tant  pour  y  conduire  mad.  sa  niepce, 
mariée  avec  le  fils  de  monsieur  Tillier,  l'advocat,  que  pour 
une  commission  \  »  Son  séjour  en  Poitou  se  prolongea  près 
de  deux  mois,  pendant  lesquels  il  vit  assidûment  le  médecin 
François  de  Saint- Vertunien,  sieur  de  La  Vau,  l'un  des  plus 
intimes  amis  de  Scaliger^ 

Pour  Gillot  ces  petits  voyages  sont  des  événements.  On  sent 
qu'il  ne  s'éloigne  qu'avec  peine  de  ses  livres  et  de  ses  amis 
ordinaires.  Sa  correspondance  semble,  du  reste,  avoir  absorbé 
une  bonne  partie  de  son  temps. 

Un  des  savants  avec  qui  Gillot  entretint  le  commerce  épisto- 
laire  le  plus  suivi  fut  Joseph  Scaliger.  L'homme  d'église  ne 
craignait  pas  d'avoir  avec  un  huguenot  avéré  les  relations  d'une 
étroite  amitié.  Le  recueil  des  lettres  françaises  adressées  à 
Scaliger  ne  contient  pas  moins  de  24  lettres  de  Gillot,  écrites 


1.  Satyre  Menippée  de  la  vertu  du  catholicon  d'Espagne  et  de  la  tenue 
des  états  de  Paris.  (A  Ratisbone,  chez  les  héritiers  de  Malhias  Kerner,  1709, 
iii-8),  I,  pp.  50  et  suiv. 

2.  L'Estoile,  éd.  Jouaust.  VI,  p.  205. 

3.  Gallia  christiana  IV,  col.  651.  Gillot  fut  aussi  chanoine  de  la 
Sainte  Chapelle  du  Palais,  à  Paris  ;  mais  nous  ignorons  à  quelle  date. 

i.  Arch.  municipales  de  Langres,  358,  691.920.  —  Une  lettre  de  Gillot  à 
Scaliger  est  datée  de  Langres  le  31  août  [1602].  Il  y  annonce  qu'il  va  partir 
pour  Autun.  [Epistres  françaises. . .  à  Mans''  J.  J.  de  La  Scala.,  p.  154.) 

5.  Epistres  françaises. . .  à  Mons^  J.  J.  de  La  Scala.,  1624,  p.  351. 

6.  Ibid.,  pp.  351,  418. 


288  LIV.  —   JACQUES   GILLOT. 

de  1592  à  1612'.  On  y  voit  que  notre  auteur  venait  fréquem- 
ment au  secours  du  grand  humaniste  en  lui  procurant  des 
livres  imprimés  ou  des  manuscrits.  Il  se  chargeait  aussi  de  lui 
faire  parvenir  certains  ouvrages  qui  lui  étaient  prêtés-.  Au 
point  de  vue  religieux,  les  opinions  des  deux  érudits  ne  diffé- 
raient guère.  Ils  professaient  la  même  haine  contre  les  jésuites, 
ou,  comme  ils  disaient,  les  «  loyolites  ». 

Nous  ne  connaissons  que  deux  lettres  de  Gillot  à  Jacques- 
Auguste  de  Thou^  ;  mais  nous  pensons  qu'il  fournit  bien  des 
renseignements  à  l'auteur  de  VHistoria  sui  temporis.  De  sa 
correspondance  avec  Casaubon,  nous  ne  pouvons  citer  qu'une 
seule  lettre^  et  pourtant  nous  voyons  par  ce  qu'il  écrit  à 
Scaliger,  en  1601,  que  leurs  relations  étaient  des  plus  intimes. 
A  peine  notre  auteur  apprend-il  que  Casaubon  est  arrivé  à 
Lyon,  qu'il  se  préoccupe  de  le  loger  commodément  à  Paris  ^ 
Il  est  anxieux  de  le  voir  bien  accueilli  par  le  roi  et  pourvu 
de  quelque  emploi  digne  de  lui". 

Parmi  les  amis  et  correspondants  de  Jacques  Gillot  on  peut 
citer  encore  : 

Denis  Le  Bey  de  Batilly,  qui  lui  dédie  le  12  '  de  ses  Einblemata 
(1596)  ;  Nicolas  Rapin,  qui  avait  travaillé  avec  lui  à  la  Satyre 
menippée  et  qui,  dans  son  testament,  exprima  le  vœu  que  ses 
œuvres  fussent  publiées  par  Sainte-Marthe  et  Gillot  ;  Scévole 
de  Sainte-Marthe,  à  qui  sont  adressées  des  lettres  du  mois  de 
novembre  1596' et  du  20  janvier  1597*,  et  qui,  de  son  côté, 


1.  Epistres  françoises  des  personnages  illustres  et  doctes  a  Mons''  Joseph 
Juste  de  La  Scala,  mises  en  liimiiTe  par  Jacques  de  Rêves.  ,-l  Ilnrdeivijck^ 
chez  la  vpfve  de  Thomas  Ileiirij  ^  pour  Henri/  Laurens,  libraire  à 
Amsterdam,  lG'i4.  I11-8. 

t.  Voy.  iiotaraineiil  Jos.  Scalup'ri  Epistolae^  1627,  in  8,  ep.  4,  p.  I7i. 

3.  Paris,  16  mars  [1594],  ms.'Dupiiy  712,  fol.  18;  Paris,  l^i-févr.,  s.  a., 
ms.  Dupuy  675,  fol.  156. 

4.  Gillot  à  Cisaubon,  s.  d.,  leUre  portée  dixui  h  Renie  des  autographes, 
catalosne  de  G.  Cliaravay,  cet.  1881,  i\°  39. 

5.  kpistres  françoises  à  Mons''  Joseph  Juste  de  La  Scala,  162i,  p.  1 10. 

6.  Ibid.,  p.  103,  etc. 

7.  Bililiolli.  nal..  Nouv.  Acq.  franc.  6208.  La  lettre  est  inconi[)lè(e. 

8.  Bibliotli.  de  l'Institut,  ms.  292,  fol.  229. 


LIV.  —  JACQUES   GILLOT.  289 

compose  pour  lui  des  vers',  et,  en  février  1608,  lui  donne  des 
détails  sur  la  mort  de  Rapin  et  sur  son  testament-;  Jean 
Savaron,  qui  lui  dédie  son  édition  de  Sidoine  Apollinaire^; 
Jean  de  Thumery,  sieur  de  Boissise,  ambassadeur  à  Londres, 
dont  on  possède  une  lettre  à  Gillot  en  date  du  27  juillet  1599  "•  ; 
Paul  Choart,  sieur  de  Buzenval,  ambassadeur  à  La  Haye,  dont 
il  parle  dans  ses  lettres  à  Scaliger  ^  ;  Jacques  Bongars,  ambas- 
sadeur en  Allemagne,  qui  lui  envoya,  au  mois  d'août  1608,  les 
Aphorismi  doctrinae  jesuislarum^  ;  enfin  Peiresc,  dont  on 
possède  trois  lettres  adressées  à  Gillot  au  mois  de  décem- 
bre 1617'. 

Les  services  rendus  aux  lettres  par  notre  auteur  justifient  le 
bel  éloge  que  fait  de  lui  Jacques  Esprinchard  dans  une  lettre 
adressée  à  Joseph  Scaliger  le  12  janvier  1601,  alors  que  le 
célèbre  philologue  préparait  son  édition  d'Eusèbe  : 

«  Monsieur  Gillot,  qui  vous  ayme  extrêmement,  vous 
envoyé  semblablement  quelques  cahyers  que  luy-mesme  a 
transcript  de  TEusebe  de  monsieur  Petau,  qui  est  un  des  plus 
beaux  et  entiers  qui  se  puisse  point  voir.  Il  m'a  asseuré  de 
continuer  le  reste  et  qu'il  le  vous  feroit  tenir  à  mesure  qu'il  le 
transcriroit.  Il  m'envoya  quérir  expressément  dimanche  der- 
nier pour  me  le  monstrer,  afin  que  comme  tesmoing  oculaire 
je  vous  en  puisse  escrire  au  vray  ce  qui  en  est.  Il  travaille 
aussi  après  le  Bertrame  Presbyter,  que  luy-mesme  transcrit. 
C'est  un  très-rare  sénateur,  officieux  à  merveilles,  qui  retient 
je  ne  sçay  quoy  par  dessus  les  aultres  de  ceste  ancienne 
splendeur  du  parlement.  Il  n'y  a  gueres  homme  en  Paris  que 


1.  Sonnet  français  à  Gillot  (Œuvres  de  Sr.  de  Sainte-Marthe,  1629, 
n-4,  p.  125);  pièce  latine  au  même  (Poëmata,  1629,  in-4,  p.  178); 
Mariae  Gilolae  Tumulus  iibid.,  p.  182). 

2.  L'Ësloile.  éd.  Jouaust,  IX,  p.  59. 

3.  Caii  Sollii  Appollinaris  Sidonû,  Arvernorum  ep.,  Opéra...  Pa- 
risiis.  ap.  Hadr.  Perier,  1609.  in-4. 

4.  Ms.  Diipuy  64,  fol.  184. 

5.  Epistres  françaises  à  3[ons^  J.  .1.  de  La  Scala,  1624,  p.  113. 

6.  L'Ësloile,  éd.  Jouaust,  IX,  pp.  118,  147. 

7.  Hiblioth.  de  Carpentras,  ms.  1873,  fol.  498-500. 

II.  —  19. 


290  LIV.  —  JACQUES   GILLOT. 

je  fréquente  plus  et  dont  j'apprenne  plus  de  belles  choses.  Il 
ne  se  peut  jamais  assez  saouler  de  Lien  parler  de  vous'.  » 

C'était,  en  effet,  un  milieu  bien  propre  aux  études  que  celui 
de  nos  anciens  parlements.  Il  ne  suffisait  pas  d'acquérir  un 
office  pour  y  être  reçu  ;  il  fallait  encore  prouver  sa  «  suffisance  »  ; 
aussi  les  familles  qui  destinaient  leurs  fils  aux  charges  judi- 
ciaires tenaient-elles  à  leur  faire  donner  une  instruction  où  les 
lettres  tenaient  autant  de  place  que  le  droit.  Les  voyages  com- 
plétaient presque  toujours  leur  instruction.  Gillot  peut  être 
cité  comme  un  modèle  parmi  les  magistrats  de  la  fin  du  xvr 
siècle.  Il  justifie  bien  l'inscription  qui  orne  le  médaillon  frappé 
en  son  honneur  :  «  Senator  intege]'[r]imus-  >. 

Au  commencement  de  l'année  1007,  Gillot,  qui  travaillait  à 
recueillir  les  écrits  composés  pour  la  défense  des  droits  de 
l'Église  gallicane,  et  qui  suivait  de  près  le  conflit  survenu 
entre  Rome  et  Venise,  apprit  qu'il  y  avait  en  Italie  un  homme 
non  moins  résolu  que  lui  à  combattre  les  prétentions  du  Saint- 
Siège.  Nous  voulons  parler  de  frà  Paolo  Sarpi. 

«  Nous  avons  vu  icy  «,  écrit-il  à  Joseph  Scaliger,  dans  une 
lettre  qui  ne  porte  pas  de  date,  «  trois  bons  livrets  de  Venize  : 
deux  d'un  frà  Paolo,  dell'  ordine  de'  Servi,  l'un  intitulé:  Le 
Consideralioni  sopra  le  censure,  l'autre  :  Apologia  contra^  la 
risposta  del  cardinal  Bellarmino  ;  le  tiers  intitulé  :  Difesa  a 
rolto  proposilioni  contra^  li  scritti  del  cardinal  Bellarmino,  et 
ce  dernier,  fort  hardy,  est  d'un  Giovanne  Marsilio.  Tout  cela 
est  fort  défendu  icy  ''. 


i.  Epistres  françaises  à  Mons^'  J.  ,1.  de  La  Scala,  1624,  p.  240. 

2.  Trésor  de  numismatique  et  de  (jlyptique.  Médailles  françaises,  I, 
pi.  LVI,  ri"  2.  —  Un  passîige  des  Mf'nioires  de  L'Estoile  nous  montre  jusqu'à 
quel  point  la  réputation  d'austérité  de  Gillot  était  établie.  L'historien  raconte 
que,  en  1008,  le  maître  des  requêtes  Fondriac  fut  récusé  lors  du  procès 
fait  à  Bartolommeo  Borghese,  le  prétendu  fils  du  pape,  et  il  ajoute  que 
Fondriac  était  «  tenu  pour  bon  juge  et  roide  parce  qu'il  demeuroit  avec 
M.  Gilot»  (éd.  Jouaust,  IX,  p.  167). 

3.  Impr.  contre. 

4.  Epistres  françaises...  à  iMons^  ./.  J.  de  La  Scala,  1624,  iii-8, 
p.  93. 


LIV.  —  JACQUES   GILLOT.  291 

Il  revient  sur  le  même  sujet  dans  une  lettre  du  0  février 
1607  :  «  Je  vous  envoyé. . .  les  deux  Vœux  que  nous  avons 
faict  mettre  sur  la  presse  pour  le  faict  des  Vénitiens'.  Il  y  a 
un  Marco  Capello,  qui  a  le  dernier  escrit  fort  librement,  que 
j'ay,  mais  imparfaict.  Vous  avez  veu  tous  les  autres,  lesquels 
j'ay  escrit  à  monsieur  l'ambassadeur^  de  vous  envoyer.  J'en 
ay  desjà  assez  ;  mais  j'espère  avoir  tout.  Il  y  a  deux  livres  d'un 
frà  Paolo,  l'un  appelé:  Consideralioni  sopra  le  Censure,  l'autre  : 
Apologia,  de  luy  mesme,  conlra  il  Bellarmino;  un  autre  (jui 
s'intitule  :  Difesa  deW  otlo  propositioni  di  Ginvanne  Marsilio 
contra  el  Bellarmino,  fort  libres,  et  puis  un  Crassus  Venetus, 
qui  respond  ad  Paraenesin  Baronii^  ». 

Frà  Paolo,  qui  savait  déjà  par  M.  de  Fresne  avec  quelle 
curiosité  Gillot  suivait  les  démêlés  des  Vénitiens  avec  le  pape 
et  qui  avait  entendu  louer  son  zèle  et  sa  science  par  M.  de 
laisse  et  par  Charles  de  Harlay,  baron  de  Dolot,  frère  du 
premier  président,  prit  le  parti  de  lui  écrire  '.  Sa  lettre,  datée 
du  18  mars  1008,  devint  le  point  de  départ  d'une  correspon- 
dance régulière. 

Bien  que  Sarpi  eût  écrit  en  latin,  Gillot  crut  bien  faire  en 
lui  répondant  en  italien  ;  maison  a  vu  par  les  fragments  cités 
plus  haut  que  son  style  était  peu  correct  ;  aussi  frà  Paolo, 
dans  une  de  ses  réponses  en  date  du  22  juillet  1609,  lui  dit 
qu'il  n'avait  pas  à  prendre  cette  peine  : 


1.  Duo  Vota,  hoc  est  ex  animo  toto  prolatae  Sententiae  :  nnum  Caes. 
Baronii  cardin.  contra  Rcmpiiblicam  venetam,  allerum  Jean.  Marsilii 
neapol.  th.,  pro  eadeiii  Repithlica.  1(307.  I11-8.  (Bibliolii.  nat.  E.  4666,3.). 

2.  André  Hiirault,  sieur  de  Maisse,  qui  venait  de  remplacer  Philippe 
Canaye,  sieur  de  Fresne,  comme  ambassadeur  de  France  à  Venise. 

3.  Epistrcs  françaises. . .  ù  Mons^  J.  J.  de  La  Scala,  1624,  pp.  439-440. 

4.  «  Libelles  meos  non  tanti  aestimavi,  vir  excellentissime,  ut  lectione 
tua  digues  putaverim...  Verum  cum  a  dom.  Fresner  [lisez  Fresnes] 
audivissem  manilasse  te  ut  in  liac  controversia  scripta  ad  te  milterentur, 
rogavi  ut  a  me  mea  reci|ieret.  Anni  sunt,  vir  excellentissime  fere  viginli 
cum,  turbarum  gallicarnm  occasione,  coepi  admirari  eos  qui  regiam  dignita- 
tem  sartam  tectam,  ut  par  est,  tueri  eniterentur.  Te  soepe  dom.  Massaeus, 
regius  in  hac  civitate  legalus,  inler  primes  nominabat,  et  dom.  Dolotus, 
summi  praesidis  frater,  tuae  doctrinae  et  probitatis  luculeritissimus  teslis 
accessit. . .  »  Opère  di  frà  Paolo  Sarpi,  servita^  1765,  in-4,  V,  p.  1. 


292  LIV.  —   JACQUES  GILLOT. 

a  Prego  V.  S.  farmi  degno  qualche  volta  di  sue  leltere,  che 
le  resterô  obligato,  senza  pero  che  sii  obligata  a  scrivere 
ilaliaao,  perché,  se  bene  io  H  risponderô  in  questa  mia  lingua, 
mi  sarà  perô  uguale  il  leggere  la  sua  nell'  islessa  overo  nella 
francese'  ». 

Les  lettres  de  Gillot  à  Sarpi  ne  paraissent  pas  avoir  été 
conservées  ;  quant  aux  lettres  à  lui  adressées  par  le  moine 
vénitien,  voici  une  table  de  celles  qui  nous  sont  connues.  Les 
16  pièces  contenues  en  original  dans  le  manuscrit  Dupuy  111 
sont  marquées  d'un  astérisque  : 

i.  Venise,  18  mars  1608  {Opère  di  F.  Paolo  Sarpi,  1765,  VI, 

p.  1). 
2.        »        3  décembre  1608  [ibUL,  VI,  p.  3). 
*3.        »        12  mai  1609  {ibicL,  VI,  p.  4). 
*4.        »        7  juillet  1609  {ibuL,  VI,  p.  6). 
5.        «        22  juillet  1609  {Leltere  italiane  di  frà  Paolo  Sarpi, 

1673,  p.  603). 
*6.        »        lo  septembre  1609  [Opère,  VI,  p.  6). 
*7.        »        29  septembre  1609  [ibid.,  VI,  p.  8). 


1 .  Leltere  italinue  di  frà  Paolo  Sarpi.  religioso  detl'  ordine  de  '  Servi 
e  leologo  délia  serenissima  rcpiiblira  di  Venetia,  scritte  da  lui  al  sirpior 
lleir  isola  Groslvt  dapo  li  il  décembre  1602  sino  alli  2  seifenibre  là  18. 
Vi  sono  ancora  alciine  altre  scritte  da  luistesso  alsignor  Gillot  (in  Veronu, 
1673,  in-12),  p.  607. 

Ce  recueil,  évideniment  imprimé  en  France,  ne  contient  que  deux  lettres 
adressées  à  Gillot  :  22  juillet  et  1«>-  décembre  1609  (pp.  6û5  et  008). 

Sarpi,  qui  était  un  esprit  positif,  ne  désirait  pas  que  ses  correspondants 
perdissent  le  temps  à  lui  écrire  dans  une  langue  étrangère.  S'adressant,  le 
22  juillet  1608,  à  François  Hotman,  abbé  de  Saint-iMédard  de  Soissons  et 
conseiller  au  parlement  de  Paris,  il  lui  dit  :  «  Io  vi  supplico  di  onorarmi 
qualcbe  volta  con  le  vostre  leltere.  senza  per  queslo  meltervi  in  nécessita  di 
scrivermi  in  italiano  ;  imperorchè,  selibene  io  vi  rispondo  nel  linguaggio 
mio  naturale,  mi  riesce  perô  indifférente  il  leggere  le  vostre  lettere  in  italiano 
come  in  francese.  »  {Opère,  1765,  VI,  p.  ÛH).  François  Hotman  devait 
pourtant  écrire  facilement  Filalien.  Il  avait  été  reçu  docteur  es  droits  à 
Padoue,  en  même  temps  que  !\Iaximilieu  Granu;ier,  le  12  août  1594.  (Arch. 
univ.  de  Padoue,  reg.  LIV,  fol.  328.) 

Correspondant  avec  .lérémie  Groslot,  sieur  de  L'IsIe,  qui  est  en  Italie,  il 
combine  un  cbiffre  italien,  afin  que  celui-ci  «  non  babbia  da  annojarsi  per 
scriver  italiano.  »  [Lettere  italiane.  1673,  in-r2.  p.  227.) 


HV.  —   JACQUES  GILLOT.  293 

*8.  Venise  8  décembre  1609  {ibid.,  VI,  p.  10;  LeUere  itaUane, 
p.  608,  à  la  date  du  !«■'  décembre  et  avec  des 
lacunes). 

*9.        »        2  mars  IGIO  {Opère,  VI,  p.  11). 
*10.        »        12  octobre  1610  {ibid.,  VI,  p.  13;  LeUere  italiane^ 

p.  598,  à  la  date  du  22  octobre). 
*11.        »        7  décembre  1610  (Opère.  VI,  p.  14). 

12.        x        4  janvier  IGll  (ibid.,  VI,  p.  16). 
*13.        »        14  janvier  1612  (ibid.,  VI,  p.  17). 
*14.        »        14  août  1612  (ibid.,  VI,  p.  19). 
*15.        V        [1613?]  (i6id.,  VI,  p.  20). 
*16.        »        14  juin  1616  (ibid.,  VI,  p.  21). 
*17.        »       24  novembre  1616  (ibid.,  VI,  p.  22). 
*18.        »        17  février  1617  {ibid.,  VI,  p.  22). 
*19.        »        6  juin  1617  (ibid.,  VI,  p.  24). 
*20.        »        4  juillet  1617  (i6ic/.,  VI,  p.  25). 

Les  controverses  auxquelles  Glllot  consacra  les  dernières 
années  de  sa  vie  ne  tendaient  pas  seulement  à  maintenir  les 
privilèges  de  l'Église  gallicane  et  à  empêcher  les  empiétements 
de  l'autorité  pontificale  ;  elles  avaient  sans  doute  un  but  plus 
élevé.  Comme  les  de  Tliou,  les  Harlay,  les  Hotman,  et  nombre 
d'autres  esprits  indépendants,  Gillot  continuait  à  croire  pos- 
sible la  réunion  des  catholiques  et  des  protestants.  De  là  son 
opposition  aux  doctrines  du  concile  de  Trente,  qui  devaient 
rendre  la  scission  définitive. 

Une  pièce  remarquable,  que  l'on  sait  avoir  été  publiée  par 
Gillot,  bien  qu'elle  ait  paru  sous  le  voile  de  l'anonyme  (son 
nom  a  été  inscrit  par  des  contemporains  sur  le  titre  de  plu- 
sieurs exemplaires],  est  Le  Caioii  français,  adressé  au  roi  vers 
la  fin  de  l'année  1614,  à  l'occasion  de  la  convocation  des  États 
généraux.  Gillot  conjure  le  roi  de  prendre  en  mains  la  direc- 
tion des  affaires  et  de  ne  pas  se  laisser  égarer  par  des  favoris 
ou  des  intrigants  II  dénonce  en  particulier  les  jésuites,  qu'il 
poursuit  toujours  de  sa  haine'.  Il  fait  au  jeune  prince  un 


1,  Édition  en  88  pp.,  pp.  41-45. 


294  LIV.  —   JACQUES   GILLOT. 

exposé  de  ses  devoirs  qui  révèle  un  écrivain  exercé  et  s'élève 
parfois  jusqu'à  l'éloquence. 

Gillot  mourut  le  20  janvier  1610.  Il  fut  enterré  dans  la  cln- 
pelle  basse  du  Palais,  à  Paris,  et  ses  exécuteurs  testamentaires' 
lui  consacrèrent  l'épitaplie  suivante  : 

A     k     iî 

lACOBYS  GILLOTVS 

SENÂ.TOR   PARISIENSIS 

S.  S.  CAPPELLAE   REGIAE   CAN"'    SACERDOS 

HIC   lACET 

EXPECTANS   PROMISSAM   FIDELIRVS 

ClIRISTIANIS   RESVRRECTIONEM 

TESTAMENTI   CVRATORES 

VIRO   AMPLISS.    RENE   DE   SVIS 

OPTIME  DE  REPVRL.  MERITO 

VTI   IPSE   IVSSIT 

POSVERViNT 

VIXIT   ANNOS   LXXVI. 

ORIIT   VII.    KAL.    FERR.    ANN. 

GilR.    CIJ.    IDC.    XIX. 

R.    I.    P.- 

II  ne  nous  reste  plus  qu'à  donner  une  liste  sommaire  des 
ouvrages  de  Gillot  : 

i.  Nous  ignorons  quels  étaient  ces  exécuteurs  testamentaires.  Jacques 
Gillot  avait  un  frère,  Phililiert,  qui  avait  épousé  Anne  Chevalier,  par  contrat 
du  li  septembre  158.")  (Hibl.  nal.,  ms.  fr.  29859,  dossier  Gillot,  pièce  9), 
et  dont  un  fils,  Piené  Gillot,  fut  reçu  conseiller  au  parlement  de  Paris  le 
31  juillet  1620  (ms.  fr.  31043,  dossier  Gillot,  pièce  2).  Philibert  était 
avocat  ;  on  a  de  lui  quelques  vers  insérés  dans  La  Main. . .  de  Estienne 
Pasquier,  1.584,  fol.  4.  Jacques  eut  aussi  deux  sonirs  mariées:  Gabrielle 
et  Claire  (ms.  fr.  31043,  pièce  citée). 

Nous  ne  savons  quelle  parenté  unissait  le  conseiller  et  l'avocat  à  François 
Gillot,  qui,  le  23  février  1584,  fut  élu  conseiller  des  juristes  de  la  nation  de 
Provence,   à  Padoue.,(Arcli.  univ.  de  Padoue,  reg.  XI,  fol.  172  v».) 

2.  Emile  P»aunié,  Kpilaphier  du  vietix  Paris,  11,  1893,  in-4,  p.  466, 
d'après  un  dessin  de  Guignières,  aujouni'lmi  conservé  à  Oxford). 


LIV.  —   JACQUES   GILLOï.  295 

1.  Iti  Janum  Poislaeiim  senatorem,  inter  reos  delatum,  1581 
(3  distiques). 

L'Estoile,  éd.  JoLiaust,  H,  p.  21 . 

2.  Distique  contre  Philippe  11,  \7)H(\. 
Ibid.,  II,  p.  3bl. 

3.  Dix  distiques  latins  dans  le  Tombeau  de  Cln'istoplie  de 
Thou  (V.  amplissiini  Christophori  Tliuani  Tumiilus,  1583,  in-4, 
pp.  61-62). 

4.  La  Satyre  menippée,  composée  avec  le  concours  des  divers 
auteurs  énuraérés  ci -dessus,  1593. 

5.  Lettres  de  Jacques  Giilot,  conseiller  au  parlement,  à 
M.  de  Sainte-Marthe,  contenant  plusieurs  particularités  de  la 
vie  de  Jacques  Faye,  sieur  d'Espesse,  président  au  parlement 
de  Paris  [mort  en  1594]. 

Divers  Opuscules  tirés  des  Mémoires  d'Anloine  Loisel. . .  (Paris, 
1652,  in-4),  p.  655. 
Ce  recueil  a  reparu  à  la  date  de  165r). 

a.  Jac.  Gilloti  Epistolarum  gallicarum  ad  J.  Scaligerum 
datarum  Heptas,  cum  notis  historiam  literariam  illustrantibus. 

D.  Gerdes,  Miscellanea  Duisbunjensia. .  .^  V  (1732,  in-8). 

Nous  n'avons  pas  vu  ce  recueil  que  nous  citons  d'après  le 
catalogue  du  British  Muséum. 

h.  Jacobi  Oilloti  Epistolarum  ad  Josephum  Scaligerum 

Miscellanea  Gron'mgana  in  Miscellaneorum  Duisburgensium 
continuationem  publicata,  III  (Groningae,  apud  Hajonem 
Spandaw,  1740,  in-12),  pp.  317-352,  383-454. 

Réimpression  annotée  des  lettres  publiées,  en  1624,  par 
Jacques  de  Rêves. 


29Ô  LIV.  —   JACQUES   QILLOT. 

7.  a.  Actes  du  Concile  de  Trente  en  l'an  M  DLXII  et  LXIII 
contenant  les  mémoires,  instructions  et  depesches  des  ambas- 
sadeurs de  France,  ensemble  les  demandes  et  protestations 
par  eux  faictes  audit  Concile  au  nom  du  roy  Tres-Chrestien  et 
de  l'Eglise  gallicane.  Pris  sur  les  originaux,  1G07,  S.  /.,  in- 12. 

Bibliolh.  nat.,  Inv.  B.  è>432  ;  British  Muséum,  5016.  aa. 

b.  Instructions  et  Missives  des  roys  Tres-Chrestiens  de 
France  et  de  leurs  ambassadeurs,  et  autres  pièces  concernant 
le  concile  de  Trente.  1608,  S.  /.,  in-4. 

Bibliolh.  nat.,  Inv.  B.  5438  ;  Brislish  Muséum,  224.  a.  25. 

c.  Instructions  et  Missives. . .  A  Paris,  1013.  In-4. 

Troisième  édition,  publiée  par  Pierre  Du  Puy. 
Biblioth.  nat.,  Inv.  B.  1944;  British  Muséum,  702.  K.  o  (3). 

d.  Instructions  et  Lettres  des  roys  Tres-Chrestiens  et  de 
leurs  ambassadeurs,  concernant  le  concile  de  Trente.  Quatrième 
Edition,  augmentée  des  actes  de  M.  D.  [Du  Puy].  A  Paris,  chez 
Sebastien  et  Mabre  Cranioisy,  1654.  In-4. 

Biblioth.  nat.  Inv.  B.  1946. 

8.  a.  Traictez  des  droictz  et  liberté/  de  l'Eglise  gallicane.  A 
Paris,  Chez  P.  Chevalier,  1609.  In-'i. 

Ce  recueil  contient  dix  pièces  de  Pierre  Pithon,  Jean  de  Rély, 
Jacques  Gappel,  Jean  Du  Tillet,  Jean-Baptiste  Du  Tillet.  Claude 
Fauchet,  Charles  Faye  d'Espesse,  Guy  Coquille,  Antoine 
Hotrnan  et  Claude  Gouslé. 

Biblioth.  nat.,  Ld'o  2.  —  British  Muséum.  701.  K.  1  (2). 

b.  Traictez  des  droictz  et  libériez  de  l'Eglise  gallicane.  A 
Paris,  Chez  P.  Chevalier,  1612.  ln-4. 

Cette  seconde  édition  contient  de  plus  que  la  première  trois 


LIV.  —  JACQUES  GILLOT.  297 

pièces  dont  les  auteurs  sont  :  Noël  Brularl,  Guy  Coquille  et 
Jacques  L'Eschassiei". 
Biblioth.  nat.,  Ld'o2.  A. 

9.  Les  Œuvres  latines  et  françoises  de  Nicolas  Rapin.  Paris, 
Olivier  de  Varennes  [ou  Pierre  Chevalier],  IGIO.  In4. 

Recueil  publié  par  Scévole  de  Sainte-Marthe  et  Jacques 
Gillot.  Il  est  dédié  aux  présidents  Achille  de  Ilarlay  et  J,-A. 
de  Thou. 

40.  Relation  faite  par  maître  Jacques  Gillot,  conseiller 
d'Eglise  à  la  grand'chambre  du  parlement  de  Paris,  de  ce  qui 
se  passa  audit  parlement,  séant  aux  Augustins,  touchant  la 
régence  de  la  reine  Marie  de  Medicis,  mère  du  roy  Louis  XIII , 
les  14.  et  15.  may  IGIO. 

P.  Dupuy,  Traité  de  la  majorité  de  nos  roys  et  des  régences  du 
royaume  (Paris,  1635,  in-4),  p.  47y  ;  —  (Amsterdam,  1722, 
in-12),  II,  p.  263. 

Petiiot,  Collection  des  mémoires,  !'«  série,  XLIX,  pp.  139-274  . 

Michaud  et  Poujoulal,  Nouvelle  Collection  des  Mémoires,  l""* 
série,  XI,  pp.  471-484. 

11.  Le  Caton  françois.  Au  Roy.  M.  DC.  XIV.  ln-8. 

La  Bibliothèque  nationale  possède  à  elle  seule  sept  éditions 
de  ce  factum  (Lb^s  364  et  364  ABGDEF). 

Le  Caton  finançais,  dont  il  existe  une  traduction  allemande 
(Der  frantzôsische  Cato,  1615,  in-4  :  Brilish  Muséum,  8050. 
bbb.  15),  a  donné  lieu  à  diverses  réponses  :  L'Espagnol  françois, 
1615,  in-8  ;  Ultallen  françois,  1615,  in-8,  et  surtout:  L'Image  de 
la  France  représentée  à  messieurs  des  Estais  avec  la  réfutation 
d'un  libelle  intitulé  :  Le  Caton  françois,  fait  contre  ceux  qui 
maintiennent  la  religion  et  Cestal;  le  tout  divisé  en  trois  parties, 
1615,  in-8.  Cette  dernière  pièce,  où  l'on  trouve  la  défense  du 
concile  de  Trente  et  une  longue  apologie  des  jésuites,  a  pro- 
voqué la  réplique  suivante,  à  laquelle  il  se  peut  que  Gillot  ait 
eu  part  :  Le  Caton  et  Diogene  françois  pour  apologie  contre  un 
trait  de  Vlmage  de  la  France  oio  est  représentée  la  réfutation  du 
Caton  françois,  1615,  in-8. 


LV 
JEAN-PIERRE  COTEREAU 


Nous  n'avons  pu  découvrir  à  quelle  province  appartenait  ce 
personnage,  s'il  était  religieux  ou  laïc.  Il  vivait  probablement 
à  Lyon;  mais  nous  ne  savons  rien  de  lui.  Un  volume  publié 
par  les  soins  de  Pierre  Mattbieu,  volume  que  nous  avons  cité 
déjà  dans  la  notice  consacrée  à  Claude  Du  Yerdier,  contient 
quelques  vers  de  Cotereau.  Voici  la  description  de  cet  ouvrage: 

Œconomia  II  canonica  II  de  sacrorum  Catho-  Il  lica3  Christi 
t'amiliaî  II  Minislrorum  officio&conseruanda  ||  vbiquemaiorum 
Ecclesia- 1|  stica  disciplina,  ||  in  très  classes  digesta  :  ||  Quibus 
ea  omnia  quse  ad  verè&sanctèPresbyterorum,  Parochorum  I| 
&  Episcoporum  instituendum  ministerium  pertinent,  diuino 
sacrai  jj  scripturse  iure,  veterum  Patrum  auctoritatibus,  Ponti- 
ficum  decretis  jj  et  Oecumenicorum  Conciliorum  canonibus  ac- 
curatissimè  tractantur  :  H  Auctore  Pu  P.  F.  Petro  de  Bollo, 
Theologo  II  Parisiensi,  ordinis  Pra>dicatorum.  II  Nunc  primum 
in  lucem  édita  &  exornata  luculentissimis  variarum  lectionum 
jl  annotationibus,  Opéra  Pétri  Mattha^i  I.  V.  D.  ||  Accessit  sub 
calce  operis  Euangelici  sacrificij  autlientica  pro-  Il  batio  ex 
solius  scripturai  sacra)  testimonio.  ||  Cum  Indice  rerum  &  ver- 
borum.  Il  Lugduni,  \\  Sumptibus  Pétri  Landry.  II  M.  D.  LXXXIX 
[1589J.  Il  Cum  Priuilegio  Régis.  In-4  de  20  ff.  lim.,  552  pp., 
H  ff.  d'index  et  1  f.  blanc. 

Le  titre  est  suivi  de  2  ff.  contenant  une  épître  latine  du 
libraire  à  Pierre  d'Épinac,  archevêque  de  Lyon,  primat  des 


300  LV.  —   JEAN-PIERRE    COTEREAU. 

Gaules,  en  date  de  Lyon,  1^'  décembre  1587,  et  les  approba- 
tions ;  puis  viennent:  12  ff.  pour  une  épître  dédicatoire  de 
Pierre  de  Bollo'  au  même  Pierre  d'Épinac,  en  date  de  Lyon, 
fêtes  de  Noël  1587  ;  3  fl.  pour  des  vers  latins  de  frère  Estienne 
Carta,  «  SS.  theologiae  baccalaureus  parisiensis,  ord.  frat, 
praed.  »  ;  cinq  distiques  latins  de  Bernard  Malarmet,  «  Vercella- 
nae  ecclesiae  parochus  >>,  deux  distiques  latins  de  Claude  Du 
Yerdier  ;  cinq  distiques  de  Joseph  Cantarel,  docteur  es  droits; 
trois  distiques  grecs,  six  distiques  latins  et  un  sonnet  italien 
signés  :  «  Janus  P.  Coterellus  »  ;  un  Symbolum  juris  d'wini 
(un  cercle)  et  deux  distiques  anonymes,  adressés  à  P.  de  Bollo 
et  à  son  commentateur  Pierre  Matthieu;  deux  distiques  ano- 
nymes «  Ad  Zoilum  »;  treize  distiques  grecs  d'André  Amiot; 
1  f.  contenant  un  avis  de  Pierre  Matthieu  «  lectori  pietatis 
studioso  »  ;  If.  contenant  dix-neuf  distiques  offerts  à  P.  de 
Bollo,  «  pro  xeniis  januariis  »,  par  Pierre  Matthieu;  o52  pp. 
H  flF.  d: Index,  1  f.  blanc. 
Biblioth.  nat.,  Inv.  D.  48G9. 

Une  seconde  édition,  datée  de  1617,  n'est  que  l'édition  de 
1589,  dont  les  liminaires  ont  été  supprimés  et  remplacés  par 
une  longue  introduction  (Biblioth.  nat.,  Inv.  D.  6386). 

Nous  reproduisons  les  vers  de  Cotereau  : 
Jani  p.  Coterelli. 

(3  distiques.) 

Ejusdem  ab  eodern  latine  donata. 

Ad  ripas  Nili  testudo  extiacta  jacebat. . . 

(3  distiques.) 

AUud  de  ejusdem  Nilaea  Musa. 

Très  urnas  Nilus  geminis  amplectitur  ulnis. . . 

(3  distiques.) 


1.  Pierre  de  Bollo  élail,  SavoyarJ.  On  peut  consulter  sur  lui  Qiiélif  cl 
Echard,  Scriptores  ordittis  Praedicalorum,  II,  1721,  pp.  316-317. 


LV,   —   JEAX-PIEBRE    COTER  EAU.  301 

Sonelo  del  medesimo  al  medesimo. 

Come  del  cielo  la  perla  divina 

Sciolse  i  cavalli  dal  cerchio  di  toro 
Verso  Helicona,  con  capei  d'oro 
Per  far  di  lauro  una  doice  rapina, 

Et  poi  al  Dio  terreno  lo  destina 
Da  CLii  sola  virtù  e  l'alto  lavoro 
Vinse  alla  giostra  ghirlanda  d'aloro, 
Perché  ogni  mostro  a  lui  Immil  s'inchina; 

Gosi  quel  che  creo  nostro  hemispero, 
Perché  vincesti  l'idra  senza  palle, 
Gioè  Galvino,  per  la  corte  santa, 

Ti  darà  corona  com'  a  san  Piero 
Che  fece  a  molli  rivolger  le  spalle 
Seminando  in  campe  la  buona  pianta. 

Felice  è  l'aima  cite  per  Dio  sospiraK 


1.  Cette  devise  fut  employée  à  la  même  époque  par  Pierre  Poupo.  On  lu 
trouve  à  la  fin  d'une  pièce,  signée  «  Poupot,  »  qui  se  trouve  en  tête  du 
Dictionnaire  des  rimes  françaises  de  Jean  Le  Fèvre,  augmenté  par  le 
seigneur  des  Accords  [Estienne  Tabourot]  :  Paris.  Jean  Richer,  1588,  in-8, 
fol.  h'j)  et  à  la  fin  d'un  sonnet  anonyme  qui  précède  le  livre  IV  des 
Bigarrures  du  même  Estienne  Tabourot,  1588,  in-8. 


LVI 
MARC-ANTOINE  MILLOTET 


Marc-Antoine  Millotet,  né  vers  1500,  appartenait  à  une 
famille  bourguignonne.  Il  est  probable,  pour  ne  pas  dire  cer- 
tain, qu'il  étudia  le  droit  en  Italie;  mais  nous  ignorons  quelle 
université  il  fréquenta.  De  refour  dans  son  pays,  il  y  exerça 
les  fonctions  d'avocat  au  parlement  de  Bourgogne,  et  fut  admis 
dans  le  groupe  des  poètes,  des  érudits  et  des  jurisconsultes, 
dont  Estienne  Tabourot  était  le  membre  le  plus  actif. 

En  1572,  Tabourot  publia  un  Dicliormnire  des  rimes  dont  il 
avait  reçu  le  manuscrit  de  sou  cousin  Jean  LeFèvre.  chanoine 
de  Langres,  mort  en  1565.  Cet  ouvrage  reparut,  en  1588,  pré- 
cédé cette  fois  d'une  série  de  pièces  encomiastiques  qui  en  font 
comme  une  anthologie  des  poètes  bourguignons  du  temps". 


1.  Dictionnaire  ||  des  Rimes  Fran- 1|  çoises  :  Premièrement  composé  par 
Jean  le  Feure  ||  Dijonnois.  Chanoine  de  Langres  (5c  de  ||  Bar  sur  Aube;  || 
Et  depuis  augnicnti'.  corrigé.  &  mis  en  bon  |!  ordre,  par  le  Seigneur  des 
Accords.  Il  Dédié  à  M^ssire  Pierre  leauniu,  Seigneur  de  Monjeu  &  de  || 
Courcelles,  Chcualicr,  Conseiller  du  Roy,  &  Président  ||  au  Parlement  de 
Bourgongiie.  ||  A  Paris,  \\Chez  lean  Richer,  rue  S.  han  de  Lalran.  \\à 
r Arbre  Verdoijanl .  \\  1588.  ||  Auec  Priuilege  du  Rov.  In-8  de  32  ff.  non 
chiftr.  et  214  »'.  chiffr. 

Au  \°  du  titre  est  un  qualrnin  «  Au  lecteur  »,  signé  de  la  devise 
d'Estienne  Tabourot  :  A  tous  accords. 

Les  3  tî.  suivants  sont  occupés  par  une  épître  «  A  messire  Pierre  Jean- 
nin,  chevalier,  conseiller  du  roy,  etc.  »  Les  28  autres  ff.  lim.  sont  occupés 
par  des  vers  français,  italiens,  latins  et  grecs,  dus  à  80  auteurs  différents. 
Nous  ne  pouvons  en  donner  ici  la  liste  ;  on  la  trouvera  dans  le  Cat. 
Rothschild,  1,  no  431. 


304  LVI.  —   MARC-ANTOINE   MILLOTET. 

Parmi  ces  pièces'  est  un  sonnet  italien  deMillotet  à  la  louange 
de  Jean  Le  Fèvre  : 

Soneto. 

Menlre  Fabro,  gentil'  cô,  sopra  accenna 
Del  avaro  liquor  l'occulte  sponde 
Che'l  fatuoso  Pindo  in  sen'  nasconde, 
Sgombrando  el  cieco  error'  l'ardita  penna, 

Mirava  del  suo  ciel  el  Dio  che  frena 
Et  fovolose  colle  e  l'amich'  onde 
Molli  allori,  el  de  le  sacre  fronde 
Vaga  per  ratto  bonor  l'altiera  Senna. 

Vide  et  arse  ;  il  furor  râpe  li  strali 
Co'  quali  territar  suol  i  mortali; 
Sementa^  el  fosco  ciel  di  negro  borrore. 

Ouando  et  udilo  el  Dio.  oltra  l'usato 

Sono  Tbemi  :  «  Fia  quel  cbe  vuole  el  fato  ! 
«  Fabro  Pbsebo  spoliar  deve  honore.  » 

Marc'  Antonio  Migliotet,  Digionese. 

Le  poète  a  pris  soin  de  nous  donner  lui-même  une  traduc- 
tion latine  de  cette  pièce,  et  cette  traduction  n'est  peut-être 
pas  inutile  pour  la  faire  comprendre  : 

De  hoc  opère. 

Dum  plus  Aoniae  latices  Faber  explical,  unde 

Quos  abdito  Pindus  siuu 
Occulit,  et  tenues  errotum  discutit  umbras 

Audaciori  lumine, 
Miratur  roseo  qui  sydera  lemperat  astro 

Laboriosi  rex  jugi, 
Quos  tulerat  quondam  praedatas  vertice  lauros 

Et  rapta  collibus  sacra 


1 .  Fol.  evj. 

2.  Inipr.  Samanca. 


LVI.  —    MARC-ANTOINE   MILLOTET.  305 

Barbaricaque  prius  miratur  arundine  cinctam 

Comas  agrestes  Sequanam, 
In  mare  piirpureas  tumidum  devolvere  lymphas 

Et  lauréates  vortices  ; 
Vidit  et  infremuit,  funestaque  corripit  arma, 

Miseris  pavor  mortalibus. 
Candida  tune  telricae  mutavit  lumina  nocti 

Furoris  aether  conscius, 
Cum  solito  majus  sonuit  Themis  (audiit  ipse 

Cyrrhae  fabulosae  paler)  : 
«  Arbitriis  stent  fata  suis  viduatus  Apollo; 

«  Lauros  Fabro  cedat  suas  !  » 

Marcus  Antonius  Millotetius,  Divionensis*. 

Le  31  mars  1592,  Millotet  fut  pourvu  de  l'office  d'avocat 
général  au  parlement  de  Bourgogne,  office  auquel  il  fut  reçu 
le  8  mars  159i-.  Ses  fonctions  judiciaires  ne  l'empêchèrent 
pas  de  cultiver  les  lettres,  mais  il  les  cultiva  en  simple  amateur, 
se  contentant  de  publier  ou  de  recommander  les  ouvrages  des 
autres,  sans  essayer  d'attacher  son  nom  à  une  œuvre 
personnelle. 

En  1597,  Millotet  fit  précéder  d'un  sonnet  la  Description  du 
Monde,  de  Denys  d'Alexandrie,  traduite  en  vers  français  par 
Bénigne  Saumaise,  de  Dijon ^ 

Une  remontrance  prononcée  par  l'avocat  général  à  l'ouver- 
ture des  plaidoiries  au  parlement  de  Bourgogne  après  la  Saint- 
Martin  de  l'année  1601,  nous  a  été  conservée  dans  un  recueil 
de  Harangues^  Il  faut  croire  que  Millotet  s'était  acquis  une 
réputation  d'éloquence;  aussi  obtint-il  en  1608  ou  1609  une 
augmentation  de  600  livres  de  ses  gages  annuels^ 


1.  Ibid.,  fol.  tvj  v°. 

2.  Piilliot,  Le  Parlement  de  Bourgogne,  1649,  in-fol.,  p.  340. 

3.  Denys  Alexaiulriii,  de  la  situation  du  monde,  traduit  de  grec  en 
françois,  et  illustré  de  commentaires  par  Bénigne  Saumaise.  A  Paris, 
Chez  Adrien  Perler,  1597.  In-12. 

Brunet,  11,  col.  731. 

4..  Harangues  et  Actions  publiques  des  plus  rares  esprits  de  nostre 
temps..  .  (Paris,  1609,  in-8). 
5.  Un  arrêt  du  conseil  d'Etat  du  30  juin  1609  règle  le  paiement  de  ces 

IT.  -  20. 


30G  IA"I.  —  MARC-ANTOINE  MILLOTET. 

En  IGll.  nn  jurisconsulte  bourguignon,  Bénigne  Milletot', 
publia  un  Trnicté  du  dcUt  commun  et  cas  privilégié-.  Un  auteur 
dont  nous  ignorons  le  nom  s'étant  permis  de  critiquer  cet 
ouvrage  en  quelques  vers  latins.  Milletot  lui  répondit,  et  ses 
amis  composèrent  contre  le  censeur  un  recueil  de  vei's  français 
et  latins  des  plus  violents.  M. -A.  Millotet  fut  du  nombre  de 
ces  zélés  défenseurs ^ 

On  pent  encore  citer  du  magistrat  dijonnais  des  vers  impri- 
més en  tête  des  Pof^AîVs  de  Claude  Expilly(  162-4'');  une  épitaphe 
latine  de  Louis  Servin,  imprimée  en  placard  (1020)=;  quelques 
vers  français  publiés  séparément,  sans  indication  de  lieu  ni 
de  date*^;  diverses  pièces  latines  et  françaises  restées  manus- 

600  livres  d'augmentation.  (N.  Valois,  Inventaire  des  arrêts  du  conseil 
d'Etat,  règne  de  Henri  IV,  II.  n"  13856.  —  Nous  possédons  deux 
quittances  de  1000  livres  de  pension  signées  par  Milldtet,  le  14  novembre 
1614  et  le  15  octobre  1626  iBiblioth.  nat.,  ms.  fr.  28451,  dossier  45126, 
pièces  10  et  11). 

1.  Bénigne  Milletot,  seigneur  de  Villy.  Champ-Renault  et  Bornay, 
conseiller  à'ia  table  de  marbre  du  palais,  à  Dijon,  en  1554  ;  constiller  lai 
au  parlement  de  Bourgogne,  6  juin  1585,  reçu  le  28  janviei'  1586,  puis 
conseiller  d'Etat.  Voy.  Paillot,  Le  Parlement  de  Bourgogne,  1049,  p.  246. 

2.  Traicté  du  delict  commun  et  cas  privilégié  :  ou  de  la  puissance  légi- 
time des  juges  séculiers  sur  les  personnes  ecclésiastiques.  Par  B.  M.  G. 
Imprimé  en  Feurier,  l'an  1611.  S.  /.,  in-8  de  2  ff.  et  133  pp. 

Il  existe  de  ce  Traieté  au  moins  trois  éditions  de  1611  (deux  anonymes 
et  nue  de  Paris,  Fiançois  Du  Cairoy),  une  édition  de  Paris,  N.  Ronsset, 
1612,  et  une  de  Dijon,  Cl.  Ciiyot,  1615.  Il  a  été  en  outre  reproduit  dans 
les  diverses  éditions  du  Traité  des  droits  et  libertés  de  l'Eglise  gallicane 
de  Pierre  Du  Puy. 

3.  DetTence  du  Traicté  du  delii  t  commun  et  cas  privilégié,  en  la  distinc- 
tion des  deux  puissances  :  ecclésiastique  et  séculière.  \  .M.  Milletot, 
seigneur  de  Villy,  conseiller  au  parlement  de  Bourgogne.  1002.  S.  l.  [Dijon, 
Claude  Gtiyot],'  in-8  de  62  pp. 

On  trouve  dans  ce  volume  des  vers  français  et  latins  de  P.  Malpoy  ; 
Bénigne  Saumaise  ;  Jacques  Guyon  ;  P.  de  Cliasans  :  Claude  Saumaise  ; 
Antoine  Morisot  ;  Pierre  Dernier  ;  Laurent  Géliot  ;  J.  G.  Richard;  S.  Cler- 
guet,  de  Chalon  ;  L.  Chevalier;  13ionys  Rabyot,  d'Autun  ;  J.  Morel  ;  Est. 
Ladone,  d'Autun,  et  Marc-Antoine  Millotet.  Voy.  Clénient-Janin,  Les 
Imprimeurs  et  les  Libraires  dans  la  Côte-d'or.  1883,  p.  22. 

4.  Vov.  Goujet,  Bibliothèque  françoise.  XV,  ji.  401. 

5.  Placard  in-ful.  s.  1.  n.  d.,  signé  :  Mai'.c.  Ant.  Mill.  —  British 
Muséum.  10661,  aaa,  5(4). 

6.  Asie,  Uranie  et  quelques  autres  Vers  français.  Voy.  Goujet,  Biblio- 
thèque françoise,  XV,  p.  401. 


LYI.  —  AI  ARC-ANTOINE    MILLOTET.  307 

crites^  Certains  auteurs  lui  ont  attribué  les  inscriptions  qui 
ornaient  le  piédestal  de  l'ancienne  statue  du  roi  Henri  lY,  sur 
le  Pont  Neuf,  à  Paris^ 

Marc-Antoine  mourut  en  1G3G.  Son  fils,  Marc-Antoine  II, 
au  profit  de  qui  il  avait  résigné  son  office  d'avocat  général  le 
14  mars  1633,  y  fut  reçu  le  16  janvier  1635.  Il  mourut  en  1688^ 


1.  Opuscules  de  Marc-Antoine  Millotet  le  père,  avocat  gênerai  au  par- 
lement de  Dijon. 

Biblioth.  (le  Dijon,  ms.  838,  pp.  365-388. 

2.  Voy.  Piganiol  de  La  Force  [Description  historique  de  la  ville  de  Paris, 
éd.  de  1765,  pp.  53-57),  qui  rapporte  ces  inscriptions,  et  combat  l'attribu- 
tion qui  en  avait  été  faite  à  Millotet,  assurant  que  le  véritable  auteur  était 
Gilbeit  Gaulmin. 

3.  Biblioth.  nat.,  ms.  fr.  28'i51,  dossier  45126.  Cf.  Lelong,  Bibliothèque 
historique,  III,  0°*  38401,  35900.  —  M.  Ch.  Muteau  a  public  de  lui  un 
Mémoire  des  choses  qui  se  sont  passées  en  Bourgogne  depuis  1650  jusqu'à 
16G8  {d\jon,  1866,  in-8). 


LVII 

PHILIPPE-EMMANUEL  DE  GONDI 

SIEUR  DE  DAMPIERRE 


Albert  de  Gondi,  né  à  Florence,  le  A  novembre  1522, 
d'Antonio  Gondi  et  de  Marie-Catherine  de  Pierrevive,  est  un 
des  personnages  du  xvi"  siècle  dont  la  fortune  surprend  le  plus 
la  postérité.  Sa  mère,  qui  fut  la  personne  la  plus  remuante 
et  la  plus  intrigante  de  son  temps,  commença  cette  fortune  ; 
sa  femme,  la  célèbre  Claude-Catherine  de  Clermont,  dame  de 
Dampierre,  sut  y  mettre  le  comble.  Ce  fut  au  mois  de  septembre 
1565  qu'Albert  épousa  la  veuve  de  Jean  d'Ânnebaut,  qui  lui 
apporta,  non  seulement  la  seigneurie  de  Dampierre,  mais  encore 
la  baronnie  de  Retz,  qu'elle  tenait  de  son  premier  mari'. 

Le  troisième  des  fils  issus  de  cette  union,  Philippe-Emma- 
nuel de  Gondi,  seigneur  de  Dampierre  et  de  Villepreux,  puis 
comte  de  Joigny,  marquis  de  Belle-Isle  et  baron  de  Montmirel, 
naquit  à  Lyon  en  1581.  Sa  mère  eut  soin  de  lui  faire  donner 
une  éducation  qui  le  préparât  aux  grandes  charges  qu'elle 
rêvait  pour  tous  ses  enfants.  Il  devint,  après  la  mort  de  son 
frère  Charles  (1596),  général  des  galères  de  France  %  et  prit 


1.  Voy.  Anselme,  Histoire  généalogique,  VII,  p.  179.  Cf.  III,  p.  895. 

2.  Les  fondions  de  général  des  galères  furent  exercées  jusqu'à  la  majorité 
de  Philippe-Emmanuel  par  son  père,  le  maréchal-duc  de  Retz.  Le  jeune 
Dampierre  ne  fut  définitivement  pourvu  de  cette  charge  que  par  lettres  du 
15  avril  1598. 


310  I.VII.  —    PHILIPPE-EMMANUEL    DE    GONDI. 

les  titres  qui  appartenaient  au  défunt,  les  deux  autres  frères 
étant  entrés  dans  l'Église'.  11  épousa  Françoise-Marguerite  de 
8111}%  dame  de  Comraercy,  qui  monrut  en  1625.  Philippe- 
Emmanuel  se  démit  alors  de  ses  charges  et  de  ses  titres  en 
faveur  de  son  fils  aîné,  et  chercha  un  refuge  dans  la  congré- 
gation de  l'Oratoire.  11  mourut  au  château  de  Joigny  le 
29  juin  160-2-. 

Parmi  les  branches  d'études  que  les  fils  du  maréchal  avaient 
cultivées,  il  en  est  une  que  leur  mère  avait  placée  au  premier 
rang,  celle  des  langues  étrangères  et  spécialement  de  l'italien. 
Les  Gondi.  devenus  Français,  jugeaient  utile  de  ne  pas  rompre 
complètement  les  liens  qui  les  rattachaient  à  leur  pays  d'ori- 
gine. Nous  avons  la  preuve  formelle  que  le  cardinal  de  Gondi 
et  l'évêque  de  Paris  maniaient  parfaitement  la  langue  italienne  ; 
il  ne  devait  pas  en  être  autrement  de  leur  cadet. 

Pour  montrer  les  progrès  qu'il  avait  faits,  le  sieur  de  Dam- 
pierre  eut  l'idée  de  traduire  en  italien  les  Prières  el  Medilaiions, 
dont  Philippe  Des  Portes  ne  publia  qu'une  partie  à  la  suite  des 
Pseaumes,  en  1593.  Il  fit  transcrire  cet  ouvrage  dans  un  élégant 
petit  volume  qui  nous  a  été  conservé. 

Le  manuscrit,  richement  relié  en  maroquin  rouge  et  semé 
du  'I>,  chiffre  de  Philippe  Des  Portes,  est  un  pet.  in-8  de  123  ff., 
sur  papier,  non  compris  2  ff.  blancs,  au  commencement  du 
volume.  Le  scribe  s'est  efforcé^  d'imiter  l'écriture  italienne; 

1.  Braiiloinc  parle  de  lui,  et  l'appelle  encore  M.  de  Daiiipierre  dans  un 
morceau  écrit  eu  1602  : 

«  Du  maryai^o  île  madame  de  Raiz,  ma  cousine  germaine,  à  cause  de  ma 
merc  el  madame  de  Dampierre,  S(vurs,  sont  sorties  :  le  marquis  de  Belle- 
Isle,  qui  fut  tué  (iii  ces  guerres  dernières  à  une  entreprise  (|u'il  fil  sur  le 
mont  de  Saiiirl-.Micliel  (]  1596])  ;  M.  l'évêque  de  Paris;  M.  l'abbé  de  Saiuct 
Albin,  et  iM.  de  Uampierre,  (pii  se  nomme  encore  aiusy,  bien  que  la  place 
soit  vendue  :  autres  le  nomment  M.  le  gênerai  des  galleres,  estai  certes 
très-beau  et  tre^-grand.  »  Brantôme,  éd.  Laianne,  X,  pp.  89-90. 

2.  Anselme,  III,  p.  (S98  ;  VII,  p.  935;  Corbinelli,  Hlsloire  généalogique 
de  la  maison  de  Gondi,  1705,  iii-i,  II,  pp.  49-51;  Ilcrueil  des  vies  de 
quelques  prêtres  de  l'Oratoire  du  P.  Cloyseault,  publié  par  le  H.  P.  Ingold, 
Prrnuère  Partie,  1880,  in-l'i,  pp.  421-448. 

3.  Sur  le  V  du  2^  f.  blanc,  une  main  du  xvil"  siècle  a  écrit  :  Orationi 
diversi  [sic].  —  Le  r*^  du  \°^'  f.  porte  les  aimotations  suivantes  :  Colleg. 
Paris.  Societ.  .lesu,  et  eu  bas  :  Paraphé  au  désir  de  l'arresl  du  5  juilUt 
1763.  iMesnil. 


LVII.  —   PHILIPPE-EMMANUEL    DE   GONDI.  311 

mais  diverses  fautes  qui  paraissent  devoir  lui  être  imputées 
montrent  que  la  langue  lui  était  peu  familière. 

Les  ff.  1-4-  contiennent  une  épître  adressée  par  le  traducteur 
au  poète,  épitre  qui  est  ainsi  conçue  : 

«  Al  reverendo  signor  mio,  il  siffnore  de  Portes. 

«  Vol  havrete  cagione,  signor  mio,  di  trovare  strano  ch'io 
habbia  intrapreso  di  oflerirvi  queste  picciole  primitie  del  mio 
primo  studio  s'egli  non  vi  piace  tanto  favorirle  di  riconoscerle 
et  gradirle  ancora  per  vostre.  Queste  sono  le  vostre  Oratlonl 
chrisliane^  le  quali,  per  relatione  di  coloro  dell'  opinione  dei 
quali  io  voglio  dependere  lutta  la  mia  vita,  mi  paiono  degni 
[sic]  non  solamente  d'esser  lette  et  dette  come  le  alire  pre- 
ghiere,  ma  imparate  a  mente,  per  li  belli  termini  coi  quali 
havete  al  parer  mio  ripresentata  al  vivo  l'ardente  divotione 
d'un'  anima  che  non  spira  altro  che'  1  divino.  Questo  fu  dunque 
il  mio  primo  disegiio  che  io  feci  subito  ch'io  le  hebbi  nelle 
mani,  di  modo  che  essendomele  rese  familiarissime  per  il 
piacere  ch'io  pigl[i]ava  a  impararle,  pensai  che  il  piùbelmezo 
di  radicarmele  nella  memoria  era  di  essercitarmi  in  farle  par- 
lare  la  lingua  italiana  di  mano  in  man'  che  io  la  imparava  et 
massime  per  cominciare  da  le  preghiere  santé  a  praticare  quel 
ch'io  avevo  acquislato  nello  studio  di  qaesta  lingua.  Questaè 
la  principale  cagione  che  m'ha  mosso  a  tradurle  ;  ma  non  ch'io 
mi  sia  mai  proposto  altro  fine  che  d'haver  a  essere  corretto 
da  colui  che  me  la  insegnava  et  d'havere  a  far  prova  di  quanto 
io  havessi  imparato  in  essa.  Tuiiavolta  essendomi  stato 
commandato  da  madama  di  Retz,  mia  madré,  di  renderle 
conto  del  tempo  ch'io  ho  impiegato  nelle  lingue  forestière  nelle 
quali  le  piace  farmi  instruire,  io  le  ho  mostrato  questa  mia 
traduzione  ch'ella  ha  voluto  si  dedichi  a  voi,  acciochè  da  voi 
medesimo,  signor  mio,  se  cosi  vi  piaceva,  io  ne  ricevi  et  ritiri 
quella  correttione  che  si  richiede,  il  che  io  ho  inirapreso  tanto 
più  arditamente  quanto  io  m'assicuro  che  havendo  riguardo 
alla  mia  poca  età  et  esperientia  voi  scuserete  se  io  non  ho 
saputo  ritrare  in  una  lingua  che  m'  é  strana  la  perfettissima 
ieggiadria  délia  vostra  nalurale,  come  io  credo  che  anco  non 
sia  possibile  di  ciô  fare,  et  massime  dau  na  mia  pari,  che  [h]a 
cosi  poca  cognitione  dell'una  et  dell'altra.  Et  con  questo  io 
presenterô  le  vostre  medesime  preghiere  a  Dio  acciochè  le 


312  LVn.  —   PHILIPPE-EMMANUEL   DE   GONDI. 

piaccia  di  darvi,  signor  mio,  in  tuttaprosperità  il  compimento 
dei  voslre  virtuosi  desiderij.  A  Parigi  alli  primo  di  settembre 

«  D.  V.  S. 
«  humile  et  obediente  a  servirvi 

«  Dampierre.  » 

Voici  le  début  de  deux  prières  traduites  par  M.  de  Dampierre  : 
la  première  ne  figure  pas  dans  les  recueils  imprimés  ;  mais 
nous  ajoutons  le  texte  français  de  la  seconde  : 

Oralione  al  nostro  6uon'  angelo. 

Angelo  di  Dio,  mia  cara  guardia,  io  ti  raccommando  la  mia 
anima  et  la  mia  vita,  et  ti  supplice  di  vegliare  alla  mia  custo- 
dia,  preservandomi  dalle  imboscate  del  mondo,  délia  carne  et 
del  diavolo,  et  guidandomi  in  tal  modo  che  lutte  le  mie  attioni, 
parole,  pensieri,  movimenti  et  respirationi  non  tendinochea 
la  gloria  del  mio  Dio,  et  brevemente  non  mi  abbandonare 
punto,  che  tu  non  m'babbi  condutto  al  regno  céleste,  affine 
che  insieme  noi  vi  possianmo  eternamenle  cantare  le  laudi 
del  supremo  al  quale  solo  è  honore,  laude  et  gloria  nei  secoli 
dei  secoli. 

Oraison  à  la  vierge  Marie.         Oratione  alla  virgine  Maria. 

Je  te  salue,  royne  des  cieux,  Io  te  saluto,  regina  delli 
dame  du  monde,  race  des  cieli.signora  del  mondo,  proie 
roys,  espoir  des  pères,  gloire  delli  re,  speranza  delli  padri, 
des  prophètes,  louange  des  gloria  delli  profeti,  laude  de 
apostres,  honneur  des  mar-  gli  apostoli,  honore  delli  mar- 
tyrs, miroir  des  vierges,  tiri,  specchio  délie  vergini, 
triomphe  du  ciel,  estonne-  Irionfo  del  cielo,  spavento  de 
ment  des  enfers  et  recours  gli  inferni  et  refugio  salutare 
salutaire  de  tous  les  fidèles*,  di  tutii  li  fedeli. 


1.  Prières  et  Méditations  chreslieiines,  par  Philippe  Des  Portes^  abbé 
de  Thiron  (Paris,  Abel  L'Angelier,  HJO'S,  in-8),  fol.  U. 


LYII.  —  PHILIPPE-EMMANUEL    DE   GONDI.  313 

Voici  quelques-unes  des  prières  qui  viennent  à  la  suite  : 

Fol.  16  v°.  Oratione  per  dir  inanzi  alla  croce  del  noslro  salva- 
tore  Giesù  Christo. 

Fol.  29  v».  Oratione  per  la  matlina. 

Fol.  32.        Oratione  per  la  sera. 

Fol.  35.        Preghiera  del  re  alla  Spirito  Sanlo. 

Fol.  44.  Preghiera  délie  dello  per  il  re  cav'^'^  Spirilo  S^° 
[lisez  :  dette  per  il  re  dai  cavnlieri  dello  Spirilo 
Sa7ito].  Le  titre  français  est:  Prières  des  cheva- 
liers du  Sairict-Esprit  pour  te  roy. 

Fol.  49  V.  Oratione  al  S'  Dio  per  ottenire  perdono  a  chiederli 
qualche  gratia,  etc. 

Le  manuscrit  dont  nous  venons  de  donner  quelques  extraits 
appartenait  autrefois  à  M.  Guyot  de  Villeneuve,  ancien  prési- 
dent de  la  Société  des  Bibliophiles  français,  qui  avait  bien 
voulu  nous  le  communiquer.  Il  a  figuré,  en  1900,  à  la  vente 
des  livres  de  cet  amateur  (n°  12  du  Catalogue). 


LVIÏI 
PIERRE  BRIGARD' 


Parmi  les  Français  qui  ont  employé  la  langue  italienne  au 
xvi°  siècle,  les  uns  se  sont  essayés  dans  le  genre  historique  et 
nous  ont  laissé  soit  des  mémoires  ou  des  lettres  politiques, 
soit  des  relations  de  voyage;  les  autres  ont  composé  plus 
librement  et  se  sont  adonnés  h  la  poésie.  Ces  derniers  sont 
sans  nul  doute  les  plus  intéressants.  Ils  attestent  par  leurs 
œuvres  que  les  universités  italiennes  ne  les  avaient  pas  seule- 
ment perfectionnés  dans  les  sciences,  mais  quils  y  avaient 
puisé  le  goût  de  la  langue  et  de  la  littérature  vulgaires.  Nous 
voulons  faire  connaître  maintenant  un  curieux  volume  composé 
par  un  étudiant  de  Padoue-. 

Un  jeune  Bourguignon,  Pierre  Bricard,  qui  avait  traversé  les 
monts  un  peu  avant  les  fureurs  de  la  Ligue,  (probablement  en 
1387),  ne  se  borna  pas  à  cultiver  le  droit,  il  voulut  rimer  des 
sonnets  à  la  mode  de  Pétrarque.  Une  belle,  qui  appartenait  à 


1.  Cet  article  a  paru  d'abord  dans  la  Raccolta  di  sludii  critici  dedicata  ad 
Alessandro  D'Ancona  festeyiandosi  il  XL  anniversario  del  suo  insegna- 
mcM/o,  1901,  pp.  2-29-234. 

2.  Pierre  fut  élu  conseiller  des  jiirisles  de  la  nation  de  Bourgogne  au  mois 
d'août  1591  (voy.  Archives  de  l'Université  de  Padoue,  Acla  juristarum, 
reg.  XIV,  3«  parfie,  fol.  H  ;  cf.  fol.  13  bis;  4.e  partie,  fol.  1,  U. 

Il  est  permis  de  supposer  qu'il  était  alors  à  Padoue  depuis  trois  ans.  On 
verra  plus  loin  quelques  vers  de  François  de  Lonvencourt,  sieur  de  Vauchelles, 
où  il  est  dit  que  Bricard  passa  dix  ans  à  Padoue,  et  que,  en  1601,  il  n'était 
de  retour  en  France  que  depuis  quatre  ans. 


316  LVIII.  —  PIERRE  BRICARD. 

la  famille  Citladella\  devint  la  Laure  de  ce  poète  improvisé. 
Bricard  paraît  avoir  fait  un  long  séjour  en  Italie;  il  ne  rentra 
dans  son  pays  d'origine  que  vers  la  fin  du  xvi^  siècle 2,  proba- 
blement en  1597,  et  fut  avocat  au  parlement  de  Bourgogne. 
Ce  fut  alors  qu'il  eut  l'idée  de  faire  imprimer  un  recueil  de  ses 
vers.  Voici  le  titre  de  ce  volume  qui  nous  a  été  signalé  par 
M.  Emile  Boy,  professeur  à  l'Université  de  Dijon  : 

LA 
FLORIDEA 

DEL  FEDELE  ARDO 

Parte  prima 

(Marque  typographique  représenlant  Pégase  lancé  au  galop,  et  accompagné 
de  cette  devise  :  Sic  aelas  non  relinenda  fugit.) 

STAMPATA  IN  PARIGGI. 

Appresso  Gio.  Gesselin,  nella  strada  di  San  Gia- 

como,  à  l'insegna  di  S.  Martino,  & 

si  vende  nel  Corridore  delli  pri- 

gioneri  nel  Palazzo. 

1601. 

Con  Priuilegio. 

1.  Ce  nom  ressort  de  l'intitulé  d'un  sonnet  «  Per  l'illustre  signore  Andréa 
Cittadella,  fratello  délia  sua  diva  »  (fol.  92  du  recueil  qui  sera  décrit  plus 
loin).  Bricard  joue  ailleurs  sur  le  nom  de  sa  maîtresse,  et  dit  en  parlant  de 
l'amour  (fol.  14  du  même  recueil)  : 

In  van  diede  assalto  alla  Cittadella 

tjual  li  da  la  pena  del  pensier  rio.  . , 
La  famille  Cittadella,  qui  porte  aujourd'hui  le  titre  de  comte,  est  l'une 
des  plus  anciennes  de  Padoue.  Une  Cittadella,  qui  se  confond  peut-être  avec 
la  belle  chantée  par  le  poète,  épousa  Francesco  di  Giuliano  Cosavecchia, 
docteur  es  droits.  Elle  resta  veuve  en  1608.  Voy.  Jac.  Salomoni,  Urbis 
patavinae  Inscriptiones,  1701,  in4,  p.  34 i. 

"2.  Son  ami,  François  de  Lonvencourt,  sieur  de  Vauchelles,  lui  dit  dans  les 
vers  encomiastiques  imprimés  en  tète  de  La  Floridea  : 

Dix  ans  entiers  en  ceste  lice 

Ce  dieu  t'a  fait  faire  exercice, 

Ore  espérant,  ore  craignant, 

Ore  chantant,  ore  plaignant, 


LVIII.  —   PIERRE    BRICARD.  317 

Le  volume  est  de  format  in-l6,  et  se  compose  de  8  ff.  lim. 
et  88  ff.  inexactement  chiffrés'. 

Au  v°  du  titre  est  un  extrait  du  privilège  accordé  au  libraire 
Jean  Gesselin,  pour  six  ans,  le  6  juillet  1601. 

En  tête  des  pièces  liminaires  est  une  épître  française  adres- 
sée «  A  monseigneur  Christofle  de  Harlay,  seigneur  de  Beau- 
mont,  etc.,  cornette  des  chevaux  légers  du  roy  et  baillif  du 
Palais-  ».  Cette  dédicace,  écrite  dans  un  style  fort  ampoulé, 
est  signé  :  P.  Bricard.  Elle  nous  fournit  peu  de  renseignements 
utiles  ;  on  y  voit  pourtant  que  les  perfections  de  Christophe 
«  n'estoient  pas  seulement  remarquées  et  admirées  des  plus 
grands  personnages  d'Italie,  mais  des  princes  mesmes  »,  dont 
il  avait  été  honoré  et  chéri. 

L'épître  est  suivie  de  diverses  compositions  encomiastiques  : 
une  ode  française  «  A  monsieur  Bricard,  sur  ses  amours  de 
Floride  »,  signée:  de  Vauchelles^  et  accompagnée  de  la  devise: 
Antes  tnuerlo  que  mulndo  ;  un  sonnet  français  «  A  monsieur 
Bricard,  advocat  au  parlement  de  Bourgongne,  en  la  recom- 
mandation de  cest  œuvre  »,  par  «  P.  Des  Fontaines,  Poictevin, 


Et  si  bien  il  te  touche  l'ame 
De  ses  doux  atlraits  et  sa  flanie 
Que,  depuis  ton  aime  retour 
(C'est  depuis  quatre  ans),  il  n'est  jour 
Voire  et  léger  moment  aux  heures. 
Que  pour  Floride  tu  ne  meures. 

1.  Bibliolh.  municipale  de  Dijon,  7465.  —  Bibliotli.  Mazarine,  n"  2 1881. 

2.  Christophe  il  de  Harlay,  fds  unique  du  premier  président  Achille  de 
Harlay  et  de  Catherine  de  Thou,  ét;iit  parti  pour  Padoue,  en  1592,  avec 
Claude-Énoch  Virey  (Biblioth.  de  l'Arsenal,  ms.  1081,  fol.  188  v")  ;  nous 
ignorons  combien  de  temps  il  y  séjourna.  De  retour  en  France,  il  épousa 
Anne  Ragot,  fille  unique  d'Emmanuel  Ragot,  premier  président  de  Grenoble. 
Il  fut  de  1602  à  1607  ambassadeur  en  Angleterre,  fut  nommé,  en  1612, 
chevalier  du  Saint-Esprit;  mais  il  mourut  en  1615  avant  d'avoir  reçu  le 
cordon  de  l'Ordre. 

3.  François  de  Louvencourt,  seigneur  de  Vauchelles,  à  qui  est  dédié  un 
sonnet  imprimé  après  le  n°  CXXXVIII.  François,  né  en  1569,  avait  déjà 
publié  un  recueil  de  vers  :  Les  Amours  et  premières  Œuvres  poétiques  de 
Fr.  de  Louvencourt  (Paris,  léger  Delas,  1595,  in-12).  On  trouve  un  sonnet 
de  lui  en  tète  des  Premières  Pensées  de  Jean  Hays,  1598. 


318  LVIII.  —    PIERRE    BRICARÏ. 

advocat  au  conseil  privé  du  roy'  »  ;  quatre  distiques  latins  du 
même  auteur,  qui  signe  cette  fois  :  «  P.  Fonteius,  Picto  Maxent.  » 
(c'est-à-dire  de  Saint-Maixent)  ;  un  quatrain  français  de  J .  de 
La  Barre  Jacquier^  ;  un  sonnet  français  de  P.  Roussel  ;  enfin 
cinq  distiques  latins  signés  P.  D.  M. 

Les  liminaires  se  terminent  par  un  sonnet  de  «  L'autore  alli 
maledicenti  »,  et  par  des  distiques  latins  dans  lesquels  Bricard 
nous  apprend  quand  et  comment  il  se  rendit  en  Italie,  et  com- 
ment il  y  devint  amoureux.  Voici  cette  dernière  pièce,  très 
importante  pour  la  biographie  du  poète  : 

Autoris  Discessus  e  Gallia  in  Italiam. 

Discessi  a  patrla  tune  quum  Mars  tela  pararet 

Ilesperidiim  m  Gallos,  gallica  in  Ilesperidas  ; 
Nec  cum  iuta  salis  Musis  niea  lecta  paterent, 

Jtala  régna  diu  pace  superba  peto. 
Tu  mihi,  libertas^  tu,  pax,  lam  chara,  fuistis 

Causa  fugae,  et  fugiens  en  miser  intereo, 
Nec  pavidum  v'Uasse  juvat  civilia  bella, 

Si  quae  non  poluit  Mars  mihi  praebet  Amor. 
Patavii  nostris  pedibus  vix  pressa  fuere 

Limina  cum  captum  me  noirus  hoslis  agit. 
Non  tuntum,  aestivo  densae  torrentur  aristae 

Sole^  meo  quantum  peclore  flamma  micat  ; 


1.  rierro  Des  Fontaines  est  routeur  d'un  traité  intitulé:  Eonim  quae 
apud  Gallos  de  tato  pontificii  juris  cnrpore,  et  maxime  in  betieficialibus 
usu  recepla  sunl^  brcvis  Enuclcalio.  Autnre  Petto  Fonteio  Piclone,  ,1.  U.  L. 
Parisiis,  Ab^i  L'Angclier,  1597,  in-8.  (Bibliutli.  nat.) 

2.  Jean  Jacquier,  do  Bourges,  était  avocat.  C'est  à  lui  et  à  Jean  Ravaud, 
seigneur  de  Bocgrmiaii,  qu'est  dédiée  une  pièce  insérée  dans  Les  Nouvelles 
Œuvres  de  Jcan-Édouard  Du  Moiiin  (s.  1.  n.  d.,  mais  vers  J58U,  iu-12), 
I». '22t. 

Il  y  a  des  vers  latins,  grecs  et  français  de  Jacquier  en  tête  des  Troisiesmes 
Œuvres  de  Jean  de  Boissières.  "1579  ;  des  vers  latins  en  tète  de  VArioste 
français  du  même  Jc;ui  de  Boissières,  1580;  ])\\h  (hua  La  Main  d'Eslienne 
Pasquier,  1584,  fol.  i  et  IG  ;  à  la  suile  de  la  Pancharis  de  Jean  Bonucfons, 
1588  (Boiniefons  lui  adresse  une  pièce  insérée  dans  h;  même  recueil,  fol. 
15)  ;  en  tète  des  Imitations  tirées  du  lalin,  de  Gilles  Durand  de  La 
iJergerie,  1588. 


LVIII.    —   PIERRE   BRICARD.  319 

At  quamvis  peream,  placido  meyis  fluctuât  aestu  : 
Causa  rogi  virtus,  forma,  pudicitia'^. 

Notre  Bourguignon  italianisé  entre  ainsi  en  matière  : 

Ne  de  l'alta  Thebe  le  cento  porte, 
Ne  di  Roma  canto  gli  ,gran  trofei, 
Ne  d'Orlando  pazzo  gli  duri  ornei, 
Né  d'Enea  Troian  la  dubia  sorte, 

Ne  d'Hercole  invitto  l'oscura  morte 
(L'bonor  di  quanii  furo  semidei), 
Ne  l'opère  finie  di  falsi  dei, 
Ne  di  nove  Muse  la  casta  corte  ; 

Raccolgo  mie'  sospiri  al  veiito  sparsi 
Sopra  le  gonfiate  sponde  di  Brenta, 
Del  mio  pianto  u'  Troia  liela  risorge. 

Tu  per  li  cui  vanto  languido  sorge 
In  trionfo  ch'ergo,  fa  pur  cb'io  senta 
Volli  a  me  gl'occbi  tuo'  di  se  si  scarsi. 

Voici  le  portrait  que  Bricard  nous  trace  de  sa  belle  (sonnet 
XXXIIl)  : 

Biondo  crin,  larga  fronte,  arco  d'Amore, 
Occhi  vivi,  guancie  di  neve  et  d'ostro, 
Profilo  nel  quale  Natura  ba  mostro 
Quanto  puô,  quauto  sa,  quanlo  ba  valore. 

Canal  strelto,  del  quai  escon  parole 
Cbe  ]iossono  domar  qualunque  mostro, 
Di  rubin.i  et  perle  lucide  cbiostro, 
Sparlito  poggio  délie  Gratie  bonore, 

GoUo,  di  Venere  vago  monile, 

Spalle  donde  d'Amor  pende  il  turcasso, 
Petto  largo  et  bianco,  cbe  cbiudi  un  sasso, 


1.  Bricard  ajoute  trois  petits  vers  «  Ad  Ijenevolum  lectorem  «,  qu'il  est 
inutile  de  transcrire. 


320  LVIII.  —   PIERRE   BRICARD. 

Scessa  ch'al  bramato  porto  conduci, 
Ove  gionge  il  désir  ;  ma  non  le  luci. 
A  rispello  di  voi  ogni  cosa  è  vile. 

On  voit  que  si  notre  auteur  ne  sort  pas  des  lieux  communs, 
ses  vers  sont  du  moins  agréablement  tournés.  Voici  encore  uh 
sonnet  qui  permettra  de  juger  de  sa  manière  (n"  XXXVIII)  : 

Il  di  che,  fatto  schiavo  di  madonna, 
Legato  me  viddi  di  sue  catene, 
Dolce  mi  fù  il  giogo,  dolci  le  pêne  ; 
Hora  tremo  quando  solo  ragiona. 

Un  nascoso  serpe  nella  sua  gonna 
Me  lacerô  il  cuore  et  m'empi  le  vene 
Del  caldo  veneno  di  vana  spene, 
Che  quando  le  piace  morte  mi  dona. 

Ne  posso  ritrovar  allro  rimedio 
Che  di  morir  spesso  per  haver  vita. 
Qui  non  val  piangendo  chieder  aita. 

Un  soave  sguardo  me  mena  a  morte, 
Tal  morte  mi  da  vita,  et  questa  sorte 
Di  morir  raviva  il  stanco  cuor  mio. 

Claude-Énoch  Virey,  qui  fut  très  lié  avec  Bricard  et  qui  reçut 
ses  confidences,  nous  apprend  que  le  jeune  amoureux  ne  fut 
guère  payé  de  retour.  Après  avoir  fait  l'éloge  des  dames  de 
Padoue,  il  déclare  que  leur  vertu  est  à  l'abri  de  tout  soupçon, 

Ce  qui  fait  que  Bricard,  qu'amour  icy  domine 
Des  beautez  d'une  dame,  à  la  fin  s'imagine 
Que  par  des  vers  qu'il  fait  mouiller  il  la  pourra, 
Encor  que  les  rigueurs  de  Patavine  elle  a  ; 
Auquel  je  fais  souvent  de  pitié  compagnie 
Pour  voir  le  logis  seul  de  cesle  belle  amye, 
Car,  elle,  de  la  voir  seroit  trop  de  bonheur, 
Ou  s'elle,  le  voyant,  monstroit  l'avoir  au  cœur. 
Toutesfois,  comme  Amour  rend  tout  amant  crédule, 
Il  croit  à  ses  regards  que  pour  luy  elle  brusle, 


LVIir.  —    PIERRE    BRICARD.  321 

La  voyant  en  l'église,  où  tous  les  amoureux 
Vont  dire  leurs  désirs  aux  dames  par  leurs  yeux  ; 
Bricard,  d'aymable  mine  et  à  qui  la  nature 
A  donné  haulte  taille  et  grâce  en  sa  posture, 
D'un  bon  et  vif  esprit  et  d'un  entendement 
Qui  peut  donner  aux  loix  lustre  en  un  parlement, 
Son  dessein  allant  là  ;  mais  je  crains  que  la  Muse 
Trop  ne  le  divertisse  et  tout  à  soy  l'amuse. 

On  peut  faire  des  vers  parfois  par  passetemps, 
Mais  il  n'y  faut  user  son  plus  utile  temps, 
Gomme  je  fais  ceux-ci,  et  prends  parfois  à  lire 
Ceux  qu'a  chantez  si  doux  Pétrarque  sur  la  lyre, 
Pétrarque,  TAppolon  de  Toscane  et  qui  a 
Parnasse  transporté  en  ce  beau  païs-là, 
Lisant  ces  veis  affîn  d'apprendre  son  langage 
Qui  a  sur  l'Italien  le  prix  et  l'avantage, 
Et  non  pas  de  désir  d'apprendre  a  poétiser. 
Ou  à  faire  des  vers  pour  dames  courtiser. 
Et  voilà  comme  on  fait  icy  l'amour  aux  dames 
Qui  aux  traicts  de  leurs  yeux  font  vou"  aussy  leurs  âmes'. 

Le  recueil  de  Bricard,  non  compris  les  liminaires,  se  compose 
de  ln6  sonnets  italiens,  8  madrigaux,  2  canzoni,  1  ballata, 
1  sonnet  français  et  2  épigrammes  latines.  Toutes  ces  pièces 
n'ont  pas  pour  unique  objet  la  louange  de  la  belle  Cittadella. 
Afin  de  donner  au  volume  un  peu  de  variété,  le  poète  y  a 
introduit  un  sonnet  «  in  laude  del  Petrarca  et  del  Gosselini  » 
(fol.  25) ^  et  diverses  compositions  qui  nous  révèlent  les  noms 
de  ses  amis  :  2  sonnets  «  Per  il  signore  Virey,  consigliero  et 
secretario  del  serenissimo  principe  di  Condé  »  (fol.  03  v*  et 
64  v")^  ;  un  sonnet,  déjà  cité,  «  Per  l'ill.  de  Louvencourt  signor 
de  Vauchelles,  sopra  la  sua  Aurora  »  (fol.  qui  devrait  être 


1    Claude-Énoch  Virey,  Vers  itinéraires,  allant  de  France  en  Ihilie  en 
1592  (Bibliolh.  de  l'Arsenal,  ins.  1051,  fol.  228  ¥"-229). 

2.  Giuliano  Goseiiiii,  né  à  Rome  le  12   mars  1525,  mort  le  13  février 
1587.  Voy.  Tiraboschi,  Vil  (1809-1812),  p.  1164. 

3.  Viiy.  ci-après  la  notice  consacrée  à  ce  personnage. 

H.  —  ai. 


322,  LVIII.  —  PIERRE   BRICARD. 

coté  70);  un  sonnet  «  Al  sig.  Hannibale  Tosato',  Paduano, 
depintore  in  cera  »  (fol.  7 1  v°)  ;  un  «  Madrigale  fatto  per  l'illustre 
sig.  Ottavio  Fregoso,  vestito  da  Sole  nella  giostra  dell'anno 
1593  »  (fol.  80,  coté  79)^  ;  un  madrigal  «.  In  morte  délia  signora 
madré  di  sua  diva  >  (fol.  8i,  coté  90  v*');  des  sonnets  «  Per 
rillustre  signore  Andréa  Cittadella,  fratello  délia  sua  diva  » 
(fol.  83,  coté  92);  «  Air  illustre  sig.  Gio.  Lazara,  cavaliero 
padovano  »  (même  fol.  v°)^;  «  In  laude  délia  signora  Helena 
Santa  Uliana  »  (fol.  83,  coté  93  V);  «  In  laude  délia  signora 
G.  Gapodivaca,  gentildonna  padovana  »  (fol.  Si,  coté  Oi)*; 
«  Per  la  signora  Zabarella  Pernumia  »  (même  fol.,  v*)^;  «  Per 


1 .  Annibale  Tosato  est  cité  par  Tomasini  dans  ses  Elogia  illustrium 
vironim,  1630,  pp.  90  et  320.  Il  est  l'auleiir  d'une  médaille  de  Sperone 
Speroni  et  d'une  médaille  de  Girolamo  Fabrizio  Acquapendcnte. 

!2.  Cesare  II  Freijoso,  second  fils  de  Cesare  I"""  et  de  Costanza  Rangone, 
s'était  fixé  à  Padoue.  Il  eut  deux  fils  :  Alessandro  dont  on  ne  sait  rien, 
Ottavio  ou  Ottaviano,  dont  il  est  ici  question,  et  une  fille  :  Bianca.  Ottavio 
vécut  à  Padoue.  Il  fit  partie  de  l'Accademia  Délia.  Le  23  février  1617.  il 
fut  appelé  au  Conseil  noble.  11  mourut  en  1626.  Voy.  Litta,  Famiglie  cclebri 
italiane,  VII,  t'asc.  LXVI,  lav.  V. 

3.  Les  Lazzara  étaient  une  des  anciennes  maisons  de  Padoue.  Giovanni, 
chevalier  de  Saint-Jacques  et  lieutenant  général  de  la  cavalerie  vénitienne, 
avait  fondé  en  1574,  près  de  Padoue,  un  couvent  de  pères  ermites  (Fran- 
cesco  Scoto,  Itinemrio  clllalia,  Padova,  1654,  in-8,  I,  fol.  35  v^).  La 
femme  de  Giovanni,  Maria  Mussata,  mourut  le  27  sept.  1587  (Giac.  Salomo- 
n'i,  Inscriptiones  urbis  Patavinae,  1701,  p.  330).  —  En  1574,  Niccolô 
Eazzara  avait  reçu  à  déjeuner,  dans  son  palais  de  Conselve,  le  roi  Henri  III 
(Franccsco  Scoto,  ibid.  ;  Pier  de  Nolliac  e  Angelo  Solerti,  //  Viaggio  in 
Italia  di  Enrico  111,  mO,  p.  163). 

4.  Les  Capodivacca  sont  encore  une  des  premières  familles  de  Padoue.  Giulio 
Capodivacca  fut,  en  1574,  l'un  des  quarante  jeunes  gens  choisis  pour  rece- 
voir le  roi  Heiu'i  III  dans  la  ville  (Pier  de  Nolliac  e  Angelo  Solerti,  Viaggio, 
1890,  p.  160,  note.) 

5.  La  famille  Zabarella,  de  Padoue,  tire  surtout  son  illustration  du  juris- 
consulte Fi'ancesco  Zabarella,  né  en  1339,  évèque  de  Florence  en  d4i0, 
cardinal  en  14H,  mort  en  1417,  et  de  Bartolommeo  Zabarella,  né  en  1399, 
archevêque  de  Spljet  ou  Spalato,  en  1428,  puis  de  Florence  (1439),  mort 
eu  1445.  Nombre  d'autres  personnages  du  même  nom  ont  joué  un  rôle  dans 
riii.stoire  de  l'université  de  Padoue  ;  aussi  l'un  d'eux  fit-il  dresser  par 
Giovanni  Cavaceo  et  peindre  par  Gualterio,  dans  le  palais  Zabarella  «  alla 
Veraria  »,  une  généalogie  de  ses  ancêtres  (Francesco  Scoto,  Ilinerario, 
1654,  fol.  18  vO).  Du  temps  même  de  noire  poète,  Jacopo  Zabarella,  né  le 
5  septembre  1533,  se  rendit  célèbre  comme  philosophe.  Au  mois  de  janvier 
1564,  il  fut  nommé  professeur  de  la  première  classe  de  logique  à  Padoue 


LVIII.  —   PIERRE   BRICARD.  323 

la  sig.  Uberta  Discalza  »  (fol.  85,  coté  95)'  ;  «  Per  la  signera 
Diana  Rustica  Zabarella  t>  (même  fol.,  v")  ;  «  Per  la  signora  P. 
Santasofia  »  (fol.  86^  coté  96)-;  «  Per  l'illustre  sig.  contessa, 
la  signora  Margarita  Porta  raoglie  dell'  ill.  signore  conte  .^nea 
dei  Conti  »  (même  fol.,  v°)  \ 

Le  sonnet  français  dédié  «  A  madame  de. . .  »,  est  placé  au 
fol.  83  (coté  93). 

Les  deux  épigrammes  latines  terminent  le  volume.  Elles 
sont  intitulées  :  In  versionem  Prognoslicorum  Hippocralis  a  D. 
Jacobo  Doreneto,  medico  perillustri,  latinis  versibus  expressorum, 
cui  libro  tilulus  scribitur:  Vas  aureum. 

Parmi  les  sonnets  italiens,  il  en  est  un,  le  LXIV%  qui  contient 
en  acrostiche  le  nom  de  l'auteur  :  Pietro  Bricardo.  Le  pseu- 


(Facciolati,  Fasti  Gymnasii  Patavini,  1757,  iii-4,  t.  II,  p.  296).  En  mars 
1577  ft  en  septembre  1585,  il  fut  transféré  à  d'autres  chaires  {ibid.,  p. 
280).  En  1578,  il  fit  paraître  une  Logica  dédiée  au  roi  de  Poloirne  Sigis- 
raond  Bâlhori  (Tirahoschi,  VII,  1809-1812,  p.  113).  Il  mourut  en  1589, 
après  avoir  reçu  le  litre  de  comte  palatin.  Le  comte  Francesco  Zabarella, 
fils  de  Marcantonio,  jouit  aussi  d'une  réputation  attestée  en  1576  par  Pietro 
Buccio  dans  Le  Coronationi  di  Polonia  et  di  Francia  del  christianissimo 
re  Henrico  III  (fol.  132  v).  On  lit  mi  sonnet  sisué  de  lui  dans  les  Rime  di 
diversi  aulori  «//'  illustr.  et  moltu  reveren.  P.  F.  Jacomo  Claverio,  1593, 
fol.  Gi. 

Nous  ne  pouvons  indiquer  le  lien  qui  unissait  Pernumia  et  Diana  Rustica 
à  Jacopo  et  à  Francesco. 

1 .  Les  Discalzi  ont  fourni  à  l'université  de  Padoue  plusieurs  jurisconsultes 
distingués.  Notre  poète  avait  dû  suivre  les  cours  d'Otto nello  Disralzo,  qui 
avait  commencé,  en  1565,  par  commenter  les  Institutes.  En  1576,  Pietro 
Buccio  [Le  Coronationi  di  Polonia  et  di  Francia  de  christianissimo  re 
Henrico  III,  fol.  43  V)  loue  Ottonello  comme  professeur  de  droit  canon. 
En  mars  1577,  le  jurisconsulte  fut  appelé  à  la  chaire  de  droit  criminel 
(Facciolati,  Fasti  Gymnasii  Patavini,  1757,  II,  p.  179).  Le  l^'- avril  1586, 
il  revint  au  droi  civil  (tbid.,  II,  p.  124).  Il  mourut  en  1607.  On  peut 
conjecturer  qu'Uherta  était  sa  fille.  Un  Ubertino  Discalzo  est  l'auteur  d'une 
pièce  insérée  dans  les  Applausi  dell'  Accademia  de'  Ricovrati  aile  glorie 
délia  serenissima  republica  di  Venezia  (Padova,  Cadorin,  1679,  in-4). 
Voy.  (licogna,  Saggio  di  Ribliograjia  veneziana,  p.  262,  n»  1840. 

2.  La  famille  Santasofia  était  de  Padoue,  comme  les  précédentes.  Un 
Girolamo  Santasofia  est  l'auteur  d'une  pièce  insérée  dans  le  recueil  qui  vient 
d'être  cilé  {Applausi,  ecc,  1679). 

3  Un  Luca  de'  Conti,  qui  était  certainement  de  la  même  famille  qu'Enea, 
fut  au  nombre  des  quarante  jeunes  gens  choisis  pour  recevoir  Henri  III.  Voy. 
Pier  de  Nolhac  e  Angelo  Solerti,  Viaggio,  1890,  p.  160,  n. 


324  LVni.  —  PIERRE   BRICARD. 

donyme  poétique  Ardo,  adopté  par  notre  Bourguignon,  n'est 
que  le  finale  de  ce  nom  italianisé. 

Notons  encore  qu'un  des  sonnets  (fol.  94)  n'est  pas  l'œuvre 
de  Bricard.  Il  est  en  effet  précédé  de  cet  envoi  :  «  Cloridone  al 
fidèle  Ardo,  in  risposta  delli  versi  mandatili  daPadova  a  Siena». 
Nous  parlons  de  cette  pièce  dans  la  notice  suivante. 

Pierre  Bricard,  qui  annonçait  de  si  heureuses  dispositions, 
qui,  d'après  son  ami  Virey,  pouvait  donner  du  lustre  à  un 
parlement,  n'a  marqué  ni  au  barreau,  ni  dans  la  magistrature, 
ni  dans  les  lettres.  Papillon  n'a  même  pas  recueilli  son  nom 
dans  la  Bibliothèque  des  auteurs  de  Bourgogne.  Il  est  probable 
qu'il  mourut  jeune,  avant  d'avoir  eu  le  temps  de  se  faire 
connaître. 


LIX 
CLAUDE  ENOCH  VIREY 


Nous  avons  déjà  cité  le  nom  de  Virey  comme  celui  d'un  ami 
de  Pierre  Bricard.  Il  nous  faut  revenir  sur  un  personnage  qui 
mérite  de  nous  arrêter  quelques  instants.  Né  à  Sassenay,  près 
de  Chalon-sur-Saône,  en  1566,  Virey  était  fils  d'un  capitaine 
d'infanterie.  C'était,  dit  le  duc  d'Aumale,  «  un  de  ces  hommes 
formés  tout  à  la  fois  par  l'étude  et  par  une  vie  de  périls,  qu'on 
rencontrait  assez  souvent  alors,  et  dont  le  type  semble  perdu 
aujourd'hui.  Antiquaire,  poète,  soldat,  docteur  en  droit, 
homme  de  cour,  il  apportait  partout  le  même  courage,  la  même 
verve,  les  mêmes  façons  un  peu  rudes,  et,  malheureusement 
pour  ses  vers,  il  s'embarrassait  aussi  peu  des  entraves  de  la 
prosodie  et  de  la  langue  que  des  difficultés  de  la  vie^  »  Après 
avoir  fait  ses  humanités  chez  les  jésuites  de  Dijon,  et  sa  philo- 
sophie au  collège  de  Navarre,  à  Paris,  il  s'engagea  comme 
volontaire  dans  les  troupes  royales  et  combattit  l'armée  de  la 
Ligue.  C'est  lui-même  qui  nous  l'apprend  au  début  de  ses 
Vers  itinéraires  : 

. . .  J'ai  couru  ma  part  des  périls  que  la  vie 

Des  meilleurs  François  court  en  cesle  tragédie, 

Par  villes  et  par  champs,  pour  le  roy  tout  ardant, 

A  pied  et  à  cheval,  courageux  m'hazardant 

Aux  coups  de  pistoletz  et  des  plombez  tonnerres 

Qu'onques  Grecs  ny  Romains  n'ont  cogneu  en  leurs  guerres^. 


1.  Duc  iFAumalf,  Histoire  des  princes  de  Coudé,   II.   1885,  p.  265. 

2.  Biblioth.  de  l'Arsenal,  ms.  1051,  p.  187. 


326  LIX.  —  CL\UDE-ÉNOCH   VIREY. 

Après  avoir  assisté  aux  batailles  de  Senlis,  d'Arqués  et 
d'Ivry,  aux  sièges  de  Paris  et  de  Rouen,  Virey,  qui  avait  besoin 
de  repos,  résolut  de  partir  pour  l'Italie  et  d'aller  étudier  le 
droit  à  Padoue.  Il  se  mit  en  route  au  printemps  de  1592,  en 
compagnie  de  Christoplie  de  Harlay.  fils  unique  du  premier 
président.  Les  deux  voyageurs  quittèrent  la  Normandie,  oîi  ils 
étaient,  gagnèrent  Mantes,  puis  allèrent  passer  par  Langres, 
la  Suisse  et  le  Splûgen.  On  verra,  dans  le  curieux  récit  que 
Yirey  nous  a  laissé  de  son  voyage  quels  dangers  coururent  les 
deux  voyageurs,  et  combien  ils  eurent  de  peine  à  éviter  d'être 
fait  prisonniers  par  les  Ligueurs'.  Le  11  juin  1592,  notre  étu- 
diant se  fit  inscrire  à  Padoue  parmi  les  juristes  de  la  nation  de 
Bourgogne.  Suivant  Tusage,  le  registre  matricule  donne  un 
rapide  signalement  du  nouveau  venu,  qui  est  dit  :  «  Chabilo- 
nensis,  in  medio  frontis  vulnere  signatus^  »  On  voit  par  cette 
courte  mention  qu'il  avait  l'babitude  de  regarder  les  ennemis 
en  face. 

A  Padoue,  Virey  suivit  particulièrement  les  cours  de  Guido 
Panciroli,  de  Marcantonio  Ottilio  et  de  Francesco  Carlo  Picco- 
lomini^  Sa  curiosité,  pendant  cette  période  de  sa  vie  qu'il 
considère  comme  la  plus  beureuse  de  toutes,  se  porta  sur  des 


1.  Vers  itinéraires,  allant  de  France  en  Italie^  1592.  A  M.  Nicolas 
Perreiiey,  que  despuis  j'ay  veu  tres-habile  advucat  a  Clinlon^  el  e  l'alliance 
duquel  je  m'estime  fort  honoré.  Biblioth.  de  IWrsenal,  ms.  1051,  fol.  185  bis. 

"2.  Arcli.  univ.  de  Padoue.  reg.  XXX,  fol.  63  v". 

3.  31s.  1051,  fol.  222  vo.' 

Guido  Panciroli,  engagé,  le  30  octobre  1547,  comme  professeur  extraor- 
dinaire d'institutes,  devint  professeur  de  droit  civil  en  octobre  1556.  En 
1560  il  fut  appelé  à  l'université  de  Mondovi,  qu'il  suivit  à  Turin;  mais  il 
fut  rappelé  à  l'adone  le  18  avril  1582,  et  ce  fut  là  ([u'il  mourut  en  1599. 
(Facciolali,  Fasti  Gtjnmasii  Patavi/ii,  1757,  II,  pp.  156,  141,  135.) 

Marcantonio  Otiilio  enseiirna  d'abord  à  Padoue  les  règles  du  droit  1586). 
En  1590,  il  fut  transféré  à  la  cbaire  de  Pandectes,  puis  en  1600,  à  la  chaire 
ordinaire  de  droit  civil  du  matin.  (Facciolali,  Fasli,  il,  pp.  182,  184,  118.) 

Francesco  Carlo  Piccolomini,  né  à  Sienne  vers  1520,  enseigna  d'abord 
dans  sa  ville  natale,  puis  à  Macerata  et  à  Pérouse.  Le  25  janvier  1561,  il 
fut  appelé  à  Padoue  comme  professeur  extraordinaire  de  pliilosopbie.  Le 
18  janvier  l56i  il  fut  transféré  à  la  seconde  cbaire  ordinaire.  Ses  gages 
furent  portés  à  lOOO  écus  en  1579.  En  1601,  Piccolomini  reprit  le  chemin 
de  Sienne,  où  il  mourut  en  1604.  (Facciolali,  II,  pp.  284,  279,  275). 


LIX.  —  CL.VUDE-ÉNOGH  VIREY.  32t 

sujets  très  divers.  C'est  ainsi  qu'il  voulut  assister  à  l'autopsie 
et  à  la  dissection  d'une  jeune  fille  emportée  par  une  mort 
subite. 

En  fréquentant  les  cours  de  l'université,  Virey  contracta  une 
étroite  amitié  avec  son  compatriote  Pierre  Bricard.  Celui-ci  le 
prit  pour  confident  de  sa  passion  malheureuse  pour  la  belle 
Cittadella,  et  lui  communiqua  tous  les  vers  qu'il  composait 
pour  elle.  On  a  déjà  vu  que  Virey,  esprit  positif,  déjà  endurci 
aux  aventures  de  la  guerre,  trouvait  que  son  ami  donnait  aux 
Muses  trop  de  temps.  Pour  lui,  s'il  s'amusait  parfois  à  rimer, 
il  ne  cherchait  pas  à  polir  ses  vers,  et  n'y  attachait  aucune 
importance.  Bricard  admirait  cette  nature  droite  et  sévère,  et 
saluait  en  Virey  un  maître.  Voici  un  sonnet  qu'il  lui  adresse 
dans  La  FlorideaK 

Per  il  signore  Virey  consigliero  eL  secretario  del 
serenissimo  principe  di  Condé^. 

Virey  gentil,  nel  cui  cortese  seno 

Gli  stanchi  mie'  ^pirti   corne  in  un  porlo 
Riduconsi,  quando  Fortuna  a  torto 
Mi  porge  la  tazza  del  suo  veneno, 

Perché  non  ho  slile  che  moslri  a  pieno 
Quanti  doni  t'habbi  Natura  porto  ? 
Si  vedrebbe  ch'unque  n'a  vivo  o  morto 
Tanto  il  ciel  nel  donar  si  sciolse  il  freno. 

Bontà,  cenno,  valor  et  quel  ch'io  preggio 
Assai  più  de  l'oro,  candida  fede, 
Sono  gli  minori  d'i  freggi  tuoi. 

Ghiunque  ti  conosce  il  vede  et  crede 
Cosi  lo  vedesse  chi  verra  poi  : 
Tra  mortali  haresti  di  virtù  il  preggio. 


1.  Fol.  63  vo. 

t.  Virey  n'était  pas  encore  secrétaire  du  prince  de  Condé,  mais  il  le  devint 
avant  la  publication  du  volume  en  1601. 


328  LIX.  —   CLAUDE-ÉNOCH   VIREY. 

En  1593,  Virey  mit  à  exécution  un  projet  qu'il  avait  longue- 
ment caressé.  Il  quitta  Padoue  pour  se  rendre  à  Rome  et  visiter 
une  partie  de  l'Italie.  Il  nous  donne  lui-même  des  détails  sur 
son  voyage  dans  un  second  poème,  qu'il  appelle,  comme  le 
premier,  Vers  itinéraires^  : 

Dez  Padoue,  l'envie 

Que  j'avois  de  longtemps  de  courre  l'Italie 
Me  fît  mettre  en  chemin,  après  un  long  séjour 
Que  m'y  avoit  fait  faire  et  l'estude  et  l'amour, 
Ayant  pour  compagnons  du  désiré  voyage 
Un  Murarl,  Lyonnois^^  et  un  de  pareil  âge, 
Biaunay,  Baujoulois\  et  (d')  un  de  Besançon, 
Le  plus  barbu  de  tous,  ayant  à  nom  Buzon*. 

Virey  séjourna  quelque  temps  à  Sienne,  qu'il  visita  en  com- 
pagnie d'un  Parisien,  Jean  de  Chaulnes,  sieur  de  Bures^ 
Tandis  qu'il  était  dans  cette  ville, 

Un  noble  Fantucci,  qui  avoit  le  soucy 
D'astre  passé  docteur, 


1.  Vers  itinéraires  allant  de  Venise  à  Rome,  159o.  A  maistre  Guillaume 
Magnien,  advocat  a  Chalon  sur  Sône.  Bibliotii.  de  l'Arsenal,  ms.  1051, 
fol.  238. 

2.  Jeaii-Baptisie  Murard,  «  Liigdiiiieiisis  Galliis,  ciim  cicatrice  seciindum 
ociilum  in  parte  sinistra  »,  s'était  inscrit  comme  juriste  à  Padoue  (nation  de 
Provence),  le  28  janvier  1592  (Arch.  univ.,  reg.  XXX,  fol.  63).  H  devint 
lieutenant  général  en  la  conservation  des  privilèges  royaux  de  Lyon  et 
échevin  de  Lyon  en  1615  et  1616.  Il  épousa  Jeanne  Tissot,  morte  le 
6  octobre  1629,  et  eut  d'elle  six  enfants. 

3.  jNous  n'avons  pas  réussi  à  identifier  ce  personnage. 

4..  Probablement  Jean- Claude  lîuson,  docteur  es  droits,  citoyen  de 
Besançon,  qui  fit  son  testament  le  3  septembre  1637  et  mourut  avant  le 
3  novembre  suivant,  jour  où  ledit  testament  fut  publié.  (Bibliolli.  de 
Besançon,  recueil  ms.  1296  :  Catal.,  I,  p.  981.) 

5.  Jean  de  Cbaulnes  était  fils  d'Antoine,  conseiller  du  roi,  trésorier  de 
l'extraordinaire  des  guerres,  (pii,  le  4  octobre  1581,  avait  acbeté  la  seigneurie 
de  Bures,  près  de  Palaiseau.  11  perdit  son  père  pendant  qu'il  était  à  Sienne, 
ou  peu  après,  le  20  octobre  1593.  Il  rentra  anssilùt  en  France;  mais  il 
retourna  en  Italie,  et  s(;  fit  inscrire  comme  juriste  à  Padoue,  nation  de 
Provence,  le  28  juin  1594  (Arcli.  univ.,  reg.  "XXX,  fol.  65).  Il  mourut  le 
29  mars  1633,  sans  avoir  rempli  aucun  office.  Voy.  Jules  Lair,  dans  les 
Mémoires  de  la  Société  de  l'histoire  de  Paris,  II,  1876,  pp.  214-221. 


LIX.  —   CLAUDE-ÉNOCH   VIRET.  329 

vint  le  prier 

De  vouloir  prendre  en  main  la  dispute  première. 

Le  voyageur  se  prêta  de  bonne  grâce  à  cette  épreuve,  et  s'en 
tira,  paraît-il  à  son  honneur  ;  mais  il  nous  dit  honnêtement 
qu'il  avait  pris  soin  d'examiner  les  thèses  et  de  combiner  avec 
le  candidat  les  questions  et  les  réponses'. 

Pendant  que  Virey  était  à  Sienne,  Pierre  Bricard  lui  donna 
de  ses  nouvelles  en  lui  envoyant  un  sonnet  : 

A  te,  che  sei  di  me  la  meza  parte, 
lo  l'altra  di  te,  questo  s'iuvia, 
Acciô  del  mio  stato  nuova  ti  dia 
Et  ch'il  duol,  la  gioia  tra  noi  si  sparte. 

Sappi  dunque  che  \  ô  vergando  carte, 
Ch'io  scrivo  col  saugue  par  quella  ria 
Gh'è  nell'atli  féroce,  in  viso  pia. 
Et  con  puoco  atfelto  mischia  niolt'arte. 

Tempro  con  tua  gioia  mio  duro  affanno, 
Felice  Gloridon,  amante  amato 
Di  Galisa,  l'honoi-  di  quante  ninfe 

Annodano  in  nastro  le  chiome,  o  Fhanno 
Sparse  al  vento  nel  bel  fiorito  prato 
U  di  Branda  corron  le  chiare  linfe-. 

Gloridon  est  le  nom  que  Bricard  donnait  à  son  ami.  Celui-ci, 
qui  ne  se  piquait  pourtant  pas  de  faire  des  vers  italiens, 
répondit  par  le  sonnet  suivant  : 

Cloridone  al  fedele  Ardo,  in  risposCa  delli  versi  mandatili 
da  Padova  a  Sie7ia. 

Delli  gravi  lumi  col  molto  pianto 
La  turbida  Brenta  sgorga  allagata 
Et  con  gli  sospiri  l'aria  inflammata 
L'ardor  tuo  fa  sentir  in  ogni  cauto. 

1.  Biblioth.  (le  rArseiial,  nis.  1051,  fol.  309. 

2.  La  Floridea  del  fedele  Ardo,  fol.  6i  v". 


330  LIX.  —  CLAUDE-ÉNOCH   VIREY. 

Pure  quella  che  con  si  dolce  canto 
È  nel  tempio  d'honor  da  te  porlata 
A  te  si  dimostra  fiera  spietata, 
Pestando  il  nome  tuo  ch'a  l'altre  è  sanlo. 

Amico,  deh  !  lascia  le  sponde  ingrate 
Sovra  le  quai'  d'Amor  in  secca  arena 
Spargi  il  semé,  né  mieti  altro  che  duolo. 

Vien  qua  a  premer  meco  il  cortese  suolo 
Ove  spande  il  cristal  di  fresca  vena 
La  Branda,  le  cui  Ninfe  amano  amate'. 

Nous  ne  suivrons  pas  le  voyageur  dans  les  autres  villes  par 
lesquelles  il  passa  en  se  rendant  à  Rome  ;  nous  constaterons 
seulement  qu'il  était  curieux  de  visiter  les  monuments  et  les 
œuvres  d'art.  Son  itinéraire  s'arrête  à  son  arrivée  à  Rome.  Il 
se  réservait  de  consacrer  à  la  ville  éternelle  un  troisième 
poème,  qui  est  probablement  perdu. 

De  retour  à  Padoue,  il  continua  ses  études,  et  il  fut  reçu 
docteur  es  droits,  le  mercredi  31  août  1504,  «  in  edibus  peril- 
lustris  domini  Sigismundi  [de]  Capitibus  Listae-.  » 

En  quittant  l'université,  VIrey  dut  à  la  protection  du  prési- 
dent Achille  de  Harlay  d'être  attaché  à  l'éducation  du  jeune 
Condé,  puis,  quand  on  forma  la  maison  du  jeune  prince,  il  y 
fut  maintenu  comme  secrétaire  de  la  main,  avec  un  brevet  de 
secrétaire  du  roi^  On  a  déjà  vu  que  Rricard,  en  1601,  le 
qualifie  de  conseiller  et  secrétaire  de  Condé.  Dès  lors  sa  vie 
tout  entière  appartient  à  son  maître  ;  il  ne  réserve  aux  lettres 
que  ses  loisirs. 

Une  traduction  française  de  Vamoroso  Sdegno  de  Francesco 
Bracciolini  publiée  en  1603  par  un  anonyme  qui  signe  J.  P.  S. 


1.  LaFUmdeu,  fol.  73. 

2.  Arcli.  uiiiv.  de  Padoue,  reg.  LIV,  fui.  328  \"*.  —  C'était  un  usage 
courant  à  Padoue,  dans  les  dernières  années  du  XVJc  siècle,  de  soutenir  les 
thèses  de  doctorat  dans  la  maison  de  quelque  personnage  de  marque.  Les 
Capodilista  passent  pour  être  la  première  famille  de  la  ville  ;  on  dit  même 
que  leur  nom  vient  de  ce  qu'ils  étaient  toujours  en  tète  de  la  liste. 

3.  Duc  d'Anmale,  Histoire  des  Princes  de  Cniidé,  11,  p.  207. 


LIX.  —   GLAUDE-ÉNOCH  VIREY.  331 

atteste  que  Virey  s'intéressait  toujours  aux  choses  italiennes. 
Il  avait  prêté  à  un  ami  le  texte  italien  de  la  pastorale  ;  celui-ci 
en  fait  une  traduction  qu'il  lui  dédie'. 

Au  mois  de  novembre  1609,  le  secrétaire  joua  un  rôle 
important  dans  les  incidents  qui  amenèrent  la  fuite  du  prince 
de  Condé  hors  de  France.  On  peut  suivre  les  détails  de  cette 
tragi-comédie  dans  le  beau  livre  du  duc  d'Aumale-.  On  y  verra 
que  Virey  était  en  toute  chose  l'homme  de  confiance  de  son 
ancien  élève.  Non  seulement  il  l'accompagna  dans  sa  fuite  et 
s'exposa  pour  lui  au  ressentiment  du  roi^  ;  mais  il  se  fit  This- 
torien  du  voyage.  Il  en  relata  tous  les  incidents  dans  un  poème 
français''  qu'il  convertit  lui-même  en  un  poème  latin^  et  les 
résum.a  dans  un  mémoire  écrit  pour  J.-A.  de  Thou". 


1.  Le  Dédain  amoureux^  pastorale  fa  île  française  sur  ritalien  du  sieur 
François  Bracciolinj.  A  Paris,  chez  Mathieu  Guillemot. . .,  1603.  Ia-12. 
(Notre  bibliothèque.)  —  Le  texte  original  est  imprimé  en  regard  de  la 
traduction. 

2.  Histoire  des  princes  de  Condé,  II,  1885,  pp.  268-278. 

3.  La  femme  de  Virey,  Jeanne  Biot,  d'abord  confiée  à  la  garde  du  grand 
prévôt  de  l'hôtel,  fut  conduite  à  Chalon,  chez  son  père,  qui  dut  s'engager  à 
la  représenter  quand  il  en  recevrait  l'ordre.  Son  fils,  Christophe,  âgé  de 
neuf  ans,  fut  confié  à  l'avocat  Louis  Dollé,  ami  de  son  père.  (Notes  ajoutées 
par  Virey  au  texte  de  son  poème  :  éd.  Halphen,  pp.  72,  74.) 

4.  L' Enlèvement  innocent,  ou  la  Retraite  clandestine  de  Mgr  le  Prince, 
avec  A/n"^  la  Princesse,  sa  femme,  hors  de  France. . .  A  M.  Louis  Dollé, 
advocat  excellent  au  parlement  de  Paris.  —  Voiage  de  Mgr  le  Prince  de 
Bruxelles  à  Milan. 

Biblioth.  nat.,  ms.  Dupuy  73,  fol.  35,  59. 

UEnlèvement  innocent,  ou  la  Retraite  clandestine  de  monseigneur  le 
Prince,  avec  madame  la  Princesse  sa  femme  hors  de  France,  1609-1610. 
Vers  itinéraires  et  faits  en  chemin  par  Claude-Enoch  Virey,  secrétaire 
audit  seigneur . . .  Publié  d'après  le  manuscrit  de  la  bibliotlièque  natio- 
nale par  E.  Halphen.  A  Paris,  chez  Aug.  Aubry,  859.  Pet.  in-8. 

M.  Halphen  n'a  publié  que  la  première  partie. 

5.  Clandestina  Fuga,  sive  Henrici  Borhonii  Condnei. . .  cum  uxore  in 
Belgium  ac  Insuhriam  occulta  Profeclio,  Mediolani  Commoratio^  ejusquein 
Gallium  r éditas. 

Biblioth.  nat.,  ms.  Dupuy  73,  fol.  i. 

Baptus  innocuus,  sive  Henrici  Borbonii  Condaei,  primarii  sanguinis 
regii  Francorum  principis,  clandestina  cum  uxore  Carola  Margarita 
Mommorantia  in  Belgium  Fuga,  et  ex  Belgio  in  Insuhriam  per  Germaniam 
occulta  Profeclio . .  . 

Biblioth.  de  l'Arsenal,  ms.  1051  (ancien  lat.  58),  p.  \. 

6.  Biblioth.  nat.,  ms.  Dupuy  72,  fol.  36  (autographe). 


332  LIX.  —   CLAUDE-ÉNOCH    VIREY. 

Sa  femme  composa,  elle  aussi,  une  Epislre  d'Aminte  à 
Cloridon^  sur  la  retraille  de  Mgr  le  Prince,  avec  madame  la 
Princesse,  sa  femme,  en  Flandres'-. 

Le  21  février  1610,  Condé  quitte  secrètement  Bruxelles  pour 
se  rendre  à  Milan,  en  compagnie  du  fidèle  Virey^  C'est  encore 
Virey  qui  suit  le  prince  lorsque  celui-ci  apprenant  la  mort  du 
roi,  s'échappe  de  Milan  et  reprend  le  chemin  de  Bruxelles 
(9  juin  1610)\ 

Le  16  juillet  1610,  le  jeune  prince  est  de  retour  à  Paris. 
Virey  reprend  tranquillement  ses  fonctions.  Il  paraît  avoir 
reçu  alors  de  la  cour,  sans  doute  à  titre  de  dédommagement, 
certains  avantages  particuliers ^ 

Après  l'arrestation  de  Condé  au  mois  de  septembre  1616, 
Virey  cherche  un  refuge  à  Chalon,  sa  ville  natale®.  L'année 
suivante,  il  donne  un  pendant  à  L'Enlèvement  innocent  et 
compose  La  Prison  volontaire,  ou  V Entrée  de  madame  la  Prin- 
cesse en  la  Bastille,  poème  imité  en  quelque  endroict  des  vers 
latins  du  sieur  Bonne fons  filz\  et  aiigmenlé  des  deux  tiers,  sui- 
vant  l'histoire  du  temps^.  Dès   que  la  politique    lui    laisse 


1.  On  a  déjà  vu  (p.  329)  que,  ;i  Padoue,  Virey  prenait  le  nom  poétique 
de  Cloridon. 

2.  Biblioth.  nat.,  nis.  Dupuv  73,  fol.  85;  Bibliotli.  de  l'Arsenal,  ms. 
1051,  p.  139. 

3.  Duc  d'Aumale.  Histoire  des  princes  de  Condé,  11,  p.  304. 

4.  Ibid.,  II,  pp.  345,  579. 

5.  Le  ler  novembre  l(il4,  Claude-Enoch  Virey,  conseiller  et  secrétaire 
du  roi,  donne  quittance  de  la  somme  de  750  I.  à  lui  ordonnée  par  ledit 
seigneur  pour  la  pension  qu'il  plaît  à  S.  ftl.  lui  doimer  pendant  le  quartier 
de  juillet,  aoijt  et  septembre  de  la  présente  année.  (Biblioth.  nat.,  ms.  fr. 
29513,  dossier  67071,  pièce  2.)  Plus  tard,  alors  qu'il  est  qualifié  conseiller 
et  secrétaire  du  roi,  maison  et  couronne  de  France  et  de  ses  finances,  du 
collège  des  Soixante-Six,  ses  gages  annuels  ne  son!  plus  que  de  300  livres. 
(Quittances  du  26  décembre  I6i9,  du  16  janvier  1622,  du  8  août  1636, 
ibid.,  pièces  3,  4,  5.) 

6.  Duc  d'Aumale,  Hist.  des  Princes  de  Coudé,  III,  p.  95. 

7.  Ad  illiislrissimum  principeni  Condaeuni,  Uenricntii  Borhoniunt, 
Mnryarilae  Carolae  Moinorantiae  fidissiinae  et  gcnerosstmue  cunjugis, 
illustris  (jtrcer,  authore  .lo.  Honrfonio,  Ja.  /ilio.  Parisiis,  ex  tvpographia 
J.  Libert,  1619.  In-iS.  (Bihliolli.  iiut.,  Yc.  10007.) 

8.  Biblioth.  nat.,  ms.  Dupuy  73,  fol.  93  ;  Biblioth.  de  l'Arsenal,  ms, 
1051,  p.  149. 


LIX.  —  CLAUDE-ÉNOCH   VIREY.  333 

quelque  répit,  Virey  retourne  dans   sa   chère   province  de 
Bourgogne  et  se  consacre  à  l'étude. 

On  a  de  lui  une  lettre  adressée,  de  Chalon,  le  9  février  1625, 
à  Nicolas  Rigault,  avocat  au  parlement  de  Paris,  garde  de  la 
Bibliothèque  du  roi  '.  Il  avait  consigné  dans  plusieurs  ouvrages 
les  résultats  de  ses  recherches.  Il  composa  en  manuscrit  un 
Commmlarium  fidèle  de  Burgundiae  imperio  et  une  Description 
du  territoire  de  Chalon  sur  Saône,  dont  son  fils,  Christophe 
Virey,  conservait  les  manuscrits'-.  Nous  ignorons  si  ces  manus- 
crits existent  encore  ;  mais  nous  pouvons  citer  une  copie  de  la 
Chronica  renerandorum  abbatum  S.  Benigni  divionensis  monas- 
terii  exécutée  pour  Virey^ 

Papillon  cite  plusieurs  autres  ouvrages  de  notre  auteur  :  des 
harangues  adressées  au  roi,  au  cardinal  de  Richelieu,  au  ma- 
réchal de  Schomberg,  au  comte  d'Harcourt  et  au  garde  des 
sceaux  Marillac,  lorsque  Louis  XIII  passa  par  Chalon  au  mois 
de  février  1629''  ;  une  harangue  à  Henri  de  Bourbon,  gouver- 
neur de  Bourgogne.  1632  ;  un  Poème  de  la  Virginité  ;  un 
poème  latin  de  Passione  Clirisli,  imprimé  en  tète  de  la  Gallia 
christiana  de  Robert  ;  Flammelte,  ou  Amours,  poème  imité 
sans  doute  de  l'italien ^ 

Cinq  fois  honoré  des  fonctions  de  maire  de  Chalon,  il  mou- 
rut de  la  pierre,  le  25  juillet  1636,.  âgé  de  soixante  ans.  Ce 
n'est  pas  un  faible  éloge  pour  lui  que  d'avoir  pu  être  comparé, 
même  de  loin,  à  l'immortel  auteur  de  Don  Quichotte^. 

Le  fils  de  Claude-Énoch,  Christophe  Virey,  né  vers  1601 ,  fut 
maître  des  Comptes.  11  épousa  Marie  Saumaise,  fille  de  Pierre 
Saumaise  de  Chasans''. 


1.  Bibliolli.  nat.,  ras.  Dupuy  72,  fol.  42. 

2.  Papillon,  Bibliothèque  des  auteurs  de  Bourgogne,   1745,  p.  357  ; 
Leiong,  Bibliothèque  historique,  111,  n^s  35840,  35966. 

3.  Biblioth.  de  Lyon,  ms.  196  (126),  fol.  1-H4. 

4.  Mercure  frnvçois.  t.  XV,  1630,  pp.  91-98.  102-105. 

5.  Papillon.   Bibliothèque  des  auteurs  de  Bourgogne,  1745,   in-fol., 
p.  356. 

6.  Duc  d'Aumale,  II,  p.  267. 

7.  Papillon,  p.  356. 


LX 


LE  P.  JEAN  LE  COMTE 


L'ouvrage  de  Jean  Bodin  intitulé  Universae  Natiirae  Tliea- 
trum,  qui  fut  imprimé  par  Jacques  Roussin,  à  Lyon,  en  1596, 
est  accompagné  d'une  approbation  de  frère  Jean  Le  Comte, 
augustin,  en  date  du  12  février  de  cette  même  année.  Ainsi 
qu'on  le  verra  par  une  mention  relevée  plus  loin,  ce  religieux 
était  né  en  1553.  Nous  savons  qu'il  était  originaire  de  Seyssel, 
en  Savoie,  et  qu'il  avait  été  reçu  docteur  en  théologie  à  Paris'  ; 
mais  nous  n'avons  guère  de  renseignements  sur  sa  vie. 
Il  habita  longtemps  Lyon,  puis  passa  en  Italie.  Il  devint, 
en  effet,  à  une  époque  que  nous  ne  pouvons  préciser,  confes- 
seur de  Christine  de  Lorraine,  femme  de  Ferdinando  de' 
Medici,  grand-duc  de  Toscane.  Christine,  née  le  6  août  1565, 
avait  été  mariée  le  30  avril  1589  ;  elle  devint  veuve  le 
47  février  1608,  et  mourut  le  20  décembre  1636.  Elle  était 
sans  doute  veuve  quand  le  P.  Le  Comte  lui  dédia  une  Vie  de 
saint  Fiacre,  écrite  en  italien  : 

Descrittione  delli  miracoli  e  vita  del  gloriosissimo  prencipe 
S.  Fiacrio,  confessore  et  eremita  dell'ordine  di  S.  Benedetto, 


1.  Voici  l'article  consacré  à  notre  auteur  par  Ossinger  {Bibliotheca 
augustiniana,  1768,  in-fol.,  p.  251)  «  Cornes  Joannes,  nations  Gallus, 
patria  Seyselliensis,  vixit  saeculo  17.  S.  theologiae  doctor  sorbonicus,  vir 
multarum  literarum  peritissimus,  nec  ulli  tlieologorum  secundo,  Christinae 
Lotliaringicae  consiliarius  theologicus  exstitit  et  typis  in  lucem  edidit  : 
Vitam  S.  Fiacri,  Ordinis  S.  Benedicti,  Florenliae,  1636.  » 


336  LX.   —    LE    p.    JEAN   LE    COMTE. 

figlio  di  Eugenio  quarto,  re  di  Scotia  ;  divisa  in  tre  iibri,  dal 
M.  R.  P.  maestro  Giovanni  Cornes,  del'ordine  di  S.  Agostino, 
dottore  nella  sacra  Facoltà  di  Parigi,  teologo  et  confessore 
délia  S"i«  principessa  Christina  di  Loreno,  gran  ducliessa  di 
Toscana. 

Biblioth.  de  Lyon,  m^.  218. 

Cet  ouvrage  fut  imprimé,  non  sans  avoir  subi  quelques 
remaniements,  sous  le  titre  suivant  : 

Vita,  e  Miracoli  II  Del  Glorioso  11  Prencipe  II  San  Fiacrio  H 
Figliuolo  II  di  Eugenio  IV.  Il  Re  di  Scozia,  ||  Eremita  delPordine 
il  di  S.  Benedetto  il  Raccolta  dal  molto  Reu.  P.  Giouanni 
Cornes  11  deirOrd.  Erem.  di  S.  Agostino  Dott.  nella  Sacral! 
Facoltà  di  Parigi,  Teologo,  e  Confessore  ||  délia  Serenissima 
Prencipessa.  H  Christiana  di  Loreno  ||  Gran  Duchessa  ||  di  Tos- 
cana. Il  Dedicata  ||  A  S.  A.  Serenissima.  Il  Con  moite  Osserua- 
zioni  Morali,  e  Concetti  vtili  allô  stato  II  di  qualsiuoglia  Perso- 
na.  11  In  Fiorenza  nella  Stamperia  di  Pietro  Nesli.  1036.  Il  Con 
licenza  de'  Superiori.  In-4  de  10  ff.  lim.  et  239  pp. 

Les  fï.  2  et  3  contiennent  une  épître  à  Christine  de  Lorraine  ; 
les  fï.  -J-  4  —  i  T-  3  v»  sont  occupés  par  une  autre  épître  «  Al 
benigno  lettore  »  ;  aux  fl.  f-î-  3  v°  —  f  f  5  on  trouve  :  ua 
madrigal  italien  du  P.  Giovanbatista  Masi,  «  decano  délia 
badia  di  Fiorenza  »  ;  quatre  distiques  latins  de  frère  Gasparo 
Palombello  Corano,  augustin;  trois  distiques  de  frère  Gasparo 
Blzzaccari,  augustin  ;  deux  sonnets  italiens  d'Alessandro 
Adimari  et  de  Baccio  Bandinelli.  —  Au  10^  f.  lim.  est  une  figure 
qui  représente  la  grande-duchesse  en  prière  devant  saint 
Fiacre.  Cette  figure  est  signée  :  Costnus  Merlinus  Bonon.^ 
aurif.  mag.  Duc.  Etr.,  far. 

A  la  fin  du  volume  (pp.  2o7-2;jy)  sont  rapportées  les  appro- 
bations de  frère  Filippo  Visconli,  Milanais,  de  l'ordre  des 
ermites  de  Saint-Augustin,  régent  du  Saint-Esprit  à  Florence 
(lî)  janvier  163b)  ;  de  Vincenzo  Rabatta,  vicaire  de  Florence 
(18  février  1G36)  ;  de  frère  Clémente  Egidio,  inquisiteur  géné- 
ral de  Florence  (même  date)  et  d'Alessandro  Vetlori,  auditeur 


LX.  —   LE   P.    JEAN   LE   COMTE.  337 

de  s.  A.  s.  (3  août  1636)  ;  de  nouvelles  approbations  données, 
après  examen  de  certaines  modifications  apportées  à  l'ouvrage, 
par  Vincenzo  Rabatta  (17  novembre  1636)  ;  par  Onorato  Fal- 
concini,  prieur  de  l'abbaye  de  Florence,  ordre  de  Saint-Benoît 
(le''  décembre  1636)  ;  par  Vincenzo  Rabatta  (5  décembre),  et  par 
Alessandro  Vetlori  (même  date). 

Au  v°  du  dernier  f.  se  trouvent  la  marque  de  l'imprimeur, 
le  registre  et  le  nom  de  Pietro  Nesti,  «  all'insegna  del  Sole, 
1636  ». 

Biblioth.  de  l'Institut  de  France,  T.  60.  4°  (exemplaire  d'É- 
lienne  Baluze).  —  British  Muséum,  484.  b.  12  (2). 

Voici  le  début  de  l'épître  dédicatoire  : 

«  Madama  serenissima,  mia  signora. 

o  Non  è  per  mio  credere  cosa  né  più  detestabile,  né  più 
abominevole  dell'  ingratitudine,  né  più  commendabile,  né 
più  ammirabile  d'un  anime  grato.  lo  perô,  favorito  da 
Vostr'  Altezza  del  titolo  di  suo  attual  servitore,  e  sopra 
la  mia  condizione  del  continovo  maggiormente  obligato, 
se  non  posso  sodisfare  al  mio  debito  in  segno  nondimeno 
di  vera  devozione,  ardisco  di  rassegnare  hora  a  Vostr' 
Altezza  il  mio  humilissimo  ossequio  ne'  presenti  miei 
morali  discorsi  sopra  la  vita  e  miracoli  d'un  santissimo 
monaco,  la  cui  real  nascita  non  discorda  dalla  grandezza  e 
meriti  di  Vostr'  Altezza,  e  che  per  ragione  di  sangue  visse 
forse  congiunto  a'  serenissimi  signori  duchi  di  Lorena.  La 
bonlà  di  Vostr'  Altezza,  conforme  ail'  integrità  di  esso,  é  le 
preclarissime  doti  sue,  non  dissimili  dagl'  institut!  innocen- 
tissimi  di  lui,  mi  hanno  anche  invitato  ad  illustrarne  la 
stampa  col  suo  serenissimo  nome,  massimamente  perché 
essendo  quella  ben  avvenlurata  e  beala  anima  in  paradiso 
parlicolare  protettore  di  Vostr'  Altezza,  conveniva  che  le  ange- 
liche  sue  operazioni  si  celebrassero  in  terra  sotto  la  tutela 
di  lei  stessa,  il  cui  vivo  esempio  puô  felicemente  infiammare 
il  mondo  alla  loro  imitazione.  Riconosca  nel  resto  Vostr' 
Altezza  i  frutti  del  placidissimo  ozio  che  nel  suo  benigno  am- 
paro  mi  è  dato  sotto  questo  clementissimo  cielo  mentre  io 
spero  di  dover  esser  tanlo  più  pregiato  e  creduto  negli  enco- 
mii  di  Fiacrio,  quanto  con  l'erezzione  in  honor  suo  d'un  san- 

II.  -  22. 


338  LX.  —    LE   p.    JEAN   LE   COMTE. 

luosissimo  altare  in  queslavenerabil  chiesa  nel  noslroordine, 
ne  ha  la  religiosa  pieià  di  VosLr'  Allezza  fin  dalla  Francia  tra- 
piantata  et  inserita  già  di  lunga  mano  la  venerazione  et  il 
culto  ne'  cuori  di  questi  popoli.  Qui  passo  con  silenzio  lereali 
lodi  di  Vostr'  Altezza. . .    » 


Si  l'on  considère  que  le  volume  contient  encore  une  appro- 
bation datée  du  5  décembre  l*»:?*»  et  que  Christine  de  Lor- 
raine mourut  le  20  décembre  suivant,  on  pensera  que  le 
P.  Le  Comte  ne  put  présenter  son  livre  à  la  grande-duchesse. 
Le  religieux,  déjà  plus  quoctogénaire,  repassa  les  monts  et  se 
fixa  sans  doute  à  Lyon.  Malgré  son  grand  âge,  il  ne  cessa  pas 
de  travailler.  Il  consacra  les  dernières  années  de  sa  vie  à  la 
compilation  d'un  traité  historique  dont  nous  possédons  plu- 
sieurs rédactions  : 

I.  —  Lucerna  chronologica,  qua  Christi  fidèles  in  Veteri  et 
Novo  Testamento  facile  scrutari  possunt  alterius  vitae  purga- 
torium,  compacta  per  rev.  patrem  fratrem  Joannem  Comitem, 
ordinis  sancti  Augustini,  in  aima  Facultate  Parisiens!  sacra 
laurea  donatum,  necnon  l'oelicis  memoriae  SerenissimaeChris- 
tianae  a  Lotharingia,  magnae  Etruriae  ducissae,  in  sacris 
confessionibus  administram,  contra  haereticos  cujuscumque 
saeculi.  Ms.  in-4  sur  papier  de  h25  lï. 

Cet  exemplaire  est  daté  à  la  fin  du  16  septembre  1613. 

Biblioth.  de  Lyon,  ms.  GVIO. 

Lucerna  chronologica. . .  Ms.  in-i  sur  papier  de  ir>0  iï. 
Biblioth.  de  Lyon,  ms.  G92. 

Une  troisième  rédaction  plus  développée  encore  forme  un 
volume  in-4  sur  papier  de  28:;  IT.  L'auteur  nous  apprend  lui- 
même  qu'il  le  termina  le  31  octobre  1660,  à  l'âge  de  107  ans. 

Biblioth.  de  Lyon,  ms.  G91. 


LX.   —   LE   P.    JEAN    LE    COMTE.  339 

Ici  s'arrête  ce  que  nous  savons  du  P.  Jean  Le  Comte.  Nous 
ne  pensons  pas  qu'il  ait  dépassé  l'année  1660.  Il  nous  serait 
difficile  de  trouver  dans  Tliistoire  littéraire  un  autre  exemple 
d'une  telle  longévité. 


LXI 


PAUL  ROMIEU 


Voici  un  auteur,  assurément  peu  lettré,  qui,  sans  le  savoir, 
a  voulu  rendre  à  l'Italie  une  pièce  que  la  France  lui  avait 
empruntée.  Le  fait  est  curieux  et,  pour  le  mettre  en  lumière, 
nous  avons  quelque  peu  dépassé  les  limites  du  xvp  siècle. 

Girolamo  Morosini,  sénateur  de  Venise,  avait  confié  le  com- 
mandement d'un  de  ses  navires,  ÏAngelo  San  Raffaello,  à  un 
capitaine  marseillais,  Ponson  Sossin.  A  bord  du  même  navire 
naviguait,  en  qualité  d'écrivain  et  de  chirurgien,  un  jeune 
homme  originaire  de  Narbonne,  Paul  Romieu,  qui  n'avait, 
certes,  aucune  parenté  avec  les  Romieu  du  Vivarais.  Celui-ci, 
profitant  de  quelques  loisirs,  entreprit  de  faire  connaître  aux 
comédiens  italiens  le  théâtre  de  Pierre  de  Larivey. 

Larivey,  que  Grosley  prétend  avoir  eu  pour  père  un  Italien, 
un  Giunto,  attiré  à  Troyes  par  les  affaires  de  librairie  ou  de 
banque,  était  né  vers  1540.  Six  de  ses  comédies,  toutes  emprun- 
tées à  des  originaux  italiens,  qu'il  avait  su  transformer  pour 
les  adapter  au  goût  du  public  français,  avaient  paru  en  1579. 
Parmi  ces  pièces,  Romieu  en  choisit  une  :  Les  Esprits,  qu'il 
traduisit  en  italien,  par  ordre,  nous  dit-il,  de  la  seigneurie  de 
Venise,  afin  qu'elle  pût  être  représentée  par  le  capitaine 
Flegetonte'. 


i.  Nous  ignorons  à  quelle  troupe  appartenait  ce  capilan,  moins  connu 
que  Cordone  (Giovanni  Pelesino),  Goccodriilo  (Fabrizio  de  Fornaris),  Matla- 
moros  (Silvio  Fiorilio),  Spaveiito  tia  VaU'hiferna  (Francesco  Aiulreini), 
Riiioceronle  (Girolamo  Garavini)  et  Leonoiitronu  Arcitronitonante. 


342  LXI.   —   PAUL  ROMIEU. 

Les  Esprits  étaient  une  imitation  assez  libre  de  l'Aridosio  de 
Lorenzino  de'  Medici'.  L'original  avait  été  joué  à  Florence  en 
1536,  lors  du  mariage  du  duc  Alessandro,  que  Lorenzino  devait 
assassiner  l'année  suivante;  sept  éditions  au  moins,  publiées 
de  1548  à  1605,  devaient  l'avoir  rendu  populaire,  et  pourtant 
il  semble  qu'il  n'ait  été  reconnu  ni  par  le  traducteur,  ni  par 
l'acteur  auquel  il  dédiait  son  œuvre. 

Voici  le  titre  de  la  pièce  dans  le  manuscrit  qui  nous  est 
parvenu  : 

La  Comedia  de  ly  Spirili,  novamenle  tradulla  del  francese  in 
lingua  venetiana  per  comandamenlo  de  l'ilt^^'^  Seignoria  di 
Venetia,  in  favnre  del  capilan  Flegetonle,  comedianle  ilaliano, 
per  Paulo  Romiev,  Francese,  de  Narbona  en  Linguadoqiie . 

La  langue  écrite  par  Romieu  est  fort  peu  correcte,  et  son 
orthographe  est  souvent  plus  française  qu'italienne.  On  en 
jugera  par  l'épître  dédicatoire  : 

Al  molto  magnifîco  seignor  mio,  il  seig°''  Illeronimo  Moresino 
nella  repubblica  di  Vcnelia  senatore  dignissimo. 

«  My  seignor, 
«  Quelly  que  comensono  dy  exersitarsy  ally  delicii  del 
nolare  aune  per  costume  dy  sy  servire  délie  escorze  del  suvero 
o(u)  de  quelque  fascina  dy  giunchy  per  se  sostenere  et  se 
guardare  dy  non  andare  a  fundo  ;  ancho  my,  que  son  toto 
fresco  al  mestiero  d'escrivere  et  que  me  desfido  compitamente 
délie  mie  proprie  force,  ay  [^ho]  judicato  non  potere  elegere 
appogio  pieu  fermo  y  pieu  poteute  qu'el  vostro  nomefamoso, 
per  donar  credito  et  fare  passar  in  fine  a  la  posterità  questa 
mia  traditione  que  jo  vy  offre  con  tule  le  sorte  d'amore,  bene- 
volentia,  y  rispetto.  Questo  è  un  pezzo  maino  et  dy  bona  fede  ; 


1.  Larivey  cite  lui-môme,  dans  l'épîlre  à  François  d'Amboise  qui  précède 
le  recueil  di;  1570,  les  ailleurs  des  [)ièces  qu'il  a  imitées  :  «  Laureiis  de 
Medicis,  perc  du  pape  Liîom  dixième,  Fraiirois  Grassiii  [=  Aiiloiifrancesco 
Grazziiii],  Vincent  (Jabian,  .Iherosme  liazzi,  Nicolas  lionnepart,  Loys  Dolcc 
et  autres.  »  On  voit  qu'il  confondait  Lorenzino  avec  Lorenzo  le  Magnilique. 


LXI.  —   PAUL   ROMIEU.  343 

ma  cognoscendo  qu'elle  è  assey  mal  polito  et  mal  veslito  à 
l'iltaliana  o  lingua  venitiana,  et  commo  taie,  essendo  my 
Francese,  non  sarà  gi-adito  da  molti  que  lo  legeranno,  V.  S.  I. 
sarà  obligata  de  penderlo  et  prolegere  contra  tutti  quelli  mal- 
dicente  que  non  sonno  que  troppi  fertile  en  questo  seculo.  El 
ben  que  Vostra  Seignoria  me  vole,  essendo  mi  ofïîciale  délia 
vostra  nave  ditta  el  Angelo  Santo  Raphaël,  altramente  el  ber- 
ton  Moresino,  sotto  il  capitan  Ponson  Sossin  dy  Marsilia,  per 
escrivanno  et  chirurgico,  m'a  tanto  datto  dentre  l'animo  quel 
me  parescio  essere  ingrato  sy  per  questa  benevoleniia  tanto 
grande  my  non  vy  dedicasse  questa  mia  opereta.  Secondate 
me  adonque,  M.  S.,  nel  desiderio  et  l'intentione  que  jo  e  en 
questo  mio  deseigno  que  vy  chiamo  colla  sicurtà  del  successo 
délia  mia  versione  la  quelle  jo  dimostra  en  questo  jorno  alla 
sorte  et  sul  theatro  de'  diversi  judicii  délia  Italia  acio  que, 
seudo  me  fatta  la  protectionne  delli  vestri  favori  et  délia  vos- 
tra universale  repulattonne  (sic),  ella  fâcha  el  muso  a  tutti  ly 
invidiosi  que  dal  présente  la  voleranno  annegare  a  renasci- 
miento  et  impedire  la  vollia  ardente  dy  quello  que  ly  a  dato 
et  la  porto  en  tal  modo  que  desidera  viver  et  morire  con  questo 
honore  d'essere  in  eterno, 

my  seignor, 

«  In  Venetia,  eH"  dy  aousto  a  El  vostro  humilissimo  et 

1610.  »  obediente  servitore.  » 

«  ROMIEU.  » 


Voici  maintenant  quelques  phrases  de  la  traduction,  que 
nous  plaçons  en  regard  du  texte  de  Larivey  : 

Prologue.  Prologo. 

«  Que  nostre  aage  se  van  le  «   Que    s'y  mostri    moder- 

tant  qu'il  luy  plaira  de  l'esprit  ni  sy  laudano  tanto  corne  ly 

et  sçavoir  de  ses  nourrissons.  piacherà. . . 

...parce  que,  d'acte  eu  acte,  per    que,  de  atte   in   atte, 

la  comédie  vous  le  déclarera.  la  comedia  vi  lo  dechiararà. 

A  Dieu  je  me  recommande.  »  A  Dio,  jo  my  recomando.   » 


344 


LX[.   —    PAUL   ROMIEU. 


Les  Personnages . 

Hilaire,  vieillard. 
Elizabet,  sa  femme. 
Frontin,  serviteur  de  Fortuné. 
Urbain,  amoureux. 
Ruffin,  maquereau. 
Fortuné,  amoureux. 
Désiré,  amoureux. 
Severin,  vieillard. 
M.  Josse,  cordier. 
Pasquelte,  servante. 
Gérard,  vieillard. 

ACTE  PREMIER 

Scène  1. 

Hilaire,  vieillard;  Elizabet. 
sa  femme. 

Hilaire. 

«  Ce  que  je  dis  est  vray,  et 
vous  asseure  que  la  plu  spart 
des  meurs  et  coustumes  de 
la  jeunesse,  soient  bonnes  ou 
mauvaises,  procedde  de  leurs 
pares  et  mères,  ou  de  ceux 
qui  en  ont  la  charge. 


Elizabet, 

«  Oy  bien  pour  le  regard 
des  pères  et  précepteurs,  mais 
non  quant  aux  ineres,  parce 
qu'eslans  femmes,  elles  ont 
autant  petite  part  en  cecy 
comme  aux  autres  choses  du 
monde. 


Quelly  que  recilaranno 
la  comedia. 

Misser  Bortolo,  vecchio. 
MadouaRachella,  suamoglie. 
Messetin,  servitor  dy  Fulvio. 
Ortenlio,  amante. 
Farina,  ruhano. 
Fulvio,  amante. 

Pantalone,  vechio  avaro. 
M'"''  Isepo,  niago. 
Mespola,  serva. 
M'^^''  Jacomino,  vechio. 

ATTO  I'^. 

Scena  I"^. 

Bov.TOhO,  vecchio  ;  Rachella, 
sua  mollie. 

Bortolo. 

«  Quello  que  jo  vi  dico  è 
verissimo,  et  vy  prometto  que 
la  major  parte  de  ly  costume 
et  conditione  de  ly  juvene, 
sia  que  es'^er  se  voglia  o  boni 
0  veramente  cattivi,  procede- 
no  o  dalli  patri  o  matri,  o  de 
quello  que  dalori  (?)  che  n'an- 
no  la  carità. 

Rachella. 

«  Seigoor,  si,  quanto  quello 
que  toca  a  ly  padre  o  mistri, 
ma  non  per  causa  de  ly  inadre 
l)erquè,  essendo  donne,  elle 
anno  tanto  poco  d'aflar  en  este 
cosse  quanto  nelli  altre 
negotii  del  mundo. 


LXt.  —    PAUL   ROMIIïU.  :Î45 

Voici  le  dernier  couplet  de  la  pièce  : 

Fortuné.  Fulvio. 

«  Messieurs  et  dames,  vous  «  Seignori,  voy  vedete  quel 

voyez  que  c'en  est  :   on  ne  qu'è  :  che  le  noce  non  se  po- 

peut  faire  le  festin  à  ce  soir,  deno   far   esta   sera,    perquè 

pour   ce   que    Laurence    est  Valeria  sie  a  la  villa,  et  la 

encor    au    village,    et    mon  raia    Lelia   è    iiifantata.    Per 

Apoline    en    couche.    Voilà  questo  jo  vi  prego  aver  noy 

pourquoi    je    vous     supplie  per  excusati,  sia  far  seignale 

nous  excuser  et  faire  signe  si  s^i  la  comedia  vi  a  piachulo. 

la  comédie  vous  a  pieu.    A  A  Dio,  jo  mi  recomando.    » 
Dieu,  je  me  recommande.  » 

Fin.  El  Fine^. 

Comme  on  le  voit,  la  traduction  est  littérale.  La  seule  chose 
remarquable  est  la  liste  des  personnages  dont  Romieu  a  dû 
choisir  les  noms  d'accord  avec  les  comédiens. 

La  pièce  de  Larivey  fut-elle  alors  représentée  à  Venise  *?  Il 
serait  intéressant  de  le  savoir  ;  mais  nous  l'ignorons. 

Romieu  renonça  trois  ou  quatre  ans  plus  tard  à  la  naviga- 
tion. Nous  savons  par  une  communication  obligeante  de 
M.  J.  Tissier,  archiviste-bibliothécaire  de  Narbonne,  que,  le 
22  septembre  1614,  il  fut  admis  à  l'exercice  de  la  profession 
de  chirurgien  dans  sa  ville  natale,  par  lettres  de  la  chancellerie 
du  parlement  de  Toulouse  du  5  septembre  précédent-.  Il  faut 
croire  qu'il  réussit  à  se  créer  une  situation  honorable,  car,  le 
2  février  1641,  il  fut  nommé  sixième  consul  de  Narbonne^  et 
devint  troisième  consul  en  1G42\  Les  registres  de  l'état  civil 
ne  font  pas  mention  de  son  décès.  Peut-être  fut-il  enlevé  par 
la  peste  en  1652. 

1.  Biblioth.  municipale  de  Narbonne,  ms.  209,  in-4  sur  papier  de  85  ïï. 

2.  Arch.  de  Narbonne,  BB  61,  fol.  (35. 

3.  Ibid.,  BB  20,  fol.  150. 

4.  Ibid.,  BB  22,  fol.  o2G  vo. 


COUP  D'ŒIL  SUR  LE  XVir  SIÈCLE 


Nous  sommes  arrivé  au  terme  ({ue  nous  avons  assigné  à 
cette  étude  :  nous  nous  arrêterons  au  seuil  du  xvii''  siècle.  Ce 
n'est  pas  que  la  langue  italienne  ait  tout  à  coup  cessé  d'être  en 
honneur  de  ce  côté  des  Alpes  :  tous  ceux,  au  contraire,  qui 
tenaient  une  plume  en  France  se  faisaient  un  devoir  d'étudier 
la  littérature  de  l'Italie  ;  mais  la  littérature  espagnole  ne 
les  passionnait  pas  moins  et,  peu  à  peu,  cette  dernière  devint 
prépondérante. 

On  peut  citer,  au  xviF  siècle,  d'assez  nombreux  Français 
qui,  par  goût  ou  par  occasion,  essayèrent  d'écrire  dans  la 
langue  de  Tasse  et  de  Guarini.  Sans  avoir  la  prétention  d'en 
dresser  une  liste,  nous  indiquerons  du  moins  ceux  dont  nous 
avons  retenu  les  noms  au  i)assage. 

Nicolas-Claude  Fabri,  désigné  depuis  lôOi  sous  le  nom  de 
Peiresc,  qu'il  devait  rendre  si  célèbre,  fait  une  partie  de  ses 
études  à  Padoue.  Il  y  arrive  en  1599'  et  ne  revient  en  France 
qu'au  mois  de  juin  1002-.  Outre  un  grand  nombre  de  lettres, 
on  a  de  lui  de  véritables  dissertations  rédigées  en  italien ^ 

Jérémie  Groslot,  sieur  de  L'Isle,  que  nous  avons  déjà  cité 
parmi  les  correspondants  de  frà  Paolo  Sarpi  (1607-1018),  écrit 
d'abord  en  italien'*. 


1.  Lettres  de  Peiresc,  VI,  p.  6. 

2.  Epislres  françoises  à  Mons''  J.  .1.  de  La  Scala,  1624,  p.  84. 

3.  Voy.  en  parliculier  le  ras.  de  Garpeiitias  n"  1809. 
i.  Voy.  ci-dessus,  p.  292,  en  note. 


348  COUP   d'ŒIL   sur    le   XVllc   SIÈCLE. 

Jean  Bernard  de  La  Bafîarderie  publie,  probablement  en 
1612,  une  traduction  italienne  de  ï Histoire  de  la  mort  déplo- 
rable de  Henry  IIII,  par  Pierre  Matthieu,  traduction  dont  nous 
n'avons  eu  sous  les  yeux  qu'une  réimpression  de  1015'. 

Jean-Claude  Bracbet,  professeur  de  belles-lettres  à  Vérone, 
fait  probablement  i)araître  diverses  traductions  du  français  ; 
mais  nous  ne  pouvons  en  citer  qu'une  seule,  qui  est  datée 
de  10-2  P. 

Le  rabbin  Mardochée,  né  à  Carpentras,  vers  1580,  se  con- 
vertit et  se  fait  connaître  sous  le  nom  de  Philippe  d'Aquin.  Il 
traduit  en  italien  des  sentences  et  des  paraboles  hébraïques^ 
Son  petit-fds  est  le  premier  médecin  de  Louis  XLV. 

Jean  Germain,  docteur  en  médecine,  entre  dans  un  couvent 


1.  Historia  ||  dellii  !\Iorle  ||  (rileiii'ico  quarto  ||  Rè  di  Francia.  ||  e  di 
Nauarra,  ||  Per  P.  iMatlliieu  Hisloriografo  di  Francia.  ||  Trailotla  di  Fraiicese 
iii  Italiano  da  leau  Bernard»  ||  de  la  bafîarderie.  ||  Aggiiiutoui  di  iiuoiio 
viia  Canzoïie  del  Caiialiei'  iMarini,  ||  in  Morte  di  detto  lié.  ||  Al  Molfllliistr. 
e  Molto  Ileiier.  Sig.  Fraiicesco  Trioiili.  ||  In  Moïkna,  &  in  Macerala,  \\ 
AppressQ  Pictro  Saluioni,  MDCVX  [sicj.|jJf/  Inslamia  di  Francesco 
Manolessn.  ||  Coiilicenzade'Superiori.  — [A  la  fui.  |  lu  Macerata .  \\Appresso 
Pielro  Saluioni,  MDGXV.  ||  (Ion  liceiiza  de'  Superiori.  I11-8  de  4  ff., 
133  pp.  et  1  f. 

L'épître  dédicatoire,  datée  du  25  juillet  1G!5,  est  signée  de  Francesco 
ftlanolesso. 

Biblioth.  munie,  de  Francfort-sur-Mein,  Ital.  61. 

On  peut  se  demander  si  Jean  Bernard  de  La  Batïarderie  ne  se  confond 
pas  avec  un  Jean  Bernard,  Français,  qui  est  cité  comme  juriste  à  l'univer- 
sité de  Padoue  le  5  avril  159i  (Arcli.  univ.,  reg.  LIV,  fol.  323). 

2.  Relatione  ||  di  setlanla  Ciltà,  ||  Forlezze,  Borghi,  e  Gastelli.  ||  Clie 
Ludouico  XIH.  Be  di  Franza  ||  lia  prese  contra  li  Vgonoti  del  suo  Beame. 

Il  Con  la  jiresa  di  Clerac  alli  4.  d'Agosto.  Doue  alcuni  de'  più  seditiosi 
furono  appiccati  ||  con  il  lor  Prcdicanle.  ||  Et  con  li  Capitoli  accordati  à 
quelli  délia  Vil-  ||  la  di  S.  (îiou;inni  d'Angeiino.  ||  Tradolta  dal  Franccsc  da 
Gio.  Cilaudi»  Brascietti,  professore  j]  di   lielle  leltere  in  quesla  Cilla.  Ij  7« 

Verona,  Per  Barlolomeo  Mcrlo^  1(321.  Iu-8  dr  4  lï. 
Bildiotii.  nal.,  Lh="^.  377(1. 

3.  Sentenze  et  Paraliole  d'i  Baldiini  in  lingua  ehrea,  esposite  con  lu  tra- 
dotione  italianadi  Pliilippo  d'Aipiin.   Parif/i.  Hahcrlo  Slefani),  1620.  in-I2. 

Bihliotli.  nat.,  liés.  A.  7712.  —  CL  iîeiiouani,  Annules  des  Ksliennc, 
2°  éd.,  p.  204. 

Sur  Philippe  d'Aiinin,  voy.  C  -F.-ll.  Barjavel,  Dictionnaire  liistorique, 
biofjraphique  et  bibliographique  du  département  de  Vaucluse^  I,  p.  81. 


COUP  d'œil  sur  le  xvii«  siècle.  349 

de  Naples  et  publie  dans  celte  ville  plusieurs  ouvrages  de 
médecine  \ 

Claude-Gaspard  Bachet,  seigneur  de  Méziriac,  Tun  des  pre- 
miers membres  de  l'Académie  française,  est  l'auteur  de  Rime 
imprimées  en  1626-. 

Claude  Favre,  seigneur  de  Vaugelas,  n'est  pas  seulement  le 
puriste  par  excellence  de  la  littérature  française  :  à  l'exemple 
de  son  compatriote  Bacliet  de  Méziriac,  il  cultive  aussi  les 
muses  italiennes  ^ 


1.  Brève  e  sustantiale  ïratlato  iiitorno  aile  figure  anatomiche  delli  più 
prinripali  animali  lerrestri,  aqiiatili  et  volalili.  cou  la  simpalia  et  convenienza 
clie  lianiio  o  in  parle  o  in  tiilto  cou  il  corpo  luimano.  Composlo  da  Fr.  Gio. 
Gerinaiio.  .  .  In  Napoli,  per  D.  Miiccaraiio,  1G25.  In-fol. 

Bililioth.  nat.,  Ta".  2.  —  Brilish  Muséum,  548.  k.  8  (1). 

Discorsi  délia  coiiservatione  délia  vista,  délie  iiialallie  melanconiche,  delli 
calarri,  délia  veccliiaia,  composti  in  liiittua  francese  dal  Sig.  Andréa  Lorenzo, 
nieiiico  fisico  de!  Clirisl"'"  Herrico  111,  re  di  Francia,  tradotli  in  lingua 
italiana  e  commentati  da  Fr.  Gio.  Germano,  Francese,  inedico  chirurgo,  et 
al  jiresenle  religioso  dell'ordine  di  San  Francesco  di  Paola,  In  Napoli,  per 
Lazzaro  Scorigio.  1626.  In-4.. 

Bibliotli.  nat.  Td»*.  64.  —  Noire  liibliollièque. 

Jean  Ce 
imprimée 
duile  en  italien  par  M.  Corlellini  en  1674. 

2.  Les  Rime  sont  un  volume  d'une  grande  rareté  ;  en  voici  la  descrip- 
tion : 

Rime  ||  di  |1  Claudio  Gasparo  ||  Baclieto,  Signor  ||  di  Méziriac.  ||  In  Borgo 
in  Bi'essa,  \\  Appresso  Gioanni  Tainluricro.  \\  M.  DC.  XXVI.  F*et.  iii-8 
de  55  pp. 

Le  titre  porte  les  armes  de  Bacliel  :  de  sable  à  un  triangle  d'or,  au  cbef 
d'iizur  chargé  de  trois  étoiles  d'or.  Ces  armes  sont  une  des  marques  de 
rimprimeiir  Jean  de  Tournes  ;  elles  se  voient  sur  le  titre  de  :  Les  Fables  et 
la  vie  d'Esope,  1549.  Bacliet  avait  dû  les  adopter  quand  il  étudiait  Ésope, 
en  même  temps  que  la  devise  :  Nescit  lahi  virltis. 

Le  recueil  contient  des  sonnets  et  des  ranzoni.  (Bibliotb.  nat.,  Yc.  9917; 
—  Brilish  Muséum,  1A05.  d  (2)  ;  —  librairie  Lortic,  6  avril  1898.) 

Bachet,  né  le  9  octobre  1581,  était  entré  eu  1601  chez  les  Jésuites,  et 
il  avait  professé  la  rhétorique  à  Milan.  Il  sortit  bientôt  de  l'ordre.  11  mourut 
le  26  février  1638. 

3.  Pellisson  [Relation  contenant  l'histoire  de  V Académie  française, 
1653,  in-8,  p.  403  ;  éd.  de  1730,  I,  p.  235)  dit  en  parlant  de  Méziriac  : 
«  Il  passa  en  sa  jeunesse  beaucoup  de  temps  à  Paris  et  à  Home,  et  en  ce 
dernier  lieu  il  fit  quantité  de  vers  italiens,  à  l'envy  avec  M,  de  Vaugelas, 


îermain  est,  en  outre,  l'auteur  de  L«  Quintessence  de  la  chirurgie, 
!  à  Lyon  en  1630,  in-8,  et  à  Paris,  eu  1638  et  1640,  iii-8,  tra- 


350  COUP  d'œil  sur  le  xvii«  siècle. 

Guillaume-Alexandre  Clavel ,  sieur  de  Novilliers,  étudie  à 
Padoue  quand  il  entreprend,  vers  1025,  une  série  de  traduc- 
tions italiennes  d'ouvrages  étrangers.  Il  donne  d'abord  au 
public  des  fragments  de  l'Histoire  de  France  de  Pierre  Matthieu 
qu'il  ne  nous  a  pas  été  possible  de  retrouver',  puis  il  s'attache 
aux  Novelas  exemplarcs  de  Miguel  de  Cervantes  ^  11  publie 
enfin  une  sorte  de  dictionnaire  italien,  français  et  espagnol, 
daté  de  1629^ 


qui  s'y  trouvoit  aussi.  »  Ailleurs  (t'il.  de  i653,  p.  4-92;  éd.  de  1730,  I, 
p.  296»,  le  même  auteur  <lil  encore  :  «  QiiaiU  à  la  poésie,  il  avoit  fait 
()iielques  vers  italiens  qu'on  eslimoit  beaucoup  ;  mais  il  ne  se  luêloit  point 
d'en  faire  en  françois,  si  ce  n'estoit  sur  le  champ  pour  quelque  galanterie.  )) 

1.  Clavel  dit  lui-raêini\  au  début  de  l'avis  au  leclenr  qui  précède  le 
Novelliere  casligliano  :  «  Nelle  tradottioni  clie  grultimi  due  anni  passati  io 
feci  d'uue  parte  àdVHistoria  di  Fvancia  del  Mattei,  ti  promisi,  ecc.  » 

2.  Ce  volume  est  porté,  sous  la  date  de  1620,  dans  le  Catalogue  du 
Bristish  Muséum  (12490.  li  )  ;  mais  nous  n'avons  vu  que  l'édition  suivante 
dont  nous  possédons  nous-même  un  exemplaire  : 

Il  I]  iXouelliere  ||  Castigliauo  |1  di  iMicliiel  di  Cernantes  ||  Saauedra  ;  ||  Nel 
(]uale,  mescolandosi  Io  stile  grane  co'l  faceto,  si  narrauo  1|  auuenimenli  curiosi, 
casi  strani,  e  successi  degni  ||  d'amniiratione  :  ||  E  si  dà  ad  ogiii  sorte  di 
persona  occasione  d'appreudere  jj  e  precelti  l'olilici,  e  documcnti  Morali,  e 
foncetti  ||  Scientificlii,  e  fruttnosi  :  |1  Tradotto  dalla  lingua  Spaguuola  iiell' 
llaliauall  Dal  Sig.  Guglielnio  Alessandro  ||  de  Nouilieri,  Clauelli  :  jj  E  da  lui 
fattiui  gli  Argomenti,  e  dicliiarate  nelli  margiiii  ||  le  cose  più  difficili.  || 
In  Venetia  ''Pressa  il  Barezzi.  MUCXXIX' [1629].  ||  Con  Licenza  de' 
Superiori,  &  Priuilcgio.  Iu-8  de  8  if.  lini.  et  720  pp. 

Les  lî.  qui  suivent  le  titre  contienneni  une  épître  «.  AH'  illuslrissimo 
siguore,  il  sigiior  Hem'ico  Raiis  terzù,  sigiior  di  Platleu  e  di  Craniclifeld, 
Gerau,  SclileUz  e  Lolienstein,  e  dignissimo  cousigliere  dell'inclita  Nation 
alemana  nella  celeberrima  università  di  Padoa  ■>•'  ;  un  avis  au  lecteur  ;  un 
sonnet  de  Guglieimo  Soliier,  Flamengo  ;  un  sonnet  de  Paolo  Emilio  Cada- 
inosto  ;  une  Tavola  de  ;/li  ar(/omenti . 

3.  Nomcndatnra  ||  It'aliana,  ||  Francese  jj  e  jj  S|iagnuola,  ||  Cou  i  tèrmini 
proprij  di  ciascun  Capitolo.  jj  .Xomeuclature  ||  llalieinie,  Françoise  jj  et  Espa- 
gnole. ||  Auec,  les  terme^  propres  de  chacun  Chapitre,  jj  De  Guillaume 
Alexandre  jj  de  Nouiliers,  ||  Clauel.  jj  Nonienclatura  ||  Italiana,  Francesa,  j| 
y  Espanola.  jj  Con  los  tèrminos  proprios  de  cada  Capitulo  ||  Cou  licenza 
de'  Superiori,  &  Priuilegio  jj /«  Vniclin,  MUC.XXiX  [\Û^9\.  \\Appresso 
burezzo  Barezzi.  \\  Ad^islaitza  delV  Aittore.  In-8  de  8  IT.  lim    el4H  pp  . 

I.e  f.  qui  suit  le  titre  contient  une  épître  «  AU'  illustrissimo  sig  et 
padrone  niio  colendiss.,  il  sig.  Fcrdinando  de  Geizcofler,  barone  di 
iiausheim.  » 

Les  G  autres  if.  lim.  sont  occupés  par  des  avis  au  lecteur  dans  les  trois 
langues,  la  table  et  le  texte  du  privilège.  Le  jjrivilège,  daté  du  16  déccm- 


COUP   D'ŒIL   sur   le  XVlie   SIÈCLE.  351 

Guillaume  Sohier,  Flamand,  qui  étudie  à  Padoueen  même 
temps  que  Guillaume-Alexandre  Çlavel,  compose  pour  son 
livre  un  sonnet  italien  qui  est  imprimé  en  tète  du  Novelliere 
casligliano,  que  nous  venons  de  citer. 

Le  P.  L.  Reydellet,  docteur  en  théologie  et  es  droits,  con- 
seiller et  aumônier  du  roi,  suit  à  Venise  l'ambassadeur  de 
France,  M.  Des  Hameaux  ;  il  y  publie  en  1645  un  petit  livre 
de  dévotion  probablement  introuvable^ 

Joseph-Marie  Suarès,  né  le  5  janvier  1599  à  Avignon, 
évêqup  de  Vaison  le  8  juin  1633,  prêche  parfois  en  italien. 
On  cite  notamment  de  lui  des  sermons  sur  Péglise  de  Lorette^ 
Il  meurt  à  Rome  le  7  décembre  1677. 

Raphaël  Trichet  du  Fresne,  numismate  et  bibliophile  bor- 
delais, publie  en  1651  le  Traltato  délia  pilltira  de  Leonardo 
da  Vinci  et  y  joint  une  vie  de  l'artiste. 

François-Séraphin  Régnier  des  Marais,  membre  de  l'Acadé- 
mie française,  excelle  dans  la  poésie  lyrique  italienne  et  com- 
pose même  des  vers  espagnols  ^ 


bre  1628,    est  accordé  par  le  doge  de   Venise,    pour  quinze  ans,  a  «  D. 
Gu!j;lielmo  Alessandro  de'  Novilieri  Clavelli,  Francese.  « 
Biblioth.  nat.,  X.  9664. 

1.  Affetuosi  II  Sentimenti  di  deuolioiie  |i  cauali  \\  Da  varie  Considerationi 
Il  Formate  Sopra  alcuni  Misterij  ||  délia  Naliuilà,  e  Passions  di  ||  Nostro 

Redentore.  jj  Dalla  Santa  Communione,  e  ||  Confessione,  e  da  qualche  ver- 1| 
setti  del  Regio  Salmista.  ||  Porlati  in  quesl'Idioma  ||  Dal  P.  Maestro  L  R. 
D.  T.  in  L.  Cane.  &  C.  del  jj  S.  G.  D.  S.  P.  ||  In  Venetia,  Per  i  Bertani, 
M.   DG.  XLV.  Il  Con  Licrnza  de'  Superiori.  lti-24  de  144  p. 

Le  traducteur  dédie  le  volume  à  l'ambassadrice  et  dit  qu'elle  est  l'auteur 
du  texte  français.  (Biblioth.  nat.,  Inv.  D.  50  4.55.) 

Le  même  P.  Heydellet  a  laissé  une  version  italienne  inédite  et  fort  défec- 
tueuse de\'Historia,  overo  Cronica  del  Sir/''  Godiffredo  di  VUla-Hardouin 
mareciale  di  Ciampagna  ecc,  exécutée  sur  l'édition  française  de  Lyon, 
par  les  héritiers  de  Guillaume  Roville,  1601.  (Biblioth.  de  rArseual.'ms. 
8543.) 

Les  Reydellet  avaient  des  attaches  dans  le  Bourbonnais,  dans  la  Bresse 
et  dans  la  Savoie. 

2.  Barjavel,  Dictionnaire  du  département  de  Vaucluse,  II,  p.  429. 

3.  Eu  1666,  Régnier  des  Marais  compose  une  canzone  que  l'abbé 
Strozzi  présente  au  public  comme  une  œuvre  inconnue  de  Pétrarque.  Plus 
tard,  il  publie  Le  Poésie  d'Anacreonle  in  verso  toscano  (1693  et  1695, 
in-8),  et  sa  traduction  a  l'honneur  d'être  réunie  en  1736  aux  versions  de 


332  COUP  d'œil  sur  le  xvii"  siècle. 

Gilles  Ménage  manie  la  langue  italienne  comme  un  classique. 
Ses  Rime  (1050),  et  ses  Origini  délia  lingua  Ualiana  sont  trop 
connues  pour  que  nous  ayons  besoin  de  nous  y  arrêter. 

Le  P.  Pierre  d'Abbeville,  capucin,  traduit  en  italien  et  fait 
imprimer  à  Piome,  en  1065,  le  Vocabulaire  turc  dressé  par  le 
P.  Bernard  de  Paris'. 

M"'^  de  Surdy  traduit  les  lettres  de  Voiture-. 

Casimir  Frescliot,  d'abord  bénédictin  au  Mont-Cassin,  se 
fait  protestant,  il  est  obligé  de  cbercber  un  refuge  en  Hollande. 
Ses  ouvrages  italiens,  qui  appartiennent  à  la  première  partie 
de  sa  vie  littéraire,  sont  assez  nombreux^ 

Jean  Vigneron,  de  Verdun,  qui  enseigne  Tilalien  à  Paris, 
cbange  son  nom  en  celui  de  Veneroni,  et  se  fait  passer  pour 
Florentine 

C.-C.  Guyonnet  de  Vertron,  qui  est,  croyons-nous,  profes- 
seur d'espagnol  et  d'italien  comme  Mayolas  de  La  Gravelte, 


B.  Corsiiii,  d'Alessandro  MarcliPtti  et  d'autres  auteurs.  Kii  1700,  il  rime 
un  compliment  espagnol  :  Al  rhristianissimo  rci/  Luis  XIIII.  en  agradeci- 
mento  de  aver  declarado  el  duqtie  de  Anjou  por  rey  de  Espagna.  Eu  1700, 
il  fait  imprimer  ses  Poésie  toscane,  ses  Poesias  castelUinas  et  sesCarmiyia 
latina.  11  laisse  iiiéilitc  une  traduction  italienne  des  Quatrains  de  Pibrac. 

1.  Vocabulario  italiano-turciiesco  compilalo  dal  P.  Beruardo  da  Parigi, 
Predicatore  Capuccino,  .Missionario  Aposlolico  ne!  Levante,  tradotti  dal 
Francese  nelF  Italiauo  dal  P.  Pietro  d'Alibavilla,  Capuccino.  In  Borna, 
Conqregationc  de  propaganda  fîde,  16(35.  3  vol.  in-i. 

B'ibliotli.  nat.,  X.  2301-2303. 

2.  Baccolta  di  Leitere  galanti  di  Vetturio,  tradotte  nella  lingua  italiona 
da  madamigella  de  Surdg  iPariggi,  Slef.  Loysun,  1069.  in-12). 

3.  .Nous  pouvons  citer  :  des  vers  insérés  dans  les  Glorie  funebri,  rompo- 
sitioni  in  morte  di  S.  E.  il  sig.  Datista  Nani^  cav.  c  procurator  di  San 
Marco  (Venezia.  Poleiti,  1679,  in-12)  ;  Li  Prcgi  délia  jSoliillà  veneta.  .  . 
(Venezia,  PoleUi,  1682,  in-12)),  réimprimés  sons  le  titre  de  :  La  Nobiltà 
veneta...  (Veiu'zia,  Hertz,  1707,  iii-12i  ;  1  Successi  dclla  fede  nell' 
Inghilterra...  (Bologna,  1685.  1687,  in-12);  Rislretto  delV  historia 
d'Uiigtirria .  . .  (Bologna,  1686,  in-12)  ;  Meniorie  historiche  e  gengrafiche 
delln  hahnazia. . .  (Bologna,  Giac.  Monli,  1687.  in-12  ;  Napoli,  Parrnio  e 
Mazj.  1688,  in-12);  Via^ggi  di  M.  Spnn,  purtati  dal  franzese  (1688); 
Origine,  Proijressi  c  liuina  del  Calvinismo  nella  Francia . . .  (Parma, 
1693,  in-4).  " 

4.  Né  vers  1648,  mort  en  juin  1708.  Voy.  Jal,  Dictionnaire  crit., 
2«  éd.,  p.   1242. 


COUP  d'œil  sur  le  xvii«  siècle.  353 

compose  en  italien  un  éloge  de  Louis  XIV,  qui  se  trouve  dans 
un  recueil  de  pièces  adressées  au  roi  et  au  dauphin  vers  1680'. 

Le  poète  Antoine  de  La  Fosse,  sieur  d'Aubigny,  qui  remplit 
en  Italie  les  fonctions  de  secrétaire  d'ambassade,  y  compose 
d'élégants  petits  vers. 

C'est  encore  au  xviF  siècle  qu'appartient  vraisemblablement 
Honorius  Fabert,  auteur  d'une  pièce  de  théâtre  mentionnée 
par  Allacci  et  dont  nous  ignorons  la  date  précise ^ 

Nous  pourrions  continuer  cette  énumération  et  citer  nombre 
de  Français  italianisants  au  xviif  siècle,  et  même  au  xix". 
Sans  doute,  il  n'en  est  guère  parmi  eux  qui  aient  eu  des  pré- 
tentions littéraires  ;  mais  ils  cultivaient  avec  plaisir  ces  rela- 
tions amicales  qui  devraient  permettre  aux  deux  peuples  de  se 
servir  réciproquement  de  leurs  langues  et  d'échanger  leurs 
idées,  pour  le  plus  grand  profit  de  la  civilisation. 


1.  Bibliolh.  nat.,  mss.  fr.  890  et  891. 

2.  Ercole  vero,  opéra  teatrale  tli  Onorio  Fabert  Fraacese.  In  Parigi. 
S.  d.,  in-8. 

Allacci,  Drammaturgia,  1755,  col.  298. 


23. 


ADDITIONS  ET  CORRECTIONS 


Tome  P',  p.  21 ,  n.  1 .  —  Ajouter  :  M.  Segrè  (La  PoliUca  sabauda 
con  Francia  e  Spagna  dal  J5I5  al  1533,  extrait  des  Memorie 
délia  reale  Accademia  di  Torino,  1900)  cite,  pp.  10-13, 
plusieurs  lettres  de  l'évêque  de  Marseille  au  duc  de  Savoie, 
dont  une  très  caractéristique  du  19  août  1519,  dans  laquelle, 
au  lendemain  de  l'élection  de  Charles-Quint,  il  lui  conseille 
de  sallier  aussitôt  et  franchement  avec  l'empereur.  (V.-L. 
Bourrilly.) 

P.  59,  n.  1.  —  M.  V.-L.  Bourrilly  nous  apprend  que  Jacques 
Colin  avait  fait  un  séjour  en  Lombardie  à  la  fin  de  1521  et 
avait  même  été  envoyé  à  Venise  par  Lautrec,  dont  il  était 
le  secrétaire. 

Dans  une  lettre  du  14  avril  1530,  Colin  cite  ce  proverbe  ita- 
lien :  Chi  non  pô  battere  il  cavallo,  batte  la  sella. 

P.  67,  n.  2.  —  M.  V.-L.  Bourrilly  pense  que  Bicovera  est 
peut-être  Mi'*^  de  Réaumur  qui  figure  sur  les  états  de  la 
maison  de  Marguerite  d'Angoulême.  Voy.  Lefranc  et  Bou- 
lenger,  Comptes  de  Louise  de  Savoie  et  de  Marguerite  d'An- 
goulême, pp.  58,  67,  81. 

P.  77,  n.  2.  —  Le  même  érudit  propose  encore  une  identifi- 
cation pour  Charlotte  d'Hisca.  Il  croit  qu'on  pourrait  y 
reconnaître  Charlotte  d'Esquetot,  qui  épousa  en  1542, 
Charles  de  Cossé,  comte  de  Brissac,  plus  tard  maréchal  de 
France. 


3S6  ADDITIONS   ET   CORRECTIONS. 

P.  81.  —  Nicolas  Raince  dit  dans  une  lettre  au  chancelier  Du 
Bourg  en  date  du  2  novembre  1535  qu'il  y  a  dix-neuf  ans 
qu'il  est  au  service  de  la  France,  ce  qui  ferait  remonter  son 
entrée  en  fonctions  à  1516  environ.  Raince  devait  être  à 
Rome  dès  l'année  1521,  car  les  lettres  d'Alberto  Pio,  comte 
de  Carpi,  paraissent  bien  être  de  la  main  du  secrétaire. 
(V.-L.  Bourrilly.) 

P.  82,  1.  17,  lisez  :  Alberto  Pio,  etc.,  1525-1527. 

P.  83,  ajoutez  après  la  ligne  6  :  Balthazar  de  Jarente,  prési- 
dent de  la  chambre  des  Comptes  de  Provence,  remplit  une 
mission  à  Ronic  en  1528  ;  il  y  était  encore  au  début  de  1529. 
(V.-L.  Bourrilly.) 

P.  96, 1. 8  :  Jean  Du  Bellay  quitta  Rome  le  28  ouïe  29  février  1536. 
(V.-L.  Bourrilly,  d'après  Segrè. 

Pp.  98-99.  —  M.  Bourrilly  a  solidement  établi  que  la  lettre  du 
cardinal  de  Tournon  au  chancelier  est  du  mois  d'août  1537» 
et  que  Fossanus  est  Barnabe  de  Voré,  seigneur  de  La  Fosse. 
Voy.  Revue  des  études  rabelaisiennes,  IV  (1906),  pp.  103-126. 

P.  101,  1.  2.  -  D'après  une  lettre  de  Martin  Du  Bellay  à  Jean, 
lettre  dont  la  copie  présente  plus  de  garanties  d'exactitude 
que  celle  du  testament,  Rabelais  aurait  reçu  du  cardinal 
150  I.  t.,  et  non  50.  (V.-L.  Bourrilly,  Guillaume  Du  Bellay, 
seigneur  de  Lavgey,  1905,  p.  366  n.) 

P.  115,  ajouter  après  la  l.  28  :  Denis  Lambin  qui  vivait  auprès 
de  Tournon  comme  lecteur  et  comme  secrétaire,  nous  a 
laissé,  dans  une  très  curieuse  correspondance  qui  s'étend 

.  du  mois  d'août  1552  à  la  fin  de  l'année  1554,  les  détails  les 
plus  circonstanciés  sur  la  vie  du  cardinal.  Il  nous  apprend 
qu'il  y  avait  alors  dans  sa  maison  plusieurs  Italiens  :  le  Bolo- 
nais Giovanni  Bianchetti,  qui,  au  mois  de  septembre  1553, 
quitta  la  France  pour  retourner  au-delà  des  Alpes  (voy. 
Lettres  de  Catherine  de  Médias,  X,  p.  10),  le  philosophe  flo- 
rentin Donato  Giannotti,  qui  mourut  à  Rome  le  27  décem- 
bre 1573  (voy.  Bivista  critica  délia  litleratura  italiana,  I, 


ADDITIONS   ET   CORRECTIONS.  357 

1884,  col.  90)  et  sur  qui  l'on  peut  consulter  des  études  de 
M.  Charles  Tassin  (Paris,  Cli.  Doniol,  1869,  in-8)  et  de 
M.  Giuseppe  Sanesi  (Pistoia,  Bracali,  1899,  in-8),  enfin  le 
médecin  Vincenzo  Laureo,  qui  se  livrait  avec  Lambin  et 
Giannotti  à  des  discussions  métaphysiques.  (Voy.  Biblioth. 
nat.,  ms.  lat.  8647,  et  les  très  intéressants  articles  de 
M.  Henri  Potez  dans  la  Revue  d'histoire  lilléraire,  XIII,  1906, 
pp.  458-498.  6o8-692.1 

P.  118,  n.  2,  1.  17  :  20  juillet,  lire  :  26  juillet. 

P.  122,  1.  5,  lire:  pour  suivre  Jean  Du  Bellay  en  Italie. 

P.  161 ,  n.  1,  2''  alinéa,  lire  :  Au  xvi«  siècle,  on  relève  les  noms 
d'Estienne  Guilleret,  Lorrain,  qui  possède  des  presses  à 
Rome  de  1506  à  1526,  au  moins  ;  de  Jean  Divineur,  etc. 

P.  162,  note,  1.  21,  lire:  Cristofano  Marescotti  et  les  héritiers 
de  ce  dernier;  de  Pierre  Du  Chemin,  qui  imprime  à  Venise 
en  1570;  d'Antoine  Lafréry,  Bourguignon,  qui  imprime  et 
publie  des  gravures  à  Rome  de  1570  à  1572  au  moins,  etc. 

P.  252,  1.  5,  ajouter  :  Non  seulement  Monluc  paraît  avoir  été 
attaché  à  l'ambassade  de  France,  mais,  chose  inconnue 
jusqu'ici,  il  fut  alors  chargé  d'un  cours  de  théologie  à  la 
Sapienza  de  Rome.  On  lit,  en  effet,  sur  un  rôle  des  profes- 
seurs chargés  de  l'enseignement  par  le  pape  Paul  III  pour 
l'année  1535,  rôle  que  M.  Léon  Dorez  a  bien  voulu  nous 
signaler  : 

Iii  iheologia. 

A  60.  Magister  Joannes  Jacobus,  procurator  ordinis  sancti 
Augustin!. 

A  60.  Magister  Carolus  Pynelius,  ordinis  praedicatorum. 

A  60.  Magister  Joannes  Monlucius,  Gallus. 
(Voy.  le  P.  Pietro  Tacchi  dans  VArchivio  délia  R.  Socielà 
romana  di  Storia  patria,  XXIV,  1901,  pp.  264-265.) 


358  ADDITIONS   ET  CORRECTIONS. 

P.  276,  1.  16,  ajouter:  Nicolas  Bourbon,  de  Veiideuvre,  lui 
dédie  aussi  un  distique  {Nicolai  Borbonii  Vandoperani 
Nugarum  Libri  oclo,  ir>38,  p.  405). 

P.  291.  —  Le  sonnet  :  Super bi  colli,  etc.,  n'est  pas  de  Du 
Bellay  ;  il  appartient  à  Baldassar  Castiglione,  et  l'on  en 
trouve  le  texte  complet  et  correct  dans  le  Libro  secundo  délie 
Rime  di  diversi  nobitissimi  hiiomini  et  eccelentipoeti  (Venetia, 
Gabriel  Giolito  de'  Ferrari,  1547,  in-8).  Voy.  A.  Morel-Fatio, 
dans  la  Revue  d'histoire  litléraire,  I  (1894),  p.  98. 

Le  sonnet  adressé  au  cardinal  de  Lorraine  avait  paru 
d'abord  dans  l'édition  originale  de  V Entreprise  du  Roy  Dau- 
phin pour  le  tournoij,  sous  le  nom  des  chevaliers  adventureux  ; 
à  la  Royne  et  aux  dames  (A  Paris,  De  l'iniprinierie  de  Fede- 
ric  Morel,  4559,  in-4),  fol.  Di  r  (Biblioth.  nat.,  Rés.  Ye. 
413  et  414). 

Tome  II,  p.  180.  —  Ajouter  à  la  noie  I  :  On  trouve  dans  un 
manuscrit  de  la  Bibliothèque  de  l'Institut  (n»  292,  fol.  24  et 
36)  deux  lettres  de  Germain  Audebert  à  Scévole  de  Sainte- 
Marthe  élégamment  transcrites  en  calligraphie  par  Nicolas. 


TABLE  ALPHABÉTIQUE    GÉNÉRALE 


N.  B.  —  Les  noms  italiens  sont  classés  d'après  la  méthode 
française. 


Abain  (L.  Chastaigoer  de  La  Roche- 

pozay,  sieur  d').  Voy.  Chastaigner. 
Actes  du  Concile  de  Trente,  II,  296. 
Accolti  (Beroai-do),  Aretino,  I,  213. 
Achey  (Jeanne -Baptiste  de  Peloux, 

dame  d'),  II.  2i5. 
Adda,  ri\r.,  I,  5. 
Adhémar  de  Monteil  (Louis  d') ,  comte 

de  Grignan,  1,  83,  85,  86,  229  n. 
Adieux  {les)  des  dames  de  la  court, 

I,  107. 
Adiraari  (Alessandro),  II,  336. 
Aeraiiius  (Georg  Oemler,  dit).  Voy. 

Oemler. 
Agnadel,  I,  11. 

Agrippa  (Henri-Corneille),  I,  54  n. 
Aillo  (William),  11,  271,  279. 
Aix  en  Savoie  :  collégiale,  I,   19  n. 
Aix  (Claude  d'),  I,  3.  Voy.  Seyssel 

(Claude  de). 
Aizot,  II,  229. 

Alamanni  (Gio.  Battista),  II,  8. 
Alamanni    (Luigi),    1,   41,    42,    44, 

59  n.,  60,  163,  167,  207. 
Albanès  (J.-H.),  1,  11  n. 
Albano  (Faolo),  de  Milan,  II,  271. 
Albèri  (Eugcnio),  1,  43  n. 
Albert,  archiduc  d'Autriche,  II,  277. 
Alberli  (Frà  L'^andro),  II,  163. 
Alberti  (Léon  Battista).  1,  103,  123. 
Albizzi  (Carlo  dpgli),  dit  le  chevalier 

d'AI bisse,  I,  230  n. 
Albizzi  (Sibilla  degli).  Il,  14. 
Albon  (Antoine  d'),  II,  6. 
Alciato  (Andréa).    I,  106,    191,    195, 

213  ;  —  II,  153. 


AIdrovandi  (Ulisse),  II.  164. 
Aleandro  (Girolamo),  II,  166  n. 
Alessandrino  (Giacomo  Filippo),   II, 
180  n. 

(N.),   impr.   à   Paris,   I, 


Alexandre 

247. 
Alincourt 

(Charle 


(M. 
de). 


d').    Voy.    Neufville 


Alloviti  (Bernardo),  II,  14  n. 
Altovili  ((leneviève),  II,  14  n. 
Altoviti  (Isabelle),  II,  14  n. 
Altoviti  (Jeanne),  II,  14  n. 
Altoviti  (Sibilla  Albizzi),  II,  14. 
Amadis  de  Gaule,  I,  305,  306. 
Araaseo  (Pompilio).  II,  164. 
Amaseo  (Romolo),  II,  153. 
Amboise  (Famille  d'),  I,  3. 
Amboise  (François  d'),  I,  249;  —  II, 

60,  83,  151,  3'i2  n. 
Amboise   (Georges,   cardinal   d'),   I, 

4,  5,  9  n.,  10  n.,  14  n. 
Amboise    (Jacques    d'),    évêque    de 

Clermont,  I,  28  n. 
Amboise  (Michel  d'),  I,  236. 
Ambrogio,  serviteur  de  Pietro  Areti- 
no. \oy.  Eusebi  (Ambrogio). 
Ambrogio  (Teseo),  comte  d'Albonise, 

I,  314. 
Amyot  (Jacques),  I,  68,  75-76,  2:38  ; 

—  11,  117. 
Amirault  (Moïse),  II,  250  n. 
Araraonius,  I,  119. 
Amours    [les]     de    Cupidon  et  de 

Psyché',  I,  334. 
Amomo,  n"  III,  t.  I,  pp.  53-77. 
Anacréon,  II,  351  n. 


360 


TABLE   ALPHABETIQUE    GENERALE. 


Ancelin  (Michel),  II,  239. 

Ancelin  (Thibaud),  impr.  à  Lj'on,  II, 

189,  195  n. 
Ancona  CAIessandro  d'),  II,  203. 
ADdigné~(Mathurin  d'),  I,  102. 
Andini  (Mario  degli),  II,  28. 
AndorDO  (Bernardo  d'),  II,  271. 
Andouins  (Paul,  seigneur  d'),  II,  9  n. 
Andréas  (Johann),  iibr.  à  Nuremberg;, 

II,  276. 
Andreini  (Francesco),  II,  .341  n. 
Angela  Beirocchi,  courlisaue  véni- 
tienne, II,  50,  61. 
Angelica,  courtisane  vénitienne   (?\ 

II,  61. 
Angelio  (Pietro)  da  Barga,  11,  105. 
Anglure  (Hector  d'),  archidiacre  de 

Marseille,  I,  12. 
Angot  (l'abbé),  II,  215  n. 
Anjou    (François     de    Valois,     duc 
d'Aleucon,  puis  d"),   II,  99,   187. 
Anne  Boleyn,  I,  237. 
Anne  de  Bretagne,  I,  10  n. 
Anne  Jagellon,  I,  267. 
Annebault  (Jacques  d'),  cardinal,  I, 

93. 
Annebaut  (Jean  d'),  H,  309. 
Annebaut  (Mndeleine  d'),  II,  82. 
Anticaton,  II,  19S. 
Antinori  (Luigi),  II,  97. 
Antoine  (Saint),   figure  en  émail,   I, 

153. 
Antoine  (Mathieu  d'),  I,  323  n. 
Antonio,    entremetteur  vénitien,    II, 

51. 
Antonio  de  Portugal,  II.  103. 
Anzalone  (Ernesto),  I,  90  n. 
Appieu,  I,  8. 
Apulée,  I,  3.38. 
Aquin  (Mardochée,  dit  Philippe  d'), 

II,  348. 
Aragona  (Tullia  d'),  I,  113. 
Aramon  (Gabriel  de  Luetz,  baron  d",, 

I,  229.  317.  328  ;  —  11,  129. 
Arbois,  II,  242. 
Arenthon  (Marius  d'),  I,  24. 
Aretino  (Pietro),  I,  58  n.,   134-159, 
16i    n.,    174,    221    n.,    240,    259, 
294  n.,  .322  n.,   329-334;  —  11, 
-    1,  62,  263.  p6(  'Wf^- 

^  Ariosto  (Lodovico),  1,^56,  103,  203, 
(      204,  207.  208,  210,  216,  218,  220, 
302  ;  —  II,  28,  54.  189,  190. 
Aristole,  II,  123,  232. 
Arlier  (Antoine),  I,  97  n.,  125. 
Armagnac  (Georges  d'),  cardinal,  I, 
44,  46,  112,   116  n.,   269;   —    11, 
20  D. 


C 


Arnoul,  évêque  de   Montpellier,   II 

152 
Arques  (Claire  d'),  II,  181. 
.\rrighi  (Niccolô),  II,  128  n. 
Asselineau  (Pierre),  II,  113. 
Astarac  (Madeleine  d').  II.  9  n. 
Ath,  en  Hainaut,  II,  269,  279. 
Aubais  (M's  d'),  II,  .39. 
Aubigné  (Théodore-A grippa    d'),   I, 

324. 
Aubigny  (Sluart  d'),  II,  161. 
Aubry  (Jean),  impr.  à  Francfort-sur- 

M.,  II,  122  n. 
Auch  (Collège  d'),  1,  108. 
Audebert    (Germain),    II,    150,    153- 

158,  358. 
Audebert    (Nicolas),    n»   XL.    t.    II, 

pp.153-180.358.  — Cf.  1I,1.")0, 151. 
Audry,  11,  240. 
Auffray  (Mathurine),  11.  215. 
AufTray  (Nicolas),  11.  215. 
Aulx  (Pierre  d'),  I,  228. 
Aumale   (Henri   d'Orléans,  duc  d'), 

II,  325,  332. 
Ausone,  II,  84. 
Ausoult  (Jean),    impr.    ù    Lvon,    II, 

2  43. 
Auton  (Jean  d').  Chroniques,  I,  4  n. 
Avanson  (Guillaume  d'),  cardinal,  I, 

269. 
Avaugour  (Madeleine  d'),  11,  9. 
Avignon,  1, 168  ;  —  II,  2,  33,  34,  46. 
Âvila  y  Zûniga  (Luis  de),   II,  19  n. 
Avost  (Jean  d'),  II,  215. 
AvosT  (Jerô.me  d'),   n"  XLVII,  t.  II, 

pp.  215-222. 
Avviso  piacevole   dato   alla  bella 

Ilalia,  I,  365. 


Bacbet( Claude-Gaspard)  deMéziriac, 

II,  349. 
Baciuelti  (Lucio),  H,  72. 
Bacquenois  (N.),  impr.   à   Reims,   I, 

248. 
Bade  (Josse),  d'Aesche,  impr.  à  Paris, 

I,  S  n.,  10  n.,  19  n,  28  n. 
Bagnolo  (Giovanni  da),  11,  25  n. 
Baguenault  de  Puchesse,  1,  240  n. 
Baïf  (Jean-Antoine  de),   1,   73,  22i, 

300,  307;  —  H,  142  n.,  151. 
Bail I y  (Claude),  I.  226. 
Baissey  (Chrestienne  de),  dite  M""  de 

Saillant,  II,  .59,  60. 
Baissey  (Jean  de),  1,  13. 
Balbani  (Manfredo),  I,  360  n. 
Bàle,  1,  318,  323. 


TABLE   ALPHABETIQUE    GENERALE. 


361 


Ballard  (Robert),  impr.  à  Paris,   II, 

205. 
Baluze  (É(ienne),  I.  76. 
Bandello  (Matteo),  I,  41  ;  —  II,  91,92. 
Bandinelli  (Baccio),  II,  336. 
Bandini    (Frà  Beruardo),   II,  271. 
Banos  (Théophile  de),  II,  109. 
Barbaro  (Ermolao),  II,  157. 
Barbazan  (Calliprine  de).  Il,  10  n. 
Barbé  (Jean),  libr.  à  Paris,  I,  10  n. 
Barbedor  (Barthélémy),  U,  97. 
Barberousse,  I,  228,  252. 
Barbier  (SYmphorien),  iinpr.  à  Lyon, 

I,  129.  ^ 

Bardin  (Estienne),  II.  4  n. 
Bardin  (Françoise),  II,  4,  5  n. 
Barenton.  I,  813. 
Barezzi  (Barezzo),  impr.  à  Venise,  II, 

350  n. 
Bargaeus   (.\ngelius).    Voy,    Angelio 

(Pielro). 
Bargellini  (Paolo),  II,  163. 
Barillon  (Antoine  de),  1,  265  n. 
Barjavel  (C.-F.-H.;,  IK  33  n.,  43  n., 

318  n.,  351  n. 
Barjot  (André),  I.  118. 
Barlet  (Désiré),  II,  235. 
Barnestaple  (Robert),   pseudon.,    II, 

26Ù. 
Baronio  (Cesare),  II,  291. 
Barraud    Jean  de),  II.  218. 
Barré  (Antoine)  musicien  et  impr.,  1, 

162  n. 
Barril  (Jean),  I.  120,  178 
Barthélémy  (Éd.  de),  281  n. 
Barlholin,  II.  60. 
Bartoli  (Giuseppe),  II,  203 
Bartoli  (RalTaéllo  di  Gio.  Batt.),   II, 

14  n. 
Basa    (Dominiro)    on    Basi,    libr.    à 

Rome,  II,  275.  278. 
Biisère  (Frère  Martin-,  II,  272. 
Basile  (saint)  le  Grand,  II.  51. 
Bàthori  (Sigisraond),  II,  323  n. 
Baudrier  (le  président  I.),  I,  121  n., 

183 
Baudrier    (Julien),  I,  100  n..  121    n. 

163,  183;  —  H,  5  n.,  21  n. 
Baumgartner  (Christoph  ?).  I,  323. 
Beaquis  (Girolamo  de),  I,  146  n. 
Beauchesue  (Jean  de)  II,  128  n. 
Beaufort  (André),  impr.,  I,  161  n. 
Beaulieu  (Eustorg  de),  1,  236. 
Beaumont  (la  comtesse  de),  II,  139  n . 
Beaumont  (le  duc  de),  nom  donné  ù 

Henri  IV  enfant,  I,  239  n. 
Beaune  {Claude  de),  dame  du  Gau- 

gnier,  II,  10  n. 


Beanregard  (de),  secrétaire  des  finan- 
ces, I.  281  n. 

Beauvais  (François  de),  sieur  de 
Briquemault,  11,  98. 

Bt^cq  de  Fciuquières  (L),  I,  289  n. 

Behou  (Jean),  II,  271. 

Beynes  (le  commandeur  de),  I.  230  n. 

Bellarraino  (Roberto).  II,    290,    291. 

Belleau  (Remy),  I,  73. 

Belleforest  (François  de),  n° XXXIII, 
t.  II,  pp.  89-93,'  241-244. 

Belliard  (Guillaume),  H,  188. 

Bellièvre  (Pomponne  de),  chancelier, 

I,  376. 

Bellini  (Francesco),  I,  63. 

Bellosane,  abbave.  I,  238. 

Belon  (Pierre),  I,  317. 

Bembo  (Pietro),  I,  18,  56,  205,  208, 

298;  —  U,  16,  54.  157. 
René  (le  chevalier  del),  1,  2.30. 
Benedetti    'Niccol)ô.    on    de    Bene- 

dictis,    impr.,   à   Turin,    I,    19  n, 

162. 
Benedicti  (Frère  Jean).  Il,  232. 
Bentivoglio  (Ercole),  1,215;    —   II, 

28. 
Benvoglienti  (Fabio),  1,  92  n. 
Berardi  (Giovanni),  I,  15. 
Bérauld  (Nicolas),  [.  23  n. 
Bergalli  (Luisa),  I.  47. 
Berjon  (Jacques),  impr.  à  Genève,  I, 

361. 
Bernard  (le  P.)  de  Paris,  U,  352. 
Bernard  (Jean),  II.  348  n. 
Bernard  (Jean)  de  La  BalTarderie,  II, 

348. 
Bernardin    (le  P.),  jésuile,  II,   162. 
Berne,  1,  9,  23, 
Bernier  (Pierre),  II,  303  n. 
Bernoni  (Domenico),  I,  280. 
Béroaide  (François)  de   Verville,   II, 

220. 
Bérot  (Laurent),  impr.,  I,  161  n. 
Berruyer  (Jean),  impr..  I,  162  n. 
Bertani  (I),  impr.  à  Venise,  II,  351  n. 
Berthal  (Françoise),  I.  166. 
Bertherean  (Nicolas),  I,  59. 
Berthier,  II,  174. 
Berthot  (Claude),  I,  318. 
Berzevicki  (Martin),  I,  223. 
Besancon,  I,  318. 
Besse\P.),  II,  239. 
Belhamo  (Fausto),   impr.    à   Venise, 

II,  205  n. 
Bethléem,  II,  275. 

Beus  (Domenico  di),  dit  Pontizet,  I, 

110. 
Bezançon  (N.),  II,  151. 


362 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


Bèze  (Théodore de),  1,351-353, 35 in  , 

357  n.,  374. 
Bianchplti  (Giovaimi),  II,  356. 
Biaunay,  II,  328. 
Biclion  (Guillaume),    impr.    à  Paris, 

II,  237. 
Bienné  (Jean),  llbr.  à  Pans,   II,   85, 

146  11. 
Bigot  (r.uillaume),  I,  96  n.,  98,  100. 
Billon  (François  de),  I,  86,  262  n.;  — 

II,    9    n.,'  10   n.,    11    Q.,    13    n,, 

15  n. 
BiodoDi  (Francesco)  et  Maffeo  Pasini, 

impr.  à  Venise,  I,  36. 
Binet  (Claude),  II,  150,  151. 
Biot  (Jeanne),  II.  331  n. 
Birague  (Flaminio  de),  II,  223,  225. 
Birague  (Françoise  de),  marquise  de 

Nesle,  II,  227. 
Birasue    (Renalo  da  Birago,  ou  de), 

I, '76  ;  — II,  139,  224 
Birckraann    (les    héritiers  d'Arnold), 

libr.  à  Cologne,  I,  131,  132. 
Biron  (Jean  de   Gontuut,   baron  de), 

I,  268  n. 
Biscarton  (Thomas),  II,  234. 
Biset  (Edouard),  I,  354. 
Bissey  (l'abbé),  II,  65  n. 
Bizzaccari  (Fià  Gasparo),  II,  336. 
Bizzarro  iPietro),  I,  215,  216. 
Blado  (Antonio),  impr.    à  Fiome,  I, 

278  ;  -  II,  71. 
Blanc  (Antoine),  impr.,  I,  162  n. 
Blanc    de    Seguin   (Marguerite),    H, 

201  n. 
Blanchi  (Guillaume),  I,  282  n. 
hianchon  ,Joachim),  II,  8i,  226. 
Blaseul  (Jacqueline  de),  II,  181. 
Blason  de  la  mort,  I,  123. 
Blason  du  la  grâce,  I,  236. 
Blason  de  l'esprit,  1,  235. 
Blason  de  l'honneur^  I,  235. 
Blason  des  cheveulx,  I.  123. 
Blason  du  genoil.  1,  235. 
Blason  du  pitd,  I,  235. 
Blasons  anatomiques,  I,  123.  236. 
Blégier  (C'e)  de  La  Salle,  II,  33  u. 
Blois,  I,  6 

Boaisluau  (Pierre)  dit  Launay,  I,  283. 
Boccaccio  (Giovanni),  1,41,  201,  204, 

212,  257,  366;  —  II,   7,    11,   16, 

91,  105. 
Boccamaza  (Giov.-Angelo),  I,  29i  n. 
Bodin  (Jean),  H,  3-35. 
Bodmers  (Joli.  Jak.),  impr.  à  Zilrich, 

I.  377. 
Bohier  (Uabeau)  ou  Boylier   ('?),    II, 

5  n. 


Boil'^au    (Gilles),     de     Bouillon,     1, 

305  n.  ;  —  II,  19  n. 
BoiLEAu  (Si.MO.N),  no  X.X.X,  t.  I[,    pp. 

67-70. 
Boisy  (Hélène  de),  I,  65. 
Boissard  (Jenn-Jacques),  I,  370  n. 

BOYSSIÈRES    (Jea.\   DE),   D"    XLII,    t    II, 

pp.     187-19J.    —    Cf.    II,      193, 

318  n. 
Boyssonné  (Jeau  de).  I,  98,  1(30.  125. 
Boylier  (Isabeau),  ou  Bohier  Cl),   II, 

5  n. 
Boyvin  (René),  grav.,  I,  244  n. 
Bollo  (Frère  Pierre  de),  II,  198,  299, 

300. 
Bologne,  I,  5.  329,    331,    334,   .335, 

337,  345,  349  ;  —    II,    153,    162, 

166  n.,  194. 
Bomberg  (Daniel),  I,  317. 
Bonfons  (Nicolas),  impr.  à  Paris,  II, 

52  n.,  216. 
Bonfons  (Pierre),  impr.  à  Paris,  I,  9  n. 
Bongars  (Jacques),  II,  289. 
Bonhomme    (Barthélémy),    impr.    à 

AvignoD,  11,  44. 
Bonhomme  (Jean),  libr.    à  Paris,    1, 

178. 
Bonhomme  (Macé),  impr.  à  Lvon,   L, 

192,  195  ;  —  II,  259. 
Bonhomme  (Mathias),  libr.  à  Lyon,  1, 

178. 
Bonyer  (Nicolas),  II,  55. 
Bonitazio  (Natale),  graveur.  II,  272, 

275. 
Bonnefoy  (Jean),  11,  150. 
Bonnefoy     (Saloraou      ben      Ferez), 

imp.,  I,  161  n. 
Bonnefoy  (Yomtob  ben  Perez).  impr., 

I,  16rn. 

Bonnefon  (Paul),  I,  238  n.  ;  II,  204. 

Boniiefons  (Jean),  II,  152,  318  n., 
332  n. 

Bonnerier  (François),  sieur  du  Pies- 
sis,  II,  225,  235. 

Bonsi  (Giuliano),  II,  28. 

Bonteraps,  vicaire  du  cardinal  de 
Médicis,  I,  168. 

Bonvalet  (François),  II,  111  n. 

Bonvoisin    Catherine),  II,  5  u. 

Bordeaux,  II,  81. 

Bordeau.x  (Jean  de).  II,  172. 

Bord- aux  (Jean   de^,  libr.    à    Paris, 

II,  59  n.,  83, 
Bordoni  (Camillo),  II,  16.3. 
Borgaro  (Francesco  di),  I,  24. 
Borgetto  (Giuvenale),  I,  367. 
Borghese    (Bartolommeo),   II,  290  n. 
Borromaeus  (P.),  Il,  143  n. 


TABLE    ALPHABETIQUE   GENERALE. 


363 


Borzano  (Giulio),lI,  164. 

Bossuet  (Jacques-Béaisne),  II,    213. 

Bouclier  (Nicolas),  I,  247. 

Bûuguier  (J.),  11,  239. 

BoLiilhal  (Jean  dp)  ou  Buglliat,  irapr. 

à  Ferrare,  I,  37,  38,  162  n. 
Bouilhart  (Dom  Jacques),  I,  2S  n. 
Boulaogier  (Marguerite),  I,  328,  3i9. 
Bouleoger  (Jacques),  1,  276  it. 
Bouquet  (Claude),    libr.    à   Avignon, 

1!,  44. 
Bourbon    (Anne,    duchesse    de)    I, 

120  n. 
Bourbon  (Charles,  cardinal  de),  1,218. 
Bourbon    (Charles,    duc   et  conné- 
table de),  I,  91. 
Bourbon  (Charles    de),  cardinal   de 

Vendôme,  11,  237. 
Bourbon  (Madeleine  de),  I,  64. 
Bourbon  (Margu»^rite   de),  duchesse 

de  Nevers,  1,  64  n. 
Bourbon  (Marie  de),  fille  de  Charles, 

duc  de  Vendôme,  I,  64  n. 
Bourbon  (Nicolas)  de  Vendeuvre,    I, 

125  ;  —  II,  358. 
Bourbon  (Suzanne  de).  I.  120  n. 
Bourdeille  (Anne  <ie),  I,  67. 
Bourdiu  (Gilles),  II,  83. 
Bourg    (Àlarguerile    de),    dame    de 

Gage,  femme  dWnloiiie    Bullioud, 

I.  177,  201,  205,  214  ;  —   II,    12, 
13,  16. 

Bourges,  II,  19  n  ,  105,  117,  194. 
Bourges  (Clémence  de).  II,  13. 
Bourges   (Louis   de)   dit    Burgensis, 

II,  10  n. 

Bourgogne  («  Ricevera  ><  de),  I,  67; 
—  Il,  355. 

Bourgoing   (le  P.  François),  II,  213. 

Bourgoing  (Guillaume),  II,  209. 

Bounooi.NG  (.Iacques),  sieur  de  Pois- 
sons, n"  XLVI,  t.  Il,  pp.  209-214. 

Bourgoing  (Marie).   11,  209  n. 

Bourrilly  (V.-L),  11,  SoS,  356. 

Bouteilles,  II,  161. 

Bouyer  (M.),  II,  150. 

Bozzola  (Gio-Batt.),  libr..  I,  248. 

Bracciolini  (Francesco).  H,  33U. 

Brach  (Pierre  de),  I,  249;  —  II,  141. 

Brachet  (.\ntoine),  II.  166  n. 

Brachet  (Catherine),  II,  166  n. 

Brachet  (Charles),  II,  16tj  u. 

Brachet  (Ignace),  II,  166  n. 

Brachet  (Jean),  seigneur  de  Port- 
Morand.  Il,  166  n. 

Brachet  (Jean-Claude),  II,  348. 

Brachet  (Théophile),  sieur  de  La 
Millelicre,  II,  166  n. 


Brais  (Denise  de),  I,  326. 

Branche  (Dominique  de).    II,    14  n. 

Brantôme    '^Pierre    de    Bourdeilles, 

seigneur  de),  I.  67,  68,  226. 
Brème  (Jean  de),  1, 19  n. 
Bressuire  (Jeanne  de  Brosse,  femme 

de  René  de   Laval,  seigneur  de), 

I,  65. 

Breton  (François),  II,  235. 

Breton  ^Richard),  impr.  à  Paris,  1, 
284  n.  ;  —  II,  45. 

Bretonnayau  (T.),  II,  240. 

Brever  (Lucas),  libr.  à  Paris,  II, 
226  n. 

Bry  (Théodore  de),  I.  370  n. 

Bricard  (Pierrr),  no  LVIII,  t.  II,  pp. 
315-324.  —  Cf.  II,  326,  327,  329. 

Brice  (Germain),  I,  106. 

Brve  (Charlotte  de  La  Roche  .Andrv, 
dite  M"'^  de),  I,  76. 

Brièle,  II,  185. 

Briroy  (Nicolas  de).  II,  184. 

Brilannicus  (Nicolausl,  Campanus,  I, 
276. 

Brisse  (S.),  U,  239. 

Briltonio  (Niccolù),  I,  276. 

Brodeau  (Victor),  I,  236. 

Broio  (Carlo),  II,  162. 

Brucioli  (Antonio),  I,  115,  118  n., 
190.  192,  198  ;  —  II,  20  n. 

Bruel  (Alex.),  I,  283  n. 

Brularl  (Noël),  I,  84,  u.  ;  —  11,297. 

BruiDeu  (Thomas),  libr.  à  Paris,  II, 
46. 

Brun  (Pierre)  de  Vercel,  il,  198. 

Bruni  (Leonardo),  dit  Aretino,  I,  10. 

Brunot  (Fernand),  I,  10.  n. 

Brusquet.  Voy.  Lombard  (Jean- 
Antoine). 

Buchanan  (George),  I,  374. 

Buccio  ^Pietro).  II,  323  n. 

Buchon  (J.  A.  C),  II,  203. 

Buglhat  (Giovanni  de),  impr.  à  Fer- 
rare.  Voy.  Bouilhat. 

Bugnyon  (Philibert),  II.  164  n. 

Bulin  (Guillaume),  I,  243  n. 

Bullandre  (Simon  de),   II,  233,  239. 

Bullioud  (Alexandre),  II,  195. 

Bullioud  (Antoine),  I,  201;  —  II, 
13  n. 

Bunel  (Pierre),  I,  326. 

Buon  (Gabriel),  libr.  à  Paris,  I, 
328  u.  ;  —  II,  145. 

Buonaccorsi  (.\nlonio),  II,  262. 

Buonaccorsi  (Giovanni),  II,  88. 

Buonaccorsi  (Giuliano),  II,  88. 

Buonaccorsi  (Sebastiano),  de  Pistoia, 

II,  85,  87. 


364 


TABLE    ALPHABETIQUE    GENERALE. 


Buonaccorso  da  Pisloia,  II,  87. 

Buonamico  (Lazzaro),  H.  155. 

BuonaparLe  (Niccolo),  II,  342  n. 

Buoncompagni  (B..  prince),  I,  33. 

Buoni:ompajîni  (Jacopo),  duca  di 
Sora.  II,  133. 

Buoncompagni  {U};o),  plus  tard  Gré- 
goire XIII.  II,  153. 

Burckhard  (Joiiann),  I,  4,  5  n. 

Buriamacclii  (Vliciieie),  I,  360. 

Burlamacclii  (Renée),  I.  360  n. 

Buson  (Jean-Claude;,  II,  328. 

Butéon  (Jean),  I,  115. 

Buttet  (Claude  de),  I,  73  ;  —  11, 
162  n. 


Cacciaguerra  iBonpisnor),  II,  91. 
Cadamoslo  (Paolo  Emilio),  II,  350  n. 
Caillât  (J.),  II,  204. 
Calandrini  (Filippo),  I,  319. 
Calcagnini  (Celio),  II.  155. 
Calers,  abbaye,  I,  238,  241. 
Calvarin  (Simon),  irapr.  à  Paris,  II, 

55  n. 
Calvimont  (C),  II.  85. 
Calvin  (Jean),  I,  68,  ITJ,  351. 
Cambi  (Pietro),  I,  110. 
Cambi   Imporlnni  (Alfonso),  I,  214  ; 

—  II,  23, 
Cambiano  (Ciuseppe),  II,  71,  77. 
Cambis    (Margu^nte    de),    baronne 

d'Aigreiiiout,  11,  12. 
Cambis  (Pierre  de),  II,  12  n. 
Cambrai  (Ligue  de),  I.  9. 
Camille  lia  (La),  II,  260. 
Camillo  (Giulio)  Delmiuio,  1,  62,  207, 

214  ;  —  II,  220. 
Camppsano  (Alessandro),  I,  215. 
Caoay3  (Jacques),  II.  115,   118. 
Canaye  (Jean),  I,    326,  358;    —    11, 

115,  116  n.,  118. 
Canaye  (Philippe  1*0,  H,    115,    116. 

CaNAVE   (PiIIMPPE),    SIEUH    DK   Fres^nk, 

no  XXXVl,  t.ll,  pp.  115-125.-Cf. 

I.  .^57,  371,  .372;  —  II,  lOi.   150, 

291. 
Canaye  (Pierre),  II,  115,  116  n. 
Canaye  (Séverin),  II,  115. 
Caudale  (Aune  de),  comtesse  de  Foix, 

fiancée  de  Vladislas    de    Hongrie, 

1,  4. 
Candido  (Pietro),  I,  8. 
Cannes,  appelée  Canois,  I,  228. 
Canomèlre,  I,  310  u. 
Canossa  (Ludovico),  1.  I  n. 
Canlarel  'Joseph),  H,  3(J0. 


Canliqiœ  des  caiiliquec,  I.  24  4. 
Cantiques  de  la  bible,  I,  243. 
Capello  (Carlo),  I,  257  n. 
Cnpello  (.Vlarco),  II,  2yl. 
Caphevres?    (Gabriel),    médecin,    I, 

101. 
Capodilista  (Sigismoudo),  11,  330. 
Capodivacca  (C).  11,  322. 
Capodivacca  (Giulio),  H,  322  n. 
Cappel  (Jacques),  II.  296. 
Caponago    (Ambrogio    da),    libr.    à 

Milan,  I,  4  n. 
Capponi  (Luigi),  I,  264. 
Caraccioli  (Antonio),  1,  244  n. 
Caraiïa  (,Gio. -Pietro),   cardinal,    plus 

tard  pape  sous  le  nom  de  Paul  IV, 

1,  269. 
Carani  (Leiio),  II,  216. 
Cardoini  (Mario).  1,  215. 
Cardonne  (Jean  de),  II,  140. 
Carducci  (tSaldassarrej,  I,  257  n. 
Carie  (François  de),  sieur  de  La  Ro- 
quette, I,  235. 
Carie  (Jean  1er  Je).  I.  235. 
Carie  (Jean  H  de),  I,  244  n. 
Carle  (LaiNCelot  de),  d»  XIV,    t.   II, 

pp.  235-249.  —  Cf.  I,  74. 
Carie  (Pierre  de).  1,  235. 
Carlos    (Don),  prince    d'Espagne,   I, 

215  ;  —  11.  27  n..  29. 
Caro  (Annibal),  I,  94  n. 
Carpentras,  II,  43. 
Carpin  (Pierre),  II,  277. 
Caria  (Frère  Estienne),  11,  .300. 
Cartari  (Vincenzo),  11,  196. 
Cartier  (Alfred),  1,  126  n.,  163,  165, 

174,  179  n.  ;  -  11,  3. 
Carutti  (Doraenico),  1,  21  n. 
Casaubon  (Isaac),  11,  124. 
Caselis  (de),  U,  201. 
Caslellane    ((îaspard    de),     seigneur 

d'Entrecasteau.x.  plus    tard   comte 

de  Grignan,  1,  229. 
Casteinau  (Antoine   de),    évéque    de 

Tarbes,  1,  236. 
Castejvetro  (Lodovico),  II,  21-26. 
Castiglione    (Baldessar),     I,    59    u. 

198.213;  —  11,  11.  189,  358. 
Castillon  (Louis  de  Perreau,  seigneur 

de).  Voy.  Perreau. 
Càteau-Canibrésis  (Trail(î  de),  I,  309. 
Calechis)nn    (il),     n    Dollrinale    e 

Confession  de  fcde  spagnuola,  1, 

367. 
Catherine  de  Bourbon,  duchesse   de 

Bar,  1,  ,370. 
Catherine  de    Médicis,    1,    158,    174, 

191,  199,  208,222,  224,  225  243  n., 


TABLE    ALPHABETIQUIÎ    GENERALE. 


36j 


2f)8   n.  ;    —    II.  4,    14   n.,  97    n., 
103,  158.211,  212,  22'i. 
Calon    (le)    et   Diogene    français, 

II,  297. 
Calo?i  [le)   frcmçois,  II,  293,   297. 
Catto  (Angelo),  1,  89. 
Gato  (Reiuito),  II,  15n. 
Gaule  (Ange  de).  II,  116  n. 
Caumont     (François     Nompar     de), 

comte  dp  Lauzun,  I.  76. 
C^vaceo  (GiovaoDi),  II,  322  n. 
Cavalcante  (Barlolominen),  1,  257. 
Gavalli  (Sigismondo).  I,  229. 
Cavellat  (Denise),  ïibr.    à  Paris,    I, 

311  n. 
Gavellat  (Guillaume),    libr.    à   Paris, 

[,  298  n.,  309,  310,  311  n. 
Cavour    (Abbaye    de   N -D.    de),    1, 

80. 
Cazalis   (Bernard    de),    seigneur   de 

Fraiche.  II,  201  n. 
Gazalis  (Bertrand   de),    seigneur   de 

Fraiche,  II,  201  n. 
Cenami  (Ângela  Spada),  II,  28. 
Geri  (Renzo  da),  I,  79. 
Cérisoles,  I,  258. 
Cervantes  Saavedid  (Miguel  de),  II, 

350. 
Cesano  (Bartol.),  impr.  à  Pesaro,  l, 

262  n. 
Ghabodie  (David),  II,  84. 
Chabot  (Isabeau),  I,  65. 
Chabot  (Françoise  de  Longwy.  fem- 
me de  l'amiral  Philippe),  I,  65. 
Chalcidius,  I,  58. 
Chalon-sur-Saône,   II,  49,  325,  332, 

333. 
Ghamard  (Henri),  I,  289  n. 
Ghambéry,  t,  12  n..  98,  100. 
Chambon  (P.)  de  Golz,  II.  141. 
Ghampaigne    .lean),  1,  283. 
Champaigne  iJeanue).  I,  283,  284. 
Ghampier  (Jean),  I,  lOS. 
Ghan...  (J.  de),  II,  257. 
Ghanlatte  (Marguerite).  I,  94  n. 
Ghansans  (P.  de),  II.  306  n. 
Ghanteloup  (Anne  d'Estouteville,  dite 

M"e  de),  II,  10. 
Chapelain  (Jean),  II,  55  n. 
Ghappe  (Robert  A.  dei,  II,  117  n. 
Ghappelain,  II,  51,  55. 
Ghappuys  (Claude),  1.  2.36,  334. 
Ghappuis   (Gabriel),  I,   273;   —  II, 

91,  188,  197. 
Ghappuis  (Jean),  médecin,  II,  242  n. 
Charles  VUI,  I,  3  ;  —  II.  1. 
Charles  IX,   I,  248,  .324  ;  —  II,  82, 
140. 


Charles-Quint,   1,   7,   96   n.  ;   —   II, 

355. 
Charles,  duc  de  Lorraine.  I,  242. 
Charles,  duc  de  Savoie,  I,  21-23. 
Charpentier  (Michel),  II,  116. 
Charrier  (Guillaume),  seigneur  de  La 

l^ochelle.  II.  5  n. 
Cluirtier,  II,  255,  2.56. 
(Ihassincourt,  II,  101. 
Ghastaigner  (Louis)  de  La  Rochepo- 

zay,  sieur  d'Abain,  II,  173. 
Ghastellier  fJean  de),  11,227. 
Chastellier  (Renée  dei,  II,  227. 
(Château-Thierry,  I,  33. 
Chaudron  (Jeanne),  II,  181. 
Chaufepié,  I,  313  n. 
Chauldière  (Regnault),  libr.  à  Paris, 

I,  20  n.,  22  n.,  23  n. 

(''.haulnes    (Jean    de),     seigneur     de 

Bures,  II.  328. 
Chavigny    (Jean-Aimé    de),   II,   23i, 

235 
Clielubim-Khan,  I,  228. 
Chemin  (Denis),  II,  137. 
Chenevière   (Adolphe),    I,    174  ;    — 

11,3. 
(Chesneau  (Jean),  I,  329. 
Chesneau    Nicolas),  libr.  à  Paris,  II, 

65  n.,  225. 
Chevalier  (Anne\  II,  294  n. 
Chevalier  (L.),  II,  .306  n. 
Chevalier  (Pierre),  libr.  à  Paris,  II, 

297. 
Chevillot  (Pierre),  impr.  à  Paris,  II, 

217,  2.33. 
Chevillot  (Pierre),  impr.  à  Troyes,I, 

137  n. 
Ghevrot  (Ancely),  II,  5  n. 
(Chioult  (Jacques),  I,  187. 
(Jhivron  (François  de),  I,  81  n. 
Choart  (Paul),  sieur  de  Buzanvai,  II, 

102,  289. 
Choisnin  (Jean),  1,  266,  267.^ 
Chnuet  (Jacques),   impr.   à   Genève, 

II,  124  n. 

Chrestien  (Florent),  II,  150. 

Christine  de  Lorraine,  grande- 
duchesse  de  Toscane,  II,  335,  338. 

Christophe,  prince  de  Portugal,  II, 
1(36. 

(!]ibo  (Inoocenzo),  cardinal,  I,  22. 

Gicéron,  I,  259  :  —  II.  184,  246. 

Ciûucci  (Giac(imo),  I,  268  n. 

Cinqarbres  (Jean  de),  II,  250. 

Cipelli  (Gio.  Batt  ),  dit  Egnazio,  II, 
157. 

Cipriano  (Carlo),  l,  367, 

Cittadella  (Andréa),  II,  316,  322. 


366 


TABLE  ALPHABETIQUE  GENERALE. 


Ciltadella  (Famille),  II,  ^16. 

Claude  de  France,  I,  7,  8,  118. 

Claudia,  I,  55  n. 

Claudin  (A.).  I,  314  n. 

Clavel  (Guillaume-Alexandre),  sieur 

de  Novilliers,  II,  350. 
Glaverio  (Frà  Giacomo),  II,  323  n. 
Clément  VII,  I.  168,  169. 
Clément  VIII.  II.  227 
Clément  (L.),  II,  145  n. 
Clément  (Madeleine).  II,  145. 
Clément-Simon,    I,    67,  68;    —    II, 

187,  144. 
Clerguet  (S),  de  Chalon,  II,  3n6   n. 
Clermont  (Charlotte  de),  dite  M"*'  de 

Montigny,  11,  9 
Clermont  ('Claude-Catherine  de),    Ji, 

309. 
Clermont  (François  de),  seigneur  de 

Traves,  I,  66. 
Cloyseault  (le  P.\  11,213,  310  n. 
Cloquemin  (Abraiiam),  libr.  à  Lvon, 

II,  199. 
Cloridone  (::=    Claude-Enoch  Virey), 

II.  329,  332. 
Clouzier  (Gervais),  libr.  à  Paris,   II, 

172. 
Coccodrillo  (CapitanoU  II,  3il  n. 
Coignel  (Mathieu).  II,  117. 
Colet  (Claude),  1,  305.  307. 
Colin  (Jacques),  abbé  de  Saint-Ara- 

broise,  I,  10  n.,  59  ;  —  II,  355. 
Colines  (Simon  de),    impr.    à  Paris, 

I,  53. 
Collas  (Gaucher),  impr.  à  Blois,    11, 

152  n. 
Collaud  ';Claude),  I,  186. 
Collège  d'Auch,  I,  108. 
Collège  de  Bourgogne,  à   Paris,    II, 

229. 
Collège  de  Pompadour  à  Paris,  I,  75. 
Collège    Saint-Gervais,  à    Paris,    I, 

.324. 
Collège  de  Tournon,  I,  108. 
Colleoni    (Cassandra    di    Bartolom- 

meo),  I.  64  n. 
ColleH,et  (Guillaume),  I,  295,  304. 
Colloci  (Aogelo),  I,  168  n. 
Colnmbel  (Robert),  libr.  à  Paris,  II, 

217. 
Colombs  (.\bbaye  de),  I.  85  n. 
CoIomiès(Arnauhl  pt  .Jacques),  impr. 

à  Toulouse,  II,  137  n. 
Colomiès    (Jacques),  impr.    à    Tou- 
louse, II,  140  n. 
Colomiès  (Paul),  I,  325  n. 
Colomiès  (Haymond),  impr,   à    Tou- 
louse, II,  144. 


Coionna  (Francesco).  I,  163. 

Colonna  (Stefano),  I,  88. 

Coionna  (Vittoria).  marquise  de  Pes- 

cara,  I,  42-46,  48.  206. 
Com:irin,  II,  56  n.,  57  n. 
Combi  (Pierre),  II,  5  n. 
Comborn  (de),  II,  137. 
Combraglia  (Arnaldo),  I,  102. 
Commines  'Philippe  de),  II.   88-90. 
Commendoni  (Gio  Francesco),  cardi- 
nal, I,  268. 
Commolet  (le  P.),  I,  337. 
Compans  (Marie).  II,  19  n. 
Condé  (Henri  de  Bourbon,  prince  de), 

II,  331,  332,  3.33. 
Condé  (Marguerite  de  Montmorency, 

princesse  de),  II,  331  n. 
Condom,  II.  137,  1.38.  139. 
Constantin  (Antoine),  libr.    à   Lyon, 

I,  9  n. 
Constantin  (Jacquette  de),  I,  235. 
Con>lanliDople,    I,    228,    259,  329, 

349;  -  II,  119. 
Conlay  (Françoise  de),  II,  9  n. 
Contai'eno  (Gasparo),  II,  157. 
Contens   (les),    comédie,    II,    118, 

152. 
Contnt  (Biaise),  II.  55  n. 
Conlet  (Frère  François),  II,  55  n, 
Contet  (Jean),  II,  55  n. 
Contf't  (Pierre),  II.  55  n. 
Conti  (Foea  de'),  II,  323. 
Conli  (Lorenzo),  I,  90  n. 
Conti  (Luca  de').  H,  .323. 
Coqueley  (Jean),  I,  286  n. 
Coqueley  i Lazare),  I,  276,  285,  286; 

-  Il,  65. 
Coquille  (Guy),  II,  297. 
('.oral  (Esljpnnt'),  impr.,  I,  161  n. 
Corbinelli  (Jacopo),  1,  317  n.,  .323  n., 

357  n. 
Corbon    (Jean),    libr.    à    Paris,     1, 

317  n. 
Cordier  (Balthasar),  I,  16J  n. 
Coidone  (Capitano),  II,  341  n, 
Coreis  (Jean  de),  prévôt  de  Marseille, 

I,  11  n. 
Cornu  (Pasquier),  II,  162. 
Correggio    (Claudio     da),    impr.     à 

Venise,  II,  205  n. 
Correggio  (Leonora  da),  I,  6i. 
Correggio  (Niccolo  da),  I,  6i  n. 
Corrozet  (Gilles),    libr.    à    Paris,    I, 

11  n.;12n.,  297  n. 
Corsanico  (Gio.  Balt.),  II,  4  n. 
Corsini  (B.),  II,  .352  n. 
Cortellini  (M),  Il    .349  n. 
Corti  (Matteo),  II,  154. 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


367 


Corvini  (AnlODio),  II,  252,  256. 
Corvioi  (Malteo),  II,  249,  250. 
Cosavecchia  (Francesco),  II,  31G. 
Cosnac  (Clément,  baron  de),  II,  217. 
Cosne,  If,  161. 
Cossé  (Charles  de),  comte  de  Brissac, 

H,  355. 
Cossé  (Tiraoléon  de),  comte  de  Bris- 
sac,  II,  82,  241. 
Costantini     (Baldasar     di),     libr.    à 

Venise,  I.  315  n. 
Costé  (Augustin),  II,  151. 
Costeo  (Luca).  II.  163. 
CoTEREAU  (Jean-Pierre),  n»  LV,  t.  II, 

pp.  299-301. 
Cottereau  (Claude),  I,  98. 
Couronneau  (Denis),  I,  318. 
Conronneau  (Jean),  1,106. 
Courtecuisse  (Jean),  I,  9. 
Courthardy  (Pierre  de),  I,  5. 
Courtin  (Jacques)  de  Cissé,  II,  151. 
Cousard  (Jeanne),  T,  325  n. 
Cousinot  (Philibert),  I,  91  n. 
Coussord  (CI.),  I,  23  n. 
Couture  (Léonce),  II.  137.  144. 
Coux  (Antoine  de),  II,  139,  144. 
Coyecque  (Ernest),  I,  10  n.  ;   —  II, 

115  n-,  181,  185. 
Crasso,  Vénitien,  II.  291. 
Crasso  (Jacopo)  -jzr  Le  Gras,  I,  178. 
Crespin  (Antoine  de),  I,  237  n. 
Crespin  (Jean),  I,  164  n. 
Crèvecœur  (Louise  de),  II,  10  n, 
Cristobal  de  Madrid,  II.  46. 
Croy  (Charles  de),  I,  64  n. 
Croy  (Diane  de),  I,  178. 
Crov  (Philippe  de),   duc  d'Arschot, 

I,"6i  n. 
Crorawell  (Thomas),  I,  135  n. 
Cron  (Madeleine),  I,  327. 
Croquet  (Jean),  échevin  de  Paris,  I, 

350  n. 
Croquet  (Nicole  I"),  I,  350,  35i. 
Croquet  (Nicole  II),  I.  350  n. 
Crusso!  (Galliot  de),  II,  11  n. 
Crussol  (Guillaume  de),  II,  141. 
Cujas  (Jacques),  II,  194. 
Cumula,  milliard,  I,  38. 
Cunyer  (Philippe),  I,  328,  349. 
Cunilz,  I,  353  n. 
Ctipido  et  Psyché,  I,  338. 
Cursol.  Voy.  Crussol. 
Curtembù,  ou  mieux  Curlenbosch,  II, 

256. 
Cuvier  (Jacques),  II,  115  n. 


Daffis  (François),  \,  316. 

Dal  Borgo  (Andréa),  I,  13. 

Dalebranc  (Galyot),  II,  14  a. 

Dalondel  (.Marguerite  Hamelin,  veuve 
de  Martin),  I,  283. 

Dal  Sole  (Alessandro),  I,  39. 

Dal  Sole  (Camillo),  I,  39. 

Dal  Sole  (Gio.  Francesco).  Voy.  Du 
Soleil. 

Dampierre,  I,  294  n. 

Darapierre  (Jean  de),  II,  156. 

Dampmartin  (P.),  II,  143  n. 

Dandane  (?)  (Bernardo),  II,  271. 

Dandini  (Girolamo),  I.  243. 

Dandoio  (Marco),  I,  18  n. 

Dandolo  (Matteo),  I,  43. 

Danps  (Pierre),  I,  67,  108  ;  —  II, 
20  n. 

Danesi  (Domenico),  II,  271,  273,  274. 

Danet  (Louis),  grav.,  II,  133. 

Danfrie  (Philippe),  impr.  à  Paris,  I, 
281,  283,  284  ;  —  II,  45.  51  n. 

Daniel  (Pierre),  I,  351,  .352  n.  ;  — 
11,  159. 

Dante,  1.  41,  171,  195-197,  218, 
219,  317  n.,  366  ;  —  IL  21,  24. 

Da  Ponte  (Niccolô),  II,  179, 

Dardier  (Charles),  I,  327  n. 

De  Coninck  (Arnaud),  impr.  à  An- 
vers, II,  276. 

Deffeiise  du  Traicié  du  delict  com- 
mun, etc.,  Il,  •:^06  n. 

Dehuchino  (Pietro)  ;=  de  Huchin, 
impr.,  1,  162  n. 

Dei,  trésorier  du  card.  de  Tournon, 

1,  110,  230. 

Dei  (Anne),  I,  230  n. 

Dei  (Carlo),  I,  230  n. 

Dei  (Maria  Albizzi  de'),  I,  189. 

Dei  (Piero),  I,  230  n. 

Dei  (le  protonolaire),  I,  230  n. 

Deim  (Jacques),  ou  Demius,  IL  273, 

277. 
De  Keysere  (Martin),  ou  L'Empereur, 

impr.  à  Anvers,  I,  12  n. 
Delas  (Léger),  libr.  à  Paris,  II,  317  n. 
Delbayne  (François)  =  Del  Bene  ?  I, 

2,  1,  192. 

Del  Bene  (Piero?),  II,  101. 
Del  Bene  (Tommaso),  I,  102. 
Del  Branca  (Galeotto),  II,  14  n. 
Del  Carrelo  (Paolo),  I,  93  n. 
Délia  Casa  (Giovanni),  I,  109,  240  n., 

258,  260,  261  n.,  294  n.  :  —  II,  91. 
Délia  Cornia  (Ascanio),  I,  262, 
Délia  Chiesa  (Franc.  Ag.),  I,  81. 
Délia  Palla   (Gio.    Balt.\    I,    43   n., 

US  n. 


368 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


Délia  Rota  (FrancescoV  H,  162. 
Dellii    Bovere    (Gio.    Francesco),    I, 

22. 
Délia   Struda   [=   Du    Chemin),    II, 

142  II. 
Délia  Stufa  (Pandolfo),  I,  229. 
Délia  Torre  (P.  Giacinto),  I.  99  n., 

lOO  n. 
Del  Maino  (Giasone),  I.  2. 
Del  Rosso  (Paolo),  I,  189. 
Deiiipot    (Nicolas),    rlit    «    le    conte 

d'Alsinnis  »,  I.  299.  300. 
Denys  d'Alexandrie,  II,  305. 
Deodet  (Eslienne),  dit  le  prolonotaire 

de  La  Garde,  I,  229. 
De  Rische  (Matliieu),  impr.  à  Anvers, 

II,  134 
Des  Auberts  (Perrinet'i,  II,  223,  227. 
Des  Autelz  (Guillaume),  I,  109,  242. 
Des  Avenelles,  I.  9. 
Des  Bas  (Dominique),  I,  34. 
Des  Bas  (Jean),  I,  3i.  35. 
Des  Bas  (Pierre),  I,  35  n. 
Des  Billons  (le  P.),  I,  313. 
Des  Bordes  'Guillaume),  I,  310. 
Des  Giiaraps  (Henri),  I.  162  n. 
Des  Champs  (Martial).  Il,  81.  84. 
Des  Fontaines  (P.),  II.  317.  318. 
Des  Friches  (Mariej,  II.  213. 
Des  Gouttes  (Agathe),  II,  194. 
Des  Hameaux,  II,  351  n. 
Desjardins  (Abel),  I.  11  n. 
Des  Masures  (Louis),  I,  353,  355. 
Des  Planches  (Jérémie),  impr.  à  Ge- 
nève, I,  363  n. 
Des  Portes  (Philippe),  II,  232.   310- 

313. 
Des  Roches  (Catherine),  II,  146-148. 
Deuchino     (Evan^elista),     impr.      à 

Venise,  I,  162  n.. 
Deuchino  (Pietro),  impr.  à  Venise,  I, 

162  n. 
Devises  : 

Abriez    vous    sous    voz     esles 

(Vauzelles\  I,  1.37  n. 
Acuerdo  olvido   (Nie.    de   Her- 
i)eray,  seign.  des  Essarts),    I, 
272. 
Amour  et  foi/    nous   a  lie  (Pe- 

rnssis),  II,  38. 
Ailles    muerto     que     jnudado 

(id.),  II,  .38 
A    recommencer    (id.)    11,    35, 

38. 
Arle  et  Marie  (Ph.  de  Mornay), 

I,  378. 

A  tous  accords  {V.s{.  Tabourot), 

II,  303  n. 


Devises  (suite)  : 

Avec    le  temps  (Vernassal),   I. 

271. 
Bencdicam  Domiumn  in  omni 

tempore  (P.  Roux),  II,  47. 
CoelotuUssimabasisll:'.  Roux), 

II.  35,  37. 
Coelum    non  soUim    (J.-P.    de 

Mesmes^.  I,  272,  298,  301  n., 

.302  n.,  304-308. 
Consequilur  quodcumque  petit 

(Diane  de  Poitiers),  1,  180. 
De  muerte  vida   (Jérôme    d'A- 

vost),  II,  218. 
Des  fleurs   le   fruit    (Vasquin 

Philieul),  II,  46. 
Asijrspai     cppovxtôîi;    aoqsojxcpat 

(Jacques  Bourgoing),  II,  211. 
D\in  vruy  zelle  (Jean  de   Vau- 

zelles).  1,  121,  123,  127,    136, 

138.  148. 
E-j6oy.!a?     (Gabr.    Simeoni),    I, 

180,  181. 
Exspina  rosa  (Thomas  Portau), 

I,  378. 

Felice  ë  l'aima  che  per  Dio 
sospira  (J.  P.  Cotereau),  II, 
301. 

Felice  l'aima  che  per  Dio  sos- 
pira     (Pieire     Poupo)  ,     II, 

'0   xapTTOç  if.  Twv  avOîwv  (Lo- 

renzo  Lenzi),  II,  35. 
Honra  mi   gom    (François    de 

Belleforest).  II,  92. 
In   virtule    et    forluna    (Guill. 

Roville).  Il,  16. 
La  foy  nous  alie  (Perussis),  II, 

38. 
Natura  ita  impellimur  ut  pro- 

desse     velimus     (Gabr.     Si- 
meoni), I,  180 
Nec  vi  nec   vicia    (Serbelloni), 

11.35. 
NesciC  labi  virtus  (C.-G.  Bachet 

de  Méziriiic),  11.  3i9  n. 
Non  nobis,  Domine,  scd  nomini 

tno    da  gloriam    (Perussis), 

II,  38. 

Numine  Jovis  valens,  anagr.  de 
Jean  Willemin,  II,  212  n. 

Par  animas  formae  ;  dispar 
fortuna  duobus  (Gabr.  Si- 
meoni), 1. 180. 

Per  me  slesso  son  sasso  (Jean- 
Pierre  de  Mesmes),  1,  298. 

Plus  mort  que  vif  (Jacques 
Moysson),  I,  246. 


TABLE    ALPHABETIQUE   GENERALE. 


369 


Devises  {sitiie]  : 

Post  tetipbras  spero  lucem 
(Jean  B;trril),  T,  121,  178  ;  — 
imprimeurou  libraire  inconnu, 
et  divers  auties  personnages, 
I,  178. 

l'robe  et  tacite  (.leanMaugin),  1, 
272. 

Qui.  voit  s'esàat  (Guillaume 
Gaulteroa  de  Genquoins),  I, 
254  n 

Quod  tibi  fieri  non  vis,  alleri 
ne  f eceris  (ienn  de  Tournes), 
I,  373. 

Scopus  mi  sufficit  niius  (Phi- 
lippe de  Mornay),  I,  378. 

Scrutamini  (Guill.  Silvius),  II, 
130. 

Son  art  en  Dieu  (Jean  de  Tour- 
nes), I,  375. 

Spes  mea  Deus  (Eustaclie  Ma- 
reschal),  1,121. 

Spiritus  astra  super  (Gabr. 
Siraeoni),  I,  180. 


.ijîrouoaiav 


<J/ÛX^'' 


S'joa'.aova 


olîiai   (Jeau-Ed.    Du   Monin), 
11,238. 
Sua  cuique  Deus  fit  dira   cu- 

pido  (id.;,  Il,  238. 
Sub   umbra    alarum    tuurum 
(Jean   de   Vauzelles),    I,  137, 
153. 
Sub  umbra  alarum  vestrarum 

(id.)  I,  122. 
Tî)     àpcTY)     xal     va'uyriaaiJ.Évi;) 
ij7r£p6â)ÎX£iv  sÇsCTTt  (Jean  Mar- 
tin, irapr.),  II.  25  n. 
Tel)  TcévM    xai    à^puiivc  a(Rob. 
Rivaudeau,  seign.  de  Là  Guil- 
lotière).  I,  272. 
Uti7iam     dirigantui"   vie    mee 

(Jean  Barri);,  1,  121. 
Vertu    conduict.    Fortune    la 
suit    (Séb.     Gryptiius),     I, 
148. 
Vis  et  prudenda  vincunt  (Jean 
Vover,  vicomte   de   Paulmy), 
II,  "85. 
Devoyon  (Catherine).  II,  81. 
Dezeimeris  (Reinboldl,  I,  74  ;  —  II, 

142. 
Diana,  courtisane  vénitienne,  II,  50. 
Diane  de  France,  II,  8. 
Dijon,  II,  60. 

Dinteville  (Charlotte  de),  1,  77. 
Dinteville  (Gaucher  de),  seigneur  de 

Polisy,  r,  13,  77. 
Dinteville  (Jean  de),  I,  236  n. 


Diodati  (Giovanni),  I,  182,  363,   376 

n.,  377;  —  II,  113. 
Diodore  de  Sicile,  1,  10. 
Discaizo  (OttoûPlIo),  II.  323  n. 
Discaizo  (Ubertaj,  II,  323. 
Discaizo  (Ubertino),  II,  323  n. 
Dissino  (Francesco),  I,  191. 
Divineur  (Jean),  impr.,  1,  161  n. 
Djafer-agha,  I,  228. 
Doice  (Lodovico),  I,  213,  215;  —  II, 

28,  342  n. 
Dole,  II,  60,  229. 
Dolé  (Jean),  le  jeune,  I,  328. 
Dolé  (Louis),  ou  Dollé,  II,  331  n. 
Dolet  (Estienne),    I,   54  n.,  68,  109, 

124,  276. 
Dolot  (Charles  de  Harlay,  baron  de), 

II,  91. 
Domenichi  (Lodovico).  I,  49  n.,210, 

214,  219  ;  —  II,  45,  219. 
Domet  (Jacques),  médecin,  II,  242  n, 
Dominique  (Antoine),   impr.  à  Dôle, 

II,  244. 
Dùnato  (Francesco),  I,  192,  195. 
Doni  (Gio.  Francesco),  II,  97. 
Dorât  (Jean),  I,  &S,   73,    249,   298, 

300,  354   n.  :  —  11,  84,   85,    104, 

142  n  ,  220.23'.,  235. 
Dorenet  (Jacques),  médecin,  II,  323. 
Dorez   (Léon),   I,  35,   80,  222,  228- 

231,  325  n.,  —  II,  357. 
Doria  (Andréa),  I,  81. 
Doria  ((îiannettino),  I,  231. 
Dosi  (AlfoQso),  II,  163. 
Douri  (Firmin),  II,  231. 
Dousa  (Jean),  fils.  II,  143.  n. 
Drelincourt  (Charles),  II,  112  n. 
Drouyn  (l'abbé).  L  282  n. 
Du    Bartas    (Guillaume  de    Saluste, 

sieur),  II,  144,  230,  231,  257. 
Du  Bellay  (Guillaume),  seigneur  de 

Langey,  I,  82,  97,  98,  lÙO,  102. 
Du  Bellay  (Jean),  cardinal,  I,  82  n., 

83.  87,  91,  95,  97  n.,  101,   152, 

269,  290,  337  ;  —  II,  356,  357. 
Du   Bellay  (Joachim^  n»  XVIII,  t.  I, 

pp.  289-294  ;   t.   II,    358.  —    Cf. 

I.  73,  221  n.,  236,  239,  242,  275, 
281,  299,  303. 

Du  Bellay  (Martin),  II,  356. 

Du  Bois  (Frère  Loys),  n»  II,   t.  I, 

pp.  27-31. 
Du   Bois  (Simon),  irapr.  à  Paris,  I, 

9  n. 
Du  Bourg  (Anne),  II,  173  n. 
Du  Bourg  (Antoine  \<"),  I,  82,  98  ;  — 

II,  174  n. 

Du  Bourg  (Antoine  11),   II,  175   n. 
n.  —  24. 


370 


TABLE    ALPHABÉTIQUE   GENERALE. 


Du  Bourg  (Claude),  H,  175. 
Du  Bourg  (François),  II,  174  n. 
Du  Bourg  (Jacques),  H,  175  n. 
Du  Carroy  (François),  libr.  à  Pans, 

II,  306  n. 
Ducci  (Filippa),  II,  8  n. 
Du  Chastel  (Pierre),  évêque  de  Màcon, 

1.277. 
Du  Cl-.astel  (Pierre),  médecin,  1,  n, 

122. 
Du  Chemin  (Antoine).  II,  139. 
Du  Chemin  (Guy),  II.  139. 
Du  Chemin  (Jean),  n»  XXXMII,  t.  H, 

pp.  137-144. 
Du  Chemin    (Jean-Bapt.),    baron   de 

Lauract,  II,  139  n. 
Du  Chemin  (Nicolas),  impr.  à  Paris, 

II,  ^5-  -  ,,     . 

Du  Chemin  (Pierre),  impr.  a  Venise, 

II,  357. 
Du  Chemin  (Théophile).  II.  139. 
Ducher  (Gilbert),  I.  108,  236. 
Du    Chesne    (Joseph),    sieur   de   La 

Violette,  II,  257,  258. 
Du  Chesne  (Léger),  I,  354  n. 
Du   Choul  (Guillaume),   I,  165,  2()1, 

208,  216. 
Du  (  oudret  (Laurent),  libr.  a  Paris, 

II,  189. 
Du  Drac  (Adrien),  II.  LjO. 
Duenas  (Fray  Juan  de),  II,  91. 
Dufayard  (Charles),  I,  1  n. 
Du  Ferrier  (Arnaud),  I,  108,  188  n., 

357,  364  ;  —  II,  110,  118,  121,  202. 
Du  F'our  (Antoinel,  évêque  de  Mar- 
seille, I,  11. 
Du  Four  (Gabrielle),  II,  5  n. 
Du  Four  (Jean-Baptiste),  n°  XXIII, 

II,  3-17. 
Du  Gauguier  (Mii«),  II,  10. 
Du  Guillet  (Pernette),  H,  125. 
Du  Hautoy,  II,  201. 
Du    Laurens    (André),   médecin,    II, 

349  n. 
Du  Liège  (Jean  de  Marnef,  dit),  impr., 

1.  161  n. 
Du  Mesnil  (.lean-Bapl),  II,  117  n. 
Du  Mirail  (Estienne),  II,  141. 
Du  Monin  (Claude),  II,  229. 
Du  MoNi.M  (Jean-Éiiouabd),  n»  XLIX, 

t.  H,  pp.  229-240.  -  Cf.  11,224, 

225.  242,  318  n. 
Du  Monstier  (Daniel),  U,  106. 
Du  Mont  du  Chat  (Bernard;,  impr., 

1,  162  n. 
Du  Mortier  (André  Guillard).    Voy. 

G  u  illard. 
Du  Moulin  (Antoine),  1,  17  i  ;  —  1 1,  3. 


Du   Parc  (Denis  Sauvage,  seigneur), 

I,  73. 
Du  Peyrat  (Guillaume),  II,  143  n. 
Du  Peyrat  (Jean),  II,   13  n.,  91  n. 
Dupin  (Baron)  de  La  Guérivière,  II 

2  n. 
Du  Pinet  (Antoine),  II,  233.  259  n. 
Du  Pont  (Austrenioiup),  II,  224. 
Du  Prat  (Anne),  II,  217,  220 
Du  Prat  (Antoine),  canlinal,  I,  82  n. 
Du  Prat  iFiancois),  II,  215,  217. 
Du  Prat  (Philippe).  II.  217,  220,  222. 
Du  Pré  (Claude).  II.  5  n. 
Du  Pré  (Denis),  II,  82,  83. 
Du  Pré  (Galliot),    libr.    à   Paris,  1, 

21  n. 
Du    Pré  (Jean),    impr.    à   Paris,   U, 

233. 
Du  Pré  (Philippe)   impr.  à  Paris,  II, 

105  n. 
Du  Pré  (Pierre),  libi-,  à  Paris,  I,  9  n. 
Du  Puy  (Claude),  II,  159.  160,  165, 

172,  175. 
Du  Puy  (Pierre),  II,  196,  297. 
Du    Puis    (Jacques),    ou    de    Puteo, 

archevêque  de  Ban.  1,  93. 
Du  Puis  (Jacques),  libr.   à  Paris,   1, 

Un;-  II,  75,  lo8  n. 
Du  Quesnel  (J.),  II,  151. 
Durando  di  Villa  (Co   F  lice),  I,  99  n. 
Durant  (Gilles)  de   Lu  Bergerie,   11, 

143  n. 
Duret  (Claude),  II,  199. 
Duret  (Louis),  II,  82. 
Du  Hocher  (Bonne),  dame  de  Mau- 
riac, II,  195 
Du  Rocher  (Jacque.s),  II,  195. 
Du  Sault,  II,  152  n. 
Du  Sentier  (=  Du  Chemin),  II,  142  d. 
Du  Soleil  (Jean),  1,  35  n 
Du  Soleil  (Jean-Francois),  n»  III   t.  1, 

pp.  33-47. 
Du  Soleil  (Louis),  de  Chàleau-ïhier- 

ry,  I,  33. 
Du  Soleil  (Pierre).  I,  38. 
Du  Soleil  :  personnages  divers  de  ce 

nom,  I,  35,  39 
Du  Tillet  (J.  an).  Il,  296. 
Du  Tillet  (Jean-Baplisie),  II,  296. 
Du  Tronchet  (Estienne),  II,  221. 
Du  Vair  (Guillaume^,  II,  117  n.,  150. 
Du  Val  (Catheri.e)    II.  112  n. 
Du  Val  (Pierre),  U,  172. 
Du  Verdier  (Antoine).   II.  55  n.,  84, 

90,  194-196,  218,  219,  215. 
Do  Verdieb  (i;laudk),  n»  XLIII,  t.  II, 

pp.  193-200. 
Du  Verdier  (Françoise),  II,  195. 


TABLE    ALPHABETIQUE   GENERALE. 


371 


East  (Thomas),  impr.  à  Loodres,  IF, 

207. 
Ecclésiaste.  I,  244. 
Ecosse,  I,  262,  26G. 
Eder  (Wolfg.),    impr.    à  Ingolstadt, 
,  II.  2G(J  n. 

Edoard  (Nicolas),  I,  244  n. 
Egidio  {Frk  Cl^mprite),  II.  .336. 
Eynard  (Cli.),  I,  360  n. 
Éiéonore  d'Autriche,  reine  de  France, 
.  I,  63. 

ElisHbeth.  reine  d'Angleterre,  I,  75, 
.  373,  376.  —  II.  206. 
Elisabeth  d'Aiiti  iciie,  reine  de  France, 
.  I,  261  ;  —  il,  18S. 
Elisabeth  de  France,  reine  d'Espagne, 

II,  90. 
Ellain  (Nicolas),  II,  83. 
Emiliana.  courtisane  vénitienne, II,  50. 
Emmanuel-Philibert,  duc  de  Savoie, 

1.229,  292;  —  11,68. 
Endters  (Wolfgang),  jibr.  à  Franc- 

fort-sur-M.,  Il,  276. 
Enghien  (François  de  Bourbon,  comte 

d'),  I,  258.  ' 
Énoc  (Pierre),  II,  218. 
Entrala  ciel  re...  Henrico  a  Lyone, 

I,  191. 
Epinac  (Pierre  d'),  II,  5.  299. 
Ernest,  archiduc  d'Autriche,  I,  268. 
Escha.  ou  Hischa,  I,  65,  77  ;  —  II, 

355. 
Esmeraida,  courtisane  vénitienne,  II, 

50. 
Espagnols  (Vers),  I,  31,  273  ;  —  II, 

90,  92,  147. 
Espiuau  (Jean  d'),  II,  271. 
Esprinchard  (Jacques),  II,  289. 
Esquetnt  (Charlotte  d'),  II,  .355. 
Este  (Alfonso  d'),  I,  36-38,  180. 
Este  (Anna  d'),  duchesse  de   Guise, 

puis  duchesse  de  Nemours,  I,  36, 

245,  261  :  —  II,  224,  2-25. 
Este  (Ippolito  d'),  cardinal,   I,   42  n. 

115,  l'JO,  192,  255,  257^  —  II,  5, 

71,  76. 
Estienne  (Henri  I'""),  impr.    à   Paris, 

I,  30  n. 
Estienne   (Henri    II),   II,    104,    122, 

149. 
Estienne  (Robert  I^'),  impr.  à  Paris, 

I,  276  n.,277  n.  ;  —  II,  85. 
Estie  ne  (Robert  III),  impr.  à  Paris, 

II,  184,  348  n. 
Estissac  (d'),  H.  201. 
Estissac  (GeofTroy  d'),  I,  96  n. 
Estouteville  (Anne  d)   dite   M"e  de 

Chanteloup,  II,  10. 


Eul.;   (le    chevalier   d').  Voy.    Aui.x 

(Pierre  d'). 
Eumathius,  II,  216. 
Eusébe,  F,  12. 
Eusebi  (Ambrogio),  I.   135.    138   n., 

140  n.,  141,  142,  146,  147. 
Eustache     le     Français,    impr.,     I, 

161  n. 
Expilly   (Claude  d'),  II,  143  n.,  .306. 


Fabert  (Honorius),  II,  353. 

Fabri  Claude,  II,  65  n. 

Fabri  (Jean),  impr.,  1,  161  n. 

Fabri  (Nicolas-Claude),  sieur  de  Pei- 

resc.  Voy.  Peiresc. 
Fabry  (Pierre),  ou  Le  Fèvre,  Dolois, 

II,  65  n. 
Fabrizio  ((>irolamo)    Acquapendente, 

II.  322  n. 
Fain  (Jean  de).  II,  227. 
Falconcini  (Onorato),  II,  337. 
Farel  (Claude),  I,  96  n. 
Farel  (Guillaume),  I.  326  ;  —  II,  115. 
Farinelli  (Arturo).  I,  41. 
Farnese  (  Alessandro).  cardinal,  I,  9i 

113,  115,  139  n.,    258  n.;   —    II, 

158. 
Farnese     (Duarte   ou    Odoardo),    H, 

272,  273. 
Farnese  (Orazio),  I,  262  ;  —  II,  8. 
Farnese  (Ottavio),  duc  de  Parme,  1, 

87  n.,  88,  262. 
Farnese  (Pier  Luigi),  duc  de  Parme, 

I,  112,  113. 

Farri  (Domenico),  libr.  à  Venise,  II, 

219. 
Farolles,  II,  161. 
Fauchet  (Claude),  I,   354  n.  ;    —    H, 

293. 
Faiidoas  de  Sérillac  (Jean-Francois), 

II,  11  n. 

Faure  (Pierre),  II,  227. 

Favier  (Jacques),  II,  227. 

Fayot  (Philippe),  impr.  ou  correc- 
teur, 1,  162  n. 

Fedioi  (Frà  Teofilo),  I,  164. 

Fenis  (Pierre  de),  I,  76. 

Ferdinand  1er,  roi  des  Romains,  puis 
empereur,  1,  75,  318. 

Fernand  (Charles),  de  Bruges,  I,  27. 

Fernel  (Jean)  II,  277  n. 

Ferrara  (Gio.  Bernardo  da),  F, 
146n. 

Ferrare,  I,  33;  —  II,  110,  155, 
175  n. 

Perreau  (Daniel),  II,  143  n. 


372 


TABLK    ALPHABETIQUE   GÉNÉRALE. 


Ferrero  (Ermanoo).  1.  43  n. 
Ferretli  (Emilio),  1,  62,  109,  242. 
Ferryer    (Sébastien),     trésorier     de 

Milan,  I,  14  n. 
Ferrières  (François  de^  II.  140. 
Ferron  (Arnauld  de),  II,  139. 
Fétis,  II,  207. 
Fezandnt  (Michel),  impr.  à  Paris,  I, 

104,  299  n. 
Fiacre  (Saint),  II,  335. 
Fiancé  (Antoine),  II.  232,  234,   243. 
Fichart  (Johann),  1,  188  n. 
Fieschi  (Antonio),  I.  54  n. 
Filesac  (Jean),  I,  323  n. 
Fillon  (Benjamin),  I,  153  n. 
Finara  (Davide  da),  I,  271. 
Finet  (Robert),  II.  279. 
Fiorillo  (Silvio),  II,  341  n. 
Flamini  (Francesco),   I,   56  ;    —    II, 

252. 
Flécelles  (Marie  de),  II,  117. 
Flécelles  (Philippe  de),  seigneur   de 

Brégy,  II,  117. 
Flegetonte  (Capitano),  II,  341  n. 
Fleury  (le  P.  Charles),  1.  105  n. 
Florence,  I,  14  ;  —  II,  157. 
Flory  (FR.-kNçois),  n»  XXXVII,  t.  II, 

pp.  127-136  ;  —  Cf.  II,  91  n. 
Foix  (Paul  de),  II,  110. 
Foleiigo  (Teofiio),  I,  103. 
Fondriac,  II,  290  n. 
Fontaine   (Charles),  I,    304  ;   —   II, 

13  n. 
Fontainebleau,  I,  42. 
Fontainebleau    (Assemblée    de),     I, 

2G6. 
Fontana  (Bartolommeo),  1,  33  n.,  44, 

49  n,  96  n. 
Fontana  (Domenico),  II,  272  n. 
Fonteius  (P.)  Voy.  Des  Fontaines. 
Fontenay  (Olivier),  II,  151. 
Foppens"( François),  libr.  à  Bruxelles, 

II,  279. 
Forbin  (Louis  de),  seigneur  de   So- 

liers,  I,  18  n. 
Forcadel  (Eslienne),  II,  140. 
Forest  (François),  irapr.  à   Bàle,   II, 

122  n. 
Forfaict  (Benoist),  I,  310  n. 
Forget  (Vulcain),  il,  235. 
Fornaris  (Fabrizio  de),  II.  341  n. 
Fortoul  (Ilippolyle,  1,  129. 
Fortunalo  (Leiio),  11,  27,  28 
Fossano   (Antonio   da),   médecin,    I, 

99. 
Fossano  (Girolamo  da),  I,  99. 
Fossanus,  I,  99  ;  —  II,  366. 
Fouchier  (Antoinette  de),  II,  242. 


Fournier  (Edouard),  II,  145  n. 
Fosses  (les)  raariennes.  I,  97  n. 
Fracasso  (Marino),  II,  72,  74. 
Framberge  (Gabriel),  II,  156. 
Framezelles  (Robinet  de;,  I,  3. 
Franceschini     (Francesco),    libr.    à 

Venise,  II,  219. 
Francesco  (le  P.)  da  Viltoria,  T,  165. 
Francfort-sur-le-Mein,  II.  109-111. 
François  1er.  j^   §_    20,    55,   57,    66, 

135  n.,  148,   169,   170,  207,   214, 

237,  277,  374. 
François,  dauphin,  I,  68,  69. 
François  II,  I.  2G6. 
Françoise  (Sœur)  de  Saint-Omer,  II, 

95  n. 
*  Frangipani  ;Cesare),  230  n. 
Frangipani  (Giovanni),  I,  230  n. 
Fregoso  (Baltista),  1,  349  n. 
;   P'regoso  (Cesare  I'"'-),  I,  298. 
!    Fregoso  (Cesare  II),  II,  322  n. 
I   Fregoso  (Ettore),  évêque  d'Agen,   I, 
■       297  n..  298. 

Frego.'JO  (Giano).  I,  298. 
I    Fregoso  (Ottavio;),  II,  322. 
Frein  (Barthélémy),    impr.    à   Lyon, 

I,  190.  192.       " 
Frellon  (Jean),  libr.  à  Lvon,  I,  129, 

131,  133. 
Frellon  (Jean  et  François),   libr.,    1, 

128,  130. 
Frellon    (Paul),  libr.  à  Lyon,  II,  199. 
Frémy  (Éd  ),  II,  175  n. 
Frémiot  (André),  II,  65  n. 
Frémiot  (Bénigne),  II,  65  n. 
Frémiot  (Jean),  II,  65  n. 
Frémiot  (L.  Memmius),  II,  65  n. 
Frémiot  (Pierre),  II,  65  n. 
Freschot  (Casimir),  lî,  352. 
Friapani  (Cesare),  I.  230. 
Froissard  (Pierre),  II,  55  n. 
Froissard  (Thomas),  II,  55  n. 
Froschhauer    (Christoph),    impr.    à 

Zurich,  II,  69  n. 
Fuchs  (Andréas),  appelé   Fusso,    I, 

177. 
Fumée  (Antoine),  II,  156. 
Fiirst  (Paul),  libr.  à  Nuremberg,   1, 

132. 


Gabaldo  (Ceiso),  11,  271. 
Gabiano  (Vincenzo),  11,  342  n. 
Gabre  (Dominique  de),  I,  350. 
Gaddi  (Niccolô  de'),  cardinal,  1, 96  n., 

135  n. 
Gage  (Mlle  de),   I,  205.  Voy.  Bourg 

(Marguerite  de). 


TABLE    ALPHABETIQUE   GENÉKALE. 


373 


Gaguin  (Roberl),  I,  27. 
Gay,  libr.  à  Paris,  II,  45. 
Gaillard  (Mathurin),  II,  166  n. 
Galathaea,   églogue   de  Pétrarque, 

I,  169.  172. 
Galese  (Anne  Claveile),  T,  1S9. 
Galesi  (Agostino),  11,  l64. 
Gallo  (Agostino),  II,  91. 
Gambacorta  (Gio.  Donato),  I,  01  n. 
Gambacorta  (Gio.    Viucenzo),  l,  Gl. 
Garamont  (Claude),  libr.  à  Paris,  1, 

10  n. 
Garavini  (Girolamo),  II.  341  n. 
Garavini  (Riccio),  H,  16'<. 
Gardane  (Antoine),  musicien  et  impr., 

I,  162  n. 
Gardano  (Alessandro),  impr.  I.  162  n. 
Gardano  (Angeio),   impr..   I.   162  n. 
Garei  (Jomet^  d'Api,  I,  266. 
Garnier  (Robert),  II,  140. 
Gassot  (Jules\  1,  258  n. 
Gattinara  (Mercurino  da).  I,  11.  20. 
Gatlrius    (Gabriel),    II,    260.    Voy. 

Gutlerry. 
Gaulteron  (Hector),  I,  254  n. 
Gaulteron  (Hpnri),  I,  254  n. 
Gaultherot  (Vivauli,  libr.  à  Paris,  1, 

12  n. 
Gaultier  (Pierre),  impr.   à  Paris,  I, 

10  n.,  12  n. 
Gazeau  (Guillaume),  libr.  à  Lyon,  I, 

177,  179,  187;  190,  191. 
Gazeau  (Jacques),  impr.  à  Paris.  II, 

44. 
GeizkofTer     (Ferdinand),    baron    de 

Hausheira,  II,  350  n. 
Gelay  (Jean),  II,  237. 
Gélas  (le  baron  de).  II,  139  n. 
Gélyot  (Louvent),  I,  75;  —  II,  306  n. 
Gelli  (Gio.  Batlista),  I,  185. 
Généalogie  du  grand  Turc,  I,  231. 
Genese(la),  de  P.  Aretino,  1, 147.  154. 
Genève,  I,  23,  358,  363;  —  II,  98, 

109,  116,  258. 
Genève    (Gaspard    de),    marquis   de 

Lullin,  II,  242. 
Gentil  (Pierre),  n°  XXXI,  t.  II,  pp. 

71-79. 
Gentillet  (François),  I,  281. 
Gerbays(Amblard),  I.  12. 
Gardes  (Daniel),  II,  295. 
Germain   (Jean),    de    Porentruy,    II, 

245. 
Germain  (Jean),  médecin,  II,  348  n. 
Gesner  i,Conrad),  II,  69,  S2. 
Gesselin  (Jean),    libr.    à    Paris,    II, 

316. 
Gessi  (.\ntonio),  II,  163. 


Ghelaldi  (Marino),  I,  373. 

Gy,  11,  229. 

(iiambullari  (Pierfrancesco),  I,  316. 

Giangiacomo.     professeur    à     Rome 

(1533),  II.  357. 
Giannotti  (Donato),  II,  356. 
Giannolti  (Erailio),  II,  72. 
Giannotti  (Tomraaso)  de'  Rangoni,  I, 

27  n. 
Giavarini  (Antonio).  II,  163. 
Gyé(François  de  Rohan,  seigneur  de), 

Voy.  Rohan. 
Giffen  (Hubert  van),  I,  223  n. 
(liglio  (P.  Geronimo),  libr.  à  Venise, 

1,  90. 
Gigoux  (Martin),  H,  2.39. 
Gillabon  (Mathieu),  II,  235. 
Gilles  de  Rome,  I,  29. 
Gillot  (Claire),  II,  294  n. 
Gillot  (François),  II,  294  n. 
Gillot  (Gabrielle),  II,  294  n. 
Gillot  (Jacques),  n»  LIV    t.  II,   pp. 

281-297. 
Gillot  (Marie),  II,  289  n. 
Gillot  (Philibert),  II,  294  n. 
Gillot  (René),  II,  294  n. 
Giolito  (Gabriel)  de'  Ferrari,  impr.  à 

Venise,  I,  152  n.,  165,  184,    lfc9, 

210,  211  ;  —  n,  28. 
Giordani  (Frà  Giordano),  I,  188. 
Giordano  (Baldessar),  1,  188. 
Giordano  (Giacomo),  impr.  à  Padoue, 

1,  188. 
Giorgi  (Marino),  I,  58  n. 
Giovanelli  (Francescoi,  II,  163. 
Giovanna,  I,  55  n. 
Giovanni,    drograan    pérote,    I,    231, 

232. 
Giovio  (Paoloi,  I,  88,  89,  96  n.,  184, 

210,  212,  219,  254  n.;  —  II,  45. 
Giraldi    (Gio.    Battista)    Cintio,    1, 

285  n.  ;  —  II,  27  n.,  155. 
Girault  (Gabriell,    sergent   d'armes, 

I,  2.30  n. 

Giraud   (Philippe)   du    Broc,  grand 

prieur  de  Saint-Gilles,  I,  230  n. 
Giraudet  (le  Dr.)  I,  184. 
Giuliani,  I,  268  n. 
Giulio,  H,  61. 
Giuntinl  (Francesco),  1,  214,  215  ;  — 

II,  24,  25. 

Giustioiani    (Agostino),    évéque    de 

Nebbio,  I,  58  n. 
Giustiniani  (Alessandro),  H,  165. 
Giustiniani  (Gio.  Paolo),  I,  232. 
Gûbelin  (Denise  ,  I,  326. 
Gobelin  (Jacques),  1,  .350  n. 
Gobeliu  (Malhurine),  II,  115. 


374 


TABLE    ALPHABETIQUE   GENERALE. 


r.obeliQ  (Philippe),  I,  326. 

Godefroy  (Tliéodore).  I,  8  u.,    11    n. 

Godin  (Pierre),  I,  187. 

Gûliorv  (Jacques),  I,  298.  30(J. 

Goy  (G.).  II,  239. 

Gondi  (Albert  de'),  duc  de  Helz,  \l, 

309. 
Gondi  (.\ntonio  de').  II,  309. 
Gondi  (Charles  de).  II,  309. 

Go.N'Dl   (PhiLIP[-E-E.\I.MANCEL    de),     SIliUR 

nE  Da.mpierre,  c"  LYJI,  l.    Il,    pp. 

309-313. 
Gontaut  (Robert  de).  11.  138. 
Gontier  (Antoine),  irapr.,   I,    161   n. 
Gonzaga  (Annibai),  comte  de  Nuvo- 

lara,"  t,  CÛ. 
GoDzaga    (Lodovico),   duc   de    Ne- 
vers,  II,  224. 
Goseiini  (Giuliano),    I,  105  ;   —   II, 

321. 
Gouffier  (Anne),  II,  9  n 
Gouffîer  (Arthus,,  duc  de  Roannois, 

1,65. 
Gouyne  (Claude),  II,  Zî^i. 
Goulu  (Nicolas),  II,  15(J,  235. 
Gourmont  (Gilles),  impr.  à  Paris,  I, 

23  n. 
Gourmont  (Hiérosrae   de),    impr.    à 

Paris,  I,  314  n. 
Gournay    (.Marie    Le    Jars    de-,    11, 

143  0. 
Gousté  (Claude),  II,  296. 
Govea  (Antonio  de),  I,  351  n. 
Goyet  (Claude),  I,  328. 
Gray.  II,  229. 
Gramont  (Gabriel  de),    cardinal,    1, 

83. 
Grammaire  (In)  ilalifnne,  I,  297. 
Granada  (Fray  Luis  de),  II,  91,  218. 
Granchier  (François),  11,  239. 
Granjon  (Robert),  impr.  à  Paris,    1, 

299  n. 
Grangier  (Maximilien),  II,  291  n. 
Gratti  (Gio.  Girolamo),  II,  163. 
Grazzini     (  Antoufrancesco  ) ,    dit    il 

Lasca,  11,  342  n. 
Greeu  (Henry),  I,  129. 
Grégoire  (Pierre),  II,  194  n.,  196. 
Gregorio  (Lelio)    I,  285  u. 
Grenoble,  i,  12  n.,  147.  " 

Greuenbruch  (Gerh.)  impr.    à  Colo- 
gne, II,  276. 
Griffio  (.\lessandro),  irapr.  à  Venise, 

1,  167  n. 
Griffio  (Cristoforo),  impr.  à  Padoue, 
^  i,  167  n. 
Griffio  (Giovanni),    iin[ir.  à  Venise, 

I,  167  n. 


Grignan  (le  comte  de).  Voy.  Adhé- 

mar  de  Monteii  (Louis  d')  et  Gas- 

tellane    Gaspard  de). 
Grilly  (Charles  de),  II.  56  n. 
Grimra  (Siegmiind).  libr  .  I.   119  n. 
Griraaidi  (Ottaviano),  II.  166  n. 
Gringore  (Pierre),  I,  178. 
Grvphius  (Antoine),  irapr    Lyon,  I, 

167  n.  ;  -  ïï,  140  n.,  196. 
Grvphius  (Sébastien),  impr.  à  Lvon, 

r,  122,  124  n.,  147,  li8,  163,  167, 

327  n. 
Grisone  (F.),  I,  349  n. 
Gritti  (Andréa),  I,  15  n. 
Grorais  (Giovanni  de).  1,  24. 
Gromors  (Pierre),  impr.   à  Paris,    I, 

314  n.,  315  n. 
Groslot  (Jérémie),  sieur  de  L'Isle.  1, 

373  n.  :  —  11.  112  n.,    125,    156, 

291  n.,  347. 
Grotti  (Lorenzoî,  II,  250. 
Groulleau  (Estienne),  impr.  à  Paris, 

I,  271  n.,  297  n.,  298,  302. 
Grilnlhler  (.Audreas),  II.  155  n. 
Gualterio,  peintre.  11,322  n. 
Guazzo  (Stefano),  1,  285  n.  ;    —   If, 

91. 
Guélis  (Germain  Vaillant  de).  Voy. 

Vaillant. 
Giiérineau  (Daniel),  II,  216. 
Guevara  (Antonio   de),   11,    91,    218, 

259. 
Guibeiet  (.lourdain),  II,  2.39. 
Guicciardiui    (Luigi,    ou    Lodovico\ 

II,  91,  127. 

Guidacerio  (Agazio),  I,  3U. 

Guiffrey  (Georges),  I,  123. 

Guillard  (André),  seigneur  du  Mor- 
tier, I,  239. 

Guillaume  de  Nassau,  dit  le  Taciturne, 

II,  96,  96. 
Guillemot    (.Mathieu),   libr.   à   Paris, 

II,  331  D. 
Guillemot   (Vve   Mathieu),   libr.    Il, 

200. 
Guilleret  (Jean),   impr.   à   Rome,  II, 

357. 
Guilliaud  (Claude),  I,  23  n. 
Guymier  (Pierre),  l,  178. 
Guinigi   (Camilla  Bernardi),   I,  276. 
Guyse  (Claude  de),  II,  259. 
Guvse   (François   de    Lorraine,    duc 

de),  1,  245,  261,  272;  —    11,   46. 
Guv.se  (Henry  de  Lorraine,  duc  de), 

lï,  224. 
GuTTERRV  (Gabriel  de),  n»  LU,  t.  11, 

pp.  259  267. 
Gullerry  (Jean  de),  II,  259. 


TABLE   ALPIIAIJETIQUE   GENERALE. 


375 


Guyon  (Jacques),  II,  306  n. 
i^uyonnet  de  Vertron  (C.-C),  II,  3d'2. 
Guvol  (Claude),    impr.   à    Dijon,  11, 

306  D. 
Guyot  de  Villeueuve   (Gustave),   Jl, 

313. 
Gyula-  [Fehérvâr],  II,  76. 


Haag  (les  frères),  I,  325. 

Hacqueville  (André  de),  II,  10  n. 

Haebler  (Konrad),  I,  322  u. 

Hahn  (Ulrich),-  impr.  à  Rome,  1, 161  n. 

Hays  (Jeau),  U,  317  d. 

Halluin    (Anloiiie    de),    seigneur   de 

Piennes,  II,  10  n. 
Halluin    (Jeanne    de),    dite    Mi'<=   de 

Piennes.  Il,  10. 
Halluin    (Louise    de),    dite    M'i»    de 

Piennes  l'aînée,  II,  11. 
Halphen  (E.),  II,  331  n. 
Halphen  (L.),  1,  280. 
Hamilton  (John),  II.  233,  235. 
Hamoa  (Pierre),    libr.    à   Paris,    II, 

51  n., 
Hangest  (Jean  de),  I,  326,  345. 
Harcourt  (le  comte  d').  H,  3.33. 
Harlay    (Achille    de).   H,    148,    1VI7, 

213,  297,  330. 
Harlay  (Charles  de),  baron  de  Dolot, 

II,  112,  291. 
Harlay   (Christophe  de).  II,  112  u., 

317,  326. 
Harrisse  (Henry),  I,  122. 
Harsy  (Denis  de),   impr.  à  Lyon,   1. 

9  n. 
Haultin  (Hiérosme),  impr.  à  La  Ro- 
chelle, H,  257. 
Hauréau  (Barthélemyy,  II,  215  n. 
Hauser  (H.),  Il,  120 
Hauleville  (Isabelle  de).  H,  11. 
Hauvette  (Henri),  I,  43  n. 
Hébert  (Eustache),  impr..  à  Turin,  I, 

162  n. 
Heidelberg,  II,  2.  109,   118,   166   n. 
Héliodore,  I,  237  n.,  238. 
Hellaiu  (Marie),  II,  10  n. 
Hémard     (Charles)    de     Dénonville, 
cardinal,  I,  82  n.,  83,  85  n.,  87. 
Hennequin.  (Antoinette),  II,  166  n. 
Hennequin  (Jeanne),  I,  304. 
Henri  11,  1,  151,  152,  175,  191.  239, 

262,  263,  310;  —  II,  45,  194. 
Henri  III,  I,  245  n.,  266,  267,  328  n., 

364,378;  —  11,  205,  266. 
Henri  IV,  d'abord  roi  de  Navarre,  1, 
364,  865,  378  ;  —  il,  101  ;  roi  de 


France,  I,  239  n.  ;  —  II,  123,  207, 
307,  348. 
Henri  V^II,  roi  d'Angleterre,  I,  7,  8, 

30  n. 
Henry  (Honoré),  II,  34,  46. 
Herberay  (Claude  de),  n*"  XXIV    II, 

pp.  19-26.  —  Cf.  I,  20/j,  212. 
Herberay  (Louis  de).  II,  19  n. 
Herberav  (iNicolas  de),  seigneur  des 
Essarts,   I,  272,  273,  305;   —  II, 
19. 
Herbster    (Johann),    dit    Oporinus, 
impr.  à  Bàle,  1,  316  n.,  318,  323. 
—  Ses  héritiers.  II.  257. 
Herlin  (Françoise),  II,  57  n. 
Herlot  (Pierre),  sieur  des  Forges,  I, 

94  n. 
Hermès  Trismégiste,  I,  242. 
Herminjard,  1,  96  n. 
Heroèt     (Antoine)     de     La     Maison 

Neufve,  1,236,  334. 
Hesteau  (Clovis),  H,  188. 
Heulhard  (Arthur),  I,  95. 
Hiérosme    (Maistre),    marchand,    I, 

82  n. 
Hill  (Alban),  appelé  Ylio,  I,  2.30. 
Hippocrate,  I,  103;  —  II.  323. 
Hisca  (Charlotte  d'),  I,    53,    55;    — 

H,  355. 
Histoire  evangelique,  I,  118. 
Holbeia    (Hans)    le    jeune,    I,    126- 

133. 
Hdlywood  (John),  ou  de  Sacrobosco, 

1,  310  n. 
Homère,  I,  236,  239. 
Honorât  (Barthélémy),  libr.  à  Lyon, 

Voy.  Onorali. 
Honorât  (Sébastien),   libr.    à    Lyon. 

Voy.  Onorati. 
Hooftman  (Arnold),  II,  127. 
Hooftman  (Gilles),  II   127,  128. 
Horate,  II,  146. 
Hosius  (Stanislas),  I,  143. 
Hotraan  (Antoine),  II,  296. 
Hotman  (François),  I.  364  n. 
Hotman  (François),  abbé   de    Saint- 

Médard,  II,*291  n. 
Houllier  (Jacques),  H,  82,  83. 
Htiarte  (Juan),  II,  189. 
Hucher  (Antoine),  impr.    à    Ferrare, 

I,  37,  38,  162  n. 
Huchin  (Pierre   dei,  dit    Deliuchino, 

impr.,  I,  162  n. 
Hugonis  (Frère  Jacquci),  II,  81,  83. 
Hnguetan  (Gilles),  libr.  à  Paris,  puis 

à  Lyon,  I,  166. 
Hulpeau  (Jean),  libr.  à  Paris,  11,92, 
243. 


376 


TABLE    ALPHABETIQUE   GENERALE. 


Humanité   [l')   de  Jesuchrist,    par 

P.  Aretino,  I,  136,  137,  140,  143, 

154,  157. 
Humières  (Claude  d'),  II,  9. 
Hurault  (André),  sieur   de  Maisse, 

II,  291. 
Huraull   (Philippe),    sieur   de   Cbe- 

verny,  II,  155,  158. 
Hurault  (Raoul),  sieur  de  Cheverny, 

II,  155. 
Hurault  (Robert\  baron   d'Auneux, 

I,  380. 
flury   (P.).   libr.   à  Paris,   II,    239, 

240. 
Hurmuzaki,  I,  223  n. 


Idée  (]'),    maîtresse   de   Claude  de 

Pontoux,  II,  51,  53. 
Ignace  de  Loyola,  I,  316. 
Image  (l)  de' la  France,  II,  297. 
Imbert   (Gérard-Marie),   1,    311  :   — 

II,  137. 
Imola  (Benedetto  da),  I,  173. 
Ingold  (le  P.),  Il,  213. 
Initiales  : 

A.  D.,  ÎI,  157. 

A.  L.,  graveur,  II,  132. 

A.V.  L.  [=  Assuerus  van  Lan- 

derseel],  II.  132. 
C,  graveur,  II,  132. 

C.  E.,  graveur,  II,  132. 
CI.,  graveur,  II,  132. 

D.  R.  D.  T..  I.  178. 

D.  V.  Z.  [=D'unq  vrai/  zele?\. 
1,125.  ' 

F.  M.,  traducteur.  I,  191. 
G.,  graveur,  II,  132. 

G,  E.  L..  traducteur  allemand, 
II,  276. 

G.  H.  R.  G.,  If,  245. 

H.  T.  S.   de   Torsav,   II,    103, 

104.  Voy.  Taffin  '(Hermann), 

sieur  de  Torsay. 
J.  Du  Che.  [=  Du  Cliemini,  II, 

143. 
J.  D.  V.  1.=  Jean  de  Vauzelles], 

1,  126. 
J,  P.   D.  M.  [=  .lean-Pierre  de 

Mesmes],  I,  272.  298. 
J.  P.  S.  (1603),  II,  330. 
0.  D.  L.   N.    [=   Odet  de  La 

Noue],  IL  257. 
P.  C.  D.   F.  [=  Philippe   Ca- 

naye  de  Fresne],  II,  257. 
n.  C.  F.  A.,  I,  245. 
R.  D.  C.  [=  Renée   Du  Chas- 

tellier],  11,  226. 


Initiales  {suite)  : 

R.  R.   [=  Robert   Rivaudeau  , 

I   272. 
V.  'p.  [=  Vasquin  PhilieuIJ,  II, 
38. 
Instructions  et   Missives  des   roijs 

Tres-Chrestiens...,  U,  296. 
Isabelle  d'Autriche,  reine  de  France. 

Voy.  Elisabeth. 
Isabelle,   archiduchesse    d'Autriche, 

II,  277. 
Isac  (Jaspar),  grav.,  II,  106. 
Italien  Ù)  français,  II,  297. 
Yvor  (Mlle  d'),  II,  13. 


Jacopone  daTodi,  I,  317. 
Jacques  V,  roi  d'Ecosse,  I,  64  n. 
Jacquet  (A.),  L  1  n.,  21  n. 
Jacquet  (Jeanne),  I,  184. 
Jacquier  (Jean),  sieur  de   La  Barre, 

II,  318. 
Jadart  (H.),  II,  2. 
Jannon  (Jean),    irapr.    à   Sedan,    I, 


à  Paris,  I,  9  n., 


•^  n. 

Janot  (Denis),  impr.  à  Pa 

21  u.  128,  147,  254  n. 
Jarente  (Balthazar  de),  II,  356. 
Jean  (Saint)  Chrvsoslome,  II,  184. 
Jeanne  d"Albret,'l,  138. 
Jeanniu  de  Piene,  impr.,  I,  161  n. 
Jeannin  (Pierre),  II,  303  n. 
Jeguy,  II,  161. 
Jenson  (Nicolas),  impr.  à  Venise,  I, 

161. 
Jérusalem,  I,  317  ;  -  U,  271,  274, 

276,  277. 
Jessé  (Mil"  de),  I,  66-67. 
Jodelle  (Estienne),  1,  73  ;  —  II,  83. 
Joguet,  1,  370. 
Josèphe,  1,  273. 
Joubert  (François),  H,  184  n. 
Joubert  (Laurent),  II,  227. 
Joulet  (Antoioe),  II,  181. 
Joulet  (François).  II,  184,  185. 
Joulet  (Jean),  II,  182. 
Joulet  (Laurent).  Il,  182. 
Joulet  (Nicolas),  II.  182. 
Joulet  (Pierre  l"",  II,  III,  IV),  11,  181, 

182. 
Joulet  (Pierre  [V]),  II,  n°  XLI,  t.  Il, 

pp.  181-185.  —  Cf.  II,  151. 
Joulet  (Thomas),  seigneur  de  Bélival, 

II.  181. 
Journal  d'un  habitant  français  de 

Rome,  I.  17  n. 
Journé  (le  P.  Jean),  11,  144. 


TABLE    ALPHABETIQUE   GENERALE. 


377 


Joyeuse  (Anne,  duc  de~l,  U,  227,  264, 

266. 
Joyeuse    (Marguerite    de    Lorraine, 

duchesse  de),  II,  220. 
Joyeuse   (François  de),  cardinal,  II, 

227. 
Juan  (Don)  d'Autriche,  II.  130. 
Jules  III,  pape,  I,  158,  2fi2. 
Julien  (Guillaume),  libr.   à  Paris,   I, 
-     247  ;  —  II,  232.  260.  266. 
Junot  (Antoinei,  II,  246. 
Juste  (François),  irapr.  à  Lyon,  I,  10 

n.,  12:3. 
Justin,  historien,  I,  9  n. 
Justin  (Saint),  I,  69,  74,  242. 


Kâmmerer  (Joacliim),  dit  Caraera- 
rius,  I,  177. 

Karelsen  (Corneille),  impr.  à  Amster- 
dam, 1, 178. 

Kaulek  (Jean),  I,  236  n. 

'Keerberghen  (Jean  van),  impr.  à  An- 
vers, II,  277. 

Kerver  (Jacques),  libr.  à  Paris,  I, 
245,  246;  —  II,  91  n. 

Kervyn  de  Volkaersbeke,  II,  258. 

Korcola,  ou  Curzola,  I,  113. 


La  Baifarderie   (Jean-Bernard    de), 

II,  348. 
La  Baume  (Antoine  de),  II,  227. 
La  Baume  (Claude  de),  II,  231. 
La  Baume  (Françoise  de),   dame    de 

Carnavalet,  II,' 92. 
La  Baume  (Françoise  11  de),  II,  227. 
La  Baume  (Marié  de),  II,  227. 
La  Baume  (Philibert  de),  II,  162  n. 
Labé  (Louise),  I,  126;  —  II,  13. 
Labeyrie  (Jean-Paul  de),  II,  137. 
La  Bessée  (Jean  de),  II,.  14  n. 
La  Bessée  (Marie  de),  II,  14. 
La  Boëtie  (Estienne  de),  I,  74. 
La  Borde  (Antoine  de  Vienne,  baron 

de),  II,  55-56. 
La  Boutière  (George  de),  I,  165. 
La  Cassagne,  II,  139,  143. 
La  Chambre  (Françoise  de),  baronne 

d'Aix,  I,  12  n. 
La  Chastaigneraye   (Isabeau  Chabot, 

femme    de    Charles    de   Vivonne, 

baron  de),  I,  65. 
La  Couture,  abbaye,  I,  27. 
La  Croix  (Gaspard  de),   ou   Vanden 

Cruise,  1,  223. 


La  Croix  du  Maine  (François  Grudé, 

sieur  de),  11,  145,  218,' 233. 
La  Dolerie,  I,  313. 
Ladone  (Est  ),  II,  306  n. 
La  Forest  (Jean  de),  I.  257  n.,  313. 
La  Fosse  (Antoine  de),  situr   d'Au- 

bigny.  II,  .353. 
La  l'osse  (Voré,  seigneurs  de).  Voy. 

Voré . 
Lafréry  (.\ntoiûe),  impr.  à  Rome,  II, 

357. 
La  Gabissa  (le  chevalier),  I,  230. 
La  Garde  (Jean  de),  impr.    à   Paris, 

I,  10  n. 

La  Garde  (Jean-Antoine  Escalin  des 
Airaars,  baron  de),  dit  le  capi- 
taine Polin,  I,  221,  228,  269. 

La  Garde  (le  protouotaire).  Voy. 
Déoiiet  (Estienne). 

La  G'-ssée  (Jean  de),  I,  222  n. 

La  Guiche  (Pierre  de),  1,  12,  13  n. 

La  Haye  (Robert  de),  II,  156. 

La  Hueterie  (Charles  de),  I,  236. 

La  Huguerie,  11,  96  a.,  98. 

La  Landouze,  II,  161. 

La  Marque  (Jean  de),  II,  97. 

La  Marthonie,  II,  112. 

La  Marthonie  (Gaston  de),  évèque  de 
Dax,  I,  23  n. 

La  Martinière  (Isaac  de),  II,  151. 

Lambert  (Dominique),  II,  56  n. 

Lambert  (Léger),  II,  56  n. 

Lambert  (Pierre  de),  évèque  de  Mau- 
rienne,  II,  162. 

Lambertini  (Lodovico),  II,  163. 

Lambin  'Denis),  1,  108,  354  n.  ;  — 

II,  350'. 

Lamezas  (Jean),  II,  143  n. 
Lamoignon  i^Charles  de).  II,  154. 
Lamoigiion  (Pierre  de).  II,  150,  154. 
La  Monnoye  (Bernard  de),  I,  75  ;  — 

II,  218,  263  n. 
Landerseel    (Assuerus   van),    grav., 

Il,  132. 
Landi  (Ortensio),  I,   124,  227,  276, 

322  n.  ;  -  II,  52. 
Landi  (Verduzio),  II,  162. 
Landré  (Guillaume),  I,  273. 
Landry  (Pierre),  libr.  à  Lyon,  11,198, 

299." 
L'Ange  (Jean),  I.  326. 
L'Angelier  (Abel),   libr.   à  Paris,   I, 

9  n.  ;  —  II,  147  n.,  183,  184,  220, 

318  n. 
L'Angelier  (Arnoul),  libr.  à  Paris,  I, 

12  n. 
L'Angelier  (Charles),   libr.  à  Paris, 

I,  123. 


378 


TABLE    ALPHABETIQUE    GENERALE. 


Langes  (Nicolas  de),  sieur  de  La  Va!, 

I,  371. 

Languet  (Hubert),  1,   357,   358  ;    — 

IF,  110. 
Lannoy  (Raoul  de),  I,  13. 
La  Noue  (François  de),   JI,  98,   101, 

122,  2i9.  256,  257.' 
La  Noue  (Odet  de),  o»  LI,  t.  II,  pp. 

249  256.  —  Cf.  II,  122. 
La  Noue  (Pierre  de),  II,  258. 
Lansac  (Guy  deSaint-Gelais,  seigneur 

de),  I,  267,  269. 
Lantin  (Jean-Baptiste),  II,  56  n. 
Lantin  (IMiiliiserlj.  II,  56  n. 
Laon   (Jean   de),  impr.  à  Genève,  I, 

359,  361. 
La  Ramée  (Pierre  de),  1,  68  ;  —  II, 

109  n. 
L'Arbaleste  (Charlotte  de),  femme  de 

Philippe  de  Mornay,  I,  378,  379  ; 

—  II,  109,  110,  112. 
La  Rie  (Françoise  de),  I,  147. 
Larivey  (Pierre  de),   I,   137  n.  ;   — 

II,  341. 

La  Roche  (Pierre  de),  poète,  II,  85, 

86. 
La    Roche    (Pierre     de),    irapr.    à 

Langres,  II,  183. 
La  Roche-Andry  (Charlotte  de),  dite 

M'>«  de  Brye,  I,  76. 
La  Roë,  abbaye,  I,  243. 
La  Roquette  (François  de).  II,  143  n. 
La  Salle  (Alexandre  pe).  n»  XXII, 

t.  II,  pp.  1-2.-  Cf.  1,329.  .331,  334. 
La  Salle  (André  de),  II,  277. 
La  Salle  (Claude  de),  II.  1. 
La  Salle  (François  de),  II,  1. 
La  Salle  (Gratien  de),  II,  2. 
La  Salle  (Henri  de),  II,  1. 
La  Salle   (Jean-François  de),  II,  1. 
La  Salle  (Louis  de),  II,  2. 
La  Salle  (Paul  Perrot  de),  II.  2. 
Lascaris  (Jean),  1,  4,  5,  6,  8,  10,  14. 
La   Tour  d'Auvergne  (François  de), 

vicomte  de  Turenne,  I,  83. 
La  Trémoïlle  (Famille  de),  II,  161. 
La  Trémoïlle  (Louis  de),  I,  13. 
Latrène  (J.  de).  H,  239. 
L'Aubespine   (Madeleine   de),    dame 

de  Villeroy,  II,  266,  267. 
Laugière  (de).  II,  227. 
L''Aunay  (A.  de),  secrétaire  de  Mar- 
guerite d'Angoulème,  1.  43  n. 
Laure,     chantée    ()ar    Pétrarque,   I, 

169,  172-174,  195,  207,  214. 
Laureo   (Vincenzo),   1,   110;   —   II, 

327. 
Lausanne,  I,  23;  —  II,  122. 


Lauterbach  (Georg),  I,  21  d. 
Lautrec  (Odet  de  Foi.x,  seigneur  de), 

II,  355. 
Laval  (Jean  de),  marquis  de  Nesles, 

II,  224. 
La  Val  (Joachim  de),  II,  227. 
Laval  (René  de),  seigneur   de    Bres- 

suire,  etc.,  I,  65. 
La  Valette  (Jean  de),  II,  74. 
La  Vergne  (Hugues  de),  II,  217. 
La  Vigne  (Jean  de),  I,  .350. 
Lazzara  (Giovanni),  II,  322. 
Lazzara  (Niccolù).  H,  322  n. 
Le  Bey  (Denis),  sieur  de  Batillv,    l; 

369;  —  il,  124,  144,  288. 
Le  Bouc  (Hilaire).  libr.  à  Paris,    II, 

231. 
Le  Breton  (G.),  H,  151. 
Le  Brelon  (Jeanl,  seigneur   de   Vil- 

landry,  I,  284. 
Le  Breton  (Nicolas),  n»  XVII,    t.  I, 

pp.  175-187. 
Le  Caron  (Louis),  dit  Charondas,    I, 

304. 
Le  Chevalier  (Antoine),  de   Vire,   I, 

352. 
Le  Cirier  (François),  11,  184. 
Le   Clerc  (Jeanl,  libr.    à    Paris,   II, 

218. 
Le  Clerc  (Philippe).  II.  209. 
Le  Clerc  (Pierre),  II,  209. 
Le  Co.mte    (le  P.  Jean),  n"  LX,  t.  Il, 

pp.  335-339. 
Leeneu   (Paul),    clerc    et    impr.,    1, 

161  n. 
Le  Fèvre   (Guy)    de    La  Boderie,   I, 

323  n.  ;  —  II,  82,  84. 
Le  Febvre  (Jacques,  I,  .354  n. 
Le  P'ebvre    (Jacques),    d'Étaples,    II, 

115. 
Le  Febvre  (Jean),   ou   Fabn,  impr., 

I,  161  n. 

Le  Fèvre  (Jean),    Dict.    des    rimes, 

l\,  55  n.,  301,  303. 
Le  Fèvre  (Nicolas),  H,  117  n. 
Le  Fèvre  (Pierre),  ou  Fabry,  Dolois, 

II,  65  n. 

Le  Fizplier  (Robert),    libr.    à  Paris, 

II,  189,  218. 
Le  Fort  (François),  11,  134. 
Lefranc  (Abel),  I,  .313  n. 
Leqrnde  de  dotn  Claude  de  Guyse, 

il,  259  n. 
Léqpiide    de     SdinI     Nicaise,     II, 

259  n . 
Le  Glay,  I,  7  n. 

Le  Goulx  (Guilllaume),  II,  65  n. 
Le  Goulx  (Jean-Baptiste),  H,   65  n. 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


379 


Le  Goulx    (Pierre)    :    trois    person- 
nages de   ce   nom    il,   56,  64  n., 

65  II . 
Le  GoiiLx  (Prudent),  U,  65  n. 
Le  Grand,    seigneur   de    Sainte-Co- 
lombe, II,  65. 
Le  Grand  (Albert),  L  236. 
Legrand  (Emile),  I,  6  n.,  242  n. 
Le    Gias    (Jacques),    de    Rouen,    ï, 

178. 
Le   Groing  (Marc),    seigneur   de   l^a 

Mothe-au-Groing,  I,  83. 
Le    Jeune    (Martin),      riit     Juvenis, 

impr.  à  Paris,  l,    315  n.,    324  n.  ; 

—  IL  146  n  ,  148  n. 
Le  Lieur  i(jermain).  I.  335,  356. 
Le  Lieur  (Jacques)  :  personnages  de 

ce  nom,  I,  346  n. 
Le    Lieur    (Jacques),    seigneur      du 

Chesnev,  L  326  n.,  335  n.,  3'i6  n. 
Le    Lieur    (X  ?),    I,    326,    335    n., 

346  n . 
Leiio,  II,  53. 

Le  Loyer  (Pierre),  II,  151. 
Leluau,  II,  188. 
Le  Maçon  (Anne),  I,  327. 
Le  Maçon  (Jacques),  1,  326.   335   n. 
Le    Maçon    (Perrin),    ou    Latlionie, 

impr.,  l.  161  n. 
Le  Maire  (Jfan),  I,  165. 
Le  Manguier  (Félix),  iibr.    à   Paris, 

IL  152. 
Le  Mangnier  (Robert),  Iibr.  à  Paris, 

1,297  n.,  298  n. 
Le  Moine  (Geneviève),  1,  326,  334  n. 
Le  Messager  (Jean),  IL  145. 
Leni  (Marcantonio),  I,  294  n. 
Le  Noir  (Guillaume),  impr.  à  Paris, 

II,  103. 
Lénoncourt  (Robert  de),  cardinal,  I, 

277,  281. 
Lenzi  (Lorenzo),  II,  34,  35,  41. 
Léon  X,  I,  16,  18,  22. 
Leonardi  (Gio.  Jacopo),   I,  315  n. 
Leoni  ((Jio    Francesco),  I,  139  n. 
Leonontrono  Arcitronilonanle  (Capi- 

tano),  II,  341  n. 
Le  Preux    Poncet),  impr.  à  Paris,  I, 

30  n. 
Lerigos  (Jacques  de),  II,  2  n. 
Le  Roy  (Adrien),  impr.    à    Paris,    I, 

243  n    ;  —  II,  205. 
Leroy  (Aimé),  II,  279. 
Le  Rouge  (Jacques),  impr.,  1,  161  n. 
Le  Roux  de  Lincy.  I,  244. 
Le  Royer  (Jean),  II,  51  n. 
L'Eschassier  (Jacques),  II,  297. 
Lesches,  seigneurie,  1,  77. 


Le   Signerre  (Guillaume),    impr.,   l, 

161  n. 
L'Escuier    (D. )    Iibr.    à    Paris,    I, 

314  n. 
L'Espinats  (Antoine  de).  II,  137. 
L'Estoile  (Pierre  de),  I,  328  n.;  — 

II,  106. 
Le    Tartier    (Adrien),   médecin,   I, 

323  n.  ;  —  II,  56  n. 
Le  Tellier  (Pasquier),  I,  272. 
L'Estrange  (M™»  de),  I.  65. 
Lato  (Pomponio),  I,  103. 
Leu  (Thomas  de),  grav  ,  II,  103. 
Lévêque   (l'abbé),  ],  282  u.,  284  n., 

285  n. 
Le  Vieil   (Jean),   dit   Vêtus,   I,    247, 

248. 
L'Hospital  (Michel  de),  I,  242,  326  n., 

328  n.,  354  ;  —  U,  145  n. 
L'Huilier,  poète,  I,  73. 
Libert  (Jean),  Iibr.  à  Paris,  II,  332. 
Licheto  (Frà  Francesco),  I,  23  n. 
Lignerolles   (le  comte  de),  I,  120  n. 
Linocier  (Geoffroy),  Iibr.  à  Paris,  II, 

233. 
Liotard  (Ch  ),  1,  289  n. 
Lipse  (Juste),  II,  56  n. 
Lire,  I,  289 

Lobel  (Mathieu  de),  II,  164  n. 
Loche  (le  comte  de),  I,  1  n. 
Loi/  {la)  salicque,  I,  21  n. 
Loynes   (Antoinette  d>'j,    femme    de 

Jean  de  Morel,  1,  300. 
Loisel  (Antoine),  II,  295. 
Lovson  (Estienne),  Iibr.  à  Paris,    H, 

352  n. 
Lombard   (Jean-Antoine),    dit  Brus- 

quet,  I,  225,  226.  294  n. 
Longueil   (Christophe  de),  I,  51  n.  ; 

—  II,  1(56  n. 
Longueville  (Louis  de),  marquis  de 

Rothelin,  I,  13. 
Longwy  (Jacqueline  de),  II,  8  n. 
Loreto,  II,  8  u. 
Lorraine  (Anne  de),  I,  64  n. 
Lorraine  (Antoinette  de),  plus   tard 

abbesse  de  Faremouslier,  I,  64  n. 
Lorraine    (Charles,   cardinal   de),   1, 

74,  226  n.  243  n..  247,  248,  282, 

293,  294,  355. 
Lorraine  (Jean,  cardinal  de),   1,  53, 

58,  135  n.,  140  n. 
Lorraine    (Louise    de),     femme    de 

Charles  de  Croy,  I,  64  n. 
Lorraine    (Renée    <le),    abbesse    de 

Saint-Pierre  de  Reims,  I,  64  n. 
Lotrian  (Alain),  impr.  à  Paris,  I,  9  n. 
Lotto  (Lorenzo),  11,  164  n. 


380 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


Louis  XII,  I,  3-7,  15,  20. 
Louis  XIU.  II,  348  n. 
Louis  XIV,  II,  352  n. 
Louis  ^Henri),  I,  221. 
Louise  de  Lorraine,  II,  224. 
Louise  de  Savoie,  I,  10  n.,  21,  122. 
Lourde!  (Nicolas  ,  II,  245. 
Louveau  (.iean),  II,  216. 
Louvencoiirt  (François  de),  sieur  de 

Vauchelles,  II,  316,  317,  321. 
Luc  (Antoine),  II,  227. 
Lucerne,  I,  13. 
Luciana,    courtisane    vénitienne,   II, 

50. 
Lucques,  I,  14 
Lucrezi;!,   courtisane   vénitienne   (?), 

II,  61. 
Luisetaines-en-Brie,  I,  261  n. 
Luilin  ((îaspard  de  Genève,  marquis 

de),  II,  242. 
Lusciniiis    (Ottraar    Nachlitiall,    dit\ 

I,  119. 
Lusignan,  II,  148. 
Lutzeiburger  (Hans),  grav.,  1,126. 
Luxembourg    (Charlotte    de   Brosse, 

femme  de  François  de),  vicomtesse 

de  Murlignes,  I,  65. 
Luzio  (Alessandro),  I,    104,  135  n., 

145  D. 
Lyon,  I,  5,  44,  97,  98, 118,  120,  122, 

'186,  191,  323,  324;   -    II,   194, 

335,  338. 


Mabre-Cramoisy  (Sébastien),  libr.  à 

Paris,  II,  296 
Macault  (Antoine),  I,  54  n. 
Maccarano  (D.),  impr.  à  Naples,  II, 

349  n. 
Maccasola  (Francesco),  I,  222. 
Macé  (Barthélémy),  libr.  à  Paris,  If, 

197. 
Macé    (Charles),   libr.    à    Paris,   II, 

83,  233 
Macé  (Guillaume),  libr.   à  Paris,  II, 

233. 
Macé  (.Iean,,  libr.  à  Paris,  I,  9  n. 
Macefer  (de),  II,  151. 
Machi.ivelli  (Niccolù^  I.  298. 
Macrin  (Salmon),  I,  108,  276.  ,^ 
Madeleine  de  France,  reine  d'Ecosse, 

1,64. 
Madronet  (Blas),  I,  23  n. 
Maps  (André),  dit  Masius,  T,  317  n. 
Maes  (Jean),  impr.  à  Alh,  II,  279. 
Ma(/dalo7i,  par  Jean  de  Vauzelles,  I. 

157 . 


Magdalon  (le  capitaine).  Voy.  Orne- 

sun  Magdalon  d"). 
Magen \.\d.),  II,  107  n. 
Maggi  (Ottaviano),  1,  246. 
.Magnv  (Olivier  de),  I,  70,  73,  221  n., 

2'A\  273,  29!,  307. 
Magûien,  bibliothécaire,  I,  138. 
Magnien  (Guillaume),  11,  328  n. 
Maillv  (Madeleine  de\  I.  ('i6. 
Mainârd  (Charles),  II,  151. 
Mayuemares  (Jean  de).  I,  310. 
Maynier  (Accurse),  I.  25i. 
Maiocchi  ^Rodolfo),  I,  2  :  — II,  1  n. 
Maire  (Jran),  impr.  k  Leyde,  I,  324 n. 
Maisse    (André    Hurault,   sieur   de). 

II,  291. 
Maître  (le)  au  dé,  I,  334. 
Malarmet  (Bernard),  II,  300. 
Maligny  (François  de  Ferrières,  sei- 
gneur de),  I,  102. 
Malines,  I.  13. 
Mallnc  (Pierre  Gilbert,  sieur  de),  I. 

266. 
MHllot  (Gervais),   irapr.  à  Paris,  II, 

83. 
.Malmont  (Pierre  de),  I,  125  n. 
Malpoy  (P.),  If,  306  n. 
Malle,  II,  71-79,  97,  138. 
Malvatico  (.Marcantoniol,  H,  163. 
Malvin  (Geolîroy  de).  II,  141.  143  n. 
Mandeint  'Catherine  de),  II,  219. 
Mandelot  (François  de),  II,  216,  219. 
Mandelot  (Marguerite  àe\  II,  219. 
Maniald  (Eslienne),  H,  141,  143  n. 
Manne    (François    de   Bouliers,    dit 

l'abbé  de),  i,  102. 
Mannell  (Giovanni), 1. 193;  — II, lin. 
Mannelli  (Girolamo),  I,  168. 
.Manolesso  (Francesco),  libr.  à  Mo- 

dène,  II.  .348. 
M.inson  (Gio.  Giacomo),  I,  197,  218. 
.Manuzio  (Aido),  II,  146  n.,  157. 
Manuzio  (Paolo),  I,  100,  259,  262  n. 
Maralfi  (Bartolommeo),  I,  165. 
Maraffi  (Onmianol,  I,  165,  175,  176, 

181  ;  11,  13  n.  ' 
.Marcel  11  Cervini,  pape,  1,  IKi. 
.Marchand,  notaire   à  Lyon,  II,  5  n. 
.Marchant  (Kstienne),  II".  240. 
.Marchetti  (Alessandr^),  II,  .352  n. 
.Marcilly  (Philibert  de),  seigneur  de 

Cipierre,  il,  11. 
Mard'Chée,    rabbin.     Vovez    Aquin 

(Philippe  d'). 
Mareschal  (Pierre),  impr.   ù  Lvon. 

I,  23. 
Maresroli  Georges),  impr.  à  Florence, 
I,  162  n..  164,  165  n. 


TABLE   ALPHABETIQUE    GENERALE. 


381 


Marescotti    'Gristofano),    impr.,    I, 

162  n. 
Marguerite  d'Angoulême,  n»  IV,  t.  1, 
pp.  41-50.  —  Cf.   l,  118,  120  n., 
122.   136.  147,  155,   299-301  ;  — 
II,  89,  355. 
Marguerite  d'Autriche,  I,  13. 
^larguerite  de   France,  duchesse  de 
Berrv,  puis  de  Savoie,  I,  64,  17.'). 
276,  "293.   306,   307  n.  ;  —  II,  7, 
Un.,  22,  67,  68. 
Marguerite  de  Richemont,  I,  29. 
Marguerite  de  Valois,  reine  de  Na- 
varre, II,  215. 
Marie,    dame   chantée  par  Fiarainio 

de  Birague,  I,  224,  225. 
Marie  d'Angleterre,  reine  de  France, 

I,  30.  31. 
Marie  de  France,  II,  188. 
Marie  de  Médicis,  II,  297. 
Marie  Stuart,  I,  262,  293. 
Marielta,  courtisane  vénitienne,  II,  50. 
Marillac  (Charles  de),  I,  236  n. 
Marini  (Gio.  Batlista),  II,  348  n. 
iMarle  (Claude  de),  I.  335  n. 
Marius  (Gilles),  II,  235. 
Marliani  (Gio.  Battisia),  I,  95,  103. 
Marne   (Claude  de),  impr.  à  P'ranc- 

fort-s.-M.,  II.  122  n. 
Marne  (Claude  de)   et  Jean  Aubry, 

impr.  à  Hanau,  II,  158  n. 
Marnef  (Jean  de),  ou  du  Liège,  impr., 

I,  161  n. 
Marnef  (Jeanne  de),  veuve  de  Denis 

Janot,  impr.  à  Paris,  I,  189. 
Marostica,  I,  327. 
Marot  (Clément),   1,   54  n.,  65,   66, 

123,  235,303  n.,  874. 
Marquale  (Giovanni).  I,  192,  195. 
Marseille,  I.  11,  20-22,  229. 
Marseille  (Eutrevue  de),  I.  168,  169. 
Marsilio  (Giovanni),  II.  290  n..  291. 
Marteau  (C),  sieur  de  Gland,  II,  150. 
Martelli  (Baccio),  11,229,  231. 
Martelli  (Niccolo),  1.  41,  58  n 
Martelli  (Ugolino),  II,  197. 
Martelli  (Viucenzo),  I,  229. 
Marty-Laveaux  (Ch.).  1.289n.,.304n. 
Martin  (Barth.^.,  libr.  à  Lvon,  I,  258  n. 
Martin  (Gabriel),  libr.  à  Paris,  II,  85. 
Martin  (Guillemine),  II,  215. 
Martin  (Jean),  I,  277. 
Martin  (Jean),  impr.  à  Lyon,  II,  25  n. 
Martmeau  (Claude),  I,  84. 
Martioengo  (Nestor),  11,91. 
Martini  (Spirilo),  I.  179. 
Masi  (le  P.  Gio.  Battista),  II,  X36. 
Masparault  (Martin),  I,  323  n. 


Massac  (Charles  de),  II,  179. 
Massiot,  II,  118. 
Massiot  (L.  de),  II,  143  n. 
Massip  (M.),  I.  108  n. 
Masson  (Jean-Papire\  II,  105. 
Massuau  (Claude),  I,  100. 
Matai  (Henri),  II,  111  n. 
Matai  (Jean^dit  Metellus,  II,  111. 
Matai  (Philecte,  II,  111  n. 
Matai  (Simon),  11,  111  n. 
Mattamoros  ^Capitano),  II,  341  n. 
Mattecoulon  (Bertrand  lî^yquem,  sei- 
gneur de).  II,  201. 
Matthieu  (Pierre),  II,  198,  200,213, 
242,  244,  246-248,  299,  348,  350. 
Maufer  (Pierre),  impr.,  I,  161  n. 
Maugin  (Jean),  dit  le  Petit  Angevin, 

t,  271,  272,  307,  3.34. 
Maulde  (René  de)  La  Clavière,  1, 3n. 
Maumont  (Charles  de),  baron  de  La 

Roche,  I,  67. 
Mauuiont  (Charlotte  de),  I,  68. 
Maumo.nt(Jean  de),  n»  V!,  1. 1,  pp.  53- 

77.  —  Cf.  I,  242. 
Maumont   (Jean   de),  fils   naturel  de 

François,  II,  68  d. 
Maupas  (Charles),  II,  152  n. 
Maurano  (Jérôme),  n»  XIII,  t.  I,  pp. 

2-21-233. 
Mauriac  (Estienne  de),  I,  81  n. 
Mauroy  (Frère  Henry,  II,  264  n. 
Mauroy  (Honoré  de),  II.  264  n.,  265. 
Mauroy  (Nicolas),  II.  264  n. 
Mayenne  (Charles  de  Lorraine,  duc 

de),  II,  195. 
Maximilien  ]",  empereur,  I,  12. 
Maximilien  II,  II,  223  n. 
Mazzei  (Francesco),  I,  210. 
Mazzei  (Simone),  1,210. 
Medici  (Alessandro  de'),  II.  342. 
Medici  (Bernardo  de',  II,  40  n. 
Medici  (Catherine  de'). Voy.  Catherine. 
Medici  (Cosimo  de'),  1,  268  n. 
Medici  (Ferdinando  de'),  II,  335. 
Medici  (Francesco  de').  I,  177. 
Medici  (Giov.  Angelo  de'),  cardinal, 

puis  pape,  II,  40  n. 
Medici  (Ippolito  de'),  cardinal,  I,  113, 

168. 
Medici  (Lorenzino  de'),  II,  342. 
Medici  (Lorenzo  de'),  II,  265. 
Medici  (Maison  de),  I,  16. 
Medici  (Marie  de').  Voy.  Marie. 
Médicis  (Paul  de),  II,  5  n. 
Megenti  (Domenica  de'),  ou  de'Men- 

ghini,  1,  34-35. 
Mellino,  trésorier  du   cardinal  J.  de 
Lorraine,  I,  147. 


382 


TABLE   ALPHABETIQUE    GENERALE. 


Memeleau  (Adrien),  I,  24G. 
Ménage  (Gilles),  II,  352. 
Mercato  (Giacomo),  II.  1G3. 
Mercier  (Josias  ?),  II,  109  n. 
Mercœur  (Phil.  Emm.  de  Lorraine, 

duc  de),  11,  188. 
Merlini  (Cosimo),  orfèvre  et  graveur, 

II,  336. 
Merlo(Barlolommeo),irapr.  à  Vérone, 

II,  3i8  n. 
Mermet  (Françoise),  1,  167  n. 
Mérode(Phiiippede),  baron  de  Fren- 

tzen,  II,  269,  271,  273,  274,  276. 
Alerula  (Gaudenzio).  I,  276. 
Mesmes  (Georges  de),  I,  297. 
Mesmes  (Henri  de),  seigneur  de  Mai- 
assise.  I,  265,  295, 302,  304, 328  n., 

354. 
Mesmes  (Jean-Jacques  de),  seigneur 

de  Roissy,  I,  .308,  309  ;  -  II,  125, 

189. 
Mes.mes   (Je.\n-Pierre   de),   no   XIX, 

t.  J,  pp.  295-311. 
Mesmes    (Pierre    de),    seigneur     de 

Monstroo,  I,  297. 
Mesmio  'Giovanni)  =  de  Mesmes,  I, 

298. 
Melellus(Joannes),  II,  111.  Voy.  Matai. 
Metz,  I,  101,  35i;  —  II.  97  n, 
Meudon,  I,  104. 
Meusnier  de   Querlon   (A. -G.),  Il, 

203. 
Mexia  (Pedro),  II,  217. 
MvCa  (Jacques),  libr.  à  Lyon,  1,  16('>. 
MJcanzio  (Frà  Fulgenzio),  I,  372. 
Michel  (Claude),    libr.  à   Lyon,   II, 

198. 
Michieli(Melchiorre),  I,  110. 
Migot  (.Marie),  H,  19  n. 
Milan,  I,  4,  5,  21  ;  -  H,  349  n. 
Million  (Jean),  II,  239. 
Milieu  ((iuy  de),  II.  227. 
Millanges  (Simon),  impr.  à  Bordeaux, 

II.  8'.. 
Milletot  (Bénigne),  II,  .306. 
MiLLOTET  (Marc-Antoine),    n»    LM, 

t.  11,  pp   303-307. 
Millotct  (Marc-Antoine  H),  II,  307. 
Minart  (Antoine),  1,  281. 
Minkwitz  (Anna  von),  11,  50  n. 
Minkvvitz  (Erasmus  von),  II,  50  n. 
Minkwitz  (Kaspar  von;,  II,  50  n. 
Minuziano  (Alessandro),  impr.  à  Mi- 
lan, I,  3  n.,  4. 
Mirzia  (M  ),  II,  27. 
Miscellanea  groningana,  II,  29.>. 
Mittorion  -Marguerite),  II,  242,  244. 
Modiraayr  ^llansj,  I,  25. 


Moysson  ^Jacques),  I,  246. 
Mommart  (Jean),  iu.pr.  à    Bruxelles, 

I,  178. 
Moncetti  (Frà  Benedeltol.  I,  29. 
Moncourt  (Frère  Gilles  de),  II,  199. 
Monier  (Martial),  II,  141. 
Monluc    (Biaise   de),    I,   268;  —II, 

143. 
Monluc    (Fabien    de),    seigneur    de 

Montesquiou,  II,  143. 
Miinluc  (Jean  de),    évêque    de   Con- 

dora,  II,  138.  143. 
MoMLUC  (Jean  ue).  évêque  de  Valence. 

0°  XV,  t.  I,  pp.  251  269.  —  Cf.  I. 

69,  73,  74,  83;  -  II,  143,  857. 
Monluc    (le.    commandeur    de),    II, 

143. 
Monluc    (Pierre-Bertrand    de),    sei- 
gneur de  Caiipenne.  Il,  143. 
Monslreuil  ou  Montrueil  (C'aude  de), 

libr.  à  Paris,  II.  187,  188. 
Montaiglon  (Anatole  de),  I,  291. 
Montai-'ue  (Marie     e),  II,  201  u. 
Montaigne   Michel  Fyque.m,  seigneur 

de),  no  XLIV,  t    II.  pp    201-204. 
Montano  (Gnolamo),  II,  155. 
Montanus  iJoliannesi,  II,  67. 
Montasier  (M.  de).  II,  166. 
Mont-Cenis,  II,  162. 
Montdoré  (Pierre  de),  I.  354  n. 
Monterenzi  (Aauibale),  II,  Iti3. 
Montgascon  (Catherine  de),  II,  57. 
Monti  (Giacomo),  libr.  à  Bologne,  II, 

.352  n. 
Monti  (Zaccaria).  II.  105,  106 
Montigny    (Charlotte    de    Clerraont, 

dite  Mi'e  de).  II.  9. 
Montmorency  (Anne  de),  I,    44,  59, 

80-82,  84,  85,  91,  116,  249,  258  n., 

281  n. 
Monlmorencv  (François  de),  II,  8  n., 

10  n. 
Moiituiorency  {Marguerite  de).  Voy. 

Condé. 
Montorsoli  (Giov.  Angelo),  I.  111. 
-Montpensier  (Louis  de  Bourbon,  duc 

de),  II,  148 
Montpensier   (Louise   de    Bourbon, 

comtesse  de),  II.  7. 
Montrottier,  prieuré,  I,  119. 
Morandi  (Giovanni),  11.  163. 
Morata  (Olimpia),  II,  155 
Morel  (Fédéric),    impr.  à   Paris,    I, 

239,    291    n.,    293,   309;    —    II, 

122  D. 
Morel  (Guillaume),  I,  242  n, 
Morel  (Jean  de),  I,  290  ;  —  II,  122, 

232. 


TABLE  ALPHABETIQUE   GENERALE. 


383 


Morel  (Jean),  II.  239,  306  n. 
Morelet  (Antoine)    du     Museau,  II, 

in. 

Morel-Falio  (Alfred),  II,  358. 
Morisot  (Antoine),  II,  306  n. 
Morisson  (Frère  Yves),  I,  28  n. 
MoRNAY  (Philippe  de),  sieur  du  Ples- 

sis-Marly,   no  XXXV.    t.  II,    pp. 

109  113   —  Cf    I.    356.   363-365, 

3Ï7,  378;  —  II.  ICI,  124. 
Moro  (Antonio,  II.  271. 
Moro  (Claudio),  II,  163. 
Moro  (Giovanni).  II,  157. 
Morosini  (Francesco),  II,  7  n. 
Morosini  (Girolamn),  II,  341,  3i2. 
.Morra  (Gio.  Michèle,  baron  de),  I,  61. 
Morra  (Laraberto  d'),  I,  61  n. 
Morvillier  (Jean  de],  I,   240  ;  —  II, 

156  n. 
Mouchar  (Jean),  irapr.  iraag.  à  Reiras, 

II.  257. 
Moussy  (Denis  de),  I,  328. 
Moyet  (Estienne),  I,  370. 
Millier  (Giuseppe),  I,  43  n. 
Muulz  vEiigèue),  II,  171. 
Murard  (.lean-Bapliste).  II,  328  n. 
Muret  (Marc-Antoine  de  ,  I,  73.  108, 

223;  —  II,  65  u.,  146  n.,  165  n. 

273. 
Mussata  (Maria),  II,  322  n. 
Muteau  (Ch.),  II,  307  n. 


Nabeyrat  (L  ),  H,  239. 
Nani  (Battista),  II,  352  n. 
Nannoccio,  peintre,  1,  111. 
Nactiligali   (Ottmar),  dit  Luscinius, 

I,  119. 
Nancy,  I,  370. 

Naples,  I,  258  ;  -  II,  158,  349. 
Narbonne,  11,  342,  345. 
Narbonne     (le    provincial    de),  plus 

tard  général  de  l'ordre  des  Carmes, 

I    150   152. 
Nardi  (j'acopo),  II,  128  n. 
Nassau  (Ludovic  de),  II,  96,  98,  99. 
Nassau  (Maurice  de).  II,  112. 
Naturel  (Philibert),  I,  7  n. 
Navagero  (Andréa),  II,  157. 
Navières  (Charles  de),  I,  73. 
Negri  (Girolamo)  de  Foss.mo,  I,  99. 
Néhou  (Gilbert),  irapr.,  I,  162  n. 
Nemours  (Jacques  de  Savoie,  duc  de), 

I,  261. 
Nerini  (Giuliano),  I,  323. 
Nesmond  (François  de),  seigneur  de 

Ghézac,  II,  142  n. 


Nesti  (Pietro),  impr.  à  Florence,    II, 

336. 
Neuber  (Ulrich),  II,  67. 
Neufville  (Charles  de)  de  Villeroy, 

sieur  d'Alincourt,  il,  219  u.,  260, 

264,  267. 
Neuville  (Jeanne  de),  II,  19  n. 
Neufville  (Madeleine  de  L'Aubespine, 

femme  de  Nicolas  de)  de  Villeroy, 

II,  266,  267. 
Nevers  (François  de  Clèves,  duc  de), 

I,  64  n. 

Nevers  (Louis  de  Gonzague,  duc  de). 
Voy.  Gonzaga  (Lodovico). 

Nevers  (Henriette  de  Clèves,  du- 
chesse de),  II,  224. 

Niccolini  (les  frères)  de  Sabbio, 
impr.  à  Venise,  1,  315  n. 

Niccolini  (Piero  di  Matteo),  I,  207, 
214,  219. 

Nice,  I,  135  n.,  228. 

Niceron  (le  P.),  I,  1  n,  313  n. 

Nicolaï  (Nicolas  de),  seigneur  d'Ar- 
feville,  I,  183  ;  —  II,  129-134. 

Nicole,  maîtresse  de  Claude  de 
Pontou.x,  II.  51. 

Nivelle    (Nicolas  ?),   impr.  a  Paris, 

II,  176  n. 

Noailles    (François   de),    I,    243   n., 

349,  350,  357;  —  II,  118. 
Noailles  (Gilles  de),  abbé  de  L'Isle, 

I,  267. 

Noailles  (le  marquis  de),  I,  266. 
Noceto    (Francesco    di),    comte    de 

Pontremoli,  I,  83. 
Nodier  (Charles),  II,  239. 
Noëlat  (Cl.),  II,  239. 
Noircarmes  (de),  II,  96. 
Noihac   (Pierre   de),    I,  289  n.  ;  — 

II,  167  n.,  171,  176  n.,  322-823  n. 
Nouvelet  Claude),  II,  85. 

Novare  (Bataille  de),  I,  15. 

Novello  (Lodovico),  I,  215. 

Novilieri  (Gugl.  Aless.  de).  Voy. 
Clavel,  sieur  de  Novilliers. 

Noyon,  I,  282. 

Nuvolara  (le  comte  de).  Voy.  Gon- 
zaga (Annibal). 


Obsequens  (Julius),  1, 165, 176;  —  II, 

13  n. 
Oemler  (Georg),  diiAerailius,  I,  129- 

132. 
Olimpia,  1,  56,  65. 
Olivier  (Nicolas),  de  Liège,  11,  271. 
Olivier!  (Benvcnuto),  1,  102. 


384 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


Onorati  (Bartolommeol,  libr.  à  Lyon, 

II,  196,  197,  219. 
Onorati    (Sebasiiano),  libr.  à  Lyon, 

I,  1G4  n.,  179. 
Oporinus  (Joli.).  Voy.  Herbsler. 
Orange  (Philiberte  de  Luxembourg, 

princesse  d'),  I,  13. 
OranL;e  (René  de  Nassau,  prince  d'), 

I,  Ù4  n. 
Orano  (Domenico),  I,  1(34. 
Orazi  (Niccolô),  II,  163. 
Orazia  (/'),  I,  152. 
Orbec-Oronte,  II,  233. 
Orléans,  II,  161. 
Orléans    (Charles    duc    d'),    fils   de 

François  1er,  j^  256. 
Orléans  (Louis  d'),  II,  150. 
Ornesan  (Bertrand  d').  Voy.  Sainl- 

Blancar(L 
Ornesan  (Magdalon  d'),  T,  228. 
Orologgi  (Giuseppe).  1,  154. 
Ors!  (Aurelio),  11,272,  273. 
Orsini  (Fulvio),  II,  159,  175. 
Ossinger,  II,  335  n. 
Ottaviani  (Otlaviano),  I,  265. 
Ottilio  (Marcantonio),  II,  326. 
Otto  Heiiirich.  comte  palatin,  1,  323. 
Oudart,  II,  162. 
Ovide,  I,  180,  ISI. 


Pacard  ('Abraham),  libr.  à  Paris,  I, 

11  n. 
Padoue,  1,  28n.,51  n.,  268,285  n., 

326,355;  —II.  33  n,  49,59,  64  n  , 

97  n.,    110,    112,   138,   155,  165, 

174  n.,    175  D..    201,    260.    315, 

317  n..  320,  326,  328,  330,  347, 

348  n.  ,350. 
Pagano  (Giovanni),  II,  163. 
Pabnerin,  I,  271. 
Panciatichi   (Barlolommeo),   I,    134, 

138,  139,  146. 
Panciroli  (Guide),  II,  326. 
Pandocheus  (Elias)  =  Guill.  Poslel, 

1,  316. 
Pane  (Madeleine  de),  II,  42. 
Pantalon,  I,  367. 

Papio  ((jiov.  Angelo),  II,  163,  164. 
Papon  (Jean),  II,  119. 
Papon  (Pierre),  II,  120. 
Papus,  II,  119. 
Parabosco  (Girolamo),  II,  149. 
Paradoxes  de   la   cure   de  pente, 

11,65  n. 
Parant    (Jean),    libr.    à    Paris,     II, 

231.  233. 


Pardaillaa   (François)    de    Gondrin 

IL  139. 
Parfaict  (Nicolas!,  I,  286. 
Paris,  I,  281,  285  n.,  324. 
Paris  (Paulin),  1,  7  n. 
Parma(Battista  da),  libr.,  I,  150, 151. 
Parme,  I,  5. 
Parn:ienlier  (Michel),  impr.  à  Lyon, 

276  n. 
Parodi,  I,  2  n. 
Parrino  et  Mazi,  libr.  à  Naples,   II, 

.352  n. 
Pascale    (Lodovico) ,    de  Cattaro,   I, 

164  n. 
Pascali  (Gio.  Luigi),  I,  164. 
Paschal  (Pierre  de),  1,  244  ;  —  II, 

140, 
Pasinelli  (Angiolo),  I,  258  n. 
Pasini  (Maffeo)  et  Francesco  Bindoni, 

irapr.  à  Venise.  Voy.  Bindoni. 
Pasquier  (Estienne),  II,  117  n.,   143 

n.,  146,  149,  151,  179,  318  n. 
Passano  (Gio.  Gioacchino  da),  I,  83. 
Passerai  (Jean),  I,  287  n.  ;  —  II.  105. 
Passion  {la)  de  Jesuchrist,  1, 138. 
Pastori  (Francesco),  I,  258  n. 
Palernô  (Lodovico),  I,    215  ;   —  II, 

27-29. 
Pater  nosler   italien    macaronique, 

II,  251. 
Pâtisson  (Mamert),  irapr.  à  Paris,  II, 

149,  158,  n.  ;  —  II,  176,  277  n. 
Patrasson  (Jean),  libr.   à  Lyon,    II, 

243. 
Paul  III  Farnese,  pape.  I,  112. 
Pavie  (Université  de).  I,  2  ;  —  II,  1. 
Pazzi  (Allonso),  II,  25. 
Pé  (Jekn).  II,  2.39. 
Peiresc  (Nicolas-Claude  Fabri,  sieur 

de),  II,  289,  347. 
Peyron  (Pierre),  I,  159. 
Pelesino  (Giovanni),  II,  341  n. 
Pélissier  (Léon-G.),  I,  3  n.,  4  n. 
Pelletier  (Jacques),  du  Mans,  I,  236, 

239;  —  II,  221. 
Pelletier  (Jean),  II,  151. 
Pellicier  (Guillaume),  1,97,  100,  232, 

253  ;  —  II,  157. 
Pellisson-Fontanier  (Paul),  II,  349n. 
Peiia  (Francisco),  II,  164. 
Penacors  (François   l"  de  Veilhan, 

seigneur  de),  I,  69,  74  n. 
Penacors    (François   II    de   Veilhan, 

baron  de),  I,  74  n. 
r'ent(Georg  von),  11,  271. 
Penlhièvre  (Jeanne  de  Brosse,   dite 

Mil»  de),  I,  65. 
Pepoli  (Diamante),  I,  360  n. 


TABLE   ALPHABÉTIQUE   GENERALE. 


385 


Pepoli  (Co.  Giovanni),  II,  194  n. 
Percacino  (Grazioso),  impr.  à  Padoue, 

1,320,  322. 
Perier   (Adrien),   libr.   à  Paris,   II, 

305  n. 
Pernumia  (?  Zabarelia),  II,  322. 
Peroto    (Giovanni),   drogman.    Voy. 

Giovanni. 
Perreau    (Louis    de),     seigneur    de 

Caslillon,  I,  236  n. 
Perrenev  (Nicolas),  II,  326  n. 
Perret  (Marc),  II.  111  n. 
Perrot  (Aimée),  II,  142. 
Perrot  (.\ndré),  I,  328. 
Perrol  (Charles),  I,  351  n.,  352  n., 

353  n..  358. 

Perrot  (Espérance),  I,  354,  356,  380. 
Perrot  (FuAiNcois),  sieur  de  Mézières, 

n»  XXI,  t.'l,  pp.  325  380.  —  Cf. 

1,  182;  —II.  1,  98,  99,  102,  104, 

110,  116,  118. 
Perrol  (Jacques^  I,  328,  371,  372. 
Perrot  (Malhien),  I,  327  n. 
Perrot    Milles  I"),  I,  .325,  335  n. 
Perrot  (Milles  il),  I,  326  ;  —  II,  115. 
Perrot  (Nicolas  I«r),  I,  325  n. 
Perrot    (Nicolas    II),    seigneur    des 

Carneaux,  I,  326  n.,  327,  33 'i  n. 
Perrot    (Nicolas    III),    I,  327,    339, 

354  n. 

Perrot  (Paul)  de  La  SmIIp,  II,  2. 
Perrot  (Philippe),  I,  326  n. 
Perussis   (Blanche-Hicbarde  de),  II, 

42. 
Perussis   (Clément  de),   co-seigneur 

de  Caumont,  II,  33. 
Perussis  (François  de),  II,  33  n. 
Perussis  (Louis  de),  n"  XXVI,  t.  II, 

pp.  33- '.2. 
Pesillau.  II,  111. 
Petau  (Paiil\  H,  2S'.). 
Petit  (Guillaume),  I,  19  n.,  20  n. 
Petit  (Jean),   Iibr.  à  Paris,  I,  23  n  , 

24  n..  28  n. 
Petit- Pas    (Jean),    libr.  à    Paris,  II, 

147  n. 
Petrarca   (Francesco),    I,    166,   172, 

193,  195,  205,  212,  214,  218,  366  ; 

—  II,  4'.,  54,  62,  220,  321. 
Petremand  (Jean),  II.  245. 
Pétrovitch  ((jeor.i;es  T.),  I,  254  p. 
Peverone  (Francesco),  I,  179,  181. 
i'hilaletha,  polytopiensis  civis  (=  Or- 

tensio  Landi),  I,  276  n. 
Philibert,  duc  de  Savoie.  I,  5, 
Philieul  (V.\squin),  n"  XXVIi,  t.  II, 

pp.   43-48.  —  Cf.   I.   246;  -  :l, 

35,  36,  38,  164  u.,  220. 


Philieul  (Romain),  II,  43. 
Philippe,     archiduc    d'Autriche,    I, 

3,  5. 
Philippe  II,  roi  d'Espagne,  I,  227,  n. 

310;  —  II,  27  n.,  95.  295. 
Philippsohn  (Joh.),  ditSleidan.  Voy. 

Sleidan. 
Phillips  (Sir  Thomas),  II,  269. 
Pibrac  (Guy  Du  Faur,  seigneur  de), 

II,  352  n. 
Pico  (Giovanni)  délia  Mirandola,  II, 

265. 
Pie  IV   Medici,   pape,  I,  286  n  ;  — 

II,  40  n. 
Pie  V  Ghislieri,  pape,  I,  2,  84. 
Piennes  l'aînée   (Louise  de   Halluln, 

dite  M'i«  de),  II,  10. 
Piennes  la  jeune  (Jeanne  de  Halluin, 

dite  M»»  de),  II,  10. 
Pier  Giovanni  (Frà)  di  Sardegna,  II, 

271. 
Pierre  Cercel,    prince   roumain,    H, 

174  n. 
Pierre   (le  P.)   d'Abbeville,  II,  352. 
Pierrevive   (Marie-Catherine  de),  II, 

309. 
Pietrasanta.  I,  15  n. 
Pielrasauta  (Paolo),  I,  145. 
Pigafetta   (Filippo).  II,  272  n. 
Pigeon,  I(,  189,  190. 
l'igghe  (Eslieone),  II,  97  n. 
Pignerelle,  II,  161. 
Pillon  (Germain).  II.  149  n. 
Piuelli  (Carlo),  II,  .857. 
Pinelli    (Gio.    Vincenzo),  I,  372  ;  — 

II,  159,  165,  173,  175  n. 
Pinghon,  II,  190. 
Pingon  (Emmanuel-Philibert  de).  II, 

190. 
Pingon  (Louis  de),  II,  190. 
Pinon  (N.),  II,  151, 
Pinzio  (Paolo),  1,  163.  174  ;  -II,  4, 
Pio  (Alberto),  comte  deCarpi,  I,  64  n, , 

82  :  —  II..  356. 
F'io  (Rodolfo),  cardinal  de  Carpi,  I, 

85  n.,  88.    " 
Piochet  (Jean  de),  II,  162. 
Pisani  (Faustina),  I,  322  n. 
Pisseleu  (Charles  de),  II,  137. 
Pithou  (Pierre).  II.  117  n.,  296. 
Poisle  (Jean),  II.  295, 
Plantin  (Christophe),  impr.  à  x\nvers, 

I,  364  ;  -  II,  36. 
Platon  I,  58  n. 
Pline  le  jeune,  I,  189. 
Plutarque,  I,  10,  189  ;  —  II,  145. 
Poggini  (Spuno),  II,  128, 
Poissenot  (Bénigne),  II,  245, 


386 


TABLE   ALPHABETIQUE  GENERALE. 


Poissy  (Colloque   de),   I,   244,   266, 

282,  286. 
Poitevin  (B.).  II,  151. 
Poitiers,  II,  96,  146,  230,  231. 
Poitiers  (Diane  de),  duchesse  de  Va- 

lenlinois,  1,  180,181,  306. 
Poitiers  (Guillaume  de),  seigneur  de 

Saint-Vallier,  I,  229  n. 
Polelti,  libr.  à  Venise,  II,  352  n. 
Police  (la)  de  l' Aulmosne  de  Lyon, 

I,  122. 
Police    subsidiaire    a    celle  quasi 

infinie  multitude  des  povres  . . ., 

1,  120. 
Polidoro  Virgilio,   I,  165. 
Poliziano  (Aogeloi,  I,  103. 
Poliero  (Giulio),  II,  271. 
Polin  (le  capitaine).  Voy.  La  Garde. 
Pologne  1,  261,  266-268. 
Polombello  Corano  (Frà  Gasparo),  II, 

336. 
Pompadour  (Geoffroy  de),  I,  23  n. 
Pomponazzo  (Pietro),  1,  63  n. 
Poncelet  (Nicolas),  libr.  à  Paris,  II, 

188. 
Poncet  (Maurice),  II,  277  n. 
Poncet  (Simon),  II,  277. 
Poncher   (Estienne    de),   arcliev.  de 

Sens.  I,  23  u. 
Pons  (Jacques),  II,  199. 
Pontac  (Arnaud  de),   1,  249. 
Pontano  (Gio.  Gioviano),  I,  103. 
Pontievre.  Voy.  Penlliièvre. 
Porchères   (Honoré  Laugier  de),  II, 

143  n. 

P0.NT0UXiCLAUDEDE),n<'  XXVIII,  t.  II, 

pp.  49-57.  —  Cf.  ][,  60.  64. 
Pontoux   (Claude   de),    seigneur   de 

Granges,  II,  55  n. 
Porlau    (Thomas),  impr.  à   Saumur, 

I,  378. 
Portonariis    (Andréa    de),    libr.    en 

Espagne,  I,  186. 
Portonariis    (Domenico    de),    libr.  à 

Lyon,  I,  185. 
Portonariis    (Gasparo  de),    libr.    en 

Espagne,  1,  186. 
Portonariis  (Marguerite  de),  I,  185. 
Portonariis   (Vincenzo   de;,   libr.  en 

Espagne,  1,  185,  186. 
Portos  (Krançois),  ),  352. 
PosTEL  (Guillaume),  n"  XX,  t.  I,  pp. 

313-324.  —  Cf.  I,  68,  96  n.,  109  ; 

—  11,  82,  85. 
Potez  (Henri),  II,  357. 
Polon(Jean)  de  Saintrailles,  H,  166  o. 
Poupo  (Pierre),  II,  301. 
Pourrai  (Philippe),  II,  194. 


Poyet  (Guillaume),  chancelier,  1, 815. 

Prévost  (Honorai),  II.  217. 

Prévost  (Mathurin'i,  libr.  à  Paris,  II, 

196. 
Prévost  (Paul),  seigneur  de  Brenault, 

I,  326  n. 
Priapea,  11,263. 

Primaleon  de  Grèce,  I,  271,  305. 
Prévosteau  (Eslienne),  impr.  à  Pa.-is, 

II,  211,  239,  2iO. 
Prinet  (Max),  H,  244. 
Priuli  (LorenzoK  II,  157. 
Privey  (Maurice),  II,  60. 
Proclus,  I,  23  n. 

Prontuario  de  le  medaqlie,  I,  199, 
219. 

Prunis  (le  chanoine),  II,  203. 

Pseaumes  {les  sept)  de  la  péni- 
tence, de  P.  Aretino,  1,  147,  154. 


Queck  (Paul),  impr.  à  Bàle,  I,  178. 


Rabatla  fVincenzo),  II,  .3.36,  337. 
Rabelais  (François),    n"  IX,    pp  95- 

104.  —  Cf.  i,  122;  —  11,  356. 
Rabyot  (Dionys),  II,  306  n. 
Rademaker    (Jan),    II,   98   n.,    127, 

129. 
Radzivvillowna  (Barbara),  1,  261. 
Rsmond  (Florimond  de),  I,  323  n.  ; 

—  Il,  141. 

Raqionameti ta  havulo  in  Lione,  1, 

204. 
Ragot  (Anne),  H,  317  n. 
Ragot  (Emmanuel),  II,  317  n. 
Raguier    (Louis),    seigneur    de     La 

Motte  de  Tilly,  I.  77. 
Ragusa  (Martino  da),  impr.  à  Naples, 

I,  276. 

Raguse,  I,  252,  329,  350;  —  II,  118. 
Ragusea  (la),  courtisane  vénitienne, 

II,  50. 

Rahlenbeck  (Charles),  II,  95  n. 
Ravmond  (Florimond  de),  I,  323  n.  ; 

—  Il,  141. 

Raince  (Auguslin),  I,  94  n. 
Raince  (Claude  1"),  I,  94  n. 
Raince  (Claude  II),  I,  94  n. 
Raince  (François),  94  n. 
Raince  (Françoise),  I,  94  n. 
Raince  (.lean),  I,  94  n. 
Raince  (Nicolas),  n»    VII,    t.    1,  pp. 
79-94.  -  Cf.  I.  252;  —  II,  356. 
Raince  (Nicolas  II),  I,  94  n. 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


387 


Raince  (Nicolas  III).  I,  94  n. 

Raince  (Pierre),  I.  9't  n. 

Raince  (Simon),  I,  94  n. 

Rainoldi  (Elisabetta),  II,  40  q. 

Ramier  (i^ierre),  impr.  à  Pari»,  II, 
•239,  265. 

Ramigny  (Lazare),  II,  109. 

Rampazetto  (Francesco),  libr.  à  Ve- 
nise, I,  280  n. 

Rance,  I,  19. 

Raridan  (Charles  de  La  Rochefou- 
cauld, comte  dei,  I.  266. 

Ranzo  (Jeronimo;,  1,  79. 

Rapin  (Nicolas),  II,  288,  289,  297. 

Ravaud  (Jean),  sieur  de  Bocgriman, 
11,318  n. 

Ravel  (Claudine),  I,  186. 

Ravel  (Pierre  de),  II,  152. 

Ravenoido  (Andréa),  libr.  à  Venise, 
II,  219. 

Ravot  (Antoine),  impr.  à  Turin,  1, 
19  û.,  162  n. 

Ravot  (Claude),  impr.  à  Paris,  puis 
à  Lyon,  l,  162  n. 

Ravot(Pierre),impr.  àTurin,  1, 162  n. 

Razzi  (Girolamo),  II,  342  n. 

Réaumur  (M'ie  de),  II,  355. 

Receveur  (Claude),  II,  245. 

Reffuge  (Marguerite  de),  11,  184. 

Regnault  (François),  libr.  à  Paris, 
I,  10  n. 

Regnault  (le  P.  Robert),  II,  124  n. 

Régnier  des  Marais  (Franc.  Séra- 
phin), II,  351. 

Reich  (Johann),  dit  Richius,  I, 
54  D. 

Reidellet  (le  P.  L.),  Il,  351. 

Reynaud  (Hector),  I,  251  n. 

Reinhardt  (.Johann),  impr.,  I,  161  n. 

Reinier  (Jacques),  II.  227. 

Rély  (Jean  de),  II,  296. 

Renda(LI.),  I,  104  n. 

Renée  de  France,  duchesse  de  Fer- 
rare,  I,  33;  -II,  155. 

Renzo,  I,  79. 

Renzo  (Benedetto),  1,  80. 

Rentio  (Nicolas),  I,  S8. 

Resecco  (Fabrizio),  H,  179. 

Résolution  claire  et  facile  sur. . . 
la  prise  des  armes.  II,  257. 

Reure  (l'abbé),  II,  194. 

Reuss,  I,  353  n. 

Reuss  (Heinrich  III  von),  seigneur 
de  Platten,  etc.,  Il,  350  n. 

Ribier  (Guillaume),  I,   84  n.,  85  n. 

Riccardi  (Pietro),  I,  34  n. 

Riccio  (Michèle),  I,  315  n. 

Riccoboni  (Antonio),  II,  174. 


Ricevera,  I,  67  ;  —  II,  355. 
Richard  (Jean),  II,  59,  65. 
Richard  (J.  G.),  Il,  306  n. 
Richard  (la  veuve  de  Thomas\  libr. 

à  Paris,  II,  82. 
Richardot  (Antoine),  II,  56  n. 
Richardot  (François),  II,  56  n. 
Richardot  (Guillaume),  II,  56  n. 
Richardot  (Jean),  seigneur  de  Barli, 

II,  56  n. 

Richelieu  f\rmand,  cardinal  de),  i, 

378;  —  II,  333. 
Richer  (Christophe),  1,  97  n. 
Richer  (Jean),    impr.    à    Paris,    II, 

152  n.,  231,  303. 
Richter  (Joh.  Paul),  II,  171. 
Ridolfi    (Lucantonio),   I,     187,    189, 

193,  194,  196,  202,  206,  207,  213, 

214,  218,  219;  —  II,  11   n.,    15, 

2.3,  24.  26. 
Riez,  I,  241. 
Rigaud    (Benoist),    libr.  à    Lyon,   l, 

298  n.  ;  —  II,  52  n..  53,  199,  226. 
Rigault  (Nicolas),  11,  333. 
Rigolet  'J.\  II,  239. 
Rihel  (Joh.),  l,  21  n. 
Rincio  (Bernardiuo),  I,  79. 
Rinoceronte  (Capitauo),  II,  341  n. 
Rinuccini  (Alamanno),  I.  189. 
Rippa  (Alberto  da),  ou  Délia    Ripa, 

musicien,  I,  303. 
Rivasson  (Jean),  11,  143  n. 
Rivaudeau  (Robert),  seigneur  de  La 

Guillolière,  1,  272. 
Roanne,  I,  6. 

Robertet  (Florimond),  I,  9  n.,  14  n. 
Roberlis    (Dominico    de),    impr.    à 

Séville,  II,  217. 
Robinot   (Gilles),    impr.    à    Paris,  1, 

137  n. 
Rocca  (Bernard ino),  II,  91, 
Rochechouart  (Charles  de),   II,  9  n. 
Roën  (Jean),  11,  105. 
Roffignac  (Christophe  de),  I,  74. 
Rogier  (Guillaume),  1,  84  n. 
Rohan   (François   de),    seigneur    de 

Gyé,  l,  239. 
Roy  (Emile),  11,  3H;. 
Roillart  (Louis),  11,  209. 
Roillart  (Pierre),  11,  209  n. 
Rollet  (Philibert),  impr.  à   Lyon,  I, 

190,  192. 
Romain  (Philippe),  I,  187. 
Rome,   l,  5,   17,   80  83,  85,  88,  95, 

112,  113,239.  251,  252,  262,  275, 

281,  290,  323  ;  —  11,  51,  71,  97  n., 

III,  118,   138,  260  n.,  269,  330, 
357. 


388 


TABLE    ALPHABETIQUE    GENERALE. 


RoMiEU   (Jacques   de),   n»   XLVIII    t. 

II,  pp.  223-228. 
Roraieu    (Marie    de),    II,    225,    227, 

232,  283. 
RoMiEU    (Paul),   LXI,  t.  II,  pp.  SM, 

345. 
Rompre,  II,  65. 

Rondelet  (Guillaume),  II,  164  n. 
Ronsard  (Pierre  de),  I,  73,  241,  244,  j 

298,  303,  304  ;  —  II,  9  n.,  65  d., 

66,  225. 
Roquetlft  (Estienne),  II.  271. 
Roscio  (Giulio),  II,  273. 
Roseo  (Mambriûoj,   de    Fabriano,  I, 

347  n. 
Rossi  (Francesco\  de'  Salviali.  pein- 
tre, I,  294  n. 
Rossi  (Giovanni),  impr.    à   Rologne, 

II,  72. 
Rossi  (Pinc  de",  II,  12. 
Rolarius   (.loanoes).    Voy.    Radema- 

kpr. 
Rolh,  libr.   à    Francforl-s.-le-M.,   II, 

276. 
Roth  (Adam),  impr..  I,  161. 
Rothschild    (le    baron    .Tunes     de), 

bibliophile,    1,     120    u.  :    —   II, 

179  D. 
Rott  (Edouard),   I,  9  n  ,    13   n.  ;  — 

11,  117. 
Rouard,  I,  66. 
Rouillé  —  Roville,  I.  184. 
Roussat  (Richard),  1,  185. 
Rousselet  (Pierre),  I,  186. 
Rousset  (Nicolas),  libr.   à  P<iris,    11, 

306  n. 
Roussy  (.Madi'Iein"  de  JMailly,  femme 

de  Charles  de  Rove,  comte  de),  1, 

66. 
Roussin  (Pierre',  im[)r.  à   Lyon,    11, 

219. 
Roux  (Pierre),  impr.  à  Avignon,    I, 

246;  —  II,  34,  35,37,  4i,  46. 
Rovesiale  (Ricardo),  11,  111  n. 
Roville  (Drivonne  de),  I,  ls6. 
Roville    (Guillaume),   n"    XII,   t.   1, 

pp.  183-220.  —  Cf  J,  115;  —  II, 

7,  11,  12,  16,  20,  21,  28,  130;  - 

ses  héritiers,  II,  351  n. 
Royat  (Fontaine  de),  1,  181. 
Roye  (Charles  de),  comte  de  Roussy, 

I,  66 

Ruble  (Baron  Alph.  de),  II,  10  n. 
Ruelle    (Jean),    impr.    à    Paris,    I, 

10  n. 
Ruff  (Simpert),  impr.,  I,  119  n. 
RufTey  (Jean  de  Vienne,   baron   de), 

II,  57. 


Ruffi.I,  U  n. 

Ruffiuelli  iGiacomo"!,  impr.  à  Venise, 

II,  272. 
Rusca  (Eleuterio),  I,6i  n. 
Ruscelli  (Girolamo),  1,  115,  215,  218, 

220;  -  II,  91. 
Russel  (Francis),  comte  de  Bedford, 

I,  215. 


Sabbio  (Lodovico  da\  impr.,  I,  248. 
Saquespee  (Antoine  ?),   seigneur    de 

Sélincourl,  II,  50,  57. 
Saciati  (Alberto),  I,  44  n.,  135  n. 
Sadoleto  (Jacopo),  cardinal,   I,    169, 

276. 
Sagon  (François  de),  I,  2.36. 
Saillant    (Ghrestienne     de   Baissey, 

dite  M"«  de),  11,  59,  60. 
Saint-Acheul,  1,  81,   82  n.,   8i,   87. 
Sainl-Barthélemy   (la),   I,  266,  324. 
Saint- Calais,  abbaye,  1,  81,  82  n,  87. 
Saint-Blancard  (Bertrand  d'Orne-an, 

baron  de),  1,  228. 
Saint-Christophe  de  Jambet,  I,  Idi. 
Sainte-Justine  de   Padoue.   1,  28   n. 
Siinte-Miirguerile,  îie,  I,  228,  231. 
Sainte-Marthe  (Charles  de),  11,  Il  n. 
Sainte-Marthe  (Scévole  de),  II,  156, 

158, 161  n.,  179,  288,  29.5,  297,  358. 
Saint-Gelais  (Meli.in  de),  n"  V,  t.  I, 

p.  51.  -  Cf.  1,59.  66,  241,  303  n.. 

334;  —  II,  10  n,  11  n. 
Saint-Jean  (Claude  de\  I,  66 
Saint-Romuald  (le  P.  de).  I,  66. 
S.iint  Maisal  (Rigal  de),  11,  6  7. 
Saint-Martin  (J^an  de).  11,  143  n. 
Sainl-M  irtin-des-Champs,   à     Paris 

(prieuré  de),  I,  324. 
Samt-Pierre-le-Vif,  abbaye,  1.  2()1. 
.Saint-Saeiis,  abbaye.  1.  283. 
Sainl-Sulpice    (.\nt(iine     Du    Bourg, 

baron  de).  II,  175  n. 
Haint-Symphnrien,  1,  Rtl. 
Saint-Thomas  (Claude   de),  11,   227. 
Saint-Yon  (Peir;tte  de),  11,55. 
Sayve  (Antoinette),  II,  65  n. 
Sayve  (Estienne),  II,  64  n. 
Sayve  (François),  II,  64 
Sayve  (Olivier^.  II.  65  n. 
Sayve  (Jean),  il,  II 1  n. 
Sala  (Fécuyer).  I,  106. 
Sala-rais,  1,  228. 
Salcedo,  I,  355. 
Salel  (Hugues),  I,  69,  74 
Salicato  (Altobello),  impr.  à  Venise, 

11,74  n. 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


389 


Salignac  (Barlliéleray  de),  1,  54  n. 
Salirabeni  (Gio.  BalUsta),  II,  163. 
Sallel  (Jeanne),  II,  279. 
Sabni   cU    David,  I,  182,  359,  .364, 

373-377. 
Salomon  (Bernard),  grav.,  I,  175. 
Saluées  (Gabriel,  marquis  de),  II,  82. 
Salviani  (Ippolilo),  II,  155  n. 
Salvioni  (Pielro),  impr.  à  Macerata, 

II,  348  n. 
Samerponl  (Mathieu  de),  II,  271. 
Samouillan  (AI.),  I,  326  n. 
San  Casciaoo,  II,  166. 
Sandiiion,  II,  161. 
Sanesi  (Giuseppe),  II,  357. 
Sanesi  (Ireneo),  I,  276  n. 
San  Gioanni  (Claudia),  I,  66. 
Sangiorgi  (Jacopino  da),  I,  2. 
Sanguin    (Jacques),  seigneur  de  Li- 

vry,  I,  335  n. 
Sannazaro  (Jacopo),  I,  56,  57,  206, 

208;  -  II,  236  n. 
San  Pedro  (Diego  de),  I,  165. 
San  Severino  (Federigo),  cardinal,!, 

17  n.,  18. 
Sansovino   (Francesco  ïatti,  dit),  1, 

280  n.  ;  -II,  28,74. 
Santasofia  (Girolamo),  II,  323  n. 
Santasofia  (P.),  II,  323. 
Santa  Uliana  (Elena),  II,  322. 
Sanuto  (Marino),  I,  4-  n.,  5  n. 
Sarpi   (Frà   Paolo),   I,  283  n.,   372, 

373;  —  II,  112  n.,  113,  125,  290- 

293, 
Saugrain    (Jean),    libr.   à   Lyon,    I, 

823  n. 
Saumaise  (Bénigne  de),    II,   65   n., 

305,  306  n. 
Saumaise  (Claude),  II,  306  n. 
Saumaise  (Estienne  de),  II,  65  n. 
Saumaise  (Jérôme  de),  II,  65  n. 
Saur,  impr.  à  Francfort-s.-le-M.,  II, 

276. 
Savaron  (Jean),  II,  289.. 
Savigliano    (Gabriello),    médecin,   I, 

101. 
Savigny,  abbaye,  I,  119  n. 
Scaliger  (Joseph),  I,  324  ;  —  II,  102, 

107,  125,  289. 
Scaliger  (Jules-César),  1,  74  ;   —   II, 

231. 
Scanderbeg,  I,  254  n. 
Scaraveili  (Ippolita),  dame  de  Milieu, 

II,  227. 
Scarron  (Clémence),  II,  5  n. 
Scarron  (Jean-Eustache),  II,  5  n. 
Scarron  (Louise),  II,  5  n. 
Scève  (Claudiue),  I,  125  n. 


Seève  (Guillaume),  I,  124. 

Scève  (Jean',  prieur  de  Montrottier, 

I,  159. 

Scève  (Maurice),  I,  125,  156,  163, 
167,  170,  171,  2.36. 

Schefer  (Charles),  I,  221,  230  n., 
232  D.,  329  n.;  —  II,  121. 

Schioppius.  Voy.  Schopp. 

Schlotthauer  (Joseph),  I,  129. 

Schomberg    Gaspard  de),  II,  50  n. 

Schomberg  (Henri,  comte  et  maré- 
chal de),  II.  333. 

Schomberg  (Wolfgang  von),  II,  50  n. 

Schopp  (Kaspar),  dit  Schioppius,  II, 
198. 

Schwallart  (J.),  II,  276.  Voy.  Zuallart. 

Schwartz  (Johann.),  impr.  imaginaire 
à  Munich.  I,  365. 

Schwendy  (Lazarus  von),  II,  76. 

Scoriggio  (Lazzaro),  impr.  à  Naples, 

II,  .349  n. 

Scoto  (Francesco),  II,  322  n. 
Scribanus  (le  P.  Carolus),  II,   125  n. 
Scrimger  (H.),  I,  352. 
Secchia  (Francesco    Beltramo),  d'U- 

dine,  comte  de  Marrano,  I,  229-230. 
Séché  (Léon),  I,  289  n. 
Sedan,  I,  360  n.,  363,  .-^64,  371,  376. 
Segni  (Lodovico),  II,  163. 
Segrè,  II,  355, 
Séguier(Anne),  II,  215,217. 
Séguier  (Pierre),  \,  328  n. 
Sevraour     lAnne,      Marguerite     et 

Jeaune),  I,  155,  299,  301. 
Seyssel,  ville,  II,  335. 
Seyssel  (Agnès  de),  I,  24. 
Seyssel  (Antonine  de),  1,  24. 
Seyssel  (Claude  !«'  de),  maréchal  de 

Savoie,  I,  2. 
Seyssel  (Claude  [II]  de),   n"  I,  t.  I, 

pp.  1-25;  II,  355. 
Seyssel  (François-Philibert  de),  baron 

d'Aix,  I,  12  n. 
Seyssel-Cressieu   (Marc,  comte  de), 

i,  1  n. 
Seytres  (Françoise  de),  II,  42. 
Selincourt  (Antoine  (?)  Sacquespée, 

seigneur  de).  Voy.  Sacquespée. 
Selve  (Georges  de),  1,  83,  85. 
Selve  (Jean  de),  I,  89. 
Selve  (Jean-Paul  de),  I,  246. 
Semerpont  (Mathieu  de),  II,  271. 
Senault  (le  P.),  II,  213. 
Sénèque,  1,  9. 
Senneton  (Antoine),  I,  354  n.;  — II, 

151,  154. 
Sepp  (Christiaan),  II,  95  n. 
Serbelloni  (Cecilia),  II,  40  n. 


390 


TABLE    ALPHABETIQUE   GENERALE 


Serbelloni  (Franrpsco  Fabri/.io),  II, 
34-36,  40,  41.  4'3,  47. 

Serbelloni  iPietro),  11,  40  n. 

Sergent  (  Pierre),  impr.  à  P.iris,  1, 123. 

Seriio  (Sebasliano),  I,  154,  157,  174, 
210. 

Serre  (Honoré),  II,  2.35. 

Serre  (Thomas),  II,  234. 

Serres  (Jacques),  abbé  de  Monta- 
bourg,  II,  227. 

Serres  (Mme  de),  II,  227. 

Serres  (Olivier  de),  sieur  du  Pradel, 
II,  227. 

Sertenas   (Vincent),   libr.    à    Paris, 

I,  254  n.,  272. 

Servain    (Estienne),   impr.   à    Lyon, 

II,  199. 

Servin  (Louis),  II,  306. 
Sevestre( Pierre),  libr.  à  Paris,  II,  189. 
Sevin  (Jean),  I,  95 
Sforza  (Otlaviano  .Vlaria),  I,  4. 
Sibiiet  (Tliomas),  I,  349,  c54  n. 
Sidney  (Philipp),  I,  357,  358. 
Sidoine  Apollinaire,  II,  289. 
Sienne,  I,  15,  17,  265,  268. 
Sigismond-Augusle,  roi  de  Pologne, 

I,  261. 

Silly  (Jacques  de),  comte  de  Roche- 
fort,  II,  82. 

Sillv  (Françoise-Marguerite  de),  II, 
310. 

Sigonio  (Carlo),  II,  159,  164,  165, 
173,  174  n. 

Silva  (Miguel  de),  I,  213. 

Silvecane  (Guillaume  de),  I,  223  n. 

Silvecane  (Nicolas),  I,  223. 

Sylves  (Garci),  I,  244  n. 

Svlvester  (Josuah),  II,  257. 

Silvia,  II,  190. 

Silvius  (Guillaume),  impr.  à  Anvers, 

II,  127  n.,  130. 

Simeoni  (Gabriel),  I,  55,  62,  66, 
165,  180,  185,  201.  2^3.  208,  210, 
212,  214. 215,  216,  219,  220, 294  n.; 
—  Il,  45. 

Sbnulachres  {It's)  et  historiées 
Faces  de  la  Mort,  1,  127-133. 

Sirod,  IL  241 

Sle,idan(Joh   Philippsohn,dit),  I,  21n. 

Sdfferoni  (Malteo),  I.  152. 

Sohier  (Guiilaurael,  H,  350  n.,  351. 

Solerti  (Angelo),  II,  322  n  ,  323  n. 

Soliman,  I.  227,  228,  313. 

Sorleone  (Alessandro),  !,  224. 

Sormano  (Gasparo),  I,  82. 

Sossin  (Ponson),  II,  341,  3i3. 

Soubrou  (Thomas),  libr.  à  Lyon,  II, 
199. 


Soultrait  i;Georges  de),  II,  209. 
Sourio  (Jean  de),  II,  227. 
Sozzi  (Giacomo),  II,  25  n. 
Sozzini  (Alessandro),  II.  155. 
Spada  (Gherardo).  II,  28. 
Spandugiuo  (Théodore)  Cantacuzène, 

I,  232. 
Spavento  (Capitano),  II,  341  n. 
Speroni  (Sperone),  II,  322  n. 
Spon  (Jacob),  II,  352  n. 
Slafileo  (Giovanni),  I,  83. 
Stampa    (le   Comte  Massimiano),  I 

136. 
Staraplé  (Pierre),  II,  156. 
Stofner  (Johann),  I,  309-311. 
Stratius    (Jean)  ,    libr.   à    Lyon,   H, 

245. 
Strozzi  (l'abbé),  II,  351  n. 
Strozzi    Ciriaco),  II,  105.  10(î. 
Strozzi  (Filippol,  11.  96,  97, 101-107. 
Strozzi  (Lionardo),  II,  14  n. 
Strozzi  (Leone),    I,  229;  —  11,  105. 
Strozzi  (Piero),  I,  226,   257,  268  n., 

269;  —  II,  96.  105. 
Strozzi  (Pompeo),  I,  231. 
Stuart  (Jean),  duc  d'Albany,  I,  83. 
Suarès  (Jospph-iMarie),  11,  351. 
Suci  (Francpsco),  impr.  à  Ferrare,  I, 

39. 
Suétone,  I,  165. 
Suisses,  I,  13,  18. 
Sully,  IL  161. 
SuUv    (Ma.ximilien  de  Bélhune,  duc 

de),  IL  199. 
Surdy  (Mi"-  de),  II,  352. 
Sussanneau  (Huberfi,  I,  108. 
Sziget,  11,76. 


Tabert   (François),  libr.    à   Paris,  II, 

187,  188. 
Tabourot   (Estienne),  II,  143  n..  301, 

303. 
Tacchi  (le  P.  Pietro),  II,  357. 
Taffin  (Hermann).  sieur  de  Torsav, 

n»  XXXIV,  t.  II.    pp.   95-107.  — 

Cf.  I.  360,  376,  377. 
Taflin  (Jacques),  II.  95.  99,101. 
Taffin  (Jean),  II,  95,97  n.,  98. 
Taffin  (Nicolas  i,  II,  95. 
Taffin  (Pierre).  II,  95  n 
Taflin  (Quentin),  sieur  de  La  Pré,  II, 

95,96,  98. 
Tagliacarne(Benedetto),  ditTeocreno, 

I,  59  n.,  63. 
Taillemont  («".laudrt  de).  11,  13  n. 
Taillepied  (Frère  Noël),  II,  2.32. 


TABLE   ALPHABETIQUE   GENERALE. 


391 


Tainturier  (Jean),  impr.  h  Bourg-en- 
Bresse,  11,  349  n. 
Taraizey  de   Larroque  (Philippe),  1, 

74,  235  II..  251  n.,295  n. 
Tarapach  (Gotlfried),    iibr.  à  Franc- 

fort-s.-M.,  II,  276  n. 
Tané,  II,   61 

TaplienoD  (Gabriel),  médecin,  1,  101. 
Tartier.  Voy.  Le  Tartier. 
Tassin  (Cbarles),  II.  357. 
Tassins.  I,  118. 
Tasso  (Bernardo),  I,  109. 
Tasso  (Torquato),  II,  183,  219. 
Tassooi  (Galeazzo),  I,  135  n. 
Tatli  (Francesco).    Voy.   Sansovino. 
Tatli  (Giovanni).  I,  315  n. 
Tatli  (Jacopo),  dit  Sansovino,  I,  315  n. 
Tausseral-Radel,  1,  97  n. 
Telesphorus,  II,  liO. 
Téligny  (Louis,  seigneur  de),  II,  9  n. 
Téiigny  /Marguerite  de),  II,  249. 
Télignv  (Odet  de  La  Noue,  seigneur 

de),'  II,    249,    257.   —  Voy.    La 

Noue. 
Tenrier  (Pierre),  II,  233. 
Teofilo  (Massimo),  I,  164,  177,  178. 
Ternali  in  glovia  di  Giidio   III  et 

délia    maeslà   délia   reina,   par 

P.  Aretino,  I,  155139. 
Terissan  (Françoise  de),  II,  143  n. 
Tessier  (Carle)i  II.  206. 
Tessier  (G.),  no  XLV,  t.  II,  pp.  205- 

207. 
Tcslamento   (Nitovo),  I,    177,    182, 

190,  192,  197,  20i. 
Teslori  (Gugiielmoj,  II,  205  n. 
Thadée   (Frère),   augustin   lyonnais, 

I,  24. 

Théâtre  de  française  désolation.  I, 

122. 
Themon-Dessy   (Ed.),    impr.  à  Atb. 

II,  279. 

Théodore  (Jean),  II,  96. 

Thermes    (Marguerite   de    Saluces- 

Cardé,  dame  de),  I,  203. 
Thesut  (Jacques  de),  II,  65  n. 
Thesut  (Louis  de),  II,  65  n. 
Tbevet  (André),  I,  317. 
Thibault    (Nicolas),   abbé   de  Saint- 

Calais,  I.  84. 
Thibault  (Nicole),  procureur  général, 

I,  84. 
Thiboust  (S.),  Iibr.  à  Paris,  II,  200. 
Thiene    (le   comte    Edoardo  di),    I, 

360  n. 
Thierry  (Amiable).  II,  30. 
Thierry  (Claude),  II,  30. 
Thierry  (Gilbert),  II,  30. 


Thierry  (Gontran),  II,  ,30  n. 

Thierry  (Jacques),  II.  30. 

Thierry  (Marie),  II,  30. 

Thierry  (Pierre),  II,  31. 

Thierry    (Thomas),    n"    XXV,    t.    II, 

pp.  27-31. 
Thou   (Adrien  de),  seigneur  d'Hier- 

ville,  I,  335  n.,  347,  .348. 
Thou  (Anne  de),  I,  355  n. 
Thou  (Augustin  II  de),  1,  335  n,;  — 

II.  117  n. 
Thou  (Augustin  de),  seigueur  de  Bon- 

nœil,  I,  344  n. 
Thou  (Barbe  de),  I.  335  n. 
Thou  (Christophe   de),    seigneur   de 

Bonnœil,  I,  328  n.,  335  n.  ;   —  II, 

178,  295. 
Thou  (Jacques  de),  seigneur  du  Bi- 

gnon,  I,  326,  334  n. 
Thou  (Jacques-Auguste  de),  I,  108 n., 

328,  304;  -  II,  276,  331, 
Thou  (Jeaune  de),  I,  335  n.,  346  n. 
Thou  (Marguerite  de),  I,  326,  335 n., 

346  n. 
Thou  (Nicolas  de),  I,  33i,  3.35,  337, 

346,  348. 
Thuasne  (Louis),  1,  27  n.,  95,  103  n. 
Thucydide,  I,  10. 

Thumery  (Jean  de),  sieur   de   Bois- 
sise,  II,  289. 
Tyard  (Pontus  de),  I,  241  ;  -  II,  13 

n.,  66. 
Ticioni  (Gio.  Giacomo),  I,  24, 
Tigeou  (Jacques),  I,  247. 
Tilens  (Antoine),  impr.  à  Anvers,  H, 

36,  37. 
Tissier  (J.),  II,  345. 
Tissot  (Jeanne),  II,  328  n. 
Todeschi  (N.),  dit  le  Panormitain,  I, 

167  n. 
Toepke,  II,  2. 
Toisay  (mauvaise  lecture),  II,  102  n. 

—  Voy.  Torsay. 
Toldo  (Pietro),  I.  41,  104  n. 
Tolomei  (Claudio),  I,  58  n.,   91    n., 

113-115,  348  n. 
Tolomei  (Febo),  I.  92  n. 
Tolomei  (Girolamo),  I,  113  n. 
Tombeau   [le)    de   Marguerite    de 

Valois,  I,  299. 
Tomitano  (Bernardo),  I,  215. 
Tongheren   (Guillaume  van),  Iibr.    à 

Anvers,  II,  278. 
Tordi  (Domeuico),  I,  44  n. 
Tory  (Geoffroy),    impr.  à    Paris,    I, 

12  n. 
Torsay  (Hermann  Taffin,  sieur  de). 

Voy.  Taffin. 


392 


TABLE   ALPHABETIQUE    GENERALE. 


Tosalo  (Aonibale),  H,  322. 
Toscano  (Lorenzo),  I,  82. 
Toulouse,  I,  326;  —  II,  116.  lit). 
Toulouse  (Pariemenl  de),  I,  3. 
Tournai,  II,  95,  244. 
Tournebu    (Adrien    I"    de).     Voy. 

Turnèbe. 
Tournebu  (Adrien  II  de),  11,  151. 
Tournebu  (EsUenne  de).  II,  151. 
Tournebu   (Odet  deI,  n^  XXXIX,  t. 

II,  pp.  145-152.  — Cf.  Il, 122,  156, 

177,  182. 
Tournes  (Jean  [I^']  ue),  impr.  à  Lyon, 

no  XI,  t.  1,  pp.  161-182.  —  Cf.  I, 

9  n.,  158,  187. 
Tournes  (Jean   II   ;le),  irapr.  à  Lyon 

et  à  Genève,  I,  166,  181,  373  ;  — 

II,  122  n.,  123  D.,  257. 
Tournon  (Claude  de  Turenne,  dame 

de).  II,  226,  2i2,  243. 
Tournon  (Collège  de),  I,  108,  110. 
Tournon    (François,    cardinal    de), 

no  IX,  1. 1,  pp.  105-116.   —  Cf.  I, 

83,  98,  260  ;  —  II,  6,  355. 
Tournon  (JusL-Loïs,  baron  de),  comte 

de  Roussillou,  II,  226,  241. 
Tournon  (Lovs  de),  seigneur  d'Arlan, 

11,241 
Touset  (Claude),  impr.  à  Carpentras, 

H,  45. 
Toussaiu  (Jacques),  I,  68. 
Touszèle  (Jeanne  de),  I,  127. 
Traicté  du  délit  coimnun.  etc..  H, 

306. 
Tramasure  (Jean  de),  11,  279. 
Tramezino  (Michèle),  impr.  à  Venise, 

I,  89. 

Traves    (Hélène   de    Clermont,   dite 

Mlle  (le),  I,  66. 
Treciisel   (Gaspard),    libr.    à    Lyon, 

puis  en  Espagne,  I,  186. 
Treciisel     (Melcliior     et     Gaspard^i, 

impr.  à  Lyon,  I,  127,  136,  138. 
Tredelian  (Pierre),  I,  165. 
Tremblay  (Jean),  impr.  à  Avignon, 

II,  44. 

Tremelius  (lunrnanuel).  II,  109. 

Trêves,  1,  2. 

Trichet   du   Fresne     (Haphaël),     11, 

351. 
Tricotel  (Edouard),  I,  30i  n. 
Trionli  (Francesco),  H,  348  n. 
Trissino  (Gio.  Giorgio),  11,  12. 
Trislan  de  Leonnois,  I,  307. 
Trivulzio    (Agosliuoî,     cardinal,     I, 

85  n.,  111. 
Trivulzio  (Pomponio),  1,  276. 
Truchet  (l'abbé).  II,  162  u. 


Trumeau  (François),  impr.  à  Troves, 

L246.  ■      ^^       ^ 

Tullon  (Anne),  11,  15. 
Turchi  (Sempronio),  11,  180  n. 
Turcs,  II,  67-76 
Turenne     (Claude     de),    dame     de 

Tournon.  Voy.  Tournon. 
Turin.  I,  21-24,  98,  100;  —  II,    67, 

162 
Turin  (Université  de),  1,  2. 
Turini  i^Baldassarre),  I,  18,  n.  3. 
Turnèbe  (Adrien  de  Tournebu,   dit), 

l,242n.,354n.;-ll.  142  n.,  145. 
Turner  (Robert),  11,  266. 
Turbin  (Claude),  n»    XXIX,    II,    pp. 

59-66.  —  CL  I,  285  n. 


Uberti    (Alessandro   degli),   I,   204, 

212;  —  II,  20,  21,  24. 
Uberti  (Niccolô  degli),  II,  21. 
Udine  (Bellramo  da).    Voy.    Secchia 

(Beltramo). 
Ugbelli,  I,  4  n. 
Ulloa  (Alonso   de),  11,   45,   91,   217, 

218,  259  n. 
Umanilà  (l')   di  Cristo,  de  P.  Are- 

tino,  I,  136,  137,  140,  143,  154. 
Urfé  (Claude  d'),  l,  114  n. 
Uire.  (mauvaise  lecture  pour  Voré), 

I,  99  n. 
Urrea  (Gerônimo  de),  I,  184  u. 


Vadillo  (P.  Vinc.  de),  II.  235. 
Vaganay  (Hugues),  II,  65  n.,  220. 
Vaillant  (Germain)  de  Guélis,  appelé 

par  erreur  de  La  Guelle,  i,  354  n. 
Valée    (Joachim),   II,    228.    Voy.    La 

Val. 
Valence,  I,  109. 
Valensole,  doyenné,  I,  248. 
Valentin  (Pierre),  libr.  à  Hoiien,    11, 

183. 
Valet    (Antoine),    \\°    XXXII,    t.    II, 

pp.  81-88.  —  CL  11,  145,  241. 
Valgrisio  (Felice),  impr.,  1,  162  n. 
Valgrisio  (Vincenzo).   Vov.  Vaugris. 
Va!la  (Lorenzo).  1,  103.  " 
Vallauri  (Tominaso),  1,  2  n. 
Vallon  (Marie  de),  227. 
\'al(in  (Arlus),    seigneur   de    Rozey, 

11,  55  n. 
Valvassori  (Giov.  Andréa),  dit  Gua- 

dagnino,     impr.     à     Venise,    11, 

27  n. 


TABLE    ALPHABETIQUE    GENERALE. 


393 


Vanden  Crnise  (Gaspard),  ou  de  La 
Croix,  I,  223. 

Vandeu  Rade  (Gilles),  impr.  à  An- 
vers, II,  128. 

Vanden  Zande  (Martin),  il,  271-273. 

Vander  Aa  (A.  J.),  II,  95  n. 

Vander  Haegtien  (Ferdinand),  I, 
353  n. 

Yarchi  (Benedetto),  II,  2d  n. 

Varennes  (OlivitM-  df),  libr.  à  Pjris, 
II,  297. 

Varia  (Cliarles),  II,  23). 

Varron,  II,  145. 

Varsovie,  1,  266. 

Vaschalde  (Henri),  II,  223. 

Vascosan  (Michel  de),  impr.  à  Paris, 

I,  10  n  ,  74,  75,  2i3  n  ,   244  u., 
277  D.,  308,  315  n. 

Vatel  (A.),  II,  83. 
Vaucelles  (Macé  de),  I,  123. 
Vauchelles (François  de  Louvenconrt, 

sieur  de).   Voy.  LouvencourI,. 
Vaudois,  I,  22. 
Vaugelas   (Claude  Favre,  sieur  de), 

II,  349. 

Vaugris  (Vincent),  ou  Valgrisio.  impr. 

à    Venise,    I,    131,    133,    162   n., 

315  n. 
Vaugris  (.lean),  dit  Valgrisio,  impr., 

I,  162  n. 

Vauprivas,  II,  195  n. 

VautrouHier  (Thomas),  impr.  à  Lon- 
dres, I,  379. 

Vauzelles     (Georges    de),     I,     117, 

119. 
Vauzelles  (Jean  de),  n"  X,  t.  I,  pp. 

117-159.  —  Cf.  I,  173,  236. 
Vauzelles  (Ludovic  de),  I.  117. 
Vauzelles  (Matthieu  de),  1,  117,  123. 
Vecchio  (Tommaso),  II,  5  n. 
Veilhan    (François  de),   seigneur  de 

Penacors,  I,  69,  74. 
Veilhan   (François   II  de),    baron  de 

Penacors,  I,  74. 
Veyrat  (Jean),  libr.  à  Lyon,  II,  199. 
Vellutello  (Alessandro).  1,197. 
Vellvvijck:  (Gérard  van),  I,  259. 
Vendôme  (Louis  de),  prince  de  Cha- 

bannais,  I,  65 
Veneroni    (Jean    Vigneron,    dit),   II, 

352. 
Veneziano  (Giorgio),  peintr.',  I,  294  n. 
Venier  (Doraenico),  II,  157. 
Venier  (MatTeo),  I,  322. 
Venise,  I,  9,  U,  253-2.>S,  316,  318, 

322,  328,  349,  358,  360,  372  ;  - 

II,  49,   110,   113,  118,   119,    12i, 
153,  157,  165,  270,  271,  290,  355. 


Verancic  (Anton),  II,  72,  73. 
Vérard   (Antoine),  libr.  a    Paris,   I, 

10  n.,  11  n. 
Vérard    (la    veuve    d'Antoine),    libr. 

à  Paris,  I,  9  n. 
Vergèce  (Ange),  I,  242. 
Vergerio  (Pier  Paolo),  I,  4l,  43. 
Vergy(  François  de),  comte  de  Champ- 

hte,  II,  231,  244. 
Verini  (Ugolino),  II,  157. 
Vernassal,  capitaine  du  château  de  La 

Roque,  I,  274. 
Vernassal   (François    de).    n°    .Wl, 

t.  I,  pp.  271-274.  —  Cf.  I,  305. 
Vernassal  (Maxirailien  de),  I,  27  4. 
Vernon  (Aune  de),  dame  de  Broon, 

II,  9. 
Vernon  (Arthuse  de),  dame  de  Thé- 

ligny,  U,  9. 
Vernon  (Raoul  de).  II,  9  n. 
Vérone,  II,  348. 
Veronica,   courtisane    vénitienne,  II, 

5U. 
Versoris  (.M  irguerite),  II.  182. 
Verviiel  (Jacquesi,  II,  277. 
Vesch  (Nicolas  de),  U,  227. 
Vettori  (Alessandro),  II,  3->6,  .337. 
Vettori    (Piero),    I,  110  n.  :   —   U, 

165,  167-171. 
Vêtus  (Jo.).  Voy.  Le  Vieil. 
Vezza  (Ferrante),  II,  163. 
Vianey  (Joseph),  I,  290  n. 
Victor  (Aurelius),  I,  189. 
Vida  (Girolarao),  U,  45. 
Vidal  (Blanche),  II,  33. 
Viène  (M.),  Il,  141. 
Vienne  (Wien),  I,  318;  —  II,  76. 
Vienne   (Antoine   de),    baron    de    La 

Borde,  II,  55-56. 
Vienne (  François  de^.,  baron  de  Ruffey, 

U,  56n. 
Vienne  (Jean  de),    baron  de  Ruiïey, 

II,  57. 
Vierge  (la)  vénitienne,  I,  318-322. 
Viezi  (Scipione),  I,  265. 
Vigenère  (Biaise  de),  II,  224. 
Vigneron    (Jean),    dit    Veneroni,  II, 

352. 
Vignon    (les   héritiers     d'Eustache), 

impr.  à  Genève,  II,  258. 
Villauio  (L.  A  ),  II,  69 
Villars  (Pierre  de),  II,  154 
Villebranche    (Claude),    seigneur    de 

Broon,  II,  9  n. 
Villehardouin  (Geoffroi  de),  II,  351  n. 
Villeneuve  (?  Perrenot,  dame  de),  II, 

245. 
Villeneuve  (Imbert  de),  I,  13. 


394 


TABLE    ALPHABETIQUE    GENERALE. 


Villiers  (Gilbert   de),  impr.  à  Lvon, 

1,119. 
Vinci  (Leonardo  da),  II,  351. 
Vinet  (Elie),  II,  84, 
Vintimille  (Jacqiies  de),  I,  UU,  354  n. 
ViREY  (Claudk-Énûch),   d»  LIX,  t.  II, 

pp.  825-333.  —  Cf.  II,  317  n.,  320. 
Virey  (Cliristophe),  II,  331  n,,  333. 
Viret  ,' Pierre).  I,  323  u. 
Virgile,  I,  197. 
Visa^ier  (Jean),    dit    Vulteius,  I,  68, 

124,  276. 
Visconti   (Frà  Filippo),  II,  336. 
Vita  (la)    di  Caterina  vergine,   de 

P.  Aretino,  I,  loi. 
Vita  [la)   di  Maria  vevf/ine,  de  P. 

Aretino,  I.  loi. 
Vitel  (Marguerite),  I,  75. 
Vitlorino  (Lorenzo),  II,  28. 
Vivian  (Thielmann),  libr.  à  Paris,  I, 

178. 
Viviers,  II,  227. 
Vizé  (Gilles?  Donneau  de),   II,   165, 

172. 
Vladislas,  roi  de  Hongrie,  I,  4. 
Vogel  (Johann),  I,  132. 
Voilure  (Vincent),  II,  352. 
Voré    (Barnabe  de),  seigneur  de  La 

Fosse,  1,99;  —  II,  ■.ioC,. 
Vosellus    (Johannes),    I,    124.    Voy. 

Vauzelles. 
Vossius,  II,  198. 
Vover  (Jean  de;,  vicomte  de  Pauiray, 

II,  85. 
'Voyer  (Marc   René  de)   de  Paulmy, 

marquis  d'Argensou,  II,  85. 
Vulcob  (Jean  de),  seigneur  de  Sassy, 

I,  357. 
Vulteius  (Jo.).  Voy.  Visagier  (Jean). 


Warty  (Françoise  de),  II,  11. 
Wechel  (Chrestien'i,  impr.    à    Paris, 

I,  dOl. 
WHll  CG.),  I,  313  n. 
Wiliemin  (Antoinette),  II,  242. 
Willemin  (Désirée),  II,  242. 
Wiliemin  (Guillaume),  II,  242. 
Willemin  (Jean),  n»  L,  t.  II,  pp.  241- 

248.  —  Cf.  Il,  235. 
Windakiewicz  (St.).  I,  268  n. 
Wolf  (Kaspaii,  II,  82,  84. 
Wûtton  (Sir  Henrv,  II,  113. 


Xénophon,  I,  6,  20  n. 


Zabarella  (Bartolommeo),  H,   .322   n. 
Zabarella  (Diana  Rustica),  II,  823. 
Zabarella  (l'rancesco),  II,  322  n. 
Zabarella  (France.sco  II),   II,  323  n. 
Zabarella  (Jacopo),  II,  322  n. 
Zarapini  (Matteo),  II,  122. 
Zanetti  (Francesco),  impr.  à  Venise, 

II,  272. 
Zanni,  1,  367. 
Zeller  (Jean),  I,  253  n. 
Ziletti  (Francesco),  impr.   k  Venise, 

II,  133. 
Zonaras,  I,  75,  242. 
Zumbini  (B  ),  I,  104  n. 
Zuallart  (Charles),  II.  279. 
ZuALLART  (Jean),  n»  LUI,  t.  Il,  pp.  269- 

279. 


TABLE    DES   MATIERES 


DU    TOME    SECOND 


Pages 

XXII.  —  Alexandre  de  La.  Salle 1 

XXIII.  —  Jean-Baplisie  Du  Four 3 

XXIV.  —  Claude  de  Herberay 19 

XXV.  —  Thomas  Thierry 27 

X^VI.  —  Louis  DE  Perussis 33 

XXVn.  —  Vasquin  Philieul 43 

XXVIIL  —  Claude  de  Pontoux  49 

XXIX.  —  Claude  Turrin 59 

XXX.  —  Simon  Boileau 67 

XXXI.  —  Pierre  Gentil 71 

XXXîL  —  Antoine  Valet 81 

XXXIIL  —  François  de  Belleforest 89 

XXXIV.  —  Hermann  Taffin,  sieur  de  Torsay 95 

XXXV.  —  Philippe  de  Mornay,  sieur  du  Plessis-Marly.  109 

XXXVI.  —  Philippe  Canaye,  sieur  de  Fresne 115 

XXXVIL  —  François  Flory 127 

XXXVIII.  —  Jean  Du  Chemin 137 

XXXIX.  —  Odet  DE  Tournebu 145 

XL.  —  Nicolas  Audebert 153 

X  LI.  —  Pierre  Joulet 1 81 

XLII.  —  Jean  de  Boyssières 187 

XLIIL  —  Claude  Du  Verdier 193 

XLIV.  —  Michel  de  Montaigne 201 

XLV.  -  G.  Tessier 205 


396  TABLE    DES    MATIÈRES. 

PAGES 

XLVI.  —  Jacques  Bourgoing,  seigneur  de  Poissons.  209 

XLVII.  —  Jérôme  d'Avost 215 

XLVIII.  —  Jacques  de  Bomieu 223 

XLIX.  —  Jean-Edouard  Du  Monin 229 

L.  —  Jean  Willemin 241 

LI.  —  Odet  DE  La  Noue 249 

LU.  —  Gabriel  de  Gutterry 259 

LUI.  —  Jean  Zuallart 269 

LIV.  —  Jacques  Gillot 281 

LV.  —  Jean-Pierre  Cotereau 299 

LVI .  —  Marc- Antoine  Millotet 303 

LVIL  ~  Philippe-Emmanuel  de  Gondi,  sieur  de  Dam- 
pierre 309 

LVIII.  —  Pierre  Brigard. 315 

LIX.  —  Glaude-Énoch  Virey 325 

LX.  —  Le  P.  Jean  Le  Comte  ..... 335 

LXI.  —  Paul  RoMiEU 341 

Coup  d'oeil  sur  le  xvii°  siècle 347 

Addilions  et  Corrections 355 

Table  alphabétique  générale 359 


IMPRIMERIE   FRANCIS   SIMON,   RENNES. 


G 


PQ      Picot,  ^dle 

239        Le?  Français  italianisants 

P5 

t. 2 


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